Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLEGEND· 27 juillet 2025 48 min

MARC LAVOINE : ÉLEVÉ COMME UNE FILLE, SA VISION DE L’ÉDUCATION ET DE LA MORT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde. Bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, on reçoit Marc Lavoine qui est chanteur comédien.

Un mec que j'ai rencontré, je savais pas sa langue et il est mort. Le lendemain, j'ai été invité donc à crémation à la cérémonie et là, j'ai vu son fils avec le le fémur de son père, il jouait avec. Non, non, mais c'est vrai.

Non, mais il y a des gens qui pensent que je suis fou. Tu veux qu'on parle de ma mort ? Ouais.

Je préférais qu'elle me regarde pas dans les yeux, qu'elle me prenne par surprise. Bonjour tout le monde, bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, on reçoit Marc Lavoine qui est chanteur, comédien et qui est auteur puisqu'il vient de sortir un deuxième livre où il raconte le décès de sa mère et comment il a dû faire face au deuil après ça.

On va aussi parler de ses enfants évidemment puisque c'est un sujet très important de sa vie, l'amour qu'il leur donne, les conseils qu'il peut leur distribuer aussi chaque jour au quotidien. Merci en tout cas de nous suivre de plus en plus nombreux sur les gendes. On sort des émissions trois fois par semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche.

On reçoit plein d'invités différents comme vous pouvez le voir aujourd'hui, c'est Marc Lavine mais c'est aussi des gens avec des personnalités particulières avec des expériences de vie originales. Donc si vous avez envie de voir des personnes précises sur légendes, écrivez-nous un mail à l'adresse contact@legendegroupe.fr et peut-être queon le recevra ici sur le fauteuil.

En tout cas, pour l'instant, c'est Marc Lavoine sur légende. Bonjour, c'est Marc Lavoine, je suis donc sur légende. Merci Marc.

Merci de venir nous nous parler d'un sujet qui est très personnel. Tu as tu as mis 7 ans à écrire ce livre là qui s'appelle quand arrivent les chevaux ? J'ai pas mis 7 ans à l'écrire.

Tu as mis 7 ans avant ? 3 semaines à l'écrire. 3 semaines à l'écrire. et je l'ai laissé 7 temps sur mon bureau.

Ah ou j'espère que c'est surtout un lien que chacun porte à sa mère. Donc il y a des gens qui tiennent la main de leur mère qui va mourir et puis ils ne sentent rien. C'est un lien.

Ouais. Et il y a ceux qui sentent des choses. Ah ouais, c'est plus ou moins large mais on a tous un lien avec sa mère.

L'idée c'est de rire avec ça. H C'est ce que j'ai essayé de faire. Il y a un peu de tout dans ton livre.

On en parlait. Je voulais te poser plein de questions avant de on refait l' vie de l'invité chez les gens en général. On refait la vie.

On refait ta vie. Mais l'idée c'est de revenir un petit peu de croiser un peu ce que tu as pu écrire dans ton livre sur la relation avec ta mère. Comment tu as pu vivre un certain deuil, comment tu tu as pu t'en sortir tomber parfois dans des excès parce que tu lui expliques notamment à la fin du livre que c'était des C'est Marcel hein Marc il intervient au début du livre.

Il présente le le pourquoi. Exactement. Ensuite on est chez Marcel.

Marcel c'est un personnage inventé. H euh les les personnages sont vrais si tu veux. C'est c'est écrit d'ailleurs, c'est le roman d'une jument.

H c'est un récit basé sur une histoire vraie. Mais après le le premier livre que j'avais fait qui s'appelait l'homme qui m sur ton père du coup c'était le roman dans notreur récit basé sur une histoire fausse. Voilà si tu veux l'idée c'est quand même que un roman c'est aussi une création c'est aussi ton imaginaire.

C'est surtout pour moi le plaisir de réinventer une histoire qui qui s'est mal terminée. Et donc si tu veux, j'essaie de de bien la terminer parce que je veux rester dans la vie. Tu dis ton père est mort en en Algérie quelque part.

Oui. Qu'est-ce que ça veut dire cette phrase là pour toi ? C'est c'est que la personne qu'il était là-bas et ça s'est arrêté à ce moment-là.

Est-ce qu'il est devenu une autre personne en en traversant ou qu'est-ce qui qu'est-ce que tu entends par cette phrase là ? Mon père était inscrit en rouge quand il est parti en Algérie parce qu'il était communiste. Une fois la section a été attaquée par des féag et ils sont tous été tués sauf lui.

Le type dit fais la gar il lui a dit il lui a dit bouaya tais-toi. Il a mis un coup de crosse. C'est un type qui l'avait reconnu parce que il soignait les les yeux des Algériens qui étaient malades et il écrivait le courrier pour eux.

D'accord. Donc il a été emmerdé une deuxième fois parce qu'il était le seul survivant et il s'est fait un ami algérien. Et donc dans la rue mon père avait l'habitude comme il avait été éclaireur de pointe l'habitude des des grenades sifflantes.

OK. Il a entendu le sifflet des grenades, il a dit attention, il s'est donc couché et son copain à côté a été donc touché et est donc mort dans ses bras et il lui a donné son petit bonnet bonnet qu'il a ramené en France et ma mère l'a l'a perdu. Ça a été un problème parce que il est mort en Algérie.

En 57 quand il est parti, mon frère est né. OK. Et en 62 quand il est rentré, je suis né.

Donc on a encadré cette période hm de mort par nos naissances. Ouais. Tu arrivé à la fin de la guerre d'Algérie toi.

Finalement après les coro Voilà. Tout ça pour dire qu'il ne faut pas confondre le nom d'un pays et le nom des habitants du pays. Il faut respecter les Algériens.

J'allais te poser la question justement, est-ce que tes parents qui avaient vécu cette guerre d'Algérie, qui avaient vécu certains traumas, est-ce qu'ils vous ont protégé toi et ton frère de tout ce qu'ils avaient vécu ? Est-ce qu'ils vous ont raconté ? Est-ce qu'ils vous ont épargné et offert cette vie justement un peu légère quand vous avez grandi, qu'il n'avait pas eu eux ou est-ce qu'au contraire ils vous ont mis au courant parce qu'il fallait que vous sachiez des choses ?

Mes parents ont connu euh la guerre de de de de 40 et puis la guerre d'Algérie. Ça a été deux deux choses très très violentes quand même. Ouais.

