"Le FN va changer de nom", assure Louis Aliot, "pour permettre un plus large rassemblement de deuxième tour"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse directe
C'est un signal qui vous inquiète, Louis Alliot ?
- 1:01OuverteRéponse directe
Il n'y a que le poids de l'habitude ou il y a aussi la difficulté que nous on ressent de l'extérieur, de l'intérieur ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Les patriotes d'Alphorion Philippot vous font un peu de mal ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Vous dites que vous êtes en pleine refondation. Alors ça peut expliquer les difficultés, mais les gens ne savent pas que vous êtes en refondation.
- 2:50OuverteRéponse directe
On lui reparle de ce débat. Encore, encore, encore. Ça vous lasse ? Ça vous agace ?
- 4:46OuverteRéponse directe
L'élection européenne, alors est-ce qu'il y aurait une suprême audace à confier la tête de liste du Front National pour ces élections européennes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Locuteur non identifiéFait
« La République En Marche et les Républicains seront au deuxième tour. »
- 0:27Locuteur non identifiéChiffre
« Le Front National réalise des scores moins importants qu'au mois de juin, moins de 10 points dans le territoire de Belfort, moins 5 points dans le Val-d'Oise. »
- 1:23Locuteur non identifiéChiffre
« On est toujours à haut niveau d'intention de vote, juste derrière la République en marche. »
- 1:43Locuteur non identifiéFait
« Il n'y a pas de place pour des concurrents issus de chez nous qui passent leur temps à insulter le parti en place. »
- 3:22Locuteur non identifiéFait
« Tout cela pèse sur la France aujourd'hui et sur les Français. Alors, on peut critiquer un débat. Mais enfin, moi, je ne pense pas que l'avenir politique d'un parti ou d'une personnalité soit lié à un débat. »
- 3:57Locuteur non identifiéFait
« On ne peut pas, comme ça, tirer d'un trait tout ce qui a été fait, tout ce qui est fait, tout ce qui sera fait sur l'avenir, pour soi-disant un débat raté. »
- 4:18Locuteur non identifiéFait
« Quand on le voyait brailler dans les meetings, en hurlant derrière un micro, moi, très honnêtement, je le regardais. »
- 4:35Locuteur non identifiéFait
« Moi, en politique, m'a toujours plus intéressé le fond des idées que l'apparence des choses. »
- 5:20InvitéFait
« Nous sommes en capacité d'attirer à nous, d'agréger à nous des gens qui ont la même conception que nous du rôle de la nation et du rôle de l'Europe. »
- 5:37Locuteur non identifiéFait
« La tête de liste pourrait être confiée à une personnalité extérieure au Front National. »
- 6:44Locuteur non identifiéFait
« Le Front National va changer de nom. »
- 8:39Locuteur non identifiéFait
« Ils se sont mis à la disposition d'un État étranger terroriste. »
- 9:29Locuteur non identifiéFait
« Les enfants, il y a les moyens de récupérer les enfants et de les confier à des familles d'accueil. »
- 20:18Locuteur non identifiéFait
« S'il ne veut pas, eh bien je crains que les Républicains finissent comme le Parti Socialiste. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié53 %
- Louis Aliot25 %
- Invité9 %
- Présentateur5 %
- Invité 23 %
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Et l'invité de France Info ce matin est Louis Alliot, député Front National des Pyrénées-Orientales, Jean-Michel Appetit.
Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Deux élections législatives partielles ont eu lieu dimanche, l'une dans le Val-d'Oise, l'autre dans le territoire de Belfort. L'abstention est importante, c'est tout le temps comme ça dans des partiels, mais l'abstention est importante pour tous les électorats. La République En Marche et les Républicains seront au deuxième tour. Le Front National réalise des scores moins importants qu'au mois de juin, moins de 10 points dans le territoire de Belfort, moins 5 points dans le Val-d'Oise. C'est un signal qui vous inquiète, Louis Alliot ?
Non, mais c'est une donnée qu'il faut prendre en compte indéniablement, mais moi qui ai l'habitude un peu sur le temps long des élections partielles, on voit qu'à chaque partiel, on a des difficultés à mobiliser notre électorat. Et hier j'ai écouté le spécialiste de l'IFOP qui remarque effectivement que sur une longue période, les élections partielles ont toujours été défavorables au Front National. Donc voilà, c'est quelque chose qu'il faut regarder quand même avec attention et s'interroger sur les raisons.
Oui, c'est ça. Il n'y a que le poids de l'habitude ou il y a aussi la difficulté que nous on ressent de l'extérieur, de l'intérieur ? Je ne sais pas si vous la ressentez, la difficulté à relancer la machine après l'élection présidentielle ?
