Sommet pour un nouveau pacte financier : ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron, invité exceptionnel de franceinfo
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France Info Bonjour Renaud Deli, bonjour Laurent Avant donc de retrouver Emmanuel Macron invité exceptionnel de France Info ce matin avec RFI et France 24, il est avec Marc Fauvel au palais Brondiard à Paris parce que se tient aujourd'hui ce sommet pour un nouveau pacte financier mondial quels sont les enjeux de cette journée Renaud Deli c'est de faire émerger des financements pour la transition écologique mais aussi il y a une question de justice justice au niveau mondial auprès des pays pauvres
effectivement justice et solidarité en quelque sorte Laurent, il s'agit d'essayer de bâtir un nouvel équilibre nord-sud qui contribue à la fois à lutter contre la pauvreté la pauvreté d'ailleurs qui augmente de nouveau dans les pays du sud, contrairement à ce qui s'est produit pendant plusieurs décennies sous l'impact de plusieurs crises, notamment la crise du Covid et puis les conséquences de la guerre en Ukraine et puis de lutter contre le réchauffement climatique de trouver des financements pour l'adaptation au changement climatique et donc toute la logique de ce sommet réuni pendant deux jours à Paris à l'initiative de la France à l'invitation d'Emmanuel Macron c'est qu'une quarantaine de chefs d'état et de gouvernement et puis bien au-delà des ONG, des représentants de la société civile de dizaines de pays du nord comme du sud se rencontrent et essayent d'enclencher en quelque sorte une démarche multilatérale à long terme mais pour débloquer des financements à la fois d'ailleurs des fonds publics et Emmanuel Macron a évoqué hier la nécessité d'un choc de financement public c'est son expression et puis de mobiliser des fonds privés aussi des entreprises, des grands groupes pour aider donc les pays du sud à franchir, à répondre à ce défi du changement climatique
et la pression qui a déjà été mise dès hier soir à Paris par le président brésilien Lula qui a parlé de dettes historiques des pays riches qu'ils devront donc rembourser à les directions sans plus attendre le palais Broniard le chef de l'état Emmanuel Macron répond aux questions de Mounia Daoudi, Stéphane Ballong et Marc Fauvet, le port France Info cet entretien d'exclusivité Bonjour monsieur le président Bonjour Nous sommes installés ici au palais Broniard à Paris où sont réunis depuis hier une quarantaine de chefs d'état et de gouvernement un sommet pour concilier le climat et le développement pour vous interroger ce matin à mes côtés je les salue Mounia Daoudi de Radio France Internationale et Stéphane Ballong de France 24 Monsieur le président est-ce que c'est juste un sommet de plus pour sauver la planète ?
Non d'abord
c'est pas ce que sauver la planète c'est essayer de réconcilier vous l'avez parfaitement dit la lutte contre la pauvreté la lutte pour la biodiversité et la lutte contre les dérèglements climatiques et l'objectif c'est pas de faire en effet un sommet de plus c'est d'abord et ça a beaucoup de sens de réunir des dirigeants venant de tous les continents parce que nous vivons un moment de fracture et de risque de fracture autour de la guerre en Ukraine et de l'agression russe et au fond d'une division du monde on ne peut régler aucun de ces problèmes si le monde se divise c'est le premier intérêt ici à Paris la planète est là le premier ministre chinois le président brésilien le président sud-africain et beaucoup d'autres dirigeants le Sénégal la Côte d'Ivoire le Vietnam les Etats-Unis l'Europe la deuxième chose c'est que ce sont des actions très concrètes on a lancé il y a deux ans à Paris la réattribution des droits de tirage spéciaux du FMI vers les pays les plus pauvres en particulier africains on a dit il faut qu'au moins 100 milliards d'euros soient réalloués on l'annonce aujourd'hui pourquoi ?
