Guillaume Poix / Lecornu, "faible" et "sous tutelle" | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonsoir, soyez les bienvenus dans 28 minutes. Salut mes camarades et merci à vous artésiens que nous aimons tant de merci de votre fidélité. L'actualité politique française c'est le trou, le vide, l'entre deux. 20 jours sans gouvernement depuis la nomination de Sébastien Lecornu comme premier ministre. un record et un facteur de déstabilisation accrue pour les Français, d'autant que la gauche se prépare, dit-elle à la censure.
Si rien ne change, et bien le résultat est déjà connu. Il y aura une censure et donc ce gouvernement tombera et il y aura vraisemblablement une dissolution à laquelle nous sommes prêts. Un exécutif affaibli sous tutelle du Parlement et justement un parlement qui reprend la main.
La France est-elle en train de changer de régime, sortir du présidentialisme pour retourner au parlementarisme ? Nous en débattons ce soir avant de vous retrouver dans la dernière partie de l'émission. Marie Bonisso et Xavier Maudu et des frites.
Votre cravat aurait dû être jaune. C'est vrai. Frit Burger Elizabeth, il est champion du monde de la frite depuis ce weekend.
Les championnats c'était ce weekend justement à Aras. Il est néerlandais il entre. Mais d'où vient la frite ?
Et ben on seem met un petit coup dans le cornet. Bien sûr Xavier. Et vous Marie ?
Ça y est depuis hier dimanche la saison de la chasse est ouverte dans toute la France. Moi je vais vous parler des chasseurs les plus discrets, ceux qui ont un arc et des flèches. Arc à tout à l'heure.
Et pour commencer, les surveillants de prison, eux aussi prennent parfois perpète. Nous recevons Guillaume Pois, un écrivain branché sur le réel qui a passé des semaines en immersion dans une maison d'arrêt du sud de la France afin d'approcher humblement ses invisibles. Son roman perpétuité, roman polyphonique et altant, les sorts de l'ombre.
On le retrouve tout de suite. Guillaume Pois, bonsoir, bienvenueir sur le plateau de 28 minutes. Je vous présente Anandiaï et Benjamin Sportouche, nous vous recevons.
Bah, vous êtes un écrivain concourable d'ailleurs. Vous êtes sur la première liste du concours à raison, monsieur Pois, avec perpétuité aux éditions verticales. Vous êtes immergé pendant plusieurs semaines à raison de 3 années, je crois, dans une maison d'arrêt du sud de la France pour comprendre qui sont ce qu'on appelle parfois les matons, les gardiens, les surveillants de prison et parce qu' aussi vous aviez un grand oncle qui était économe, c'est ça ?
Absolument. À la prison Saint-Paul Saint-Joseph à Lyon. Il y avait quelque chose à aller ?
Ouais. Je voulais un peu exumer aussi cette histoire là et comprendre un peu ce que c'était que cette carrière là puisque moi j'avais aucune conscience de ce que ça pouvait être. Alors, on va en parler avec vous après votre profil idéal réalisé par Gelegra.
Guillaume Pois. [Musique] Guillaume Pois, vous êtes dramaturge, metteur en scène et écrivain. Votre 4è roman se déroule dans le service de nuit des surveillants pénitentiaires d'une maison d'arrêt.
Comment relater cette réalité au plus proche sous une forme romanesque et à quoi ressemble le quotidien de ces surveillants ? Pour répondre à ces questions, vous avez le profil idéal. Pour nourrir votre réflexion, vous avez passé des jours et des nuits au sein d'une maison d'arrêt du sud de la France.
Vous avez mené des entretiens avec les surveillants, tenter de comprendre leur travail, essayer de saisir leur motivation ou leur lassitude. C'était tentaculaire, j'avais des tonnes de notes, dites-vous. Ce n'est pas la première fois que vous adoptez cette méthode d'immersion.
En 2020, pour l'écriture de la pièce La vie invisible mise en scène par Lauren de Sagazan, vous écrivez votre texte à partir de témoignages de personnes aveugles ou malvoyante, tout en vous intéressant à leur perception des œuvres de fiction. Alors, ils ont décidé que ça serait ça leur projet, rejouer le souvenir d'une scène de théâtre vue par un malvoyant afin de comprendre ce que ça pourrait être une mémoire construite sans images. Pour un sacre, en 2021, pendant 6 mois, vous interrogez plus de 300 personnes qui évoquent la mort d'un proche et le concept de réparation.
La vie des gens qui ont été incarnés, elle existe et leur morts aussi, ils existent. leur place est vide mais à leur place il y a pas rien. Il y a leur absence et l'absence c'est pas le vide.
Même processus pour l'éviat où il est question du fonctionnement de la justice toujours avec la même metteuse en scène. On a assisté à énormément de procès, rencontré beaucoup de magistrats, beaucoup d'avocats, beaucoup de justiciables et on s'est concentré plus particulièrement sur les procédures de comparion immédiate. Aujourd'hui, vous prolongez donc votre réflexion au cœur du système pénal.
L'un des personnages Pierre est chef d'un service de 11 surveillants pour 1000 détenus la nuit. Les années passent et Pierre se lass écrivez-vous. Selon vous, raconter la vie de ces surveillants est un projet politique et vous précisez, montrer que ces prolétaires souffrent eux-mêmes du monde carcéral nous impose de réfléchir.
Oui, c'est ça. C'est les prolétaires de la surveillance, les les matons réprouvés sal par une réputation séculaire. Ouais, absolument.
C'est c'est une profession qui est qui souffre de ces stéréotypes, de ces clichés. On la nomme mal d'ailleurs, on les appelle les gardiens, les matons. Et il me semblait que l'œuvre du romancier, c'est précisément d'aller débusquer ce qui se cache derrière ce ce mésage de la langue et et de bien nommer les choses.
Même le problème du pouvoir d'un romancier, d'un homme qui écrit. Alors, vous êtes un écrivain du réel mais vous aimez les dispositifs et là, il y a un dispositif qui s'appelle la ronde et qui s'appelle réunir 11 personnages le temps d'une nuit. Ouais, absolument.
à travers à la fois la ronde quelque chose comme quelque chose qui se mort la queue et en même temps la ronde de la surveillance. Oui. Oui, c'est vrai que la ronde ou l'idée du panoptique exactement.
Le d'ailleurs la focalisation fonctionne un peu comme ça comme une sorte de de panoptique adressée aux surveillants et la ronde c'est le la procédure le dispositif emblématique du service de nuit. Ça consiste à repenter les coursives souvent seul euh en pleine nuit pour aller regarder à l'œilon si les détenus sont présents, vivants, si tout va bien. Et regarder à l'œil ton en étant bien sûr qu'on va pas se prendre dans l'œil quelque chose qui surgera à travers l'œil.