La machine sera relancée après de toute façon, d'une manière totalement dynamique après le Congrès. Pour l'instant, nous sommes en refondation. Mais quand vous regardez les grandes enquêtes d'opinion, par exemple les européennes, vous voyez qu'on est toujours à haut niveau d'intention de vote, juste derrière la République en marche. Et de ce point de vue-là, c'est quand même, j'allais dire, plutôt réconfortant pour l'avenir.
Les patriotes d'Alphorion Philippot vous font un peu de mal ? Ils font 2% à peu près sur le terrain lors de ces élections partielles, mais c'est 2% de moins pour vous ?
Oui, mais je crois qu'il faut moins d'ailleurs d'Alvaldoise que le parti de Karl Lang. Exact. Voilà, donc c'est pour vous dire, non, mais voilà, c'est des gens qui ont fait profession désormais de nuire au Front National. Il n'y a pas de place pour ça. Il y a de la place pour des politiques qui proposent des solutions autres. Mais il n'y a pas de place pour des concurrents issus de chez nous qui passent leur temps à insulter le parti en place. Je n'y crois pas. Insulter ? Insulter ? Ah bah oui, comme vous les entendez les uns les autres et toute la camarilla qu'il y a autour de M. Philippot, ce sont des insultes permanentes. C'est comme ça.
C'est un peu fort insulte. Je pense que Bruce réagit à insultes parce qu'on n'a pas entendu l'insulte. Il vous critique, mais... Des critiques, c'est ce que j'allais dire, oui.
Ah non, non, non, regardez sur les réseaux sociaux, ça va plus loin que ça. Ah, d'accord. Mais voilà, c'est comme ça. Mais ils ne font que ça. C'est un parti de Twitter et de Facebook sur le terrain. Je ne sais pas s'ils savent ce que ça veut dire que le terrain.
Vous dites que vous êtes en pleine refondation. Alors ça peut expliquer les difficultés, mais les gens ne savent pas que vous êtes en refondation. Non, mais ils le verront. Vous, vous le savez. Nous, on le sait. Ils le verront. Ils verront quand ce sera refondé. C'est ce que vous voulez dire. Mais en fait, on a l'impression que l'élection présidentielle pèse toujours. Le débat raté de l'entre-deux-tours pèse toujours. On lisait une interview intéressante, d'ailleurs, de Marine Le Pen dans Le Monde samedi. On lui reparle de ce débat. Encore, encore, encore. Ça vous lasse ? Ça vous agace ? Vous n'arrivez pas à vous décoller de ça ?
Écoutez, moi, j'y réponds. Dès qu'un militant m'en parle ou dans les réunions que je peux faire, je réponds à ces questions-là. On m'en a parlé de moins en moins. Parce que le contexte, évidemment, fait que les Français regardent ce qui se passe. Et le débat est loin. Et ce qui a été dit pendant le débat, eh bien, aujourd'hui, malheureusement, pour la France, il est en train, j'allais dire, de s'exposer devant nous. Que ce soit les migrants, que ce soit les déficits du budget, que ce soit les impôts qui augmentent, la CSG, etc. Tout cela pèse sur la France aujourd'hui et sur les Français. Alors, on peut critiquer un débat.
Mais enfin, moi, je ne pense pas que l'avenir politique d'un parti ou d'une personnalité soit lié à un débat.
Mais on vous en parlait. Vous le disiez à l'instant. Qu'est-ce que vous disiez, d'ailleurs, à ces militants qui vous interpellaient sur ce sujet ?
Je disais que tout ça, c'est de l'apparence. Voilà. On a le droit aussi... Ils avaient mal compris ? C'est pas mal compris. On a le droit de rater. L'erreur est humaine. Mais il n'en demeure pas moins que le contexte est là. Et on ne peut pas, comme ça, tirer d'un trait tout ce qui a été fait, tout ce qui est fait, tout ce qui sera fait sur l'avenir, pour soi-disant un débat raté. Moi, je ne le crois pas. Quand on voit M. Macron, son comportement pendant l'élection présidentielle, il y a des gens qui devraient s'interroger, même sur sa nature, sur son caractère, sur sa capacité à être quelqu'un de calme, si c'est ça qui a... Sa nature et son caractère ? Oui.