parce qu'on a poussé tout le monde à tenir ces engagements et nous français nous allons réallouer 40% de nos droits de tirage spéciaux c'est du concret on finalise aujourd'hui Nick Stern et plusieurs collègues l'ont dit hier les 100 milliards d'euros pour le climat du nord vers le sud qui est un engagement qui date de 2015 et on lance en même temps un fonds pour la biodiversité et la préservation des forêts qui a vocation à atterrir à la COP et puis il y a des choses très concrètes qui se font pendant ce sommet la restructuration de la dette de la Zambie qui traînait depuis des années nous l'avons conclu hier parce que précisément la Chine est là et on avait besoin de la Chine pour le faire le Sénégal conclut son accord de transition climatique donc c'est très concret c'est de la mobilisation
on va parler du Sénégal est-ce que c'est aussi une façon pour vous Emmanuel Macron de vous racheter en quelque sorte est-ce que vous dites depuis 6 ans à l'Elysée on n'a pas tout bien fait là-dessus sur le climat écoutez non j'ai jamais pris les choses
comme ça et je savais une des premières choses ce que j'ai fait c'était cet appel make our planet great again donc je crois qu'on est cohérent on fait des efforts en France et d'ailleurs ça nous est reconnu puisque l'inaction climatique valait pour la France sur la période 2015-2018 je le rappelle toujours depuis nous n'avons pas été condamnés pour inaction climatique nous avons sur la période 2017-2022 doublé nos réductions d'émissions et nous continuons mais on ne respecte pas par exemple nos engagements sur les énergies renouvelables la France est même le seul pays en Europe vous avez raison qu'on est un petit peu derrière on va les rattraper nous allons être dans la trajectoire par contre nous respectons nos engagements de baisse d'émissions ce qui est au final le plus important et donc moi je tiens à cela et nous allons continuer on va redoubler d'efforts par la planification non c'est simplement que on essaie de tenir tous les bouts la France c'est 1% des émissions mondiales et donc on fait ça à côté de ça on produit par exemple le secteur de l'aéronautique on parle en ce moment même il y a le salon du Bourget où j'étais en début de semaine le secteur de l'aéronautique c'est 3 à 4% des émissions mondiales mais la France produit la moitié des avions si on arrive à décarboner ce secteur nous on peut être vraiment les champions d'une décarbonation de tout un secteur qui à soi seul si on enlève 50% dans les prochaines années va nous permettre d'avoir un effet de réduction d'émissions quasiment équivalent à l'effort de la France mais à côté de ça on doit avoir un effet d'entraînement et c'est ce qu'on a fait à travers nos One Planet Summit nos One Forest Summit sur les sujets du climat et de la biodiversité depuis 6 ans je dirais depuis presque 10 ans la France a un effet d'entraînement de toute la planète et nous tenons nos engagements là aussi y compris en financement parce que nous avons augmenté notre aide publique au développement de 50% c'est ce qui a été voté au quinquennat précédent
Monsieur le Président vous avez parlé d'un monde fracturé il y a d'un côté l'Occident qui a son agenda climatique et de l'autre les pays du Sud dont la priorité est de lutter contre la pauvreté et l'insécurité est-ce que finalement ces deux positions ne sont pas un peu inconciliables ?
c'est le grand risque c'est pour ça que le premier principe que j'ai posé hier en ouvrant cette conférence c'est qu'on ne doit mettre personne en situation de choisir entre la pauvreté et le climat et la biodiversité c'est impossible et donc ce qui ne va pas c'est quand on donne le sentiment en quelque sorte qu'on donne des leçons vous n'avez pas le droit de développer tel projet parce qu'il n'est pas bon pour la planète c'est tout le débat par exemple qu'il y a eu en Afrique si on est très transparent sur la question du gaz
justement prenons l'exemple du Sénégal vous avez annoncé hier 2 milliards et demi d'euros de soutien au Sénégal pour le renouvelable est-ce que ça veut dire que le Sénégal doit renoncer à exploiter son gaz ?
non en fait l'accord qui est l'accord de transition juste en matière d'énergie pour le Sénégal comme nous l'avons d'ailleurs fait pour l'Afrique du Sud pour l'Indonésie et pour quelques autres pays c'est un accord qui vise à leur permettre d'avoir une transition qui produit qui crée de la richesse et donc aussi de l'électricité pour produire et qui réduit les émissions le Sénégal s'engage à avoir 40% d'énergie renouvelable dans son mix mais il va développer du gaz
mais cela se fait sous forme de prêt est-ce qu'on n'endette pas le Sénégal pour justement non
parce que derrière il y a des activités qui sont rentables et donc il y a des prêts concessionnels simplement on les fait des conditions très avantageuses sur du très long terme mais pour le cas du Sénégal on va lui permettre aussi de développer ses projets gaziers pourquoi ?
