Olympe de Gouges : Conférence de Cécile Berly, historienne
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alors mes chers collègues tout aligné euh je suis ravie d'accueillir ce matin l'historienne Cécile Berly spécialiste d'lympe de gouge qui est maintenant tout le monde le sait l'auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne que nous célébrons ce matin puisque nous venons d'inaugurer la salle qui porte désormais son nom et dans laquelle nous nous réunissons nous nous réunirons avec d'autant plus de plaisir même si est un petit peu en dehors du palais maintenant qu'elle s'appelle Olympe de gouge nous ne bougerons plus pour marquer cette occasion très spéciale à l'occasion du 25e anniversaire de notre délégation j'ai souhaité vous proposer une conférence sur cette figure historique et symbolique de la lutte pour les droits des femmes mais aussi on le sait peut-être moins du combat pour l'abolition de l'esclavage Cécile Berli est une écrivaine historienne spécialiste du 18e siècle plus particulièrement de marie-anttoinette mais aussi de lame de gouge néanmoins que je consid comme une de mes amies qui est iconaise il y a des il y a des femmes de valeur dans Lyonne je vous assure et et j'ai pu assister déjà à une de ces conférences qui a eu lieu ça ne vous surprendra pas à la maison de Collette et donc mais je voulais vraiment vous faire profiter de cette expérience donc merci beaucoup à Cécile d'avoir accepté de venir et de nous parler de lame de gouge et c'est à toi maintenant et celui-ci c'est sûr ça allait beaucoup moins bien marcher comme ça bonjour à toutes oui à [Rires] toutes voilà un immense merci à toi Dominique pour cette invitation c'est évidemment un honneur pour pour moi d'être ici présente et de pouvoir vous parler de j'ai la chance avoir un un métier qui est ma passion euh ces femmes du 18e siècle qui m'accompagnent depuis près de 25 ans et auquels je consacre et bien mon travail mon temps mon énergie euh voilà comme je dis souvent je suis pas du tout une militante mais je suis quelqu'un de profondément engagé et effectivement travailler écrire sur elle partir même aux quatre coins de la France et à l'étranger pour parler de ces femmes du 18e siècle qui sont à mon sens euh toutes pionnière c'est-à-dire que nous sommes toutes en fait les héritières de ces femmes qui ont osé s'affranchir de leur condition initiale c'est-à-dire celle d'être né femme alors on va parler dans un premier temps évidemment de l'âme de gouge quelle magnifique idée de lui avoir donné d'avoir donné le son nom euh à cette salle qui est évidemment une salle prestigieuse je voudrais quand même dire une petite chose sur son nom d'Olympe elle est née marigous au mois de mai 1748 à montauan c'est donc une ocitane elle n'a pas 17 ans elle épouse un homme qui s'appelle Yve auri qui est un homme absolument épouvantable magnifestement elle a connu toute jeune ce que l'on appelle aujourd'hui les violences conjugales il va mourir elle ne jouera pas du tout la veuvle et pleuré et dans cette France du 18e siècle elle aurait dû s'appeler la veuve auri dans cette société qu'on appellera bientôt la société d'Ancien Régime le veuvage c'est la la seule qualité que l'on peut reconnaître au femme quand elle prétend à avoir un peu plus de liberté la future Olympe refusera catégoriquement d'être la veuve au BRI elle le dira je détesta cet homme de son vivant je le déteste autant mort et j'insiste elle ne jouera pas du tout à la veuve et pleurer et surtout surtout ce qui est fondamental et ça c'est vraiment le je pense la première manifestation de cette liberté inouie c'est qu'elle a pensé elle a réfléchi et elle a imposé à toutes et à tous sa propre identité c'est-à-dire celle en tant que femme mais également bien sûr en tant que femme de lettre Olympe de gouge et ça c'est assez inédit parce que dans quand on travaille sur l'histoire des femmes et quand on travaille en particulier sur l'histoire des femmes en littérature qui écrit éve cette identité qu'elle choisit déjà va pas se cacher derrière une identité masculine elle va se cacher derrière une identité nobiliaire et céleste Olympe ça ça renvoie évidemment au dieu de l'Olympe et au déess de l'Olympe ça en diton déjà sur cette personnalité qui est en tout point absolument exceptionnelle j'ai beaucoup apprécié tout à l'heure au moment de l'inauguration quand tu as parlé de ce portrait d'Olympe de gouge on est le 6 juillet 2024 journée soirée d'inauguration des de l'ouverture des jeux olympiques moi il y a un moment on m'a si jeos dire totalement perdu c'est quand j'ai vu surgir de son piédestal doré cette Olympe de gouge à laquelle je ne m'attendait pas du tout et qui brandit ses écrits parce que Olympe de gouge là c'est la plus belle image que l'on peut produire d'elle et quand je parle d'image il se trouve que alors ça c'est une immense frustration pour hisienne que je suis il n'y a pas de portrait de l'ARM de gouge il n'y a pas d'iconographie de l'arme de gouge au mieux on peut attribuer tel portrait que ce soit en pied ou ou un simple simplement son bus on ne sait pas on ne connaît pas les traits de son visage et je pense que le 26 juillet il y a une étape supplémentaire dans allez on va employer les mots d'aujourd'hui dans la visibilisation de de gouge c'est-à-dire mettre un visage en plus doré sur cette femme c'est évidemment au combien émouvant et encore une fois on peut rendre hommage à celui ou à celle qui a pensé de montrer cette femme brandissant ses écrits parce que c'est ça OL Lam de gouge c'est avant tout une femme alors une femme de lettre ça fait du bien qu'on puisse se dire enfin femme de l'aide parce que pendant très longtemps et les Français ont été les premiers à mal la traiter on va redécouvrir Oland de gouge en France qu'à la fin des années 1970 début des années 80 pendant très longtemps on dis bon oui bon elle écrit ça l'occupait bon elle pense relativement bien elle est gentille elle est humaniste mais en fait maintenant il suffit c'est un écrivain