Quand on le voyait brailler dans les meetings, en hurlant derrière un micro, moi, très honnêtement, je le regardais. J'étais assez inquiet pour sa santé mentale, à ce moment-là. C'est pas le seul qui braille derrière un micro dans un meeting. Non, aussi, brailler comme ça, très honnêtement, j'en ai rarement dit. Bon, voilà, c'est comme ça. C'est une donnée de communication politique. Moi, en politique, m'a toujours plus intéressé le fond des idées que l'apparence des choses. Parce que l'apparence, aujourd'hui, c'est précisément la communication d'un gouvernement qui mène une politique qui, elle, nous mène à un désastre de fond.
Prochaine échéance pour le Front National, l'élection européenne. On va en parler du gouvernement et de sa politique après. Mais l'élection européenne, alors, est-ce qu'il y aurait une suprême audace à confier la tête de liste du Front National pour ces élections européennes ? Juin 2019, on a le temps, hein. Est-ce qu'il y aurait de l'audace à la confier à quelqu'un qui n'est pas au Front National ? C'est ce que pense l'un de vos collègues députés, Sébastien Chenu, et il le disait sur France Info au début du mois de janvier.
Et on peut imaginer des tas de choses. Moi, j'ai fait des suggestions à Marine Le Pen, on est en train de rencontrer... Par exemple, société civile ? Mais pourquoi pas ? Nous sommes en capacité d'attirer à nous, d'agréger à nous des gens qui ont la même conception que nous du rôle de la nation et du rôle de l'Europe. Par conséquent, il ne faut pas forcément être adhérent du Front National pour mener la liste du Front National.
C'est une réflexion que vous partagez ? Oui, moi, je pense que dans le débat actuel sur la tête de liste et sur la liste elle-même, où nous appelons un rassemblement d'autres forces ou de personnalités, la tête de liste pourrait être confiée à une personnalité extérieure au Front National. Ça ne vous choquerait pas ? Non, mais ce n'est pas la première fois, même si on n'a pas eu de tête de liste en dehors du Front National. Je me souviens que sur les listes du Front National systématiquement aux européennes, nous avions des gens qui venaient d'ailleurs.
Pas de tête de liste, tête de liste, c'est... En plus, là, ce seront des listes nationales.
Oui, mais bon, voilà, si une personnalité se dégage... Vous avez un nom de tête ? Non, je n'en ai pas, très honnêtement, mais si une personnalité se dégageait, moi, je n'y verrais aucun inconvénient.
Votre nom est cité parfois ?
Oui, j'ai vu ça. Et alors ? Celui de Gilbert Collard aussi, mais moi, je le ferais dans l'intérêt de mon mouvement.
Ah, vous ne dites pas non, d'accord.
Non, je ne dis pas non, mais je le ferais dans l'intérêt de mon mouvement.
Et si l'intérêt du mouvement, c'est Louis Alliot, tu y vas, vous y allez ?
Ben écoutez, oui, je prendrai les dispositions nécessaires et j'irai, mais pour l'instant, on est loin et ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas quoi ? Je ne suis pas candidat et il n'y a pas d'appel à candidature. Il y a Nicolas Bay aussi, on parle de Nicolas Bay. Oui, il y a Nicolas Bay, il y a Gilbert Collard, il y en a d'autres, vous savez, qui peuvent prendre la tête de l'île. Tout ça est très loin. Exactement. Le mot de scrutin n'a pas été encore changé.
Il n'a pas été changé, il va l'être, et puis ce ne sera de toutes les façons pas une liste du Front National, puisque le Front National va changer de nom.
Il va changer de nom, peut-être pas tout de suite après le Congrès, quand même, mais il va changer de nom. Mais dans tous les cas de figure, ce sera une liste d'ouverture et peut-être une entente avec d'autres formations politiques. Comment il va s'appeler s'il change de nom ? Écoute, on verra bien ça. D'accord.
8h40, voici l'essentiel de l'info avec Agathe Mahué.
Le personnel des EHPAD est en grève, bien que réquisitionné, pas assez nombreux pour s'occuper des personnes âgées, des conditions de travail toujours plus dégradées. Et l'enveloppe annoncée de 50 millions d'euros supplémentaires qui ne convainc pas. De nombreuses manifestations prévues partout en France, dès ce matin à Marseille, cet après-midi aussi à Paris. Après six années de morosité, la croissance française marque le pas. Plus 1,9% en 2017, l'INSEE publie ces derniers chiffres ce matin et ils sont bons, conformes aux prévisions du gouvernement.