Donc si tu veux, bien sûr que le retour c'est une page à écrire qui est compliquée surtout pour les hommes. Les femmes sont différentes. Une femme n'est pas ce n'est pas une sœur, c'est pas une mère, c'est une femme ou à part entière.

On dit pas ça d'un homme. Les femmes s'en sortent toujours mieux parce qu'elles construisent la vie. Et donc euh ce traumatisme du retour euh, il existe d'abord chez lui évidemment par une chape qui s'installe et qui fait silence pendant un an ou deux.

D'accord. D'autant que ma mère a perdu ce bonnet qui était cher à son cœur puisque il s voilà. Donc ça a créé un premier conflit et quand j'arrive, c'est compliqué parce que ma mère veut une fille et euh quand on lui dit que c'est un garçon, elle veut pas le voir.

Donc je reste quelques jours sans voir ma mère et puis au bout de quelques jours tout le monde passe, ils cherchent un prénom tous pour moi. Donc et puis elle dit "Bon, montrez-le moi." Elle me regarde, elle me prend dans les bras, elle m'appelle Marc et l'affaire est réglée.

Sauf qu'ensuite, c'est vrai qu'elle m'a elle m'a considéré un peu comme une fille, ce qui a créé une connexion. Tu étais ce qu'elle attendait finalement en acceptant un peu d'être J'étais une fille avec quelque chose entre les jambes. Mais une fille pour une mère, c'est c'est c'est c'est important.

H voilà, j'ai été élevé, j'ai on m'a laissé pousser les cheveux. Je les cheveux jusque là. bouclé et j'ai été levé comme une fille jusqu'à très tard.

Est-ce que c'est toi qui a mis un stop à ça en quelque sorte ou est-ce que c'est la vie te rappelle en fait ? Finalement, disons que quand j'ai été chercher mon mon oncle algérien à l'aéroport et j'ai baissé mon pantalon, j'ai dit je m'appelle Marc et je suis un garçon parce que tout le monde me prenait pour une fille. [ __ ] !

Ouais. Donc fallait que je montre que j'étais un garçon. Est-ce que tu est-ce que parce que tu tu dis un petit peu cette relation est arrivé un petit peu comme un signe au moment où tout se cassait la gueule à côté, tu vois.

Tu as vu ça comme un message parfois aussi de de après laisser ta mère qu'elle ait laissé quelqu'un aussi pour pour être avec toi. Est-ce que ça s'est fabriqué ? Ça a été une discussion ?

Ça a été Qu'est-ce qui a déclenché le Non, c'est elle qui a tout fait. OK. Je l'ai cru.

Elle a dit une phrase. J'ai cru ce qu'elle disait. Voilà, c'est tout.

J'ai eu la chance de rencontrer ma mère. Ça a été une chance. H Je croyais à ce qu'elle disait.

Elle disait la vérité. Donc euh la vérité c'est pas énorme hein, c'est pas grand-chose, c'est juste la vérité. Hm.

Mais le mensonge est intéressant parce que mentir, c'est se cacher, c'est s'exclure. Être alcoolique, c'est s'exclure. Hm.

Et donc quand on s'exclut soi-même, on peut avoir le vin méchant en vouloir à l'autre et puis après on peut avoir le vin coupable sans vouloir à soi et c'est nonstop. C'est l'histoire de mon père ça que tu racontes. Voilà, je le vois très bien.

C'est l'histoire du mien. Donc si tu veux ce que m'a laissé ma mère, la vertu qu'elle m'a laissé, elle avait des défauts évidemment, elle a eu tort de faire certaines choses évidemment. Mais moi, je suis qui pour juger ma mère ?

Je suis qui pour juger mon père ? Jamais j'ai porté jugement sur eux. Leur vie, c'est leur vie et leurs blessures sont importantes.

Comme je les connais leurs blessures. À quoi ? Bon dire je suis pour lui, je suis pour lui.

Ouais, ça sert à rien. Mais j'ai quand même appris une chose que ma mère m'a donné. Elle pouvait pas faire autrement d'ailleurs.

C'est la vérité. Dire la vérité, c'est un soulagement terrible de dire la vérité. Il y a quasiment un côté compte dans ton dans compte.

Enfin, moi je l'ai lu comme un compte. Euh j'ai aimé le côté parfois ultra réaliste parce qu'il y a des rencontres qu'on sent être réelle notamment avec l'éditrice qui vient qui s'en va puis qui revient. On sent qu'il y a des gens importants dans ta vie qui rentrent en jeu.

Mais il y a ce côté où parfois on sait pas trop si c'est de la réalité, si c'est de la fiction. H je me posais la question déjà de de quoi ta mère est est partie est décédée parce que en réalité j'ai l'impression qu'il y a comme des lubration un petit peu. Il y a des choses où tu te dis mais toi tu tu réagis pas elle fait des longs monologues.

Il y a une chose qui est pas logique dans mon mon livre c'est le garçon que je vais retrouver après après ma descente aux enfers qui me remonte. Lui me remonte mais lui il a perdu son fils Frédéric. Voilà.

Ouais ça c'est pas normal. Donc ma douleur, pour qui je me prends pour mettre ma douleur au milieu de ce livre ? Pour qui je me prends pour penser que c'est moi qui suis coupable de sa mort.

C'est là où je me rends compte que je suis une pauvre chose. Finalement, je me prends vraiment très au sérieux pour pouvoir me mettre au milieu et me dire "C'est de ma faute." Tu tu le mentionnes, tu le dis littéralement quoi.

Donc c'est pas de ma faute. Elle est morte parce qu'elle était usée, fatiguée, qu'elle avait envie de mourir. D'ailleurs, je fais une photo d'elle, je la regarde et et maman, c'est pas possible pas me laisser cette photo là.

Souris. Elle me redonne un morceau de vie. du regard que je connaissais et dans lequel j'étais bien.

Donc voilà de quoi elle est morte. Elle est morte parce que la vie était violente, parce que elle était lipanique, parce que elle elle allait en maison de repos, parce qu'elle a eu des fibromes, parce qu'elle a été malade du cœur, parce qu'elle a fait des attaques. À l'hôpital, quand tu arrives à l'hôpital, on te demande pas comment tu t'appelles, on te demande pas d'où tu viens, demande comment tu vas.

