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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 23 octobre 2025 6 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergie

Caroline François-Marsal : "On a vu cet été en Europe 16 600 décès causés par des canicules. Et on n'est qu'à +1,5°C."

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    C'est un petit peu le conseil européen de la dernière chance aujourd'hui parce qu'en fait, ça fait plusieurs mois que les 27 dirigeants européens patinent à se mettre d'accord sur ces objectifs climatiques qui sont essentiels pour tenir l'accord de Paris, pour tenir la neutralité climatique en 2050.

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Vous disiez tenir l'accord de Paris, c'était il y a dix ans. On peut encore maintenir le réchauffement dans les clous de cet accord, à savoir un degré et demi supplémentaire maximum par rapport à l'ère pré-industrielle ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Alors, la preuve que l'Europe a du mal à se coordonner et à avancer, c'est que le pacte vert, le Green Deal, ne cesse d'être rogné. Il en reste quoi aujourd'hui ?

  • 4:17OuverteRéponse directe

    Alors, dans leurs lettres dont je parlais tout à l'heure, ces 2000 scientifiques disent que la France fait partie des pays bloquants sur l'ambition climatique européenne.

  • 5:06OuverteÉludée

    Et comment l'explique Emmanuel Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéPromesse
    « Le but, c'est de se fixer des objectifs intermédiaires pour atteindre l'objectif final qui est la neutralité carbone en 2050. »
  • 1:48PrésentateurFait
    « On a enregistré cette année un réchauffement climatique à plus 1,52 degrés. »
  • 2:28PrésentateurChiffre
    « 16 600 décès qui ont été causés à cause des canicules »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité32 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Il est 6h21, ils sont climatologues, géographes, biologistes, botanistes, généticiens, chimistes et j'en passe. 2000 scientifiques européens se sont regroupés. Pour écrire une lettre, ils alertent sur le manque d'ambition de l'Europe pour lutter contre le dérèglement climatique et pire, sur les reculs qui se multiplient ces derniers temps, alors qu'un conseil européen se tient aujourd'hui à Bruxelles et que la prochaine COP Climat s'ouvre au Brésil dans deux semaines et demie. Bonjour Caroline François Marsal. Bonjour. Vous êtes responsable des politiques européennes au réseau Action Climat. Alors ce conseil européen, il est très important.

Le but, c'est de se fixer des objectifs intermédiaires pour atteindre l'objectif final qui est la neutralité carbone en 2050. L'idée, c'est de faire des efforts régulièrement, de se fixer des paliers avant 2050. Mais si j'ai bien compris, la tendance en Europe, c'est plutôt de vouloir tout repousser au dernier moment, c'est ça ?

0:56
Présentateur

Oui, c'est ça. C'est un petit peu le conseil européen de la dernière chance aujourd'hui parce qu'en fait, ça fait plusieurs mois que les 27 dirigeants européens patinent à se mettre d'accord sur ces objectifs climatiques qui sont essentiels pour tenir l'accord de Paris, pour tenir la neutralité climatique en 2050. Et on a plusieurs pays qui bloquent en fait sur l'adoption de ces deux cibles, dont la France. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on se retrouve à à peine deux semaines de la COP à Bellem. Et l'Union européenne n'a toujours pas sa copie climat pour 2035, qu'elle est tenue de remettre à l'ONU comme toutes les autres parties à la COP.

1:31
Invité

Vous disiez tenir l'accord de Paris, c'était il y a dix ans. On peut encore maintenir le réchauffement dans les clous de cet accord, à savoir un degré et demi supplémentaire maximum par rapport à l'ère pré-industrielle ? Parce que je ne sais pas si vous avez entendu Antonio Guterres, le chef de l'ONU, il y a quelques heures, il a dit, lui, c'est mort et que la planète de toute façon est au bord du gouffre.

1:48
Présentateur

Alors, ce qui s'est passé cette année, c'est qu'en fait, on est malheureusement en train, pour la première fois, de dépasser le seuil des 1,5 degrés. On a enregistré cette année un réchauffement climatique à plus 1,52 degrés. On ne l'a pas encore dépassé parce que c'est une tendance qui s'inscrit sur 20 à 30 années pour être constaté. Mais ce qu'il faut surtout retenir, en fait, c'est que même si on est en train de dépasser ce seuil et qu'on finit par le dépasser, en fait, chaque dixième de degré de réchauffement climatique va être crucial à lutter contre dans les prochains mois, les prochaines années.

Parce que chaque dixième de degré en plus, que ce soit 1,5, 1,51, 1,52, c'est des canicules, c'est des décès, c'est des dommages économiques, etc. On a vu cet été en Europe, si on prend juste les vives européennes, 16 600 décès qui ont été causés à cause des canicules ou 43 milliards d'euros de pertes économiques à cause des événements climatiques extrêmes. Et c'est seulement à 1,5 degré, entre guillemets.