Après les scènes de cohue pour des pots de Nutella, scènes à peine croyables dans des magasins intermarchés, la répression des fraudes enquêtes sur la nature de cette promotion qui avait attiré la foule. Moins 70% sur la pâte à tartiner. La DGCC-RF veut vérifier s'il s'agit de soldes, ce qui est légal, ou s'il s'agit de concurrence déloyale. Et puis la Seine et la Saône, toujours surveillées par Météo France. 12 départements restent en vigilance orange. Le niveau des fleuves progresse encore par endroits. Ce matin à Bercy, Bruno Le Maire, le ministre, va recevoir des assureurs pour faire le point sur les inondations.
– France Info – Louis Alliot, député Front National des Périnées-Orientales et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Appetit.
– Des Français, des hommes, des femmes. Les femmes ont parfois des enfants, sont parties combattre Daesh et donc parties soutenir parfois des combattants de Daesh. – Qu'ils y restent. – Qui concernent les femmes, carrément ? – Carrément, oui. – Ah bon ?
– Ces gens-là devraient être déchus de la nationalité et jugés dans le pays où ils ont été attrapés. Ils se sont mis à la disposition d'un État étranger terroriste. Ils ont participé à des tueries de masse, à des crimes de guerre. Et je ne vois pas de quoi, au nom de quels principes, la France devrait en plus assurer non seulement leur jugement, mais leur entretien pour les années où ils seront en prison. – Ça vaut pour les combattants ? – Ça vaut pour les combattants, oui. – Pour les femmes ? – Mais pourquoi vous différenciez le combattant des femmes ? – Parce qu'elles n'ont pas combattu ? – Ah si, si, il y a des femmes. – Elles n'ont pas combattu, j'en sais rien en fait, mais…
– Il y a des femmes qui ont combattu.
– Il y en a noms.
– Oui, c'est ça.
– Oui, d'accord, mais…
– Et puis vous avez la complicité aussi, qui vaut crime. – Et donc dans votre esprit, ça vaut ? – Bien sûr, ça vaut, condamnation, ils sont jugés par le pays qui a été victime de leurs agissements.
– Et les enfants ? – Ça dépend. – Je vous pose la question. Les enfants, ils sont nés en France par exemple ? Hop, ils sont partis avec les parents ?
– Alors les enfants, il y a les moyens de récupérer les enfants et de les confier à des familles d'accueil. – D'accord. – Eux, ils sont pourriens. – Mais leurs parents ont pris leurs responsabilités.
– Alors il y a un autre problème qui se pose, parce que ces circonstances inédites, il faut bien le dire, auxquelles nous sommes confrontés depuis quelques années, nous offrent ce type de réflexion. Ces Français, s'ils sont condamnés à mort dans ces pays, qu'est-ce qu'il faut faire ? – Voilà ce que disait Nicole Belloubet au grand jury RTL-LCI dimanche.
– Je redis ici mon attachement aux règles du procès équitable. Bien entendu, s'il y avait une question de peine de mort, l'État français interviendrait.
– De quelle manière ? Parce que par exemple, il y a eu une condamnation en Irak, une djihadiste allemande…
– Ce n'est pas la France.
– Oui, mais si c'était un djihadiste français ou une française ?
– Moi, il me semble que dans cette situation-là, la France interviendrait.
– Notre pays abolit la peine de mort en 1981. – Est-ce que cette abolition légitimerait l'intervention de l'État pour éviter que des ressortissants français soient tués dans le cadre d'une procédure judiciaire dans un pays étranger ?
– Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les victimes de l'État islamique et des terroristes. – On est tous sensibles aux victimes. – Non, non, oui, d'accord. – Mais ce n'est pas ma question. – L'avenir des terroristes m'importe peu. Et si j'avais bien compris sous le mandat précédent, la France appliquait une forme de peine de mort. – C'est-à-dire ? – En empêchant les djihadistes de revenir.
– Personne n'en empêchait formellement les djihadistes de revenir.
– Ah, écoutez, moi j'ai lu beaucoup d'articles, apparemment, M. Hollande avait donné des ordres, et les ordres ont été donnés par M. Macron aussi. C'est une forme de peine de mort.
– Mais tout ça n'est pas une politique officielle ? – Ah ! – Tout ça, ce sont des récits qui sont faits de...
– C'est l'hypocrisie française, M. Patti, on connaît ça d'un plein de domaines.
– Si la France intervient en cas de condamnation à mort de ressentissants français djihadistes, quelle sera votre réaction ? Cette hypothèse est sur la table, c'est la ministre de la Justice qui le dit.
– Je pense que c'est une erreur. La France n'a pas se mêlé de peines qui ont été prononcées par des tribunaux d'autres pays qui ont été victimes des agissements de ces Français-là.
