Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV — BFM Politique· 7 novembre 2021 49 min

Éric Zemmour, essayiste et polémiste - 07/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

– Éric Zemmour, donc l'invité de BFM politique ce midi, la France n'a pas dit son dernier mot, c'est votre dernier livre en date. Éric Zemmour, vous êtes l'homme dont tout le monde parle, vous êtes testé dans les sondages, vous faites des constats sur l'état de notre pays, parfois vous faites des propositions, vous êtes ce midi invité dans une émission politique où nous recevons les candidats à l'élection présidentielle, vous êtes candidat Éric Zemmour.

0:30
Éric Zemmour

– Vous verrez bien, quand j'aurai décidé si je suis ou pas, je le dirai, et tout le monde sera content, vous savez, Emmanuel Macron non plus n'est pas candidat officiellement, voilà. Non, vous dites, vous faites de la politique et vous êtes invité dans une émission politique, mais j'ai toujours fait de la politique, je continue à en faire plus que jamais, ça vous avez raison. La politique, qu'est-ce que c'est ? C'est défendre des idées, c'est défendre des convictions, et c'est surtout essayer de défendre la pérennité de la France. Moi c'est ça que je défends. Donc effectivement, vous avez raison, mes idées portent, on voit que mes livres sont appréciés,

1:11
Présentateur

le dernier se vend beaucoup, les gens qui viennent vous voir au cours de vos différentes étapes en France, vous pensez qu'ils ne viennent que pour votre livre ? – Pas du tout. – Vous leur dites, vous ne venez aujourd'hui que pour un auteur ?

1:24
Éric Zemmour

– Pas du tout. C'est ça d'ailleurs le grand changement par rapport à mes livres précédents. Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt. Les gens qui viennent veulent que je sois candidat à la présidentielle, et veulent que je sois président de la République. Vous savez, je vous invite, mais d'ailleurs vous avez vos journalistes qui viennent partout, qui me suivent partout en France, vous pouvez leur demander. Vous verrez ce que les gens me disent lors des signatures. Quand ils viennent me demander une signature, ils me disent « Sauvez-nous ! » Ils me disent « Ne nous abandonnez pas ! » Ils me disent « Grâce à vous, j'espère que nos enfants échapperont à la barbarie ! »

2:00
Présentateur

– Mais c'est pas rien, vous savez, c'est pas rien dans tout ça. – Par honnêteté intellectuelle vis-à-vis de ces gens-là, combien de temps allez-vous encore faire durer ce qui est un faux suspense, Éric Zemmour ? – Mais vous croyez que les gens me posent la question ? – En tout cas, alors écoutez, vous savez ce qu'on peut faire ? On va écouter une dame qui est venue vous voir. Comme vous l'avez dit justement, nos équipes vous suivent. Comme d'autres candidats. – Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Écoutez ce témoignage d'une personne qui est donc rencontrée dans une de vos salles.

2:26
Auditeur

– Je vais faire un don, ça peut être de 1000 à 5000 euros. – De 2000 à 5000 euros de don ? – De dons. – C'est énorme ! – Je vais toucher à mes économies.

2:36
Présentateur

– Cette dame va toucher à ses économies pour vous donner de l'argent, Éric Zemmour ? – C'est pas moi, c'est pas moi. – Moi je ne toucherai pas l'argent. – C'est pas pour faire la promotion de votre livre ?

2:43
Éric Zemmour

– Bien sûr, mais vous avez tout à fait raison. Je vous l'ai dit, il y a beaucoup de gens qui veulent que je sois candidat à la présidentielle. Il y a beaucoup de gens qui veulent que je sois président de la République. Pour des raisons simples que j'ai noms. Parce que mon discours, mon diagnostic, mes solutions sont entendues par un nombre croissant de Français. Voilà, c'est tout.

3:01
Présentateur

– Donc vous n'allez pas laisser tomber ces gens-là, Éric Zemmour ? – Donc je ne vais pas laisser tomber ces gens-là. – Donc c'est une histoire de date ?

3:05
Éric Zemmour

– Si vous voulez. – En tout cas, je ne vais pas les laisser tomber. – Non, si je veux, je vous pose la question. – Non, non, mais vous savez, c'est simple, je ne vais pas laisser tomber ces gens-là. Le reste, ce n'est pas important.

3:15
Intervenant

– C'est une réponse, Éric Zemmour. – Comment ? – Là, vous répondez quand même à Jean-Baptiste à sa question. Ça veut dire que vous êtes candidat, si vous n'allez pas les laisser tomber.

3:19
Éric Zemmour

– Mais, chère madame, le jour où je dirai « je suis candidat », vous le verrez, on ne va pas passer l'émission sur « bon voilà, c'est un coup dérisoire ». – Non, mais c'est un peu dérisoire, on perd 5 minutes sur un sujet dérisoire. – Pourquoi ne pas vous déclarez ? – Mais parce que d'abord, je veux choisir mon moment, je veux choisir ma date, je veux choisir la façon avec laquelle je le dirai, donc tout ça, c'est moi qui le déciderai, c'est tout. Franchement, on a déjà perdu trop de temps là-dessus.

3:44
Présentateur

– Je suis désolé, mais je ne suis pas d'accord, ce n'est pas dérisoire. Vous-même, vous insistez sur l'importance que vous représentez pour certains Français qui viennent vous soutenir. Je ne crois pas qu'eux, en vous entendant, se disent « c'est dérisoire ». – Je ne crois pas, vous l'avez dit vous-même, ils attendent que je fasse quelque chose. Ça n'est pas dérisoire, vous le dites vous-même.

4:00
Éric Zemmour

– Et je vous ai répondu, je ne les abandonnerai pas. Voilà, on passe à autre chose.

4:03
Intervenant

– Il y a juste dans votre livre, puisque vous parliez de votre livre à l'instant, je crois que c'est page 284 de mémoire, peut-être que c'est… – Vous vous souvenez de 284 pages ? – Voilà, absolument. Non, il y a une phrase, vous dites, c'est lors d'un déjeuner à l'aventure avec Marine Le Pen, vous dites « je ne suis pas un homme politique, j'ai des convictions, j'ai des idées, mais je ne suis pas un homme politique ». – Ben là, vous êtes devenu un homme politique.

4:26
Éric Zemmour

Je ne suis pas un homme de carrière politique, je ne suis pas… Non, tout ça, je suis loin de tout ça. Je ne suis pas dans les combines partisanes, je ne suis pas dans les congrès de partis, je ne suis pas dans « est-ce que je vais me faire réélire ? Est-ce que je suis candidat pour pouvoir assurer les fins de mois de mon parti ? » – Mais est-ce que vous êtes encore journaliste ? – Tout ça, je ne suis pas là-dedans. Je suis dans le combat, oui, le combat pour la France, c'est tout.

4:51
Intervenant

– Vous êtes encore journaliste ou vous considérez que c'est fini ?

4:54
Éric Zemmour

– Non, je ne suis plus journaliste au sens classique du terme, ça non, vous avez raison. Mais vous savez, il y a un lien dans l'histoire de France, je le dis dans le livre aussi, l'histoire de France est très particulière, au XVIIIe siècle, au XIXe siècle, il y a un lien très étroit entre journalisme, écrivain, politique. – Tout ça est lié, Victor Hugo voulait être candidat à la présidence de la République en 1848 et en 1852, Lamartine fut candidat en 1848, tiers et journaliste, c'est comme ça qu'il fomente la révolution de 1830. Vous voyez, ça s'entremêle en France, ça a toujours été comme ça.

En vérité, je pense même que nous y revenons, je pense que historiquement, on verra ça plus tard, mais je pense comme ça historiquement qu'il y a eu une parenthèse, une parenthèse technocratique, où les technocrates, à partir des années 60 jusqu'aux années 2000, 2010, ont mis la main sur la politique, pour des tas de raisons, parce que le débat était entre la redistribution, plus ou moins de redistribution, plus ou moins de production, et que maintenant nous sortons de ça, comme nous revenons à des temps tragiques, je pense qu'effectivement, nous sortons du temps des technocrates et nous revenons à une vieille tradition française du 19ème siècle, et pas seulement en France.

