INTÉGRAL I Violences sexuelles: discours très fort de Clémentine Autain
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaqué au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge, m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violé. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Le viol ne relève pas de la pulsion biologique d'un besoin irrépressible. C'est le fruit d'une culture, d'une histoire, celle du patriarcat. »
- 1:30Invité politiqueChiffre
« 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes et nous victimes, sommes des femmes et des enfants dans l'écrasante majorité. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Quel est ce crime où c'est la victime qui ressent de la honte ? Quel est ce crime où nous sommes suspectés de mensonge, de complicité, de l'avoir bien cherché ? »
- 2:59Invité politiqueChiffre
« Plus de sept viols sur 10 sont le fruit d'une personne connue de la victime et près d'un enfant sur 5 subit des violences sexuelles. »
- 6:08Invité politiqueChiffre
« Seulement un viol sur 10 débouche sur une plainte qui de toute façon est classée sans suite dans 94 % des cas. »
- 6:08Invité politiqueChiffre
« L'année dernière, on a encore comptabilisé 164 féminicides. »
- 6:51Invité politiqueFait
« À 14 ans, lorsqu'on suit un homme, on sait ce qu'on fait, dit un gendarme. »
- 7:36Invité politiqueChiffre
« Les coûts induits par toutes ces violences s'élèvent à près de 90 milliards d'euros chaque année. »
- 9:40Invité politiqueFait
« La justice est à l'osse. Il faut investir massivement pour que les dossiers qui s'empilent soient traités. »
- 10:19Invité politiqueChiffre
« Si nous mettons l'argent dans la prévention et le soin, nous ferons ailleurs des économies et surtout nous diminuerons le nombre de victimes. »
Temps de parole
- Clémentine Autain98 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Première oratrice sera madame Clémentin pour le groupe écologiste et social.
[applaudissements]
Qu'avons-nous fait depuis 30 ans ? J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaqué au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge, m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violé. J'étais en état de choc. C'est une amie qui m'a emmené déposer plainte. Le lendemain, je me suis retrouvée dans ce même sous-bois avec des policiers à chercher ensemble le préservatif usager. Au procès, alors que l'auteur avait avoué entre 20 et 30 viols, nous étions trois plaignantes. Je ne vous parle pas de de mon intimité, mais de sa violation. La sexualité n'est que le lieu le prétexte à inoculer la mort. Le viol ne relève pas de la pulsion biologique d'un besoin irrépressible.
C'est le fruit d'une culture, d'une histoire, celle du patriarcat. Comme la violence conjugale et l'agression sexuelle, c'est l'expression ultime de la domination du masculin sur le féminin, de l'adulte sur l'enfant.
[applaudissements]
C'est un acte de possession, de prédation qui transforme l'autre en objet. 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes et nous victimes, sommes des femmes et des enfants dans l'écrasante majorité. Et après après nous nous débattons avec la mort, une charge destructrice rôe, lancinante, s'agrippant à nos corps malades, à nos psychés dévastés. Il y a un avant et un après. Et pour revivre et non simplement survivre, nous ne sommes pas à égalité. Le chemin de la réparation dépend de nos conditions sociales, de nos fragilités antérieures, de nos possibilités d'être ou non écouté et soutenu. Nous n'endurons pas seulement la violence des faits.
Nous subissons la violence du regard sur ces faits, la violence de l'impunité systématique, la violence d'une machine judiciaire inadaptée, la violence du mépris à l'égard de nos souffrances. Quel est ce crime où c'est la victime qui ressent de la honte ? Quel est ce crime où nous sommes suspectés de mensonge, de complicité, de l'avoir bien cherché ? [grognement] Quel est ce crime que nous avons tant de mal à porter devant les tribunaux ou même à évoquer dans un dîner en famille ou entre amis ? Plus tard, me sont revenus avec insistance des flashes d'enfance et d'adolescence. Ces scènes d'abord enterrées dans ma mémoire réapparaissaient sans que je puisse les qualifier.
ni même ressentir consciemment la douleur, la brutalité. Elle relevait de l'agression sexuelle et du viol. Rien d'originalité, rien d'original, c'est plutôt la banalité du mal. Car plus de sept viols sur 10 sont le fruit d'une personne connue de la victime et près d'un enfant sur 5 subit des violences sexuelles. Et leur dévoilement leur dévoilement intervient en moyenne à l'âge de 44 ans. Ce dont je peux témoigner, c'est que l'affecte, le lien, l'emprise, la sidération sont des armes des armes aussi redoutables qu'un couteau. adulte, j'ai fini parler et j'en ai payé le prix, devenant pour certains celle qui affabule et brise la bienéance.
