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interviewLCP (sur Dailymotion)· 5 juin 2026 63 min

Chaque voix compte - Solitude : le mal du siècle ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

et bienvenue dans chaque voix compte sur lcp c'est vendredi et comme chaque vendredi puisque chaque voix compte c'est à vous que nous donnons la parole pour une émission consacrée ce soir à un sujet qui nous touche tous mais pas de la même façon et qui commence aussi à s'imposer aux candidats à la présidentielle de l'année prochaine je veux parler de la solitude 17 millions de français disent en souffrir aujourd'hui alors on pense à ces personnes âgées qui peuvent rester des jours sans parler à personne mais la solitude c'est aussi l'étudiante qui vient d'arriver à paris le parent séparé une semaine sur deux le cadre en télétravail sans aucune interaction sociale directe dans la journée et si finalement la grande fracture du moment n'était ni social ni territorial ni générationnel mais relationnel bonsoir anne souiris vous êtes sénatrice écologiste de paris vous avez écrit il ya quelques jours avec marine tondelier lutter contre la solitude c'est un livret thématique de campagne de la candidate écologiste à la présidentielle merci d'être là aux côtés du professeur antoine pellissolo bonsoir vous êtes psychiatre à l'hôpital henri mondor de créteil vous êtes également premier adjoint au maire de créteil et conseiller départemental merci d'être là et je salue également jean-françois serre bonsoir vous êtes membre du ceseux le conseil économique social et environnemental et vous êtes aussi et surtout à l'origine de mona lisa la mobilisation nationale contre l'isolement social des personnes âgées merci à tous les trois sincèrement d'avoir accepté de vous prêter ce soir au jeu des questions réponses avec notre public chacun ici à une histoire de solitude ou d'isolement à nous raconter ce soir on va consacrer une heure à ce qui relie ou ne relie plus les français et ce n'est pas un détour ce n'est pas un pas de côté c'est le coeur de tous les sujets en réalité alors installez vous confortablement que vous soyez seul ou bien accompagnés chez vous chaque voix compte c'est parti d'abord tiens une petite anecdote quand on a lancé l'idée de cette émission sur la solitude avec l'équipe de chaque voix compte j'ai assisté à une scène amusante voire étonnante chacun s'est mis à chanter une chanson sur la solitude alors j'ai eu droit à léo ferré à laura pausini à gilbert becco à barbara à laurent voulesi à alain souchon tout y est passé comme s'il fallait des notes de musique pour adoucir ce mot ou peut-être pour l'éloigner de nous comme s'il fallait isoler la solitude parce qu'elle se chante c'est vrai mais elle se chiffre aussi et ça c'est marion becker qui s'en charge un français sur quatre se sent seul c'est le constat d'une étude de la fondation de france une solitude qui s'invite dans les programmes de campagne à moins d'un an de la présidentielle marine thondelier vient d'annoncer 30 propositions

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Invité

j'ai décidé de m'en emparer de mettre ce sujet sur la table parce que oui la solitude c'est politique et que dans le débat politico médiatique on n'en parle quasiment jamais françois hollande lui en a fait l'objet de l'un de ces podcasts de solitude elle a aussi des conséquences politiques quand on n'a plus aucun lien avec l'autre eh bien on cherche une tutelle une autorité et ce sont les extrêmes qui

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Présentateur

finissent par l'emporter en 2025 gabriel attal voulait en faire une grande cause et jean-luc mélenchon en dénonçait les ravages aujourd'hui 750 mille français sont ultra isolés dont 14% des personnes qui vivent à la campagne là où les transports sont limités et les liens sociaux se font plus rares ils sont 9% en agglomération un isolement et un sentiment de solitude renforcée par la précarité 16% des personnes aux revenus modestes sont isolés c'est trois fois plus que les hauts revenus aujourd'hui toutes les générations sont touchées à l'ère des réseaux sociaux jamais les interactions n'ont été aussi nombreuses et pourtant la solitude progresse un tiers des jeunes actifs ressentent un sentiment de solitude deux fois plus que les plus de 60 ans jean-françois serre là on vient de donner plein de chiffres mais comment est ce qu'on mesure comment est ce qu'on calcule précisément la solitude

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Invité

d'un individu c'est qu'il ya deux façons de la de la mesurer il ya une une façon qui est de mesurer le nombre de relations que la personne a la diversité de ses relations la densité des relations donc ça ça se mesure et ça on appelle ça l'isolement social et puis il ya une mesure qui est plus subjective c'est à dire on demande aux personnes comme vous venez de le dire dans le reportage est ce que vous vous sentez régulièrement tous les jours seul est ce que vous en souffrez et là la réponse c'est un quart des français qui disent qu'ils se sentent seul c'est le sujet de votre vie

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Présentateur

l'isolement la solitude est ce que les français sont vraiment plus seul qu'avant ou est ce qu'on est

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Invité

juste plus sensible à cette question alors je crois que c'est un peu des deux mais je malgré tout les les observatoires qui sont pas très anciens puisqu'on a 20 ans de recul sur cette question là ou pas tellement plus montrent qu'il ya quand même une intensification de l'isolement social observatoire des petits frères des postes sur l'isolement profond des personnes âgées montrent qu'il ya vraiment une ça s'intensifie ça s'élargit donc oui on est davantage seul on est plus seul qu'avant mais oui aussi on en souffre davantage qu'avant parce que précédemment en fait on disposait davantage de relations j'allais dire qui étaient données on vivait dans des communautés dans des villages dans des familles qui étaient moins dispersés et donc on a été plus contenu dans la société j'allais dire aujourd'hui on est tous en fait des individus libres certes et ça c'est une grande victoire mais j'appelle ça un peu flottant en réalité la société nous lâche et donc à chacun d'entre nous d'aller chercher les relations dont il a besoin alors pour ceux qui sont agiles pour se trouver des relations c'est une grande liberté mais pour ceux qui le sont moins c'est vraiment beaucoup plus