Ce mot là, comment vas-tu ? Ces mots-là, c'est ce qui rend les patients patients. C'est ce qui les rend heureux aussi quand on les regarde dans les yeux, qu'on leur dit "Comment allez-vous madame ?" J'ai eu l'occasion de voir ma mère heureuse de ce moment-là, ce moment où on lui rend sa féminité, cette chose qu'on lui a enlevé sans faire exprès mais on lui a enlevé.

Et donc elle est morte de de l'assitude, je crois. C'est une chose qui te qui te qui te ferait peur d'avoir cette même mort de lassitude. Est-ce que tu fais aujourd'hui tout justement pour prévoir vu le constat de la lassitude pour justement pas être dans une lassitude ?

Écoute, tu veux qu'on parle de ma mort ? Ouais. Bon en si ça te dérange pas moi, enfin j'ai pas de problème avec ça et et ton livre est quand même vraiment axé là-dessus.

Très bien. Alors, d'abord, j'aimerais pas la voir venir. Je préférais qu'elle me regarde pas dans les yeux, qu'elle me prenne par surprise, tu vois.

Hm. Pas dans mon sommeil forcément, mais un soir au coucher du soleil, je verrai le balai des oiseaux avant le coucher du soleil. J'adore le balai des oiseaux.

C'est magnifique devoir se déplacer en groupe et de passer dans le rose, aller là où c'est rose. J'aimerais mourir là où c'est rose, là où le soleil se couche. C'est la dernière question à poser qui n'a pas de réponse.

C'est là où c'est rose. Et donc voilà, voir le balade des oiseaux, entendre le champ du vent et le bruit de la mer. Le bruit de la mer, c'est magnifique.

Et mourir, j' bien mourir comme ça si c'est possible quand on est face à la mort. Pas forcément la sienne parce que moi je préférais qu'elle m'arrive dans le dos. Je préférais mourir de mon vivant si c'est possible.

Quand le sida est arrivé en France, j'avais un copain qui était barman. Il m'offrait des verrs et un jour je vois des taches sur son visage. Le sarcom de Caposite, tu vois ? et j'ai pas voulu l'embrasser.

Je suis rentré chez moi dans ma ple de bonne et je m'en suis voulu vraiment d'avoir eu peur et de ne pas avoir embrassé mon ami. Tu en as parlé avec lui et le lendemain, je suis revenu, je l'ai embrassé, je lui demandé pardon. Il m'a dit "Merci, ne t'inquiète pas, je vais mourir." Ce rapport à la mort est toujours très compliqué.

H parce que nous sommes compliqués en France, dans ces villes verticales où mourir est un péché quoi, où mourir est impossible. En Afrique ou en Inde, la mort n'a pas le même regard. et on n'a pas la même vision de la mort.

Donc la mort fait partie de la vie et la mort est drôle. Quand j'ai été un de mes meilleurs amis qui était donc un mec que j'ai rencontré, je savais pas sa langue, il connaissait pas la mienne. Donc comment on faisait ?

On se regardait et on parlait. Il m'emmenait dans les temples, on allait prier. J'étais pas du tout bouddhiste ni hindouiste.

Il était hindouiste. On est hindouiste. Je pas le devenir.

Je faisais comme lui. Quand il faisait la prière bouddhiste, je faisais comme lui. Et quand il faisait la prière hindouiste, je faisais comme lui.

Et puis j'ai commencé à parler anglais et donc il pouvait me répondre. Mais je lui ai jamais posé une question. Jamais.

Et il m'a jamais donné un conseil. Et il est mort. Et c'était la première fois où je tombais par terre.

La deuxième fois, ça a été avec ma mère. Parce que la mort des gens m'est pas supportable, elle est inacceptable. Alors, il faut travailler dessus.

Ouais. Je suis parti là-bas à Bali en Indonésie et puis je suis arrivé chez lui. Ça festoyait, les gens venaient apporter à manger tous les jours.

Il y avait des gens, beaucoup de gens. Et donc le lendemain, j'ai été invité donc à la à la crémation à la cérémonie. J'étais au premier rang avec sa fille, sa deuxième fille, son fils, sa femme et Mad et Peter.

Mad et Peter sont des amis d'enfance de de ce type de Wana. Et là, j'ai vu son fils avec le fémur de son père dans la main. un morceau d'os.

Il jouait avec [ __ ] et il souriait. Ouais. Et puis les les bateaux sont partis sur l'eau et puis ils ont jeté les cendres dans l'océan Indien.

J'ai eu une autre vision de la mort plus rassurante ou pas ? Je suis parti heureux. Ouais.

Quand dans leur portefeuille quand ils ont la photo de leurs enfants, ils te montrent Madé, ils te montrent Wan, ils te montrent les et puis il te montre un mort. Ils vivent avec la mort. En Afrique, c'est la même chose.

Et donc si tu veux, c'est autre chose que de vivre avec. Ouais. En Afrique, les choses sont horizontales.

Tu es pas debout ici à Paris, tu te mets, tu t'assois par terre. On pense que tu es un SDF. On va on va dire qu'il est que je prends du craqu et cetera.

Ouais. Là-bas, tu peux t'allonger en Afrique. Tu as le droit de t'allonger.

Donc être enterré dans un endroit où un lion venait. Non, mais c'est c'est autre chose, tu comprends ? Il y a une vie éternelle qui existe parce qu'elle passe par la poésie.

La verticalité enlève la poésie. L'horizontalité donne de la poésie. C'est important d'être à l'horizontal de temps en temps.

Comment tu le tu leur parles de la vie à tes enfants ? Parce que là, tu vois, on est dans des discussions qui sont très, on va dire aériennes, je sais pas le terme, mais en tout cas, c'est très Ça peut être très loin pour certains, ça peut être très parlant pour d'autres. Ouais.

Bah non, je peux passer pour un fou. Il y a aucun problème. Bah, c'est pour un fou.

C'est parce qu'on utilise des mots différents d'habitude. Non non mais c'est vrai. Non mais il y a des gens qui pensent que je suis fou.

Que je suis fou. Je sais je pens que tu es fou. Mais non mais les ragos sociaux, tu sais ce qu'on peut dire.

Ah oui oui. Ça c'est c'est autre chose. C'est notre vie ça.

Voilà. Mais je les vois pas dans la rue ces gens-là. C'est marrant.

Ils sont pas dans la rue. Dans la rue, je pense qu'il y a des gens qui t'arrêtent qui te qui te f Ah mais je me marre avec eux. Les gens les gens me me font rire.

