Philippe Vincent : "Le maintien du bac en juin semble impossible"
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Chapitres
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Questions et réponses
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À quoi ressemblera le bac cette année ?
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Vous y croyez encore au maintien du bac le 17 juin ?
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Il faut combien de temps à un chef d'établissement pour organiser l'examen ?
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Jusqu'à quelle date de confinement, c'est encore tenable en termes d'organisation ?
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Pour vous, c'est quoi la meilleure solution ?
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Donc recours au contrôle continu, mais on garde quand même une partie examen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« À peu près tout milite dans la situation actuelle pour que ce calendrier tel qu'il était calé sur le cadre habituel ne soit pas tenu cette année. »
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« Recevoir les sujets, c'est une dizaine de jours avant. »
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« Si on était vraiment sûr de reprendre tout début mai, ce serait peut-être tenable. »
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« Nous, on considère que la meilleure option, c'est sans doute le recours complet ou partiel au contrôle continu. »
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« Il semblerait que ça fasse partie des scénarii envisagés. »
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« Les épreuves écrites sur table sont basées sur des sujets qui sont élaborés dans des conditions extrêmement compliquées et très longues et qui portent sur la totalité du programme de l'année de terminale. »
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« Il est à penser que, allez, à la limite, peut-être la moitié du programme aura été réalisée cette année en terminale. »
- 5:58InvitéFait
« Très honnêtement, je n'y crois pas beaucoup. »
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« Le brevet, il pourrait avoir lieu, mais vu son contenu habituel, je dirais que lui aussi, le basculer complètement en contrôle continu ne posera aucun problème. »
Temps de parole
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Il est 6h21, à quoi ressemblera le bac cette année ? Le ministre de l'éducation doit se prononcer dans les prochains jours. Les établissements scolaires sont fermés depuis déjà deux semaines et ne devraient pas rouvrir avant début mai. Bonjour Philippe Vincent. Bonjour. Vous êtes secrétaire général du SNPDEN, c'est le principal syndicat des chefs d'établissement. Vous êtes proviseur du lycée Vauvenargues à Aix-en-Provence. Normalement, les premières épreuves du bac sont programmées le 17 juin. Vous y croyez encore ?
Non, pas vraiment. À peu près tout milite dans la situation actuelle pour que ce calendrier tel qu'il était calé sur le cadre habituel ne soit pas tenu cette année.
Il faut combien de temps à un chef d'établissement pour organiser l'examen, pour récupérer les sujets, préparer les plannings, les salles ?
Préparer les salles, ça se fait quelques jours avant. Recevoir les sujets, c'est une dizaine de jours avant. Mais il y a tout un tas d'autres opérations. Par exemple, il y a des évaluations de type anticipé qui ont lieu tout le courant du mois de mai. Voilà, donc le bac ne se résume pas juste à être prêt le mercredi 17 au matin. C'est bien plus long que ça, c'est bien plus prenant que ça. Et il y a tout un tas d'opérations préparatoires qui vont perturber ce calendrier.
Et donc, d'après vous, jusqu'à quelle date de confinement, c'est encore tenable en termes d'organisation ?
Si on était vraiment sûr de reprendre tout début mai, ce serait peut-être tenable. Encore que les questions que j'évoquais tout de suite pourraient de toute façon contribuer à perturber cette organisation. Il faudrait déjà trouver des aménagements. Donc je dirais que le maintien en l'état avec le schéma habituel est de toute façon, me semble-t-il, impossible.
Pour vous, c'est quoi la meilleure solution ?
Nous, on considère que la meilleure option, c'est sans doute le recours complet ou partiel au contrôle continu. Parce qu'on voit bien que c'est quand même la forme d'évaluation la plus solide. Ça repose sur de nombreux travaux et à l'écrit comme à l'oral. C'est établi dans la durée. Ça permet de mesurer la régularité du travail des élèves. Voilà, donc on peut imaginer qu'on a quand même là une base relativement solide. Les notes de terminale, voire éventuellement les notes de première et de terminale pour avoir une photographie scolaire de l'élève relativement solide.
Donc recours au contrôle continu, mais on garde quand même une partie examen, peut-être pas sur toutes les matières, mais sur certaines ?
Alors, il semblerait que ça fasse partie des scénarii envisagés. C'est que pour maintenir cette espèce de totem qu'est le baccalauréat dans notre société, le ministère réfléchirait à conserver une, voire deux épreuves. Ce qui, de notre point de vue, est quand même problématique, parce que finalement, qu'on organise une, deux ou plusieurs épreuves, la charge est la même pour l'établissement pratiquement. Et ça pose les mêmes problèmes de calendrier.
