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interviewSénat (sur YouTube)· 14 avril 2025 79 min

Femmes et sciences : quel impact de la réforme Blanquer ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Chers collègues, nous recevons cet après-midi Jean-Michel Blanquer qui fut ministre de l'éducation nationale de mai 2017 à mai 2022, mais également auparavant recteur d'académie de Guyane et de Créteille ainsi que directeur général de l'enseignement scolaire de 2009 à 2012. Cette audition s'inscrit dans le cadre de nos travaux sur la thématique femmes et sciences qui vise à identifier les leviers d'action permettant de donner aux filles et aux femmes toutes leur place dans les parcours et carrières scientifiques alors qu'elles ne représentent encore qu'un tiers des chercheurs scientifiques et un/4 des ingénieurs en France. Nos premières auditions ont souligné l'importance des choix de spécialité et d'orientation au lycée, mais aussi le rôle clé des professeurs de leur appropriation de la culture scientifique, de leur représentation genrée et des encouragements qu'ils prodiguent ou non à leurs élèves filles et ceux dès l'école primaire.

Or, la réforme du bac et de l'organisation des enseignements au lycée en 2018 a généré des biais de genre dans le choix des spécialités et a eu des conséquences significatives en matière d'égalité puisque dès la rentrée 2019, on observait une baisse de 60 % de l'effectif des filles poursuivant des enseignements de mathématiques et qu'en 2022, on constatait également une chute de 60 % des bâchelières scientifiques selon l'association femmes et mathématiques. Aujourd'hui, les lycéennes recommencent progressivement à choisir la spécialité mathématique qui était leur second choix en 2023 et les combinaisons de spécialités et donc de parcours scientifiques sont plus diversifiées. Cependant, les filles demeurent sous-représentées dans les spécialités scientifiques à l'exception des sciences de la vie et de la terre.

Alors qu'elle représente 56 % des élèves de terminale général, elle ne représente que 42 % des élèves ayant choisi la spécialité mathématique, 15 % pour la spécialité numérique et sciences informatiques et 14 % pour la spécialité sciences de l'ingénieur selon les chiffres de 2023. Certes, il semblerait qu'il s'agisse davantage d'une anticipation de choix qui se faisait auparavant au moment de l'entrée dans l'enseignement supérieur. La proportion de filles inscrites dans les classes préparatoires scientifiques et dans les filières universitaires scientifiques est resté stable, c'est-à-dire tout à fait aussi faible qu'auparavant entre 20 et 30 % selon les spécialités.

Pour autant, cet abandon plus précoce des mathématiques et des sciences dès le lycée a des conséquences plus vastes sur la culture scientifique des jeunes et en particulier de celles et ceux qui deviendront professeurs des écoles et devront enseigner les mathématiques et les sciences aux enfants de l'école primaire. Par ailleurs, je rappellerai que nous avons auditionné des chercheuses qui nous expliquaient que si elle n'avait pas eu des professeurs en 3e ou en seconde pour leur dire d'aller vers une filière scientifique, elle se serait à ce moment-là orientée vers une filière littéraire et heureusement qu'elles ont été orientées vers une filière scientifique puisque aujourd'hui ce sont de grandes chercheuses. Monsieur le ministre, avec les quatre rapporteurs Marie Hashliman, Josely Antoine, Lordcos et Marie-Pierre Monier et Marie-Pierre Monier qui peut-être va arriver présente à mes côtés, nous avons donc souhaité vous entendre pour évoquer ensemble les conséquences de la réforme du lycée que vous avez mené il y a 7 ans.

Plus globalement, puisque vous avez été pendant une quinzaine d'années au cœur des politiques nationales d'éducation, nous souhaitons échanger avec vous sur les leviers qui sont de nature à amener davantage de filles vers les mathématiques et les sciences. dès le plus jeune âge et tout au long de leur scolarité. Nous sommes particulièrement intéressés par les initiatives que vous avez pu mener ou dont vous avez eu connaissance en tant que recteur, des Gesco ou ministre pour faire évoluer la pédagogie en classe, renforcer la formation des professeurs ou encore améliorer les dispositifs de soutien à l'orientation des élèves.

Monsieur le ministre, je vous laisse donc sans plus tarder la parole et je laisserai ensuite le soin à mes collègues rapporteurs de vous poser des questions. Je précise que cette table ronde fait l'objet d'une captation audiovisuelle. en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sénat.

À vous, monsieur le ministre. Merci beaucoup madame la présidente et merci à vous toutes et vous tous euh de cette invitation. Je suis très heureux de d'avoir cette occasion d'un échange approfondi en en disant immédiatement que ça réclame des échanges approfondis et que c'est un sujet comme d'autres, c'est pas le seul qui a beaucoup souffert des slogans, des fausses nouvelles en français. euh et euh d'une désinformation euh proprement hallucinante.

Je pense que en matière de désinformation, j'ai vu beaucoup de choses. Ce sujet-là, celui des sciences, plus généralement au lycée est celui qui a fait l'objet depuis 3 4 ans maintenant euh d'une véritable campagne de désinformation. C'est pourquoi je commencerai par dire que le plus important est de faire un diagnostic et puis ensuite je viendrai à ce que vous m'avez demandé, c'est-à-dire des pistes de réflexion pour améliorer les choses puisque bien sûr ce que je vais dire maintenant ne consiste pas à dire que tout va très bien et qu'il n'y a rien à faire.

Bien au contraire, mais je pense qu'on est dans une dynamique qui est en réalité positive et qu'il faut l'accentuer très très fortement. Mais je commencerai par deux affirmations assez simples mais qui égard à tout ce qui a été dit vont paraître provocatrices mais qui sont des faits que chacun peut vérifier. Au moment où je vous parle, il y a jamais eu autant d'étudiants en prépa scientifique en France puisqu'on a une double polémique qui est qu'on aurait fait baisser le le nombre de de futurs ingénieurs et chercheurs en France du fait de la réforme du baccalauréat, ce que je conteste le plus fortement qui soit.

Et et donc on a une polémique sur la baisse des sciences et dans cette polémique une polémique dans la polémique qui est les femmes dans les sciences. Et comme d'habitude, ce type de polémique crée un nuage qui du coup nous fait porter le regard au mauvais endroit alors qu'il y a énormément à faire au bon endroit et je vais essayer de de vous exposer de façon claire ce qui à mon avis est le bon endroit. Mais donc deux affirmations simples pour commencer.

Au moment où je vous parle de toute l'histoire de France, il n'y a jamais eu autant d'élèves en prépa scientifique en France que au moment où je vous parle. Première affirmation. Deuxièmement, au moment où je vous parle, il n'y a jamais eu autant de jeunes filles qui font des études scientifiques supérieures en France.

Et le chiffre est très simple, hein, c'est il y a plus 40000 filles aujourd'hui qui font des études scientifiques par rapport à 2018. Entre 2018 et 2023 euh on est on est passé de 676000 à 742000. Alors, si vous voulez, pour une réforme qui a abaissé les sciences et le le l'implication des fills en sciences, on fait mieux, on fait on peut faire pire plutôt.

Et ce qui est fascinant dans cette dans ce sujet là, et je ne dis pas ça sur tout sujet, celui-là est vraiment, si vous me permettez l'expression, tiens le pompon, c'est-à-dire qu'on a eu une véritable campagne sur cette question dont tout un chacun est en quelque sorte le réceptacle aujourd'hui puisque pratiquement tous les Français pensent que la réforme du baccalauréat a abîmé les ma tésciences. Vous noterez que dans notre remarque, c'est pas ce que nous avons dit. J'ai pas dit que ce que vous avez dit chis le préciser.

C'est pas ce que nous avons dit. Nous sommes d'accord avec vous sur les filles dans les sciences après le bac. C'estàd que ça n'a fait que reporter un choix qui aurait été fait après la terminale.

De toute façon alors on peut dire ça. On a parlé des professeurs des écoles. Tout à fait.

J'ai bien entendu ce que vous avez dit et vous avez bien raison de on est sur des sujets de de nuance où chaque affirmation a son importance. J'ai bien entendu ce que vous avez dit, mais dans la façon dont vous l'avez dit, déjà vous-même êtes et c'est c'est ainsi hein, je c'est pas du tout une reproche de ma part, mais vous êtes imprégné de cette idée que la réforme du baccalauréat aurait euh aurait et du lycée aurait abîmé l'orientation des filles. Alors, on peut dire d'une part ce que vous venez de dire, c'est-à-dire que en effet euh il y a une forme d'anticipation de choix futilour pour le dire simplement.

Autrefois, on faisait Sinait pas à l'enseignement supérieur et aujourd'hui euh on est moins à prendre des enseignements scientifiques mais ceux qui le prennent le prennent beaucoup plus hein. En gros, 50 % des euh des jeunes qui faisaient S auparavant allaient ensuite vers les vers vers les études scientifiques et aujourd'hui c'est autour de 90 % de ceux qui prennent les enseignements scientifiques qui vont dans l'enseignement supérieur. En précisant ça comme vous le faites madame la présidente, on est déjà presque à une forme de conclusion.

Le vrai sujet, c'est comment on fait pour puisqu'on est maintenant sur ce taux de 90 % et qui ne baissera jamais de façon trop grande, on pourrait peut-être descendre à 80 % dans dans le pire des cas. On augmentera sans doute pas au-dessus de 90 % mais pourquoi pas ? Mais c'est comment on élargit l'assiette ?

Donc le sujet le sujet est bien en amont et c'est ce que je vais dire. Mais néanmoins, pour bien prescrire une médication, il faut d'abord faire un diagnostic juste. Or, le diagnostic qui est fait aujourd'hui la plupart du temps par la plupart des commentateurs n'est n'est tout simplement pas exact. et je suis capable de tout débat là-dessus d'un 2h 4h.

Je l'ai fait récemment pendant 3h dans un amphithéâtre de l'école des mines et effectivement dès qu'on commence à sortir les chiffres et à regarder la vérité en face alors on et et je trouve que votre commission don je dont je suis certain qu'elle aura déjà une grande utilité peut avoir vraiment une utilité maximale si vous êtes celles et ceux qui vont tout simplement dire les choses. Je demande pas autre chose mais rétablir factuellement ce qu'il en est. Et vous savez au moment je le dis parce que une des choses que mon expérience m'a apprise y compris pendant la crise sanitaire, c'est que même la parole scientifique ne doit pas être crue totalement.

