Nathalie Loiseau sur une liste étudiante d'extrême droite : "c'est l'arroseur arrosé", ironise Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Y a-t-il un droit à l'oubli lorsqu'on est responsable politique ?
Oui bien sûr, en ce qui concerne, vous faites allusion, je l'imagine, à Nathalie Loiseau. Mais s'il y a un droit à l'oubli, s'il y a un droit à l'amateurisme, il n'y a pas de droit à l'insincérité. Et c'est le problème de Mme Loiseau, parce que ces déclarations où c'est de l'amateurisme, elle nous dit, je suis rentré, il y avait de la lumière, je me suis inscrit sur une liste d'extrême droite. À Sciences Po, les gens sont suffisamment informés pour savoir un petit peu où ils mettent les pieds. J'ai rendu service, un petit peu comme le logeur Jawad, qui a rendu service sans savoir qui il hébergeait. Donc ça, c'est de l'amateurisme. Ou alors c'est de l'insincérité.
Et Mme Loiseau construit un discours en disant, je suis le rempart à l'extrême droite, en voulant cacher son passé, en voulant le masquer. Et ça en dit long sur ses convictions, son absence peut-être même de convictions. Et moi, ça, ça me gêne que Mme Loiseau se soit pris les pieds dans le tapis lorsqu'elle avait 20 ans et qu'elle ait ensuite fait un parcours qui n'ait rien à voir avec cette association, le GUD ou avec ces engagements-là. Moi, je n'ai jamais été au GUD, voyez-vous. Mais moi, j'ai été à l'UMP. Je l'assume. On a le droit de faire des erreurs dans la vie. Et je n'avais même pas 20 ans en plus.
Mais la sincérité de l'engagement, la sincérité de la parole publique, je crois qu'elle est importante. Et pour le cas, Mme Loiseau s'est largement emmêlé les pinceaux.
Vous critiquez ces propos, Sébastien Chenier. Je vous propose justement qu'on l'écoute, qu'on écoute un tel oiseau et la façon dont elle se justifiait hier sur France Info de cette présence sur une liste d'extrême droite à Sciences Po il y a 35 ans.
Avoir figuré sur une liste où il y avait des gens d'extrême droite, c'est une vraie connerie. C'est une erreur de jeunesse. Je le regrette. Je suis arrivée sur cette liste amenée par quelqu'un qui était gaulliste et qui proposait qu'il y ait du pluralisme à Sciences Po et qu'il y ait plus de femmes qui se présentent. J'aurais dû enquêter, j'aurais dû regarder, quitter les autres colistiers. Je ne les connaissais pas, je ne les fréquentais pas, je ne les ai jamais revus.
Elle n'est pas sincère quand elle admet effectivement une connerie de jeunesse, pour reprendre ces termes ?
Non mais d'abord, elle a commencé par dire que tout ça n'a pas existé. Non, elle a dit qu'elle ne s'en souvenait pas, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Après, la deuxième sortie, elle nous a dit qu'elle ne s'en souvenait pas, puis elle reconnaît. Tout ça n'est pas gravissime en soi. Madame Loiseau a eu le droit d'avoir des engagements qu'elle n'a pas poursuivis après. Tout ça n'est pas très grave. Mais qu'elle ne vienne pas nous dire quel est le meilleur rempart contre l'extrême droite, qu'elle ne vienne pas nous raconter un roman après. Madame Loiseau a eu le droit d'avoir des inclinaisons lorsqu'elle était jeune.
Je ne vois pas en quoi cela est condamnable, même si moi je le rappelle, le GUD ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. Mais en revanche... Il y a pourtant d'anciens dirigeants du GUD qui sont aujourd'hui dans l'entourage très proche de Marine Le Pen. Non, qui sont aujourd'hui par exemple qui ont été ministres, comme M. Novelli, M. Gouesgen, etc. Je crois que ces gens-là venaient d'ordre nouveau et de GUD. Je pensais à M. Chatillon, notamment dans l'entourage de Marine Le Pen, un ancien patron du GUD. C'est pour ça que c'est ma tasse de thé. Ils sont nombreux dans l'entourage de Mme Loiseau. Mais pas plus visiblement qu'au gouvernement, puisqu'on retrouve Mme Loiseau.