Donc il faudrait vraiment, si ça devait être le recours à ce système-là, que ce soit décalé jusqu'à fin juin, voire début juillet, si on veut conserver l'idée qu'on trouve une nouvelle période de scolarisation des élèves, reprenant éventuellement début mai et comportant plusieurs semaines.
Et ça, ce n'est pas important quand même aux yeux des élèves, le fait de plancher quand même dans des vraies conditions d'examen. C'est un examen important quand même. C'est le premier vrai qui est important dans la scolarité. Il ne faut pas maintenir quand même une ou deux sessions ?
On peut se demander si finalement, en reprenant cette idée, qu'on ressasse quand même à l'envie depuis des décennies et qu'on nous avance systématiquement comme contre-argument à l'usage du contrôle continu. D'abord, on n'est pas sûr que ça repose sur des fondements très solides. Et en plus, on n'a pas le sentiment que ça validerait plus le baccalauréat que le recours au contrôle continu, qui est quand même une vision assez complète de l'élève sur la durée de sa scolarité et qui semble-t-il est un peu plus représentatif de ce qu'il est comme élève qu'une seule ou voire plusieurs épreuves écrites qui ont parfois un caractère un peu de loterie aussi.
Et puis s'il y a des examens, il faudrait savoir également sur quelle partie du programme ?
Ça, c'est un des éléments qui militent en faveur du contrôle continu parce que d'une manière générale, les épreuves écrites sur table sont basées sur des sujets qui sont élaborés dans des conditions extrêmement compliquées et très longues et qui portent sur la totalité du programme de l'année de terminale. On voit bien là que sans doute, même si on parle beaucoup de continuité pédagogique, il est à penser que, allez, à la limite, peut-être la moitié du programme aura été réalisée cette année en terminale.
Oui, puis tous les professeurs, j'imagine, ne suivent pas le même ordre de cours. Il y a peut-être des professeurs qui font des cours avant d'autres.
Effectivement, ça, c'est l'autre sujet, c'est que les enseignants peuvent aborder le programme par un...
Ah, M. Philippe Vincent, on vous a perdu. Vous êtes avec nous encore ? Philippe Vincent, vous nous entendez ? La liaison a coupé. Quelques petits désagréments ce matin. Mais, chers auditeurs, soyez indulgents. C'est compliqué en ce moment, cette radio qui se fait à distance. Les invités ne sont pas en studio avec moi. Habituellement, ils le sont, mais là, en ce moment, ils ne le sont pas. Vous êtes de nouveau avec nous, Philippe Vincent ?
Oui, il semble que je sois reconnecté avec vous.
Voilà, parfait. Donc, on évoquait, justement, un autre problème lié aux examens, c'est le fait que les enseignants ne font pas les cours tous dans le même ordre.
Oui, effectivement, rien n'oblige les enseignants à attaquer le programme par le même bout et à le finir par l'autre extrémité. Donc, de ce point de vue-là, il y a de la diversité d'approches pédagogiques et ça crée éventuellement aussi d'autres inégalités entre les élèves.
J'aimerais aussi qu'on évoque quand même les élèves de première. En plus, pour eux, c'est le bac nouvelle version, alors c'est déjà bien compliqué. Est-ce qu'ils vont pouvoir passer les prochaines épreuves, les E3C, etc ?
Très honnêtement, je n'y crois pas beaucoup. Parce que pour qu'on puisse mettre en place ces épreuves avec un peu de robustesse, encore faudrait-il que les élèves aient suivi un enseignement après ce qu'on appelle dans notre jargon les E3C1, c'est-à-dire la première session d'E3C1. Or, pour beaucoup d'entre eux, il ne s'est rien passé en termes d'acquisition depuis qu'ils ont passé cette première épreuve, pour ceux qui l'ont passée, parce qu'un certain nombre, même s'ils sont peu nombreux, ne l'ont pas passée du tout.
Donc là, il y a déjà un problème, là aussi, d'égalité de traitement entre les élèves et une absence, en fait, de support d'enseignement pour fonder la réalisation d'une épreuve.
Et il nous reste quelques secondes. Le brevet, il va pouvoir avoir lieu, lui, ou pas ?
Le brevet, il pourrait avoir lieu, mais vu son contenu habituel, je dirais que lui aussi, le basculer complètement en contrôle continu ne posera aucun problème. D'ailleurs, au moment où on le passera, les élèves sauront déjà où ils sont affectés en lycée professionnel ou général l'année d'après. Donc, je dirais que la capacité du brevet à finir la scolarité en troisième est là aussi à prendre avec des pincettes. Et je pense qu'on pourrait le basculer en contrôle continu sans trop de difficultés.
Merci, merci beaucoup, Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, le principal syndicat des chefs d'établissement.