Il y a des C'est pas parce que vous êtes d'une association de spécialistes que ce que vous dites est forcément exact. Je suis désolé de le dire mais dans vous avez fait une citation dans ce que vous avez dans ce que vous avez dit. C'estàd que tout le monde est à égalité sur ce sujet si sur le sur sur ces questions et euh et et l'exemple typique, c'est la polémique sur les Je commence forcément par là parce que c'est ensuite tout ce qui commande la suite du raisonnement.

Prenez la polémique sur les maths dans le tron commun ou même ce que vous avez dit sur les futurs professeurs des écoles et leur culture scientifique. Je décortique ça pour ensuite aller vers le reste si vous le permettez he si j'ai suffisamment de temps. Le je me souviens d'une pétition diffusée par un hebdomadaire dans 2022 que je peux résumer de la façon suivante.

Au secours, les mathématiques vont s'effondrer en France et nous hommes nous n'allons nous allons avoir nous n'allons pas avoir les scientifiques et les ingénieur dont nous avons besoin parce que l'on a enlevé les mathématiques du tron commun. Autrement dit, il y a cette ce que je viens de dénoncer comporte une une contradiction très forte dans les termes puisque la question des mathématiques dans le tron commun n'a strictement aucun rapport avec la question des futurs scientifiques de France. Euh il y a deux sujets pour une politique sur les mathématiques et ces et ces deux sujets sont éternels pour tout pays et de tout temps.

C'est comment un vous formez une élite large, excellente et mixte euh pour les mathématiques et les sciences et de euh comment vous vous assurez d'un niveau de base euh des Français euh en mathématiques. La question des mathématiques en commun concerne le deuxième point mais en aucun cas le premier point puisque dans le premier point au contraire on n jamais fait autant de mathématiques que dans le nouveau système. Donc sur le premier point, je voudrais rappeler que les programmes en math et en sciences comme dans les autres sujets ont tous été revus en augmentant l'exigence.

C'est la première fois en trois ou qu décennies si vous voulez. Si vous prenez l'histoire des programmes en France, à chaque étape, ils ont été édulcorés. pour la première fois en 40 ans, l'exigence est repartie à la hausse.

Et encore ce que je dis, n'importe qui peut le vérifier en en lisant les en lisant les programmes. Deuxièmement, si vous choisissez de faire des maths au maximum, vous en faites plus qu'avant. C'est-à-dire que les les ce qui était le ce qu'on appelle math experte maintenant en terminal, c'est 9h par semaine.

Auparavant, ceux qui en faisaient le plus, c'était 8h. Et euh et le nombre d'élèves euh qui suivent ces math expertes a augmenté depuis le début de la réforme jusqu'à aujourd'hui. Je pas le chiffre sous les yeux, mais on est passé de quelque chose comme 40000 à pas loin de 60000.

Le ce que je dois admettre sur ce dernier point là sur ma experte, c'est que le nombre de filles est resté à peu près le même. Donc même en pourcentage, c'est en effet une baisse en math experte. C'est un un bémol dans ce que je suis en train de vous dire, mais reconnaissez-le, un petit bémol, il y a pas moins de filles, c'est juste que il y a une augmentation du nombre d'élèves qui se destine aux classe prépa d'ingénieur puisque c'est de ça que que l'on parle là.

Ce qui d'ailleurs explique ce que le ce que j'ai dit en commençant, c'est-à-dire il y a jamais eu autant d'élèves en prépa ingénieur que que ça. Donc d'abord sur ce point-là, réjouissons-nous. Mais nous sommes dans un pays où c'est très difficile de se réjouir et donc la et donc il y a des combattants de la bonne nouvelle contre les bonnes nouvelles.

C'est ce que parce que ce que je suis en train de vous dire, je pense que vous l'avez probablement jamais entendu et même dans ma propre majorité, c'est pas le sport de de défendre ce ce bilan là. le cette et pourtant c'est factuel, les faits sont ttus de sorte que je pourrais réaffirmer ça longtemps encore euh même si beaucoup de gens ont envie de dire que ça va de plus en plus mal, ça va mieux sur ce sujet-là et encore une fois je suis pas encore dire que ça va bien, ça va mieux et il faut faire plus et je vais y venir. Mais il faut partir d'un diagnostic juste.

Le la question ensuite du des mathématiques dans le tron commun, c'est pas un autre sujet aujourd'hui mais puisque je l'ai abordé, je je le dis quand même, ça allait un peu parce que vous l'avez abordé au travers du au travers des professeurs des écoles. D'abord sur le sujet de la culture générale mathématique de tous les élèves, rappelons qu'elle se joue d'abord et avant tout de l'âge de 3 ans jusqu'à la fin de la 3è. C'est ça le moment commun de tous les jeunes français.

Après, ce dont nous parlons là, c'est du bac général. Du bac général, même pas technologique, du bac général. Donc on oublie déjà la moitié des élèves qui sont en bac technologique et professionnel et qui sont pas concernés par l'évolution de de l'enseignement des math.

Donc en aucun cas, on parle de la culture générale de tous les Français en de tous les petits français. Ensuite, une fois qu'on est sur ce segment donc autour de la moitié 50 %, il y en a de toute façon les 2/ tiers à peu près qui vont prendre math en enseignement de spécialité. Donc c'est 1/3 de la moitié qui ne fait plus math dans le tron commun.

C'est pas ça fait pas un chiffre si important que ça. D'autant plus que dans le système précédent, il était possible de ne pas faire de math non plus. Donc cette polémique et puis et enfin et c'est pas le moindre des choses, c'est que si on parle de culture générale mathématique des Français, vous m'accorderez que ce qui compte c'est les quatre opérations, les probabilités, savoir calculer un taux d'intérêt, c'est pas tellement les équations différentielles que vous apprenez en première et terminale. demander à l'homme de la Russe ou à la femme de la rue s'il peut faire une équation ou même pardon à vous et à moi ce qui est fait en première en terminal en math et pas ce qui va vous permettre de vous dir dans la vie.

En revanche, ne pas bien maîtriser les quatre opérations, être mauvais en calcul mental, tous ces sujets sur lesquels on a fait d'énormes d'énormes efforts justement pour un rebond à l'école primaire et en collège, ça oui, c'est très important. Et ce qui s'est passé, ce qui a déclenché cela, c'est parce qu'à un moment donné, on a vu qu'au lieu de et là je dis des chiffres très de mémoire, donc très très schématique, mais qu'au lieu de donner, mettons 1 million d'heures de math chaque année au lycée, on en a donné 990000. On est dans ce genre de de données.

Mais c'est un peu comme si on reprochait d'arroser son jardin, d'arrêter d'arroser son jardin avec un canadaire et de commencer à à utiliser un système d'irrigation. Il faut tout de même bien s'imaginer qu'on n pas fait tout ça parce que je me serais levé un matin en me disant tiens, j'ai une idée géniale, on va on va enlever les math du tron commun, on va et puis j'aurais pas pensé une seule seconde à l'avenir des mathématiques et des sciences en France. Ça marche pas comme ça les réformes quand même.

Et vous avez le rapport Vilani Torocian que vraiment tout le monde doit lire parce que c'est le c'est les vingtainees de mesures que nous avons accomplis méthodiquement après le rapport. Nous avons fait tout un travail de concertation à l'époque sur la réforme du baccalauréat pour lequel on n'a pas entendu tant que ça les critiques qu'on a eu ultérieurement. Et ce qui a aussi beaucoup joué pour nourrir la cette polémique, c'est le fait que tout ça, la mise en œuvre des débuts du baccalauréat s'est passé en pleine crise sanitaire de sorte qu'il y a eu en effet un trou d'air la première année sur laquelle beaucoup de gens se sont précipités sans regarder la tendance longue qui vient jusqu'à aujourd'hui.

Donc on a eu donc on a confondu les causes et et de ce fait on s'est mis à faire une sorte de faux procès à la réforme. Et donc c'est pas seulement parce qu'il faut rétablir des vérités et c'est normal que j'ai à cœur de le faire bien sûr, mais c'est surtout en deuxième lieu que encore une fois c'est pas seulement se tromper de diagnostic, c'est aussi porter l'énergie du pays sur de faux problèmes au lieu d'aller sur les vrais problèmes dont nous allons sûrement en parler maintenant. Et je termine sur la culture scientifique des futurs professeurs des écoles.

En effet, c'est un vrai sujet. Vous avez raison. c'est que on sait que 95 % des professeurs de l'école primaire ont une ont d'abord un parcours littéraire enfin ont un parcours littéraire et peu de maîtrise euh mathématique et scientifique.

Quand on parle de ça, on parle du passé, on parle pas de ceux qui viennent de faire le baccalauréat. Donc c'est toujours la même chose hein. Il y a 30 ou 40 ans de déclin des mathématiques et des sciences, 30 ou 40 ans de déclin de cette culture scientifique des professeurs des écoles.

Quand un jour il y a un type qui arrive qui se retrousse les manches, qui ouvre le capot, c'est le moment où tout le monde tombe à bras raccourci pour dire "Ah, ah c'est très mal, il y a un déclin des maths." Oui, c'est vrai, je suis le premier à le dire. Il y a eu un déclin des maths et qui porte encore ses effets aujourd'hui.

Tout à fait. Mais c'est la première fois, j'ose le dire, que ce sujet est pris à ce point-là à Brascor et que donc il génère un début de rebond mais qui qui est un peu comme la petite pousse fragile sur laquelle il y a quand même beaucoup de beaucoup d'attaques sur ce petit bourgeon lui-même très fragile. Et donc c'est très important aujourd'hui qu'un discours public clair et encore une fois tout ce que je dis c'est pas de l'opinion, c'est il y a des chiffres, tout un chacun peut vérifier ce que je suis ce que je suis en train de dire et encore une fois cette réalité est contrastée et et il faut il faut la regarder dans toutes dans toutes ces nuances.

Mais je voudrais quand même sur cette partie diagnostique terminer par quelques chiffres pour être parfaitement clair. Les étudiants en filière scientifique hors santé, donc les filles étudiantes sont passés de 676000 en 2018 à 742000 en 2023. La part des filles est passée donc de 31,5 % à 34 %.