– Cela veut dire que d'une certaine manière, donc c'est quelque chose qu'il faut assumer tranquillement, on pourrait être favorable, vous seriez favorable à la peine de mort pour ceux qui... des Français qui mènent ces actions-là.
– Mais moi j'y suis favorable de toute façon. – À la peine de mort ? – Alors je deviens un peu seul dans mon parti désormais. Mais j'y suis favorable, j'y ai toujours été favorable pour les crimes les plus abominables et pour les terroristes effectivement, voilà.
– Est-ce que vous pouvez qualifier les crimes les plus abominables, ou en tout cas les déterminer un peu plus précisément ?
Les viols d'enfants avec actes d'atrocité, des choses comme ça, ça me paraît, moi, en tout cas, de mon point de vue.
– Là vous avez dit viol, mais meurtre j'imagine, c'est ce que vous voulez dire.
– Oui, évidemment, viol et meurtre avec atrocité, il y a des scènes comme ça, on a connu, je pense à Pierrot le fou, des choses comme ça, je pense que dans ces cas-là, quand il n'y a en plus aucun doute sur l'acte de ces assassins-là, moi je n'y vois aucune...
– Vous êtes convaincu de l'efficacité de la peine de mort ?
– Je n'ai pas été convaincu par l'efficacité de la perpétuité, si vous voulez, et surtout quand elle n'est pas réelle, et quand au bout de 20 ans, on lâche des gens dangereux de la nature.
– C'est une question philosophique en fait, la peine de mort. – Oui, bien sûr. – Est-ce que des êtres humains s'arrogent le droit de tuer d'autres êtres humains dans des procédures judiciaires ?
– Pour l'instant, la peine de mort s'applique aux victimes en France, malheureusement, et pas aux assassins. – Moi je suis pour l'application de la peine de mort aux assassins, pas aux victimes.
– D'accord, mais c'est une question philosophique.
– Oui, mais voilà, ma philosophie me pousse.
– On reconnaît au pouvoir le droit de tuer des gens.
– Ça arrive dans d'autres états qui sont des états démocratiques, et encore une fois... – Très peu, aujourd'hui. – Les assassins... – Très peu, c'est un débat permanent. – Oui, le débat, c'est normal qu'il existe, mais ça c'est ma position personnelle.
– Qui n'est pas la position du Front National. – Elle est ambiguë, disons, la position du Front National.
– Non, c'est un référendum sur cela, mais je crois qu'à la fin, beaucoup se sont prononcés pour la perpétuité réelle.
– Ce qui pose d'autres problèmes. – Voilà. – Savez-vous quelle chanson va représenter la France à l'Eurovision ? L'Eurovision, ça se déroulera le 12 mai prochain à Lisbonne. – Non. – Alors, la chanson s'appelle « Merci ». Les personnes qui le chantent, c'est un duo, c'est un homme et une femme, c'est un couple à la ville aussi. Madame, monsieur, c'est comme ça qu'ils se prénomment sur la scène. Et merci, c'est le prénom anglais, donc miséricorde en anglais. En gros, d'une petite nigériane, une migrane qui a été récupérée par le bateau Aquarius au mois de mars dernier sur la Méditerranée. Et ceci a donné le titre de la chanson dont nous allons écouter le refrain.
– Choisis par les téléspectateurs.
– Oui, alors les téléspectateurs, effectivement, de France 2 ont voté samedi soir pour cette chanson, alors que le jury avait voté pour une autre chanson. Donc ce sont les téléspectateurs qui ont été touchés par cette histoire. Je suis né ce matin. Je m'appelle Merci, on m'a tendu la main. On va écouter Jean-Carl Lucas et Émilie Seth qui sont, madame, monsieur, donc le duo qui chante cette chanson. Pourquoi ont-ils écrit cette chanson ? Écoutez-les.
– Je pense que le public a été touché par le message d'espoir de la chanson, par l'histoire qu'elle raconte.
– C'est une chanson qui donne confiance, pour moi, en l'humain. C'est ce que ça nous a inspiré quand on a vu ce tweet. On a vu à la fois dans ce message, on a compris l'horreur de la situation actuelle, vraiment. Et en même temps, d'un seul coup, on s'est dit, oui, il y a des gens, des citoyens, qui sont embarqués bénévolement sur un bateau et qui vont sauver des gens qui fuient l'horreur et qui ne supportent pas d'imaginer les laisser mourir.
– Le tweet d'un journaliste qui était sur la Coriuche et qui racontait cette histoire en mars dernier. Ça vous touche cette histoire ? Est-ce que ça vous touche cette histoire ?
