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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 4 novembre 2013 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheImmigration & asile

Vincent Peillon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteÉludée

    Votre commentaire sur la consultation des parents d'élèves sur les rythmes scolaires ?

  • 3:09RelanceRéponse partielle

    La fatigue des enfants est-elle un fantasme de parents selon vous ?

  • 5:00FerméeRéponse partielle

    Pour ce qui vous concerne au ministère, vous ne vous faites aucun reproche dans la mise en œuvre de cette réforme ?

  • 6:08FerméeRéponse directe

    Renoncerez-vous à appliquer cette réforme à la rentrée 2014 ?

  • 7:06OuverteRéponse directe

    Que dites-vous aux lycéens mobilisés contre les expulsions d'élèves étrangers scolarisés ?

  • 8:11RelanceRéponse directe

    Le gouvernement ne bougera pas sur les règles concernant les expulsions de familles avec enfants scolarisés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20PrésentateurChiffre
    « plus de 17 000 auditeurs internautes ont répondu à la consultation lancée par France Inter »
  • 0:20PrésentateurChiffre
    « On compte autour de 70% d'insatisfaits pour l'essentiel à cause de la fatigue des enfants et de la faible qualité des activités périscolaires »
  • 1:08Invité politiqueChiffre
    « Cette réforme concerne, vous le savez, à cette rentrée déjà plus d'un million d'élèves »
  • 1:11Invité politiqueChiffre
    « 2000 villes ont connu, village en réalité, des difficultés depuis la rentrée »
  • 1:26Invité politiqueChiffre
    « Deux communes ont fait marche arrière »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Nos remontées, y compris venant des professeurs, c'est que, comme on pouvait s'y attendre, c'est mieux pour apprendre à lire et écrire, compter le mercredi matin qu'à 16h tous les jours »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « nos enfants, les élèves, ont de plus en plus de mal à apprendre »
  • 3:13PrésentateurFait
    « La fatigue des enfants, ce qui revient dans beaucoup de témoignages »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Les chronobiologistes et l'Académie de médecine l'ont montré, puisque quand vous avez des ruptures, la reprise fait de la fatigue »
  • 5:28Invité politiqueChiffre
    « Nous remettons 400 postes cette année, c'était 400 détruits l'année dernière »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « On ne peut pas être le seul pays où il y a 144 jours de classe, des journées de 6 heures, ça ne sert à rien »
  • 7:36PrésentateurChiffre
    « C'est 120 ou 150 expulsions par an »
  • 9:17Invité politiqueChiffre
    « elle se compte en réalité sur les doigts de la main »

Temps de parole

  • Vincent Peillon78 %
  • Présentateur22 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen. Bonjour Vincent Péillon. Bonjour Patrick Cohen. Les semaines passent et les parents d'élèves continuent de se plaindre des nouveaux rythmes scolaires. Vous l'avez entendu à 8 heures, en un peu plus de 15 jours, plus de 17 000 auditeurs internautes ont répondu à la consultation lancée par France Inter. On compte autour de 70% d'insatisfaits pour l'essentiel à cause de la fatigue des enfants et de la faible qualité des activités périscolaires. Votre commentaire ?

0:29
Vincent Peillon

Bon, d'abord mon commentaire sur la forme. Je ne veux pas commenter cette consultation parce que je considère que méthodologiquement, je l'ai vu, on pouvait voter 20 fois, il y a eu des appels sur internet par un certain nombre de groupes qui sont très opposés, à commencer par l'UMP à cette réforme, et donc je veux qu'on traite le sujet au fond. En dehors de ces chiffres qui ne me semblent pas donner une vision objective.

0:52
Présentateur

Il y a les chiffres et puis il y a les commentaires aussi sur le site, avec des témoignages de parents, etc. On en entendra tout à l'heure quelques-uns au téléphone. La contestation existe, Vincent Péon.

1:02
Vincent Peillon

Vous ne pouvez pas la nier. Cette réforme concerne, vous le savez, à cette rentrée déjà plus d'un million d'élèves. Elle s'est mise en place dans 4000 villes. 2000 villes ont connu, village en réalité, des difficultés depuis la rentrée. Cette réforme n'est mise en oeuvre que depuis un mois. Donc dans la moitié des villes, il y a eu des difficultés ? Non. 4000 communes sont passées au nouveau rythme à la rentrée. Deux communes ont fait marche arrière. Et dans un certain nombre de villes, il y a des problèmes pour ce qui concerne le périscolaire, c'est-à-dire les activités après l'école. Parce que je vais parler aussi de l'école. Le but, c'est quand même l'école qui suppose des adaptations.

Mais imaginez, on veut faire un bilan, il va avoir lieu. Nous sommes en train de le faire. L'Association des maires de France de son côté, le comité de suivi dans lequel les parents d'élèves sont représentés, qui rendra ses travaux en décembre. On ne peut pas faire un bilan d'une réforme aussi importante au bout d'un mois. Il faut se donner un peu plus de temps. Car vous avez vu, ce sont des changements d'habitude profonds. Maintenant, le premier bilan. Un, pourquoi fait-on cette réforme ? Pour qu'il y ait du meilleur temps scolaire. Et donc, il faut parler, on n'en parle pas assez, du scolaire. C'est le temps du mercredi matin. C'est ce qui permet de mieux apprendre.