Il y a des gens qui ont eu des parcours... Elle n'a pas dirigé le GUD, M. Loiseau. Non, mais elle a été candidate pour une émanation du GUD. Elle a eu un parcours. Il faut simplement, je crois, dans la vie politique, assumer ce qu'on a... Parce que vous savez, ce sont ces gens-là qui nous font sans arrêt les procès en fake news. On leur dit quelque chose, ils nous disent fake news. Le problème, c'est que Mme Loiseau, c'est l'arroseur arrosé. Et oui, elle a eu cet engagement. Et alors, elle a le droit de l'avoir eu. Il suffisait simplement de le dire aux Français, plutôt que de se lancer dans un discours absolument peu crédible, et qui, encore une fois, affaiblit beaucoup.
Aujourd'hui, sa parole publique est en position de Mme Loiseau.
Justement, en quoi est-ce que sa présence sur une liste, il y a 35 ans, affaiblie aujourd'hui sa parole publique, quand elle dit qu'elle s'oppose en principale adversaire au Rassemblement National ? Quand vous, il y a encore 5 ans, quand vous étiez encore à l'UMP, vous militiez contre toute forme d'alliance et d'entente avec le Front National ?
Mais moi, voyez-vous, j'ai toujours assumé le fait d'avoir été non seulement à l'UMP.
Mais ça ne dévalorise pas votre parole aujourd'hui, quand vous défendez le Rassemblement National ?
Mais du coup, je me suis dit, j'ai fait un choix très clair, qui était celui de quitter l'UMP, parce que d'abord, je pense que l'UMP, à l'époque, aujourd'hui, les Républicains ne parlaient plus, ils ne défendaient plus l'intérêt national, ne parlaient plus de la France. Et je pense que de l'autre côté, le Rassemblement National, qui était à l'époque encore le Front National, avec l'arrivée de Marine Le Pen, a éminemment changé. Moi, c'est vrai que je ne m'étais pas engagé sous Jean-Marie Le Pen. Et c'est vrai que je l'avais même combattu. L'arrivée de Marine Le Pen a quand même énormément changé les choses. Ce changement, vous l'avez fait en cinq ans, Sébastien Cheneu.
Ça ne décrédibilise pas votre parole aujourd'hui. Ça se fait en beaucoup plus longtemps que ça. Et mon premier vote, il était contre Maastricht. Donc il y avait un engagement.
Ce n'est pas vieux, 2014, vous souteniez Bruno Le Maire, qui est aujourd'hui ministre de l'économie. Vous souteniez Bruno Le Maire dans la campagne interne à l'UMP.
Vous savez, j'étais à l'UMP, j'étais même assez discipliné. Et d'ailleurs, je pense que c'est cette discipline, ce conformisme, parfois même cette lâcheté qui fait que lorsqu'on est dans un parti politique, on finit par tout accepter jusqu'à l'inacceptable. Et puis il y a un moment où on se réveille, ou alors on ne peut jamais se réveiller. Et moi, je me suis réveillé, pourquoi ? Parce que j'ai trouvé en Marine Le Pen un leader qui non seulement défendait par-dessus tout l'intérêt national, mais qui était authentiquement républicaine.
C'est un aller sans retour, Sébastien Chenu, où vous pourriez à nouveau un jour quitter le Rassemblement National
pour revenir à la droite. Non, je vous remercie. D'abord, moi je ne sais plus aujourd'hui quand je vois ce qu'est la droite et ce qu'est la gauche. Je ne suis pas sûr de me définir comme étant un homme de droite aujourd'hui. Je crois que j'ai une conscience sociale plus forte que les Républicains. Lorsque j'entends le discours des Républicains, on aura peut-être l'occasion d'y revenir. Je pense que ça manque cruellement, quelque part, de générosité, de conscience sociale, de capacité à parler de ce qui est la solidarité nationale. Et je retrouve cette conscience sociale dans le Rassemblement National. Et je ne suis pas un conservateur. Or, quand j'entends M.
Bellamy, j'ai le sentiment d'entendre un leader du Tea Party américain.
Vous vous rappeliez à l'instant que vous n'auriez pas rejoint le Front National du temps de Jean-Marie Le Pen. Je ne l'ai pas fait. La semaine dernière, Jean-Marie Le Pen a quitté le Parlement européen et Marine Le Pen lui a rendu un vibrant hommage. Elle a souligné qu'elle ne pouvait que lui tirer son chapeau pour l'ensemble de sa carrière et de ses combats.