parce que le gaz est une énergie de transition et on sait que la planète en aura encore besoin pendant des décennies ce qu'on veut faire c'est on veut sortir les grands émergents du charbon ça c'est la priorité si vous voulez gagner la bataille du climat et on veut permettre aussi aux pays de se développer de la meilleure manière possible pour le Sénégal ça va être le gaz et d'accroître le renouvelable mais 40% de renouvelables en 2030 sachant qu'ils vont en plus faire du gaz c'est très exigeant pour le Sénégal et donc ça justifie qu'on ait cet engagement mais ça va aussi permettre au Sénégal de se développer ce qui ne va pas si on leur dit vous avez du gaz mais vous vous n'avez pas le droit de l'utiliser alors même qu'en Europe vous avez des pays qui rouvrent des centrales à charbon c'est totalement aberrant maintenant je vais vous faire toucher du doigt une chose personne ne peut réussir si on ne gagne pas ce combat conjoint pauvreté-climat et moi je pense qu'on ne peut pas choisir les pays du sud sont des réserves de biodiversité et aussi des poumons pour la planète et donc en particulier nos forêts c'est pour ça que le grand fonds qu'on lance pour les forêts est clé et donc on doit faire les deux en même temps comme dirait l'autre
Monsieur le Président nous parlions en l'instant de la dette la dette justement cela fait des années des années qu'on parle d'allègement de restructuration cela fait des années que rien ne change véritablement est-ce qu'il ne faudrait pas tout simplement annuler cette dette
alors d'abord il y a des choses qui changent on l'a fait pour le Tchad et là je le disais on conclut pour la Zambie annuler
cela a pris 3 ans quand même oui ça doit être une solution ça doit être une solution la France joue un rôle pivot
mais quel est le problème qu'il y a derrière c'est qu'il faut avoir des modèles de financement durable si vous annulez du jour au lendemain la dette le jour d'après plus personne ne prête si vous dites à tous les prêteurs on efface tout le jour d'après comme ce sont des modèles qui ne sont pas soutenables qui ne se financent pas tout seul bon courage pour aller chercher des gens qui vont vous prêter à nouveau ça ne marchera pas ce qui n'est pas supportable c'est qu'il y ait des économies aujourd'hui qui en fait ont des trésors de biodiversité qui sont clés pour l'avenir de la planète qui ont de la démographie et la jeunesse de l'humanité et qu'on ne finance pas bien et qui aujourd'hui pour qui se financer coûte beaucoup plus cher donc j'essaie de vous répondre de manière structurée ce qu'il faut faire pour ça c'est restructurer très vite leurs dettes le gros problème qu'on a eu ces 15 dernières années c'est qu'en fait quand on restructurait la dette nous pays européens américains etc pays du G7 au fond les mêmes pays à qui on enlevait cette dette allaient la recontracter auprès de la Chine c'est ça ce qui n'a pas marché et il faut être très honnête c'est ce qui s'est passé à peu près partout sur le continent
donc qu'est-ce qu'on a fait
il y a deux ans sur une initiative française dans un G20 présidé par l'Italie on a créé un cadre global on a dit aux Chinois il faut que vous veniez ce cadre global on l'a appliqué pour le Tchad est là pour la Zambie parce que plus personne même nous quand on pousse et qu'on dit on va restructurer la dette abandonner vos créances comme nous on l'a fait d'ailleurs pour le Soudan les gens se retournent vers nous et disent non arrêtez on va nous abandonner de la dette mais ce cadeau en quelque sorte on va faire les mêmes pays vont aller le faire pour aller contracter de la dette auprès de la Chine donc là tout le monde a fait l'effort
est-ce que c'est un problème la dette contractée auprès de la Chine est-ce que c'est un piège pour les pays pauvres ? si elle dépasse
un certain niveau oui et donc on doit avoir un cadre commun qui est plutôt le cadre de l'OCDE c'est-à-dire il définit ce qu'est une dette qui est soutenable et c'est à peu près comme vous c'est la même chose que le surendettement pour une famille la dette n'est pas une mauvaise chose quand elle vous permet de démarrer nous Européens on a financé nos modèles par la dette après la deuxième guerre mondiale et vous avez raison cette dette il faut savoir l'abandonner quand des pays sont en train de faire les réformes et les transformations c'est ce qu'on fait là pour la Zambie ça s'appelle une restructuration simplement il faut que tous les pays les plus riches la Chine incluse soit autour de la table c'est ça ce qu'on fait et qui est innovant
et c'est comme ça qu'on sortira de ce piège vous en avez parlé avec le premier ministre bien sûr
