Sébastien Chenu : "Mettons de l’ordre dans la gabegie de l’audiovisuel !" (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous soutenez la décision d'envoyer le porte-avions Charles de Gaulle vers le détroit d'Ormouz ?
- 1:01OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez concernant les aides aux carburants ?
- 2:56RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas un risque que les baisses de taxes ne soient pas entièrement répercutées sur les prix ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites, vous, que Total Energy est un profiteur de crise ?
- 4:06RelanceRéponse directe
Quand vous parlez de taxer les sur-profits, on a le sentiment que le RN n'est pas tout à fait au clair sur cette question.
- 5:01RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas une forme de démagogie à laisser entendre que l'État se gave ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a décidé d'envoyer le porte-avions Charles de Gaulle vers le détroit d'Ormouz. »
- 2:34PrésentateurChiffre
« La coopération avec l'Algérie ou avec un certain nombre de pays, c'est entre 8 et 13 milliards. »
- 2:41PrésentateurChiffre
« La contribution supplémentaire à l'Union européenne, c'est 6 milliards. »
- 2:45PrésentateurChiffre
« Les allocations versées à des étrangers sur notre territoire, non contributives, c'est 20 milliards. »
- 4:42Invité politiqueFait
« Fin mars, Marine Le Pen accusait l'État de se comporter en profiteur de crise. »
- 5:23Invité politiqueChiffre
« Le coût de la crise, c'est 6 milliards. »
Temps de parole
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Bonjour Sébastien Chenu, soyez le bienvenu vice-président de l'Assemblée, député RN du Nord, vous répondez aux questions d'Alix Bouillacay.
Bonjour Sébastien Chenu, hier Emmanuel Macron a décidé d'envoyer le porte-avions Charles de Gaulle vers le détroit d'Ormouz. Il entend prouver que la coalition dont Trigle a pris la tête avec le Royaume-Uni est prête et capable de sécuriser le détroit, ce sont les modélisés. Est-ce que vous soutenez cette décision ?
Oui, nous n'avons pas pour habitude d'essayer d'affaiblir en tous les cas le président de la République dans ses décisions à l'international parce qu'on ne veut pas affaiblir la France. On voit bien que la nécessité d'ouvrir le détroit d'Ormouz aujourd'hui apparaît comme prioritaire et il faut prendre des initiatives pour permettre effectivement le passage dans ce détroit. Je crois qu'un certain nombre de bateaux commencent parfois à repasser. Tout ça va dans le bon sens puisqu'on voit bien qu'effectivement à l'autre bout de la chaîne, c'est un peu l'effet papillon lorsque le détroit d'Ormouz se ferme.
Ici, les prix à la pompe augmentent et ce sont les Français qui payent finalement le prix de cette fermeture.
Alors justement, effectivement, en France, Sébastien Lecornu a fait un pas vers de nouvelles aides concernant les carburants. On devra en connaître le détail en début de semaine prochaine. Mais le Premier ministre évoque un changement d'ampleur et d'échelle. Qu'est-ce que vous attendez, vous ?
Le Premier ministre essaie de gagner du temps et on le voit depuis le début de cette crise. En réalité, ces aides, elles ne sont ni calibrées, ni ficelées, ni opérationnelles, ni au niveau de ce que les Français attendent.
Là, il y a quand même des aides ciblées, les pêcheurs, les agriculteurs, les grands rouleurs, les transporteurs. On n'est pas au niveau.
Et les infirmières libérales, et les taxis. Enfin, on peut en parler. La réalité, c'est qu'il faut des mesures pérennes, pas des mesures uniquement à prendre en cas de crise. Il faut des mesures pérennes.
Le problème, c'est que vous, vous avez une mesure pérenne, c'est la baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants. Mais ça, c'est cher, ça veut dire 10 milliards, ça a été à peu près calibré. On prend l'argent au moins ?
Oui, bien sûr. Alors, dans les autres pays européens, il y a des initiatives dans ce sens. C'est-à-dire qu'on a l'impression que la France est une île, qui est le seul pays...
Elle a un déficit que les autres pays européens...
En plus, la France a été mal gérée pendant toutes ces années. Ce qui fait que les Français payent doublement l'addition du macronisme. Ils sont impactés pendant la crise. Le gouvernement est incapable de les aider. Et en plus, le pays est durablement impacté par une gestion délétère des finances publiques. Il faut prendre des initiatives. Effectivement, elles sont finançables. Faire des choix en politique, c'est effectivement arbitrer entre différents inconvénients. Aujourd'hui, baisser la TVA, vous l'avez dit, ça représente un coût d'une dizaine de milliards par an. Écoutez, il y a des économies à trouver.