Vous aussi, vous lui dites... Oui, c'est-à-dire qu'avec le recul, on se dit quand même que Jean-Marie Le Pen a fait les analyses les plus pertinentes il y a déjà bien longtemps. Mais moi, vous savez, quand je pense... Vous venez nous expliquer que vous avez toujours refusé le Rassemblement National.
Je pose juste ma question, si vous le permettez. Vous avez toujours refusé d'adhérer au Front National quand il était dirigé par Jean-Marie Le Pen, que vous avez fait le choix de le rejoindre quand Marine Le Pen a pris la présidence. Et là, vous nous dites que Jean-Marie Le Pen a toujours été visionnaire.
Je dis qu'il a fait les bonnes analyses avec le recul. Pourquoi vous l'avez partagé plus tôt ? D'ailleurs, avec le recul, je viens de vous dire. En fait, vous regrettez donc de ne pas l'avoir rejoint plus. Non, je vais vous expliquer pourquoi. Force est de constater. Et d'ailleurs, je crois que beaucoup de gens dans la classe politique disent que Jean-Marie Le Pen a dit des choses tout à fait justes il y a fort longtemps. Bon, il n'empêche que Jean-Marie Le Pen... Qu'est-ce qu'il a dit juste avant tout le monde ? Notamment sur la stimulation migratoire.
Je pense qu'il a eu cette vision du monde qui montrait qu'effectivement, si le projet de société que nous sommes en train d'y vivre, c'est le déménagement de l'Afrique vers l'Europe, alors ça posera un problème de civilisation. Je ne crois pas au grand emplacement. Je crois simplement qu'il y a un problème migratoire très fort et que l'Europe, par exemple, et la France, dans un autre exemple, ne sont pas capables de le gérer. Pour terminer sur Jean-Marie Le Pen, vous savez, ça me fait souvent penser à cette citation. Il me fait souvent penser à cette citation de Louis Aragon. Ni un exemple, ni une excuse.
Et je pense que lorsqu'on veut être à peu près juste sur les leaders politiques, il faut repenser à cette belle citation de Louis Aragon qui permet d'équilibrer les choses.
Stéphane Milhomme pour le tour de l'actualité à 8h40 et on se retrouve juste après Sébastien Chaudu pour la suite de cet entretien.
Accélérer le développement des véhicules autonomes en France, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a dévoilé ce matin sur France Info un plan de 16 expérimentations. Il vise à faciliter l'utilisation de ces véhicules électriques sans conducteur en France, en ville, mais aussi dans des zones rurales quand les habitants n'ont pas d'alternative à la voiture, aux transports en commun, avec un test, par exemple, pour trois villages dans le département de l'Abre. Jean-Luc Mélenchon lance un appel à la création d'une fédération populaire. Le leader de la France Insoumise défend ce matin dans Libération l'idée de cette fédération construite sur la base de son programme.
Elle rassemblerait la gauche en vue des prochaines élections après le scrutin des Européennes. Au Sri Lanka, le bilan passe ce matin à 359 morts et toujours des centaines de blessés. Le groupe Etat islamique a revendiqué hier les attaques de dimanche dernier. Le Premier ministre Sri-Lankais, lui, n'exclut pas de nouvelles attaques. Les hôpitaux parisiens, face au secret médical, quand ils soignent des gilets jaunes blessés, le Canard Enchaîné publie maintenant des preuves, des documents. Les données médicales de ces manifestants sont bien inscrites dans un fichier.
La semaine dernière, à PHP, les hôpitaux de Paris rejetaient les accusations de fichage de données médicales de ces manifestants blessés. Mais ce n'est pas encore en Ligue 1. Les footballeurs mausélans ont quitté les Grenobles hier soir sur un match nul, un partout. Encore un petit effort pour les Messins avec un déplacement après-demain chez le Red Star, la lanterne rouge du classement.
Toujours avec le député et porte-parole du Rassemblement National, Sébastien Chenu, vous venez de dire il y a quelques instants que François-Xavier Bellamy, le candidat des Républicains aux Européennes, avait tout d'un candidat du Tea Party américain, c'est-à-dire ?
C'est le modèle de la conservation, de la conservation égoïste. C'est un peu la droite patrimoniale qui veut que rien ne change. Or, moi, je me suis engagé en politique justement pour faire changer les choses, y compris d'ailleurs en ce qui concerne l'Union Européenne. On a un candidat ce n'est pas un reproche. Il a tout à fait le droit de défendre ce modèle-là. Mais moi, je ne suis pas un conservateur.