Donc en gros 40000 filles de plus font des études scientifiques et j'ai bien dit hors santé. Alors, parfois on ne s'intéresse que à ce thème comme on dit, donc ce qui exclut les sciences de la vie comme vous le savez. Donc quand on s'intéresse que à ce thème, c'est 25, c'est plus 34 %, c'est 25 %.

Ce chiffre est resté, lui n'a pas n'a à peu près pas évolué. Mais là aussi, je voudrais renvoyer un vrai débat de fond qui d'ailleurs dépasse la France qui est c'est important de distinguer ce thème et sciences de la vie, mais c'est absurde de dire que science de la vie, ça ne relève pas de des sciences. enfin la biologie, la botanique c'est bien entendu les sciences et euh et je parle même pas de la médecine qui quand même d'une manière ou d'une autre se rattache aux sciences.

Et alors à ce moment-là, comme vous le savez, les filles sont sont très nombreuses. Donc le donc la il y a une la croissance du nombre de filles qui font des sciences est d à une croissance hors hors étude de santé. Et par ailleurs, je voudrais faire un petit zoom avant sur l'informatique.

Là aussi, j'ai entendu en pleine révolution intelligence artificielle, on on a saboté les futurs ingénieurs informatiques de France et cetera. Alors, d'abord vu ce que je vous ai dit sur les prép scientifiques, non. Mais en plus, on a fait une chose qui là aussi est inédite, c'est la création de la discipline numérique sciences informatiques.

Là aussi, s'est passé un peu inaperçu, mais c'est voilà, maintenant, il y a un capè d'informatique, une agrégation d'informatique. Ça n'existait pas avant. Maintenant, vous avez et c'est très illustratif de la problématique que nous avons aujourd'hui à discuter entre nous, c'est que vous avez un formidable outil pour attirer plus de filles dans le numérique.

Puisque le constat qu'on faisait en 2017, c'est que 5 % des dans les dans les start-ups, il n'y avait que 5 % de femmes. Sujet mondial qu'on retrouve en Angleterre ou ailleurs. Et donc on sait très bien que c'est pas en terminal que ça se joue mais très en amont et que donc on doit offrir la possibilité au fill en quelque sorte de se lancer de de croire en elle-même sur ce sujet comme sur les autres d'ailleurs au travers de ça.

Donc on a créé numérique et sciences informatiques. La première année, il y avait 11 % de filles. Au moment où je vous parle, je crois que c'est 19 %.

Donc encore on n'est pas content avec ça. Il faut aller à 50 mais avant étaaiit zéro puisque ça n'existait pas. Donc le le donc encore une fois la photographie est encore moyenne mais le film est intéressant et il faut maintenant pousser le euh pousser la la tendance.

Euh et puis je voudrais donc faire ce zoom avant là, un autre petit zoom sur la culture scientifique puisque je récuse totalement l'idée que ce tiers de la moitié qui ne fait plus des maths en commun puisse avoir une culture scientifique moindre que ces que leurs prédécesseurs puisque nous avons là aussi tout ce qui a été ajouté n'a pas été tellement souligné par les uns et les autres mais on a mis 2 heures de de science dans le tron commun. Donc autrement dit, je vais être un peu schématique et caricatural mais au lieu d'être au fond de la classe en train de vous ennuyer devant une équation différentiel au tableau parce que vous détestez les maths et vous voulez plus en faire, vous avez deux heures de culture scientifique relié au sujet du développement durable et qui sont pas quelque chose de superficiel. C'est des programmes qui ont été pensés fortement.

Je ne crois pas que le suivi par le ministère de la mise en œuvre de ces deux heures soit pleinement satisfaisant. hein, je pense qu'on sur le terrain, d'après ce que je vois, c'est plutôt on additionne en gros une heure de SVT, une heure de physique, là où il faudrait avoir une vision beaucoup plus intégrée de de ce qu'est cet enseignement et à mon avis, il faut le revisiter mais on à à système égal, si je puis dire, sans réforme particulière, un travail pédagogique sur ce qui se passe pendant ces 2 heureslà répond en partie à votre question sur la culture scientifique des futurs professeurs des des écoles. Et bien entendu, il y a tout ce qu'il y a à dire sur ce qu'il y a à faire en inspace sur le sujet bien entendu.

Et et là aussi je par contre j'y reviendrai tout à l'heure. Donc voilà ce que j'avais à dire sur le sur le diagnostic. maintenant sur les sur les leviers puisque vous m'avez invité à dire un mot là-dessus et c'est certainement nos débats qui permettront d'aller plus loin.

Je raisonne je raisonnerai évidemment de façon très chronologique de du plus petit de la plus petite enfance jusque jusqu'à la suite puisque il est tout à fait établi que que les causes se trouvent dès la petite enfance et que c'est un sujet d'ailleurs mondial. Encore une fois, la France n'est pas dans une situation euh particulière ni en bien ni en mal sur ces questions. Plutôt en bien d'ailleurs, me semble-t-il quand je regarde d'autres pays.

Mais mais enfin voilà, il y a un phénomène mondial qui vient de loin et qui est disons l'inhibition du potentiel des filles en mathématiques et en sciences. Et et c'est un sujet, croyez-moi, que je que je trouve fondamental. Je je c'est précisément pour ça que j'essaie d'être euh clair là-dessus et peut-être parfois un peu euh déçu euh des fausses polémiques là où il y a de vrais combats.

Mais premièrement donc le la question de la représentation des mathématiques et des sciences pour tous les enfants et notamment les filles au en primaire et au collège. Là je je voudrais indiquer plusieurs leviers mais notamment deux leviers peut-être auxquels on pense moins qu'à d'autres. le puisque vous me demandez de faire appel aussi à ma à mes souvenirs de recteur euh le ou de ministres, le premier c'est d'inclure les familles dans ce combat.

Euh et on avait un outil pédagogique qu'on avait développé lorsque j'étais recteur de Créteille qu'on a appelé la mallette de tes parents et que le ministre de l'époque avait souhaité d'ailleurs diffuser dans toute la France et qui dans le principe consistait alors notamment vis-à-vis des des publics défavorisés mais c'est transposable pour tous les publics d'accueillir les parents en petits groupe 5 à 10 parents notamment au premier trimestre de l'année de 6e, mais ça peut être aussi à d'autres moments euh pour euh parler tout simplement des enjeux du collège. Mais c'est pas la réunion parf de fin septembre que tout le monde connaît. C'est vraiment une autre modalité en petit groupe et avec une dimension psychologique.

C'est qui est vous êtes coéducateur avec nous, on partage des objectifs vis-à-vis des enfants. beaucoup de vertus sur le plan de la vie scolaire, mais on pourrait avec ce type d'expérience greffer une dimension matécience vers les filles qui à mon avis aurait euh beaucoup de sens avec d'ailleurs des effets pas seulement sur maté science aussi. Deuxième levier un peu dans le même esprit, c'est tout le périscolaire et l'extrascolaire.

N'oublions chaque fois jamais à chaque fois qu'on a des objectifs un peu pédagogiques que euh ben le temps de l'enfant à l'école, il est important, il est déjà très plein, très rempli de bonnes intentions, euh parfois surchargé de bonnes intentions et euh tandis que tout le reste du temps est livré un peu à au hasard, si je puis dire et ce qui c'est ce temps-là qui accentue les inégalités beaucoup plus que le temps scolaire. Et c'est pour ça que j'étais heureux de de pouvoir être aussi ministre de la jeunesse et des sports, c'est-à-dire de pouvoir agir sur ce vecteur là. Et donc c'est ce qu'on a fait au travers des cités éducatives mais aussi du dispositif vacances apprenantes.

Euh et là aussi pour puisqu'on va être aussi écoutez, vous l'avez dit tout à l'heure, le si quelqu'un a envie de faire du bien, euh il y a rien de tel que de monter des vacances apprenantes à dominante math et science pendant les vacances pour des enfants défavorisés en particulier. On sait très bien que toute la dimension ludique des maths et des sciences, c'est pas toujours facile en dehors de la maternelle de de la de pleinement la développer dans le cadre du cursus scolaire le alors que les vacances se prêtent magnifiquement à ça et que et que donc il y a matière à à et puis bien entendu il y a toute la question de la culture informatique qui qui peut aussi passer qui passe de façon sauvage disons actuellement et qui pourrait passer de façon canalisée par des initiatives de ce genre. Donc là, je crois qu'il y a un champ gigantesque qui doit être utilisé, même si on peut améliorer ce qui se passe dans le temps scolaire, mais ce tempslà, c'est le temps des familles, le temps extrascolaire est me semble très très important.

Bien sûr, ensuite, à l'intérieur même des programmes et aussi des manuels scolaires, on a un très grand sujet euh de disons de de motivation des des des petites filles et des jeunes filles. Et donc toutes les euh c'est intéressant de ce point de vue là d'analyser les manuels scolaires, de de faire attention au programme, attention au aux disons aux instructions qui sont données au aux enseignants au travers de différentes modalités pour qu'il y ait toujours mais je crois que ça allait quand même de plus en plus he beaucoup a quand même été fait en la matière mais en tout cas qu'on qu'on réussisse à à faire cela. En 2019, on a signé une convention interministérielle que vous avez sans doute euh que vous avez sans doute sous don vous avez peut-être connaissance euh qui valait de 2019 à 2024.

Euh je pense qu'elle a été renouvelée l'an dernier, ce serait à vérifier. Euh elle était signée de de plusieurs ministres mais notamment de de du ministre de l'éducation que j'étais euh pour euh euh s'attacher aux différents facteurs euh qui ont trait à la représentation des métiers et euh et à leur découverte. Euh donc euh je je vous remettrai les extraits que j'ai apporté avec moi, mais je pense que si on reprend chacun des points, en réalité euh ils sont euh ils vont dans le bon sens.

On peut peut-être s'interroger sur la mise en œuvre qui a sans doute pas comme toujours pas toujours été à 100 % de ce qu'on de ce qu'on pourrait souhaiter mais qui pourrait connaître une sorte de de dynamique nouvelle. D'autant plus que je pense que c'est un sujet sur lequel on peut créer du consensus. C'est vous comprenez d'ailleurs que c'est ma principale motivation en disant tout ce que j'ai dit en introduction, c'est-à-dire que on a besoin de consensus de façon générale sur les questions scolaires à force sur ce sujet-là.