Ils me font plaisir. Ils sont gentils. Les marchandes de journaux.

Je discute avec les garçons de café, les gens dans la rue. Tu aimes cette partie notoriété ? C'est des choses qui te plaisent ? dans la notoriété, c'est la seule chose qui me plaît.

OK, c'est la seule chose. Donc tout le reste dépli bah les photos de moi, j'en ai pas chez moi. Les disques, j'en ai pas.

Les films, j'en ai pas. Tout ça, je veux pas voir. Ça m'intéresse pas.

Ce que je veux, c'est dessiner, écrire. C'est ça qui m'intéresse. Et les gens, mais est-ce que pour tes enfants c'est enfin tu veux qu'il enfin tous ces films que tu n'as pas chez toi, les albums que qui n' que tu n'as pas chez toi, est-ce que tu veux que tes enfants les aient justement ?

Est-ce que toi c'est important qu' qu'ils aiment ton travail, qu'il le consomment ? Tu vois, c'est le livre, ils vont pas le lire. Tu es sûr de ça ?

Ils ont pas lu le premier, tu vois. Et ma fille, ma fille a dû dire "Bah, elle a 26 ans, donc elle a lu le premier mais euh je suis pas sûr que mon fils est né et lu le premier. J'ai qu'à 88 ans." Le plus jeune à 17, c'est ça ?

Mais quand je mourrai, ils vont les lire. Je suis libre. Hm.

Donc quand je mourrai, il restera quelque chose et ils le liront. Ils comprendront qui j'étais parce que ils savent qui je suis. Ils me connaissent par cœur.

Je suis quelqu'un qui dit non. Évidemment, un père ça doit dire non. Mais un père faut jamais oublier qu'ils ont une mère.

Elle a des choses qu'elle sait pas faire. Je le fais. Qu'est-ce que tu fais mieux ?

Qu'est-ce que tu fais bien en tant que père ? Bah si ma fille étouffe, elle est elle m'a ma ex-femme est complètement perdue. Alors je prends ma fille, pim, je tap le ventre, pim, ça sort.

Je sors la chipse qu'elle a au fond de la gorge et ça va mieux. Tu vois ça, je sais le faire. Bon et puis je sais être approximatif et puis je sais aussi leur poser des questions.

Je pense qu'il faut les regarder. Il faut se mettre à leur place. Et quand tu commences à travailler, tu commences à aller dans la psychanalyse et donc tu commences à chevaucher légèrement Betime et tu vas dans la psychanalyse des comptes de fait.

Puis tu tombes sur la philosophie, tu tombes sur l'amour. Parce qu'entre la vie et la mort, il y a qu'une chose, c'est l'amour. Mais l'amour, on sait pas ce que c'est.

Alors, il y a une définition que j'ai aimé d'un philosophe ancien. Je sais même plus qui c'est. Aimer, c'est connaître la fragilité de l'autre sans jamais s'en servir contre lui.

Ça c'est pas mal. C'est pas mal. Et donc, il faut essayer d'aimer les enfants.

Il faut pas essayer, il faut les aimer. Et donc, il faut se mettre à leur place. À quoi ça sert d'envoyer un enfant chez le psy ?

Si tu l'envoies chez le psi, tu lui mets la responsabilité sur lui. Si on allait mieux avec les psis, on le saurait. On est le pays du monde où on prend le plus de machin pour dormir, machin pour se réveiller, machin pour aller bien, de stabiliser.

Donc on le saurait si on allait bien. On va pas bien. Tu parlais d'avoir de l'amour pour ses enfants.

Oui. De pas être non plus dans dans la d'avoir pas de côté moralisateur, de le laisser faire. Est-ce que tu leur laisses faire leurs erreurs ?

Est-ce que tu es là quand même là pour le les rattraper un peu à la volée pour dire "Je suis passé par là, fais pas ça ! Évite !" Non non, ça non.

Non non non non. parce que tu as différents âges en plus. Ça va de 17 à 38 comme tu on est deux parents, on n'est pas les mêmes.

Euh et donc on nélève pas les enfants de la même manière. Moi je sais que je suis euh incapable d'être autoritaire mais je le suis autoritaire. Je suis incapable de rentrer en conflit direct avec mon enfant parce que s'il fait une connerie, bon je vais énervé.

Qu'est-ce que je vais faire si je suis énervé ? Ou je mets une tarte, c'est pas mon genre. ou je lui gueule dessus, c'est plus ton genre qui est complètement con.

Donc j'attends et je réfléchis parce que je suis aussi responsable de ce qui se passe. Engueuler quelqu'un, c'est dire je suis pas responsable, c'est toi. Mais c'est pas vrai, c'est pas lui.

C'est un gosse. Écoute-le, baisse ta caméra. Mais toi, au niveau de ce gosse, ça m'étonne de toi ce que tu viens de faire parce que tu es pas comme ça.

Quand on réfléchit, ça nous empêche de penser. Donc réfléchir, c'est Ouais, c'est un salot, c'est comme ça. Pense, c'est ton gosse et toi tu es son père.

Donc on est toujours à peu près. Donc comme on est toujours à peu près n pas la prétention de dire qu'on sait. Comment tu veux savoir sans lui puisque c'est avec lui que tu vis ?

Donc retourne avec lui. Te sépares pas de lui. Ne te mets pas contre lui mets-toi avec lui.

Et là tu dis bon alors comment on va faire ? Et petit à petit les choses se construisent. C'est comme ça que j'essaie de faire.

H je pas j'y arrive à tous les coups mais c'est il me semble que c'est pas mal comme méthode. Un père a beaucoup à apprendre de ses enfants. Chacun d'entre eux est différent.

Chacun t'apprend quelque chose de fondamental. J'espère que dans un sens en fait. C'est dans les deux quoi.

Bah c'est comme le professeur de lettrre sur qui je suis tombé. On lui avait dit "Tu vas voir avec la voine ça va être une galère. Tu vas tu vas pas ça va être un enfer." Je suis arrivé et j'ai compris qu'il avait compris qu'un professeur apprend de ses élèves et qu'il avait des choses à nous donner, qu'on allait partager quelque chose.

Ma vie a changé et il m'a dit "Tu peux construire ta vie autour des mots. Tu peux ce que tu écrit c'est magnifique et tu peux construire ta vie autour des mots marques." On a été au théâtre, on a été au cinéma, on a vu plein de choses et j'ai cru parce que cette phrase elle était pas c'est pas une autorité paternelle, une autorité paternelle, c'est l'extérieur.