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Présentateur

difficile c'est exactement le sujet de ce soir un mot anne suiris on l'a vu dans le sujet les politiques sont en train de s'emparer du sujet ou certains l'ont fait depuis plus longtemps que d'autres marine tondelier en fait donc une priorité de sa campagne présidentielle on a vu édouard philippe gabriel attal françois hollande jean luc mélenchon s'y mettre aussi en quoi est ce que c'est une question éminemment politique vous savez c'est d'abord une question qui touche tout le monde c'est pas juste les personnes âgées ou juste les personnes qui sont à la campagne ou juste les personnes qui sont qui ont un handicap et qui ont des difficultés à sortir de chez elles non en réalité on s'est aperçu d'un que toutes vraiment toutes les catégories sociales étaient touchées par ce nom en il ya vraiment aussi un sujet qui est arrivé qui est très fort qui est que on a un des réseaux sociaux internet de plus en plus avec le kovid ça a augmenté cette situation là c'est à dire que les gens ont plus communiqué par les réseaux sociaux et finalement le télétravail est arrivé enfin ce nombre de choses comme ça qui finalement peuvent être d'ailleurs du mieux parfois je veux dire il n'y a pas que du papier mais qui ont encore un petit peu plus coupé les gens de leur environnement avec une facilitation et en plus quelque chose d'invisible c'est une solitude invisible il y a l'isolement social dont vous parliez qui est quantifiable et puis il ya la solitude qui n'est pas toujours quantifiable donc ça c'est un deuxième sujet et le troisième c'est la question de la précarisation par exemple la question des étudiants j'y pense parce que vraiment c'est c'est énorme on voit le nombre de jeunes qui vont à la soupe populaire maintenant qui a explosé depuis le kovid et ça c'est une réalité et ça veut dire beaucoup de choses ça ça veut dire que ils peuvent pas sortir de chez eux parce qu'ils peuvent pas aller boire un verre avec les copains ils n'ont pas d'argent c'est à dire qu'ils habitent très loin de l'université donc ils peuvent ils n'ont pas le temps de revenir ils ont ils n'ont pas d'espace ils vont pas pouvoir faire de sport par exemple on a cette question là enfin en fait quand on regarde de près on a une société qui était en train d'aller vers cette solitude sans le savoir manière assez invisible et soudain il ya eu avec le kovid une manifestation et je crois qu'il est temps maintenant d'en faire une politique publique majeure pas simplement et qui qui doit être dans tous les domaines et qui et qui doit être au dessus de tous les domaines parce que sinon on n'y arrivera pas et c'est ça tout l'intérêt de ce travail j'espère d'ailleurs que tous les politiques vont s'en vont s'en occuper et en parler pendant cette campagne je voudrais donner la parole à annick et muriel annick et muriel peut-être qu'annick peut prendre un micro est ce que vous avez un micro oui alors bonsoir annick est ce que je peux dire votre âge annick oui j'ai 77 ans vous avez tenu à être là ce soir pour nous raconter vous votre expérience de la solitude et comment vous comment vous la combattez en fait à quel moment est ce que vous vous êtes sentie seule je me suis sentie seule j'avais j'avais une amie c'est tout ça avec qui je m'entendais vraiment très bien c'était pratique c'était vraiment fusionnel je savais qu'elle était malade et que bientôt elle allait nous quitter et évidemment elle est morte dans mes bras et quelques temps j'ai réussi si je dis je vais y arriver comme je suis assez mobile j'ai compensé ça par des sorties théâtre cinéma concert mais pas de dans tout ça je me suis rendu compte qu'il me manquait quelque chose c'est à dire la parole le contact et comme j'avais envie de faire un atelier d'écriture j'ai demandé à une amie qui m'a indiqué un endroit il se trouve que ce lieu est le carrefour des solidarités là je suis actuellement depuis 2016 c'est ça vous êtes devenu bénévole dans cette association au départ vous êtes d'abord allé oui comme bénéficiaire puisqu'on a les deux termes bénéficiaires ceux qui arrivent qui ont qui bénéficient des de des animations etc offertes par le carrefour et après il y a un petit changement de direction et je suis devenue bénévole parce que j'ai un peu les deux casquettes je suis toujours bénéficiaire mais en même temps bénévole je suis plus bénévole maintenant voilà et cette association et votre activité au sein de cette association vous considérez que c'est ce qui vous a sorti de votre état de solitude oui au départ c'était pas forcément le public que j'avais envie de côtoyer parce que j'avais pas trop pensé qu'essentiellement ce serait des personnes âgées et bien en fait j'ai trouvé goût à cette à ce genre de personnes vous êtes fait des copains et des copines et voilà j'en ai fait des amis et petit à petit c'est là qu'on va vers eux on les aide etc etc on les raccompagne chez eux on fait tout ça comme ça et c'est un peu pour ça qu'on devient peut-être bénévole aussi on a ce le sens de l'autre mais d'ailleurs c'est là bas que vous avez rencontré muriel qui est à côté de vous voilà muriel je connaissais bonsoir muriel vous voulez prendre le micro muriel à votre tour vous aussi vous êtes arrivée dans cette association où est bénévole désormais annick comment vous vous êtes arrivée jusqu'à cette association qu'est ce qui vous y a poussé ben moi je suis arrivée au carrefour

12:07
Invité

de solidarité parce que je me suis trouvé vraiment toute seule c'est j'ai perdu deux filles et j'ai perdu mon compagnon en 2020 du covid la vie ne vous a pas épargné donc la vie elle m'a pas gâté et je me suis arrêté travailler j'ai pris ma retraite en 2007 et là vraiment depuis à peu près 2020 depuis le décès de ma dernière fille je me suis sentie vraiment seule isolée j'ai un fils qui est dans le sud de la france j'ai ma famille qui sont un petit peu dans le sud mais moi je me suis trouvée vraiment toute seule du jour au lendemain alors que j'avais une famille comme tout le monde et j'ai découvert le c'est justement le carrefour de solidarité d'ailleurs je les remercie parce que c'est grâce à eux j'ai commencé un petit peu à sortir à dialoguer un petit peu avec certaines personnes

13:02
Présentateur

vous avez dû vous faire violence vous avez dû vous forcer à un moment oui

13:06
Invité

au début je voulais vraiment j'avais du mal à aller jusqu'à découverte les associations et ils m'ont beaucoup aidé enfin au carrefour de solidarité aussi bien l'équipe les bénévoles le responsable ils sont vraiment très à l'écoute je les remercie infiniment et maintenant je ne me sens pas pas complètement ça va mieux non pas du tout parce que je ne me remercie pas mais je me sens quand même beaucoup mieux parce que j'ai quand même l'occasion d'aller plus souvent depuis quelque temps de faire des sorties avec eux et de faire des copines et j'ai pas mal de copains et de copines maintenant qui sont bénévoles au carrefour de solidarité qui nous aident énormément

14:01
Présentateur

je crois que vous aviez des questions à poser justement à nos invités de ce soir en particulier sur les associations et puis je crois aussi sur la dématérialisation des démarches qui fait qu'aussi les personnes qui ont commencé la vie sans internet disons les choses ont un peu du mal et se retrouvent bien souvent seules aussi dans les démarches qu'il faut entreprendre alors je ne sais pas si Annick veut poser une question en particulier oui pardon oui je trouve aussi moi la première d'ailleurs la numérisation isole encore plus les personnes parce que quand elles savaient remplir leurs feuilles leurs déclarations d'impôt elles ne savent plus elles viennent nous voir et ne comprennent même pas ce que l'on fait toujours peur qu'on ne retranscrisse pas ce qu'elles demandent parce qu'on peut les aider pour remplir leurs on fait ça bien sûr d'une façon tout à fait gracieuse mais bon c'est déjà je trouve une une source d'isolement et puis il y a également les personnes qui n'osent plus trop sortir seules même pour venir au carrefour même si elles sont à 500 mètres et c'est là qu'on a souvent besoin d'aller les chercher et qu'on voit qu'il y a beaucoup de soit des stagiaires de l'association parce que nous avons des stagiaires qui viennent aussi nous donner un coup de main soit les travailleurs sociaux en général ont besoin, accompagnent toutes ces personnes Annick, par exemple, vous avez peur de sortir, pourquoi ?

moi j'arrive à sortir sans trop de difficultés sauf que quand même j'ai un peu peur maintenant sur le trottoir dans l'ambiance j'ai eu la mauvaise idée de me faire renverser par deux fois à deux ans d'intervalle une fois par un vélo vous avez raison, c'est une très mauvaise idée j'avoue que j'ai un peu abusé des deux roues et j'ai donc un peu de mal à ressortir dans la rue parce qu'il y a trop d'agitation par moment j'ai pas encore, voilà Antoine Pellisolo

16:14
Invité

oui, j'avais envie d'un peu de réagir dans vos deux histoires moi j'entends un peu le moment important de la retraite j'imagine que c'était un peu une zone c'est un moment de rupture et après, après la retraite où on a plus son environnement professionnel permanent très souvent, on retombe un peu dans son tempérament et certains tempéraments je crois que M.