Il est sur ce sujet-là, il est tout à fait possible parce que j'ai encore rencontré personne qui m'a dit les sciences c'est ça sert à rien ou il faut moins de femme en science he je alors que sur d'autres sujets vous pouvez rencontrer des contradictions de ce type. Tout le monde est d'accord sur l'objectif donc ça sert à rien d'aller ensuite se cliver sur des sur des faux problèmes là où il y a une sorte de mobilisation à faire sur les sur les vrais problèmes. Et la deuxième grande catégorie donc c'est ce que j'appellerai le volontarisme de l'orientation avec d'abord donc la nature de l'information qui est qui est donnée.

Je pense qu'on parle souvent des rôles models en science, vous l'avez vous-même vous y avez vous-même fait référence euh que ce soit par les conseils d'un professeur et donc là les professeurs de de mathématiques et de sciences peuvent être évidemment qui sont dans un rôle d'orientation force quand ils sont professeurs principaux d'une classe euh peuvent être évidemment à la pointe de ce de de de ce travail. Mais il y a aussi un pilotage et d'ailleurs ce point-là a a connu un début de de mise en œuvre. Nous avons demandé ça à partir de 2020 et c'est sans doute une des explications d'ailleurs de la de la pente qui a pris un trou d'air est reparti à la hausse très très fortement quant au choix de l'enseignement de spécialité mathématique par les filles.

Euh ce ce qui est tout simplement de donner des objectifs chiffrés aux proviseurs. le vous savez si vous fêtez une fille de plus chaque année dans chaque lycée de France en math et science donc entre la seconde et la première bah en en 5 ans, vous avez notre sujet est résolu hein. Euh donc si on avait envie de se dire il y a une chose à faire, c'est ça évidemment avec tout ce qui ça suppose en amont.

Il s'agit pas de forcer quelqu'un ou quelqu'une à à s'inscrire coûte que coûte. Mais mais si vous dites à proviseur, écoutez vraiment cette année, faites très attention. Ce serait bien qu'au lieu d'avoir 50 filles qui s'inscrivent en en 100 filles qui s'inscrivent en enseignement de spécialité mathématique, il y en est 101 cette année, 102 l'année d'après, 103 l'année suivante.

C'est pas un objectif épou très dur. Puis tant mieux si vous faites encore mieux que ça. Mais surtout ne descendez pas et montez.

Euh vous avez pour le coup, c'est à ça que ça sert d'avoir un service public national de l'enseignement, c'est qu'on peut en France, on peut faire des choses comme ça. Euh et c'est pas c'est c'est c'est pas négligeable. euh et idem sur l'ensemble du spectre puisqueà chaque fois aussi on insiste toujours sur mathématiques et là on voit aussi la force des associations disciplinaires.

Mais euh regarder par exemple SVT, physique chimie euh numérique et sciences informatiques, sciences de l'ingénieur, tout ça c'est des disciplines sur lesquelles il y a il y a il y a un effort un effort important à faire. En en troisème lieu, il y a évidemment tout le travail vis-à-vis de l'enseignement supérieur. Là aussi, l'enseignement supérieur doit à la fois envoyer les bons signaux et et avoir les bonnes pratiques.

Envoyant envoyer les bons signaux, c'est quand même l'esprit de la réforme, enfin des réformes que nous avons faites, je veux dire par là, lycée, baccalauréat plus parcours sucre, c'est de de d'assurer un continuum bac - 3 bac + 3 beaucoup plus beaucoup plus fluide. ce qui renvoie à la question d'une capacité du des premiers cycles de l'enseignement supérieur à s'intéresser à ce qui se passe au lycée et donc à à venir au lycée à montrer à ce que notamment des universitaires femmes viennent s'exprimer et cetera et et aussi tenir compte de la de la diversité des parcours euh aujourd'hui enfin et et et vraiment loin de moi l'idée de relativiser les mathématiques. Les mathématiques sortent encore plus glorifié si vous me permettez l'expression de la réforme.

On oublie de le dire mais quand vous avez c'est de très très loin l'enseignement de spécialité le plus le plus choisi. C'est de très très loin enfin c'est c'est la seule discipline qui fait l'objet d'une telle variété de possibilités. Vous pouvez faire en terminale, vous pouvez faire 3h, 6h, 9h.

Il y a aucune autre discipline où vous avez cette cette formule là. Et euh et puis euh troisièmement, comme je vous le disais, les programmes ont été revus à la à la hausse. Euh aucune autre donc il y a une espèce d'un point de vue un peu psychologique, le ça a été vécu comme une sorte de blessure de ne pas être dans le tron commun, mais en réalité, c'est resté de loin la matière reine et ça faut simplement avoir le courage d'affirmer que on peut faire des sciences sans être le meilleur en mathématiques. et et et si vous voulez si on veut que plus de filles aillent dans les carrières scientifiques, il faut savoir dire ça aussi parce que par exemple elles sont plus nombreuses à choisir SVT.

Aujourd'hui, elles font SVT physique. Quand elles veulent faire des médecines, elles font SVT, physique, chimie et math complémentaire. Et après, elles font de de de très grands médecins et et les et les médecins que vous connaissez utilisent pas des mathématiques toute la journée, ils utilisent beaucoup plus leurs connaissances des sciences de la vie.

Alors, dire ça en France, c'est c'est créé beaucoup de soupir, mais euh mais c'est pourtant la vérité la vérité telle qu'elle est la C'est-à-dire que euh et d'ailleurs les autres pays font font font ainsi. C'est-à-dire que euh il faut une excellence mathématique, nous l'avons euh encore une fois euh si on prend un segment de je je je sais que trop à quel point on peut prendre un segment de mes phrases pour ensuite me faire dire autre chose. Donc comme je vous vois soupiré, je fais très attention.

Euh le mais vraiment essayons d'avoir de l'honnêteté intellectuelle sur toutes ces questions. La tout ce que je dis ne va n'abî rien l'excellence mathématique française. Vous aurez toujours regardez, il y a jamais eu autant de encore une fois dans le dans dans la filière la plus classique, c'est-à-dire classe prépa ingénieur, il y a jamais autant d'étudiants.

Donc ça va et les très grands mathématiciens de demain seront là, les grands ingénieurs et cetera, mais d'autres grands scientifiques s'épanouiront. euh sans avoir pour autant été les meilleurs en mathématiques, mais par contre en ayant de grands talents en physique, en en SVT, en informatique et cetera, c'est voyez, c'est essayons de pas être dans le monolite à la française, essayons de d'avoir ces canaux d'irrigation et de facto ça sera favorable à l'égalité homme-femme parce que cette diversité de canaux, bah permet l'épanouissement de tous les caractères, de toutes les façons de voir et et ça va décomplexer par rapport à un modèle monolithique où si déjà si vous n'avez pas fait polytechnique, c'est que vous êtes déjà très mal parti dans la vie puisque vous avez fait une l'école d'ingénieur qui est juste derrière. Voilà, comme je vois aussi que le temps passe, je vais je vais m'arrêter là.

Peut-être un mot quand même sur les INSP et sur le fait que les futurs professeurs des écoles en particulier euh pourraient euh avoir une culture scientifique plus importante. Euh c'est euh je l'ai un peu dit tout à l'heure au travers de du lycée mais à l'INSP euh puisqu'il y a une réforme de la formation qui est qui est prévue, c'est important peut-être de de le dire. Rappelons que ce qui c'est d'abord la loi de pour l'école de la confiance de 2019 a posé le principe d'avoir au moins 50 % du temps consacré aux savoirs fondamentaux donc français et mathématiqu et que donc le respect de cela par les INSPAC c'est déjà le début de de la remontée que que nous souhaitons tous en la matière.

Deuxièmement, on a créé les classes préparatoires au professeur des écoles et euh et ces classes préparatoires au professeur des écoles euh à mon avis c'est un modèle à suivre pour pour la réforme qui va venir puisque le principe est d'avoir en petit groupe et avec la moitié du temps français et sciences humaines, l'autre moitié du temps mathématique et sciences. Quelque chose qui dès le lendemain du baccalauréat, dès les années qui suivent le baccalauréat permet de préfér préparer les futurs professeurs des écoles. S'ils ont eu 3 ans dans ce régime là, alors on peut avoir peu de doute sur le fait que ce sont de bons professeurs des écoles pour les deux années qui suivront en stage, dans un système d'alternance et cetera.

Voilà le le ce que je pouvais vous dire. Un point que je n'ai pas dit, c'est je à ma connaissance, il y a un rapport de l'inspection générale qui est en préparation sur le sujet. Je sais pas si elle est à la connaissance de à votre connaissance.

Euh mais il me semble que j'en ai pas connaissance non plus euh mais je mais je pense qu'il sur fille et science. Oui. Femme et science.

Et euh et il me semble qu'avant la conclusion de vos propres travaux, je ce serait intéressant de de croiser. Je dis ça en à l'aveugle, si je puis dire, puisque je j'ai pas moi-même connaissance de ce rapport. Euh mais je sais qu'il existe.

Merci beaucoup pour cette intervention. Alors euh nous recevrons bah cette semaine d'ailleurs les écoles d'ingénieurs. Donc nous allons voir justement comment ça se passe au niveau de la prépa.

Je voulais quand même intervenir parce qu' on se rend compte que les filles ont choisi souvent moins tôt parce que justement et c'est ce que je vous disais des chercheuses qui étaient bonnes en tout et y compris bonne en lettre et qui si on les avait laissé faire euh si on les avait pas poussé en fait à faire des maths très probablement se serait arrêté dès qu'on leur aurait permis de s'arrêter et puis comme elles ont poussé bon gré malgré jusqu'en terminal al plutôt bon grré parce qu'elles étaient au bon en science mais mais c'était pas forcément leur choix premier. après se sont rendus compte que c'était vraiment quelque chose qui les intéressait. Et donc il y a il y a quand même ce sujet des filles qui choisissent un peu plus tard.

D'autant qu'il y a des prépas qui se sont développés à 3 ans, dont une je crois Henri et qui sont prises d'assaut par les filles parce qu'elles ne veulent pas choisir trop tôt et elles veulent continuer à faire et des sciences et de la littérature. Donc c'est vrai que je je suis pas sûre que le fait de choisir tôt soit totalement adapté parce que garçons et filles se se déterminent pas tout à fait de la même façon et en tout cas pas tout à fait au même moment. Même si on dit que souvent les filles sont plus mûres que les garçons à âge égal, bah pas sur le choix des études parce que justement souvent les filles ont ce choix d'être bonne en tout et de vouloir pousser plus loin, attendre plus tard pour pouvoir choisir.