alors c'est pas une styliste d'ailleurs le style m'a olmp de gouge si j'ose dire elle s'en fiche elle n'est pas là en fait pour briller par le style elle est là en fait et alors ça c'est presque inédit dans l'histoire de la littérature quand on est une femme je refuse d'employer l'expression littérature féminine les écrits de femmes c'est de la littérature tout court quand elle écrit quand elle commence à écrire on est au début des années 1780 elle a à cœur véritablement de défendre des idées hande de gourge c'est une littérature d'idée en fait c'est l'ancêtre ni plus ni moins d'une Simone de beauoir et je veux encore plus loin ces dernières années moi je me bats non seulement pour qu'on la reconnaissent véritablement comme femme de lettre c'est quand même 150 écrits hein au Land de gouge et on va évidemment parler ensemble ces idées elles sont toutes sublimes d'une modernité pas possible progressiste mais c'est aussi une philosophe des Lumières et on commence seulement à se dire ah bah oui effectivement quand on fait les effort de sortir de l'étiquette du préjugé et qu'on commence à la lire on s'aperçoit que c'est véritablement une philosophe des lumière alors déjà pour une femme trouver sa place dans le rang des écrivains c'est compliqué mais alors dans le rang des penseurs et des philosophes sachant que là je vais écorner leur image les philosophes des Lumières étaient d'une misogynieie penté donc avec différents degrés mais al si je pense par exemple à un Rousseau pardon je vais mettre un pied un peu les pieds dans le plat mais quand je pense aux néoéministes d'aujourd'hui qui se revendiquent toutes de Rousseau mais ont-elles déjà ouvert Rousseau parce que c'est simple il leur interdit l'accès à l'éducation à l'instruction au fait de penser bref c'était une petite parenthèse un peu militante pour ce coup faire d'olme de gouge une philosophe des Lumières il est temps il est temps de la considérer véritablement comme une philosophe des Lumières alors je vais vous donner quelques exemples olme de gaoue par par son parcours de vie comme on dit au 18e siècle elle est des bâarde c'est-à-dire c'est une enfant illégitime au 18e siècle ce sont des milliers et des milliers d'enfants garçons filles qui ont ce statut d'enfant illégitime dans cette société française du 18e siècle quand vous nêtes quand vous êtes illégitime vous n'êtes rien de votre naissance jusqu'à votre mort la future ompe a eu cette force très jeune de comprendre que une violence une faiblesse une on l'individu a la capacité de la transformer en force elle est anachroniquement résiliente et donc elle va faire justement de cette batardise une véritable force alors par exemple dans ces textes elle va s'intéresser au statut des bâtards et des bâtardes plus exactement elle va expliquer que c'est la société dans son ensemble qui doit prendre soin des enfants illégitimes que c'est la société qui doit uvrer le législateur doit uvrer pour que par exemple les enfants nés bâard puissent prétendre à l'héritage du père elle va s'intéresser aux filles mère qui était leprre absolu être fille mère dans cette société du 18e siècle c'était être ni plus ni moins taxé d'être une prostituée elle va s'intéresser euh à ce qu'on appellerait aujourd'hui les violences conjugales pour cause elle a connu manifestement elle a connu ces violences conjugales d'ailleurs elle-même ce qu' considère comme une sacrifie sur l'Hôtel du mariage c'est la dernière partie de sa fameuse déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791 elle propose ni plus ni moins l'annulation du mariage qu'il soit religieux puis plus tard civil par un contrat d'union favorisant l'amour le sentiment d'amour et favorisant la liberté des individus car elle l'a bien compris elle l'a expérimenté dans sa chair les femmes et été très clairement sacrifié sur l'Hôtel du mariage bien évidemment dans toute l'œuvre de larme de gouge il y a une place considérable accordé au thème de la non place des femmes dans la société et la question des droits des femmes c'était en amont déjà de sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne une chose qu'on on oublie les premiers écrits par lesquels elle va se distinguer alors là c'est c'est totalement je dirais presque incongru pour son temps elle va réfléchir en ayant exactement la même méthode de travail que ses confrères philosophes à la non place des Noirs à la question de l'esclavage et au fait que ceux qui sont comme on dit au 18e de couleur homme ou femme comment ça se fait qu'ils n'ont absolument aucun droit comment peut-on justifier par les lois de la nature qu'une partie de l'humanité réduise l'autre en esclavage et c'est ce qu'elle démontre c'est ce qu'elle déconstruit dans ses écrits c'est-à-dire qu'il n'y a aucune légitimité à revend à revendiquer l'esclavage comme étant un modèle de société mais elle va encore plus loin OLM de gourge et c'est une des raisons pour laquelle je l'aime tant elle va théoriser sans prononcer le mot la laïcité elle elle est déiste elle ne supporte pas cependant l'omniprésence l'omnipotence de l'Église catholique de ce contrôle de cette société française par l'Église catholique par exemple elle écrit qu'elle elle dénonce les vœux forcés des femmes pendant très longtemps les femmes soit les femmes pauvre en particulier bien sûr soit elle terminit sur le trottoir soit dans l'espace du cloître elle trouve ça absolument abominable il faut interdire les vœux forcés des religieux et il faut que la religion ne soit plus d'État comme c'était le cas jusqu'en 1789 il faut que la religion reste à sa place c'est-à-dire dans l'espace privé elle va encore plus loin elle réfléchit et elle écrit sur comment prendre soin comment prendre en charge les filles mères les bâtards les indigens il faut créer et là elle pense avant George Sand avant 1848 elle veut penser à des ateliers nationaux pour donner du travail à toutes et à tous parce qu' la pauvreté l'indigence ne elle ne la elle ne la supporte pas ça va encore plus loin elle réfléchit