Serre le disait tout à l'heure on n'a pas tous facilement la sociabilité on a tous besoin du social mais on n'a pas tous facilement cette démarche-là alors là vous parlez de peur par exemple pour sortir à l'extérieur mais il y a aussi beaucoup de gens qui ont des peurs relationnelles comme on pourrait dire de l'anxiété sociale et il faut trouver un moyen de dépasser ça il faudrait collectivement on arrive justement à faciliter les choses c'est pas simple dans notre vie où tout est plutôt un peu dans la performance individuelle dans le combat des uns avec les autres et donc typiquement le milieu associatif clairement sert à ça et je crois que c'est excellent tout ce qui peut être fait pour aller vers les autres pour les faire venir donc vous, vous avez fait la démarche d'y aller toute seule mais il y a sûrement des gens qui n'ont pas cette capacité à surmonter la peur de l'inconnu qu'est-ce qu'on va penser de moi et donc ça c'est malheureusement un des freins qui a toujours existé puisque c'est vieux comme l'espèce humaine la psychologie humaine il y a des tempéraments extravertis, introvertis mais malheureusement ça se rajoute à ce que vous dites c'est-à-dire qu'il n'y a plus les lieux qui d'habitude, on est allé à la poste alors c'était casse-pieds de faire la queue pour retirer les colis ou faire les démarches mais au moins c'était l'occasion de voir du monde de parler alors que maintenant si on peut tout faire à distance on n'a plus de raison de sortir effectivement

17:49
Présentateur

Jean-François Serre je rejoins ce que disait le professeur Pellisolo mais ce qui me frappe dans les récits d'Anique et Muriel c'est qu'on n'est pas venu les chercher elles ont fait la démarche d'aller vers une association en l'occurrence

18:01
Invité

Oui c'est vrai mais dans l'histoire c'est vrai que dans les associations il faut prétexte à relation quelque part donc les activités ont été un prétexte à relation pour certaines personnes il faut aller jusqu'à les rejoindre là où elles sont quand elles sont très isolées et ce que font les équipes citoyennes qui sont dans le réseau Mona Lisa qui sont toutes ces équipes qui en fait ont cette préoccupation de lutter contre l'isolement une des premières questions c'est comment identifier les personnes vraiment en situation d'isolement parce que ces personnes là sont tellement invisibles que parfois elles peuvent même mourir sans qu'on s'en rende compte pendant des jours moi ce que je voulais dire parce que c'est vrai que le constat sur l'isolement social il est lourd mais il faut aussi dire qu'il y a des solutions et qu'en fait il y a des possibilités et je voulais réagir sur la question de la numérisation parce qu'on dit habituellement et on a raison bah oui mais ça crée de l'étrangeté ça crée de...

voilà moi je regrette assez peu en fait les guichets de la pause je regrette assez peu d'aller chercher mes billets du train et faire la queue je regrette assez peu les relations très administrées dans les guichets par contre oui il faut réinventer des autres espaces où on est ensemble

19:25
Présentateur

et c'est là qu'intervient le politique Anne Suiris

19:27
Invité

c'est là pour ça que c'est politique absolument

19:28
Présentateur

oui tout à fait en fait derrière ça moi il me semble que c'est la question du sens de ce qu'on fait quoi c'est-à-dire que quand on est à la retraite on va aller de la retraite tout à coup le sens qu'on avait dans son travail de se lever le matin on avait souvent on a une famille à la maison puis après ils vont travailler ailleurs enfin voilà ils sont plus chez vous et du coup il y a un peu de sens qui manque dans sa vie aussi ça c'est une réalité sauf que ça aussi c'est politique on peut se dire ça c'est complètement psychologique ça ne concerne pas le politique mais si ça concerne le politique le sens c'est aussi de se dire que tout n'est pas consommation tout n'est pas seulement aide sociale par exemple vous avez là vous faites appel à une association où vous êtes bénévole c'est-à-dire que vous êtes active toutes les deux vous n'êtes pas seulement obligée dans leur retraite vous n'êtes pas obligée seulement d'une aide ou de quelque chose vous êtes aussi deux femmes qui allaient peut-être aider d'autres ou aller vers d'autres personnes qui ont des problèmes et qui du coup vous retrouvez du sens je pense qu'on est dans une société aussi où la dématérialisation a tout à coup gommé le sens et où on a c'est difficile de le retrouver et donc c'est ça nous on a un rôle là-dessus je pense à aider les associations et puis aussi à aider par exemple tous les lieux intergénérationnels l'habitat participatif le fait justement de voir comment non seulement on peut aider les personnes âgées évidemment il faut aider les personnes âgées surtout quand ils commencent à avoir une perte d'autonomie mais aussi comment on leur redonne un rôle dans la société et ça on doit le faire ça doit changer vous disiez une nouvelle offre politique et on doit re-réfléchir autrement c'est vraiment ça qu'il faut arriver à faire je pense qu'il y a une grosse demande maintenant et moi je compte beaucoup sur 2027 pour avoir des propositions vous savez par exemple au Japon il y a un ministère de la solitude et il y a des équipes au Royaume-Uni aussi il y a un secrétariat d'Etat à la solitude il y en a eu un il y en a arrêté absolument et en fait ce qui s'est passé c'est qu'en fait ils ont mis des équipes qui vont voir les gens aussi pour aussi faire des nouvelles politiques oui oui tout à fait et c'est pas l'idée pas seulement de se dire on va faire quelques petites aides pour colmater c'est vraiment d'avoir une belle idée et juste pour finir la machine souvent elle a tendance à remplacer l'humain ce qui fait que par exemple je pense à l'hôpital puisque vous travaillez notamment à l'hôpital mais à l'hôpital on pense on manque de personnel alors on va mettre peut-être qu'on va mettre des robots on va mettre des robots qui pourraient je vous assure que je l'ai entendu donc ça existe il y a déjà des robots qui opèrent mais a priori le contact humain pendant une opération on préfère pas en avoir on a aussi une politique où on doit mettre des ratios en disant non non les êtres humains doivent être accompagnés de robots mais en aucun cas ça doit se substituer et on est à un endroit un tournant actuellement là-dessus et je pense que c'est ça aussi c'est très politique de dire non il va falloir des ratios de care en général c'est-à-dire de prendre soin que ça soit aussi pour l'école il ne faut pas que les enseignants disparaissent au profit et on a une petite tendance on le voit arriver avec le distanciel qui remplace le présentiel puis après pourquoi pas l'IA ben oui on est sur le chemin du remplacement là pour le coup complet et là nous on doit opérer un tournant pour imposer nous les politiques en général pour imposer de l'humain là où la machine pourrait arriver avec pourquoi pas mais pas sans pas à la place de je voudrais me tourner vers Lilou Lilou il faut se saisir d'un micro Lilou vous avez 23 ans vous avez grandi dans le sud de la France et vous êtes venue faire vos études à Paris au moment du Covid vous êtes arrivée juste avant le Covid est arrivé juste après est-ce que dans votre cas on peut parler d'un choc de solitude ah ouais là c'était un choc de solitude c'est-à-dire que du jour au lendemain vous quittez le sud ensoleillé et vous arrivez à Paris c'est ça en fait je suis arrivée en plein milieu du Covid donc le premier confinement était passé et je suis arrivée juste avant le deuxième confinement donc j'avais tout juste 18 ans et j'ai quitté donc mon sud et je suis arrivée à Paris et j'ai fait une semaine à la fac et ensuite on nous a dit bah voilà vous allez faire une semaine sur quatre en présentiel à la fac et le reste ce sera à distance et du coup on a repris la fac en présentiel tout le temps à partir de mars quelque chose comme ça donc six mois plus tard ouais c'est ça donc la période octobre à mars a été pas mal terrible parce qu'il y avait en même temps la charge de travail moi j'étais dans une double licence donc c'était beaucoup beaucoup de travail et tous les jours de 8h à 22h devant l'ordi et voilà quoi et des interactions qui ne sont plus que virtuelles et tout à l'heure vous parliez notamment de la place des réseaux sociaux et de la place du virtuel dans tout ça et je pense que ça a été là où notre génération à nous il y a eu un tournant un peu où en fait on s'est réfugié là-dedans et surtout les réseaux sociaux on connait leur tendance à relayer que le négatif et du coup je pense qu'il y a eu un puits un peu sans fond de ma génération en tout cas à moi qui est tombée dans cette solitude et dans ces interactions virtuelles donc ouais c'était assez compliqué c'était et à la sortie du confinement vous avez réussi à aller vers les autres vous avez réussi à vous faire des amis à Paris ou est-ce que vous gardez même encore aujourd'hui des séquelles de cette période ouais il y a des séquelles surtout que moi du coup c'était des études du spectacle vivant je faisais du théâtre du coup le spectacle il était plus mort à l'époque donc c'était un peu compliqué ce que j'ai fait c'est en fait finalement chez moi ça a créé un déclic de me lancer plus vite là-dedans du coup j'avais à peine 20 ans enfin 19 ans j'ai créé ma compagnie je suis rentrée dans une école de théâtre etc j'ai rencontré des gens mais c'est vrai que j'ai senti vraiment que j'avais un décalage par rapport aux autres en fait que ma génération à moi on avait un décalage il y avait tous les gens que j'ai rencontrés à l'école de théâtre ils avaient des amis sur Paris des fois depuis plusieurs années et moi j'avais que eux et il y avait quand même et j'ai toujours senti même encore aujourd'hui ce truc de génération sacrifiée la génération qui n'a pas pu se faire d'amis en fait et qui a un an de retard en fait par rapport aux autres il y a un truc un peu de retard et on prend le contre-pied comme on peut surtout quand on est dans les arts du spectacle pour essayer de d'aller chercher les gens mais Professeur Pédisolo est-ce qu'on mesure encore aujourd'hui cinq ans plus tard les ravages de cette période Covid sur la santé mentale des jeunes ?