Donc c'est un des sujets de de d'arrêter un peu tôt mais bon Papendia derrière a remis malgré tout aussi un peu de math et puis il va y avoir effectivement vous le disiez une réforme oui dans le tron commun mais il va y avoir une réforme une réforme au niveau des professeurs des écoles parce que là aussi on voit que au niveau des filles de ce qu'on a entendu ça se fait quand même entre le début et la fin du CP le la la séparation entre filles et garçons par rapport par rapport aux sciences et par rapport au math. Or, il se trouve que l'année de Covid, la séparation s'est pas faite entre le début et la fin du CP alors qu'elles étaient en famille et donc que c'était l'école qui provoquait cette différ cette différenciation. Et la vraie différence c'était aussi probablement parce que mais vous l'avez dit, ça n'est pas du fait de votre réforme, c'est que souvent les professeurs des écoles ont fait une filière littéraire avant de devenir professeur des écoles.

Eux-mêmes se sont pensés mauvais en math parce que c'est quand même la seule matière dont on est très fier de se dire qu'on est mauvais alors qu'on dit rarement "Je suis nul en français et et on en est fier". Mais on dit "Je suis nulle en math et on en est fier". Donc voilà, il y a il y a tous ces sujets qui sont effectivement et par ailleurs, vous disiez que c'est le sujet de tous les pays, il semblerait que le Portugal trouvé quelques solutions.

En tout cas, nous allons aller les voir par rapport à ça. Mais je vais maintenant laisser la parole à mes collègues qui veut prendre la parole en premier. Joseline Antoine.

Bah vas-y. Allez Joseline. Merci madame la présidente.

Monsieur le ministre, je voulais revenir juste en un point sur ce que disait notre présidente euh par rapport à la réintroduction. Ça doit être à la rentrée 2023, donc dans le tron commun en première. Euh c'est juste une petite réflexion que je que je que je vous soumets, c'est les chiffres de la DEPP.

Donc on peut pas dire que ce soit obligatoirement des fake news, je pense donc qui effectivement confirme que l'abandon, je dis bien l'abandon des mathématiques continue de reculer, hein. C'est ou dans l'autre sens, il y a plus, on en fait plus quoi, hein. L'abandon continue à reculer.

Et donc à la rentrée, donc la dernière rentrée des classes en 2024, 31,5 % avaient abandonner la spécialité contre 32,7 % en 23, 38,4 % en 22 et 41,7 en 2021. Donc on constate effectivement comme vous le dites que voilà, il y a eu un premier temps et mais on voit bien qu'il y a aussi entre de à 2023 ça, il y a aussi une un changement dans les chiffres. Est-ce qu'il y a de cause à effet le fait que ça revienne en en temps en tron commun en première ou pas ?

Parce que bon voilà, on peut s'interroger les chiffres, on peut c'est le principe des chiffres, on peut les triturer dans tous les sens hein, si je puis me permettre. Et euh moi je je vais vous parler d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais euh j'étais à l'époque du bac A, B, C, D, enfin et cetera. Et euh quelque part même en bac A, on faisait des maths en terminal quoi de montant.

Ce qui pardon B. Oui, mais enfin on était on était une on était une proportion quand même très importante de filles et de garçon d'ailleurs d'élèves euh au moins jusqu'au baccalauréat. Alors, on était peut-être moins nombreux à passer le bac aussi.

Je sais pas peut-être y a-t-il cette raisonl ? Donc, je voulais l'avoir votre avis làdessus parce que quelque part on était une génération, on passait moins nombreux mais on allait enf on faisait tous des maths jusqu'au bout. et bien que euh j'ai une sœur qui n'était pas scientifique du tout, qui a passé un bac A et qui pourtant infirmière en réanimation, il a fait d'excellentes une excellente carrière dans le milieu de la médecine.

Euh mais parce que elle le dit elle-même pour avoir discuté avec elle, c'est que quelque part, elle avait une espèce de schéma de pensée qui faisait qu'elle avait quand même fait des maths jusqu'en terminal. Donc voilà, est-ce que euh il y aurait quand même pas un soupçon de minimum de petit tron commun au moins jusqu'en terminal pour faire quand même que chacun d'entre nous, je parle d'entre nous, enfin de nos enfants, que qu'il soit garçon ou fille d'ailleurs hein, parce que bon euh c'est déjà un combat au niveau de l'ensemble de nos enfants, de nos jeunes et puis après effectivement c'est un combat pour les filles dans dans ce cadre-là. Mais est-ce qu'il y aurait pas matière à quand même réfléchir si un soupçon, si je puis me permettre de le dire comme ça, de mathématiques jusque au minimum au baccalauréat et également pour les raisons que qu' évoquait madame la présidente du fait que ben les filles ont choisi peut-être plus tardivement, d'autant plus qu'on nous fait quand même comprendre tout au long de notre vie que on est quand même plus au fait pour les matières littéraires que pour les matières scientifiques.

Donc on a le déclé que peut-être pas tout de suite à la pr enfin l'adolescence là quand on se cherche mais quand on commence à à mûir en fait et on a une maturité qui même si on est par sur certains aspects pumur ce côté de maturité là on l'a pas parce que il y a une vraie différence entre les filles et les garçons à ce niveau-là. Donc voilà merci beaucoup Marie-Pierre Monier. Alors, d'abord merci madame la présidente.

Monsieur le ministre, je voudrais lever une ambiguïté parce que tout à l'heure vous avez eu des propos en disant ben finalement si les filles font pas des mathématiques, elles peuvent prendre des sciences et autres. Alors ça ça m'a beaucoup heurté et c'est là où j'ai soufflé parce que vous voyez la semaine dernière on avait une chercheuse qui expliquait que justement c'est un peu ce que les collègues ont dit ce que tu viens de dire c'est que on leur inculquait dès le plus jeune âge enfin elles ont une réaction en fait qui font qu'elles vont naturellement ne pas se tourner les math mais je vous rassure on a un cerveau comme les hommes et donc on a la capacité aussi de faire des mathématiques et que c'est pas un lot de consolation d'aller faire des sciences à la place des maths et et pour revenir à ça vous avez insisté sur l'essentiel du premier degré qui est de travailler sur les opérations. J'ai envie de dire pas seulement les faire ni du calcul mental mais le sens des opérations en fait parce que l'intérêt c'est pas tellement de faire une opération c'est plutôt de savoir laquelle choisir dans un problème.

C'est ça qui est difficile c'est avoir le sens des opérations. Et c'est en ça en ça il me semble que c'est important de pouvoir former les futurs enseignants du premier degré déjà jusqu'en terminal de leur parler mathématiques et qu'il l'étudient de façon rigoureuse et concrète au moins jusqu'au bac. Même si on va revoir la formation, moi j'ai un article là du monde qui dit que depuis 2 ans, la conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs alarmé par l'enlisement observé dans les établissements qui ne parviennent pas à dépasser le tiers d'élèves féministes euh féminines pardon peut-être féministe aussi s'emploi à financer plus d'opérations de sensibilisation dans le secondaire.

Et et pour revenir parce que vous avez répondu beaucoup sur le fait de la réforme que vous aviez mis en place mise en place qui avait enlevé des heures de mathématique obligatoire parce que le sujet c'est pas le tron commun, c'est que les élèves d'une façon obligatoire fassent des maths encore en première et encore en terminale et que ça lui demandé un autre c'est pas le sujet. Il faut vraiment que ça soit c'est une matière je la défensière mais que ça soit essentiel. C'est vrai que ça a été remis depuis de façon obligatoire en première mais ça ne l'est pas.

Il y avait aussi des remarques intéressantes et et ça revient un petit peu sur ce que vous dites parce que vous dites moi je dis pas les choses comme ça. Alors, nous avons commencé des auditions depuis 5 ou 6 maintenant, depuis quelques semaines et ça nous revient beaucoup ça, que les filles, elles sont encore moins présente qu'avant, que c'est plus dur pour ell donc il y a quand même, vous dites que vous les chiffres montrent qu'il y a pas eu baisse de mais n'empêche que concrètement le retour qu'on a de terrain depuis qu'on a commencé cette émission est à l'inverse. Et là, je vais citer une chercheuse, Mélanie Guéné qui a Paris sa clé, qui a parlé de la réforme du bac sur l'apprentissage scientifique des élèves.

Quel impact depuis la réforme, l'effondrement des effectifs, c'est - 30 % pour les garçons, - 60 % pour les firmes. Après la réforme en 22, un garçon avait 2, x 3 plus de chance qu'une fille d'avoir un bac ciblé sur les sciences. Nous, c'est ce qui nous intéresse ici à cette à cette délégation.

Voyez, c'est ce qui se passe entre les filles et les sciences quand elles décident de faire l'inégalité la plus forte observée au cours de toute la 5e République. Ouai, c'est c'est là que je disais, on le sait bien, toutes les filles qui étaient bonnes, y compris en littéraire, allaient en S et c'est pas pour ça qu'elle faisait des sciences derrière. Donc pour le coup, ça on peut pas effectivement accuser euh le système de faire ça.

Vous étiez Alors, nous avons mené un rapport sur les bilans des mesures éducatives du Quinquena avec ma collègue Anic Brisson et Max Briss Alex Billon et Max Brisson. L'inspecteur général chargé du suivi des vœux de parcours sup avait établi que cette réforme n'avait fait que révéler une réalité qui existait auparavant au niveau des classes préparatoire. Considérez-vous également que cette réforme n'a donc pas eu un impact significatif sur la poursuite des études supérieures dans les disciplines scientifiques et comment expliquer alors la baisse du taux d'inscription des filles dans les classes préparatoires scientifiques - 1,6 % en 2023.

Oui. Et puis il y avait un rapport de l'inspection. Je croyais que vous parliez de celui-là mais non, il est beaucoup plus ancien de l'inspection générale sur en remis en juillet 2021 faire de l'égalité filles garçons une nouvelle étape dans la mise en œuvre du lycée du 21e siècle avec de nombreuses préconisations autour de plusieurs axes de travail, formation initiale des enseignants et cetera.