et alors ça j'ai beau avoir creusé creusé à mon sens c'est la première comment la société doit prendre en charge les personnes dites âgées les personnes qui travaillent jusqu'à la mort elle va réfléchir mais ces femmes ces hommes n'ont plus les moyens physique de travailler c'est à la société c'est à l'état de penser à à prendre soin d'eux et à leur donner et bien les moyens de vivre décemment c'est totalement inédit dans l'histoire de la pensée par ailleurs c'est une femme qui a des préoccupations hygiénistes Olam de gourge on a un de ses écrit dans lequel elle écrit concrètement il faut prendre soin des femmes enceintes en particulier des plus pauvres elle est toujours du côté des vrais pauvres au Lamb de gouge il faut les aider à pouvoir à la fois attendre leur enfant mais surtout accoucher dans des conditions d'hygiène parce qu'elle a compris que le fort taux de mortalité des femmes qui accouchent comme le fort tau de mortalité infantile est lié probablement au manque d'hygiène on est qu'au 18e siècle ces préoccupations hygiénistes elles sont totalement anachroniques pour son temps elle réfléchit également à la question de la violence à des fins politique elle va l'écrire tout au long de la Révolution elle elle elle écrit dans la siièvre pendant la Révolution elle écrit elle écrit elle écrit elle déclare que en révolution le sang souille toute révolution qui n'est pas acceptable que on puisse d'une façon ou d'une autre avoir recours à la force armée alors qui plus est à la force populaire et d'ailleurs quand il y a des journées révolutionnaires auxquelles elle ne participent jamais elle ne va elle ne participe à aucune journée de la Révolution Olympe quand elle constate qu'il y a des débordements populaires et il y en a eu quand cette violence est générée par des femmes elle la dénonce elle elle la trouve encore moins excusable que quand c'est une violence générée par des hommes Oland de gourge elle est aussi de façon anachronique féministe parce qu'évidemment le mot n'existe pas à son époque mais attention elle a un regard nuancé sur toute chose sur l'humanité sur les h hom et sur les femmes elle l'écrit dans plusieurs textes en particulier dans sa fameuse déclaration des droits de la femme et de la citoyenne elle n'excuse jamais en rien les mauvais comportements des femmes et puis c'est aussi une militante pour l'abolition de la peine de mort alors là-dessus elle est pas pionnière parce qu' évidemment il y a un courant de pensée qui traverse tout le 18e siècle que ce soit en France ou à l'étranger mais elle est résolument opposée à la peine de mort quand on sait comment elle termine c'est évidemment d'autant plus sensible alors pour terminer ce ce premier temps de présentation là c'est l'historienne des femmes qui réfléchit quelle est la place aujourd'hui de l'â de gouge c'est une vraie question elle est ici elle est depuis 2016 dans les couloirs de l'Assemblée nationale puisque c'est la première femme qui a eu son buste sculpté euh et placé dans la dans la galerie en face de jean- jorè euh bien évidemment pour moi sa place c'est le Panthéon c'est le Panthéon parce que au lime de gourge alors il y a il y a plusieurs idées qui évidemment justifient euh euh sa panthéonisation évidemment déjà en le embrassant évidemment à grand trait on mesure la modernité le progressisme et l'humanité de cette femme c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle meurt guillotinée à l'âge de 45 ans après 5 mois d'enfermement de conditions carcérales extrêmement drastique où on s'est appliqué méthodiquement à l'humilier sans cesse toujours plus euh et il faut le dire moi qui eu les actes du tribunal révolutionnaire la concernant entre les mains elle a été condamnée très clairement pour avoir écrit si je devais résumer o Lim de gouge sa vie son œuvre en une phrase c'est écrire et mourir pour ses idées si ça c'est pas digne du Panthéon je ne sais pas ce qui est digne du Panthéon quand elle est au tribunal révolutionnaire elle le sait pourquoi elle est là c'est-à-dire parce qu'elle a écrit des textes politiques qui je cite de mémoire aurait tenté de fragiliser la République une et indivisible elle est devant le tribunal et elle assume elle assume ses idées elle dit je ne Renis rien qui plus est parce que la quasi-ttalité des textes d'Olympe de gouge elle les diffuse elle inonde tout Paris y compris elle va placarder les murs de Paris par ces textes ça c'est non mais c'est d'une c'est d'une insolence pour une femme à cette époque c'est absolument incroyable et surtout aller jusqu'au bouiste contrairement à ce que l'on dit non elle est pas hystérique et suicidaire elle a seement des idées et elle les respecte et elle se respecte elle va jusqu'au bout de ses convictions et donc devant ses juges elle le dit je ne Renis aucune de mes idées tous ces texes sont de ma plume ce sont mes idées je ne les Renis pas elle avait quand même la guillotine pour perspective quand elle arrive au tribunal révolutionnaire bien évidemment elle aurait dû avoir un avocat qui n'est pas venu elle s'en étonne et le elle elle demande au Président Herman s'il est possible d'en avoir un autre autre respectons les droits de la de de la de la défense merci on lui rétorque madame vous avez suffisamment d'esprit pour vous défendre seul elle s'est défendu quand on lui a laissé le temps de se défendre le si je devais résumer le temps du de les quelques heures de ce procès c'est j'assume mes idées je les revendique j'assume mes mes écrits c'est moi qui les ai écrit c'est moi qui les ai signé c'est moi qui les ai diffusé et elle meurt donc le lendemain le 3 novembre 1783 l'actuelle Place de la Concorde à l'époque place de la Révolution et là ça sera le premier mot de la fin la Révolution la guillotine aussi pour la faire taire parce que même depuis ses prisons elle réussi à écrire écrire écrire et à faire sortir depuis elle a fait cinq prisons différentes en 5 mois elle réussit non seulement à écrire en prison mais à faire sortir ses écrits depuis