Oui, ça c'est la crainte d'un des personnages et c'est une anecdote qui m'a été racontée. La lentille avait été retirée et un acte de violence avait été commis. Donc on peut on peut supposer ce que ça ce que ça représente et sur le plan symbolique et sur le plan physiologique.
Oui. Ouais. Absolument.
Ouais. D'ailleurs le roman il fonctionne un peu comme ça. Essayie de crever un peu notre regard sur ces stéréotypes.
Absolument. C'est difficile leur quotidien. On se demande comment ils tiennent.
Comment ils tiennent. Je pense qu'ils tiennent par d'abord le l'esprit de corps et de collectif. En fait, c'est avant tout une aventure commune d'être surveillant.
Et ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué, c'est à quel point on se on s'aide les uns les autres. On se on se on se fie les uns aux autres particulièrement de nuit parce que c'est une temporalité où tout à coup on est en en service enfin en nombre. Euh donc je crois qu' la relation humaine euh est la chose décisive et fondamentale notamment avec les détenus puisque c'est vraiment une relation euh presque de couple.
Le surveillant et les détenus fonctionnent comme un couple. Euh et ça je crois que ça donne énormément de de force au quotidien malgré les conditions de détention dont on sait qu'elles sont difficiles et qui impactent les conditions de travail. H la notion de vocation, ça peut sembler extrêmement étrange.
Vo devenir surveillant pénitentiaire. Et pourtant, il y a un personnage, son surnom enfin c'est Christ Marceau. Il aime son job.
Il se sent utile, il y voit une forme d'intérêt supérieur. Il s'estime quand vous avez fait vos vos semaines, vos années en immersion dans cette maison d'arrêt, vous en avez rencontré beaucoup des comme ça parmi ceux que vous avez surnommé Maeva, Beyoncé, Harissa et cetera et les bébés, c'est un peu une tradition dans la pénitentiaire. J'ai rencontré des surveillants qui pour beaucoup me disaient "C'est pas un travail qu'on fait par passion ni par vocation.
Nous au départ, on fait ça par défaut et puis on finit par ne plus pouvoir quitter ce monde. Mais j'ai rencontré aussi des gens qui avaient vraiment envie de de s'imposer ça et qui avait un sens du service public puisqueen fait ce sont des fonctionnaires et on leur délègue une mission très difficile et ça c'est peut-être un récit qu'on a pas en tête. On pense souvent que c'est un travail subi, un travail qui éprouve et qui brise, c'est parfois le cas, mais il y a aussi des gens qui trouvent et heureusement un sens fort et c'est le cas de nombreux nombreux surveillants que j'ai rencontré et que je je transpose dans les personnages que vous transposez.
Alors vous dites c'est un projet politique ce roman. On pense évidemment aux problématiques de la surpopulation carcérale. On a des chiffres hein euh 8447 personnes sont incarcérées en France, maison d'arrêt centrale pour 62500 lit.
Mais il y a aussi un autre thème qui est très fort, qui est central, sans mauvais jeu de mot, c'est les problèmes de santé mentale. Euh, un personnage dit psychotique, le mot revient sans arrêt psychotique. Et à un moment donné, quelqu'un d'autre, je crois que c'est la directrice Bianca dit "30 % des gens qui sont en prison devraient être soignés et vraiment être suivis psychiatriquement." Vous l'avez constaté quand vous étiez en absolument.
Moi, j'ai vu des prises en charge très problématiques de personnes qui qui étaient en crise, il faut se représenter parce que c'est pour les surveillants de devoir gérer ça, cette polyvalence humaine que ça implique de soins. Absolument. C'est vraiment la dimension fondamentale du travail que j'avais absolument pas en tête.
On a l'impression que c'est plutôt très disciplinaire. Or, en fait, il faut en permanence s'assurer que les personnes tiennent dans des conditions de promiscuité grandes à un moment de leur vie qui est rude et quand ils ont des fragilité, des vulnérabilités comme ça psychiatrique, puisqu'ils sont plus pris en charge par l'institution psychiatrique, on peut supposer ce que ça représente de menaces constantes et de tension sur les coursives en continu. Donc ça c'est être capable de gérer ça, il faut une quand même une valeur humaine et une un sens de l'engagement poussé.
Alors, on va évoquer avec vous Guillaume Poid et avec Anna une prison en France, la prison des beaumettes à Marseille et un projet de création de théâtre. Et alors là, ça crée des vagues. Oui, c'est un projet qui est porté par l'ancien garde des saut Éric Dupont Moretti.
Ce projet, il devrait voir le jour d'ici la fin de l'année. De quoi il s'agit ? Théâtre de 154 places au sein de la nouvelle extension de la prison.
Il sera ouvert au public et les détenus pourront s'y produire. Mais pour les syndicats de surveillant, c'est l'incompréhension. On manque de place.
On n pas assez de bureau et la direction propose de construire un théâtre. C'est n'importe quoi. C'est s'énerve la représentante du syndicat FO.
Et je rappelle que le taux de surpopulation carcérelle au Baumet a atteint un niveau record au mois de mars. 203 % d'occupation, c'est 10020 détenus pour 572 cellules. Et un autre syndicaliste lui raconte l'argent aurait pu être employé pour recruter plus de personnels.
Alors est-ce que c'est quelque chose vous que vous avez pu observer Guillaume Pois que certains surveillants se sentent parfois moins bien traités que des détenus ? Oui, je pense qu'il faut nuancer ça et essayer de comprendre d'où ça vient. C'est pas simplement vouloir que les détenus aient des conditions de vie plus difficiles.
C'est simplement constater que au quotidien du fait des sous-effectifs puisqueon on a parlé du taux de surpopulation effectivement pour autant on nembauche pas plus. Donc évidemment la tâche de travail est colossale et qui dit tâche de travail colossale dit dégradation de la prise en charge. Donc je pense que les motions contradictoire des surveillants vis-à-vis de projets qui à mon avis sont tout à fait valables et qui sont importants, elle vient sans doute du fait que au quotidien dans leur prise en charge quotidienne du travail, il voit que les moyens ne sont pas ne suivent pas forcément et qu'ils auraient sans il y a des besoins peut-être plus urgents.
Et ce qui est terrible, c'est de devoir Ouais. de devoir arbitrer entre les deux projets. Il y a un débat Guillaume Pois qui a émergé l'après la condamnation Nicolas Sarkozi sur les exécutions provisoires he toutes ces personnes qui sont en prison et qui sont en attente d'un jugement en appel.
Est-ce que les surveillants pénitentiaires disent voilà il y a des gens qui sont en prison qui ne devraient pas y être et ça complique notre tâche. Oui, indubitablement. Il y a aussi la politique pénale, elle elle s'ajuste en permanence.
