Narcotrafic : Emmanuel Macron "a toujours un temps de retard", déclare Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. On va parler de Marine Le Pen qui semble avoir intégré sa succession. Le plan B a-t-il détrôné le plan A ? On évoquera aussi votre ligne sur les hausses d'impôts ou vos propositions contre le narcotrafic. Mais d'abord, à l'occasion d'une visite de Volodymyr Zelensky à Paris hier, Emmanuel Macron a confirmé que l'Ukraine allait acheter jusqu'à 100 Rafales ses avions de chasse conçus par Dassault Aviation. Un choix et un message clair pour le Président.
Depuis le premier jour de l'agression russe, la France a fait un choix clair. Celui du soutien sans ambiguïté, sans relâche à l'Ukraine.
Est-ce qu'en tant que patriote Sébastien Chenu, vous vous en félicitez ? Ou comme vous vous êtes opposé à la livraison d'armes à l'Ukraine, vous dites ça va trop loin ?
Non mais c'est d'abord un mirage, plus qu'un rafale quelque part. En réalité, c'est une opération de communication d'Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce que quand on regarde, et on pourrait se réjouir que la société Dassault, d'ailleurs on peut s'en réjouir à travers le monde, la société Dassault marque des points et vend un certain nombre de matériaux de guerre de façon très importante. Mais c'est impossible à payer, c'est impossible à fabriquer. Impossible à fabriquer. D'abord, la société Dassault le dit elle-même, elle ne peut pas fabriquer, livrer cela avant une grosse dizaine d'années. Donc de toute façon, ce n'est pas pour demain. C'est une lettre d'intention.
Vous l'avez bien vu, ce n'est pas un accord, ce n'est pas une vente définitive.
Donc vous ne vous en réjouissez pas, vous ne dites pas un contrat de centaines de milliards d'euros, c'est une bonne chose pour la France, pour l'entreprise française.
Je viens au point le plus difficile, c'est une lettre d'intention, d'ailleurs je pense qu'on n'est pas les premiers, la Suède a déjà eu une lettre d'intention pour l'achat de chars, mais surtout je vous disais, qui va payer ? Ce n'est évidemment pas l'Ukraine qui va payer. Vladimir Zelensky suggère d'utiliser les avoirs russes gelés, vous pensez que c'est une bonne idée ? Oui, mais ça patine. Vous avez bien vu que ça ne marche pas, l'utilisation des avoirs russes. L'Ukraine a besoin de 100 milliards d'euros par an pour visiblement s'armer, en tous les cas continuer à tenir le front, on va dire. Donc l'Ukraine n'a pas les moyens, elle, de payer cet achat. Donc qui va payer ?
La France ne va quand même pas payer ses propres matériaux pour les livrer à l'Ukraine. De toute façon, nous, nous avons aussi un programme de défense à respecter. Nous sommes totalement exempts. Et les avoirs russes gelés ? Ça ne marche pas visiblement. Mais visiblement, ça n'a pas l'air de marcher. Et je viens à autre chose. Il y a d'autres pistes de financement. Les Etats-Unis n'ont pas envie de payer. On voit bien, ils sont plutôt aujourd'hui la pédale sur le frein. Le frein sur la pédale, plutôt, l'inverse. Et donc, se pose cette question de qui va payer.
Mais surtout, on est en train de voir aussi que l'Ukraine est confrontée à des problèmes, évidemment, de corruption très importants qui les rattrapent. Donc moi, je pense que derrière, il y a quand même beaucoup de communication. On n'est pas du tout sûr, à la fin, que quelqu'un paye ses rafales. Et je pense que c'est bien aventureux, Emmanuel Macron, d'annoncer ça.
Mais est-ce que vous ne soutenez pas l'Ukraine que dans les mots ? Parce que vous ne votez pas les mesures d'aide à Kiev, les sanctions contre la Russie. Est-ce que vous n'êtes pas incohérent sur ce plan ?