26:21
Invité

Oui alors c'est pas généralisé évidemment mais en tout cas nous en consultation on reçoit beaucoup de jeunes de haute tranche d'âge qui ont souffert beaucoup qui en général ont progressé quand même depuis et vont un peu mieux mais ne sont pas complètement rétablis parce que ça a été il y a eu une année voire deux années vraiment d'isolement où les cours s'étaient arrêtés où certains sont sortis de la route complètement n'ont pas pu revenir sur leur trajectoire et oui il y a sûrement quelque chose qui va marquer encore longtemps mais après tout dépend des capacités justement à rebondir comme on dit avec un objectif de vie qui doit être celui de retrouver des liens sociaux dans le cas de Lilou

27:07
Présentateur

on sent presque une urgence à la sortie du Covid et de ses études de vivre à fond c'est ça Lilou c'était totalement ça et je sais que comme vous dites ça n'a pas été le cas de tout le monde moi j'ai je pense une facilité aux liens sociaux et j'ai plein de gens de mon entourage très proche qui ne l'avaient pas et qui aujourd'hui sont encore vivent encore dans cette solitude post-Covid même 5 ans après

27:32
Invité

et pardon mais malheureusement des habitudes ont été prises par tout le monde et malheureusement dans nos organisations moi je suis professeur de médecine donc on a plein d'étudiants parce que c'est des filières qui sont très importantes et on a gardé l'habitude du distanciel et il y a quasiment plus de cours collectifs en présentiel comme on dit et ça aussi malheureusement c'est une mauvaise habitude parce qu'on voit des jeunes qui travaillent en plus pour des concours donc ils travaillent quasiment jour et nuit mais seuls qui ne se rencontrent chez eux et qui ne se rencontrent pas enfin ça c'est vraiment une mauvaise évolution

28:06
Présentateur

Lélou vous aviez une question à poser oui moi je voulais aussi parler de justement cette prise en charge des soins de santé mentale pour les jeunes on sait aussi que les étudiants et jeunes actifs c'est pour ça j'inclus vraiment les jeunes actifs aussi dedans parce qu'ils sont touchés par la précarité comme vous en avez parlé Anne tout à l'heure de cette précarité et en plus de ça il y a une détérioration de la santé mentale à cause de la solitude les jeunes ne sortent plus parce que c'est trop cher ou des trucs comme ça et il y a eu mon parcours psy qui a été mis en place justement juste après le Covid donc moi j'ai eu la chance d'en bénéficier mais aujourd'hui on constate quand même que ça a vachement ses limites mon parcours psy déjà il n'y a pas tous les psys qui le mettent en place les délais pour avoir des rendez-vous des fois sont super longs des fois il y a aussi il faut avancer les frais ce qui n'est pas toujours possible d'avancer 70 euros une consultation pour des jeunes qui sont dans la précarité une difficulté aussi à cause des déserts médicaux à trouver des médecins traitants pour faire une ordonnance et ma question c'est est-ce qu'aujourd'hui on ne devrait pas essayer de faire en sorte que tous les soins liés à la santé mentale ne soient pas entièrement remboursés au même titre que les autres soins physiques ou autres quoi

29:19
Invité

et ben oui 100% d'accord alors effectivement cette période a quand même marqué il y a un petit changement puisque nous ça faisait des années des décennies qu'on demandait quand même la prise en charge des psychothérapies qui n'étaient pas du tout remboursées jusqu'à il y a 5-6 ans et il y a eu quelques étapes donc en effet d'abord pour les étudiants mon parcours psy maintenant il y a quelque chose qui s'appelle mon soutien psy pour toute la population qui est un progrès quand même parce que ça permet pour certaines personnes de trouver des psychologues mais il y en a comme vous dites pas assez parce que c'est pas tout à fait bien construit ce modèle alors il n'y a plus besoin de voir un généralisme maintenant vous pouvez y aller directement le nombre de séances a un peu augmenté les tarifs ont un petit peu augmenté mais pas assez donc c'est vraiment un objectif là aussi politique très important parce qu'il y a un besoin majeur parce que ce que vous disiez c'est dans les deux sens la souffrance psychique aggrave la solitude et la solitude aggrave aussi la souffrance psychique c'est vraiment un cercle

30:11
Présentateur

Anne Souiris c'est quelque chose qui est en train de se discuter en vérité au Parlement que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée nationale cette question revient systématiquement vous savez que c'était l'année de la santé mentale les deux années même donc pourtant pas beaucoup de choses ont vraiment évolué mais enfin bon en tout cas toujours est-il que cette question-là vraiment de dire que le soin mental doit rentrer dans le soin tout court et que ça doit rentrer dans le budget de la sécurité sociale de plein droit parce que effectivement là il y a un nombre il y a un nombre actuellement c'est 12 je crois on est à 12 séances il faut que ça soit des soins légers enfin il y a beaucoup de mai et donc il faut arrêter que ça nous on l'avait fait moi j'étais adjointe à la santé pendant le Covid et on a mis en place on a commencé à faire quelque chose comme ça juste avant en fait pour que avec nos centres de santé en faisant des équipes qui pouvaient le faire ça a été rempli dans la seconde évidemment parce que il y a un grand manque mais je pense que ça c'est quelque chose d'important mais ça ne peut pas suffire pour combler la solitude cela dit c'est quand même un révélateur cette question là du soutien du besoin de soutien psychologique beaucoup plus important même si ça faisait longtemps qu'il existait qu'il n'était pas comblé mais néanmoins il va falloir aussi le réfléchir socialement pas seulement en soins il va falloir aussi de la prévention je veux dire oui il faut le faire mais il va falloir aussi réfléchir comment on évite de continuer à laisser les gens ou à s'enfoncer dans ces questions de solitude il y a quand même des raisons à la fois économiques à la fois sociologiques et la place dans la société on parlait des seniors pour le côté actif c'est à dire comment ils peuvent retrouver du sens mais aussi les jeunes je veux dire c'est pour ça qu'il faut aussi penser à vous parce que là pour l'instant chacun est dans son silo et effectivement plus les réseaux sociaux les jeunes s'en servent beaucoup plus que les personnes âgées et c'est un piège absolu parce qu'effectivement on peut tout faire en fait quand on est jeune c'est d'autant plus piaiseux Jean-François Serre qu'on se dit cette hyperconnexion elle ne nous isole pas au contraire elle nous ouvre un autre monde et pourtant on ne s'est jamais senti aussi seul que dans ce monde hyperconnecté