Donc maintenant, par exemple, dans les maisons d'arrêt, on peut pas mettre des des détenus prévenus et des détenus condamnés dans les mêmes cellules, ce qui impose de redispatcher en permanence les cellules et les détenus. Mais peut-être il y a énormément en maison d'arrêt de détenus qui sont en préventive, c'est-à-dire des gens qui n'ont pas encore été jugés. Donc, on s'fuse que peut-être que certaines personnes voilà soient soient sous le coup de cette exécution provisoire, mais aujourd'hui en France, il y a des centaines de personnes qui dorment en prison en étant elles-mêmes en attente de leur jugement.
Donc ça c'est la politique pénale. H Guillaume Pois, vous évoquez, un de vos personnages évoque une expérience introduire des chats, des chiens pour justement créer un lien, adoucir les conditions pénitentiaires. Vous l'avez vu quand vous étiez en immersion dans cette maison d'arrêt.
Ouais, j'ai vu une expérience de médiation animale avec des chiens et c'était assez dingue puisque quand les chiens sont arrivés, les tous les mouvements ont été bloqués et on a ouvert les grilles et une meute de chien s'était lancée dans les coursives et on voit bien l'anomalie que c'est de tout à coup voir cette vitalité là animale et je crois que l'enjeu c'est de rapprocher les détenus d'eux-même par le contact avec l'animal puisque'en prison les l'essens se barricadent un peu. L'environnement perceptif est tellement violent que certains détenus se s'absentent un peu d'eux-même. Donc le chien vient réveiller un contact d'une autre nature.
Une dernière question. Bianca, c'est vous ? Ça pourrait être vous Bianca ?
Ouais, ça en tout cas c'est un métier passionnant. C'est la directrice. C'est la directrice la chef d'établissement.
D'ailleurs, ça vous avez que vous avez écrite et décrite de manière extrêmement sensible. Oui, je pense que j'ai j'ai projeté je me suis peut-être reconnu le personnage inspiré d'une chef d'établissement euh voilà qui a une ampleur euh Ouais. que j'ai trouvé vraiment remarquable.
D'abord découvert que c'était une femme ce que peut-être je me représentais pas que c'était un métier cou absolument et euh sans doute que je me suis un peu reconnu dans dans sa quête. Ou ouais, il semblerait. Merci d'être venu dans 28 minutes Guillaume Pois.
Merci infiniment. Perpétuité aux éditions verticales et bonne chance pour le concours pour la deuxième liste. On va changer de sujet.
On passe à notre débat sur l'entre politique en France. Jamais un premier ministre n'a mis autant de temps sous la 5e République pour proposer un gouvernement validé par le président de la République alors que la dette explose, que les Français doutent et que les parlementaires de l'opposition PS et LFI en tête brandissent déjà la censure. Sébastien Lecnu est-il de facto sous la tutelle du parlement ?
Comme il l'a dit dans une interview vendredi, est tout en train de changer de régime avec un retour au parlementarisme des 3e et 4e République débat après la mise au point de Sandrine Calvez. [Musique] Toujours rien, pas de gouvernement. Nommé le 9 septembre dernier, le nouveau Premier ministre demeure discret et enchaîne les consultations.
À Matignon, il se murmure que le gouvernement pourrait être nommé d'ici la fin de semaine. En attendant, Sébastien Lecornu s'est contenté de dévoiler samedi dans le Parisien ses premières orientations politiques et budgétaires. Et d'entrée, il a écarté l'attaque Zukman sur les plus riches.
Est-ce que la taxe Zucman est la bonne réponse ? La seule réponse, personnellement, je ne le crois pas. Sébastien Lecornu s'oppose à tout retour de l'ISF mais en même temps il préconise plus de justice fiscale.
Faut-il augmenter les impôts ? Globalement, je ne le veux pas. Est-ce qu'en revanche la charge au sein des impôts actuels doit évoluer ?
De toute évidence, oui. Quant à la retraite, pas question de suspendre la réforme actuelle. Personne ne veut d'un nouveau conclave.
Pas de quoi rassurer socialistes et écologistes réunis ce weekend aux rencontres de la gauche dans l'aude. Je n'ai lu aucune rupture dans ce qu'il a pu dire aux parisiens et bien les mêmes causes produiront les mêmes effets. Il est en train d'écrire lui-même l'histoire de sa propre censure et de sa propre chute.
Le spectre de la censure et d'une éventuelle nouvelle dissolution de l'assemblée pleine de nouveau. Sébastien Lecornu se retrouve en position de faiblesse et il le reconnaît lui-même. Pour la première fois depuis longtemps, le parlement occupe la place centrale.
Le gouvernement est sous le contrôle et même sous la tutelle du parlement. Alors, à vœu de faiblesse ou éclair de lucidité, la 5e République glisse-elle vraiment vers un régime parlementaire où Sébastien Lecnu, enfin tacticien, tente-t-il de renvoyer la responsabilité d'un nouvel échec sur des parlementaires plus divisés que jamais ? Nos trois invités pour ce débat.
Julien Jeanet, bonsoir. Constitutionnaliste, professeur de droit public à l'université de Strasbourg. Selon vous, on ne peut pas dire qu'on vit le moment le plus parlementaire de la 5e République.
Certes, les députés peuvent renverser le gouvernement, mais sur le plan de l'efficacité, ces députés, ajoutez-vous, ne sont pas au rendez-vous à côté de vous. Mathieu Soui, RSI, expert associé à la fondation Jean Jores. Bonsoir.
Selon vous, bonsoir. Le rapport de force est radicalement inversé entre l'exécutif et le législatif. L'instabilité et l'impuissance du pouvoir actuel renvoie à la fin de la 4e République.
L'avenir est au passé en d'autres termes. Et à côté de vous Astrid de Vilenne, journaliste politique. Bonsoir.
Vous produisez et présentez l'émission l'esprit public. Excellente émission. Chaque dimanche sur France Culture.
Vous venez de publier décrypter nos institutions politiques chez la Rousse selon vous, on tourne en rond depuis un an. Depuis 1 an. Le système politique électoral ne permet pas de faire des coalitions.
Il faudrait pour cela instaurer la proportionnelle comme le font tous nos autres voisins européens. Il y aura aussi sur ce thème du débat. Mais on démarre avec le chiffre du jour.
Benjamin. Oui. Sébastien le Cornu dispose du soutien de 210 députés à l'Assemblée nationale, ce qu'on appelle ce qu'ils ont baptisé le socle commun en comptant tous les partis qui soutenaient ces deux prédécesseurs Michel Barnier et François Bairou.
Bien loin donc des 289 députés nécessaires pour une majorité absolue plutôt une majorité relative de la veu même de Sébastien Lecornu qui dit-il ne suffit pas à gouverner comme avant. Julien Jannet, est-ce que c'est vraiment le premier ministre le plus faible pour vous de la 5e République ou pas ? Alors ça dépend ce qu'on appelle un premier ministre faible.