Par exemple, la coopération avec l'Algérie ou avec un certain nombre de pays, c'est entre 8 et 13 milliards. Vous avez déjà une manie ici. La contribution supplémentaire à l'Union européenne, c'est 6 milliards. Les allocations versées à des étrangers sur notre territoire, non contributives, c'est 20 milliards.
Mais je reviens comme à l'efficacité de cette mesure. C'est les stations-service qui fixent les prix. Est-ce qu'il n'y a pas un risque que les baisses de taxes ne soient pas entièrement répercutées sur les prix ?
Mais il faut contrôler les marges, évidemment. Et on sait très bien que les distributeurs doivent aussi faire un effort. D'ailleurs, nous, on est favorables à cet effort. Cet effort, il peut prendre, évidemment, la forme d'un plafonnement des prix. Et c'est ce que nous demandons, c'est ce que nous souhaitons, c'est ce que Jordan Bardella a proposé. Donc, effectivement, nous, on considère que Total, lui-même, puisque c'est le plus grand des fournisseurs, doit faire un effort, que les distributeurs doivent faire des efforts, et que cette solidarité, elle est nécessaire aujourd'hui, au moment où les Français sont laissés à l'abandon devant leur pompe à essence.
Est-ce que vous dites, vous, que Total Energy est un profiteur de crise ?
En tous les cas, les marchés sont les premiers à profiter de la crise. Ce sont les actions de Total qui ont, évidemment, profité.
Mais Total qui, aujourd'hui, plafonne le prix à la pompe pour de nombreux Français qui s'y ruent, ils font quand même un effort de guerre. Ce n'est pas suffisant pour vous ?
Non, mais cet effort, c'est un effort nécessaire. C'est la solidarité nécessaire. Les grands groupes, ils ont aussi une responsabilité sociale devant le pays. Donc, nous, on demande, à partir du moment où ils font des sur-profits, que ces sur-profits puissent être taxés. En réalité, leur contribution, c'est le plafonnement, et nous y sommes favorables.
Donc, quand vous parlez de taxer les sur-profits, on a le sentiment quand même que le RN n'est pas tout à fait au clair sur cette question. On a plutôt le sentiment que Marine Le Pen est plutôt pour dire oui, il faut taxer les sur-profits, notamment de Total, et que Jordan Bardella, il dit pas si sûr.
Non, non, Jordan Bardella disait encore chez un certain nombre de vos confrères ces dernières heures qu'il fallait, effectivement, que le groupe Total fasse preuve de cette solidarité, parce que c'est ça la justice fiscale, c'est ce que nous attendons. Et cette solidarité, elle passe par le plafonnement des prix. C'est une façon évidente, concrète, matérielle, de faire preuve de cette solidarité que nous demandons à Total.
Fin mars, Marine Le Pen accusait l'État de se comporter en profiteur de crise. Elle dénonçait aussi des recettes indues perçues par l'État. Le Premier ministre a fait acte de transparence, ce fameux surplus de fiscalité, c'est 190 millions pour mars et avril, qui est automatiquement réinjecté dans les nouvelles aides. Est-ce qu'il n'y a pas une forme de démagogie à laisser entendre que l'État se gave ?
Non, mais l'État profite, effectivement, de rentrées fiscales inattendues. Vous dites que le Premier ministre fait preuve de transparence. Non, c'est la loi. Enfin, je veux dire, les comptes de la France sont publics, sont examinés... Mais ce n'est pas des milliards, vous voyez ce que je veux dire, c'est 190 millions. Non, mais ce sont des centaines d'euros, de millions, qui n'étaient pas attendus dans les comptes de l'État et qui rentrent dans les comptes de l'État.
Mais le coût de la crise, c'est 6 milliards, vous voyez, donc...
Oui, d'accord, mais enfin, les aides petites, pas calibrées, etc., dont vous parlez, ils sont payés, en réalité, par ce profit qu'a fait l'État. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est des mesures pérennes. C'est la baisse, évidemment, de la TVA, c'est le contrôle des marges. Mais tout ça, nous le proposions déjà en 2022. Nous, on n'a pas attendu qu'il y ait une crise pour faire des propositions, pour que les mesures soient impactantes dans la vie des Français. Là, ce qu'on voit, c'est qu'en fait, le Premier ministre gagne du temps, cherche à gagner du temps pour ne rien délivrer aux Français et les laisser à l'abandon devant leur pompe à essence.
Deux dernières questions. Emmanuel Macron a proposé le nom de son ex-secrétaire général à l'Élysée, Emmanuel Moulin, pour être le prochain gouverneur de la Banque de France. Emmanuel Moulin va donc être auditionné par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Que vont voter les députés RN, pour ou contre ?