C'est c'est c'était quelque chose qui venait de l'extérieur. C'est pour ça que les parents ont une limite. Et donc faut laisser la vie privée des enfants.

La vie privée est importante et il faut pas confronter le personnel scolaire, les professeurs avec le personnel pédiatrique. H faut pas les confronter, faut pas les faut pas les mettre en lutte. Dire "Oui, mais là elle m'a dit ça, donc vous avez tort." Ah oui, le prof m'a dit ça.

Non non, il faut réagir, il faut réaliser autrement les choses. Il faut pouvoir rendre les choses compatibles et et élargir ce cercle pour pour le pour le rendre essentiel et non pas personnel. Tu vois, c'est comme ça que j'essaie de voir les choses.

Je dis pas que j'y arrive mais c'est comme ça que ma pensée me conduit. Toi, tuas exposé très tôt à la notoriété parce que tu as 25 ans quand ton album sort et que c'est un succès. Est-ce que cette noté j'avais 23 ans quand les yeux revolver sont sortis avant avant j'ai fait pour une big avec toi, j'avais 22 ans.

OK. J'allais à l'armée et malheureusement ils m'ont réformé. À ton grand regret ou oui à mon grand regret.

Ouais. Oui. À mon grand regret parce que qu'est-ce qui entraîn cette réforme du coup ?

C'est un médecin là-bas qui m'a dit "Vous avez très mal aux oreilles ?" Je dis "Non, pas du tout." "Ah si, vous avez mal aux oreilles ?" Je je ne sais pas.

Alors, vous êtes très formé, allez chanter à la télé. Il m'avait reconnu. Il avait dû me voir chez chez chez Guilux ou chez Jacques Martin et donc il m'a réformé.

J'étais content parce que je perdais pas un an, je pouvais rentrer puis élever Kevin avec avec Denise et tout ça. Donc c'était c'était bien. J'avais une petite chambre de de bonne, je pouvais vivre dedans et mais quand je suis allé sur le chanter sur le porte-avion Charles de Gaulle pendant la guerre d'Irak H l'hélicoptère est arrivé, on survole l'océan.

Donc waouh, c'était impressionnant quoi. Et là-bas, on voit le porte-avion. H, on arrive sur le porte-avion, il y a un soldat qui prend un câble qui qui accroche l'hélicoptère, enlève son casque et c'était une fille blonde.

Wouh ! Je dis mais madame bonjour, si je tombe dans l'eau, vous faites quoi ? Je dis je viens vous chercher, monsieur.

Donc je me suis rendu compte qu'il y avait des étages différents avec des gens différents, des noirs, des Juifs, des arabes. Toute la société était là. Elle était pas à l'Assemblée nationale, elle était là.

Elle est à l'école, elle est là, elle est dans la police avec les cadets de la République et elle est à l'hôpital. L'hôpital, l'école, la police, l'armée et la culture. Ça c'est les piliers de la République.

C'est pour ça que j'aurais bien aimé dire à cette jeune femme si vous tombez, je vais vous chercher aussi. Sauf que je mme avec ta voix, ça aurait été un peu dans la séduction. dit voilà est-ce que ça quand quand tu tu dis je viens vous chercher, tu veux lui faire une vanne justement cette fille-là ?

Non non c'est pas une vanne que je fais je lui posais vraiment la question. Ah oui, je posais des questions à tout le monde. Tu parles beaucoup aux gens.

Mais oui, parce que quand tu vois la la coupe du monde des sans papiers, ça existe des mecs qui ont pas de boulot, ils sont toxico, ils sont ils ont décroché qui on des parents peut-être toxicaux qui ont vécu en banlieu on a mis la poussière sous le tapis pendant 40 ans parce que l'élection d'après c'est important, faut plaire aux jeunes et cetera. Donc on a foutu tout sous le tapis et on a créé les banlieux, ce qu'elles sont aujourd'hui. Bon, c'est-à-dire un pays abandonné.

Donc si tu veux, si tu leur parles pas, ils vont siffler l'î nationale tout le temps. Sauf qu'un mec, tu lui mets le maillot bleu, il chante l'î nationale parce qu'on le regarde dans les yeux, parce qu'on lui dit tu existes. H et moi je veux pas jouer au foot sans toi.

Donc si tu veux, ils ont perdu la coupe du monde cette année-là. Ils sont arrivés avantdernier, ils ont pris 25 buts mais ils chantaient ligne nationale, ils étaient heureux, ils jouaient au foot. Donc si tu veux, je pense que et le sport est très important pour ça.

D'ailleurs, un sport c'est comme un bal costumé. Dans un bal costumé, tout le monde a des costumes. Donc les gens se parlent.

Tu enlèves les costumes, tout le monde se retrouve avec son costume. Les gens se parlent plus qui parler comme ça, l'autre qui parle comme ça. Donc il se parle moins à l'armée.

Tout le monde se parle parce qu'ils ont un drapeau et ce drapeau il l'aime. Donc c'est important. H donc c'est pour ça j'ai j'étais pas content de faire de ne pas faire l'armée.

Tu arrives à à plus de 60 ans, est-ce que c'est quelque chose qui te fait peur ? Non non non, la peur c'est une invention. Et tu sais que Daniel Cordier quand je l'ai interviewé, Daniel Cordier c'était le le secrétaire de Jean Moulin.

Donc on parlait tout de la vie de la mort. Mais lui quand il parlait de la vie quand il quand il me rappelait ses souvenirs, il les parlait au présent. Je rentre chez moi, j'entends un pétin qui vend la France, qui donne la France.

Je dis Pétin est un con. On va tuer les Bches. Il part avec un fusil pour tuer les Bches.

Mais lui, il est d'action française au départ. Il est antisémite au départ. Ouais.

La culture française est antisémite. Il va rentrer dans la résistance. Il part avec un copain qui une moto pour aller au port pour prendre un bateau pour aller en Afrique du Nord pour défendre la France.

Il prend le bateau tout seul avec un groupe de jeunes. C'est le plus âgé lui, il a 17 ans. Puis le le bateau va à Londres en fait et il rencontre le général de Gaulle.

Il rentre dans la résistance. son copain qui a fait une panne de moto, il est rentré dans la police française. Le destin s'est joué à une panne de moto et quand Jean Moulin va l'envoyer en à Paris, c'est la première fois qu'il voit un drapeau nazi en couleur.

