Mt 8, 23-27 - Frédéric-Marie Lauroua
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
RCF Notre-Dame En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s'approchèrent et le réveillèrent en disant, « Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus. » Mais il leur dit, « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d'étonnement et disaient, « Quel est donc celui-ci pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Frères et sœurs, nous venons d'entendre l'Évangile selon saint Matthieu, chapitre 8, versets 23 à 27. La mer, dans l'ensemble du récit biblique, représente souvent le danger de sombrer dans les abîmes. La mer nous met à notre place. Il suffit pour cela d'avoir un peu navigué plusieurs jours loin des côtes pour en avoir fait l'expérience. La mer, comme la montagne, sont des milieux tellement puissants qu'ils nous rappellent à la précarité de nos vies et nous mettent dans l'humilité. On essaie de ne pas être emporté par la puissance des vagues quand on est à bord d'un bateau, mais on n'arrête pas les vagues.
Et alors, quel est le message de ce passage étrange où les disciples sauvent le bateau en réveillant Jésus et semblent se faire reprocher d'avoir dû le faire ? Aurait-il dû rester stoïque en se disant « Il ne peut rien nous arriver puisque nous sommes avec le Maître ? » En écoutant bien la parole, Jésus ne leur reproche pas de l'avoir réveillé. Il le fallait. Et c'est toute l'importance de notre prière de demande. Il leur reproche leur crainte excessive. C'est alors un enseignement éclairant sur notre prière d'intercession. Elle a toute sa place dans nos vies précaires balottées par des puissances que l'on ne peut par nous-mêmes seuls stopper.
On ne doit pas rester muet devant les épreuves au risque que le bateau coule. Mais notre demande ne doit pas être inquiète ou effrayée. Elle doit jaillir d'un cœur confiant que tout est dans la main de Dieu. Et cette confiance même deviendra la force de notre intercession.
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. Amen