Il y avait pédagogie plus inclusive dans les classes, orientation plus volontariste. Avez-vous eu l'opportunité de vous en saisir et d'impulser la traduction de certaines de ces recommandations au sein du ministère avant votre départ ? Peut-être je vous laisse répondre et puis après il y aura Marido Hashliman et puis Lord Darcos.

Oui, merci beaucoup. Je je serais vraiment très heureux si une séance comme celle d'aujourd'hui pouvait contribuer à à créer du consensus et et notamment le consensus sur les chiffres. Si vous voulez que le euh quand je si je dis enfin soit je dis des chiffres faux et sera très facile de le vérifier.

Soit si vous voulez quand on passe de 6 676000 à 742000 même si je suis pas le meilleur mathématicien de France le deuxième chiffre est supérieur au premier. Voilà. Et après que dans l'école X s'il y a une baisse c'est possible si vous voulez.

Le problème du débat aussi, c'est que à chaque fois chacun va aller chercher le le point qui va illustrer sa thèse. Mais après, il y a quand même une objectivation qui est possible à l'échelle du pays. Et l'objectivation de même que je reconnais le trou d'air de 2021, Dieu sait qu'il a fait du tort dans le débat public justement puisque puisque ça abouti à ça.

Mais depuis encore une fois, ne nous mettons pas dans la position de de de de vouloir à tout prix que les nouvelles soient mauvaises même quand elles sont bonnes. Les voilà donc on est et et encore une fois surtout ne carantons pas mon propos. Je ne dis pas que tout va bien.

Tout ça ira bien quand ce sera le chiffre sera 50 %. On n'y est pas c'est 34 % il donc il y a 16 % de conquête à faire et et concentrons-nous sur les sur sur cela. Alors sur le fait de choisir taux.

C'est une problème que vous avez évoqué madame la présidente. C'est c'est évidemment un un magnifique sujet qui à mon avis était qui est mieux traité depuis qu'il y a la réforme du baccalauréat puisque précisément la réforme répond à ce que vous êtes en train de dire. C'est avant qu'il y avait des couloirs.

C'est avant que en première si vous choisissiez première aelle, c'était fichu de pour vous de faire ensuite des études scientifiques. Euh et donc il fallait choisir S quand vous vouliez préserver vos chances. C'est sans doute une des explications du fait que on avait justement beaucoup de filles en est qui ensuite partaient dans autre chose que des études scientifiques.

Aujourd'hui, prenons l'archétype de la bonne élève qui est bonne en tout que vous avez évoqué à plusieurs reprises, c'est effectivement un archétype très présent. Euh bah si son but dans l'enseignement supérieur va être de continuer à préserver ses chances pour faire les vrais choix à l'âge de L3 ou de ou de master 1 et ce qui est très bonne chose parce que par exemple on peut avoir de dans plein de domaines besoin de cette bivalence et bien euh la réforme du baccalauréat le lui permet et ne le lui permettait pas autrefois. Euh vous avez des cas, enfin d'ailleurs les il y a des statistiques pour illustrer tout ça.

Vous avez euh en gros la moitié des élèves recomposent les formules anciennes euh de donc par exemple pour faire euh math physique euh en enseignement de spécialité, c'est bien leur leur droit. Euh mais vous en avez 50 % qui font des doublettes et des triplettes originales. Et évidemment, ils sont plus intéressants à regarder parce qu'après on peut étudier les ce qu' ce qu'ils deviennent.

Et tout ceci oblige l'enseignement supérieur à bouger. N'oublions pas que dans l'esprit de la réforme, il y a l'idée de faire bouger l'enseignement supérieur et pas de le faire bouger comme un paquerait comme un horbord. Ça n'existe pas.

C'est euh c'est un mouvement long d'ajustement. C'est vous savez enfin je sais pas comment l'exprimer mais il y a des moments c'est ça pourrait décourager de faire tout forme si vous voulez parce que en réalité celle-là est très profonde, très structurelle. Je l'assume complètement.

Elle est faite, elle est très transformatrice du pays, hein, dans la bonne direction, tout simplement pour élever le niveau en général et en mathématiques et en sciences en particulier. Il y a forcément des effets de bord, des effets de calage, des effets d'ajustement, rien n'est jamais parfait et cetera. Mais mais si vous voulez, je comprends qu'auparavant euh et d'ailleurs c'est arrivé 8 ans avant que je sois un ministre, vous avez un président de la République qui a dit "On arrête la réforme du lycée" parce que parce qu'il anticipait le genre de le genre de de faire de de difficultés que l'on a dès qu'on commence à à ouvrir le capot.

Et et ce que je voudrais qu'on voit, c'est justement au contraire les virtualités, les le potentiel et et les exemples sont multiples que je vous disais tout à l'heure sur numérique et sciences informatiques. Demain, vous avez un ou une ministre de l'éducation ou d'autres autorités très volontaristes sur ce sujet. Il y a l'outil pour pousser idem sur le sujet que vous évoquez pour mieux ajuster les formations d'enseignement supérieur et ce qui se passe en en première et terminale en tenant compte des doublettes et des triplettes qui sont prises.

Mais tout ceci oblige les acteurs à se mettre en action, à ne pas être dans la routine, à faire évoluer la façon dont les classes préparatoires se se passent, à faire évoluer la façon dont se passe les premiers cycles universitaires pour tenir compte de la diversité des étudiants. et les étudiants n'avaient pas attendu la réforme du BAC pour être très divers et et donc avoir besoin de cette capacité de personnalisation de l'enseignement supérieur. Donc c'est cette ajustement permanent, cette mise en mouvement des acteurs qui est recherché et qui d'ailleurs se produit imparfaitement et de sorte qu'on peut toujours aller pointer des choses qui ne vont pas.

Vous avez eu raison tout à fait de dire que le que tous les pays ne sont pas exactement dans la même situation. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Et euh le Portugal est effectivement un pays intéressant euh de même que d'autres pays nous regardent sur ce qu'on a fait pour la réforme du bac et que il y a des il y a des choses euh il y a évidemment des pays qui s'en sortent mieux que d'autres.

Vous avez évoqué aussi les mathématiques dans le tron communatrice Antoine et et et là je voudrais vraiment redire fortement que euh on peut remettre les mathématiques dans le troncement en première. C'est d'ailleurs ce qui a été fait. Pourquoi pas ?

C'est juste qu'on met 1 heure 2 he de plus au lycéens qui on qui ont déjà le record de d'Europe du nombre d'heures. Donc on peut on peut toujours on peut aussi s'en tenir compte du fait qu'on n pas toujours tous les professeurs de mathématiques en France pour assurer la qualité de ces la quantité et la qualité de ses enseignements. C'est c'est c'est ma métaphore de l'irrigation de tout à l'heure.

Je préfère faire 950000 heures de maths bien faites au bon endroit de la bonne façon que 1 million réparti et mieux mieux les payer. on sera d'accord là-dessus. Mais mais si vous voulez le le le côté comment dirais-je la pensée magique sur les mathématiques dans le tron communif dont nous parlons là puisque je le dis très fortement le fait de mettre les mathématiques dans tron commun ne changera pas un yota à l'avenir des sciences en France.

ça changera éventuellement un peu la très à la marge de la culture mathématique de nos élèves. Euh mais ça ne c'est c'est ça ces deux sujets sont étanches. Euh en revanche euh mesdames les sénatrices, puisque vous êtes deux à l'avoir abordé, c'est la le le fait euh d'avoir pas eu les mathématiques dans le tron commun, ça a beaucoup incité des élèves.

Alors on peut critiquer ça, mais c'est un fait. Beaucoup d'élèves ont pris l'enseignement de spécialité de math lui-même plus exigeant que ce qui existait avant en première S. Donc vous avez plus d'élèves suivant un enseignement exigeant et c'est vous avez donc moins d'élèves littéraires faisant des maths, d'accord ? et vous avez plus d'élèves qui font des maths plus exigeantes et et ben je suis pas sûr que l'avenir des sciences en France perde dans cette dans cette dans cette équation.

Et le donc vous dites qu'il faudrait éventuellement un soupçon de mathématiques. Je reprends votre expression en terminal. Je veux pas être dans la position de celui qui enfin de de celui qui attaque les mathématiques.

Je sais pas du tout mon état d'esprit. Encore une fois, regarder le rapport vila niveaucient, c'est très euh euh difficile pour moi d'être dans cette position parce que en réalité, j'ai je souhaite comme vous tous la force des mathématiques en France. Donc c'est c'est juste que j'essaie d'être rationnel pour le coup sur la façon de faire cela.

Pourquoi pas un soupçon de mathématique en terminal ? Mais vous ne vous inquiétez pas du fait qu'il y ait pas un soupçon de français en terminal. Par exemple, tout le monde a admis depuis longtemps qu'on passait le bac français en première et qu'après le français disparaissait en tant que discipline.

C'est pas aberrant que pendant une année, on puisse ne pas faire les mathématiques. Le le Non, non, mais c'est pas c'est non mais le alors après on pourrait dire mettons un sond français en terminal, mais freons des semaines de 50 he pour les lycéens. Enfin, il y a c'est aussi une question de choix tout simplement et et le on pourrait aussi supprimer les 2 heures de vous voulez si on avait pas mis les 2 heures de science et mis 2h de math à la place, on a'urait pas cette polémique.

Je pense qu'on serait moins utile pour le pays, mais euh ce serait passé plus euh plus facile psychologiquement. Et peut-être après tout peut-être que c'est ce qu'il faut faire à la fin pour apaiser tout le monde puisque apparemment il y a quelque chose de de de de comment de viscéral dans cette histoire euh et qu'on voilà qui à mon avis est pas complètement complètement rationnel. Et puis euh sur ce alors j'ai répondu un peu par anticipation.

Alors, vous avez dit, vous avez cité madame la sénatrice Antoine le rapport de la DEP et vous avez dit l'abandon continue à reculer comme si ça validait le fait qu'il y avait beaucoup d'abandon au début. Mais le chiffre euh donc le pour le dire donc autrement effectivement mais vous l'avez dit hein, c'est il y a donc une croissance de ceux qui prennent le fait qu'on soit 30 31 % qui a ne pas le prendre, ça corrobore ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire euh bah ça veut dire vous avez 69 % des des élèves qui prennent l'enseignement de spécialité math si c'est si on raisonne en creux, c'est en réalité considérable quand on voit le le nombre d'heures que cela que cela représente. Et et donc le et je vous le redis dans le système précédent, c'est elle aussi bien quand les littéraires faisait elle que même quand les littéraires faisait A, il y avait A alors j'ai oublié le chiffre, pardonnez-moi, ça doit être A4 ou A5 mais il y avait une A où vous ne faisiez pas de de mathématiques.