– Oui, l'histoire des migrants et de l'horreur des migrations, aujourd'hui, on laisse faire beaucoup de choses et c'est un peu de notre responsabilité. – Et de Merci, qui est donc la petite fille qui va être représentée à l'Eurovision. – Je ne suis pas un fan de l'Eurovision. – Ah bon ? – Non. Et je pense que malheureusement, la France n'a pas beaucoup brillé à l'Eurovision, il faut quand même le dire.
– On n'a pas gagné depuis 41 ans Marie-Myriam.
– C'était Marie-Myriam, oui. – Ah, mais vous savez, pour quelqu'un qui ne s'intéresse pas à l'Eurovision… – Oui, mais Marie-Myriam, c'était la chanson.
– L'oiseau et l'enfant. Je ne pensais pas qu'on parlerait un jour avec Louis-Aliot de Marie-Myriam, mais allez-y, continuez.
– En revanche, sur ce thème-là, je préfère largement, du peu que j'ai entendu, je préfère largement la chanson de Pierre Perret, Lily, pour que je sois clair.
– Ah oui, d'accord. Pourquoi, d'ailleurs ? – Parce que je trouve que c'est une jolie mélodie, une jolie chanson, là, du peu que j'ai vu, je n'en sais rien. – Oui, mais ce drame des migrants, des gens le prennent en charge, c'est-à-dire que quand des femmes et des hommes sont sur… – Mais on ne prend pas en charge, vous ne le prendrez jamais en charge. – Quand des femmes et des hommes sont sur un radeau sur la Méditerranée…
– Oui, mais le radeau, oui, mais ça, M. Apatis, ce sont des bons sentiments. – Il n'y en a pas ? – Les radeaux, il y en aura tous les jours, tous les mois, toutes les années, si personne ne prend ce problème à bras-le-corps.
– On ne vit pas avec les bons sentiments ? – Vous ne vivez pas avec des bons sentiments ?
– Le réservoir potentiel des migrations, le potentiel des migrations est inépuisable. Soit vous prenez le problème à la source, soit vous contemplez le désastre et vous faites des chansons pendant que des personnes se doivent dans la Méditerranée. Ça, ce sont des bons sentiments, on est content, on a fait la chanson, le problème est réglé. Nous, ce n'est pas la chanson qui nous intéresse, c'est d'aller régler le problème des migrations de l'autre côté de la Méditerranée. Et là, plus personne n'en parle.
– Les deux démarches ne sont pas incompatibles, elles se complètent. – Oui, mais on a l'habitude en France. – Vous ne le réglerez pas, il ne concerne pas que la France le problème.
– Ça fait 20 ans, 30 ans qu'on parle de ces choses-là. Ça fait 20 ans, 30 ans qu'on apporte le soutien aux mêmes dictateurs en Afrique où on maintient une misère d'État qui pousse des gens à l'immigration précisément. Tout cela, on n'a rien réglé parce que la gauche est toujours avec des concerts, des chansons, tous ces gens-là se pavanent dans la télévision, mais le drame des populations sur place, lui, il continue. Et là, aucun politique s'en occupe. C'est précisément ce que nous, nous voulons faire, nous occuper de ces gens-là, chez eux, précisément.
– Tout le monde dit ça. Tout le monde dit qu'il faut régler le problème à la source. Mais en attendant de le régler, qu'est-ce qu'on fait ? On laisse couler les bateaux ? – Mais ils coulent les bateaux, M. Apathy. – Non, on démantèle les réseaux. – On repêche beaucoup de gens. – L'Aquarius a récupéré 214 personnes le dimanche. – Mais ça, je suis d'accord.
– A sauvé 214 vies. – Heureusement que vous repêchez les gens qui se noient. Mais vous n'empêcherez pas les bateaux de partir parce que les réseaux mafieux sont là. Nous en avons connaissance et nos États ne font rien contre cela. Voilà la réalité.
– Vous restez avec nous, Louis Alliot, il est 8h50. Voici l'Essentiel de l'Info. Agathe Mahué.
La garde à vue prolongée de Jonathan Daval ce matin, l'époux d'Alexia, principal suspect désormais dans la mort de la joggeuse de Haute-Saône. Lui seul dit avoir vu sa femme partir courir ce matin-là. Un voisin, en revanche, affirme qu'une voiture a quitté leur maison dans la nuit. Les parents d'Alexia, eux, souhaitent de tout cœur que leur gendre soit relâchée ce soir ou demain matin. À 4 dans 15 mètres carrés, parfois dans de plus petits appartements encore, près de 9 millions de personnes vivent en France dans des logements surpeuplés. La fondation Abbé Pierre publie aujourd'hui son dernier rapport et appelle le gouvernement à agir. Tout est fait pour inciter à la maltraitance.