Si par faiblesse vous entendez le fait que c'est beaucoup plus confortable de gouverner avec une majorité absolue de députés qui vous soutien, on peut considérer qu'il est faible mais comme ont été faibles avant lui ces deux prédécesseurs. Est-ce qu'il est faible au sens de sa stratégie politique ? Je pense que à l'inverse de ces deux prédécesseurs, il adopte pour l'instant une démarche qui me semble tout à fait positive, qui consiste non pas à arriver en disant comme un mat àamort, voilà le gouvernement que j'ai nommé, voilà les réformes que nous allons mener, voilà ce que nous allons faire ensemble.
Mais à l'inverse qui consiste à dire je prends acte du fait que aujourd'hui nous n'avons pas les moyens de gouverner sans un travail préparatoire conduisant à la mise en place d'une sorte de plateforme de gouvernement. Et dans cette perspective, je pense qu'il faut dans une perspective exploratoire, nous parlons de la 4 République qui était très 4 République, commencer par essayer de créer cela avant de gouverner de nommer un gouvernement. Mathieu Souer, ce qui est peut-être plus inédit, c'est le fait que c'est un premier ministre faible nommé par un président faible dans les sondages notamment.
Oui, c'est ce qui popularité. C'est ce qui me conduirait moi à dire que on a effectivement avec Sébastien Lecornu le premier ministre le plus faible de l'histoire de la 5e République parce que ses forces parlementaire sont très faibles parce que son crédit dans l'opinion est lui-même très faible et qu'il s'ad crédit très faible du président de la République. % d'opinions favorable pour Emmanuel Macron.
Nous n'avons jamais eu de couple exécutif aussi impopulaire en début de course. C'est que Sébastien Lecornu est installé depuis quelques jours. Effectivement, vous aviez raison de faire référence à la 4e République, c'estàdire que la 5e République a été instaurée pour répondre à au mots de l'époque, c'est-à-dire une instabilité gouvernementale extrêmement marquée et une impuissance politique en tout cas vécue comme tel par l'opinion.
Nous y sommes d'une certaine façon et l'histoire de la 5e République devient d'une certaine façon l'histoire d'un pouvoir fort de moins en moins fort et aujourd'hui institutionnellement fort et politiquement faible. C'est ça que vous dit c'est tout le paradoxe de la 5e République. Le président de la 5e République en France a des pouvoirs institutionnels comme aucun de ses homologues ou à peu près.
C'est un homme institutionnellement très fort. Or depuis de Gaulle et jusqu'à Emanuel Macron précisément la force de ce leader politique s'est progressivement perdu. parce que il manque en réalité ce qui fait la la force ou le support d'un pouvoir, c'est l'adhésion populaire, c'est la confiance.
Donc vous pouvez avoir au plan institutionnel les plus grands pouvoirs mais être politiquement très faible parce que personne qui vous suit ou de moins en moins de monde qui vous suit. Astrid de pour revenir sur ce mot de Sébastien Lecnu, je suis le premier ministre le plus faible de la 5e République. Qu'est-ce que vous y voyez ?
De la licité, une tactique ou une erreur à votre avis ? C'est bien résumé. peut-être un peu de tout ça.
Moi ça m'a beaucoup surpris en fait qu'il dise ce ce terme là d'abord dans un hiclo, il aurait très bien pu démentir, on a déjà vu ça en politique et qu'il l'assume ensuite parce que on commence mal quand même. Vous voyez, ça fait 20 jours qu'il est là, il a toujours pas de gouvernement, il a pas de majorité et en plus il le dit qu'il est faible. Vous voyez, c'est pas une très bonne stratégie je trouve.
Ensuite, s'il est vraiment comme le dit le Premier ministre et comme le le le confirme Mathieu Souer, le le premier ministre le plus faible de la 5e République, dans ce cas, il faut qu'il fasse avec le Parlement et non pas qu'il donne une interview aux Parisiens vendredi pour dire je les celles sur lesquelles je pouvais m'appuyer le parc socialiste, en fait vos propositions, je n'en veux pas. Donc moi je trouve que c'est un paradoxe que ça casse ce qu'il avait commencé à construire qui était plutôt bien joué. C'est-à-dire je suis le président devant François Bairrou, je suis le président des ruptures pendant la passation pouvoir, c'était un peu osé.
Sous-entendu, je ne serai pas comme vous. Moi, je trouve qu'on est quand même en train de lui reprocher ce qu'on reprochait à François Baou, c'est-à-dire de vouloir gagner du temps, de ne pas dévoiler son jeu et surtout quel grand flou. Donc oui, mais Julien, vous dites-vous, c'est l'honnêteté. pas c'est l'honnêteté, c'est de la stratégie habile.
Je pense la question finale ça sera est-ce qu'il arrive à créer cette plateforme de gouvernement ? S'il y arrive, on dira tous formidable. Il a réussi à prendre conscience de la reparlementarisation de nos institutions, du fait de l'équilibre politique à l'Assemblée nationale et on dira "Bravo et" peut-être qu'il durera jusqu'en 2027.
À l'inverse, s'il n'y arrive pas, notamment parce qu'il a fermé la porte au Parti socialiste, il est pas du tout impossible qu'il tombe comme ses prédécesseurs très rapidement. Et c'est pas gagné justement parce que le Red réclame au premier ministre une politique en phase avec ses propositions sous peine de s'associer à une censure. Écoutez Jean-Philippe Tangi, président délégué du groupe RN à l'Assemblée.
Justement, après 3 semaines de silence, on pouvait s'attendre à des annonces concrètes, à une vision et on a l'impression que monsieur le cornu essaie désespérément de gagner du temps. Marine Le Pen et Jordan Bardellan ont été très clair, très clair. Si pas de rupture de la part de monsieur le Cordu, il y aura censure.
Donc là, il y a pas de rupture. Il y a il y a aucune rupture. du macronisme purju. du macronisme purgeu.
Mais Mathieu SER, il pourrait être censuré secondement avant même d'être nommé théoriquement ou pas ? Oui. Et rappelez-nous les les modalités de ça.
J'y ajoute deux éléments de faiblesse en réalité. Il est faible parce que il est présenté ou en tout cas il est perçu comme l'homme d'Emmanuel Macron. C'està-dire que le président de la République qui normalement a perdu le pouvoir mais qui ne veut pas l'admettre.
Donc il est là en réalité pour poursuivre la politique menée depuis déjà 8 ans. Donc c'est un élément de faiblesse politique. J'y ajoute un élément de faiblesse qui tient au contexte budgétaire.
Il est de tous les premiers ministres en poste depuis 2017 au moins celui qui dispose des marges budgétaires les plus étroites et en réité même il est là pour faire adopter un budget austéritaire. Un budget austéritaire c'est un budget par définition impopulaire et donc on ne voit pas qui pourrait venir aujourd'hui au secours de de Sébastien le Cornu. Donc la censure est quand même tout à fait possible si ce n'est probable.