C'est-à-dire que c'est un ultra-conservateur, François-Xavier Bellamy ? Sur quel point précisément ?
Je ne suis même pas sûr qu'il faille ajouter ultra. Je viens de vous le dire, par exemple, sur la capacité à faire bouger le modèle social français, à faire évoluer les dispositions internationales, les traités, etc.
Sur les questions de société également,
sur l'IVG, sur le mariage pour tous. Mais vous savez...
C'est-à-dire qu'il est plus à droite que vous, plus conservateur que vous ?
Mais encore une fois, être plus à droite, je ne sais pas trop ce que ça veut dire dans le cas présent. Être plus conservateur, je le vois bien. François-Xavier Bellamy...
Il est plus conservateur que vous sur les questions de l'IVG,
du mariage pour tous ? Probablement. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? C'est prise de position. Sur l'IVG, on a vu en tout début de campagne qu'il avait rappelé qu'à titre personnel, il était défavorable à l'IVG. Moi, à titre personnel, et ça tombe bien, c'est exactement la position de notre mouvement, j'y suis favorable. Voyez-vous ? Donc, il y a là, évidemment, quelque chose qui nous différencie. Mais ce sont ses convictions. Le mariage entre tous ? Chacun connaît exactement le combat que je menais et à lequel je suis attaché. Mais c'est lui de votre parti. Quelle est la position du parti aujourd'hui ? La position de Marine Le Pen est toujours la même là-dessus et je crois que...
Et moi, elle me va bien, c'est-à-dire les mêmes droits au couple, quels qu'ils soient, mais qui ne s'appellent pas forcément le mariage. C'est-à-dire que c'est une position pragmatique. Donc, elle est contre le mariage pour tous ? Oui, mais on permet le transfert de bail, la reconnaissance devant une autorité, l'héritage, tout ce qui permet de vivre au quotidien pour un couple doit pouvoir exister, c'est-à-dire un paxe amélioré qui ne peut ne pas s'appeler le mariage. Et moi, je suis... C'était ce qui nous différençait d'ailleurs.
Pourquoi est-ce que c'est ce nom qui vous choque ? Ce n'est pas conservateur ? Non, ce n'est pas une histoire de nom. D'être choqué parce qu'on attribue le nom de mariage à cette figure-là ?
Non, ce n'est pas une histoire de nom. C'est lié à la filiation. Parce que le mariage apporte un certain nombre de possibilités liées à la filiation. Or, vous savez, et ça, moi, je l'avais écrit à l'époque, il y a très longtemps, y compris lorsque je défendais l'ouverture des mêmes droits à tous les couples... Parce que vous aviez co-fondé l'association Guélie. J'avais écrit qu'en revanche, le point, non pas de rupture, mais en tous les cas de difficulté, c'était sur la filiation. La capacité pour un enfant à venir à avoir accès à ses origines, père, mère, etc.
Or, le mariage permet un certain nombre de droits sur la filiation qui, aujourd'hui, on le voit avec le débat qui va s'ouvrir sur la PMA ou sur la GPA, peut-être un moment, ne va pas dans le sens qui, moi, me semble être l'intérêt supérieur de l'enfant. Je ne parle pas de la capacité d'élever un enfant. La parentalité, c'est autre chose. Quel que soit son choix de vie ou sa vie personnelle, on peut très bien élever un enfant. En revanche, je pense qu'il est du rôle de l'État de protéger un enfant à venir et donc de lui donner l'accès à ses origines. Concrètement, demain, le RN au pouvoir, vous supprimez le mariage pour tous.
Aujourd'hui, nous transformerions probablement son statut pour permettre aux couples de même sexe d'avoir toujours exactement les mêmes droits, mais que ça ne s'appelle peut-être pas le mariage, effectivement. Et vous laisseriez les couples qui se sont déjà mariés ? Non, évidemment, mais... Bien sûr, je pense qu'on les laisserait. Il n'y a pas de difficulté. La loi n'est pas rétroactive, vous le savez bien. Mais je pense que ces débats reviendront devant nous. On en reparlera. Ça méritera qu'on en reparle. Ce sont les questions de société. Elles mettent du temps à être digérées par les partis politiques plus que par les Français.