Il le voit ce drapeau sur le ciel bleu avec un soleil incroyable et il a rendez-vous avenu Mcmaon dans un bar. Il va à pied, place de l'étoile pour aller sur le soldat inconnu. Et là, il croise une petite fille avec son grand-père et les deux ont l'étoile jaune.

Et là, il m'a dit, "J'ai eu envie de les prendre dans mes bras et de leur demander pardon." C'est extraordinaire. Tu vois, ça veut dire que c'est pas une relique du passé, c'est quelqu'un d'aujourd'hui.

Et je pense qu'il faut bien comprendre que quand tu lui demandes pourquoi il l'a fait, il te dit ça s'est trouvé comme ça. Et quand on parlait de la peur, tu as pas eu peur ? et je lui dit "Non, j'ai pas eu peur.

Je me suis vu le faire." Ce type, il a jamais pris la parole juste avant de mourir. Et il y a eu des témoignages extraordinaires de gens qui ne le connaissaient pas et qui le découvraient au moment de sa mort à 100 ans.

Donc, tu vois la notoriété dont on parlait. H se dire "Moi je moi je ça ça ne sert à rien parce que vivre c'est pas ça. Vivre c'est faire ce que tu as à faire.

La richesse de ce que nous sommes, c'est la somme de nos actes. Un homme est la somme de ses actes. Et donc du coup, ça mérite quand même réflexion et ça mérite d'être d'être tranquille avec nous, d'être gentil avec nous.

Mais quand on a quelque chose à faire, il faut le faire. Tu tu dis d'être gentil avec soi mais enfin tu l'as écrit le livre. Je veux dire, je l'ai lu mais tu l'as écrit.

Donc tu sais mieux que moi que tu es hyper dur avec toi-même sur beaucoup d'aspects. Tu tu bon, vas-y, vas-y. Allez, vas-y, vas-y.

Non mais enfin, je trouve où tu vas aller. Vas-y, vas-y. Tu sais où je vais aller.

Je me pardonne pas. Tu dis je me pardonne pas littéralement de plein de choses. J'ai pas fait j'ai pas pris les bonnes décisions.

Ça a été ça pour moi. J'ai sombré dans des trucs très sombres à base d'alcool, des terres, tout ce que tu veux. Tu fais la liste complète.

On une liste exhaustive de choses dans lesquelles il faut pas aller. C'est Marcel qui parle. He c'est Marcel qui parle.

Mais Marcel c'est c'est un peu le Mister Renard de Renault. Il y a un Ah non, ah non. Ah non.

Ah non. Il y a pas de côté exb de Ginsbourg et le renard de Renault. C'est tout ce que je déteste.

C'est quand tu commences à croire que tu deviens prisonnier de ton foulard, tu vois. H si tu enlèves ton foulard, tu es plus Renault. Tuas tu roules en Jaguar, tu es pas Renault.

Non mais attends, c'est quoi cette histoire ? Ouais. Quand tu dis à une fille que c'est une [ __ ] à la télévision, tu es Ginbar.

H non mais non. Ouais. Il y a pas de Renault renard là-dedans.

Mais tu racontes que je te dise Marcel c'est un personnage dans cette situation face à la mort, il lui arrive ce qui arrive à tout le monde. Soit tu prends de l'alcool, soit tu te drogues, soit tu es perdu, soit tu veux te suicider, soit tu déprimes. Toutes les mots de la société arrivent à cette personne-là.

D'ailleurs, cette personne a une voix d'enfant. Quand tu as perdu ton père, tu avais une voix d'enfant. Oui.

Quand tu as appelé quelqu'un en disant "Mon père est mort". C'est un enfant qui l'a entendu. Parce que nous sommes des enfants, des enfants cachés.

Mais faut pas les cacher, il faut les montrer. Faut montrer que nous sommes des enfants. Parce que les enfants ont raison.

Ils sont plus courageux que ces adultes. H Et les grands hommes ne sont pas des adultes. C'est pour ça que l'autre il s'est jeté par la fenêtre.

C'est pour ça que Gary à un moment son ticket n'est plus valable et qu'il s'en met une. Ouais. parce qu'il ne supporte pas ce mensonge.

C'est pour ça que fake, tous ces gens-là, ils n'ont pas supporté le nazisme, ils n'ont pas supporté l'injustice. Ils n'ont pas supporté qu'on humilie un enfant. Ils n'ont pas supporté tout ce qu'on fait aux femmes, tout ce qu'on fait aux animaux.

C'est dans le livre. Hm. La femme est la personne la plus discriminée au monde.

On l'excise, on la lapide. Pourquoi ? parce qu'elle va à l'école, c'est une blague.

Combien de pourcentage de femmes en prison ? 3 %. Combien de femmes disent "Je suis propriétaire de ça ?" C'est à moi, c'est à moi.

Ah bon ? Pourquoi ? C'est ma voiture, c'est mon plasma.

C'est quoi cette histoire ? C'est une histoire d'homme, une histoire d'adulte. Et donc si tu veux, ce livre il est aussi là-dessus.

H il est sur ce rapport. Pour ça que c'est un cheval et c'est une enfant. Ouais.

Et donc si tu veux, Marcel c'est pas Marc. Marcel c'est celui qui écrit. Et celui qui écrit bah il part dans une forme de d'absolu.

Il lui arrive tout ce qui peut arriver. Bien sûr, je suis pas resté sous une douche pendant 5h à à m'effacer sous la douche et à parler indien. Mais j'ai lu la saga des béots qui est une saga incroyable sur sur ça se passe en l'an 1000 donc avant Christophe Colomb à Terneuve.

Ils se sont tous fait massacrés. C'est pour ça que je prends ça comme exemple parce que ils sont fait massacrer par des adultes et le scalp d'un enfant bah tu gagnais plus d'argent quand tu amenais le scal d'un enfant tu comprends ou donc sur ces horreurs et chaque année on fait cabote c'est la la liberté non c'est le massacre des Indiens ces trous de mémoire sur les Indiens les trous de mémoires dont on parlait tout à l'heure dont les écrivains peuvent écrire une histoire et la raconter plus tard leur Sen c'est sur le monstre des hommes qui sont des adultes. Voilà donc si tu veux c'est ça le bouquin aussi.