j'en ai parlé d'abord au président chinois quand j'y suis allé c'est ce qui fait qu'il a envoyé ici son premier ministre et c'est ce qui a fait comme vous le dites très bien pour la Zambie on attendait depuis 3 ans et ils sont là et on va devoir continuer sur des pays comme le Ghana et d'autres qui sont en grande difficulté financière on doit faire ces restructurations maintenant il faut être clair notre approche du financement des économies en Afrique n'est plus le bon donc oui on doit restructurer les dettes beaucoup plus fortement pour permettre de redémarrer deux on doit mieux rémunérer les trésors de biodiversité qu'il y a en Afrique en Amérique latine et en Amérique du Sud en Asie du Sud-Est ces fameuses forêts tropicales c'est ce qu'on lance là avec justement ce fond pour la forêt et la nature avec des contrats qu'on va faire pays par pays et ensuite oui nous nous devons accepter de dépenser plus on doit mieux mobiliser et c'est une des conclusions très pratiques de ce sommet la Banque mondiale et le FMI changent complètement de logique et vont mettre beaucoup plus de financement mais surtout il ne faut pas oublier et c'est absent de notre discussion à ce stade il faut mobiliser beaucoup plus de financement privé
et bien j'allais y venir justement ça tombe bien monsieur le Président on est installé ce matin à la Corbeille c'est l'ancien temple de la finance l'ancien siège de la bourse à Paris sans l'argent des milliardaires sans l'argent des grandes entreprises vous dites on n'y arrivera pas exactement
oui alors c'est pour ça qu'il faut il y a deux choses à faire il faut un à chaque fois qu'on met un euro d'argent public mobiliser un euro d'argent privé pour les pays les plus pauvres on n'y arrivera pas tout de suite mais pour des pays en développement les pays à revenus intermédiaires et les émergents c'est possible qu'est-ce qui manque pour cela il faut d'abord qu'à chaque fois qu'on ait un programme on est sûr que l'argent privé ne pourrait pas mieux le faire ça arrive parfois avec des programmes de la banque mondiale et du FMI deux il faut avoir une méthode différente avec ce qu'on appelle un effet de levier c'est l'engagement qu'on a pris hier c'est de se dire quand on met un euro d'argent de la banque mondiale on a au moins un euro d'argent privé c'est fondamental et c'est pour cela qu'est-ce qu'on doit faire on doit en quelque sorte enlever du risque pourquoi l'argent privé il y en a beaucoup depuis cinq ans c'est pour ça que la France se mobilise énormément dans ces One Planet Summit on mobilise tous les fonds souverains tous les grands gestionnaires d'actifs tous les fonds de financement privé qu'est-ce qu'ils nous disent ils nous disent nous on ne va pas dans tel pays parce qu'il y a un risque de change on ne va pas dans tel pays parce qu'il y a un risque politique on ne va pas dans tel pays parce qu'en fait s'il y a des pertes trop importantes pour nos actionnaires ils ne nous suivent pas le secteur privé il cherche à faire un certain niveau de profit il ne va jamais faire des bénéfices et donc qu'est-ce que nous on doit faire si on veut démultiplier l'argent public qu'on met c'est faire de l'innovation pour avoir des mécanismes qui sont plutôt en garantie en prise de première perte pour déclencher ces investissements privés ça c'est la première mobilisation
il y aura bientôt dans quelques mois monsieur le président un impôt minimum mondial sur les grandes entreprises au risque de vous faire bondir est-ce qu'il faut faire un ISF climatique à l'échelle de la planète ou en France et ou en France vous ne me ferez jamais bondir même sur l'ISF
je le disais hier non parce que oui pour ces sujets là il faut une taxation internationale moi pourquoi j'ai supprimé une partie de l'ISF en France parce qu'on était quasiment les seuls à le faire il faut un ISF climatique mondial je pense qu'il faut une taxation internationale qui finance cela mais vous savez je le disais hier en plaisantant à certains de nos amis nous on est à la frontière technologique en matière de taxation en France on a dit il faut taxer les transactions financières la France l'a fait nous on a une taxe sur les transactions financières qui d'autre l'a fait autour de nous quasiment personne ça marche pas quand on le fait tout seul parce qu'on est puni les flux financiers vont ailleurs donc la taxe sur les transactions financières pour financer la lutte contre la pauvreté ou le climat je suis pour ça tombe bien nous on l'a déjà fait deuxième chose on nous dit il faut une taxation sur les billets d'avion il y a