ses prisons et encore inonder le tout Paris de ces écrits les feuilles volantes les brochures les placards donc vraiment il y avait pour les autorités révolutionnaires il y avait que cette solution la guillotine pour la faire terre et ça a marché alors sur le moment évidemment puisqu'elle est guillotinée mais c'est aussi parce qu'elle va tomber dans l'oubli pendant largement plus d'un siècle dans les livres d'histoire parlant de la Révolution il y a pas d'olm de gouge y compris quand ce sont des livres sur les femmes et la révolution bah Michel il a de liges en disant bon elle elle était complètement folle donc c'est pas la peine de s'attarder sur son cas c'est aux États-Unis puis dans les pays anglo-saxons où il y a eu des les premiers mouvements féministes véritablement féministes avec les suffragetttes qu'on redécouvre l'ARM de gouge et comme je disait tout à l'heure en France on est vraiment les mauvais élèves parce qu'on ne la redécouvre véritablement que depuis le début des années 80 euh il faut absolument que Lamb de gouge soit à côté de son ami condora au Panthéon qui a été grâce au couple bas d'interre panthéonisé en 1989 et qui a été probablement encore plus féministe plus radical dans son euh dans sa compréhension de de ce qu'aurait dû être la place des femmes dans cette société française du 18e siècle avec lequel Olymp de gouge a échangé écrit philosophé politiqué comme on disait au 18e siècle donc Olympe sa place c'est au Panthéon je vous propose qu'on puisse avoir éventuellement un petit temps d'échange si vous avez des remarques et euh d'autant plus que moi j'en ai et mais non mais alors merci beaucoup de cette présentation d'olame de gouge et alors ça a rebondi sur beaucoup de choses déjà sur les travaux de la délégation puisqueon se rend compte que tous les travaux de la délégation finalement recouvrent des choses pour lesquels elle se battait alors c'est à la fois une bonne chose en se disant que on ne s'est pas trompé en choisissant l'EM de gouge c'est une mauvaise chose en se disant que quand même 231 ans plus tard on se bat encore pour les mêmes choses et donc donc effectivement 25 ans encore ne suffiront pas il faudra ne jamais lâcher et c'était Simone de beauauvoir et d'ailleurs ça a été le titre d'un d'un de nos de de nos rapports il suffira d'une crise économique et cetera et donc ne lâchez jamais rien et Claudine Monteille à qui a été dite cette phrase nous le rappelle à chaque fois qu'on la rencontre et donc voilà autre chose aussi franchement qui m'a quand on parle de violence faites aux femmes j'ai beaucoup aimé la la Révolution la guillotine pour la faire taire or aujourd'hui on le sait dans les violences faites aux femmes le le le phénomène de la strangulation revient de façon régulière la strangulation et l'étouffement parce que l'objectif premier qui mène à la mort mais l'objectif premier c'est de faire taire la femme et on voit que là encore 231 ans plus tard alors c'est moins dans la rue mais c'est toujours à la maison donc c'est une lutte que nous devons mener et donc j'ai bien compris que le combat a mené aujourd'hui Olympe de gouge rue servandonis Olympe de gouge ici au Sénat rue Casimir de la vigne continuons le chemin et allons jusqu'au pantthéon mais maintenant je laisse la parole à mes collègues billon merci madame la Présidente j'étais en train de réfléchir aux questions que j'allais poser mais donc je vais réfléchir en direct merci Madame pour cette présentation à la fois détaillé et aussi on ressent le personnage à travers cette présentation vous avez dit qu'elle était humaniste et on ressent beaucoup d'humanité aussi dans vos propos donc merci à vous et à la présidente et je dois dire que après cette inauguration très réussie il faut le dire en présence des des des des des queurs des vice-présidents du Sénat de ministrees et ben je félicite à la fois la délégation et sa présidente pour avoir réussi à mobiliser à 8h30 autant de personnes engagées pour le droit des femmes et et et qui ont répondu présent à cet événement alors peut-être un écho par rapport à ce que vous avez dit euh la place des femmes dans l'espace public finalement elle est le reflet de la place des femmes dans l'histoire ou de de de l'écho qu'on peut en donner on a eu un mouvement il y a quelques années c'était je crois 7 moins de 15 % je vais dire pour être sûr du chiffre de rues et de places qui étit attribué au au à des noms de femmes donc aujourd'hui on a baptisé une salle au lame de gouche c'est une très bonne chose et je félicite vraiment la présidente pour avoir porté au plus haut niveau du Sénat cette cette proposition et d'avoir réussi à à la faire aboutir comment pensez-vous qu'on peut comment pensez-vous qu'on puisse pardon réhabiliter toutes ces femmes qui ont joué un rôle majeur dans l'histoire et qui sont absentes de l'espace public à la fois au niveau des rues au niveau des des souvent des des manuels aussi en réalité qu'est-ce qu'on peut faire pour que ces femmes qui ont eu que ce soit des femmes dans le domaine de littérature que ce soit des femmes également finalement ingénieur des femmes qui qui ont apporté des choses à la société pendant au cours de l'histoire comment faire pour que ces femmes ressurgissent et soient mis en valeur à la fois dans l'espace public dans les manuels et finalement dans notre histoire commune la deuxième question que j'aurais eu envie de vous poser c'est comment ompe de gouche puisque elle faisait de la politique finalement voilà donc comment cette Olympe de gouche peut-elle inspirer aujourd'hui les générations actuelles euh et notamment euh la politique parce que elle a fait de la politique de manière extrêmement noble euh puisqu'elle est allée au bout de ses convictions sans euh sans finalement intégrer les conséquences que ça pouvait avoir et on le voit c'est vrai trop souvent ce qui est reproché à la politique aujourd'hui c'est finalement d'avoir des des convictions à géométrie variable en fonction des échéances électorales donc comment elle peut