C'est pour ça que Marcel il rencontre Simo, il le reconnaît pas mais Simao, il a été élevé par sa mère, il s'en souvient pas parce que là il est un adulte et il rentre dans cet embouteillage où sa mère lui parle en disant "Mais attends, réveille-toi Marcel si tu veux rester un enfant c'est maintenant. Parce que moi, j'en ai pour 3 semaines. J'ai calculé les lunes et cetera.

Selon la lune, si je pars là à ce moment-là, c'est parfait. Sinon, le marteau de la justice des adultes va tomber et c'est définitif. Tu pourras plus revenir en arrière.

Tu seras un adulte. Franchement, je te je te le conseille pas. Mais donc si tu veux, c'est pour ça que Marcel tombe dans la drogue.

Alors moi, je suis tombé dans la drogue. Tu veux savoir si je suis tombé dans la drogue ? Est-ce que vo doute puisque tu t'en parleso mais mais ça ça n'a aucune importance.

L'important c'est que j'ai fait un bouquin et que ce bouquin raconte l'histoire d'une dame qui me parle. Elle m'a parlé pendant toute sa vie. J'ai retenu ce qu'elle m'avait dit.

Ce bouquin, c'est un homme et une femme qui m'ont élevé et un frère et une tante. Il est ce bouquin. C'est ça.

Hm. C'est c'est pas un bouquin qui a duré 3 semaines, c'est une vie et 3 semaines. Ouais.

Et 7 ans avant de le sortir. Donc si tu veux, il est important pour moi ce livre. Il est important parce que j'y raconte tout ce que j'ai vu dans les yeux de mon père, tout ce qu'il n'y avait plus dans les yeux de mon père, que je l'ai vu tromper ma mère.

Je l'ai vu physiquement. J'allais chercher mon ballon, j'allais sortir dans la rue, j'avais 12 ans ou 10 ans. Je j'ouvre le petit réduit qui un rideau avec je crois des tournesol dessus.

J'ouvre et je vois les pieds d'une fille sur la pointe et les pieds d'un homme et je vois mon père en train de faire l'amour à une camarade du parti dont le mari est audessus en train de parler avec ma mère le jour de de l'enterrement de mon grand-père. Tu vois un peu le cadre ? Bon, je prends mon ballon et me dis "Marco, je suis malheureux" et tac il ferme il ferme le rideau et je me retrouve seul avec mon ballon et je vais taper dans la rue.

C'est dans le c'est dans le roman et je vais taper dans la rue sur mon ballon. Quand tu vois des choses comme ça, soit tu les aimes plus, soit tu les aimes et je les aime quand même. Est-ce que c'est un soulagement qu'ils aient pu lire ou écouter ou voir des choses que tu as produit ?

C'était en même temps une souffrance. Ils ont réussi mes rêves, ils ont pas réussi les leur avant de comprendre que le rêve d'un père, c'est que son fils réussisse ou sa fille réussisse, tu restes avec ça quand même. La vie n'est pas facile.

La vie a des défauts et les hommes et les femmes ont des défauts. Pour moi, c'était pas simple. J'aime pas voir mon image.

J'aime pas voir ce que je fais. Parce que c'est pas ça qui est important pour moi. L'important, c'est de faire les choses et de passer, de continuer, de continuer tous les jours, de continuer, d'aller ailleurs.

Mais la le vedettaria, la machine à faire des vedettes me plaît pas du tout. Ça me plaît pas. Mais être reconnu pour ce que je suis, pour ce que je fais, ça ça me plaît.

Mais être reconnu comme une vedette, comme une c'est c'est quand on me dit tu es un séducteur, c'est horrible, c'est affreux. C'est un calcul mental d'être un séducteur. C'est un jeu.

Moi, je joue pas. Et donc, j'ai je me suis éloigné de de l'image de la vedette. à la con pour rester proche du du présent.

Je ne veux pas regarder ce que j'ai fait. Je veux être là avec toi maintenant. Je ne sais pas ce que je vais faire après.

Je sais même pas quel jour on est et j'en ai rien à [ __ ] Ce qui me plaît, c'est d'être avec toi et de parler. Mais pas de parler de moi, h parler de la vie, parler des choses. Quand j'étais avec Trintignon, un jour, je vais le voir vers la fin de sa vie, j'avais deux bouteilles, deux bonnes bouteilles de vin du Bordeaux et il me dit "Ah, en voit, je fais "Ah bon Ben ça va mieux tes yeux alors hein ? dit "Oui, non mais je reconnais un peu les étiquettes de loin." Il me dit "Tu sais si un chameau peut travailler 5 jours sans boire, un homme peut boire 5 jours sans travailler." Et on commençait la journée comme ça.

Et là, il me parlait de Desnos, il me parlait de de Boris Viion, il me parlait de d'un film qu'il avait vu, il me parlait d'un artiste qu'il aimait, il parlait de George Brassin, il me parlait de Préver et on disait des textes et c'était ça qui était bien, c'est de parler d'autre chose. Parler toujours de la petite fleur qu'on va aller chercher, qu'on va traverser le désert pour aller chercher la petite fleur. On va pas la retrouver la petite fleur, mais on aura l'humus.

C'est ce côté Théodore Mono qui est intéressant. Marcher, se mettre en mouvement, être tout le temps en mouvement, ne pas s'arrêter dire "Ah, je suis beau !" Non, marcher.

On n'est jamais aussi beau que quand on voit les yeux des gens. Quand je suis dans tes yeux et je vois que tu te marres ou que tu te poses une question, tu dis "Putain, il est fou celui-là." Bien, ça me plaît, ça va dans les yeux ou pas ?

Mais oui, bien sûr. Ça me plaît parce que c'est vivant. Ouais.

On fait ce qu'on veut. H Il faut faire ce qu'on a envie. Et quand on regarde qui nous sommes, à la fin de la vie, on a bien le temps.

On partira comment ? Parce que c'est cette question que je me pose aussi. Ouais.

Ben, j'ai envie de partir et qu'on dise il était sympa quand même. On a passé des bons moments avec lui, tu vois. Ouais, mais il faut pas pleurer.

Les fleurs de ménage, ça qui est important. créer, refaire un jardin, redessiner, redire de la poésie parce que la poésie c'est important parce que sans la poésie, la vie n'existe plus. Sans le dormeur du Val, la vie la vie n'existe pas et la mort non plus.

H c'est important parce que c'est la beauté et l'art, c'est respectable. L'art rentre en nous. Pierre et Leloup qui est la première œuvre d'art que j'ai entendu avec Gérard Philippe et Procofief.