Nos remontées, y compris venant des professeurs, c'est que, comme on pouvait s'y attendre, c'est mieux pour apprendre à lire et écrire, compter le mercredi matin qu'à 16h tous les jours. Et donc, tout le monde reconnaît que cette réforme est utile à l'apprentissage des enfants. C'est le grand sujet français. Car, comme vous le savez, nos enfants, les élèves, ont de plus en plus de mal à apprendre. Et puis, ça suppose, deuxièmement, de se réorganiser souvent en fin de journée. Ce n'est plus la scolarité. Ce n'est plus le temps obligatoire de l'école. Ce sont des activités après l'école.

Et c'est là qu'on voit qu'il y a des problèmes d'adaptation dans un certain nombre d'endroits, parce qu'on met le doigt sur une faiblesse française. C'est-à-dire, précisément, le peu d'offres éducatives, je vais dire plutôt que scolaires, qui existaient. Problèmes de locaux, problèmes d'animateurs, problèmes de transition. Ces problèmes, dans 95% des cas, sont en train de se résoudre localement. Et nous voyons bien que ça permet à la fois un meilleur temps scolaire, et puis davantage d'activités éducatives pour des enfants qui, très souvent, n'en avaient pas.

3:09
Présentateur

Pour bien apprendre, il faut être bien éveillé ou bien concentré. La fatigue des enfants, ce qui revient dans beaucoup de témoignages, et dans cette consultation de France Inter, la fatigue des enfants, c'est un fantasme de parents, Vincent Bayon ?

3:23
Vincent Peillon

Chaque année, nous avons la fatigue des enfants après les grandes vacances. Les chronobiologistes et l'Académie de médecine l'ont montré, puisque quand vous avez des ruptures, la reprise fait de la fatigue. Là, nous n'avons pas davantage de fatigue, elle existe, mais nous avons quand même une réorganisation des temps. Exemple, si le mercredi matin, nous allons à l'école, il faut évidemment qu'il y ait des pratiques le mardi soir qui sont différentes de celles qui étaient. Maintenant, s'il y a... Oui, ça peut être la faute des parents, alors. Ça suppose de se réorganiser.

Vous savez, je voyais là, sur votre écran, Luc Ferry, qui est un ancien ministre de l'Éducation nationale, qui avait dit, si on veut réussir cette réforme que tout le monde souhaitait, puisqu'elle est de simple bon sens, elle est dans l'intérêt des enfants. Et c'est tout à fait fondamental. C'est ce qu'a dit, d'ailleurs, un chroniqueur de votre radio, Marcel Ruffeau, on ne le fait pas pour les parents, cette réforme. On le fait pour les élèves. Ça, c'est très, très important. On ne le fait pas pour les professeurs. On le fait pour les élèves. Alors, il faut que toutes les bonnes volontés s'expriment.

Celle des professeurs, celle des collectivités locales, celle des animateurs et aussi celle des parents. Mais comment voulez-vous qu'une réforme qui consiste précisément à donner un meilleur temps scolaire puisse être une réforme qui est plus fatigante ? Ça va être un temps mieux réparti. La pause de milieu de semaine pose des problèmes. Et ça va être, deuxièmement, des journées plus courtes.

Alors, s'il y a des endroits où la mise en œuvre locale pose problème, parce que c'est nouveau, et donc qu'on a mis trop d'activités, qu'on a mal organisé les temps de transition, il y a eu des problèmes en maternelle que je reconnais qu'on est en train de regarder, et par exemple, des temps de sieste interrompus. Il faut arrêter. Ça n'est pas dans la réforme. C'est la mise en œuvre. Et ça relève évidemment de l'intelligence des acteurs locaux.

5:00
Présentateur

Je ferai un certain nombre de recommandations. Pour ce qui vous concerne, vous, au ministère, je ne parle pas des maires et de l'action des municipalités, pour ce qui vous concerne, vous ne vous faites aucun reproche dans la mise en œuvre de cette réforme, Vincent Payon.

5:11
Vincent Peillon

Je me fais en permanence des reproches, je vous rassure, et j'ai des scrupules, mais je veux que les enfants de France, c'est le grand problème, dans 5 ans ou 10 ans, puissent avoir de meilleurs résultats scolaires, et en particulier les 20 ou 25% qui sont en grande difficulté. Je vais tout à l'heure en Seine-et-Marne. Nous remettons 400 postes cette année, c'était 400 détruits l'année dernière. Nous sommes en train de refaire les programmes. Nous venons de créer, personne n'en parle, le service public du numérique éducatif. Il ouvre à cette rentrée, en particulier pour les enfants en difficulté, les CP.