inspirer les les les politiques aujourd'hui et je pense que j'ai fait le tour en réfléchissant en direct euh mais encore merci pour votre venue ce matin et vos propos très inspirants je propose qu'on prenne plusieurs questions je pr vraiment mon stylo euh alors Olivière Richard et lordacos merci madame la Présidente merci beaucoup chère Madame merci pour cet événement et je regarde aussi les momes les dames qui sans qui rien ne se parce que c'est un événement qui fait du bien il y a eu beaucoup de sourire ce matin il y en a pas tant en ce moment je regrette juste que c'est pas é Liu la semaine prochaine on aurait peut-être eu un peu plus de temps peut-être que l'année prochaine la semaine prochaine ça va beaucoup se dégager comme voilà pardon ça c'est fait et sinon oui je je c'est passionnant tout ce que j'ai lu un tout petit livre sur elle cet été vous avez vous soulevé plein de questions quel écho a-t-elle eu vous avez dit qu'elle avait inondé Paris c'est bien l'impression que j'avais lu elle était suivie elle était pas calculé elle était déconsidérée elle elle dérangeait quelle quelle écho et pourquoi comment expliquez-vous que une telle femme euh a été à ce point nié pendant si longtemps on sait qu'il y a eu un un mouvement de d'étude d'historienne qui se sont penchés sur plein de questions féministes dans les années 70 donc je je comprends pourquoi c'est revenu à ce moment-là mais pourquoi est-ce qu'on l'a oublié à ce point là merci oui merci beaucoup madame parce que en effet votre exposé était euh passionnant j'avais déjà eu des choses sur elle mais ça m'a donné encore plus envie de de me plonger euh euh dans cette vie passionnante et vous avez raison euh elle aurait toute sa place au panthéon j'en suis vraiment intimement persuadée ce qui m'a intéressé c'était euh euh ce qu'elle a pu avoir comme combat alors déjà euh vis-à-vis des seniors parce que d'abord on vivait pas aussi euh longtemps que que qu'actuellement et et c'est vrai que du coup euh la vieillesse était euh beaucoup plus rabaissé en terme d'âge mais c'était intéressant qu'elle puisse qu'elle puisse s'en préoccuper est-ce que c'est parce que elle-même avait des parents âgés qu'elle a accompagné ou est-ce que voilà des gens dans son entourage hein qui avaient vécu assez longtemps par rapport à à l'époque pour que elle elle s'en soit souciée et puis la même chose sur l'esclavage parce que est-ce que ça veut dire que dans son entourage elle a pu rencontrer des esclaves qui se sont émancipé ou ou quel est son parcours en fait pour avoir été en fait euh avoir eu cette prise de conscience par rapport à ce à cette population là hein ce qui est pas toujours évident quand on est dans un monde parisien Béatrice goselin pour terminer oui merci alors je voulais vous remercier parce que c'était vraiment passionnant alors elle elle a combattu l'esclavage l'or vient de le rappeler elle a combattu aussi le fait de de de de pour les enfants qui étaient illégitimes mais aussi j'ai l'impression qu'elle a aussi elle combattait aussi les la guerre et quand vous disiez qu'elle avait comme ami condora je je lis un truc où en 1792 elle fait deux écrits en disant la guerre n'amène rien ce ne sont que des victimes et cetera alors on va reparler et puis dernière chose que je voulais vous poser comme question est-ce qu'elle il y avait quelques femmes comme elle dans la dans la période où elle a vécu qui ont pu éventuellement faire ce réseau alors j'ai bien compris qu'elle était assez isolée mais il y a-t-il quand même quelques femmes je ne connais pas suffisamment les femmes du 18e pour le savoir merci allez euh alors comment première question comment en fait si j'ose dire féminiser nos espaces publics c'est-à-dire les les places les rues et cetera alors dans le cas de l'AMP de gouge il faut reconnaître que depuis quelques années il y a un grand nombre d'établissements scolaires de crèche de place de rue elle est de plus en plus présente cependant c'est une véritable question et il faut réfléchir à une méthodologie de travail en fait parce que c'est ça pose d'immenses problèmes et des fois des problèmes qui n'ont aucun rapport avec la question de la féminisation de la vie publique tout simplement parce qu'il y a une logistique il y a une matérialité de la rue changement de rue et cetera ça implique énormément de comment dire de de de question qui dépasse largement la question des femmes et du féminisme moi à mon sens alors je crois que vous l'avez compris hein mon travail c'est c'est de travailler sur toutes ces femmes moi je pense que il faut accepter aussi que le temps fasse son œuvre c'est-à-dire que plus on s'empare des sujets de façon apaisée sereine non conflictuel les choses doivent se dérouler aussi euh tout à l'heure vous disiez madame les les sourires bah oui parce que aujourd'hui on a souri à l'inauguration de cette salle parce que ça a du sens voilà c'est la question du sens moi qui fait énormément d'interventions dans des collèges dans des lycées entre autres pour parler de l'M de gouge qui vait un peu partout avec elle et avec d'autres femmes j'ai l'impression que petit à petit en fait les choses évoluent et et sans les brutaliser c'est-à-dire qu'en fait on peut par exemple lancer un projet citoyen on peut questionner les citoyens et les citoyennes sur euh quels seraient les noms aujourd'hui que vous aimeriez avoir pour nom de rue de place et en fait je pense que ça fait partie des évolutions qui sont certes lentes mais qui sont de toute façon inéluctables vu dans les nouvelles générations il faut quand même pour une fois soyons un peu optimiste je crois que dans les nouvelles générations les les jeunes filles comme les jeunes garçons sont extrêmement sensibilisé à cette question de la place des femmes et d'ailleurs même souvent de façon un peu nave il dit mais nous on comprend pas pourquoi en fait on parle si peu si peu des femmes donc je pense là il y a vraiment une question de méthode de travail moi je crois énormément au projet citoyens il y a