Sabrina Agresti Roubache : Le souffle de Marseille
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Une question que ma fille m'avait, elle était toute petite, elle va avoir 5-6 ans, et elle me dit un jour, moi maman je veux faire le même métier que toi, c'est ma fille tu veux faire de la production et tout, elle me dit non je veux être guerrière, c'est-à-dire que l'image qu'elle a de moi c'est la femme qui se bat, et j'ai trouvé ça magnifique, et je lui dis mais guerrière c'est pas un métier, c'est un état d'esprit. Donc je suis Sabrina Gresti-Rouba, je suis productrice, et je suis élue au conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, et j'ai une énorme délégation qui est la lutte contre les violences faites aux femmes, et la lutte contre le harcèlement scolaire. Je suis née à Félix-Piat, donc la cité Félix-Piat est une cité de centre-ville, du 3ème arrondissement de Marseille, donc pour le situer c'est entre le Vieux-Port et la Belle-de-Mais.
Je suis issue d'une grande famille, donc j'ai 5 frères et soeurs, je souhaite à tout le monde d'avoir eu l'enfance que j'ai eue, parce que j'ai ma grand-mère qui vivait avec nous, c'est probablement la personne qui m'a le plus marquée dans ma vie. Je ne me suis jamais laissée ni emportée par les paillettes, par les étoiles, je suis née dans le cinéma, ni par ceux, les tyrans ordinaires qui t'expliquent que c'est pas possible, que tu peux pas, que ta place elle est pas là. J'ai toujours fait ce que j'ai voulu, mais en accord avec moi-même, mais avec ce que j'ai reçu en héritage de mon éducation.
J'ai la chance un jour de rencontrer, de croiser le chemin d'Akhenaton, donc du groupe AYAM, et là je comprends que c'est ce que je veux faire, donc je démarre, je suis stagiaire de prod, je corrige les coquilles des scénarios, et j'ai fait mes classes en fait de stagiaire de prod, productrice. Donc j'ai toujours su que j'allais travailler dans la culture, que je voulais faire quelque chose dans la culture. Quoi ?
Je ne savais pas, parce que quand tu n'hérites pas justement de ce background, donc au fil de producteur, au fil de directeur de programme, je n'ai pas eu de fil de réel, tu ne peux pas t'inventer non plus une culture. Par contre, tu peux te la créer. Ça veut dire qu'aujourd'hui, je connais tous les métiers de la production, puisque j'ai démarré en bas d'échelle, c'est tout l'intérêt.
C'est-à-dire que moi, on ne peut pas m'arnaquer. Moi, on ne peut pas me dire qu'il faut 8 jours pour tourner, alors que je sais qu'il n'en faut que 2. C'est tout l'intérêt, je sais.
J'ai commencé, je faisais des feuilles de service. Avant de devenir productrice, j'étais directrice de production, prodexé, donc non, c'est un long apprentissage. On ne devient pas producteur du jour au lendemain, parce qu'on l'a décidé, on ne le décrète pas.
Et quand on me dit « Ah, c'est super, tu réussis », je n'ai pas du tout. J'ai sacrifié à peu près toute ma vie, toute ma jeunesse, pour ce que j'aimais, donc j'ai quand même l'immense chance de faire ce que j'aime, de vivre de ma passion. Je me suis toujours dit « Je préfère être quelqu'un chez moi que toute petite et inexistante chez les autres. » Et je préfère faire Marseille-Paris que Paris-Marseille.
Ça a été la série Marseille en prodexé. Et le premier projet, c'était celui-là. Parce que quand tu es une enfant de Marseille comme moi, c'est l'air de rien, c'est un long processus d'apprentissage dans la production.
Un jour, tu croises la route de Dan Franck, et là, tu te dis « Waouh, j'ai appris beaucoup. » Et après, je comprends que si je veux produire ce que j'ai envie de produire, il faut aller chercher de l'argent dans le privé. Et quand je vais vendre ça aux investisseurs, je leur dis « Voilà, bon, moi, je ne suis pas une spécialiste de l'ingénierie financière ni juridique, de quoi que ce soit. » Je comprends, mais ce n'est pas ma spécialité.
Et pour faire le parallèle, je leur disais « Voilà, moi, je ne développe pas de nouvelles techs. » Moi, je développe des scénarios. On dit des choses dans des scénarios.
On est des passeurs de messages. Et je leur dis « Le seul truc qui marchera toujours, c'est comme les boulangers, comme ceux qui fabriquent des vêtements. » Les gens continueront à regarder.
Il faut juste pouvoir donner l'accès à la culture et après, choisir ce que tu as envie de montrer. Marseille, je n'ai rien inventé. Enfin, ce n'est pas moi.
Il faut remonter à Borsalino. C'est-à-dire que ça a toujours été une ville qu'on aimait filmer. La lumière est exceptionnelle.
À l'international, quand tu dis Marseille, on y pense « French Connection », c'est ce qu'on te dit à l'étranger. Mais on connaît Marseille. Moi, je suis visible. de celles qui ont un parcours, un storytelling, quelque chose à raconter.
Merci.
Sabrina Agresti Roubache