Non, on a voté les mesures d'aide à l'Ukraine. Non, on a toujours voté. On a toujours eu la même logique. Vous n'avez pas voté la résolution en mars dernier au Parlement sur le soutien à l'Ukraine ?
Au Parlement européen, Jordan Bardella n'a pas voté non plus en juillet dernier une résolution de soutien.
Nous sommes dans la même logique, c'est-à-dire ce qui ne permet pas une escalade du conflit. Donc nous, on est toujours dans la même logique. Et je pense que cette logique, elle va revenir et elle doit revenir très fort. C'est-à-dire que l'idée, c'est quand même, il faudra bien qu'à la fin, il y ait des gens qui parlent, je dis des gens des pays, en réalité, qui parlent à la Russie, qui parlent à l'Ukraine, pour être des voix de connexion entre deux et venir à une table des négociations. Ça ne pourra se terminer que comme ça. Et je pense qu'il y a des pays, je pense à l'Inde, par exemple, qui peuvent faire œuvre utile.
Sébastien Chenuaki a dit il y a dix ans à propos du Rafale, c'est un cadavre qui ne se vend plus.
Oui, je connais, mais c'était...
C'est Marine Le Pen.
Petite erreur de jugement. C'était probablement sorti de son contexte et il y a dix ans, ce n'était pas la même chose. Il y a dix ans, l'État du marché n'était pas du tout le même et le Rafale ne se vendait pas.
Vous avez raison, mais donc ça veut dire que si vous aviez été au pouvoir, le Rafale, aujourd'hui, n'existerait plus. Parce que Marine Le Pen, à l'époque, remettait en cause les investissements de l'État dans le Rafale. Donc le RN au pouvoir, on n'aurait plus ce fleuron français ?
Non, il faut bien voir qu'on est sur des sujets qui sont très mouvants, qui bougent beaucoup et qui bougent rapidement. C'est-à-dire que l'industrie de l'armement bouge plus lentement que la géopolitique. Donc par conséquent, il faut pouvoir s'adapter. Marine Le Pen, lorsqu'elle dit ça, elle a raison. À l'époque, ça ne se vendait pas. C'est un cadavre qui revit bien depuis quand même. Aujourd'hui, ça fonctionne pour l'Ukraine. C'est l'Ukraine qui veut acheter ça.
Diriger, c'est avoir une vision aussi. En 2016, quelques années plus tard, on vendait des Rafales aux Emirats, à l'Inde.
Je vous rappelle qu'elle était la première à dire en France la nécessité de se réarmer, de développer un plan important de réarmement pour le pays, alors qu'on a pris du retard, alors que la France a pris du retard pendant des années. Donc la vision pour le pays, elle l'a eue. Moi, ce que je crois, c'est qu'aujourd'hui, on est face à un pays, l'Ukraine, qui n'a pas les moyens lui-même financiers de tenir cette promesse. Qu'on est face à un président de la République, Emmanuel Macron, qui fait de la com' et qui n'a pas les moyens de tenir cette promesse, et qu'à la fin, dans quelques temps, on se reverra peut-être, on dira, finalement, ça n'a jamais été acheté, ça n'a jamais été livré.
L'examen du budget se poursuit à l'Assemblée nationale et on a du mal à comprendre quelle est votre stratégie. Vous avez martelé sur tous les plateaux pendant des semaines qu'avec le RN, il y aurait zéro hausse d'impôt. Finalement, vous avez voté tout un tas de taxes et c'est le député macroniste Paul Midy qui vous interpelle là-dessus à l'Assemblée nationale. Vos députés et vous avez voté des taxes qui écrasent nos entreprises à plus de 30 milliards d'euros. Donc le sujet, ça n'est pas un sujet de plaisir, c'est un sujet de compétence. Faites en sorte que vos députés écrivent des amendements et proposent des lois qui soient compatibles avec notre droit.