Dans les maisons de retraite, les mots terribles d'une aide-soignante. Dans la presse ce matin, le personnel des EHPAD est en grève. Des manifestations sont prévues pour réclamer de vrais moyens. Avec en priorité ce quota, indispensable selon eux, un agent pour un résident. Et puis finalement, peu de monde autour de la table des négociations. À Sochi, discussion pour la paix en Syrie, organisée par le pouvoir russe. Mais ni les opposants à Bachar Al-Assad, ni les Kurdes, ni les Occidentaux ne sont présents. Peu d'espoir donc d'obtenir des avancées. 340 000 victimes dans la guerre en Syrie depuis 2011.
Louis Alliot, député Front National des Pyrénées-Orientales et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Appetit.
Le paysage politique se recompose. Vous avez dit que le Front National l'entrait lui-même dans un moment de refondation. Et puis du côté des Républicains, Laurent Wauquiez a fait une prestation qui a été remarquée comme pas trop mauvaise. Pour rester un petit peu neutre sur France 2, c'était l'émission politique. On écoute un petit bout de Laurent Wauquiez.
J'aborde des sujets qui sont importants pour les Français et j'essaye d'apporter les réponses dont je pense qu'elles permettront d'amener notre pays dans une meilleure direction. Et de la même manière que je ne veux pas laisser le monopole du social à la gauche, je ne veux pas laisser le monopole du discours sur l'immigration à l'extrême droite.
Vous redoutez sa concurrence, Louis Alliot ? Très honnêtement, non.
Oh, ça va, tranquille. Oui, oui, mais je refuse, moi, maintenant, de critiquer pour critiquer les gens au prétexte qu'ils seraient ceci ou cela. M. Wauquiez a repris les Républicains. On verra bien ce qu'il en fait. On n'insulte pas l'avenir, c'est ça ? Je ne sais pas. Vous savez, sur le terrain, dans ma circonscription, j'ai été élu par une partie des gens, des Républicains, qui ont voté pour moi. Donc je discute avec un certain nombre d'électeurs ou d'élus locaux. Je vois bien ce qu'ils pensent. Et M. Wauquiez peut continuer à dire que nous sommes d'extrême droite, ce que je prends comme une insulte.
Il n'en demeure pas moins que ses électeurs à lui, aujourd'hui, sont tournés vers nous et discutent avec nous. Il va bien falloir qu'un jour ou l'autre, eh bien la situation s'éclaircisse. S'il ne veut pas, eh bien je crains que les Républicains finissent comme le Parti Socialiste. Ils sont déjà, je crois, à 12 ou 13% dans le sondage des Européennes. Ils peuvent descendre encore plus bas. Oui, enfin, est-ce que c'est un concurrent pour vous ou pas ? Je ne crois pas, honnêtement. Il prend ses sujets à bras-le-corps, mais à côté de ça, il est beaucoup plus dans le schéma européen. Sa deuxième jamme, en quelque sorte, c'est l'ancien ou le bras droit de M. Juppé. Voilà.
Je ne crois pas, moi, à leur sincérité. Je les ai trop vus promettre et ne pas tenir pour croire aujourd'hui un certain nombre de personnalités, dont M. Wauquiez. C'est comme ça. Donc j'attends de voir. Mais très honnêtement, je préfère largement M. Wauquiez à tout ce que je peux voir à gauche.
Vous prenez comme une insulte le fait d'être qualifié d'extrême droite ? Ah oui. C'est pour ça que vous voulez changer le nom du Front National, parce que ça vous rattache à l'extrême droite ? Pas du tout, non. Mais le Front National, c'est autre chose. C'est toute une histoire.
Qui vous rattache à l'extrême droite ? Non. Les origines sont d'extrême droite ? Non. Ça, c'est vous qui l'avez toujours dit. Moi, je ne me suis jamais rattaché à l'extrême droite.
Dans les années 70, le Front National, c'est la réunion de tous les groupuscules d'extrême droite.
Non, pas seulement. Il y a ceux aussi qui étaient pour l'Algérie française qui n'étaient pas d'extrême droite. Il y avait les amis de M. Bidot qui sortaient de la résistance et du MRP. Oui, oui, non, mais tout ça, ça compte. Vous pouvez toujours dire ça. À ce compte-là, vous pouvez dire quoi ? Même le Parti gaulliste, alors, sortait de l'extrême droite. Il ne changeait pas de nom, alors ? Si, ça pose d'autres problèmes. Ça, c'est ma vision à moi. Je pense qu'à un moment donné, voilà, Marine incarne ce changement. Elle a fait les réformes nécessaires et on va aller plus loin.