J'ai porté plainte et rejoint la longue liste des classées sans suite. C'était il y a plusieurs décennies quand les femmes violées témoignaient masqué à visage flouté. Quand le silence était dor, nous n'étions que des faits divers avec un seul récit en poche, celui d'Eva Thomas auquel se raccrochait s'identifier. Quand l'amnésie traumatique et la dissociation, le contrôle coercitif ou le continuum des violences commençait seulement à se conceptualiser quand nous ne savions pas encore à quel point le soin surtout surtout quand il arrive vite peut nous rendre à la vie.
Avec Mitou, nous avons enfin pu voir des visages et des noms, faire partie des millions de voix planétaires qui ont inondé les réseaux sociaux. Entendre Adel et Juditthudche Flavie Flamand et Axel Jean Jquet Anna Mouglalis et Sarah Forestier voir les Chatouilles la garde ou l'amour des forêts. Lire Lola Lafond Christine Angulia Feu Camille Kouchner Léonora Milano, Vanessa Sprinkora, N Shinot, Anou Grinbert, Natacha Pana, Romain Lemire ou encore Anne Godard. suivre le procès maan puis la joie de vivre de Giselle Pécelico. se résolver pardon se
[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]
merci tu se révolter ensemble de la dimension industrielle des agressions sexuelles sur des enfants. au sein de l'Église catholique comme du nombre de victimes de Joël le Squarnec, PPDA ou Patrick Bruel. Chanter Balance ton coi avec Angèle puis je t'accuse avec Suzanne manifesté par dizaines centaines de milliers partout en France et placardé sur des murs de nos villes. On te croit et pas une de plus. Nous avons révélé l'ampleur de ces violences. Nous avons crié espérant être entendu, rêvant que la honte change de camp, imaginant que les choses allaient se transformer vraiment.
Le mouvement de la société a pris sa part, mais les politiques publiques, c'est la honte, la non assistance à personne en danger, le balufes. Les gouvernements n'ont pas pris leur responsabilité. Jamais de grande loi comme en Espagne, pas le moindre milliard supplémentaire inscrit au budget. Nous avons eu droit à du blabla, à des mesurettes, à du en même temps avec un président Macron capable de déclarer que Gérard de Pardieu rend fier la France. [applaudissements] La grande cause du quinquena ne fut qu'un mirage. 10 ans après le lancement de l'hashtag mitou, j'en rage, toutes les 3 minutes, un enfant est victime d'un sieste, de viol ou d'agression sexuelle.
Seulement un viol sur 10 débouche sur une plainte qui de toute façon est classée sans suite dans 94 % des cas. L'année dernière, on a encore comptabilisé 164 féminicides. Qu'avons-nous fait depuis 30 ans, 20 ans, 10 ans ? Suite à mon appel pour préparer notre travail parlementaire, j'ai reçu près de 1000 témoignages. À 14 ans, lorsqu'on suit un homme, on sait ce qu'on fait, dit un gendarmea. Un policier à Myiam violé dans l'enfance. Avez-vous pris du plaisir ? À Jennifer ? Je ne comprends pas pourquoi vous restez avec ce type comme ça là. À Fatima, rappelez-nous si ça dégénère. Écoutez Marie, si c'était à refaire, je ne porterai pas plainte. C'est une broyeuse.
Écoutez Céline, victime de soumission chimique. Le pantalon pourri dans un placard du labo du 36 depuis 2 ans et demi. Écoutez Sébastien, violé dès l'âge de 8 ans par deux cousins. Je ne m'en suis jamais remis. Je n'ai jamais porté plainte par peur. Peur d'être jugée, montré du doigt, exposé à la vindicte populaire. Écoutez, Zoé, victime de viol incestueux. Mon psy m'a demandé pourquoi je fantasmais d'avoir été violé par mon père. Écoutez Nathalie, si j'avais été caissière au SMIC, je n'aurais pas pu payer tous ces frais de justice ni me soigner. Une chose est sûre, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas, on sait.