quelques années à la dans la ville des Lilas j'avais mené un projet il y avait eu l'inauguration du parc Simon veille la politique hein pas pas la philosophe et j'avais fait j'avais fait créer par des élèves de seconde générale une exposition reen où dans le parc Simon veille on pouvait déambuler et suivre l'histoire de Simon veille et donc quand on suivait l'histoire de Simon vest ça veut dire qu'on suivait aussi l'histoire de la Choa d'une famille française Laï parfaitement assimulée j'avais demandé à ce qu'il y ait aussi un panneau rédigé sur Simon veille et son amie Marceline laorid dan Evens bref quand on va depuis 2018 dans le parc Simon veille non seulement on est dans le parc Simon veille mais on lit l'histoire de Simon veille et de ses amis qui ont connu la choix la déportation et je crois beaucoup à ces initiatives où il y a il faut évidemment des compétences pour mener tout ça donc ça peut être par le biais d'atelier d'écriture le biais de conférence et cetera pour que petit à petit en fait les femmes prennent leur place dans la matérialité de la rue de l'espace public voilà et et je je je suis bien convaincu que ça va prendre du temps vous avez soulevé d'ailleurs quelque chose chose qui est essentielle on parle des femmes qui écrivent on parle des femmes politiques mais il y a les ingénieurs il y a les sportifes il y a les scientifiqu n'est-ce pas Dominique voilà bref tous ces domaines où en fait les femmes se sont aussi illustrées et ce sont encore des histoires à écrire voilà et je pense que c'est aussi pour ça qu'en France il y a une telle demande sociale d'histoire c'est parce que on a encore tant à écrire sur euh moi j'ai un fantasme qu'on ne parle plus d'histoire des femmes c'est pas pour demain matin je pense que je connaîtrai pas de mon vivant mais que voilà toutes ces femmes en fait euh puissent aussi avoir leur place sur les étagères des librairies c'est-à-dire pour pour qu'elles puissent après euh qu' qu'on comprenne que leur place est aussi dans l'espace public c'est-à-dire qu'elle fait elle elle constitue notre histoire notre mémoire notre citoyenneté il il faut les avoir étudié et donc tout ça ça va prendre du temps l'autre question h ollympe de gouge et les générations actuelles bonne nouvelle notre jeunesse adore Olympe de gouge entre autres parce que bah justement il y a eu tout un travail éditorial autour de cette figure je pense évidemment en premier lieu à au roman graphique de Catel etbquet première édition 2012 depuis chaque année réédition réédition réédition bon il y a quelques pages qui sont un peu historiquement bon je ne vais pas je ne vais pas faire mon mon ma mon mauvais esprit comment oui non mais c'est surtout qu'il y a des éléments qui historiquement tiennent pas mais en fait j'ai envie de dire à la limite c'est pas si grave que ça parce que par exemple dans ce roman graphique il y a une chose essentielle enfin OLM de Gou j'ai un visage et d'ailleurs c'est intéressant d'interroger Catel sur mais quand il a fallu représenter Olympe de gouge il a fallu qu'elle crée son Olympe de gouge et ça c'est fascinant ça veut dire qu'on est en train de la recréer et la nouvelle Olympe de gouge c'est celle de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques euh les nouvelles générations sont au combien alors là ces dernières années je ne peux plus les compter j'ai fait en France comme à l'étranger dans les lycées français sur invitation des instituts français des conférences sur Olympe de gouge à destination de la jeunesse et les jeunes filles comme garçons ils en sont mais ils la trouvent extraordinaire c'est c'est leur Copin quoi ils aimeraient l'avoir comme comme comme meilleure amie enfin voilà donc là-dessus et d'ailleurs moi j'avais mené des ateliers d'écriture où je demandais à des jeunes d'écrire une lettre à ollym de gouge et ça a donné des choses exceptionnelles donc et c'est un exercice difficile d'écrire une lettre à quelqu'un qui par définition ne nous répondra pas mais y a on sent qu'il y a une proximité eux ils ont compris sa modernité ils ont compris en fait son humanité voilà c'est ça qui c'est ça qui les séduit en fait donc ça de ce point de vue-là c'est vraiment une une excellente nouvelle euh il y avait une question sur quelle a été en fait l'écho à l'œuvre aux idées deolâ de gouge de de dans son temps à son époque réponse très contrastée j'ai envie de vous dire nul un exemple très concret la diffusion le 14 septembre 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne aucun je dis bien aucun écho voilà pourtant elle s'est donné les moyens d'ailleurs c'est l'un de ces rares textes qu'elle a pour lequel elle a pris véritablement du temps encore une fois c'est pas une styl le elle a réfléchi elle a mûri elle la dédicace à la reine Marie-Antoinette il y avait évidemment une stratégie bon alors les droits des femmes la reine Marie-Antoinette ça c'est voilà mais on peut pas lui demander de changer de système de pensée c'est pas possible alors et en même temps en même temps et c'est là où elle était très forte elle n'a jamais évidemment gagné le moindre argent avec ses écrits jamais c'était pas l'objectif d'ailleurs par contre elle dépense tout son argent au service de ces écrits ça aussi c'est c'est beau c'est très beau c'est un investissement dans l'espace public donc une fois qu'elle a fait imprimer ses textes au 18e l'imprimeur c'est l'équivalent de l'éditeur elle a fait imprimer ses textes et après confie ses textes à un petit métier parisien qui est en fait le colpteur celui qui distribue les papiers les TR enfin les les brochures les feuilles volantes et cetera bon déjà inonde le tout Paris de ces textes surtout je l'ai dit tout à l'heure elle placarde certains de ces textes sur des affiches de couleur rouge ou jaune c'estàdire que l'on voit de loin très bien et il y a une anecdote qui est tout sauf anecdotique à Paris sous la Révolution il y a une il y a une expression qui revient un peu partout dans l'espace publicque tiens ah c'est encore la