Vous avez vu que Boris Johnson, par exemple, est lui aussi un ancien journaliste.

6:19
Intervenant

– Éric Zemmour, il y a quand même, quand on devient un homme politique, surtout quand on est un candidat potentiel à l'élection présidentielle, il faut des parrainages, parce que c'est le jeu démocratique. Il y a des gens, je crois, dans votre entourage…

6:28
Éric Zemmour

– Le jeu légal, c'est pas spécialement démocratique, mais c'est légal.

6:31
Intervenant

– Le jeu légal, absolument. – Il y a des gens qui le font pour vous, paraît-il. Est-ce que vous avez le sentiment qu'on est en train de vous barrer, des grands partis sont en train de vous barrer pour ne pas obtenir vos parrainages ? – En tout cas… – Comme ça a pu arriver à d'autres.

6:43
Éric Zemmour

– Bien sûr, en tout cas, c'est évidemment leur espoir et leur méthode. – Pas seulement les grands partis.

6:48
Intervenant

– Mais vous l'observez maintenant, déjà ?

6:50
Éric Zemmour

– Oui, absolument. Pas seulement les grands partis, les petits partis aussi. Donc tout le monde essaye, tous les professionnels de la politique se servent. C'est pour ça que je me suis permis de vous reprendre. – Cette histoire de parrainage, c'est pas démocratique. C'est effectivement légal. Je n'ai rien à dire là-dessus. Mais effectivement, c'est l'espoir et la méthode des grands et des petits partis pour m'empêcher de venir sur leur terrain de jeu.

7:14
Intervenant

– Et donc ?

7:15
Éric Zemmour

– Et donc…

7:16
Intervenant

– Vous êtes pessimiste, optimiste ? – Vous savez, moi je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Je suis volontariste. – Pour gagner la présidentielle, il faut aussi un parti politique, une formation. Est-ce qu'on peut savoir où ça en est ? On sait qu'a priori, ce ne sera pas Vox Populi le nom de votre parti. Est-ce qu'on peut avoir le nom ? Est-ce qu'on peut…

7:30
Éric Zemmour

– Vous savez, Emmanuel Macron a démontré qu'on pouvait être élu président de la République sans véritable parti politique. – Et la formation politique. – Il a même démontré qu'on pouvait être président de la République pendant 5 ans sans véritable parti politique puisque « En marche » n'a jamais vraiment existé. – Il a quand même créé avant de se présenter à la présidentielle. – Absolument, mais effectivement, il y a des gens qui ont créé une structure partisane qui s'appelle les Amis d'Éric Zemmour, qui reçoit d'ailleurs les dons, je précise qu'il n'y a pas un sou pour moi, qui cherchent les parrainages, etc. Donc vous voyez, la structure minimale existe.

8:03
Présentateur

– Pour clore sur ce sujet, est-ce que tout est en place, Éric Zemmour, aujourd'hui ? La structure, vous l'avez dit, le QG, a priori, vous en avez un ? – Tout est en place.

8:11
Éric Zemmour

Il ne reste plus qu'à me décider, à appuyer sur le bouton et à décider du jour et de la manière. – Qu'est-ce qui guide ce choix, par exemple ? – Des tas de considérations. Vous savez, d'abord, l'envie des gens. Il n'était pas sûr que mon discours suscite autant d'intérêt. Je n'en étais pas sûr. Je le pensais intellectuellement, mais il faut toujours le concrétiser. Si j'en crois les médias et d'autres, je devais rester confidentiel et rester à 2-3%. Je me souviens de certains commentaires, la Taubira du camp national, etc. C'était il y a seulement quelques mois, avant les vacances. Donc, voilà, rien n'était dit. On pouvait chuter sur des problèmes matériels que vous avez évoqués.

On peut toujours, d'ailleurs. Et puis, vous savez, ce n'est pas rien. C'est un changement de vie pour moi. Moi, je mets tout sur la table. Je n'ai pas, encore une fois, de parachute. Je ne suis pas député européen. Je ne suis pas député français. Je ne suis pas tout ça. Pour aller à la présidentielle, il faut que j'abandonne tout. D'ailleurs, j'ai perdu déjà le Figaro, tous mes emplois. Je ne fais pas de victimisation. Vous comprenez, c'est un choix. Mais en tout cas, il faut franchir ce rubicon-là. Ce n'est pas rien. Mais si vous voulez, je pense que les choses sont tellement graves. Je pense que la situation de la France, j'espère qu'on va en parler.

Parce que ça fait maintenant 5-10 minutes que, d'après moi, on ne parle pour rien. Mais bon, c'est votre choix. On parle de vous. Mais la situation de la France est tellement grave, et tellement tragique, que ça demande des mesures exceptionnelles.

9:47
Intervenant

Est-ce qu'en même temps, on ne voit pas, on regarde dans les sondages, évidemment. Vous savez ici, on observe de près tous les sondages. On voit qu'il y a l'effet Zemmour qui nous a tous surpris. Il a surpris tout le monde. Il est en train de se tasser un tout petit peu lorsqu'on regarde les courbes de Marine Le Pen et la vôtre. Vous, vous avez bondi comme ça. Et aujourd'hui, on voit qu'il y a quand même un petit tassement. Et elle s'est défendrée. Oui, mais elle se redresse un peu. Et vous, vous vous tassez un peu. Est-ce que vous redoutez que l'effet Zemmour ne s'émousse ?

10:13
Éric Zemmour

Écoutez, ça c'est l'avis des commentateurs. Après, je laisse à chacun le soin et la liberté de commenter. Moi, ce que je constate, c'est qu'il n'y a aucun candidat déclaré ou pas déclaré qui soit en dynamique. Emmanuel Macron est toujours au même score depuis des mois. Marine Le Pen a perdu 12 ou 13 points. Aucun candidat LR ne perce. Personne n'est au-delà de 13, 14 %. Vous me l'accordez volontiers. Je ne vous parle même pas de la gauche. À 4, il n'arrive à peine à 20 %. Donc, vous voyez, il n'y a aucune dynamique. La seule dynamique fut la mienne en septembre. Et vous avez raison, en octobre, la dynamique semble ralentir. Vous m'accorderez quand même qu'elle est très haute.

La plupart des candidats aimeraient bien avoir ce tassement à 17. D'ailleurs, ne parlez pas trop vite parce qu'on me parle d'un sondage qui va sortir demain, normalement, dans le Figaro. Un sondage IFOP qui prouverait justement que vous avez tort et que je reprends encore un point. Donc, je remonte à 17 dans l'IFOP. Vous savez qu'il faut comparer les sondages les uns par rapport aux autres et non pas... Plutôt les uns, oui, chacun dans son évolution. Et donc là, j'étais à 15, 16 et là, je suis plutôt à 17. Si vous voulez, je suis quand même potentiellement au second tour. Qui l'eût cru il y a seulement un mois et demi ? Soyez honnête. Personne, même pas moi.

Donc, vous voyez, il ne faut pas exagérer avec les éléments négatifs. Maintenant, je vous dis, je pense que, moi, deux choses. D'abord, il y a un tir de barrage phénoménal depuis un mois. C'est-à-dire que, d'ailleurs, votre chaîne y a participé comme les autres. Votre journal y a participé comme les autres. Je ne vous parle même pas du service public qui a découvert un nouveau diable en ma personne. Donc, tous les soirs, il y a des documentaires. Dans tous les journaux, il y a des tribunes. Ça vous sert aussi ? Le tir de barrage est puissant. Donc, évidemment que ça impressionne les gens, ça intimide les gens. C'est fait pour ça.