Vous critiquez à l'instant le mot conservatisme porté à vos yeux par François-Xavier Bellamy. C'est un gros mot, en quelque sorte, le conservatisme. Vous êtes hostile.
Je ne vais pas critiquer. Je ne vais pas critiquer. Je vous ai même dit que François-Xavier Bellamy a tout à fait le droit d'être conservateur. Moi, je ne me suis pas engagé en politique sur ce modèle de la conservation.
Parce qu'il y a quelqu'un qui a dit la semaine dernière dans une interview qu'elle avait des points communs en matière de conservatisme avec François-Xavier Bellamy. C'est Marion Maréchal. Et alors ? Quel est le problème ? Et à l'inverse, elle a expliqué que le populisme électoral, qui est la stratégie de l'Assemblée nationale, était une impasse.
D'accord, mais Marion Maréchal a tout à fait le droit d'avoir une analyse politique. Elle ne fait pas de politique active en tant que telle. Elle ne se présente pas devant les électeurs. Elle ne vient pas proposer
de faire des leçons
quand on est un pied en dehors. Je ne crois pas que ce soit facile. Elle fait vivre une famille de pensées. Elle fait vivre des idées. Quelle est la famille de pensées de Marion Maréchal ? C'est celle du conservatisme. Celle-ci, qui est peut-être plus proche de François-Xavier Bellamy, effectivement, sur ces points-là. Et alors, quel est le problème ? Je crois qu'on a quand même le droit de faire vivre le débat. Elle explique que vous faites fausse route. Non, ce n'est pas ce qu'elle dit. Parce que moi, j'ai lu son interview dans Valeurs Actuelles.
Et évidemment, au-delà de ce positionnement sémantique sur le conservatisme, on voit bien que toutes les propositions que nous faisons sont soutenues par Marion Maréchal.
Vous voulez dire qu'elle est quand même plus proche aujourd'hui de la droite type François-Xavier Bellamy que du Rassemblement National de Marine Le Pen ?
Eh bien, je vais vous dire, je crois que ça ne se passe pas comme ça. Je pense que c'est M. Bellamy qui s'est beaucoup rapproché de ce que défend Marion Maréchal depuis assez longtemps. On a découvert M. Bellamy. Et je crois surtout que c'est M. Wauquiez, et il ne s'en était pas caché, qui a tenté, de venir marcher sur les plates-bandes du Rassemblement National. Son erreur d'analyse, c'est de ne pas avoir compris que nous, ce que nous défendons, c'est aussi une vision sociale de notre pays. François-Xavier Bellamy,
dont vous dites qu'il s'est rapproché de vos positions, il était en meeting hier soir, et lui, au contraire, il attaque une forme de contradiction entre vos prises de position à Paris et vos votes au Parlement européen de Strasbourg. On l'écoute. Il faut une stratégie européenne pour défendre l'ensemble de nos frontières. Et nous ne sommes pas de ceux qui, comme le Rassemblement National, ont voté au cours des dernières années. Contre tout ce qui pouvait nous renforcer dans la lutte contre le défi migratoire. Contre tout ce qui pouvait nous permettre de maîtriser mieux nos frontières.
Le renforcement de Frontex, la création de postes de garde frontières, mais aussi la création du fichier PNR pour lutter contre le terrorisme, le transfert d'informations sur les passages aériens. Tout ça, les eurodéputés du Front National puis du Rassemblement National ont voté contre.
Oui, bien sûr, parce que tout ça est d'une inefficacité au mieux totale et au pire, en ce qui concerne le PNR, c'est la capacité à se mettre dans la main de puissance américaine.
Frontex n'est pas efficace.
Non, Frontex n'est pas efficace. Non, Frontex n'est pas efficace, mais vous savez, à partir du moment où on défend, nous, l'idée d'avoir des frontières nationales, Frontex nous semble absurde en réalité, ou en tous les cas au mieux inefficace. M. Bellamy fait la leçon. Ok, très bien. Mais moi, j'aimerais comprendre deux choses. D'abord, que défend M. Bellamy ? Sincèrement, je crois que si quelqu'un a compris la vision des Républicains en ce qui concerne l'Europe, eh bien, il sera très doué. On ne sait plus ce que ces gens-là défendent. Mais si M.