Et je pense qu'aujourd'hui, de ce que j'ai pu voir, moi, dans ma campagne électorale, c'est le Front National, dans les secondes tours, est quelque chose qui fait barrage. Voilà, il faut le dire, qui fait barrage. Donc, moi, je pense qu'il faut en changer pour permettre un plus large rassemblement de deuxième tour, mais pas pour une histoire d'extrême droite. Dans tous les cas de figure, ceux qui nous accusent d'extrême droite le feront toujours. Donc, de ce côté-là, il n'y a pas de souci. Mais moi, je ne me considère pas comme une personnalité politique d'extrême droite.
De quoi, alors, du coup ? De droite ?
Je suis de France, on va dire, voilà. Et j'essaie de défendre l'intérêt national.
Ou de droite et de gauche en même temps comme Emmanuel Macron ?
Sur l'échiquier politique. C'est ce qu'il a fait. C'est ce qu'il dit. Il y a, dans la politique aujourd'hui, des pans de ce qu'a défendu la gauche que nous pouvons reprendre à notre compte et dépend de ce qu'a défendu la droite que nous pouvons reprendre à notre compte. Voilà, il y a une refondation de la politique aujourd'hui. Mais je pense que nous sommes plutôt des conservateurs, des patriotes et les derniers défenseurs de la République dans son unité, dans son indivisibilité et dans sa laïcité.
Ah, les patriotes, c'est déjà pris.
Oui, mais personne n'est dupe sur l'OPA de non par des gens qui, aujourd'hui, font les yeux doux à l'extrême gauche, par exemple.
Croissance de 1,9% en France l'année dernière, c'est l'information de ce matin. L'INSEE l'a donnée. Puis autant, sans doute, cette année ?
Il y en a un qui doit être déçu.
Bravo, M. Macron.
Il y en a un qui va être déçu, c'est Hollande. Oui, bon. Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Moi, tout ce qui fait que l'économie va mieux, que ça donne des emplois, que ça réduit les déficits, j'en suis heureux. Mais je crains que les mesures qui ont été mises en place n'apportent pas les résultats que l'on desconte, surtout que le budget, lui, est toujours en déficit, que l'endettement sera moins important, mais il est quand même encore important, et que malheureusement, nous sommes tributaires de la décision de l'Europe, notamment, et de la Commission européenne. Et ça, nous n'en voulons pas. On le répète.
Le budget en déficit de la Commission européenne n'a rien à voir. Ça, c'est nos dépenses intérieures.
— Il faut lutter contre le déficit. — Attendez, attendez. Et les 3% de Maastricht ?
— Oui, donc il faut réduire le déficit. Il faut lutter contre le déficit ? — Il faut lutter contre les dépenses inutiles. — Ah oui, c'est trop facile. — Et les dépenses, c'est trop facile. — On garde les dépenses utiles et on supprime les dépenses inutiles.
— Non. On empêche les dépenses inutiles pour les réorienter, par exemple, vers les EHPAD, les personnes âgées. On enlève l'AME pour les étrangers et on réoriente vers les EHPAD, par exemple. — Il faut réduire les déficits. — De toute façon, il faut réduire les déficits quand on peut, évidemment.
— D'accord. Dernière question d'actualité. Gérald Darmanin est accusé de viol. Certains, les Républicains, par exemple, disent « Il ne peut pas rester ministre ». Votre opinion, Louis Allure ?
— Plus l'affaire se développe et plus il va l'avoir difficile. — Elle ne s'est pas développée pour l'instant. Il y a le témoignage de la famille. Il n'y a rien d'autre. — Mais moi, je reste prudent dans ces affaires parce que j'ai l'impression qu'aujourd'hui, dans le milieu, entre guillemets, politico-médiatique, on a vite fait de jeter en pâture un certain nombre de personnalités et de réputations dont on s'aperçoit après qu'elles sont fausses. Regardez l'exemple de Théo avec la police. On a accusé la police de sévice et presque de torture. Et on s'aperçoit aujourd'hui, en regardant la vidéo, que c'est l'inverse et que c'était lui l'agresseur de la police.
— Et donc vous ne demandez pas la démission de Gérald Darmanin ? — Non, mais ça va être très dur de rester à son poste avec le tentamard médiatique qui s'en suit.
— Merci beaucoup, Louis Alliot. Bonne journée à vous.
Louis Aliot