12:29
Présentateur

Vous connaissez parfaitement la presse, Éric Zemmour. Vous êtes journaliste depuis plus longtemps que moi. Vous savez que beaucoup reprochent aux médias votre présence aussi. Vous savez que lorsque l'on vous dit que vous êtes trop quelque chose ou trop l'autre, vous êtes souvent au milieu. Bien sûr.

12:42
Éric Zemmour

Je sais bien qu'on reproche aux médias ma trop grande présence. Moi, j'ai remarqué que, en général, sans prétention, quand j'étais sur une antenne, les audiences grimpent. Et je sais, les audiences grimpent, la publicité grimpe. Donc, je crois que je fais gagner beaucoup d'argent à tous les journaux et tous les médias. Vous n'êtes pas maltraité par les médias ? Ce n'est pas une fleur qu'ils me font. Comment ?

13:05
Intervenant

Vous n'êtes pas maltraité par les médias ?

13:07
Éric Zemmour

Je n'ai pas dit que j'étais maltraité. Je dis que depuis 15 jours, 3 semaines, il y a des tirs de barrage dans tous les médias. C'est tout ce que je dis. Je ne dis pas que je suis maltraité. Vous savez, moi, je ne me victimise pas. J'affronte les adversaires. Justement, les adversaires.

13:21
Intervenant

Adrien. En cas de second tour face à Emmanuel Macron, vous avez souvent parlé d'un plafond de verre pour Marine Le Pen, qui serait incapable de gagner face à Macron. Or, les sondages, encore une fois, on observe, montrent que vous êtes plus bas par rapport à Macron qu'elle. Pourquoi vous ne souffririez pas du même plafond de verre que Marine Le Pen ?

13:39
Éric Zemmour

D'abord, moi, je n'emploie pas cette expression de plafond de verre. Mais c'est un terme de sémantique. Moi, je pense que Marine Le Pen, pour des raisons justes et injustes, je le dis tout de suite, dès la fin du mois d'août, ne pourra jamais gagner. Je pense que les gens, et particulièrement ces électeurs, n'oublieront jamais son débat d'entre-deux-tours de 2017. Voilà. Je pense que ça, c'est la question de fond. Tout le reste, on peut en discuter des heures, etc. Maintenant, je dirais qu'il y a une grande différence entre les autres candidats. Et moi, entre les autres candidats de droite et de droite nationale, etc.

C'est la sociologie, puisque vous parliez, madame, des sondages, la sociologie de ces sondages. Vous avez remarqué que Marine Le Pen a des électeurs uniquement dans les classes populaires. Uniquement. Elle n'a quasiment pas de gens CSP+, et de gens dans les villes, et de gens de plus de 50 ans, de plus de 60 ans, etc.

14:35
Présentateur

Vous aviez parlé à ce sujet de ghetto de pauvres et de ghetto de chauveux.

14:37
Éric Zemmour

Je voulais dire, vous avez raison, cette expression m'a été reprochée, vous faites bien de me permettre de la préciser, je voulais dire que Marine Le Pen enfermait ses électeurs dans un ghetto politique. C'était triste, mais c'est tout le génie de François Mitterrand, il y a 30 ans, qui a forgé cet interdit autour du Front National, qui fait que les voies du Front National sont stérilisées, puisqu'il ne peut s'allier à personne, et que personne ne veut s'allier à lui. C'est ce que j'appelais un ghetto, comme le Parti Communiste avant l'Union de la Gauche. Vous voyez, dans les années 60, les classes populaires étaient dans un ghetto politique à cause du Parti Communiste.

Ils étaient puissants, ils étaient importants, c'était pas rien, le Parti Communiste, mais ils n'arrivaient jamais au pouvoir. Donc, je reviens. En revanche, les candidats LR, tous. Que des riches, que des bourgeois, que des... Exactement. Que des classes favorisées, que des gens de des villes, que des gens surtout âgés. Voilà. Moi, vous regardez la structure... Ils sont plutôt comme les électeurs LR pour l'instant ? Ah, pas du tout. Je vous assure que vous avez tort. Regardez. Vous avez... En gros, les sondeurs décident de demander aux gens pour qui ils ont voté en 2017.

Moi, j'ai 35%, 30%, allez, un tiers d'électeurs de Marine Le Pen en 2017, un tiers d'électeurs de François Fillon en 2017, un tiers d'abstentionnistes. Et j'ai cette structuration depuis le début. C'est-à-dire que même quand j'étais à 5, il y avait 2 de Marine Le Pen, 2,5 de François Fillon. Donc, j'ai grandi comme ça. Je pense, et vous m'accorderez que ça fait des années que je théorise cela, je pense qu'on ne peut gagner que si l'on allie sociologiquement les classes populaires et ce que j'appelle une bourgeoisie patriote. Et donc, il n'y a que moi qui rassemble ces deux électorats. Et donc, qui sort du ghetto politique, vous voyez, que j'évoquais.

16:28
Intervenant

– Marine Le Pen a changé son discours, sans doute à cause de vous, et elle tente de vous faire passer pour le candidat des bourgeois, contre les classes populaires. Et depuis, elle ne plonge plus dans les sondages.

16:38
Éric Zemmour

– Vous savez, c'est de bonnes guerres politiciennes. Marine Le Pen change tous les deux jours d'axe de campagne. Moi, je veux bien. Moi, je dis toujours la même chose. Je garde toujours mon axe. Je ne suis ni le candidat des bourgeois, ni le candidat des classes populaires. Je suis quelqu'un qui parle de la France au français, selon la vieille expression du général de Gaulle. Je ne sortirai pas de cela. Je ne sortirai pas de cet axe-là. Moi, on ne me fera pas changer tous les deux jours en fonction de l'avis d'un tel ou tel conseiller. Je suis comme ça et je continuerai. Je parle à tout le monde.

Maintenant, vous savez, les sondeurs, et en particulier les sondeurs de Marine Le Pen, disent autre chose, qui n'est pas faux. Ils disent que les classes populaires rentrent dans la campagne, je veux dire, psychologiquement, intellectuellement, plus tard que les autres. C'est effectivement constaté dans toutes les autres élections. Donc, ça veut dire que les classes populaires qui votent massivement pour Marine Le Pen répondent, quand on les interroge, mécaniquement, je vote pour Marine Le Pen. En janvier, en février, ils vont rentrer vraiment dans la campagne électrique.

Et là, ces mêmes classes populaires décideront qui est à même de les mieux représenter lors du débat de ce concours face à Emmanuel Macron.

17:56
Présentateur

Dans quelques instants, nous interrogerons sur le général de Gaulle, parce que beaucoup en parlent, et vous aussi. L'anniversaire de sa disparition, c'est le 9 novembre. Nous parlons des questions d'économie, d'industrie. Juste avant ça, une question d'actualité. Emmanuel Macron parle mardi, à 20h, une intervention qui fait suite à l'adoption au Parlement de la prorogation du pass sanitaire. Est-ce qu'il fallait le proroger ? C'est jusqu'en juillet prochain.

18:15
Éric Zemmour

Je pense que cette prorogation est très excessive. Et surtout, je m'interroge de savoir s'il faudra le pass sanitaire pour aller voter. Parce que là, ça veut dire qu'Emmanuel Macron préparerait, je ne fais pas de procès d'intention, mais il faut l'interroger là-dessus, préparerait une entourloupe majeure, s'il imposait le pass sanitaire pour aller voter. Deuxièmement, j'ai vraiment le sentiment qu'Emmanuel Macron fait tout pour remettre ce sujet au cœur de l'actualité, et donc au cœur de la bataille politique, parce qu'il sent bien que ce sujet avait anesthésié, pour des raisons légitimes, mais aussi pour des raisons de communication gouvernementale, qui étaient complètement...