eu un rapport Jean-Pierre Landau et mon représentant en particulier on le fait en France qui d'autre le fait ça marche pas quand on le fait tout seul parce qu'on ne laisse pas assez d'argent et on se pénalise moi je veux bien qu'on massacre nos compagnies aériennes et qu'elles aillent toutes dans les pays du Golfe pour faire de l'argent ça marche pas troisième proposition je félicite la mobilisation de l'organisation maritime internationale le secteur du transport maritime n'est pas du tout taxé c'est un des seuls c'est une très bonne chose il faut le taxer mais pas que les acteurs français il faut taxer les français les européens du nord les chinois qu'est-ce qui marche c'est quand il y a une mobilisation internationale comme celle qu'on a fait sur la taxation on ne donnera pas l'exemple sur l'ISF climatique non mais la France elle a déjà donné l'exemple sur tous les impôts on est un des pays qui taxent le plus au monde on doit donner l'exemple en mobilisant comme on l'a fait sur la taxation minimale et donc moi j'appelle à la mobilisation aidez-nous à aller chercher tous les pays qui aujourd'hui n'ont pas de TTF et qui aujourd'hui n'ont pas de taxation sur les billets d'avion et aidez-nous à mobiliser à l'organisation maritime internationale en juillet pour qu'il y ait une taxation internationale avec la Chine sur le transport maritime aussi vrai que ça ne fonctionne pas pour reprendre un temps communiste et bien la taxation internationale dans un seul pays ça ne marche pas parce que ce n'est pas une taxation internationale et ça pénalise ce pays Mounia Daoudi et Rafi donc en tout cas juste pour mobiliser le secteur privé l'autre point c'est oui créer une taxation internationale pour l'affecter c'est ça dont on a besoin
Monsieur le Président il y a un grand absent à ce sommet de Paris c'est la Russie est-ce que vous pouvez avancer sur l'agenda que vous portez sans l'un des acteurs majeurs l'un des plus grands producteurs d'hydrocarbures au monde
alors oui parce qu'ici on est sur un agenda qui vise justement à dire quoi on ne doit pas choisir entre climat et lutte contre la pauvreté et la biodiversité chaque pays doit être respecté dans son chemin il faut mettre plus d'argent public et il faut mobiliser le financement privé c'est ça les conclusions principielles de ce sommet avec derrière plein de mesures très concrètes on a besoin de qui pour ça on a besoin des Etats-Unis de la Chine du G20 des grands émergents et des pays les plus pauvres ils sont tous là et donc le G77 qui est le groupe qui représente la Russie est dedans et là à plusieurs égards la Chine qui est un de ses membres éminents présente mais surtout le président cubain était avec nous il s'est exprimé hier il a la présidence du G77 donc qu'est-ce que dit ce sommet l'isolement de la Russie est-ce qu'il faut reprendre le dialogue avec la Russie mais je pense qu'il faut d'abord que la Russie arrête la guerre accepte de respecter le droit international ça c'est un fondement après là vous avez parfaitement raison
si Vladimir Poutine vous appelle demain matin vous décrochez ou pas bien sûr que je décroche oui toujours mais vous ne l'appellerez pas vous
j'ai pas de raison de l'appeler aujourd'hui il y a une contre-offensive ukrainienne le temps viendra je l'espère de négociations aux conditions de l'Ukraine par contre s'il m'appelle pour proposer quelque chose je prendrai parce que la France a toujours été une puissance facilitatrice et de médiation mais il faut être clair aujourd'hui la reprise du dialogue n'est possible que s'il y a un respect du droit international qui est le seul qui nous permet de vivre en paix par contre vous avez raison la Russie mais comme d'autres grands pays qui sont ici présents le Nigeria est un très grand producteur d'hydrocarbures il est là c'est 250 millions d'habitants sur la planète l'Inde est un grand pays qui raffine les hydrocarbures l'Arabie saoudite est ici présente et donc tous ces pays on doit les accompagner dans une transition la Russie devra en faire partie pour moi le fondement c'est que les pays dont on a besoin pour faire ces changements sont tous là
pour vous monsieur le président la Russie est-elle aujourd'hui un ennemi notamment en Afrique