Et alors et si on raisonne en valeur absolue et pas en pourcentage c'estàd en nombre d'élèves, alors là évidemment il y en a beaucoup beaucoup plus qui font des maths aujourd'hui dans le casre de l'enseignement général qu'autrefois c'est on ne parle pas donc du même corpus d'élèves non plus et et c'est aussi un élément de qui qui va un peu dans le sens de mon de mon argument général euh le sur mais donc j'aurais tendance enfin pour me répéter parce que si j'avais qu'une seule chose à dire ce serait celle-là C'est pourquoi pas ? Je veux dire c'est c'est possible mais le vrai sujet n'est vraiment pas là. S'il n'y a qu'un si je ne devais défendre qu'une seule idée aujourd'hui, c'est mettons arrêtons les polémiques un peu un peu inutiles et concentrons-nous sur ce qu'on fait dans l'amont de la classe de première donc depuis la classe maternelle mais notamment le collège et la classe de seconde pour euh encourager les filles à prendre les enseignements de spécialité scientifique.

C'est et comment on met tout le monde en mouvement là-dessus. L'enseignement supérieur, les professeurs, les parents, la famille, tout. la société entière sur cet objectif.

C'est un peu comme dans une bataille, il faut savoir euh à la fauche si vous me permettez l'expression, mais enfoncer le coin au bon endroit quoi. Et c'est le et le bon endroit, je me permettre de désigner, on peut le discuter, mais pour moi c'est pour moi c'est ça. Et euh le voilà, je crois que j'ai répondu.

Est-ce que madame monier ça ça répond à ce que vous avez dit ? Tout ce que j'ai dit. Oui.

H Marie Doash Lliman puis Lord Darcos. Merci madame la présidente. Alors monsieur le ministre, vous l'avez compris, nous cherchons à à poser le constat.

Alors, nous avons échangé pas mal de chiffres dans un sens comme dans un autre et c'est assez normal puisque nous parlons de femmes et sciences. Euh et vous nous avez fait part de de plusieurs propositions et merci pour cette pour ce partage. Alors, moi je voudrais vous interroger sur une partie de votre de votre parcours professionnel, de vos centres d'intérêt dont vous n'avez pas parlé euh qui sont liés à votre marode pour le jeu d'échec.

Votre intérêt particulier pour le jeu d'échec ? C'est un sujet, c'est une c'est un intérêt que nous partageons. Vous le savez, nous avons eu l'occasion d'en parler par le passé à plusieurs reprises.

Euh vous avez développé promu le jeu d'échec à l'école, notamment lorsque vous étiez des Gesco et le programme Classe échec a d'ailleurs été repris et porté par la Fédération française des échecs avec un certain succès, je crois. Euh dans ma commune, les haut dans les Hautes Scèes à Anière, nous avons aussi développé le jeu d'échec. Alors, pas sur le temps scolaire mais sur le temps périscolaire parce que nous n'avions pas de convention avec l'éducation nationale mais cela nous a permis de montrer les progrès des enfants puisque cela concerne les enfants d'âge maternel élémentaire 3e 3e section de maternel et élémentaire dans les disciplines mathématiques et scientifiques et je me suis un peu renseignée.

Plusieurs pays ont intégré le jeu d'échec dans leur enseignement scolaire. C'est le cas de l'Arménie bien sûr, de la du Mexique, de la Chine, de l'Inde et de l'Allemagne. Les premiers résultats sont assez positif puisque'en Allemagne, le niveau moyen des élèves en mathématiques a augmenté de 30 % après avoir intégré une heure d'échec par semaine au programme scolaire.

C'est ce que vous aviez mis en place lorsque vous étiez recteur de l'Amie de Créteille. Je pense que ça peut être une des solutions et nous sommes là ici après des constats à chercher des solutions pour promouvoir l'accès des jeunes filles aux carrières scientifiques, technique et technologique. Est-ce que vous pensez que la généralisation de cet enseignement du jeu d'échec à l'école est susceptible de faciliter l'intérêt des jeunes filles et des enfants en général pour les matières et les disciplines scientifiques et mathématiques ?

Si oui, selon vous, à quel âge il faudrait positionner ce dispositif ? Un autre sujet, on l'a évoqué, madame la présidente en a parlé, le décrochage des filles par rapport aux mathématiques se fait au CP. Est-ce qu'il n'y aurait pas un intérêt à développer un accès aux mathématiques sur un mode plus ludique ?

Et encore une fois, on est en plein dans le sujet avec le jeu d'échec qui à la fois un sport mais une discipline où on prend aussi du plaisir euh puisque c'est aussi un élément de détente et que à côté de cela, le jeu d'échappudes intéressantes pour l'apprentissage des mathématiques comme la concentration, la capacité d'abstraction, la rigueur du raisonnement scientifique. Et donc, est-ce que selon vous un enseignement mathématique avec une petite dose ludique qui pourrait être développé en maternel et peut-être dans les premières classes de primaire ne serait pas susceptible de donner plus d'aisance, d'intérêt, d'appétence pour les petits garçons mais aussi pour les petites filles puisque c'est là le sujet de notre étude plutôt. Et dans le même temps, peut-être aussi mettre plus à l'aise ces enseignants qui sont souvent des enseignantes qui ont plus de difficultés avec les mathématiques et qui pourraient à travers le jeu d'échec aussi se familiariser avec cette discipline qui est très exigeante mais qui a aussi de nombreuses qualités, de nombreux atouts pour l'accès du plus grand nombre de jeunes à cette maîtrise des savoirs scientifiques euh et mathématiques. en particulier.

Bon, monsieur ministre, c'est pas parce que tout le monde s'en va que c'est pas intéressant ou que vous avez mais on a tous en effet des des soit des séances, soit d'autres réunions derrière. Euh bon, je je ça me touche beaucoup parce que en effet je suis pas très très loin d'un autre ministre et je sais à quel point les réformes sont difficiles à faire surtout à l'éducation nationale et comme ça peut être un gras que euh on ne se souvienne en général que les choses un petit peu hurtquant alors que vous avez je crois que tout le monde peut le souligner ça ça a fait du bien pendant 5 ans d'avoir le même ministre alors qu'on a eu après 5 ministres en un an. Voilà.

Et je pense que du coup pour l'éducation nationale et pour le personnel en particulier, ça a dû être compliqué en espérant en effet que ce qui avait bien été fait ne soit pas défit et n'est pas été totalement défit par ailleurs. On vous a senti à juste tite sur la défensive mais c'est vrai que nous quand on a décidé de faire ce ce rapport d'abord avec Dominique, ça fait 3 ans qu'on en parle et donc c'était pas par rapport à votre réforme mais parce que dans ce monde de l'ingénieur, moi sur le plateau de sa clé, on sentait de toute façon un déclin du monde scientifique en général, je dis par rapport aux autres pays. On a peut-être là l'opportunité de retrouver quelques de récupérer quelques chercheurs américains.

Il faudrait encore bien les payer mais ce que je veux dire c'est que et faire revenir nos chercheurs qui étaient partis à l'étranger. Et donc notre périmètre bien sûr est est sur l'éducation à l'école, mais elle va bien au-delà puisque on veut aussi s'intéresser à comment faire en sorte que des ingénieurs et des scientifiques femmes puissent réaliser de belles carrières tout en ayant une vie personnelle à côté et puisse atteindre, je dire, les sommets des établissements publics. Alors qu'on sait très bien que la pyramide plus elle monte, plus elle se rétrécit pour elle.

Donc vous voyez, c'est un spectre très large et donc forcément euh c'est vrai qu'on nous a plutôt dit que ça avait été un frein, mais ça n'est pas là-dessus que je veux je veux m'arrêter. Euh euh moi sur le plateau de sa clé, même à l'ENESS, la présidente me l'a dit, mais vous avez dit quelque chose de très intéressant sur le fait qu'il faut avoir des modèles et je pense que du coup comme de la même façon euh toutes ces grandes écoles essayent d'aller en au lycée et au collège pour devenir des modèles et inciter les jeunes les jeunes filles à aller vers vers les mats, je pense qu'il va falloir aussi trouver des modèles pour trouver des professeurs de mathématiques. Et c'est peut-être ça qui me gêne le plus parce que et là du coup ça n'a rien à voir ni avec votre politique ni avec quoi que ce soit.

On sait que malheureusement il y a un désintérêt vers le professorat et je pense malheureusement sur ces euh sur ces filières là et aujourd'hui euh on sait que on prend quasiment tous les euh tous les candidats qui se présentent au concours et qu'il ne suffisent pas. Donc ça m'intéresserait d'avoir votre avis euh parce que je sais que vous c'était déjà à la fin de votre ministère que on avait commencé à ébaucher comment faire en sorte que des gens qui en deuxème carrière veuillent devenir professeur si on n'aurait pas la possibilité de trouver là aussi peut-être des pistes pour essayer d'amener alors pourquoi pas des ingénieurs ou des scientifiques à redevenir professeur de math en fait hein je faire preuve de mat voilà toi tu pourras alors Moi pas du tout hein parce que moi je suis partie des clichés mais je l'assume entièrement. En 3è j'ai doublé ma 3è j'ai fini j'ai commencé avec 0,5 j'ai fini à 3 et demi et mon profat a été assez sympa pour me dire de gros progrès ont été faits mais des grosses lacunes restent à combler donc j'aurais dit redoubler mes ma troisème à cause de ça.

Donc moi je l'assume entièrement et donc du coup voilà je suis la première aujourd'hui à être sur le plateau de sa clé et à voir que des scientifiques éméritent. Euh donc première question, ça pourrait être intéressant de voir comment est-ce qu'on pourrait si vous aviez quelques pistes parce que c'est vrai, on sait que l'éducation nationale est assez fermée et je pense ça serait intéressant de voir comment faire pour qu'il y ait un nouveau vivier. Et deuxièmement, pour reprendre un peu ce que dit mes collègues, ce qui nous a intéressé, c'est qu'on a vu en effet une sociologue sur le déterminisme dès le plus jeune âge.