Julien Janonais Sébastien Lecni a dit lui-même le gouvernement est sous la tutelle du parlement. encore une analyse sémantique de cette tutelle. Alors si les sous-tuteles, c'est une tutelle assez étrange parce que c'est une tutelle sans tuteur.
Une tutelle sans tuteur clair en tout cas c'est qui l'Assemblée nationale aujourd'hui ? C'est pas comme si l'Assemblée nationale avait un chef très clair qui était susceptible de dire au premier ministre je te tiens pas la barbichette tu vas faire ce que je te demande de faire sinon je ferai tomber ton gouvernement. C'est qui exactement ?
Est-ce que c'est le RN ? Est-ce que c'est LFI ? Est-ce que c'est le Parti socialiste ?
On voit bien que toute la difficulté de c'est une tutelle Oui, comme au sens du régime parlementaire depuis 1958, tous les premiers ministres sont en principe sous la tutelle des députés. Tout l'enjeu, c'est que lorsque vous avez la chance d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale, vous êtes sous la tutelle de personnes qui en réalité dépendent de vous sous la 5e République. Donc c'est tout l'équilibre un peu fin.
Là, on redécouvre le carè parlementaire de notre régime un peu depuis 2022, beaucoup depuis 2024 et en particulier depuis 3 semaines. C'est-à-dire que on prend conscience du fait que en réalité c'est une tutelle. Je pense que c'est un argument rhtorique et stratégique fort.
Je suis pas certain que en tout cas c'est la marque d'une prise de conscience de sa part qui est plutôt positive. Voilà. Astrid sait que le centre de gravité se trouve en fait au parlement et en revient aux origines de notre fonctionnement.
J'allais dire c'est pas nouveau en fait le le gouvernement n'est pas sous tutelle, il est responsable devant le parlement. Ça veut dire qu'à tout moment s'il y a une majorité pour le faire tomber, il peut tomber. Mais quand il y a une majorité plétorique ou quand il y a une minorité, c'est la même chose.
Donc moi, j'aime pas trop cette expression de tutelle. Je trouve qu'elle est désobligeante et que en fait, elle met pas en avant le parlement. Et c'est pour ça que vous aviez la gentillesse de parler de mon idée de proportionnel.
Je pense pas que ce soit la solution à tous les miracles, mais je pense que on demande beaucoup, on entend beaucoup les Français dire qu'ils se mettent d'accord, qu'il discutent entre eux et cetera, mais en fait je pense que la tripartition à laquelle on était pas du tout habitué, qui est maintenant le la donne n'est pas du tout faite pour le scrutin majoritaire à deux tours que qui est le nôtre pour nos législatives. Quand il y a une proportionnelle, on sait qu'il va pas y avoir de majorité. Donc on sait, comme on le fait en Belgique, en Allemagne, que pendant 6 mois, 4 mois, toutes les forces arrivées en tête vont se mettre d'accord et faire un gouvernement.
Et donc c'est plus logique. Là, je pense que le système, il est comme verrouillé, cadennassé. Il y a un truc qui ne fonctionne plus rouillé.
Vous voyez, comme une route de vélo qui serait bloquée. Pas d'accord. N'est pas d'accord.
Vous avez publié un tract he chez Galimar contre la proportionnelle. D'ailleurs, tout à fait. Je ne pense pas du tout que la proportionnelle serait une thérapeutique adaptée à la situation que nous vivons.
Je pense que la proportionnelle présente de très nombreux défauts. Elle conduit paradoxalement, après ce qu'on vient d'entendre, à éloigner, je pense, les députés de leurs électeurs. Les députés ne doivent leur siège à la proportionnelle queles que soient les modalités concrètes de ce mode de scrutin qu'aux étatsmjeurs de parti ou principalement à ces derniers. bien plus encore que c'est déjà le cas que ça n'est déjà le cas aujourd'hui.
L'autre élément, c'est le fait queon connaît beaucoup moins les élus au scrutin de liste. Demandz autour de vous combien de personnes pouvez-vous citer sur une la liste pour laquelle vous avez voté lors des élections européennes ? direé c'est pas les législatives.
Il n'êche que au-delà de la tête de liste en général on est incapable de citer quelques députés européens qu'on a contribué à à faire élire au Parlement européen. C'est quelques éléments forts. Après, il y a évidemment un argument, un dernier qui me paraît important, c'est le fait que à la proportionnelle, on favorise la fragmentation qu'on connaît déjà avec un scrutin majoritaire aujourd'hui.
Et cette fragmentation, on envoie aujourd'hui les périls et on envoie aujourd'hui les difficultés et notamment le le risque que des tout petits partis soient en mesure d'être des faiseurs de roi. Et c'est ce qu'on observe alors de manière très frappante en Israël mais aussi de manière marquée dans un certain nombre de situations comme avec le premier ministre Sanchez en Espagne où en réalité les autonomistes catalans par deux fois se sont trouvés en position d'être des faiseurs de roi et d'obtenir des concessions sur des points extrêmement importants uniquement pour que le premier ministre puisse sauver son gouvernement. Ça n'est pas à mon avis quelque chose de vertueux du point de vue du fonctionnement de nos institutions.
Un arbitrage sur cette question non pas de l'organisation institutionnelle mais de la culture politique. La culture parlementaire n'est pas du tout étrangère à la culture politique française puisque c'est celle qui a prévalu sous la 3e et sous la 4e République. Il est vrai que sous la 5e en particulier à cause de l'organisation binaire de la vie politique on a perdu en fait cette culture là.
Emmanuel Macron pour le coup qui dont l'élection portait aussi une promesse de déblocage et de la société et fonctionnement de nos institutions pourrait faire utile aujourd'hui en en laissant quand même en en en laissant à croire dans l'opinion qu'il a bien perdu le pouvoir qu'on lui a retiré aux dernières législatives et en essayant d'insuffler cette cette culture parlementaire qui aujourd'hui nous fait défaut. Mais la proportionnelle, ça viendrait débloquer le système ou pas ? Alors non, je ne crois pas pour une raison simple.
Les équilibres qu'on a aujourd'hui au Parlement correspondent grosso modo à ceux qu'on aurait avec la proportionnelle à il pourrait débattre. Ce serait comme implicite. C'est ça que je veux dire.
Ce qui changerait la donne, ce serait en réalité un changement de de posture de mentalité en fait. Mais le président de la République lui-même, plutôt que d'envoyer un signal implicite à l'opinion en désignant Sébastien Lecnu aurait totalement pu dire "Je demande à Gérard Larchet et à Yael Brunpivet par exemple hein, la présidente de l'assemblée et du de réunir l'ensemble des forces parlementaires pendant quelques semaines pour essayer d'aboutir à une coalition la plus large possible sur la base du d'un programme consensuel pour quelques mois. En tout cas, cette tentative n'a même pas été faite.