32:25
Invité

c'est le contact

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Présentateur

c'est le pot à pot qui nous manque

32:28
Invité

être connecté ne signifie pas être en relation alors si vous avez des bonnes relations être connecté ça les conserve parce que vous les aviez déjà avec vos enfants avec vos amis mais pour créer des relations il faut les corps il faut être là il faut être présent il faut réincarner les relations c'est très important et pour réagir à ce que vous disiez c'est vrai que à la fois on sent aussi votre énergie votre comment dire votre sensibilité à cette question et on a besoin de cette génération de jeunes qui s'engagent sur ces questions relationnelles et à la fois vous en avez souffert à la fois vous pouvez en être une héroïne donc je vous y invite et je le dis parce que par exemple comme politique publique le service civique le service civique permet à des jeunes de passer 8 mois 10 mois de faire une césure dans leur vie dans leur étude et qui font des missions de solidarité qui se jouent j'allais dire dans des associations des collectivités territoriales qui rencontrent en fait dans la vraie vie vraiment en quoi leur contribution volontaire à la relation auprès de personnes vulnérables ou bien dans l'éducation dans la culture peu importe transforment ces jeunes c'est impressionnant et on a lancé

33:52
Présentateur

engagez-vous en fait c'est ça que vous dites engagez-vous oui

33:54
Invité

parce que on a fait une mesure d'impact parce qu'on a lancé le service civique solide arrêté senior qui permettait de faire que des jeunes s'engagent auprès de personnes âgées isolées alors regardez si ça marchait c'est-à-dire que les personnes âgées étaient moins isolées et en fait on a vérifié que le niveau d'isolement des jeunes qui allaient était plus élevé que le niveau d'isolement des personnes âgées et que l'impact sur l'isolement des jeunes était extrêmement puissant parce que pourquoi les jeunes se sont retrouvés en équipe à mener des projets ensemble on rencontrait des maires des collectivités territoriales des associations ils ont vu les enjeux de la société tout d'un coup et très rapidement se sont sentis comme vous le disiez utiles dans leur contribution

34:38
Présentateur

on redonne du sens et on refait société

34:41
Invité

et autour en fait d'une pratique de l'engagement relationnel ça ressemble aussi

34:48
Présentateur

aux associations de Muriel et Annick

34:49
Invité

complètement les dynamiques d'associativité c'est ce qui associe les gens et quand vous le disiez j'étais bénéficiaire je suis devenu bénévole grosso modo il y a un prétexte à recréer des relations et après tout est réciproque on donne on reçoit

35:07
Présentateur

ça va dans tous les sens la solitude c'est pas qu'une histoire individuelle c'est aussi une histoire de lieux qui disparaissent en France 62% des communes rurales n'ont plus aucun commerce zéro mais au-delà du manque de service c'est aussi bien souvent un facteur qui va aggraver l'isolement dans ces communes souvent rurales alors certains habitants font le pari de rouvrir des cafés par exemple à la campagne et c'est le cas dans cette commune de Lorne Eujon où le petit bar qui était l'unique commerce du village vient de rouvrir après une longue fermeture reportage de Nicolas Fleury et Juliane Rolland sur le terrain

35:42
Invité

la place du village a retrouvé son unique commerce à Eugon 190 habitants la réouverture de ce café après 5 ans de rideaux baissés avait quelque chose d'inespéré on est content que ce soir Medhi et Sarah Loab ont fait le pari de relancer le bar du village boire un verre dîner retrouver son club de lecture ou même jardiner à chacun son activité

36:11
Présentateur

ce qui m'a frappé en venant ici c'est qu'il y avait tous les âges et toutes les sortes de populations

36:16
Invité

moi j'habite à 15 km d'ici une petite commune qui s'appelle Raisonlieu où on est 150 habitants il n'y a rien pas de commerce rien du tout on ne se croise pratiquement jamais donc ça fait plaisir de retrouver des gens et de l'animation recréer du lien social à la campagne pour les nouveaux gérants c'est un enjeu essentiel des milieux comme ici c'est des endroits qui sont quand même très fragiles parce qu'il y a quand même une précarité qui n'est pas visible il y a quand même une mobilité à avoir aussi qui est quand même très importante on veut acheter du pain on fait 5 km on veut aller au marché on fait 10 km on veut aller au supermarché on fait 20 km et en fait tout cumuler pour nous on trouve ça essentiel quand même que les gens puissent se rassembler à un endroit de ces années sans aucun commerce Nelly et Serge ont gardé un souvenir morose et l'habitude de prendre soin de leurs voisins ça va ma Monique ?

Monique Biaque vit seule elle a du mal à se déplacer alors lorsque le bar a fermé plus d'école plus de commerce ça y est le village est mort on ne voyait personne elle s'est sentie plus isolée avant les gens qui venaient à l'épicerie ou au café ils passaient par la maison ils venaient de boire un coucou puis après il n'y a plus rien donc personne venait au bourg ah oui c'est difficile aujourd'hui le village a retrouvé son bar mais son plus gros défi c'est la rentabilité bonjour ça va ?

après un an d'exploitation les bénéfices restent faibles le café va donc devenir associatif et la mairie juge nécessaire de l'aider financièrement ça sera jamais viable ça coûte trop cher on est là pour ça on n'a pas non plus aussi des moyens exceptionnels donc on va faire par rapport à ce qu'on peut faire nous et on sera là toujours pour les aider une cinquantaine d'habitants de Gons et des villages alentour s'est porté volontaire pour faire vivre la future association

38:01
Présentateur

Jean-François Serres quand on se demande ce qui a pu casser nos liens l'urbanisme y a contribué aussi et notamment la disparition de ces petits bars de ces petits commerces de villages

38:11
Invité

oui c'est certain mais en réalité c'est vrai que c'est c'est des tendances de fond extrêmement extrêmement longues c'est vraiment c'est toute l'individualisation des modes de vie qui petit à petit ont transformé nos modes d'organisation et puis c'est vrai qu'il y a une culture de l'anonymat dans les grandes villes il faut quand même se rappeler que dans les communautés dans les villages moi je sais que mon père par exemple la génération de mon père son rêve c'était de partir des villages de sortir du candidaton de l'enfermement

38:43
Présentateur

d'aller à la ville

38:44
Invité

oui et de s'ouvrir j'allais dire à des relations complètement différentes de celles qui étaient seulement celles des communautés donc l'émancipation qui est une grande victoire de nos sociétés nous a émancipé des communautés enfermantes donc il s'agit aujourd'hui de se rendre compte que cette émancipation forcément a fait en sorte qu'un certain nombre de communautés qui tenaient ne tiennent plus vraiment donc l'enjeu aujourd'hui c'est de réinventer et réinventer dans une société où on n'est plus les mêmes on est des individus émancipés beaucoup plus livres et qu'on veut rester libre on ne veut pas reconstruire moi je défends que la question de la solitude n'est pas une nostalgie d'un temps passé qui aurait été un temps heureux parce qu'en réalité il y avait c'est vrai ces communautés mais il n'y avait pas que du bonheur dans ces communautés il y avait de l'oppression il y avait de la domination et la libération notamment des femmes qui étaient dans des rôles prescrits c'est quand même une grande victoire donc aujourd'hui c'est très intéressant des cafés c'est des tiers-lieux en fait qui se construisent des lieux nouveaux où c'est plus seulement le commerce mais c'est aussi des prétextes à lien à relation et ça c'est l'invention c'est pour ça que j'invite les jeunes à se lancer dans ces inventions il y a à réinventer la façon dont on peut faire communauté dans la proximité donc des cafés oui mais pas les cafés d'antan pas les cafés où les hommes

40:09
Présentateur

venaient taper le carton pendant que les femmes restaient à la maison c'est ce que vous voulez dire

40:12
Invité

et boire beaucoup d'alcool et boire beaucoup d'alcool c'est quand même qu'on boit moins d'alcool

40:16
Présentateur

Denis tout ça ça vous parle forcément je ne sais pas si vous avez un micro près de vous Denis Denis vous avez été le maire pendant 25 ans d'un village du Pas-de-Calais qui s'appelle Ramcourt c'est ça oui 340 habitants

40:29
Invité

oui

40:29
Présentateur

et vous alors là-bas vous avez vu l'isolement progresser à mesure que les commerces reculaient d'abord en tant qu'élu local vous ne l'êtes plus mais vous avez été quand même maire pendant 25 ans est-ce qu'à un moment vous vous êtes senti responsable ?