Non, on ne votera pas favorablement à cette nomination. D'abord, c'est le verrouillage de l'appareil d'État par les amis d'Emmanuel Macron. Tous les jours, Emmanuel Macron nomme, c'est le cas aussi au Conseil d'État, des amis, des copains, pour verrouiller l'État, pour que s'il y avait demain une alternance, si le Rassemblement national arrivait au pouvoir, il soit entouré d'amis d'Emmanuel Macron. Et puis, le parcours de M. Moulin, qui, à titre personnel, est probablement quelqu'un d'estimable, mais son parcours nous démontre que ses compétences ont été très limitées.
Il a été le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, le ministre des Finances, qui a flingué le pays, et flingué les finances publiques du pays. Donc, si vous voulez, ce parcours ne plaide pas en la faveur de l'intéressé.
Donc là, clairement, on se souvient qu'en février 2025, vous étiez abstenu pour la nomination de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel. Donc là, pour Emmanuel Moulin, ce sera contre.
Oui, nous nous opposerons à cette nomination. Ça suffit aussi, cette République des copains, cette République du copinage, dans laquelle Emmanuel Macron recase chaque jour qui passe un ancien ministre, un ancien directeur de cabinet, un ancien collaborateur au plus haut poste de l'État.
Le rapport sur l'audiovisuel public prévoit aussi la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par le président de la République, et non plus par l'ARCOM. Alors certes, ça sera à préavis des commissions culturelles de l'Assemblée nationale, du Sénat, et aussi à préavis de l'ARCOM. Un patron nommé par l'Élysée, c'est le retour de l'ORTS ?
Ce n'est pas exactement nous ce que nous défendons. C'est une des préconisations du rapport à l'oncle. Mais nous, nous considérons que l'État n'a pas grand-chose à faire, en réalité, dans l'audiovisuel. Et donc, nous considérons qu'à partir du moment où France Télévisions serait privatisée totalement ou partiellement, il ne revient pas forcément à l'État de nommer le patron de cet audiovisuel. Donc nous, nous considérons...
Donc vous, ce n'est pas votre méthode ?
Non, c'est une des préconisations. Mais vous savez ce qui va se passer ? C'est que les propositions de Charles à l'oncle, elles vont être étudiées, elles vont être scrutées, elles vont participer du débat public et chercher à corriger finalement les graves déviances du service public qui ont été épinglées dans ce rapport. Et puis ensuite, une fois que le service public sera corrigé, et puis redressé, parce qu'il y a 80 millions d'euros de déficit, il sera temps de voir ce qui peut être privatisé au sein de ce service public.
La privatisation de France Télévisions, c'est la première mesure quand vous arrivez à l'Élysée ?
Il y a d'autres mesures, évidemment, mais vous savez, il n'y a pas de première mesure. On compte ouvrir tous les chantiers en même temps. La privatisation en fait partie. Mais ça ne se fait pas n'importe comment. Il faut d'abord redresser cette belle maison.
Ah donc redresser, ça va prendre un peu plus de temps.
Ah ben, ça ne s'est pas en 15 jours, madame. Mais nous avons cet objectif de privatisation qui est aussi demandé par les Français.
Et quelles chaînes ? Parce qu'on a entendu parfois des chaînes, un coup c'était France 3, un coup...
Voilà, il y a des recommandations et des propositions. Mais tout ça peut se faire en concertation avec les intéressés aussi. Il s'agit de regarder quelle est l'efficacité que doit avoir ce nouvel outil audiovisuel dans l'avenir.
Et qui pourra acheter ? Parce qu'on sait que le marché publicitaire en ce moment, il est en nette régression, que c'est difficile déjà pour les chaînes privées. Vous ne redoutez pas de déstabiliser le secteur et puis peut-être de ne pas trouver d'acheteur ?
Raison pour laquelle il faut d'abord corriger ce qui dans l'audiovisuel public sont des défaillances, que ce soit l'impartialité, que ce soit la gamgie d'un certain nombre de comptes.
Vous n'êtes pas un petit peu en train de reculer quand même sur cette privatisation ?
Ah non, pas du tout. Je vous le dis, l'objectif c'est de privatiser. C'est l'objectif que nous avons, c'est l'objectif que nous assumons. Mais évidemment, il y a une méthode, il y a une façon de faire. Il n'y a pas de brutalité en cela. On ne veut pas brutaliser le service public, on veut faire en sorte de doter la France d'un outil audiovisuel moderne.
Merci Sébastien Chenu, bonne journée à vous.
Sébastien Chenu