Alors ça ça aurait été une illustration d'une forme de culture du compromis. On court après. Alors bah attendez, ben on va en parler.
Non non mais c'est pas pour que vous répondiez, c'est pour que Anna puisse évoquer ce que l'on ce à quoi on aspire la culture du compromis. Alors ça existe notamment à l'échelle des communes et à l'échelle de l'Europe. Pourquoi pas voilà cette culture du compromis ?
En tout cas c'est ce que réclament certains français selon un sondage ifop d'octobre 2024. 9 français sur 10 estime, vous allez voir que le parlement et le gouvernement devraient s'inspirer de la culture du compromis telle qu'elle est pratiquée au niveau local. Alors, c'est vrai que les élus des communes et des intercommunalités pratiquent quotidiennement le consensus transpartisan.
Par exemple, je pense à l'intercommunalité de Mulous Alsace Agglomération. Elle fait office de modèle parce qu'elle a créé un pacte de gouvernance. Il a été cré à plusieurs mains avec les les élus des 39 communes de l'agglomération qui sont de bords politiques différents et ça a permis entre autres de lancer rapidement de grandes opérations dans l'agglomération comme le vaxibus pendant la période Covid ou le déploiement des bornes de déchets organiques.
Et on le retrouve aussi au Parlement européen. Oui, un hémicycle exactement un hémicycle fragmenté sans majorité absolue. C'est même la règle au Parlement européen.
On en a parlé tout à l'heure notamment à cause du mode de scrutin proportionnel. Alors, une phrase d'un spécialiste de cette institution résume bien la situation. Soit on fait des compromis, soit c'est l'immobilisme garanti.
Et donc les députés sont bien obligés de dépasser leur clivage politique, les préférences nationales et de chercher le compromis texte par texte pour parvenir à des accords. Mais ça évidemment ça prend du temps. Je prends un exemple.
Pour trouver une majorité qui a permis d'adopter le texte sur l'interdiction des véhicules thermiques d'ici 2035, il aura fallu 1 an de tractation et de négociation. C'est donc long à stre de Villen, on le voit si ça marche au niveau local, ça marche au niveau européen. Pourquoi est-ce que nous on n'arrive pas à appliquer cette culture du compromis au niveau national ?
Moi, je pense que la réponse se situe dans le mode de scrutin, mais je pense que ce n'est pas la panassée et je partage tout ce qui a été dit avant. En fait, moi je j'essaie de trouver un déblocage. Je pense que c'est le déblocage du moment, mais que ça ne va pas tout résoudre.
Ça ne va pas résoudre la l'immense déconnexion qu'il y a entre les Français et leurs députés ou leurs ministres. Je suis très frappée du fait qu'on n pas de gouvernement et que c'est la phrase qui circule partout sur les réseaux sociaux, tout le monde s'en fiche. Vous avez remarqué, on n pas de ministre de l'éducation nationale, on a un ministre de l'intérieur des missionnaires.
Moi, je trouve que ça en dit long sur la période politique que nous traversons, l'extrême faiblesse. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les Franç ont l'impression que la France fonctionne quand même ou ça veut dire qu'il y a une indifférence jusqu'au moment où il nous faudra un budget quand même.
Mais il y a un sentiment d'imp d'impuissance. Pourquoi ça marche à à en Europe ? parce que nos voisins sont des démocraties absolument sont des démocraties parlementaires qui elles ont l'habitude de cela.
Donc en réalité une part non négligeable des députés européens pas les Français mais les autres pratiqu ça pratiquent ça au quotidien chez eux peut-être peut-être aussi parce que les eurodéputés sont des négociateurs. Oui. Alors ça joue il y a une culture particulière au Parlement européen et par ailleurs le parallèle avec ce qui se passe au niveau local.
Précisément la situation française c'est un découpage un découplage total entre ce qui se passe politiquement au niveau local. niveau local, ce sont encore la gauche et la droite à l'ancienne qui domine. Au niveau national, c'est tout à fait l'inverse.
Lfi, le RN et la Macronie n'ont aucune implantation locale. Et c'est pas seulement une question de tripartition entre ces trois forces politiques. Cette tripartition, elle correspond en réalité à un triple rejet, à une triple détestation.
Si vous êtes un électeur de Jean-Luc Mélenchon, vous détestez Emmanuel Macron et vous détestez Marine Le Pen et vice-versa. Donc derrière, ça rend très compliqué la possibilité de de coalition. Vous voulez réagir l'échelle locale, vous dites c'est l'endroit où les compromis se font.
Ça dépend. Il y a rien de plus violent qu'un conseil municipal avec un une certes un scrutin proportionnel mais avec une prime majoritaire telle que dans les grandes villes en tout cas depuis 1983 que ça conduit une majorité à écrabouiller les oppositions dans le conseil municipal. Donc pour le coup on a quelque chose de tout à fait frontal.
L'autre élément, c'est le fait que euh la proportionnelle conduit quand même les forces politiques à euh taire avant le scrutin leurs éventuelles alliances pour pouvoir donner l'impression qu'elles sont constituées après le scrutin. Il me semble que c'est beaucoup moins clair que notre bon vieux scrutin majoritaire à deux tours qui présente une vertu au moins qui est de forcer les forces politiques avant le scrutin à dire voilà si nous sommes majoritaires ensemble voilà comment nous gouvernerons. Voilà la direction dans laquelle nous irons.
Et je trouve que du point de vue des électeurs, c'est leur faire un peu plus confiance que de faire cela avant le scrutin qu'après l'élection. On ne reparle pas de la proportionnelle. On va regarder une archive absolument délectable.
Vous allez voir, ça nous ramène à 1948, l'instabilité gouvernementale et la division au parlement. Et ben écoutez, c'est là et c'est vivace. 4e République, 24 gouvernements en 12 ans comme celui que tente de former un certain Robert Schuman.
Regardez, la France attend un nouveau gouvernement. Les projets financiers de monsieur Paul Reno ayant rencontré des résistances sans appel, monsieur André Marie est venu remettre au président de la République la démission de son ministère et l'Élysée a revu le défilé traditionnel des consultations commencé par monsieur Heriot président de l'Assemblée terminé par monsieur Ramadier nommé à la charge de former le nouveau gouvernement mais monsieur Ramadgier abandonnait bientôt devant l'amoncellement des difficultés c'était alors monsieur Robert Schuman que le président Oriol appelait à recueillir la succession de monsieur André Marie et monsieur Schuman accepte nouvelles attentes, les reporters sont en place, les pronostics courent les antichambres et monsieur Schuman vient à nouveau demander son investiture à l'assemblée qui le renversa voici un mois. Parviendra-t-il enfin à assurer à la France un gouvernement durable ?