40:42
Invité

c'est-à-dire on a vu l'évolution qu'il y avait de moins en moins d'occasion de se rencontrer les commerces de proximité qui diminuent la boulangerie bon de petits exemples mais chez le coiffeur avant maintenant c'est sur rendez-vous avant ça discutait parce qu'on attendait non mais c'était c'est tout des petits détails et tous ces bavardages nous on a considéré que je reprends un peu votre mot il fallait des cours c'est-à-dire que les gens manquent un peu d'humanité on n'a pas le même échange quand il y a une présence il y a plus de spontanéité les échanges sont plus riches que par exemple avec internet et tout ça sans compter que j'ai l'impression au moins que ça ça diminue quand même les choses donc nous on a été moins ambitieux que ce qui est passé mais qu'est-ce qu'on a fait on a dit si on veut augmenter les possibilités de rencontres bon au niveau de l'urbanisme de la commune c'est de faire de la centralité c'est-à-dire que les gens ont une raison de venir au centre pour se croiser parce que nous il y a quand même énormément d'animals de compagnie donc je dirais en boutade que les chiens ils se parlent puis après les maîtres ils se parlent bon et donc il y a une voie piétonnière où les gens prennent un peu l'air et bien ils se croisent bon ça c'est au niveau de l'urbanisme et au niveau de on a fait un un chalet

42:13
Présentateur

d'accueil

42:14
Invité

c'est un chalet c'est pas très grand c'est 12 mètres carrés mais ah oui c'est une cahute où il y a des bénévoles qui ouvrent une heure par semaine et qui offrent le café on a mis des abonnements en journaux parce que ça permet d'alimenter les conversations à la rigueur tout le monde ne peut pas se payer le journal donc bon c'est une occasion de venir bon ça marche il faut avouer que bon budgétairement bien sûr on n'a pas de problème ça ne coûte pas cher mais on a accroché oui un certain nombre de personnes qui viennent et puis là ça a quand même débouché sur l'initiative de ces gens-là sur un club de de gymnastique de remise en forme on ne va pas dire de gymnastique de remise en forme sur une après-midi de de joueurs de cartes donc voilà c'est pas mais budgétairement ça colle et voilà alors nous

43:18
Présentateur

on a 4-5% de la population qui vient dans votre chalet d'accueil

43:23
Invité

c'est quand même du moins au niveau des permanences il y a une mixité c'est à dire que par exemple le samedi on a des jeunes on a des gens qui travaillent mais quand c'est en semaine c'est plutôt des personnes âgées des retraités quoi bon c'est sûr que pour se déplacer il faut encore qu'ils aient un peu de mobilité et donc on trouve qu'on a apporté quelque chose et donc du café

43:50
Présentateur

et de la fraternité et du café des journaux et de la fraternité

43:54
Invité

oui bon il y a un kiosque à libre aussi donc mais c'est surtout nous ce qu'on a remarqué c'est surtout de la présence de l'humanité et alors on n'aborde pas on n'aborde pas des sujets extraordinaires dans les conversations mais c'est les sujets d'un milieu rural il y a aussi une base d'échange et d'entraide qui se fait bon qu'il y a trop de légumes ou trop de fruits bon mais là on prend ou bien qu'il y a un problème numérique il y en a qui savent bon voilà

44:31
Présentateur

on va lui filer un coup de main

44:32
Invité

c'est pas des grandes choses mais c'est du basique c'est l'essentiel

44:36
Présentateur

je crois que vous aviez des questions précises à poser à nos invités

44:39
Invité

là tout de suite

44:42
Présentateur

je vais réfléchir moi je voulais dire quelque chose sur l'économie parce qu'il y a des causes il y a l'exode rural il y a le fait de s'émanciper qui ont fait que les villages se sont dépeuplés mais c'est pas que ça il y a quand même des raisons aussi économiques et très fortes il y a aussi les hypermarchés qui se sont qui ont dépeuplé les centres-villes en termes de petits commerces et le fait que du coup les gens ne viennent plus faire leurs courses dans les centres même les petites villes ou les villages et bien ça fait que plus personne n'y habite ça devient des dortoirs c'est aussi ça et il y a une responsabilité majeure quand même de cette nouvelle organisation nouvelle qui commence à dater mais qui est maintenant a pris le pas surtout plus plus il y a de problèmes de fin de mois plus les gens vont en hypermarché donc en réalité ça s'est amplifié c'est quelque chose qui s'est amplifié et je dis ça parce que nous ce qu'on propose dans notre petit livre c'est de dire ces cafés il faut qu'ils soient aidés parce qu'effectivement il y a un problème de modèle économique alors il peut y avoir du bénévolat il peut y avoir de l'engagement mais parfois ça ne suffit pas il faut quand même un petit peu mettre la main à la poche et c'est pas le maire qui est capable de le faire pour plein de raisons parce que bon voilà les petites villes les petits villages ils n'ont pas forcément beaucoup d'argent à pouvoir dépenser et donc la proposition que nous faisons c'est que les hypermarchés mettent la main à la poche oui c'est ça il y a une taxe possible absolument et en fait c'est-à-dire que vous voulez vous voulez lancer avec les écologistes avec Marine Tondelier un grand plan national de sauvegarde des cafés que vous financez avec une taxe payée par les hyper c'est ça absolument une taxe qui existe déjà qui s'appelle le TASCOM et qui est une taxe qui va aux communautés de communes pour tout ce qui est justement bien commun j'allais dire donc c'est une petite taxe et on a dit il faut rajouter une petite partie de cette taxe uniquement pour pouvoir faire en sorte qu'on ait des cafés dans les villages des cafés épiceries aussi parce que parfois aussi ça permet un petit peu et qu'il y a un petit modèle économique qui commence à se mettre en place de manière systémique partout parce que il y a des gens qui formidables qui arrivent à tous se mettre ensemble pour arriver à faire un petit modèle mais ça ne va pas être partout et là il faudrait vraiment revenir à quelque chose où on ne continue pas dans ce sens soit on est en ville d'ailleurs isolée d'une autre manière et surtout avec

47:05
Invité

les livraisons à domicile moi je pense que le problème s'aggrave aussi maintenant en ville puisqu'il n'y a plus de commerce autant qu'avant à cause

47:12
Présentateur

et que ça devienne aussi l'endroit que ça puisse faire aussi un petit peu service public où justement on n'est pas obligé d'avoir une livraison chez soi mais on peut venir le chercher dans ce café et avoir un moment de discussion enfin vous voyez c'est vraiment c'est intéressant ce que vous dites Antoine Pellisolo parce qu'il y a aussi un moment où on déplore évidemment la fermeture des petits cafés mais beaucoup ont fermé parce qu'il n'y avait plus personne qui y allait aussi c'est-à-dire qu'on déplore la solitude alors qu'on s'est nous-mêmes isolés c'est ce que vous dites