Que répondez-vous au macroniste qui dit que le parti qui écrase les entreprises ?
Je dirais à ce député macroniste qu'il devrait faire oeuvre d'humilité et de modestie. Quand on voit l'État dans lequel ils ont mis le pays, sincèrement, quand on les entend, on a l'impression qu'ils ne sont jamais responsables de rien. Enfin, ils nous livrent un pays exsangue en matière de finances publiques. Donc la première des choses, ce ne serait pas donner de leçons. Vous n'avez pas fait un gros virage sur elle, vous-même sur les impôts ? Deuxième chose, on a le sentiment, quand on est de l'extérieur, que l'Assemblée nationale ne vote que des taxes. Forcément, on est dans la partie recettes.
C'est-à-dire, on est, parce que le budget, ça se fait en deux parties, les recettes et les dépenses, et qu'à partir du moment où on vote la partie recettes, on vote donc des impôts.
Oui, mais vous avez dit que vous alliez épargner les entreprises et les plus riches, et finalement, il y a 30 milliards de hausses de taxes.
Nous, ce qu'on essaie de faire, ce n'est pas notre budget, ce n'est pas le budget qu'on présenterait si on était aux affaires, c'est donc d'amortir, d'affaiblir, de rendre plus juste un budget qui est totalement déséquilibré et qui fait peser une charge d'impôt de près de 20 milliards, de 18 milliards, on va dire, sur les ménages français. Donc nous, on veut rééquilibrer les choses. Vous voulez rééquilibrer ?
Oui, mais pardon, juste, rééquilibrer, est-ce que ça signifie écrire des amendements qui ne sont pas compatibles avec notre droit ? C'est ce que vous dit les macronistes. Sébastien Lecornu, d'ailleurs, veut saisir le Conseil d'État de certaines mesures, parce qu'il trouve que c'est allé trop loin. Par exemple, la taxe sur les multinationales que vous avez votée avec la France insoumise, beaucoup disent qu'elle est inconstitutionnelle et inapplicable. Vous assumez d'avoir voté une telle taxe ?
Mais ce n'est pas une taxe sur les multinationales, c'est en fait une mesure anti-fraude. Ce n'est pas une taxe. Ça, c'est une mesure qui vise à faire en sorte que les entreprises internationales, qui bénéficient d'un certain nombre d'infrastructures dans notre pays, payent des impôts en France. Ça, ce n'est pas une taxe. Mais elle pourrait s'appliquer ? Elle n'est pas inconstitutionnelle ? Vous la présentez ? Moi, j'ai regardé un petit peu quelles étaient les possibilités qu'on avait lorsque un Premier ministre ou un ministre nous dit « Mais attention, tout ça va tomber sous le coup près du droit européen. » Mais on a des possibilités.
Si c'est ambigu, on peut passer ce qu'on appelle un accord interprétatif avec l'Union européenne. On peut renégocier des conventions fiscales. Ça se fait et ça s'est déjà fait. Il y a un mécanisme. On peut préparer des lois pour justement aligner ça. Donc, si vous voulez, il faudrait te dire qu'on ne peut rien faire. Et je reviens sur l'équilibre, déséquilibre, impôts, taxes, etc. Hier, par exemple, on a demandé qu'il y ait 50 millions pris sur 4 milliards sur le photovoltaïque. C'est un lobby. Le lobby du photovoltaïque, grosso modo, c'est des panneaux chinois qui sont là. Qui a refusé tout ça ? Ça, c'est de la fiscalité juste.
Nous, on demande, vous disiez tout à l'heure, je ne suis pas très haut. Ben oui, on demande une fiscalité qui soit juste. C'est la seule chose qui nous anime. C'est-à-dire que quand on tue un impôt, quand on tue un impôt, on a tué l'impôt sur la fortune immobilière, eh bien, je pense qu'il faut le dire aussi.