On leur a reproché aussi, la gestion de la crise. Écoutez-moi, ce n'est pas le moment d'en discuter. En tout cas, je peux vous dire que je pense que là, Emmanuel Macron veut remettre ce sujet au cœur, pour justement empêcher que le vrai sujet, selon moi, le sujet majeur de l'avenir de la France, de l'immigration, du grand remplacement, ne soit évoqué comme je l'ai fait depuis deux mois. Vous êtes vacciné, Eric Zeman ? Je suis vacciné.

19:27
Présentateur

Et je l'ai eu en plus. Le Covid. La Covid. La suite de BFM Politique dans quelques secondes en direct sur BFM. Eric Zemmour est l'invité de BFM Politique ce midi. Nous poursuivons cette émission en regardant à droite.

19:48
Intervenant

Bien sûr. Eric Zemmour, donc le 4 décembre, les Républicains vont donc choisir quel candidat pour porter la droite, enfin les Républicains, à l'élection présidentielle. Lequel à vos yeux est le plus pertinent, parce qu'il y a des sondages qui vont un peu dans tous les sens, il y en a un qui dit qu'il est préféré des militants, mais en mettant sur le cadre pour les sondages, l'ensemble des Français, c'est plutôt lui. Vous, quel est à votre avis celui qui devrait porter la voix des Républicains ?

20:14
Éric Zemmour

Écoutez, si j'ai bien compris, parce que c'est une affaire partisane, on est dans la vie d'un parti politique. D'ailleurs, les gens qui vont voter, je crois que ça va être 100 000 personnes à tout casser. Oui, ça nous en peut plus. Donc on n'est pas dans la primaire classique avec des millions de voix comme constitution, etc. Il y a trois favoris apparemment, si j'ai bien compris. Barnier, Pécresse et Bertrand. Je pense que c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Ce sont les mêmes. Ce sont les mêmes. Ils ne font pas vraiment campagne d'ailleurs. Ils ne font pas les mêmes profils. Ah non, je ne parle pas de physiquement, ni de psychologie. Ah non, moi non plus, moi non plus.

Je parle de positionnement politique. Positionnement politique, ce sont les mêmes. Ce sont des centristes, ce sont des notables centristes, européistes, qui n'ont jamais combattu sérieusement l'immigration. Jamais. Qui se réveillent aujourd'hui parce qu'ils sentent bien que leur électorat est en ébullition à ce sujet, à juste titre. En fait, ils ne font pas vraiment campagne pour la présidentielle. Ils font campagne pour être Premier ministre de Macron. Ce sont tous les trois Macron compatibles. Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette avec Macron. Ils vont faire semblant de se différencier. Mais sur le fond, pour moi, ce sont les mêmes et ce sont les mêmes que Macron.

D'ailleurs, les macronistes, les macroniens, comme vous voulez, ne s'y trompent pas et rigolent d'avance. Tout ça est faux-semblant. Tout ça est discours politicien. En plus, je vois...

21:40
Intervenant

Est-ce que vous pensez, Régzémois, à vous présenter, juste avant ou juste après le Congrès, pour entraver au maximum les chances du vainqueur de la primaire ? Non, mais je verrai.

21:47
Éric Zemmour

On ne va pas reprendre cette conversation. Moi, vous savez, ils n'ont pas besoin de moi pour obéir à leur chance. Il y a un mouvement de fond. Vous savez, j'ai écrit...

21:55
Présentateur

Mais est-ce que, pardon, 20 ans, mais est-ce que vous avez besoin, vous, de certains d'entre eux ? Est-ce que vous avez des contacts, des ralliements ? Il y a des gens qui vous rejoignent ?

22:01
Éric Zemmour

Vous savez, j'ai été journaliste politique. Vous m'avez rappelé tout à l'heure. Donc, je connais tous ces gens. Depuis 20 ans, depuis 30 ans. Donc, forcément, j'ai des contacts. Je fais d'ailleurs une différence avec Éric Ciotti, qui est sur une ligne différente des trois autres. Qui est plus sur votre ligne ? Qui est plus sur ma ligne, exactement.

22:17
Présentateur

Elle est dit qu'en cas de second tour, entre Emmanuel Macron et vous,

22:19
Éric Zemmour

il votera pour vous. Vous voyez. Donc, il est effectivement plus sur ma ligne. Maintenant, je vous répète, moi, si vous voulez, le candidat de LR, quel qu'il soit, on parlait de sondage tout à l'heure, n'a aucune chance d'aller au second tour. Voilà. Avant que je ne sois testé, dans les sondages, c'était même pire, puisque Marine Le Pen caracolait à 26 ou 28 et que le candidat LR, quel qu'il soit, plafonné à 14. Donc là, avec mon arrivée, ça a plutôt abaissé le ticket d'entrée, comme on dit, du second tour. Mais, de toute façon, ils sont loin. Le candidat LR, je vous le répète, ne joue pas pour la présidentielle. Il joue pour le poste de Premier ministre à Macron. Et pourquoi ?

23:01
Présentateur

Aujourd'hui, la question, M. Zemmour, il n'y a pas de cadre des Républicains. Il n'y a personne

23:05
Éric Zemmour

qui vous est rejoint

23:06
Présentateur

ou qui propose de venir travailler avec vous.

23:08
Éric Zemmour

Mais vous savez, je vous le répète, ils sont dans leur logique de parti. Ils ont un problème de fond. C'est que leurs électeurs n'ont jamais été aussi à droite et que les cadres et que la hiérarchie et que les hiérarches du parti n'ont jamais été aussi au centre. Vous savez, j'ai écrit, j'allais vous dire ça tout à l'heure, j'ai écrit un livre en 1998, ça commence à faire du temps, ça ne me rajeunit pas, qui s'appelait Le livre noir de la droite, dans lequel j'expliquais cette trahison essentiellement du shirachisme, la trahison du gaullisme et la trahison de la droite qui a été le shirachisme et la création ensuite de l'UMP, etc.

En fait, nous avons subi une centrisation du RPR et de la droite. Souvenez-vous, et je vous laisse poser la question, souvenez-vous du programme de 1990 sur l'immigration qui disait l'islam n'est pas compatible avec la France et il faut une immigration zéro, il faut supprimer le droit du sol, il faut supprimer les allocations familiales aux étrangers, tout ce que je dis aujourd'hui. Vous êtes un candidat de RPR. En 1990, je suis le candidat de RPR de jadis. Ça ne parlera pas aux jeunes, mais pour les plus âgés, oui, ils peuvent comprendre ça.

24:13
Intervenant

Alors, le 9 novembre, mardi, c'est un anniversaire important puisque c'est l'anniversaire de la commémoration de la mort du général de Gaulle, donc c'est important notamment pour la droite. Tous les candidats, les républicains, vont y aller, vont se recueillir sur la table de la tombe du général de Gaulle. Est-ce que vous allez y aller ? On se pose la question ? Vous avez raison de poser la question,

24:32
Éric Zemmour

j'y ai pensé, mais finalement, je vais vous dire, je n'irai pas pour une raison simple. D'abord, parce que c'est devenu vraiment un cliché, un cliché politicien de se recueillir sur la tombe du général de Gaulle. et quand je vois tous ces gens de droite, de gauche, venir se recueillir sur la tombe du général de Gaulle, j'ai l'impression de l'hommage du vice à la vertu. C'est-à-dire que ces gens-là sont tous, tous, je dis bien tous, des traîtres au général de Gaulle. D'abord, si vous voulez, la gauche qui maintenant se part des atouts, oui, des traîtres au général de Gaulle.

Le général de Gaulle les aurait tous reniés et je vais vous dire mieux et je vais le démontrer si vous me laissez quelques minutes. Aujourd'hui, tous ces gens traîtraient le général de Gaulle en paria. Tous ces gens l'accuseraient de tous les noms de fascisme, d'extrême droite, etc. Tous ces gens accuseraient le général de Gaulle au nom du gaullisme ou plutôt au nom de ce qu'ils ont fait du gaullisme. Et c'est ce que je vais essayer d'expliquer si vous me le permettez. La gauche, la gauche, tout le monde sait que c'est elle qui a voté les pleins pouvoirs au maréchal Plétain, la chambre du Front Populaire de 1936. La gauche, en 1958, elle le traitait de fasciste. Vous m'entendez ?