Et c'est là-dessus peut-être que au niveau scolaire, on va aussi beaucoup insister euh notamment sur un exercice classique ou devant un jeu de géométrie, enfin un exercice de géométrie, on dit aux au aux élèves garçons et filles, donc en primaire hein, on va dire CE1, CE2 ou TCP, euh on va faire un exercice géométrie. des filles sont complètement désarrois et se plantent et ce sont les garçons qui réussissent. On leur dit on va faire un jeu en fait ce à ce moment-là les filles ou du dessin et les filles vont mieux réussir.

Donc on sent que et c'est et ça vient et c'est pour ça que votre idée d'avoir voulu impliquer les parents, je pense que on va le mettre aussi en warning dans notre rapport, c'est que je pense qu'en effet aussi à la maison que ce cette ce déterminisme se fait. D'ailleurs, on l'a vu, la plupart qui réussissent aussi à faire des études scientifiques, c'est alors soit en réaction ne veulent pas du tout, soit ont eu des modèles à la maison de mères ou de grand-mère qui ont fait des sciences. Et donc ce déterminisme d euh je dis ça peut être aussi en réaction ne pas vouloir le faire, mais on a vu quand même beaucoup d'exemples qui étaient quand même dans ce dans ce registreur là.

Et donc voilà, c'est ce déterminisme là qu'on voudra aussi sur lequel on voudra appuyer parce que comme vous le dites, c'est dès le primaire et dès le collège qu'il vont pouvoir enclencher les choses. Voilà. Merci beaucoup mesdames les sénatrices.

Je vais m'efforcer de répondre brièvement même si dans les deux cas il y a évidemment beaucoup à dire. Alors bien sûr comme vous le savez je suis très favorable à cette extension du jeu d'échec pour tout dire. Ça a commencé en Guyane même pour être complet.

Et je rendrai hommage à un un professeur des écoles, un instituteur qui s'appelle Daniel Bor qui a été sans doute celui qui a l'appliqué de la manière la plus approfondie des procronisations qu'on pouvait faire en matière de jeu d'échec puisqu'il était un instituteur isolé d'un village d'un petit village amerindien sur le Yappoc qui l'a totalement rendu amateur d'échec l'ensemble du village puisque là pour le coup on a une osmose famille école complète et il et certains de ces jeunes amérindiens et amè indiennes sont venus faire des championnats sur le continent européen et cetera et c'est une véritable aventure au travers du jeu d'échec et par laquelle il a su en plus concilier les enjeux de d'enracinement culturel et d'ouverture au reste du monde de manière assez exceptionnelle et et il a donc utilisé le jeu d'échec de au-delà du jeu d'échec comme élément central de toute sa pédagogie séduire à partir de ce cas un peu extrême que le jeu d'échec a des vertus gigantesques. Et c'est vrai que ce soit à Créteille ou à la DGesco ou comme ministre, j'ai essayé de faire vivre des étapes d'élargissement et je pense que de nouvelles étapes peuvent avoir lieu dans le futur. Alors, c'est parler de généralisation, c'est toujours un petit peu gênant parce que c'est difficile d'imposer, mais en tout cas que l'incitation générale se réalise, je pense que c'est tout à fait possible, y compris dans le temps extrascolaire où là on peut faire aussi de de très grandes avancées.

C'est des sujets sur lesquels d'excellents esprits comme Michel Noir ou Garry Kasparov se sont penchés fortement et tout ce que vous avez dit, ils l'ont bien démontré. Euh c'est aussi un sujet qui fait le pont avec des sujets non seulement de géométrie et de mathématiques évident, mais aussi avec des sujets d'informatique et et autres. Donc beaucoup euh peut se faire.

C'est quand même l'occasion de souligner qu'il y a aussi les jeux en général qui peuvent contribuer à ça. J'ai essayé aussi de de pousser les jeux. Euh le jeu c'est fondamental dans pour l'enfant et même pour l'adulte.

La main à la pâte. La main à la pâte. La manipulation concrète d'objets fait partie alors par exemple de la pédagogie Montessori mais aussi de ce que ce qui est préconisé dans le modèle dit de Singapour et de ce que nous avons mis dans les dans les dans nos documents de travail du Conseil scientifique de l'éducation nationale.

Cet sujet là d'ailleurs en vocation à être traité par le conseil scientifique de l'éducation nationale pour qu'il ait une démonstration de leur pertinence et ensuite avoir une influence sur l'ensemble du du système. Et donc le le l'extension du jeu d'échec peut être aussi accompagné de l'extension d'autres jeux. Je pense à ce qu'on a fait avec les Fédérations françaises de bridge.

Je pense au jeux de l'esprit en général, le jeu de go, le jeu de dame et cetera euh qui euh euh qui ont de grandes vertus. Donc le jeu d'échec peut être un peu la locomotive d'une logique d'apprentissage par les jeux extrêmement extrêmement vertueuse. Euh et donc je vous suis complètement le et sur ce que vous avez dit ben la sénatrice Darcos euh c'est évidemment un des grands sujets celui de recrutement des professeurs de mathématiques.

Là aussi phénomène problème mondial et je reviens sur ce que j'ai dit sur mieux vaut 990000 heures bien faites que 1 million d'heures mal fait enfin moins bien fait la donc on a une comme toutes les ressources la ressource est rare il faut l'utiliser bien et par ailleurs il faut évidemment travailler à la source de la ressource et donc là on a le sujet professeur des écoles d'une part second degré d'autre part sur le sujet professeur des écoles qui se pose en des termes différents d'ailleurs selon les régions de France, mais là où c'est le plus en tension, il faut encourager très fortement les secondes carrières comme vous l'avez dit, ce que l'on a fait d'ailleurs et j'en rencontre beaucoup sur le terrain, son ils sont nombreux compris des ingénieurs qui ensuite font des choses de ce genre. N'oublions pas des des initiatives aussi comme le choix de l'école qui est une association qui propose aux jeunes qui sortent d'université ou de grande école de devenir professeur contractuel euh pendant quelques années. Certains d'entre eux vont ensuite passer les concours, mais en tout état de cause, c'est des jeunes très bons en mathématiques qui sont assis sur le terrain et qui représentent une ressource.

C'est c'est une très bonne initiative dont on pourrait imaginer qu'elle soit institutionnalisée, c'est-à-dire que ce soit l'État lui-même qui assume que qui a cette manière là d'entrer dans les maths pour des jeunes qui se destinent pas forcément à la fonction de professeur pour la vie mais qui veulent donner d'eux-même un peu comme dans une sorte de service civique pendant pendant quelques années et en ayant un très bon niveau de mathématiques. le vous avez aussi le toujours pour le premier degré ce qu'on a fait avec les parcours professionnel pour le les professeurs des écoles, les PPPE euh si vous avez le temps, ça mérite une visite de votre part là où elles existent euh y compris là où elles ont été créées pas loin enfin là où elles se développent en ce moment pas loin d'ici sur la montagne Saint-Jeun Viève mais par exemple au lycée Léon Bloom à Créteille pour prendre un autre exemple Euh c'est très intéressant parce que ça a un impact dans la mesure où la réforme de la formation des professeurs n'est pas encore complètement façonnée. Je pense que il faut vraiment être inspiré par ce qui se passe là à titre d'avant-garde pour la la future réforme que par ailleurs, j'approuve et j'aurais rêvé d'avoir les moyens budgétaires pour la pour l'accomplir.

Euh la et et donc euh sur la sur les secondes carrières. Donc beaucoup peut être fait aussi. Et puis enfin pour terminer sur le déterminisme et la lutte contre le déterminisme.

Donc en effet là aussi ça se joue beaucoup dans dans les dans les petites classes et dès le et et dès le début et dans les familles. Et donc là c'est c'est un sujet sur lequel on peut avoir une politique que j'appellerai intégrale qui qui permet dès les premiers âges de la vie de mettre les filles en situation de de de désinhibition sur cette sur cet enjeu. Et je pense que c'est que c'est tout à fait à notre porté que c'est un vrai objectif de société.

Je je sais bien que j'ai pas à vous convaincre, mais le mais on sait aussi que les effets de bord sont multiples, y compris quantitativement pour avoir le nombre de scientifiques dont nous avons besoin dont nous avons besoin en France. Donc donc c'est en effet un sujet essentiel. Et au fond, ce que j'aimerais que vous reteniez, c'est pas que je sois sur la défensive.

Je je ne veux pas l'être. Donc ça m'embête d'apparaître sur la défensive. Je mais plutôt que d'être à l'offensive en se disant en fait l'obj l'objectif est très clair 2 euh les moyens d'y arriver sont relativement clairs aussi 3 euh la situation s'est pas dégradée au cours des dernières années.

Au contraire elle s'est mise en situation de d'aller d'aller dans la bonne direction. C'est vraiment le le les trois choses que j'ai envie de vous dire à titre de conclusion. Écoutez, merci beaucoup.

Je pense qu'effectivement il faut travailler forcément sur ses biais surtout au niveau de la la petite enfin de de du cours préparatoire puisqueon l'a dit hein quand ces dessins les filles réussissent quand ces géométries elles échouent alors que c'est exactement le même exercice donc c'est bien que il y a un biais et que c'est dans la tête que c'est principalement à l'école parce que je répète que l'année Covid quand les petites filles étaient à la maison le décalage ne s'est pas fait donc il y a bien quelque chose qui se fait donc la formation des enseignants, on est bien d'accord là il y a quelque chose à faire y compris à travailler sur les biais et peut-être alors je retiens vraiment cette solution des échecs. Je sais que quand j'étais maire, c'était du temps où on avait les nouvelles activités périscolaires et cetera et justement j'avais veillé à ce qu'il y ait les échecs dans le sujet parce que ça permet en plus de la concentration, enfin ça permet plein de choses très positives ensuite pour les élèves à l'école. Donc on retiendra ça.

Et la politique intégrale, on est bien d'accord de toute façon et c'est a priori ce qu'on va aller voir au Portugal puisque c'est comme ça qu'ils l'ont qu'ils ont essayé de prendre le prisme des sciences d'une façon générale pour l'ensemble de la population et ce qui touche l'ensemble de la population touche bien évidemment les filles également. Merci beaucoup monsieur le ministre et puis pour nous rendez-vous jeudi matin. Voilà.