Bellamy veut parler des votes des Républicains, parce que pendant les campagnes électorales, ces gens-là roulent un peu les mécaniques, viennent nous dire qu'il faudrait protéger l'Europe, protéger la France, mais moi, j'ai la liste de ce qu'ont voté les Républicains. Permettez que je vous donne trois exemples. Le fonds de préadhésion à la Turquie, ils l'ont voté à l'unanimité. Les TAFTA, le paquet ferroviaire dont la déclinaison a été la politique de réforme ferroviaire des transports de M. Macron. Tout ça, ils l'ont voté les Républicains. Donc, il peut nous faire des procès dans tous les sens. La réalité, c'est qu'ils sont d'accord avec la politique de M.
Macron et c'est la raison pour laquelle ils ont beaucoup de difficultés à exister.
Sébastien Chenu, protège davantage la France. Mais non, mais ce que je veux dire, c'est que ce qu'il faut, ce sont des frontières nationales. Donc, on peut imaginer... Aujourd'hui, nous sommes membres de l'Union Européenne et d'ailleurs, vous ne voulez pas sortir de l'Union Européenne.
Non, mais si un jour les Français veulent sortir de l'Union Européenne, on leur posera la question et ils le décideront eux-mêmes. Voilà, c'est aussi simple
que ça. Dès lors qu'on est membre de l'Union Européenne, est-ce qu'il n'y a pas une logique à voter des mesures qui protègent les frontières
de l'Union Européenne ? Mais ne protège pas. La réalité, c'est que cette crise migratoire qu'on a vue depuis des années, ces centaines de milliers de migrants qui sont arrivés sur les côtes européennes, à quoi a servi Frontex ? À quoi ça a servi ? Globalement, à rien du tout. C'est précisément pour ça
que certains prétendent qu'il faut renforcer Frontex.
Mais non, c'est un outil qui ne fonctionne pas. Nous, on préfère des frontières nationales. On n'est pas dans la même logique. C'est pas la politique du pire de voter contre toutes les mesures qui pourraient renforcer
la sécurité aux frontières et derrière d'expliquer pendant la campagne européenne
que c'est la faute de l'Europe. Vous, vous parlez du postulat que ça fonctionne. Moi, je pars du postulat que ça ne fonctionne pas et que nous défendons une autre logique. Que les douaniers, même en nom, ne savent à rien. À partir du moment... Mais non, arrêtez. À partir du moment où nous défendons une autre logique qui est celle des frontières nationales, nous n'allons pas demander à renforcer des frontières européennes qui sont de véritables passoires. Ce sont deux logiques qui s'affrontent. Frontex ne fonctionne pas. Nous n'allons donc pas renforcer quelque chose qui ne fonctionne pas.
On poursuit cet entretien, si vous le voulez bien, dans quelques instants. Sébastien Chenu, il est 9h moins 10. Stéphane Milhomme pour le rappel de l'actualité sur France Info.
Avec cet appel de plusieurs maires pour un meilleur accueil de réfugiés sur leur commune, ces élus, aujourd'hui venus de Toulouse, Grenoble et à Paris, considèrent que l'État manque à ses devoirs. Trop de réfugiés dorment encore dans la rue. L'État est dépassé par la situation. Les collectivités doivent participer. Le constat sur France Info de Raphaël Pity. Il est conseiller municipal à Metz. Les 270 salariés d'Ascoval fixés ce matin sur l'avenir de leur emploi et leur usine. Après ce nouveau délai d'un mois, le tribunal de commerce de Strasbourg doit se prononcer définitivement sur les quatre propositions de reprise de cette aciérie dans le nord.
La pluie menace désormais Notre-Dame de Paris. Plus d'une semaine après l'incendie, les ouvriers s'activent pour achever la pose de bâches de plastique sur la cathédrale. Le conseil des ministres évoque ce matin le projet de loi pour mieux encadrer les dons en vue de la reconstruction. Catherine Deneuve à l'affiche aujourd'hui du dernier film d'André Téchiné L'adieu à la nuit. L'actrice joue une grand-mère qui tente d'empêcher son petit-fils de partir faire le djihad. Catherine Deneuve évoque son rôle ce matin sur France Info. Elle voulait incarner cette grand-mère démunie qui essaye, dit-elle, de comprendre mais ne juge pas. C'est son huitième film avec André Téchiné.
Et puis le français Julien Alain Philippe parmi les grands favoris de la flèche wallonne. Les concurrents de la 82e édition de cette classique cycliste s'élanceront aujourd'hui 195 kilomètres dont un fameux passage le mur de Huit. Une sacrée montée à 20% jusqu'à l'arrivée au sommet.