De fasciste. Donc quand j'entends à mes oreilles certains me traiter de fasciste, ça me fait doucement rigoler. La gauche, socialiste, communiste, disait que c'était la réincarnation du Duce. Le Duce, c'était Mussolini. C'était la réincarnation du Caudilio. Le Caudilio, c'était le général Franco. Voilà ce que disait la gauche du général de Gaulle, du général de Gaulle, de son vivant. Il ne faut jamais oublier cela. Deuxièmement, la droite maintenant. Les gaullistes même, les RPR, les anciens RPR, qui eux, ont trahi le général de Gaulle sur tous les sujets. Je vais vous donner l'exemple. Qu'est-ce que c'est que le gaullisme ? Qu'est-ce que c'est que le général de Gaulle ?

Le général de Gaulle, c'est d'abord l'indépendance de la France. La droite a réintégré le commandement militaire intégré de l'OTAN. D'où l'avait fait sorti le général de Gaulle. Trahison. La droite s'est couchée devant la commission de Bruxelles au nom de l'Europe. Alors que le général de Gaulle, lui, a fait, je vous rappelle, la politique de la chaise vide pour ne pas céder aux injonctions de la commission de Bruxelles. La droite se soumet aux juges européens. Vous avez vu les réactions de M. Barnier, de Mme Pécresse, de M. Bertrand sur la Pologne. C'est un peu simplificateur quand même. Sur la Pologne. Pardon ? C'est un peu simplificateur, non ? Pas du tout. Je vous assure, pas du tout.

Vous savez, le général de Gaulle, on va parler, si vous voulez, une minute de ses juges européens. Parce que vous avez remarqué que tous les candidats de la droite ont critiqué la Pologne qui a dit que son ordre constitutionnel ne se soumettait pas à l'ordre européen. Mais non seulement les Polonais ont raison, non seulement le Conseil constitutionnel français a dit la même chose, non seulement le tribunal constitutionnel allemand de Karlsruhe a dit la même chose, mais le général de Gaulle, lui, allait plus loin puisqu'il a refusé, vous m'entendez, il a refusé de ratifier la Convention européenne des droits de l'homme.

Dans les années 60, nous n'étions pas à la CEDH, nous ne subissions pas les foudres de la CEDH parce que le général de Gaulle avait refusé. Et le général de Gaulle n'aurait jamais admis, vous m'entendez, jamais admis que le juge européen commanda l'ordre constitutionnel français mais même l'ordre législatif. À l'époque du général de Gaulle, les juges français, Conseil d'État, Cour de Cassation, disaient qu'un juge ne jugeait pas la loi parce que c'était la loi qui était en dernier ressort. Il y a des traités

28:01
Intervenant

que nous avons signés, Zemmour. Il y a des traités que nous avons signés.

28:04
Éric Zemmour

On n'a rien signé du tout, madame. Madame, je vais vous dire. On a subi une jurisprudence de la Cour de justice européenne qui s'est imposée à partir des années 60, le fameux arrêt Costa-Contrenel mais que contestaient à l'époque les grands juges français. Puis, nous l'avons signé une fois, vous avez tout à fait raison, dans le traité de 2005. Je vous rappelle que le traité de 2005 a été refusé par le peuple français. Encore une trahison de la droite par rapport au général de Gaulle qui lui est parti quand il perdait un référendum. Deuxième chose, pour le général de Gaulle. Le général de Gaulle, lui, pensait que les peuples existaient.

Il était essentialiste, comme on dit aujourd'hui, avec dégoût. C'est-à-dire qu'il disait, vous vous souvenez, la Russie éternelle restera la Russie et elle boira le communisme comme le buvard boit l'encre. Il était essentialiste. Il pensait que les peuples avaient une réalité charnelle. Il y avait la terre, les morts, les paysages, l'histoire de France. Aujourd'hui, il ne parlait pas des valeurs de la République, surtout quand c'était celle de LGBT. Vous imaginez le général de Gaulle défendre les valeurs de LGBT. Éric Zemmour, pardonnez-moi. C'est une autre époque. Non, non, on n'a pas l'essentiel. On n'a pas fini. On n'a pas fini. Dernière trahison. Non, non. Dernière trahison.

Le général de Gaulle, et je suis assez heureux parce que notre confrère, si je peux nous permettre, parce que c'est un vieil ami, Franz-Olivier Gisbert, vient de publier un livre sur le général de Gaulle et en particulier sur l'Algérie. Et vous vous souvenez des propos que tient le général de Gaulle dans son livre écrit par Alain Perfit. C'était de Gaulle rapporté par Alain Perfit. Je vous rappelle en vitesse, je donne l'indépendance de l'Algérie pour que mon village ne devienne pas colombé les deux mosquées. Regardez-les, les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Laissez comme lui les vinaigres, vous les mélangez dans une bouteille, ils se séparent.

Et surtout, et surtout, la phrase la plus importante, le général de Gaulle dit à Alain Perfit, plus tard, les Français comprendront que le plus grand service, je dis bien, j'insiste sur ce mot, le plus grand service que j'ai rendu à la France, c'est de nous avoir arrachés à l'Algérie. Éric Zemmour, excusez-moi. Attendez, attendez, attendez, attendez, attendez. L'histoire de France est faite de grands mouvements.

Madame, excusez-moi, je dis moi, c'est moi qui suis interrogé là-dessus, je dis que la classe, la droite, comme la gauche, ont trahi, je dis bien trahi, j'emploie exprès le mot, le général de Gaulle, car le général de Gaulle ne voulait pas de millions d'immigrés venus de d'Algérie, du Maroc et de Tunisie.

30:36
Présentateur

Vous-même,

30:36
Éric Zemmour

j'ai dit donc,

30:37
Présentateur

en résumant votre pensée, en gros, vous êtes le candidat du RPR, vous m'avez dit oui, même si les plus jeunes d'entre nous ne vont pas comprendre ce dont il s'agit. Oui, le RPR est mort en 2002. Et là, vous venez de nous parler pendant 5 minutes du général de Gaulle, de ce qu'il disait à la sortie de la guerre, de ce qu'il a dit ensuite. Le monde change, les gens changent,

30:55
Éric Zemmour

les choses évoluent. Monsieur, ça ne vous a pas échappé que toute la classe politique se réfère tout le temps au général de Gaulle ? Et c'est parce que tout le monde le fait ? Ça ne vous a pas échappé que vous m'avez interrogé sur l'anniversaire de la mort du général de Gaulle ? Ça ne vous a pas échappé que beaucoup de candidats qui plafonnent à 2% des sondages m'attaquent sur le général de Gaulle et le maréchal Pétain ? Donc, je voulais répondre là-dessus. Les traîtres au général de Gaulle, ce sont eux. Ce n'est pas vous qui sont eux ? Exactement. Et je tiens à le dire. C'est moi qui suis fidèle à l'esprit du général de Gaulle tel que je vous l'ai décrit aujourd'hui. Éric Zemmour,

31:28
Intervenant

il y a quand même un préfet gaulliste qui a été un de vos amis qui vous a défendu dans un de vos procès, Pierre Monzani, qui a dit le gaullisme, c'est l'antipétainisme, c'est le rassemblement, ce n'est pas l'exclusion. Il y a beaucoup de gaullistes qui disent ça. Est-ce qu'on peut être gaulliste en réhabilitant Pétain comme vous êtes accusé de le faire ?