écoutez j'aime pas ces termes qui sont définitifs parce que la diplomatie c'est pas ça ce qui est vrai c'est qu'aujourd'hui la Russie s'est mise de son propre chef dans une situation qui est de ne plus respecter le droit international de redevenir au fond l'une des seules puissances coloniales du 21ème siècle en menant une guerre d'empire auprès de son voisin l'Ukraine et c'est une puissance de déstabilisation de l'Afrique à travers des milices privées qui viennent faire de la prédation des exactions sur les populations civiles comme cela a été documenté par les Nations Unies en République centrafricaine à travers la milice Wagner donc je pense que par les choix aujourd'hui qui sont les siens la Russie ne joue pas un rôle bénéfique pour la communauté internationale
merci monsieur le président de nous avoir accordé cet entretien merci à vous de nous avoir suivis
je montre toujours des petits graphiques c'est très intéressant on pourra vous le donner à vos auditeurs mais quand on parle de climat et de développement c'est fait par l'AFD non c'est très bien on vous le laissera mais ça montre non ça montre où est l'enjeu l'enjeu c'est que vous voyez nous on est dans ces catégories là on est très on est les très développés les plus riches et on est aussi ceux qui polluons le plus l'enjeu c'est de réussir au fond à ce que entre les pays riches et les émergents il y a un accord si on arrive à ce que l'Inde le Nigeria la Chine puissent se développer sans polluer on gagne la bataille de la planète à l'échelle internationale et c'est aussi pour ça que les pays en développement et les pays les plus pauvres faut les aider sur la lutte contre la pauvreté mais ils sont très loin d'être les grands émetteurs la clé elle est nous baisser nos émissions et elle est permettre aux grands émergents d'avoir leur développement sans augmenter leurs émissions
c'est pour cette raison que vous avez souhaité participer au sommet des briques ça ?
exactement c'est un point clé et c'est pour ça qu'on fait ces accords de partenariat pour la transition avec déjà l'Afrique du Sud maintenant avec le Sénégal j'espère demain avec le Nigeria j'ai proposé avec le Brésil la clé pour la planète elle est là il faut se concentrer sur l'essentiel l'essentiel c'est un accord entre les pays riches et les émergents et la deuxième chose essentielle c'est sortir du charbon avant toute chose juste pour remettre un peu les... merci merci monsieur le Président merci à vous
de nous avoir suivis sur France Info RFI et France 24
merci beaucoup merci monsieur le Président
et on va tout de suite tirer les leçons de cet entretien exclusif avec Emmanuel Macron pour France Info RFI et France 24 donc avec Renaud Délia à mes côtés bonjour Renaud
bonjour Laurent
je salue déjà pardon les informés de France Info Nathalie Saint-Cricq bonjour bonjour Laurent éditorialiste politique à France Télévisions bonjour Raphaël Kahn bonjour Laurent journaliste à France 24 et bonjour François Baudonnet
bonjour Laurent
rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions Renaud Délia qu'est-ce qu'il faut retenir donc de ces... un peu plus de 18 minutes d'interview d'Emmanuel Macron
et bien un leitmotif répété à plusieurs reprises d'ailleurs par le chef de l'État il ne faut pas opposer dit-il lutte contre la pauvreté et puis adaptation au changement climatique il faut à la fois que ce sommet donc qui dure deux jours à l'initiative de la France à l'invitation d'Emmanuel Macron trace des pistes dans ces deux domaines en même temps il a d'ailleurs lui-même utilisé l'expression et donc il s'agit dès lors d'inventer de nouveaux mécanismes de solidarité et d'aide des pays du Nord aux pays du Sud ce sommet avait-il aussi une vocation plus particulière pour lui peut-être pour Emmanuel Macron pour essayer d'afficher justement sa volonté de lutter contre le changement climatique à l'échelle planétaire quand on sait que sur le plan national il est contesté sur ce point accusé parfois d'immobilisme ou d'inaction pourquoi donc a-t-il choisi de convoquer ce sommet d'inviter une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement je propose d'écouter justement la réponse du chef de l'Etat Emmanuel Macron il y a quelques minutes c'est parce que sauver la planète c'est essayer de réconcilier vous l'avez parfaitement dit la lutte contre la pauvreté la lutte pour la biodiversité et la lutte contre les dérèglements climatiques et l'objectif c'est pas de faire en effet un sommet de plus c'est d'abord et ça a beaucoup de sens de réunir des dirigeants venant de tous les continents parce que nous vivons un moment de fracture et de risque de fracture autour de la guerre en Ukraine et de l'agression russe et au fond d'une division du monde on ne peut régler aucun de ces problèmes si le monde se divise donc pas un sommet de plus pas une grande messe de plus juste pour l'affichage mais aussi une volonté d'avoir des décisions concrètes c'est ce que répétait en tout cas Emmanuel Macron il y a quelques minutes avec il a cité quelques cas notamment l'accord passé avec le Sénégal ou la restructuration de la dette de la Zambie et puis au-delà donc la nécessité c'est l'enjeu final qu'il a posé d'essayer d'aider les pays émergents à se développer mais à se développer sans polluer comme l'ont fait les pays développés les pays du nord au cours des décennies précédentes