On est tous trop jeunes pour avoir connu cette époque bien sûr à street de vilaine. Quand vous voyez ça, on nen est pas là aujourd'hui mais finalement vous parliez de dissolution mais est-ce que c'est pas la pratique au parlement c'est-à-dire qu'il y a moins d'amendement qui aussi peut revivifier un peu notre démocratie que on change le fonctionnement du de l'Assemblée nationale ? Moi, je crois et c'est pour ça que j'ai écrit ce livre sur les institutions, qu'on arrive quand même au bout d'un système, la 5e République, qu'il faut à minima euh comment dire la Romagier, la Romagier, voilà, la changer, donner un peu plus de de pouvoir aux citoyens.
Certains dirai all jus la 6e République. Moi, je ser moi je serais presque allé jusqu'à utiliser cette assemblée nationale qui a eu une grande participation au dernier scrutin et qui est assez représentative du coup des Français pour en faire une constituante. C'està-dire que tous ces gens-là qui n'arrivent pas à s'entendre sur une demi-mesure sur l'ISF, la taxe Zucman je ne sais quoi sur l'AME parle plutôt des institutions pour voir comment mieux associer les Français ou régler le le débat qu'on avait tout à l'heure.
Donc c'est une crise de régime vous pas uniquement une crise démocratique ou éthique. C'est dans entre deux mais pas loin. Je pense qu'il y a les trois.
On est dans une crise politique, on est dans une crise démocratique, on est dans une crise de la représentation. Pour moi, on n'est pas encore dans une crise de régime, mais à mon avis, si Sébastien Lec tombe, si un autre tombe, si je ne sais quoi, on est au bord de la crise de région. On est au bord du précipice ou pas ?
Pour la 5e, je viens Jané. Deux remarques, on a vu passer Ramadier. Ramadier, il est quand même l'un des responsables de la faiblesse de la 4e République puisque lorsqu'il a demandé son investiture au tout début de la 4e République, il a fait ce qu'on appelle la double investiture ramadier.
C'est-à-dire que à l'ors même que on avait voulu rompre avec la pratique de la 3e République, il est arrivé en disant "Je vous demande de voter sur mon nom, moi président du conseil, puis de revoter sur mon gouvernement, ce qui ensuite a été fait pendant toute la 4e République et ce qui est l'un des éléments qui a contribué à expliquer la valce des cabinets ministériels." Donc c'est juste en passant. Deuxème élément pour répondre à votre question, est-ce que nous vivons une crise de régime ?
Je ne crois pas du tout. Je crois que nos institutions de la 5e République fonctionnent parfaitement euh face à la crise politique que nous vivons sans aucun doute. Non, que la crise politique, il y a aucun doute.
Mais en revanche, les crises politiques, il y en a plein si j'ose dire. Et c'est la vie des institutions que de connaître des crises politiques. La chute d'un gouvernement, c'est une crise politique.
Mais en l'occurrence tous les mécanismes constitutionnels prévus par la Constitution ont été utilisés depuis quelques années et en réalité l'armature constitutionnelle est tout à fait là pour faire face à mon avis aux circonstances. Mathieu Souquierre, il y aura des solutions si le gouvernement de si Sébastien Lecornu est censuré. Il y aura des solutions inévitablement.
On peut imaginer que c'est un scénario probable. Il y a la question, il y a la question institutionnelle mais je rebondis quand même, il y a les forces sociales en face. Et donc si la 5e République était apparue en 58 comme la solution, la bonne réponse au manquement de la 4e République, souvenons-nous que sans idéaliser le passé, souvenons-nous que 3 années seulement après l'élection du général de Gaulle au suffrage universel direct, 3 années après seulement, il y a les barricades de mai 68 et il y a en 69 l'obligation qu'il se fait lui-même de démissionner.
Et à partir de 69, en réalité, tous les gouvernants se font sortir ou à peu près le gaolisme se fait sortir par le giscardisme et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui. En réalité, si nous sommes tant bloqués aujourd'hui, c'est parce que Emmanuel Macron est un des premiers présidents de la République à parvenir à se faire rééliir. Autrement dit, il a la longévité qui a fait défaut à tous ses prédécesseurs et s'il a la longévité sans la confiance, il a l'usure et l'usure terrible, l'usure mortifère.
Mais pardon rapidement, mais la culture du conflit, elle est aussi dans notre société. Donc quelque part, est-ce que quelque part notre classe politique nous ressemble pas ? Et quand on a eu des accuis sociaux, ça s'est fait aussi dans la révolution, dans la révolte, dans les manifestations.
Non, bien sûr, mais je suis pas sûr que les Français se sentent très représentés par le spectacle donné au Parlement. Moi, en tout cas, c'est pas du tout ce que j'entends sur le terrain. Très bien.
Benah écoutez, ce sera le mot de la fin pour ce débat absolument passionnant. Merci à tous les trois d'être venus, tenter et plutôt réussir à nous éclairer sur ce que l'on vit en ce moment. On va rester dans l'actualité vue par Xavier Mi, Marie Bonisso.
Les championnats du monde de la frite ont eu lieu à Arass. C'est un événement et la chasse à l'arc fait de plus en plus d'adeptes qu'en pensent donc les chevreuils et les petits marcassins des zones périurbaines. Mais d'abord le mauvais du jour, paracétamol car le docteur Trump a bien sûr un avis médical autorisé sur cette antalgique dont il connaît par cœur la formule.
C8H9NO2, c'est entendu. Le président américain accuse le paracétamol. Ne prenez pas de paracétamol.
Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes.
Paracétamol, abréviation de la formule chimique paraacéthyle aminophénol désigne l'un des antidouleurs les plus consommées dans le monde. Le 22 septembre, le président américain a exhorté les femmes enceintes, sous peine de transmettre l'autisme à leur bébé, à ne pas prendre de paracétamol. Le paracétamol est un analgésique qui fait baisser la fièvre, laquelle peut provoquer fausse couche, malformation des organes, complications cardio-vasculaire.
Si l'aspirine et l'ibuprophane ont des effets indésirables bien connus sur le fétus, le paracétamol est le seul médicament en vente libre approuvé pour traiter la fièvre pendant la grossesse. Pour connecter paracétamol et autisme. Parmi les kids américains de 8 ans, 3,22 % ont un trouble du spectre autistique, le président antisciences a convoqué une métaététude dont l'auteur, la méthodologie et les résultats sont contestés et Cuba.
À Cuba, ils n'ont pas de paracétamol et ils n'ont quasiment pas d'autisme. Donc les seuls facteurs d'autisme établis sont génétiques et environnementaux. L'association de malfaiteurs autisme paracétamol, invention d'un chimiste américain en 1878, a été étudié sur 2,5 millions d'enfants nés en Suède entre 95 et 2019 ou plus récemment sur une corte japonaise de plus de 200000 enfants.