2:40
Invité

Alors, la preuve que l'Europe a du mal à se coordonner et à avancer, c'est que le pacte vert, le Green Deal, ne cesse d'être rogné. Il en reste quoi aujourd'hui ?

2:48
Présentateur

Alors, depuis les élections européennes, on a une vague de dérégulation environnementale qui est entreprise par la Commission européenne et qui est demandée aussi par plusieurs pays. On l'a vu avec, par exemple, la directive sur le devoir de vigilance des entreprises qui était censée pousser les entreprises à réduire leurs impacts environnementaux, notamment dans leurs chaînes de valeur et sur les droits humains.

Là, en fait, ce qui risque de se passer pendant ce Conseil européen, c'est que le Green Deal va potentiellement devenir un peu un objet de marchandage entre la Commission et les pays, où, pour gagner leur soutien, notamment pour la cible climat 2040, la Commission pourrait revenir sur certaines briques essentielles de ce pacte vert. Comme la fin du moteur thermique dans 10 ans, ça, ça a du plomb dans l'aile, ça ? Alors, par exemple, ça, c'est l'Allemagne qui pourrait demander ça, tout à fait. On a aussi d'autres pays, comme l'Italie ou les pays de l'Est, qui sont assez opposés au marché carbone. Il y a la loi anti-déforestation aussi,

3:44
Invité

qui, son entrée en vigueur, vient d'être reportée d'un an. Il y a plein de petits... Voilà, on grignote, on rabote le Green Deal petit à petit.

3:50
Présentateur

Tout à fait. Et c'est complètement incohérent, en fait, parce qu'on a besoin de toutes ces pièces du Green Deal pour, justement, atteindre nos objectifs climatiques. Et on ne peut pas penser déployer ces objectifs sans transformer les secteurs, en particulier le secteur automobile, qui est le plus gros émetteur en Europe. Donc, il faut absolument que les pays européens tiennent bon sur ces cibles. C'est des capes dont on a besoin pour que les secteurs se transforment.

4:16
Invité

Alors, dans leurs lettres dont je parlais tout à l'heure, ces 2000 scientifiques disent que la France fait partie des pays bloquants sur l'ambition climatique européenne. Qu'est-ce qui s'est passé il y a 10 ans ? On était un pays moteur et maintenant on bloque ?

4:27
Présentateur

En fait, ce qui se passe depuis plusieurs mois, c'est que la France a refusé jusqu'à présent de donner son feu vert pour que l'Europe adopte ses deux cibles, 2035 et 2040, alignés au consensus scientifique. Des objectifs intermédiaires dont on parlait, de réduction de gaz à effet de serre. Tout à fait, oui. De baisse de réduction de gaz à effet de serre. Et en fait, elle a fait traîner les discussions en demandant notamment l'obtention de conditions de mise en œuvre qui ont été pour la plupart obtenues. Donc là, on attend vraiment un basculement de sa position pour entraîner les autres États bloquants aussi à voter en faveur et avoir une majorité qui se dégage en faveur de ces objectifs.

Et comment l'explique Emmanuel Macron ?

5:07
Invité

Il a pourtant promis que son quinquennat serait écologique, son second quinquennat. Pour le moment, dans les faits, vous y voyez quoi, vous ?

5:15
Présentateur

Justement, on a du mal à comprendre parce que pour nous, les objectifs climatiques ambitieux, ça veut dire plus de souveraineté énergétique vis-à-vis d'autres puissances fossiles. Ça veut dire de la compétitivité pour les entreprises européennes, notamment face aux géants chinois, sur le secteur des énergies renouvelables. Ça veut dire la création de 2 millions d'emplois d'ici 2040 dans l'industrie propre. Donc, on a l'impression justement que le climat est devenu un peu un repoussoir et l'ambition climatique est devenue un repoussoir pour la France ces derniers mois.

5:45
Invité

Et quels sont les pays alors qui sont moteurs en Europe aujourd'hui ?

5:48
Présentateur

On a notamment le Danemark qui assume la présidence justement de l'Union Européenne et donc des négociations au Conseil ou encore l'Espagne, la Suède. Et ce qui est intéressant, c'est que ce sont justement des pays industrialisés qui n'ont pas peur justement d'associer ambition climatique et industrie verte en fait. Donc, bien économique aussi lié à ces objectifs climatiques.

6:07
Invité

Merci beaucoup Caroline François-Marsal, responsable des politiques européennes au réseau Action Climat. On va donc suivre avec un grand intérêt ce Conseil européen qui se tient aujourd'hui à Bruxelles. Merci beaucoup, je vous souhaite une bonne journée.