Sébastien Chenu, nous sommes huit jours maintenant après l'incendie qui a touché la cathédrale Notre-Dame de Paris. Et voici ce que disait votre tête de liste aux élections européennes. Jordan Bardella, c'était dimanche sur le plateau de nos confrères de France 3.
On a le droit de se poser des questions. Et moi je revendique aujourd'hui dans notre pays la possibilité lorsqu'il y a des faits comme ça de s'interroger. Or on voit effectivement ce glissement très facile notamment avec les incriminations en fake news. Dès que vous ne partagez pas la vie de La République En Marche, dès que vous ne partagez pas la vie de certains journalistes, tout de suite vous êtes clués au pilori.
Est-ce un accident ? Est-ce quelque chose de volontaire ? Demande Jordan Bardella. Est-ce que vous partagez ces questions ?
Moi je suis pour la liberté, la liberté de pouvoir se poser toutes les questions. Vous savez j'étais sur le terrain dans ma circonscription hier et les gens se posent des questions et alors ils ont bien le droit. On ne peut pas prendre tout pour argent comptant. Vous savez lorsqu'on voit que la chaîne CNews... Qu'est-ce qui vous fait douter ? Je termine. Quand on voit que la chaîne CNews a diffusé des images fausses de la venue d'Emmanuel Macron le week-end dernier au Touquet. Des images d'archives d'Emmanuel Macron qui d'attèrent il y a plusieurs mois. Ils nous ont pas expliqué que c'était des images d'archives, ils nous ont dit que c'était un formidable bain de foule d'Emmanuel Macron.
Manque de pot, on voyait M. Benalla dessus. Voilà, je crois qu'il y a une journaliste qui s'est fait virer suite à la diffusion de ces images. On peut se dire que tout n'est pas à prendre pour argent comptant et alors on peut se poser des questions lorsqu'on vient de vivre ce drame de l'incendie de Notre-Dame. Oui, ça interpelle. On peut se poser des questions dans un contexte dans lequel le terrorisme est très fort. Alors allez jusqu'au bout. Vous pensez que c'est un acte terroriste non revendiqué ? Non mais moi je fais confiance aux autorités judiciaires, à la police pour nous dire exactement ce qu'il en est. Les autorités, la justice pour l'instant elle a dit une seule chose.
Elle a dit incendie involontaire. Si vous avez les preuves des faits, c'est le moment. Elle l'a dit très vite et ainsi, eh bien, vous ne prenez pas cela en compte.
Mais vous n'êtes pas dans le secret
de l'enquête et moi non plus. On a uniquement les éléments donnés par la justice. Mais est-ce que par exemple sur l'affaire Fillon vous ne vous posez pas des questions ? Est-ce que vous savez exactement ce qu'il en est ? Je veux dire, il y a beaucoup de choses comme ça sur lesquelles on peut se poser des questions. Ce n'est pas criminel de se poser des questions et je trouve que c'est même plutôt simple de ne pas avaler comme Vous ne faites pas confiance
à l'enquête si je vous souviens ?
Si, je viens de vous dire au contraire. J'attends les résultats de l'enquête simplement 24 heures après Notre-Dame et M. Bardella c'était le week-end dernier et bien quelques jours après on peut se poser des questions. En quoi est-ce criminel ? Un pays dans lequel on ne se pose plus de questions dans lequel on avale benoîtement tout ce qu'on nous dit me semble être un pays d'un droit.
C'est votre droit évidemment de vous poser des questions Sébastien Chenu mais vous entendez aussi le contexte derrière vos mots dire on a le droit de douter c'est dire on nous cache des choses c'est dire il y a sans doute un attentat derrière On nous cache des choses sur Notre-Dame ?
Non, sur Notre-Dame je n'en sais strictement rien si on nous cache des choses je n'en sais strictement rien mais oui on nous cache des choses régulièrement. Écoutez, il faut arrêter un moment d'imaginer que les Français ne s'informent pas par eux-mêmes en dehors des médias traditionnels qui sont soumis à la doxa bien pensante. Qu'est-ce qu'on nous cache ?