et c'est effectivement un peu le but de cet accord avec le Sénégal 2 milliards et demi d'euros mobilisés par les pays riches pour aider le pays à se développer non pas avec le charbon le charbon il a beaucoup persisté là-dessus il faut surtout que cette transition écologique elle se fasse dans les pays les plus pauvres en mettant de côté donc le développement se fasse en mettant de côté des industries des énergies fossiles comme le charbon François Baudonnet on a surtout senti tout de même que ce sommet pour un nouveau pacte financier mondial c'est le nom de ce sommet voulu par Emmanuel Macron c'était d'abord un rendez-vous diplomatique avant qu'il y ait des annonces forcément concrètes c'est pas demain qu'on va nous dire comment on va faire pour financer la transition écologique
oui et puis effectivement je crois que comme le disait aussi Renaud Dely c'est pour le président de la république une façon de montrer qu'il fait des choses sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique et pour l'environnement alors j'ai noté quand même qu'il a dit que la France était responsable de 1% des émissions alors c'est factuellement vrai parce que c'est ce qui se passe actuellement mais si on ajoute tout ce dont la France est responsable par les produits qu'elle achète et donc qui développe des émissions ailleurs déjà on double ce chiffre et si on prend ce que la France a pollué a émis depuis 200 ans depuis en gros le début de la révolution pour justement faire son développement exactement et à ce moment là la France se situe à la 8ème place des pollueurs au niveau mondial je dis ça parce que c'est important parce que vous avez en France des climato-sceptiques je ne dis pas que le président de la république en est un mais vous avez en France des climato-sceptiques qui prennent ce chiffre de 1% pour dédouaner un peu la France en disant si nous on fait quelque chose mais que la Chine l'Inde ou même les Etats-Unis ne font rien à ce moment là c'est totalement inutile donc la France évidemment en tant que grand pays qui s'est développé avec la révolution industrielle a évidemment un rôle important et je crois que le président de la république l'un de ses objectifs aussi effectivement au-delà de la diplomatie dont vous parlez c'était de montrer qu'il agit y compris d'ailleurs sur le plan intérieur
Raphaël Kahn la pression a d'ailleurs été mise sur Emmanuel Macron sur les pays riches hier soir par le président brésilien Lula qui a parlé de dette historique c'est ce qu'évoquait François Baudonnet dette historique des pays riches on s'est développé nous nous sommes développés grâce au charbon c'est rappelé aujourd'hui par des pays émergents comme le Brésil
Oui et de ce point de vue là on est plutôt dans un sommet de rattrapage parce que finalement ce qui est annoncé aujourd'hui par Emmanuel Macron c'est-à-dire ces 100 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux qui vont être réalloués du nord vers le sud c'est en fait des sommes qui ne sont pas utilisées aujourd'hui par les pays du nord c'est-à-dire en gros ce sont des sommes en souffrance qui restent au niveau du FMI on aurait pu les utiliser de longue date il y a également cet engagement qui avait été pris en 2009 c'était à Copenhague on est il y a 14 ans maintenant de constituer ces 100 milliards de dollars par an on était très loin de la somme on était encore à 80% il y a quelques jours il y a semble-t-il un accord qui est atteint pour permettre de constituer ce fonds annuel enfin il y a quand même énormément de déclarations d'intention qui ont été prises ces dernières années pas plus tard que l'année dernière à Charmelscher de créer un fonds mondial pour pertes et dommages qui n'est toujours pas abondé à l'heure qu'il est donc il n'est plus que temps effectivement de joindre les actes à la parole et puis Emmanuel Macron a identifié quand même ce qui est à mon avis l'un des problèmes essentiels aujourd'hui en tout cas auxquels font face ces pays du sud ceux à qui on demande de s'adapter au changement climatique alors qu'ils font face déjà à une spirale de la dette c'est que les remboursements qu'ils ont pu effectuer auprès des pays du nord et bien ils ont contracté dans le même temps une dette cette fois-ci auprès de la Chine qui est beaucoup moins volontaire aujourd'hui à l'effacement de cette dette il y a le cas de la Zambie mais il y a encore beaucoup de pays derrière l'Ethiopie le Tchad pour n'en nommer que quelques-uns