de gouge et quand on dit c'est en encore là de gourge ça veut dire qu'on voit un petit attroupement d'individu devant une affiche de couleur rouge ou jaune soit on lit soit on se fait lire parce qu'évidemment il y a beaucoup d'individus qui ne savent pas lire et ça veut quand je dis c'est quand même une réussite c'est-à-dire que quand on dit c'est encore la de gouge ça veut dire qu'on a pris l'habitude de la lire de la de de croiser ces textes et qu'on le veuille ou non bah ça veut dire que mine de rien elle a en partie réussi son pari c'est-à-dire d'être lu et peut-être même d'influencer OMP fait partie de ces individus qui a très bien compris l'écrit est un pouvoir pour ne pas dire le pouvoir et donc quand on dit c'est encore là de gouche ça veut dire que bah concrètement elle est lu donc voilà c'est très contrasté sur un texte comme la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne là c'est pareil il faut dire les choses pendant cette décennie de révolution la question des droits politiques jamais jamais jamais ne franchira les portes d'aucune des Assemblées nationales que ce soit la Constituante la Législative la convention ce n'est pas un sujet les droits politiques des femmes mais pourquoi faire c'est pas un sujet donc c'était assez logique que ce texte évidemment qu'on peut aujourd'hui qualifier de féministe n''est aucune réception les individu qui au 18e siècle comme déjà un peu au 17e s'intéresse sur la question des droits des femmes mais déjà il se compte 17e 18e nos 10 doigts suffisent hblement et de toute façon c'est pas un sujet c'est et c'est pas un sujet pour les hommes comme c'est pas un sujet pour les femmes hein ça ce sont des choses évidemment qui sont un peu qui si je dire nous hérissent un peu le poil mais c'est la réalité c'est c'estàd que on on ne s'intéresse pas à ces sujets parce que on considère que ce n'est pas un sujet voilà euh autre question pourquoi s'intéresse-t-elle à la VI à la vieillesse euh ou à des questions comme l'esclavage parce qu'il y a un parcours de vie tout à l'heure je vous ai dit il y a chez Oland de gouche très jeune encore une fois est né batarde le mot était épouvantable mais c'est ainsi que l'on dit au 18e siècle ça veut dire que depuis sa plus petite enfance d'ailleurs on sait pas grand-chose he sur cette enfance sur cette adolescence faut dire les choses les archives sont soit détruites soit plus ou moins inexistantes euh on sait qu'elle a par exemple à Montauban donc qui son lieu de naissance tout le monde savait qu'elle était la fille du enfin la la la batarde du seigneur local tout le monde le sait tout le monde ça veut veut dire qu'elle vit non seulement avec l'AUPR de de la batardis en plus de ça tout le monde sait que bah elle en fait elle elle est le résultat d'un adultère et qu'elle est en plus la fille du du riche seigneur local eu pourquoi la vieillesse elle s'est énormément occupé de sa mère qui s'appelait Anne Olympe d'ailleurs jusqu'à la fin de sa vie parce que sa sa mère qu'elle aimait beaucoup est morte assez âgé qui plus est pour l'époque on peut imaginer que le rapport à sa mère a nourri cette question puisquelle a dû en elle envoyait de l'argent à sa mère qui était restée à montauan depuis Paris elle envoyait de l'argent à sa mère ça probablement nourrit sa réflexion mais je crois aussi que c'est le propre des gens qui ont une une vraie humanité c'est que quand on a quand on est humain on regarde les gens on regarde les autres on n' pas peur de l'altérité et qu'elle voit et constate des choses dans les salons parisiens qu'elle a très très bien fréquenté dans les années dans la décennie 70 et une grande partie des années 80 elle a croisé le fameux chevalier de Saint-Georges qui était quand même pardon de le dire ainsi une sorte d'animal de foire qui était donc noir très bien éduqué très bon musicien mais elle a bien vu quand même que bah c'était un peu l'élément exotique dans les salons parisiens et qu'il y avait toujours une condescendance un mépris alors que cet homme il était poudré perruqué et portait le le bel habit et était excellent musicien donc c'est une femme qui a cette humanité moi je ne dis plus que olme de gouge est une humaniste je dis que c'est une femme qui a l'humanité chevillée au corps c'est encore plus beau et c'est surtout encore plus juste c'est-à-dire qu'elle n'a pas peur elle n'a pas peur de l'altérité quand on on est une femme au 18e siècle ne pas avoir peur de la différence c'est déjà une révolution mentale et donc elle a elle a cette empathie il y a un autre exemple qui nous qui nous qui nous le montre comme je vous ai dit tout à l'heure elle elle fait partie de ces voix qui revendiquent sous la Révolution le droit à la modération c'est-à-dire que l'opposant politique n'est jamais l'ennemi on a bat pas les on n pas on n bat pas justement on n pas sur un champ de bataille on est dans un débat politique qu'on est dans un débat d'idée c'est pour ça qu'elle est elle s'oppose à toute forme de radicalité mais elle le démontre et c'est là où elle est forte on est au mois de décembre 1792 va commencer le procès du roi qui un moment fondateur de l'histoire de la Révolution et de notre société encore actuelle l'avocat du roi c'est le fameux malzerbe qui a très bien étudié ellisabeth Badinter hand de gouge rend public un texte tout le monde s'est moqué d'elle elle se propose moi Olympe de gouge je suis déçue du comportement du roi il nous a trahi il a trahi euh il a il a trahi la Révolution il a trahi euh notre engagement à ses côtés l'épisode de la fuite arrêté à varen et cetera et cetera mais je distingue l'homme du roi et moi olim de gouche je me propose d'être la 2ème avocate du roi Louis XV enfin comme on dit en décembre 92 de Louis Capet tout le monde se moque d'elle une femme qui dit le droit une femme qui est l'avocate donc qui va prêter sa voix à celui qui fut roi de France monarque absolu là mais là tout le monde se moque d'elle non seulement on se moque d'elle parce que encore une fois elle s'agite dans