31:42
Éric Zemmour

D'abord, je ne réhabilite pas Pétain. C'est un mot d'une journaliste que tout le monde reprend par facilité. Moi, je n'ai jamais employé ce mot. Je suis rentré dans une querelle historique là-dessus. J'aime les querelles historiques. Ça m'intéresse, ça me passionne, j'ai le droit. Et comme tout français d'ailleurs. C'est comme ça que je m'approprie l'histoire de France. Maintenant, M. Monzani, je le laisse à ses petites rancœurs, à ses petites médiocrités. C'est dommage. Comme disait Chirac, c'était un ami. Mais il n'est pas seul. Comment ? Il n'est pas seul parmi les gaullistes, à vous dire. Mais bien sûr.

Vous savez, gaulliste, excusez-moi, gaulliste, c'est celui qui était avec le général de Gaulle. C'est celui qui a fait la guerre. M. Monzani n'est ni l'un ni l'autre. Les héritiers du gaullisme, comme ça, moi, j'en ai dix à la douzaine. Maintenant, sur le fond, le général de Gaulle, en 1947, vous m'entendez, deux ans après la guerre, crée un parti qui s'appelle le RPF. Et il rassemble qui ? Il rassemble les gaullistes et, vous m'entendez, les pétainistes. En 1968, il donne l'amnistie à tous les anciens de l'Algérie française qui l'ont combattu, qui ont voulu le tuer. Donc, tous ces gens-là, en vérité, sont plus gaullistes que le général de Gaulle lui-même.

Simplement, il faut peut-être arrêter avec ça. Tout ça, c'est des postures, c'est des postures médiocres.

32:58
Présentateur

Et d'ailleurs, M. Zemmour, avançons, s'il vous plaît, et parlons économie et pouvoir d'achat.

33:05
Intervenant

Oui, surtout pouvoir d'achat, c'est un point important. Mais c'est vrai qu'on vous entend peu sur les sujets économiques. En tous les cas, quand on lit vos écrits, lorsqu'on lit, on vous écoute, il y a peu de mesures saillantes. Je veux dire, comme par exemple, Marine Le Pen qui a voulu sortir de l'euro, la retraite, on va y revenir évidemment. Vous êtes un ultra-libéral, vous êtes comme François Fillon, vous êtes comme Marine Le Pen, Marine Le Pen, plutôt sur la souveraineté, souveraineté économique. Où est-ce que vous êtes en fait sur ces questions-là, Éric Zemmour ? On vous l'a peu entendu.

33:35
Éric Zemmour

Mais ce n'est pas qu'on m'a peu entendu. C'est qu'il y a deux choses. D'abord, quand je ne parle pas d'immigration, et Dieu sait, je vais vous parler des journalistes qui me suivent, Dieu sait, si je n'en parle pas tout le temps, les journalistes ne reprennent pas ce que je dis. J'ai parlé d'école, j'ai parlé de travail.

33:49
Intervenant

C'est l'occasion d'y répondre.

33:50
Éric Zemmour

Deuxièmement, je peux parler d'économie. J'estime que le, si vous voulez, il en va de la vie et de la mort de la France. Donc je parle d'abord de la vie et de la mort. Ensuite, l'économie est très importante, mais si vous voulez, ça, c'est de l'ordre du déclin. Il y a deux choses. Il y a la France qui est en danger de mort et il y a le déclin économique. Il y a les Français qui sont confrontés à leur problème de pouvoir d'achat, au travail, à la retraite. Mais vous avez raison. Mais les Français sont d'abord confrontés à la vie et la mort de la France. Maintenant, ils sont aussi confrontés à la vie de tous les jours, vous avez raison, à l'appauvrissement général des Français.

Vous me dites est-ce que vous êtes libéral, ultra-libéral, machin. Je ne veux pas rentrer dans ces querelles dogmatiques. Je ne suis pas un idéologue. Je pense que je ne suis pas dans le dogmatisme. Ce n'est pas le libre-échange, c'est bien et le protectionnisme, c'est bien ou mal. Il n'y a pas de oui, de bien et de mal. Alors justement, essayons de voir

34:46
Présentateur

dans les propositions. Soyons concrets. Soyons concrets. Pouvoir d'achat, sur les salaires, M. Zemmour, plusieurs candidats à cette élection présidentielle font des propositions très concrètes. Augmentation, 10, 12%, peu importe. Quelle est votre proposition ?

35:00
Éric Zemmour

D'abord, je voudrais dire que la présidentielle, ce n'est pas le concours pour être ministre des Finances. Ça, c'est une première chose. Moi, je parle...

35:07
Intervenant

Non, mais le pouvoir d'achat, c'est la priorité des Français.

35:09
Éric Zemmour

Non, Madame, j'aimerais bien avoir la réalité de ces sondages, mais on ne va pas parler de ça. Évidemment, pour les Français, c'est important, le pouvoir d'achat. Je ne veux pas rentrer dans cette course à l'échalote démagogique. On augmente de 10 à 12, on double les salaires des professeurs, etc. Il faut voir le diagnostic. Pourquoi sommes-nous arrivés là ? Nous en sommes arrivés là parce que nous sommes appauvris. Pourquoi nous en sommes appauvris ? Pour deux raisons essentielles, parce que nous sommes désindustrialisés et deuxièmement, parce que notre protection sociale qui est obèse est ouverte au monde entier. Il faut donc jouer sur ces deux matrices. Très bien.

Une fois que le diagnostic est posé, sinon il n'y a pas de mesure. Mais vous venez de le faire, les propositions. Écoutez, moi, je vais vous dire, d'abord, il faut réindustrialiser. Pour faire un crédit de relocalisation, il faut abaisser les charges dans les impôts de production. Donc ça veut dire quoi, crédit ? Ça veut dire, vous dites aux entreprises qui veulent revenir, vous allez quoi ? Crédit d'impôt. Crédit d'impôt. Il faut, par exemple, il faut réduire encore les impôts de production. Le gouvernement l'a fait, c'est 70 milliards. Le gouvernement fait à hauteur de 10 milliards. Il faut faire beaucoup plus, de 30 à 40 milliards, pour pouvoir s'aligner sur l'Allemagne.

Il faut réduire massivement les droits de succession pour les entreprises parce que les entreprises françaises ne peuvent pas se transmettre de père en fils ou de mère en fille ou de père en fille, etc. Et c'est pour ça qu'elles sont vendues à des étrangers ou qu'elles meurent. Il y a beaucoup de mesures. Maintenant, vous demandez une mesure précise de pouvoir d'achat. Je pense, je vais vous en donner une, je pense qu'il faut, si vous voulez, je vous ai dit, le deuxième tableau, c'est la protection sociale qui est obèse. Nous avons 819 milliards de dépenses sociales. Nous devons trancher là-dedans. La gauche refuse de trancher et refuse de voir qu'on vit à crédit depuis 20 ans.

La droite, elle, vous me demandez sur François Fillon, à droite, elle, a voulu réduire les droits sociaux de tout le monde. Moi, je ne veux pas réduire les droits sociaux des Français. En revanche, je pense qu'il faut réduire la solidarité nationale, il faut l'exclure pour les étrangers. Mais on n'est pas dans le même régime. D'un côté, il y a des dizaines de milliards

37:11
Intervenant

et de l'autre côté, on n'est pas du tout dans le même régime. C'est-à-dire qu'il y a un niveau où vous avez des centaines de milliards si vous voulez baisser les impôts de production, si vous voulez baisser les charges sociales. Ce n'est pas les centaines de milliards. Excusez-moi,

37:21
Éric Zemmour

les impôts de production,

37:21
Intervenant

c'est 70 milliards en tout. Oui, c'est ça. Mais avec tout ce que vous venez d'annoncer, ça s'ajoute. Vous êtes d'accord avec moi ?

37:26
Éric Zemmour

Attendez, attendez. Ah oui, mais là, je fais des économies.

37:29
Intervenant

Si j'enlève... Excusez-moi,

37:31
Éric Zemmour

les étrangers ont le droit à de l'assurance, c'est-à-dire qu'ils cotisent quand ils travaillent, quand ils travaillent, je préciserai ensuite les chiffres, et ils cotisent et ont le droit donc à l'assurance maladie, à leur retraite et le chômage, etc.