Question retraite. Jordan Bardella a annoncé dimanche que le RN votera quoi qu'il arrive. Quoi qu'il arrive contre le projet de budget, même donc contre le budget de la sécurité sociale qui suspend la réforme des retraites. Donc, ça voudrait dire que tout ce que vous avez voté ces derniers jours, notamment la suspension de la réforme des retraites, ça n'a servi à rien. En fait, c'est un jeu de rôle.
Non, mais quand on est dans l'opposition, on vote contre le budget. Toutes les oppositions dans toutes les collectivités votent contre le budget. Je suis conseiller régional, je vote contre le budget. Le budget, c'est la traduction en chiffres d'une politique. On ne va pas voter le budget de la Macronie parce que là-dedans, il y a des choses qu'on a pu faire bouger. Moi, je suis très heureux que le RN puisse faire bouger des lignes. Quand on a pu faire bouger les lignes sur la désindexation des retraites, je ne comprends pas. A quoi ça sert de faire voter des amendements ?
Est-ce que vous n'êtes pas dans des potsures ? A quoi ça sert de faire voter des amendements pour la suspension de la réforme des retraites et de ne pas voter à la fin ? A quoi ça sert ? Mais parce qu'il y a d'autres choses dans ce budget
qui sont éminemment toxiques. Mais pourquoi vous avez voté ces amendements ? Si vous saviez qu'à la fin, vous ne voteriez pas le budget, ça n'a aucun sens. À ce moment-là, on ne fait plus notre boulot. On ne vote plus rien, on rentre chez nous. D'ailleurs, c'est ce que la Macronie espérait parce qu'ils ont saboté l'exercice budgétaire. Un budget, ce sont un certain nombre d'éléments et à la fin, vous votez l'ensemble. Sur ces éléments, vous pouvez les faire bouger, évoluer, mais à la fin, vous devez voter l'ensemble. Et cet ensemble sera globalement insatisfaisant. Sur les retraites, d'ailleurs, c'est un décalage.
Il ne faut pas que les Français imaginent qu'il n'y a plus de réforme des retraites façon Macron. Il y a cette réforme des retraites façon Macron qui, de toute façon, s'appliquera pour la génération qui est concernée à partir de 1900... Celle qui est concernée par le décalage de 64 à 68, donc pour les autres, ça s'appliquera.
Et ce n'est pas très lisible pour le grand public, Sébastien Chenu ?
Non, parce que c'est aussi ça, ce qu'a fait le gouvernement. Il a rendu les choses totalement illisibles. Il fait en sorte qu'à l'Assemblée nationale, on ait le sentiment qu'il n'y ait que des votes de taxes pour qu'à la fin...
Et vous, vous aviez dit 0, hausse d'impôt et finalement, vous votez des taxes.
Non, on n'a pas voté d'hausse d'impôt. On a rééquilibré une fiscalité plus juste aux bénéfices des Français qui, avec nous, paieraient moins d'impôts.
Sébastien Chenu, je crois que vous aimez la culture.
Ça dépend laquelle ?
Ça dépend laquelle. Alors, est-ce que vous aimez le cinéma ?
Oui, enfin, comme tout le monde.
Parce que dans le cadre de ce projet budget 2026, le Rassemblement national a déposé un amendement pour supprimer le financement du CNC, le Centre National du Cinéma. Alors, le tort de ce CNC, selon l'exposé de vos motifs, le fait de financer des projets souvent idéologiquement orientés. L'argent des Français ne saurait durablement être ainsi gaspillé dans une vaste entreprise de propagande, dit l'ERN. Donc, vous ne voulez plus financer le cinéma parce que c'est de la propagande ?
Non, pas du tout. Il y a d'autres façons, d'ailleurs, de financer le cinéma. Vous le savez très bien, il y a des grands groupes que vous connaissez, qui financent, je pense, à Canal+, qui est le premier financeur du cinéma français. Donc, vous voyez, le cinéma français, il est financé de différentes façons.
Et pourquoi vous leur retirez ces financements-là ?