Le paracétamol est ressorti libre. En France, l'analgésic superstar de quelques grammes pèse 1,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires que se partagent deux titans de la molécule dont l'un a vendu la moitié de son bis à un fond d'investissement américain. Mais une nouvelle usine produira dès 2026 de quoi assurer la souveraineté sanitaire nationale.
Si oui PEM para c'est à Mol. Elle est bonne elle était patente. Merci Tibonold.
Vous revoici tous les deux pour vous chronique Marie et Xavier. Alors vous vous intéressez à des à des sujets fondamentaux quoi. Championnat du monde de la frite hein.
Ah oui ben oui ça a eu lieu où à race. Et c'est un néerlandais qui a décroché ce titre envier de champion du monde de la frite. Une histoire servie dans un cornet.
Évidemment Ellisabeth. C'est à la fin de l' 3 de la République française comprenait 1794 que paraît le premier ouvrage entièrement consacré à la pomme de terre. La cuisinière républicaine, un ouvrage qui nous promet bah de nous enseigner les meilleures manières d'accommoder toutes les patates.
Il est signé Madame Migo. Madame Migo, veuve mère de libraire et d'ailleurs à remarquer cas exceptionnel d'une femme autrice de livre de cuisine au 18e siècle. La patate est mise à l'honneur ici.
La pomme de terre, vous savez venu d'Amérique, magnifié par par mentier mais regardez avec méfiance. Bon ben voilà, un livre entier consacré aux pommes de terre, c'est révolutionnaire. Elles sont bouillies ou elles sont déjà frites ?
Elles sont déjà frites. Vous nous torturez là, il y a plein de recettes. Mais enfin en tout cas, vous avez déjà la première mention que ces pommes de terre peuvent être frites alors dans du seind, dans du beurre et puis salé.
Ah bah oui, on voit après plein d'ouvrages qui traitent de cette question là. Le cuisinier économe en 1821 nous donne les manières de frire les pommes de terre. Allez hop, vous les faites frire.
Hop, vous les goûtez. Une fois qu'elles sont croustillantes, elles reviennent dans du beurre. C'est exceptionnel, nous dit-on.
Servie avec une pièce de bœuf. Et dès lors, la pomme de terre devient incontournable sur les tables populaires, sur les tables bourgeoises aussi et surtout surtout débat mais alors improbable et incontournable lui aussi de patriotisme. Elle est belge, c'est compliqué.
Alors attention, sujet délicat, disons-le tout de suite. Il n'est pas improbable qu'à la fin du 17e siècle, quelques pêcheurs belges ont découpé des pommes de terre sous forme de bâtonnet, un peu comme des petits poissons et puis ils les ont fait frire tout simplement parce que ce jour-là, il n'avait pas pêché les poissons. Les Belges, apportez-nous des documents en masse pour prouver la chose, pour le prouver parce que là, jusque là, ça reste très marginal dans toutes les études très sérieuses et il y en a beaucoup nous montrent que la pomme de terre frite s'impose dans les rues de Paris à la fin du 18e siècle et au 19e siècle.
D'ailleurs aux États-Unis, on dit French fries. Au Royaume-Uni, on dit chips. J'avais rien comme tout le monde.
Non, sous ce terme générique de frites se cache des réalités très différentes. Bah déjà selon la manière de les couper en lamelle en bâtonnet avec des formes bizarres, la manière de les cuire, quelle matière grasse, quel temps de cuisson. Donc il n'existe pas une frite, il existe des frites.
Les Français, les Belges, les Néerlandais, peuple du monde, soyons fiers de nos frites. Tout en rappelant Ellisabeth que les meilleures frites sont bien souvent celles que nous faisait notre grand-mère. Absolument.
Et toi, tu l'as ? La frite. Évidemment, mauit, je l'ai tutoyé, c'est dingue.
Bon, cher Marie, la saison de la chasse est ouverte. Une méthode fait de plus en plus d'adeptes. C'est la chasse à l'arc.
Oui. Alors, l'ouverture de la chasse euh peut-être que vous le savez, ça s'échelonne euh sur les dimanches de septembre, voilà, selon les départements. Et donc ça y est, depuis hier euh 28 septembre, toute la France peut chasser jusqu'à fin février voir fin mars pour certaines espèces.
Or, sur le petit million, il y en a de moins en moins de chasseurs français. Il y a un groupe que vous n'allez pas entendre, ce sont les archers. les archères entre 15000 et 20000 archers en France, on sait pas exactement dont certains sont sollicités par l'ONF, l'Office national des forêts pour réguler, c'est le terme, pour chasser euh en zone périurbaine.
Il y a notamment beaucoup d'archers en Île-de-France. Nos confrères d'ailleurs de France info ont suivi un certain Frédéric Cojol, un monsieur des Yvelines 78 qui a raconté sa routine. Alors, il sort de son bureau à 18h, hop, il enlève son costard, il met directement un un une tenue de camouflage et puis il part chasser euh à à comme ça, il partirait à l'arc juste à côté de lui dans un petit bois, un petit bois où on entend la route à côté, on peut croiser plein de promeneurs et on voit passer le tramouet même à travers les arbres.
Donc vous comprenez qu'il est hors de question. dans ce genre de zone très fréquentée, très proche des villes, euh de sortir une carabine. C'est pourquoi l'ONF fait appel aux archers parce que ils estime qu'il y a beaucoup moins de risque d'accident parce que monsieur Cojol et ses amis, il chasse le sanglier euh et le chevreuil à l'affu.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que il se met immobile perché 2,50 à peu près dans un arbre, il bouge pas et il attend et il tire que quand l'animal est très proche de lui, c'est-à-dire à peu près à 15 m. Donc moins de danger et puis aussi tout simplement moins de de moins de nuisance sonore pour les voisins.
Ces flèches et cet arc sont très souvent présentées par les adeptes comme l'essence de la chasse, la chasse originelle qui serait plus proche de la nature, moins polluante, plus fairplay aussi parce qu'il raconte que l'animal et l'homme seraient sur un pied d'égalité hein. Il y a pas de chien, il y a pas de poudre pour aider le chasseur qui d'ailleurs revient très souvent bredouille. Alors ça fait 30 ans que cette pratique est réglementée en France.
Elle gagne des adeptes, notamment des jeunes gens qui s'y mettent au à la chasse à l'arc, même si pour le moment ce sont des gens qui sont obligés de passer leur permis de chasser avec une arme à feu alors que justement l'idée c'était de s'en passer. Voilà, c'est ça. Absurde.
Merci Marie. Merci à tous et merci de votre fidélité. Encore une fois, à demain 20h05.
On se retrouve avec le réalisateur iranien Jafar Panaï. Palme de raccane, remarquable film. Tchus.
Ohoh. [Musique]
Sébastien Lecornu