oui cette dette contractée auprès de la Chine c'est un problème si elle atteint un certain niveau a d'ailleurs dit Emmanuel Macron Nathalie Saint-Cricq
c'est un problème effectivement parce que c'est une zone d'influence j'ai tendance à dire qu'il y a des avantages et des nécessités morales économiques à ce sommet d'Emmanuel Macron moral parce que quand on voit par exemple pendant la crise sanitaire ça c'est pas moi qui fais le calcul ce sont les experts qui a eu 13 fois plus d'argent qui a été loué aux Européens qu'aux Africains il y a effectivement un déséquilibre absolu deuxièmement parce qu'on ne peut pas arriver nous les Occidentaux nous les Européens en leur disant vous êtes gentils maintenant mais vous allez arrêter toutes vos exploitations parce que c'est très dangereux pour la planet alors que nous on en a bénéficié sur bénéficié et qu'on en a profité pendant des dizaines et des dizaines de minutes ça serait la double peine pauvreté impossibilité de se développer et d'avoir accès à une certaine facilité donc ça serait quelque chose d'intolérable et puis quand je parlais d'intérêt ça c'est la partie la moins jolie si j'ose dire elle est importante c'est que dans l'histoire du réchauffement climatique si on n'aide pas les pays en voie de déplacement si on n'aide pas les pays les plus pauvres il va falloir s'attendre à avoir des déferlantes d'immigration ce qui sera tout à fait logique parce qu'on ne veut pas laisser assigner à résidence selon l'expression d'Emmanuel Macron un certain nombre de personnes qui cumulent tous les désavantages et donc il faut les aider alors après les aider comment c'est effectivement ce que fait Emmanuel Macron et j'en finis par une chose pour son tempérament et pour répondre un petit peu à ce que disait Renaud Deli en considérant qu'il était très audacieux Emmanuel Macron à l'international et qu'il était d'autant plus qu'il l'était peu en France par rapport au climat c'est que c'est assez dans son tempérament Jean-Yves Le Drian dit qu'il l'a bien côtoyé notamment des sommets ancien ministre des affaires étrangères il leur dit quand il arrive il peut y avoir 15 personnes 15 gouvernants 15 dirigeants de tous les pays il leur dit bon alors maintenant d'ici une heure on essaie de trouver une solution il a ce côté là et il ne peut pas plus difficilement faire ça avec Sophie Binet de la CGT ou avec Olivier Maral ex-président du groupe LR et c'est cette volonté d'entraîner et accessoirement il est sensible aux pays africains aux autres pays c'est pas du tout quelqu'un qui fait ses bonnes œuvres de charité ses bonnes œuvres de charité en les aidant voilà donc même si ça ne débouche pas concrètement comme tu disais tout à l'heure ça peut être le début d'un phénomène qu'effectivement les 100 milliards et puis qu'on arrive à réajuster la dette parce que ça ne sert à rien d'endetter un certain nombre de pays si au bout d'un moment ils seraient en dette pour se payer la dette qu'ils ont déjà vis-à-vis de nous Renaud Delis rapidement ce qui est vrai c'est que même Cécile Duflo ce matin sur antenne de France Info qui dirige désormais Oxfam et qui n'est pas la principale supporterie d'Emmanuel Macron c'est le moins qu'on puisse dire reconnaissait que ce sommet avait un intérêt c'est-à-dire le caractère inédit justement de reposer y compris historiquement la nécessité d'une solidarité en quelque sorte du nord vers le sud et c'est vrai pour des raisons morales et historiques comme le rappelait Nathalie Saint-Cric à l'instant mais aussi parce que c'est notre intérêt d'un point de vue effectivement aussi des flux migratoires à venir et qu'on peut redouter en raison du climat c'est-à-dire des réfugiés climatiques des gens qui vont devoir fuir des pays devenus vraiment invivables et puis aussi c'est notre intérêt économique d'un point de vue financier c'est aussi que la transition écologique si on ne la fait pas ça coûtera beaucoup plus cher à terme
Renaud Delis vous restez avec nous François Bodonnet aussi bien sûr pour France Télévisions Nathalie Saint-Cric également pour France Télévisions Raphaël Kahn France 24 les informés reviennent dans 6-7 minutes le temps de faire un point sur la météo un point sur l'info également et on continue ensuite de discuter de cet entretien exclusif d'Emmanuel Macron donné ce matin à France Info France 24 et RFI et on continue
Emmanuel Macron