47:41
Invité

mais malheureusement c'est les paradoxes humains c'est la facilité de se faire livrer le déjeuner chez soi mais on sait que dans ces cas-là il y aura une souffrance secondaire et il faut reconstruire des choses mais il y a plein d'exemples ce que vous donnez c'est vraiment des bons exemples moi je pense aussi beaucoup pour parler à la fois des jeunes et des plus anciens vous parliez des jeux de cartes moi je vois beaucoup de jeunes dans vos générations qui passent beaucoup de temps à faire des jeux de société maintenant mais vraiment en vrai c'est pas en virtuel et ça je trouve que c'est une bonne manière de redonner envie de se retrouver ça peut être dans les lieux comme ça communs ça peut être les uns

48:16
Présentateur

je voulais aussi parler parce qu'elle m'a fait penser à ça ce que vous avez fait des comités des fêtes moi je sais que je viens d'un tout petit village et on a un comité des fêtes on l'a repris il y a deux ans notamment avec mon papa et avec d'autres personnes du village et de plus en plus en deux ans il y a plein de jeunes qui sont venus et en fait on organise des fêtes donc c'est le retour des balles et on organise des fêtes où il y a tout le village qui vient et aussi des villages alentours etc et on fait vivre aussi le village avec le comité des fêtes et tout après le souci c'est toujours comment on finance aussi ce qu'on fait d'animer les villages mais nous on a réussi à créer un comité des fêtes où il y a et des jeunes c'est vraiment intergénérationnel et on crée des moments où tout le monde peut se retrouver aussi autour de l'emblème du village Jean-François Serres je sens que ça vous inspire

49:06
Invité

oui parce qu'en réalité c'est vrai qu'on va quand même vers une société où tendanciellement on pourrait vivre tout seul chez soi en ayant tout en fait on pourrait se faire livrer on peut se faire soigner on peut consommer de la culture et donc on va quand même vers une société qui est comme ça et parallèlement à ça c'est ça moi qui me donne beaucoup d'espoir en réalité il y a une dynamique qui vient des citoyens eux-mêmes qui reconstruire des formes de convivialité et c'est tout à fait ça mais avec des parfois en se ressécisant en reprenant en fait des associations des clubs des lieux mais il n'y a pas forcément besoin de lieux on peut faire ça les uns chez les autres et donc je veux dire la convivialité

49:53
Présentateur

la salle des fêtes c'est toujours mieux que son salon s'il y a tout le village qui vient danser

49:56
Invité

c'est sûr mais les deux sont complémentaires parce que je veux dire le voisinage et le fait de s'inviter les uns chez les autres c'est aussi des éléments extrêmement importants extrêmement utiles parce qu'on peut avoir la salle des fêtes mais il y a peut-être les trois familles qui ne viennent jamais donc il y a toujours des complémentarités à avoir

50:16
Présentateur

place de village aussi dans les petits villages français il y a ces trucs de place de village nous on a vraiment à chaque fois on investit la place de village et ce qui fait que tout le village entend le son qui vient de la place de village

50:28
Invité

et du village vous faites des repas partagés c'est des choses qui et donc la convivialité vous parliez tout à l'heure de sens d'utilité en fait il y a une contribution volontaire citoyenne dans la convivialité dans la relation interpersonnelle qui est une contribution essentielle en fait à la résilience de la société à faire qu'on fasse société ensemble qu'on soit solide qu'on soit en bonne santé et qu'on soit aussi dans l'invention démocratique et qu'on soit j'allais dire qu'on se ressaisisse en fait de nos vies et on sent ce mouvement et ce mouvement il peut s'essouffler facilement parce qu'en fait il a besoin d'un peu de soutien et c'est pour ça que les politiques doivent être là et c'est pour ça que c'est formidable de parler et que ça devienne un sujet politique

51:19
Présentateur

donc Anne-Souris il va falloir mettre les comités des fêtes aussi sur la liste avec les cafés en fait

51:23
Invité

avec plaisir

51:24
Présentateur

en fait c'est pas exhaustif ce qu'on a fait c'est-à-dire là où il y a besoin de pousser de soutenir quand ça marche nous on accompagne mais voilà on est contents mais la question c'est quand ça ne se passe pas quand dans les facs on a de plus en plus de distanciels et qu'on voit que ça continue ça continue et que s'il ne se passe rien il n'y a aucune raison que ça s'arrête or il y a des étudiants ils arrêtent leurs études parce qu'ils ne peuvent pas continuer comme ça voilà c'est comme ça il y a même moi j'ai vu une première année de fac à Paris où pour faire médecine toute l'année était en distanciel moi je ne sais pas comment pour moi c'est inhumain et on se demande quel genre de médecin ça va mener en service par ailleurs complètement distanciel c'est inhumain voilà donc il faut changer ça ça ne devrait pas être par exemple la loi devrait interdire le fait qu'il y ait des années entières de distanciel pour des étudiants

52:26
Invité

beaucoup d'étudiants je voudrais vous entendre

52:31
Présentateur

Valentin à présent Valentin si vous pouvez saisir un micro celui de Denis par exemple bonsoir Valentin bonsoir Valentin vous avez 41 ans vous vivez près de Paris à Boulogne pardonnez-moi 40 ans 40 ans chaque année compte vous ne les faites pas chaque année compte comme chaque voix compte la vôtre aussi je voulais l'entendre ce soir vous vivez près de Paris à Boulogne-Biancourt et vous êtes la maman d'une petite fille qui a un an et demi maintenant que vous élevez seule vous êtes en reconversion professionnelle on parle de solitude depuis presque une heure maintenant vous vouliez être là pour en parler elle ressemble à quoi votre solitude à vous ?

la solitude au quotidien ou le parcours en général ? à la fois votre quotidien et à la fois à ce que vous ressentez ?

