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interviewBLAST· 31 juillet 2025 10 min

MACRON : LE ROBIN DES BOIS DU MEDEF ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La dette de notre pays représente aujourd'hui plus de 3300 milliards d'euros. Tout le monde devra l'effort. Le travail et la compétitivité de nos entreprises doivent être autant que possible épargnées.

L'État donne 211 milliards mais que personne ne maîtrise dans l'administration française. Il y a même pas un tableau général. Enfin, la maîtrise des dépenses publiques passe aussi par celle des dépenses sociales.

Nous devons collectivement réaliser un effort de l'ordre de 5 milliards d'euros. Cette nouvelle ère pour la nation suppose de nouveaux budgets pour nos armées. Alors que nous avions prévu de doubler le budget d'ici 2030, nous allons le doubler d'ici 2027.

Le macronisme aurait été une entreprise de promotion systématique des plus dégueulasses. Les tos du macronisme, c'est les toses du doigt fouré. C'est vraiment on vous emmerde, on en a rien à [ __ ] et on vous emmerde.

C'est à ce moment de vérité que nous sommes aujourd'hui. Nous savons que le chemin est difficile, que la voix est étroite et qu'ensemble nous pouvons le choisir. Je devrais dire qu'ensemble nous allons le choisir.

C'est pour ça que le planou c'est le truc de trop et c'est l'occasion c'est c'est c'est l'occasion ou jamais. [Musique] [Musique] On évoquait dans une récente chronique le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les aides publiques aux entreprises dirigées par le sénateur républicain Olivier Ritman et le sénateur communiste Fabien Gu. Cette commission s'était donnée pour mission de répondre à ces deux questions extrêmement simples.

Premièrement, quel est le montant exact des aides accordées par l'État français aux plus grandes entreprises du pays ? Celle de plus de 1000 salariés dont le chiffre d'affaires net mondial est supérieur à 450 millions d'euros et deuxièmement, à quoi servent ces aides ? Et les principales conclusions de son rapport publié le 8 juillet dernier au terme de 6 mois d'enquête était en substance les suivantes.

Petit 1 : 210 milliards d'euros d'aués chaque année aux entreprises françaises. Vous estimez quand on dit entre 200 et 250 milliards, c'est quelque chose qui vous est parfaitement plausible. Il faut certainement ajouter les exonérations de charge.

Donc là, on va être autour de 88 + 80 qu'on va arrondir à 170. Euh, on en oublie hein, mais c'est le principal poste budgétaire du pays. Petit 2, personne ne sait exactement à quoi servent ces aides car petit 3, personne ne contrôle leur utilisation.

Il faut insister sur ce dernier point et rappeler que par contraste, les chômeurs bénéficiant d'une indemnisation de l'assurance chômage pour laquelle ils ont cotisé lorsqu'ils travaillaient sont par exemple soumis à toujours plus de contrôle, toujours plus tâtillon et pour le dire plus simplement à toujours plus de fliquage. [Musique] Cela signifie très concrètement que le gouvernement, alors que rien ne justifie cette défiance, considère a priori les chômeurs comme des fraudeurs potentiels qui doivent être soumis à une surveillance toujours plus étroite, mais qu'à l'inverse, il estime que les patrons sont par définition dignes de confiance et qu'il est donc inutile de s'assurer qu'ils font bon usage des centaines de milliards d'euros qui leur sont distribués tous les ans au frais des contribuables qui n'ont par ailleurs pas vraiment le choix puisque personne ne leur a jamais demandé s'ils étaient d'accord pour que l'argent de leurs impôts financent ainsi le patron. Le juillet dernier, une semaine jour pour jour après la publication de ce rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises, le Premier ministre François Berou a présenté son plan budgétaire visant commencer à faire 44 milliards d'euros d'économie en 2026.

Très délirant ça, non ? Euh et Berérou s'est empressé de souligner, je cite, que tout le monde devrait participer aux efforts. Tout le monde devra l'effort.

Mais tout de suite après, il a précisé que les entreprises devraient être épargnées. Fin de citation. Face à l'ampleur de l'enjeu, il est illusoire de penser qu'une catégorie ou une autre puisse seul porter le fardeau.

Quand le Premier ministre explique que tout le monde devra efforts visant à économiser 44 milliards d'euros l'année prochaine, cela veut donc dire tout le monde, sauf les entreprises dont le financement coûte 210 milliards d'euros par an, sans qu'on sache si cet investissement ne relève pas du gaspillage pur et simple. Dans ces conditions évidemment et puisqu'il n'est donc pas question pour le gouvernement de réduire le montant des aides publiques au patronat dont l'utilité n'a jamais été démontré, la seule solution pour faire les économies promises par BO est de donner de grands coups de hache dans d'autres postes budgétaires. Et là effectivement tout le monde va devoir participer à l'effort mais surtout les pauvres.