37:45
Présentateur

Excusez-moi, attendez, attendez. Non, mais c'est pour une raison qui est très importante, M. Zemmour, c'est que ce constat, nous avons déjà entendu le faire.

37:50
Éric Zemmour

Non, parce que vous allez voir, ça a une conséquence sur les mesures de pouvoir d'achat. Laissez-moi finir. Donc, il faut enlever la solidarité nationale. La solidarité nationale, qu'est-ce que c'est ? C'est le minimum BIS, c'est le RSA, c'est les allocations miliales, c'est les aides au logement. Ça, on évalue ça pour les étrangers extra-européens à 20 milliards. Vous voyez, je vais y arriver. Les chiffres, oui. Les chiffres, ça peut être plus, vous avez raison. En tout cas, c'est un minimum 20 milliards. Je propose, moi, de, si vous voulez, de réduire la CSG pour les bas salaires, pour les gens qui sont au SMIC, jusqu'au salaire médian. Il y a un problème en France.

Le salaire net est trop bas et le salaire brut, et encore plus chargé, comme on dit, est trop haut. Ça représente quoi ? Ça représente quoi ? Je vais vous dire. Ça représente... La personne au SMIC, elle gagne à peu près 1 280 net pour un salaire brut de 1 500 à peu près. On est d'accord, brut. Donc, les charges sociales, pour lui, ça représente 21%. Sur ces 21%, la CSG représente 9%. Donc, je réduirai les 9% à 2,5% pour le SMIC, évidemment. Donc, ça lui ferait une économie énorme. Ça lui ferait sur l'année un 13ème mois en plus. Et pour la sécurité sociale, pour les charges, ça représente 15 milliards.

Donc, vous voyez, ma solidarité nationale réservée aux nationaux, c'est 20 milliards d'économies et cette mesure de pouvoir d'achat énorme, énorme. Ça lui fait 1300 euros à la fin de l'année. C'est un 13ème mois pour le SMIC-AR. Ça coûterait 15 milliards. Donc, je finance... Donc, augmentation du SMIC grâce à la baisse de la CSG. Exactement. Et surtout, surtout, moins d'allocs pour les étrangers, plus de salaire et plus de pouvoir d'achat pour les Français.

39:37
Intervenant

Mais c'est anticonstitutionnel. Les étrangers, vous faites la séparation entre les étrangers qui ont le droit d'être en France et puis ceux qui n'ont pas le droit d'être en France.

39:44
Éric Zemmour

Oui, madame, je fais la différence.

39:46
Intervenant

Voilà, c'est ça. Je fais la différence.

39:47
Éric Zemmour

Sinon, c'est pas... Non, c'est tout à fait légitime. À condition que ça soit pour les illégaux. Excusez-moi. Comment vous financez la solidarité nationale ? Par les impôts. Vous payez... La personne qui n'a pas d'enfant, elle paye des impôts pour l'école. Et pourtant, elle ne finance pas l'école. Quand vous avez des gens qui ne touchent pas les allocations familiales parce qu'ils ont un revenu trop élevé, vous les avez discriminés. Eh bien, moi, je fais la même chose pour les étrangers. C'est tout à fait... J'ai tout à fait le droit de le faire. Et de toute façon, je vais vous dire... En tout cas, je prendrai le droit.

Parce que de toute façon, il faut bien comprendre que ce n'est pas le Conseil constitutionnel qui doit diriger le pays. C'est le peuple français. Et donc, et donc, si vous voulez, il faut faire une réforme constitutionnelle qui empêche le Conseil constitutionnel de bloquer le pouvoir du peuple. Et donc, nous devons remettre ce qui existait sous le général de Gaulle dont je vous ai parlé tout à l'heure. C'est-à-dire que la loi postérieure est supérieure aux traités et en particulier aux traités européens. Et donc, le Conseil constitutionnel n'a pas à juger

40:47
Intervenant

les lois postérieures à tous les traités. Est-ce que c'est votre seule mesure de justice sociale ? Parce qu'il y a quand même 50% des Français qui vivent avec moins de 1800 euros, 10 millions de pauvres en France. Est-ce que c'est votre seule mesure de justice sociale ? Mais vous vous rendez compte de ce que c'est ?

41:01
Éric Zemmour

1300 euros par mois en plus pour les gens qui sont au SMIC. Vous vous rendez compte ? Et on a un problème aujourd'hui. On a un double problème d'ailleurs. On a le vieux problème qui est très bien diagnostiqué depuis longtemps qui est qu'il n'y a pas assez de différence entre les revenus de l'assistana et les revenus du travail. Ce qui fait que je me balade partout en France et tous les patrons que je vois, tous les entrepreneurs que je vois me disent qu'on n'arrive pas à trouver de main-d'oeuvre. Et on n'arrive pas à trouver de main-d'oeuvre. C'est un gros problème.

41:31
Présentateur

de l'assurance chômage qui a été conduit par le gouvernement.

41:33
Éric Zemmour

C'est une des raisons de la surréforme, absolument. Donc il faut... C'est une bonne réforme. C'est une réforme en tout cas qui va dans ce sens-là. Il faut absolument multiplier comme ça et réduire l'écart et ne faire que le travail paye mieux. Ce que je viens de vous proposer permettra que le travail paye mieux. En plus, on a un problème avec les étrangers extra-européens. C'est que contrairement à ce qu'on croit, contrairement à ce qu'on croit, ils ne font pas le boulot dont les Français ne veulent pas. C'est l'inverse. Nous avons aujourd'hui 8% de chômeurs en France et nous avons 24% de chômeurs parmi les étrangers extra-européens.

Nous avons 13% d'inactifs en France et nous avons 40% d'inactifs. Vous avez vu que vous avez été protestés par l'INSEE. Vous avez vu ça, monsieur Desmond. Je le montre à nos téléspectateurs.

42:18
Présentateur

Il n'y a aucun problème. Ce matin dans le JDD, la phrase que vous venez de prononcer à l'instant, nos confrères du JDD ont contacté l'INSEE qui dit que vous dites faux. Vous dites faux parce que vous confondez, explique l'INSEE, inactifs et chômeurs. Non, pas du tout.

42:30
Éric Zemmour

Non, bien sûr, je ne confonds pas du tout. La preuve, c'est que chômeurs, c'est 24%, inactifs, c'est 40%. Vous voyez que je ne confonds pas.

42:36
Intervenant

Quand on est retraité, c'est sûr qu'on n'est pas chômeur.

42:38
Éric Zemmour

Oui, bien sûr. Sur le temps de travail, monsieur Zemmour, sur le temps de travail, combien d'heures par semaine ? Ça, je vais vous dire, il y a un problème qui n'en est pas un qui est les 35 heures. C'est-à-dire qu'encore une fois, tous les patrons que je rencontre disent qu'ils ont réglé ce problème. Donc, ce n'est plus un sujet. En revanche, il y a un problème sur la quantité de travail globale des Français, c'est-à-dire sur l'année et sur la vie. Là, nous travaillons beaucoup moins que les autres. C'est une des raisons de la désindustrialisation. Donc, je propose, il faut absolument que les jeunes Français rentrent plus vite l'activité professionnelle.

D'ailleurs, je pense qu'il faut, par exemple, que les lycées professionnels soient sous la tutelle du ministère de l'Industrie et non plus comme les lycées agricoles sont sous la tutelle du ministère de l'Agriculture pour favoriser cette imbrication entre l'enseignement professionnel et l'industrie et donc l'emploi. Et deuxièmement, je pense que les gens de plus de 50 ans sont trop inactifs. Les entreprises ont une grosse responsabilité. Ils ont pris des mauvaises habitudes depuis 20-30 ans à virer les gens de plus de 50 ans parce qu'ils sont trop chers, parce qu'ils vont, vous voyez, et que ça permet de débarrasser des gens qu'ils jugent trop chers.