moi ce que je ressens c'est que en tant que maman célibataire la solitude je l'ai rencontrée à partir du moment où j'ai voulu tomber enceinte à partir du moment où on a eu ce projet bébé j'étais en couple depuis 7 ans on était fiancés on allait se marier on voulait un enfant et malheureusement on n'avait pas pu en avoir un naturellement donc comme beaucoup à ma génération on a fait appel aux filles et tout ce traitement-là et dans cette partie-là je voudrais parler de ces solitudes ces moments de solitude en fait qui traversent tout le parcours et dans ces moments-là effectivement moi je me suis sentie très seule face à un système hospitalier qui n'était pas du tout adapté face à un milieu professionnel où on n'adapte pas non plus pour les femmes qui essayent d'avoir un enfant et après donc après 4 années de traitement etc je suis tombée enceinte et donc c'était absolument merveilleux et mais malheureusement du jour au lendemain je me suis retrouvée toute seule j'étais à 4 mois de grossesse et mon fiancé m'a quitté et donc là cette solitude aussi a été très violente totalement inattendue et là moi j'ai découvert ce que c'était d'être seule enceinte et c'était pas mon choix parce qu'il y en a qui le choisissent moi j'avais pas du tout choisi ça et ce que j'ai découvert c'est que moi je vis en ville en l'occurrence c'est pas la campagne mais je pense que l'isolement en fait il est exactement pareil c'est que quand on est enceinte alors quand j'avais une grossesse à risque je pouvais pas vraiment bouger donc l'isolement il est de fait on est isolé il est médical il est médical on est seul face à une énorme peur qui est il y a quand même un risque en fait quand vous êtes enceinte ou vous allez accoucher tous les 4 jours une femme meurt pendant sa grossesse ou à l'accouchement et on est en 2026 je parle de Paris on est pas dans un désert le risque il est là et en fait je trouve que moi je me suis sentie hyper seule pendant toute la grossesse parce que je peux saluer effectivement les associations les PMI mais ça c'est ouvert en semaine c'est pas ouvert le soir c'est pas ouvert le week-end et ensuite la solitude je l'ai connue à l'accouchement parce que j'ai accouché seule pendant 18h qu'il n'y avait pas de voilà aucun moyen j'ai dû payer un taxi ça paraît bête mais il n'y avait pas de moyens de transport économique ça c'est un vrai sujet le transport la mise à disposition de transport pour les femmes enceintes qui d'ailleurs présentent des problèmes ne peuvent pas parce qu'on considère qu'il y a forcément quelqu'un qui va pouvoir les amener parce qu'en fait on considère que c'est normal de voir une femme enceinte c'est comme si c'est un impensé c'est dans l'esprit collectif oui une femme enceinte c'est normal mais en fait ce que moi j'aimerais dire c'est que devenir mère c'est dangereux c'est un investissement on donne la vie au futur de la France sauf que la France moi je me suis sentie totalement abandonnée et je trouve ça on parle de réarmement géographique et j'entends le ton militaire parce que c'est vrai qu'un pays qui perd qui vieillit qui meurt comme le Japon par exemple et donc je ne comprends pas à quel moment où les femmes qui s'investissent autant physiquement psychologiquement et professionnellement parce que évidemment la perte de salaire elle est énorme quand on rentre c'est à dire qu'après votre fille est née et là encore une autre solitude c'est à dire que vous devez vous débrouiller avec votre enfant avec votre boulot et alors effectivement le boulot je me suis dit en fait la solitude professionnelle c'est que j'ai dû le père a voulu se reconnaître l'enfant je tiens à le préciser reconnaître l'enfant et voilà quand il m'a quittée à 4 mois de grossesse pour quelqu'un d'autre il m'a annoncé aussi qu'il voulait quand même reconnaître l'enfant et s'en occuper après l'accouchement donc moi j'avais cette solitude face à la justice parce que je ne savais pas quel était mon avion de maman parce que j'entendais que en fait les mamans étaient séparées de leur bébé de plus en plus tôt aujourd'hui que la garde alternelle était donnée de plus en plus tôt je rappelle qu'en France il est interdit de séparer un chaton de sa maman en fait les premiers mois mais bon nous les mamans voilà moi je me suis retrouvée seule avec aucune certitude aucune instance politique et aujourd'hui que votre fille elle a un an et demi combien de temps pour vous sur une semaine combien de temps est-ce que vous arrivez à vous consacrer à vous quand on est maman solo quand on travaille la question elle est vite répondue comme dirait cette grande intellectuelle j'en ai pas en fait c'est juste comme des millions de femmes et de mamans de pères je me lève quand ma fille se réveille tout dépend de la nuit qu'elle a passée c'est la crèche le métro le boulot je pars à 17h15 pour être à 18h à la crèche et ça c'est un vrai sujet aussi c'est qu'à quel moment vous voulez que les femmes enceintes les femmes qui ont donné la vie les femmes qui ont réarmé la France comment voulez-vous qu'elles se réintègrent socialement si déjà elles ne peuvent pas se réintégrer professionnellement parce que sans boulot pas de boulot pas d'argent pas d'argent pas de relais pas de relais pour nous aider et pas de relais c'est l'exclusion la solitude des femmes celle d'aujourd'hui elle est particulière

58:46
Invité

dans tout ce que décrit Valentin c'est vrai d'abord ça me touche beaucoup donc je veux dire mon amitié est vraiment parce que

58:55
Présentateur

en vrai on a envie de faire un câlin à Valentin

58:56
Invité

oui exactement mais d'ailleurs c'est bien ça parce que vous parliez d'un pensée de cirque en réalité et en même temps ce que je me dis c'est que si face à ce manque que vous avez ressenti on attend que l'institution réponde à tout on ne va pas y arriver moi je trouve que par exemple à l'hôpital il devrait y avoir en fait là je veux dire des équipes citoyennes dans les hôpitaux c'est à dire qu'en fait quand vous êtes une femme enceinte vous devriez avoir une capacité de parler avec quelqu'un qui est là pour vous et évidemment on ne va pas pouvoir payer des infirmières à faire ça c'est pas possible mais par contre cette contribution relationnelle des citoyens qui est une contribution essentielle pour laquelle plein de gens sont prêts à faire ça et qui nécessite d'être soutenus parce qu'évidemment il faut les aider il faut faire en sorte qu'ils soient accueillis il faut articuler ces équipes avec les équipes soignantes pour que ça marche moi je dis il ne devrait pas pas y avoir d'hôpital pas y avoir d'EHPAD pas y avoir d'endroit de soins et d'hébergement sans qu'il y ait partout une équipe de citoyens pour être auprès des gens

1:00:05
Présentateur

et de l'empathie aussi c'est important

1:00:07
Invité

comment ? juste de l'empathie mais c'est ça mais l'empathie elle est apportée

1:00:11
Présentateur

voilà c'est une femme enceinte elle est seule d'accord mais il devrait y avoir aussi une aide plus structurée quand même des services publics parce qu'on a quand même une déshérence des services publics qui fait qu'il y a de moins en moins vous parliez des PMI tout à l'heure alors à Paris on est quand même plus riches qu'ailleurs pour avoir fait des PMI ça c'est quand même clair mais malgré tout on devrait encore plus faire des efforts c'est-à-dire qu'on devrait avoir des PMI vous dites qu'elles ne sont pas ouvertes le week-end il devrait y avoir des sortes d'astreintes d'aides de réflexion et pourquoi pas avoir d'ailleurs quelques bénévoles avec il pourrait y avoir des équipes mixtes mais en tout cas que ça soit repensé comme un service public nécessaire c'est-à-dire que c'est pas seulement un guichet à un moment donné donc je ne dis pas que c'est ça nos PMI parce qu'elles sont quand même on a 86% des familles qui vont dans les PMI parisiennes ce qui est déjà exceptionnel la plupart des villes n'ont pas les moyens de le faire donc je suis surtout je ne suis pas en train de critiquer par les là-dessus mais quand même c'est une réalité et oui vous devriez avoir vous auriez dû avoir une aide au fur et à mesure même de retour chez vous c'est ça le mot de la fin pour le docteur Pellisolo

1:01:17
Invité

je crois qu'il faut voir les choses positivement pour continuer à avancer et donc on a tous envie d'aller vers les autres et je pense qu'il faut oser aller vers les autres je crois que c'est pas le plus dur c'est oser mais même si c'est quelqu'un qu'on sent isolé parce que dans votre situation c'était particulier d'aller vers vous je pense que ça aurait pu venir aussi sûrement du service public et des professionnels mais aussi je pense de la société en général

1:01:42
Présentateur

Osons aller vers les autres Je veux juste dire que vraiment le point commun de tous aux invités c'est que les êtres humains qui réussissent ce n'est pas les plus intelligents les plus forts c'est surtout ceux qui s'adaptent et je trouve que c'est une qualité de bon nombre de gens seuls En tout cas merci infiniment d'être venus tous ce soir faire cette petite foule sentimentale sur le plateau de Chaque Voix Compte merci à vous chez vous de nous avoir suivis cette émission est rediffusée à 23h30 tout à l'heure et vous la retrouvez aussi en replay à tout moment sur lcp.fr et france.tv merci à tous les trois aussi d'être venus répondre à notre public si vous souhaitez vous aussi assister à l'émission oui participez vous pouvez flasher le QR code qui va s'afficher je vous attends soyez les bienvenus lundi vous avez rendez-vous avec Francis Letellier pour l'indice et politique à 19h30 son invité sera Jean-Pierre Farandou c'est le ministre du travail et des solidarités j'espère qu'il aura regardé notre émission les amis chaque voix contre vient mardi en direct à 19h30 passez une belle fin de semaine à mardi à 19h30