Tous les soirs, je l'écoutais. Tous les jours, je voulais rentrer chez moi pour écouter Pierre et Leloup. C'est quand même flippant Pierre et Leloup en plus.

Et je flippais. Tu m'étonnes. Et je flippais mais je voulais l'écouter et mon frère venait à côté de moi pour me surveiller.

Ouais. Il disait "Je te surveille, t'inquiète pas, je suis là." Le loup viendra pas, t'inquiète.

Non mais c'est ça l'art. L'art c'est croire à des choses. C'est avoir une boîte en carton au milieu de ta chambre et penser que tu es au milieu de l'océan.

Et tu es au milieu de l'océan. C'est ma mère qui parlait aux plantes, qui parlait aux animaux, qui parlait aux heures, qui entendait la rivière chanter, qui disait "Regarde, c'est joli par là." H croire c'est magnifique.

Croire en quelqu'un, croire en quelque chose. Croire en quelque chose, croire que le tableau de Picasso, il a été fait pour toi et pour tout le monde et que au milieu de Garnica, il y a un cheval et que les chevaux sont au milieu de mon livre. Ouais.

Parce que le cheval est domestique et il est sauvage. C'est la liberté. Le cheval le cheval n'obéit pas à un maître, il obéit à un cerveau.

Et quand ton cerveau se connecte à celui du cheval, alors tu peux galoper sinon tu vas te péter les fesses, tu vas te Mais si tu veux galop, ça peut très vite enfer, c'est ça. Tu veux galoper, faut parler avec ton cheval et il te répond si tu l'écoutes bien. Si tu y crois, tu peux traverser l'arbre et aller de l'autre côté dans la prairie des cocottes en papier.

Mais si tu y crois, tu peux voir la la prairie des cocottes en papier parce qu'elle existe si tu y crois. Sinon, on croit en quoi ? On parle grand chose effectivement.

Marc Laaban, merci beaucoup. Merci à toi. Je je reparle de ton livre quand arrivent les chevaux.

On en a parlé un compte. ceux qui ont suivi l'émission de de A à Z jusqu'à maintenant, ceux qui ont réussi à pas décrocher, mais c'est comme ça, c'est YouTube, tu sais, les gens ne sont pas ils ont des ont des ils passeront à autre chose des durée, des coûtes limité ou plus longue ou ça dépend, ça varie et c'est l'avantage d'internet, c'est qu'il y en a qui commencent, qui reviennent plus tard. On n'est pas indispensable.

Non mais on peut faire du bien, ça peut faire du bien à plein de gens. Ça peut distraire certains, ennuyer d'autres. Voilà, ne prenons pas de pricér l'intérêt hein.

Et tu as tu es aussi en tourné avec ton album du courver, c'est un mélange d'anciens titres qui sont arrangés avec un symphonique, un orchest symphonique derrière et des nouveaux morceaux parce qu'il y a aussi un clip qui est sorti qui protocole. J'en en parlais. Ça revient ça rejoint un peu ton livre en fait puisque !

Protocole c'est intéressant. Ouais, c'est le mec qui avait fait la vidéo de c'est ça la France, il a fait la vidéo de Petit à petit feuille. On a fait 10 ou 15 vidéos ensemble.

La première fois que je l'ai vu, on faisait une émission fréquence star, je crois. H et je lui dit "Tu sais quoi ? On va travailler ensemble, on va faire des films tous les deux." On a fait des documentaires et puis on a fait des clips.

C'est un homme que j'adore, il s'appelle Sylvain Berger. Et je l'ai pris parce que il fait le générique de l'étoire pour nuit blanche avec les photos et tu sais la chanson du hip hop night clubbing night clubbing tout ces photos. Je trouvais que c'était très beau, très simple.

Et donc je suis je j'étais content de travailler avec lui et tout ce qu'on a fait ensemble, ça s'est vu, ça a été remarqué parce qu'on faisait pas un clip, on racontait une histoire et tous les gens qui ont participé à cet album sont que des amis. Ça existe l'amour, l'amitié, ça existe. C'est des choses les plus précieuses qu'on est.

Donc c'est important de le dire parce que on ne peut pas réussir sa vie sans être aimé et sans aimer. C'est impossible. Tout le monde le sait.

C'est une banalité ce que je dis. Mais certains n'ont pas accès, ils n'ont pas le droit. Donc il a cet album Revolver donc qui est toujours disponible et il y a aussi une tournée dans toute la France et le 17 mai 2025, c'est la scène musicale.

Donc pour ceux qui ont envie de réécouter des morceaux cultes orchestrés différemment, pour ceux qui ont envie d'entendre de nouveautés, ben c'est l'occasion d'aller réserver vos places. Gentil. Merci beaucoup Marc Lawan et merci.

Je te remercie pour ça. Merci à toi. Ouais, c'est un bon moment.

Et pour ceux qui veulent bah s'abonner et voir d'autres interview, vous pouvez ben cliquer juste en dessous sur vous abonner. On est partout, on est sur YouTube, on est sur Instagram, on est sur TikTok, on est enfin sur tous les réseaux actuels et on est aussi dans notre podcast. Si vous voulez aussi nous écouter, si vousz parfois il y a pas moyen dans les transports en commun, dans les voitures d'avoir l'image, bah vous avez au moins le son et c'est pas désagréable qu'on voit celle de Marc La.

Je pense qu'elle elle est elle est très importante cette émission. Elle est de plus en plus importante et on est on a assez on a une croissance assez folle mais oui. Et on est très content d'avoir des retours tous les jours et c'est en fait que les gens apprécient en tout cas moi ce que j'apprécie faire dans ce médi là c'est de pouvoir recevoir tout le monde.

Ça va d'un artiste un anonyme qui a vécu une chose extraordinaire et on en parlait tout à l'heure tout le monde est un peu extraordinaire. Exactement. Et et c'est la place légende, c'est la légende sous une photo.

C'est l'histoire, c'est le compte, la légende et ça ça rappelle un peu, ça ramène un peu tout ça. Ouais. Ouais.

Donc c'était je pense ça marche parce que c'est bien et que c'est simple et que ça par tout le monde parce que c'est fait avec une sincérité complètement. Voilà. Salut.

Merci beaucoup et merci à tous de vous abonner. À bientôt sur les gendes. [Musique] [Musique]