Très sincèrement comme disait un de mes prédécesseurs, ça m'en touche une sans bouger l'autre. La semaine dernière, dans un très long entretien publié par le journal Le Monde, la ministre macronise du travail et de la santé, la très droitière Catherine Vautrin, a ainsi détaillé les économies d'un montant total de 5 milliards et demi d'euros que le gouvernement prévoit de faire dès l'an prochain dans le domaine de la santé. Il faut s'attarder un peu sur cette interview parce qu'elle constitue un exemple parfait de ce que peut-être la langue de bois politicienne lorsqu'elle est mise au service du remplacement de la réalité par une vérité alternative.

Cette ministre dont le patrimoine personnel tel qu'elle l'a déclaré à la haute autorité pour la transparence de la vie publique lorsqu'elle a pris ses fonctions, s'élève à plus d'un million d'euros, explique notamment que le gouvernement a pris la décision de doubler le montant des franchises médicales, c'est-à-dire des sommes qui ne sont pas remboursées aux patients lorsqu'ils consultent un médecin ou achète les traitements qui leur sont prescrits. Actuellement, cette franchise est de 2 € par consultation et d' 1 € par boîte de médicament. Ce sont ces montants qui vont donc être doublés.

Et pour justifier cette augmentation, votre lâche une rafale de slogans qu'elle présente comme autant d'arguments de bon sens. Elle soutient d'abord, je cite, qu'il ne s'agit pas de culpabiliser les Français car personne ne choisit d'être malade mais de responsabiliser les assurés sociaux. Fin de citation.

Puis à l'ajoute, je cite encore que la question aujourd'hui est de péréniser notre modèle social structurellement déficitaire et donc par définition en péril. Puis enfin, elle décrète qu'il faut, je cite toujours, arrêter avec cette idée que l'assurance maladie c'est gratuit, j'y ai droit et qu'il faut donc être vigilant tous ensemble sur nos dépenses. Le problème est que pour le dire très gentiment, tout est fantaisiste dans ces diverses affirmations.

D'abord, tout le monde a effectivement droit à une protection sociale et à des soins en cas de maladie. C'est le socle du modèle social français qui repose depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sur la sécurité sociale, laquelle a notamment pour fonction de protéger chaque citoyen contre la maladie. Mais contrairement à ce que suggère la ministre de la santé, tout le monde sait que cette protection à laquelle chacun de nous a effectivement droit n'est absolument pas gratuite puisque nous la finançons par des cotisations sociales qui sont en principe payées par les patrons et par les salariés.

Sauf que dans la réalité, les entreprises bénéficient depuis des années au titre des innombrables aides publiques évoquées au début de cette chronique qui leur sont accordés chaque année de réduction du montant de leur cotisation. Ces exonérations ont par exemple coûté 75 milliards d'euros à la collectivité en 2023 sans vraiment faire la preuve de leur efficacité. De sorte que le gouvernement pourrait très facilement trouver les 5 milliards et demi dont il prétend avoir besoin pour péréniser ce modèle social.

En revenant par exemple sur ces réductions de cotisation qu'on sentit au patronat dont l'utilité, n'est répétons-le, pas prouvé. Mais comme on l'a dit, au lieu de les placer devant leur responsabilités en leur demandant par exemple de renoncer à certaines aides publiques injustifiées, François Berou veut aussi exhonérer les entreprises de toute participation à l'énorme effort financier qui doit selon lui permettre d'économiser 44 milliards d'euros en 2026. C'est donc sur les Français les plus fragiles, ceux qui sont malades et qui doivent s'acheter des traitements, qu'il va faire porter l'effort qu'il refuse de demander aux Français les plus riches en doublant notamment le montant des franchises médicales, mais aussi en limitant l'indemnisation des arrêts maladies.

La santé ne peut pas être seulement un marché sur lequel les consommateurs soient sans frein et sans limite. De telle mesure ne pénaliseront pas seulement les malades, elles pèseront principalement sur les Français les plus pauvres. car bien sûr les plus riches peuvent très facilement s'acquitter de quelques euros de franchise médicales supplémentaires et s'accommoder de quelques journées de maladie non indemnisée.

Une fois de plus donc et conformément à ce qui aura sans doute été depuis 2017 la règle la plus absolue du macronisme, il s'agit de ponctionner les pauvres pour mieux gaver les riches. Et comme souvent, cette nouvelle célératesse s'est présentée de manière extraordinairement perverse comme une mesure protectrice par un gouvernement dont il convient pour finir de rappeler une fois encore qu'il a été nommé grâce au vol du résultat des élections législatives de 2024 et qu'il ne dispose d'aucune légitimité démocratique. Merci d'avoir suivi cette chronique.

Passez un bon été. On entend beaucoup que nous vivons dans un régime de démocratie. Pour moi, en lieu et place de démocratie, je parlerai plutôt d'oligarchie mitigée.

Souviens-toi de 2023, les retraites. 70 % de la population est contre. 90 % des salariés sont contre.

Tous les syndicats sont contre. Il n'y a même pas de majorité parlementaire pour la faire voter. Ça se termine à coup de 493.

C'est un holdup si tu veux. Si c'est pas un moment de rupture démocratique, ça pour reprendre les termes de de Stéphane Fouard, qu'est-ce que c'est ? On ne saurait mieux dire que la médiation politique n'existe plus et que comme avec les Légions de la honte, vous pouvez bien aller vous faire [ __ ] [Musique] [Musique]