Et c'est pourquoi des députés dans un cadre transpartisan ont déposé cette proposition de loi dite intégrale inspirée des 140 propositions de la coalition féministe et enfantiste et des travaux de la CBIS, auxquels nous disons merci.
[applaudissements]
Et merci, merci à la mobilisation citoyenne suite au meurtre insoutenable de Liana, sans laquelle ce texte ne serait pas à l'ordre du jour de notre assemblée. Avec mon groupe écologiste et social, nous soutenons les avancées de cette proposition de loi, du dépôt de plainte à l'hôpital aux juridictions spécialisées, de la reconnaissance des violences obstétricales aux mesures contre les VSS, au travail et j'en passe beaucoup puisque 94 articles vont être discutés. Nous veillerons à ce que les ajouts positifs obtenus en commission spéciale ne soient pas balayés.
Je pense notamment à la fin des compétences disciplinaires de l'ordre des médecin pour les professionnels de santé, aux mesures en faveur des femmes sans papiers ou à la norme de non confrontation entre victimes et agresseurs. Nous nous battrons aussi pour améliorer encore ce texte et pour que soit rétabli l'entretien individuel obligatoire pour chaque élève chaque année de la maternelle à la terminale supprimée en commission. sur proposition macroniste. Le budget soutenu par les macronistes. Il y a un débat sur qui a proposé monsieur [grognement] Balano. Il me semble bien que c'est un macroniste. Le budget là est le nerf de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
Le mal doit être pris à la racine. Pour la prévention et l'éducation, il faut dégager de vrais moyens. La justice est à l'osse. Il faut investir massivement pour que les dossiers qui s'empilent soient traités. En finir avec la justice expitive et former tous les agents à la spécificité de ces crimes et délits. La justice doit cesser de produire de la victimisation secondaire. Le soin spécialisé psychotraumatique est inaccessible aujourd'hui à la majorité des victimes. Il faut de l'argent public pour former des professionnels, assurer leur répartition géographique et rembourser le coût des séances dans l'enfance comme à la gestulte.
C'est simple, sans budget intégral, la loi dite intégrale ne sera pas appliquée. Avec la taxe Zucmane, un impôt sur les super profits ou les superhéritage, les milliards cruellement manquants sont à porté de main et je rappelle que les coûts induits par toutes ces violences s'élèvent à près de 90 milliards d'euros chaque année. Si nous mettons l'argent dans la prévention et le soin, nous ferons ailleurs des économies et surtout nous diminuerons le nombre de victimes comme le temps de leur réparation.
Quand on ne sait pas trouver l'argent, la facilité et la démagogie, c'est de se ruer vers l'inflation pénale en espérant s'acheter à Bakou la bonne conscience d'avoir agi, mais rallonger les peines n'a jamais arrêté un homme violent. La répression ne peut pas être l'alpha et l'oméga de la lutte contre ces violences. surtout surtout collègue quand on sait qu'une grande part des auteurs d'infraction sexuelles sont mineurs au moment des faits. Les auteurs sont d'ailleurs un point aveugle de ce texte et nous le nous le regrettons. Notre devoir c'est de sortir les imaginaires de la domination masculine. Est-ce que nos victoires sociales et je l'espère législatives resteront lettre morte ?
Chargerez-vous le Sénat de faire la salle besogne de dépeser ce texte ? Des députés qui auront voté cette loi seront-ils capables ensuite de valider le budget de l'État dans lequel rien n'est prévu pour sa mise en œuvre. En réalité, seul une grande loi de programmation budgétaire et non venant du gouvernement aurait permis que nous soyons au rendez-vous de l'histoire. Je le dis avec force et notamment au ministre, l'inaction et le cynisme sont des crachats au visage des victimes qui vous le dit, chaque lundi, une loi intégrale suppose un budget intégral. Merci. [applaudissements]
Clémentine Autain