Donc moi, je pense qu'il faut arrêter avec ça. Il faut à la fois augmenter le temps, l'âge de la retraite. Il faut le porter jusqu'à 64 ans. Ça fait 20 milliards d'économies. de 62 à 64. Si vous voulez, parce que déjà, c'est un gros effort qu'on demande aux gens. Pour tous les métiers ? Comment ? Pour tous les métiers, il y a des métiers très pénibles. Non, vous avez raison. Il faudra ajuster. Mais encore une fois, moi, je ne suis pas Premier ministre. Je ne suis pas ministre du Travail ou ministre de l'Économie. Non, mais on ne va pas rentrer dans le degré de détail. Il y a toujours des négociations après. Le problème, la compagnie présidentielle, ce n'est pas... Pardonnez-moi.

44:18
Présentateur

Non, moi aussi, mais il y a des gens qui vous écoutent et qui travaillent qui ont un métier très pénible. Entendre, c'est un détail de savoir à quelle heure il s'arrête de travailler. Non, pour un président de la République. Excusez-moi.

44:27
Éric Zemmour

C'est lui qui donne les grandes lignes. Excusez-moi pour une campagne du président de la République. Après, il y a des négociations salariales, il y a des négociations syndicales, il y a des négociations professionnelles et les gens ajoutent. Non, un programme, vous savez, le général de Gaulle n'avait pas de programme. Emmanuel Macron a donné son programme en mars et j'ai retrouvé des phrases amusantes de lui qu'il faudrait reprendre et qu'il disait que la campagne présidentielle, c'est de la littérature, c'est un rythme, c'est un style. Il avait tout à fait raison. Ce n'est pas un catalogue de mesures. Je suis désolé. C'est une vision de la France.

C'est notamment une vision de l'avenir des Français. La vision de la France, ça ne rentre pas dans le moindre détail. Donc je dis, je crois que j'ai donné franchement beaucoup de détails aujourd'hui.

45:07
Présentateur

L'État est-il trop obèse ? Si je vous écoute en creux, j'ai l'impression que oui. Ça veut dire que vous voulez comme l'autre réduire le nombre de fonctionnaires ? Non, je n'ai pas parlé de ça.

45:16
Éric Zemmour

J'ai parlé de protection sociale. Donc oui, la protection sociale est obèse et j'ai dit pourquoi. Le fonctionnement de l'État ? Le fonctionnement de l'État. Il faudrait, vous savez, c'est un sujet, alors là, pour rentrer dans les détails, il faudrait vraiment une étude très fine parce qu'on a besoin de plus de magistrats, on a besoin de plus de policiers, on a besoin de plus d'infirmières et par ailleurs, j'imagine qu'il y a des doublons, des triplons que la décentralisation et la multiplication du fameux millefeuille administratif a provoqué d'énormes sur-effectifs.

On a aujourd'hui dans les régions, dans les communautés de communes, toutes ces structures qu'on a empilées, soi-disant au nom d'économies et qui en fait ont provoqué des sur-effectifs sans fin et qui coûtent beaucoup d'argent. Vous savez qu'il y a

46:01
Présentateur

beaucoup de candidats à la présidentielle, je pense que certains candidats à l'élection présidentielle sont plus girondins, pour prendre cette expression, plus décentralisateurs et eux demandent que l'État soit régalien pur, qu'il gère des missions régaliennes et que les collectivités aient des moyens. Moi je vais vous dire

46:15
Éric Zemmour

que ça ne veut rien dire. L'État régalien ça ne veut rien dire. L'État, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il ne s'occupe que de la police et de l'armée ? Et du budget ? Ouais. Ça ne veut rien dire ça. L'État s'est toujours occupé d'économie. L'État depuis François 1er s'est toujours occupé de culture. Ce n'est pas vrai, ça c'est un mythe. C'est un mythe simplificateur. Moi je ne suis ni jacobin ni girondin. Ce sont des combats d'il y a deux siècles, des combats politiciens d'il y a deux siècles qui conduisaient à la guillotine. Il faut sortir de ces faux combats, de ces faux affrontements, de ces faux clivages manichéens et déjuvés. C'est du fonctionnement monsieur Zemmour.

C'est très concret. Mais absolument.

46:55
Présentateur

Ce ne sont pas que des idées. On avait dit qu'ils ne sont plus girondins. Oui, mais vous êtes

46:59
Intervenant

contre la décentralisation par exemple.

47:00
Éric Zemmour

Je ne suis pas contre la décentralisation. Je pense qu'elle a été mal faite, qu'elle a provoqué des complexités. Je pense que notre schéma administratif fonctionnait très bien et était très limpide et visible et que maintenant personne ne comprend plus rien et qu'il faut être un spécialiste pour comprendre qui a quelles compétences etc. C'est du bon sens.

47:19
Intervenant

Alors Eric Zemmour, juste pour la fin, comme ça je dis je suis une femme, j'ai plus de 50 ans, je dois dire je coche un peu toutes les mauvaises cases. Mais qu'est-ce que vous feriez ? Les hommes aussi sont virés vous savez après 50 ans. Qu'est-ce que vous feriez ? Et puis je travaille en plus effectivement, bien que je travaille gratuitement depuis le 3 novembre paraît-il. Qu'est-ce que vous feriez pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes ? Parce qu'on voit bien qu'il y a une différence 16%, 20%.

47:37
Éric Zemmour

C'est des chiffres complètement loufois.

47:39
Intervenant

Il y a une différence

47:40
Éric Zemmour

et une inégalité salariale

47:42
Intervenant

ou pas ?

47:43
Éric Zemmour

Non, il y a une inégalité salariale parce qu'elles n'ont pas les mêmes métiers et que la plupart, il y a beaucoup de femmes qui sont dans des métiers moins bien payés mais c'est elles qui les choisissent. Vous savez, il y a un sujet majeur. Il faut qu'on puisse vous les proposer. Donc ça veut dire que, ce qui avance

48:02
Présentateur

qu'à métier égal, les femmes sont 18% moins bien payées, c'est faux. C'est faux. Sur quelle base ?

48:07
Éric Zemmour

C'est faux, c'est tout, c'est faux. La différence, à métier égal, à compétence égal et à travail égal, c'est faux. Parce que j'ai des chiffres qui prouvent que c'est faux. Et c'est quoi ces chiffres ? Comme les vôtres, c'est quoi ces chiffres ? C'est des chiffres qui sont faits

48:18
Intervenant

par l'INSEE, c'est un peu notre référence. Non, non, mais vous savez,

48:21
Éric Zemmour

on fait dire aux chiffres ce qu'on veut. Moi, je vous dis, les inégalités sont marginales. Elles sont essentiellement parce que, parce que d'abord, beaucoup de femmes choisissent du temps partiel pour élever leurs enfants. Pourquoi les en empêcher ? Vous voulez les en empêcher ? Bon. Deuxièmement, les femmes choisissent des métiers qui sont moins bien payés. C'est leur liberté. Moi, je défends la liberté des femmes, contrairement à certains. Dans les pays scandinaves, on a fait une étude très intéressante que je vous livre. Dans les pays scandinaves, c'est les pays qui ont fait le plus d'efforts pour l'égalité entre les hommes et les femmes.

On se rend compte que c'est là, dans ces pays-là, la Norvège, la Suède, qu'il y a une polarisation la plus forte. C'est-à-dire que les femmes choisissent des métiers entre guillemets féminins. C'est leur liberté. Après, elles font ce qu'elles veulent et elles ont le droit de faire ce qu'elles veulent.

49:09
Présentateur

Nous allons nous arrêter là.

49:11
Éric Zemmour

Merci Edwige.

49:12
Présentateur

Merci Adrien. Merci M. Zemmordara pour votre invitation ce midi dans BFM Politique.