Crise énergétique : «il faut arrêter d'endetter la France» pointe Michel Barnier, député LR de Paris et ancien premier ministre
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour à vous.
Bonjour Madame Sherry.
Ancien Premier ministre, député LR de Paris. Commençons par la crise énergétique liée à la guerre en Iran qui se poursuit. Les travailleurs qui utilisent leurs voitures sont étranglés par les prix des carburants. Le gouvernement envisage un décret pour encadrer les marges des distributeurs afin de ramener le prix du gasoil à 1,71€ de litre de son côté. L'Allemagne a décidé de réduire pendant deux mois une grosse taxe sur le diesel et l'essence. Qu'attend la France ? Est-ce qu'elle attend une crise sociale pour agir, Michel Barnier ?
J'espère que non. La réalité aussi, c'est qu'on n'a pas d'argent. On n'a plus d'argent à force de l'avoir dépensé sans compter. Et en mettant la charge de l'emprunt, 65 milliards d'euros cette année, 65 milliards d'euros sur les épaules ou la tête de nos enfants, de nos petits-enfants. Donc il faut faire attention. Néanmoins, il faut, comme le gouvernement a commencé de le faire timidement, sur les agriculteurs, sur les pêcheurs, sur les aides-soignants, sur les transporteurs, il faut prendre des mesures ciblées. Et si ça continue, il faudra prendre des mesures plus générales de blocage des prix temporairement. Mais il faut aussi dire la vérité aux gens.
On ne peut pas dépenser de l'argent qu'on n'a pas. La réalité aussi, c'est qu'il faut voir comment... Mais il faut bloquer temporairement les prix. C'est ce que vous nous dites, Michel Barnier. C'est une mesure que le gouvernement devrait étudier de bloquer les prix ou de bloquer les marges pour demander à tout le monde un effort, y compris aux distributeurs. Et en même temps, on parlait d'électrification, on parlait de cette mesure sur les aides et feux et cette écologie punitive dont vous parliez sur votre antenne. Il faut électrifier. Donc je peux imaginer, comme l'a dit un jeune député, M.
Vermorel, qu'on utilise une partie des taxes supplémentaires qu'encaisse l'État, et ce n'est pas tellement juste pour financer les gens qui ont besoin d'une voiture électrique.
Il y a déjà des prêts flash carburant qui sont assez demandés par les entreprises. Près d'une centaine d'entreprises ont déjà fait la demande auprès de la BPI. Ça, c'est pareil, mais c'est pour permettre de payer les taxes. Vous vous rendez compte dans quel pays on est ? On demande aux entreprises d'emprunter pour payer les taxes sur le carburant.
Vous me dites, dans quel pays on en sait mieux que les pays endettés. C'était le message principal que j'ai porté comme Premier ministre. Arrêtons d'endetter notre pays et faisons un effort. Pourquoi ? Parce qu'il faut dire aux Français pourquoi on fait un effort. Pourquoi il faut croire à la France ? C'est aussi important de dire le sens des efforts qu'on demande aux gens. Maintenant, la clé de cette question, c'est quand même que la guerre s'arrête. C'est ça. Que les Américains qui ont lancé cette guerre sans trop réfléchir aux conséquences, sans mesurer la résilience. Sous-titrage Société Radio-Canada
Michel Barnier