Nous changeons, vous le savez, les programmes, avec le Conseil supérieur, des programmes. Nous formons à nouveau les professeurs. Nous titularisons ceux qui accompagnent les enfants en situation de handicap. Et de la même façon, nous donnons du meilleur temps scolaire. C'est peut-être la seule réforme qui suppose que tous les adultes aillent dans le même sens. Les autres, on se dit, ils s'en occupent tout seuls. Là, chacun doit se saisir de cette affaire. C'est dans cette cohérence globale qu'il faut mettre cette réforme,

6:04
Présentateur

et il faut mesurer qu'elle est importante. Qui sera appliquée partout à la rentrée de 2014,

6:08
Vincent Peillon

vous ne renoncerez pas ? Il le faut, je ne renoncerai pas. Et nous ne devons pas renoncer. Ce n'est pas personnel. Il faut que la France le comprenne à un moment donné. C'est nous devons tous nous unir autour de nos enfants. Quand on dit depuis 10 ans ou 15 ans, le niveau scolaire est de plus en plus mauvais. Les inégalités augmentent. C'est notre responsabilité à tous. Et c'est notre responsabilité car tout le monde sait ce qu'il faut faire. On ne peut pas être le seul pays où il y a 144 jours de classe, des journées de 6 heures, ça ne sert à rien. Donc, il y a des changements très structurels à apporter. Nous allons faire aussi, vous le savez, cette année, revoir le métier de professeur.

J'ai revalorisé déjà les professeurs des écoles. Et l'éducation prioritaire. J'annoncerai en janvier les réformes. Ça concerne 20% des élèves. Nous devons nous unir autour de notre école et avoir le courage de certaines grandes réformes.

6:51
Présentateur

On y reviendra tout à l'heure. Vous serez interpellé par des auditeurs d'Inter au 01 45 24 7000. C'est la rentrée scolaire aujourd'hui avec des syndicats lycéens qui n'ont pas oublié l'affaire Léonarda et qui appellent à nouveau à la mobilisation contre les expulsions de jeunes étrangers scolarisés. Que leur dites-vous, Vincent Péon ?

7:08
Vincent Peillon

Je leur dis que leur émotion légitime a été entendue. Et comme vous le savez, je l'avais souhaité, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont rédigé une circulaire qui sanctuarise l'école

7:22
Présentateur

et le périscolaire dont on parle. Oui, mais eux réclament la sanctuarisation de la scolarité. C'est-à-dire qu'on ne puisse pas expulser des familles dont les enfants sont scolarisés.

7:33
Vincent Peillon

Nous sommes...

7:34
Présentateur

Ce qui représente assez peu de monde en France. C'est 120 ou 150 expulsions par an. Très peu de cas.

7:40
Vincent Peillon

Et nous y veillons avec beaucoup d'humanité et je le fais en toute première ligne. Souvent en coordination étroite avec le ministre de l'Intérieur. Donc je demande aux lycéens de faire attention à cette générosité qui est la nôtre. Nous avons compris cette émotion. Ce matin, il y avait 4 ou 5 lycées sur toute la France dans lesquels des mouvements pouvaient avoir lieu. Il ne faut pas empêcher quand on veut la scolarisation des enfants ses autres camarades d'être scolarisés. Donc pas de violence, pas de blocus. Je demande aux uns et aux autres d'être cohérents. Et je crois que l'émotion qui était la leur a été entendue.

8:11
Présentateur

Mais vous n'irez pas plus loin dans les règles concernant les expulsions de familles avec des enfants scolarisés ?

8:18
Vincent Peillon

Nous sommes...

8:19
Présentateur

Le gouvernement ne bougera pas ?

8:20
Vincent Peillon

Non, nous sommes d'une extrême générosité et tant mieux. C'est la tradition de la France. Nous traitons cas par cas. Il peut y avoir. Il y en a eu un ou deux. Je le reconnais. Nous sommes d'ailleurs intervenus. Des difficultés par moment. Des maladresses. Elles ont été corrigées. Elles doivent l'être. Et nous éviterons que ça se reproduise. Mais nos procédures, le respect du droit, l'accueil de ceux qui en ont besoin, l'école ouverte à tous. Vous savez, nous par exemple, pour ce qui concerne les enfants roms, nous les accueillons. La scolarité en France, elle est ouverte à tous. Sans demander l'origine, la nationalité. D'où la contradiction.

8:55
Présentateur

C'est notre tradition. On ouvre l'école à tous les enfants, mais ils sont expulsables si leurs parents le sont.

9:01
Vincent Peillon

Mais, alors, il faudrait revenir sur un principe qui est celui du regroupement familial ou de la séparation des familles. Dès lors que les enfants sont mineurs, que les parents se sont mis en situation illégitime, lorsqu'ils ont épuisé toutes les voies de recours, alors la question se pose. Mais comme vous l'avez fort bien rappelé vous-même, elle se compte en réalité sur les doigts de la main et chaque fois, nous veillons à ce que ça se passe avec le plus d'humanité possible. Dans le cas de Léonarda, il n'y a quand même pas eu, vous l'avez vu, de violences majeures. Il y avait même un associatif des réseaux d'éducation sans frontières qui était présent au téléphone. Mais l'émotion a été là.

C'est bien la preuve que nous sommes un grand pays des droits de l'homme. Demeurons-le.

9:37
Présentateur

Vincent Péion, ministre de l'éducation, avec nous jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve tout à l'heure avec d'autres questions d'actualité. Au revoir.