l'espace public et elle fait son intéressante mais en plus de ça dit mais pour qui se prend--elle elle a la prétention de dire le droit elle a la prétention euh de pouvoir prêter sa voix à celui qui fut roi de France et elle l'explique très bien dans son texte c'est parce que derrière le roi qui a trahi il y a un homme et ça pour moi c'est l'un des moments les plus euh comment dire beaux et émouvants de cette trajectoire parce que ça veut dire qu'elle démontre elle se proposait d'aller d'aller défendre un homme qui avait certes trahi mais qui au demeurant conservait son humanité et qu'il fallait faire la part des choses entre le roi traître et l'homme euh pour la guerre ah pour la guerre alors c'est un petit peu plus compliqué oui elle n'aime pas la guerre ce qui est plutôt rassurant les gens qui aiment la guerre sont plutôt anxiogènes mais là il y a quand même quelque chose qui est un petit peu plus complexe dans la pensée d'Olympe euh elle a bien compris que la France enans révolution se lançait dans la guerre ça allait être un désastre et ça le ce fut largement le cas les les armées françaises sont totalement désorganisées les officiers sont partis en immigration enfin bon voilà c'est c'est c'est c'était en grande partie voué à l'échec au demeurant elle va à l'instar d'une terroine de MRI court dont elle est extrêmement proche demander à ce que les femmes puissent elles aussi porter les armes non seulement pour assurer le maintien de l'ordre publi par qu'elle le dit mais la garde nationale il y a que des hommes c'est des citoyens mais nous nous sommes des citoyennes donc nous aussi nous pouvons prendre les armes pour préserver l'ordre public maintenir l'ordre public elle ne veut pas du tout que les femmes soient armées pour se défendre en tant que femme elle veut agir en tant que citoyenne participant en fait à la garde nationale donc à l'ordre révolutionnaire et républicain et elle le dit mais pourquoi les femmes puisqu'il y a la guerre pourquoi les femmes elles aussi ne peuvent-elles pas devenir soldat bon là inutile de vous dire que aussi sur ces questions que ce soit terroine de mricourt ou Oland de gouge on se moque d'elle voilà c'est absolument évident mais et d'ailleurs c'est même dans l'un des 17 articles de sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne c'est c'està dire qu'il faut que les femmes puissent elles aussi porter les armes dernière question quelles sont les autres femmes alors terroine de mricourt elle a été très très proche elles ont porté un certain nombre de combats ensemble contrairement à ce que l'on dit souvent terroine Decour n'est pas du tout une hystérique virago pas du tout c'était même une femme qui elle aussi était très clairement dans la modération Oland de gouge se méfia aussi des femmes de qui sont très peu nombreuses une Pauline Léon une claire la comombe qui sont elles pour le coup dans une radicalité politique très très forte moi j'ai une obsession en tant qu'historienne enfin j'en ai même plusieurs mais celle-ci c'est quelque chose qui pourrait m'empêcher de dormir est-ce qu'elle a connu madame Rolland parce que c'est exactement la même sensibilité politique à peu de chos près elles ont des amis en commun comme par exemple verniot qui était un député girondin incontournable et l'un des plus grands orateurs de la révolution là où elle est trs avec de qui est-elle très très proche et des condorais c'est-à-dire aussi bien de lui comme d'elle Sophie et Olympe aimait réellement les hommes qui n'ont eu de cess pour un certain nombre d'entre eux de la protéger aussi bien pour l'encourager dans ses ambitions littéraires par exemple luouis Sébastien Mercier qui a qui a qui a inventé en fait le le le roman de de science-fiction en fait quelque part d'anticipation lui dit mais tu as une plume tu as des idées Olympe tu dois écrire il y a des hommes comme par exemple Jacques birice de Rosière qui a été son compagnon son amant puis son compagnon à plusieurs reprises il la demande en mariage il lui elle lui répond il en est hors de question voilà donc elle reste veuve et célibataire jusqu'à sa mort euh euh va lui donner beaucoup d'argent pour lui permettre justement de se réaliser de s'accomplir dans son dans son parcours littéraire il y a beaucoup d'hommes qui non seulement ont de l'affection pour Olympe mais qui ont de l'admiration pour Olympe voilà donc son son milieu c'est un milieu assez élitiste elle est manifestement on a aucune preuve par l'archive mais très proche des loges maçonniques très très proche manifestement elle serait entrée à la fameuse loge des neuf sœurs qui était la seule Loge Féminine mais son univers féminin ce qui est certain aussi c'est que le nombre de femmes qui l'ont détesté pendant la révolution parce qu'évidemment elle changeait les les lignes de front et elle expliquait aux femmes qu'il ne fallait qu'il fallait rejeter les normes dans lesquelles elles elles sont nées celles d'être né femme ça n'a pas plu ça c'est évident donc c'est mais elle est aussi comme toutes ces figures moi elle me fait beaucoup penser à cette jeune iranienne Ayou dariae qui a qui le 2 novembre 2024 a osé se déshabiller et évoluer dans l'espace public c'est-à-dire d'aller à contre-courant ces femmes qui détournent le regard d'ayou d'IAE qui en sous-vêtement parce que très clairement elles ont peur ne serait-ce que de poser un regard sur cette jeune femme qui revendique elle va peut-être mourir mais en femme libre et ça depuis cette j'associe beaucoup au limpe à cette image et bien nous allons terminer sur cette figure contemporaine de du combat des femmes merci beaucoup franchement Cécile c'est grâce à toi que j'ai connu Olympe je la connais de mieux en mieux à chaque fois que je t'écoute je suis vraiment ravie que nous ayons pu profiter de de ce moment et merci beaucoup à celles qui sont restées merci beaucoup à toi de nous avoir fait profiter de cette passion finalement qui t'anime sur l'histoire des femmes merci merci à vous [Applaudissements]
Dominique Verien