Ben écoutez, on nous cache probablement le flux perpétuel d'arrivées de migrants dans notre pays les nombres, la répartition de ceci dans nos villes je pense qu'effectivement nous nous réveillerons un jour avec des chiffres qui ne sont pas conformes à ceux qu'on nous a donnés quand on nous dit qu'il y a je prends des exemples très différents que le gouvernement fait un effort sur les transports j'entendais ce matin je pense à ça parce que j'entendais Madame Borne qui était notre invité tout à l'heure sur les mobilités pour prendre un terme qui fait plaisir à En Marche et bien on oublie de nous dire on nous cache qu'on a diminué que le budget de 100 millions pour l'hydrogène il a été ratiboisé parce qu'évidemment quand on a affiché pendant des semaines qu'on allait faire des efforts c'est pas caché c'est dans le budget les chiffres non mais bien sûr que si puisque c'est passé après ça a été voté dans le budget puis après ça a été détricoté les chiffres sont publics on est d'accord ce que je veux dire c'est que les gens s'informent eux-mêmes on a le droit de se poser toutes les questions Notre-Dame a été un traumatisme pour le peuple français nous avons pris conscience que nous pouvions perdre ce que nous avons de plus cher à la fois ce que nous avons de plus cher en termes physiques mais également en termes symboliques parce que Notre-Dame dépasse simplement le cadre d'une église d'une cathédrale en particulier On peut douter de tout dites-vous on peut se poser toutes les questions Je crois que c'est plutôt sain Ça vaut sur les vérités historiques non mais arrêtez non mais bien sûr C'est exactement l'argumentaire qui a tenu pendant des années Jean-Marie Le Pen On peut parler de tout Comme une enquête une vérité historique c'est-à-dire le jour où un certain nombre d'experts, d'historiens etc.
ont arrêté les choses et bien je pense qu'on doit reconnaître au contraire cette vérité-là je pense qu'il y a des vérités qui sont établies la terre est ronde Voyez-vous il y a des gens qui l'ont démontré au moment où il y avait des gens qui en doutaient Moi je crois qu'il y a des choses sur lesquelles les français ne sont pas informés Il y a des choses sur lesquelles les français se posent des questions et je crois que c'est plutôt sain qu'on puisse le faire encore ou alors on retire l'échelle tout de suite on dit on n'est plus le droit de douter de rien du tout Vous admettez tout ce que vous dit un gouvernement Et ça vous remet en cause le droit de douter C'est merci un chenu Renaud Dely
On va revenir aux questions européennes Vous évoquez souvent votre ami et allié Matteo Salvini Est-ce que c'est effectivement un modèle pour vous Matteo Salvini et la façon dont il gère aujourd'hui dont il co-gère l'Italie ?
Non mais je vous ai tout à l'heure fait une citation sur ce qui était pour moi un modèle ou ce que n'était pas un modèle Je ne sais pas si M. Salvini est un modèle Ce que je sais c'est que visiblement les Italiens sont satisfaits de la politique qu'ils mènent Ce que je sais aussi c'est que Matteo Salvini défend peu ou prou la même vision d'une Europe des nations que nous Donc si les Italiens sont satisfaits de leurs dirigeants c'est très bien
Quand on regarde aujourd'hui l'Italie c'est le seul pays qui plonge dans la récession le seul pays de l'Union Européenne et même de vos CDE
Vous pouvez faire vous savez je connais ces procès vous allez faire donc tous les procès l'Italie va devenir le pays le plus invivable parce que c'est Matteo Salvini Je termine mon propos On nous a raconté sur la Grande-Bretagne que ça allait devenir avec le Brexit l'endroit le plus sordide du monde or les chiffres qui sont sortis dernièrement Le Brexit qui n'a pas encore eu lieu Oui oui mais d'accord mais on nous a dit mais ça va être catastrophique pendant deux ans tout le monde va se barrer etc.
On a vu que l'immobilier était à la hausse on a vu que le pouvoir d'achat était à la hausse et on a vu que le chômage était à la baisse et pourtant voyez-vous moi je n'ai pas envie que la France ressemble à la Grande-Bretagne voyez-vous donc je pense que si les Britanniques sont contents de leur dirigeant si les Italiens sont contents de leur dirigeant charge à eux de solutionner les problèmes de leur peuple moi je pense que Matteo Salvini il a une vision de l'Europe qui correspond à la nôtre l'Europe des nations pour le reste en politique intérieure il est visiblement plébiscité j'en suis ravi pour lui Merci à vous Sébastien Chenu député et porte-parole du Rassemblement National était ce matin
l'invité de France Info dans 2 minutes 9 heures