Parce qu'il y avait un effort à faire.
Mais c'est l'argent des Français, ce n'est pas de l'argent public. C'est une contribution sur le prix des billets que payent les Français.
Parce que nous pensons qu'effectivement, il y a des efforts à faire de tous les côtés et qu'on peut, de toute façon, le CNC n'est pas une entreprise, une entreprise, ce n'est pas une entreprise d'ailleurs, n'est pas une structure en difficulté.
Donc, pour vous, il y aurait les bons films et les films gauchistes,
pour reprendre les mots de votre député Mathias Renaud ? Non, mais ça, c'est une appréciation personnelle. Moi, je pense qu'il y a des bons films et des mauvais films. En fait, un bon film se juge au nombre d'entrées qu'il fait. Un film sans spectateur devant la toile, est-ce qu'il mérite d'être soutenu, financé, etc ?
Mais vous savez bien qu'on ne peut jamais savoir que l'art, c'est une prise de risque et le cinéma aussi.
C'est vrai que l'art est une prise de risque.
Avec vous, il y aurait les bons films validés par le pouvoir officiel et les films gauchistes ?
Non, mais pas du tout, on n'est pas des censeurs. Mais moi, je suis contre la culture du guichet. C'est-à-dire l'idée que les structures se transforment en guichets à subvention. Vous avez un projet, vous venez juste demander une subvention, c'est-à-dire que vous utilisez les structures comme des guichets, des pompes à fric. Ça, je trouve que c'est pernicieux, voyez-vous. Je pense qu'à un moment, une structure, une œuvre doit rencontrer son public, évidemment, mais une œuvre doit aussi s'évaluer sur sa capacité à se financer de diverses façons et pas uniquement utiliser l'argent public comme un guichet.
Donc, vous pouvez voir plus de financement du CNC sur le prix des liés.
Pas du tout, vous dites n'importe quoi. En un mot, le compte à rebours est enclenché d'ici dimanche minuit pour le vote du budget. Les écologistes et les macronistes annoncent qu'ils sont prêts à retirer des amendements pour rentrer dans les temps. Est-ce que les le pénistes le sont aussi ?
On a déjà mis en place le nombre d'amendements minimaux. Je vous rappelle, le projet de loi de finances 2017, quand Emmanuel Macron arrive, il y avait 480 amendements. Cette année, il y en a 6 000. Qui les a mis en premier ? C'est le bloc gouvernemental, c'est Horizon, c'est Renaissance, c'est tous ces gens-là qui amendent leur propre budget. Donc, c'est eux qui, en fait, sabotent le débat budgétaire. Non, nous sommes ceux qui avons respecté ce qu'on appelle la cible, c'est-à-dire qui avons déposé le moins d'amendements possibles pour ne pas faire d'obstruction parlementaire. On peut aussi totalement se taire.
Il se trouve qu'on a été élus sur un programme, sur des propositions qu'on veut porter. Et on est bien contents d'avoir trouvé les députés du Rassemblement National pour empêcher le gel des pensions, par exemple.
Avec Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée Nationale, député du Nord, on parle du narcotrafic, plusieurs faits divers récemment qui ont endoyé la France.
Vous venez de l'entendre dans l'information en une minute. Emmanuel Macron convoque à 10h une réunion à l'Elysée pour faire un point sur la situation, la mise en oeuvre de la loi de narcotrafic et sa montée en puissance. Sont présents notamment le ministre de l'Intérieur, le garde des Sceaux, le procureur de Marseille. Les obsèques de Médic et Sassi seront aujourd'hui à Marseille. Et une marche blanche aura lieu ce week-end. Vous dites souvent que la France doit, je vous cite, reprendre le contrôle. Concrètement, comment le RN reprend le contrôle dans une ville où un frère de militants antidrogue se fait abattre en plein jour ?
D'abord, avoir une pensée pour la famille de ce jeune militant, la famille de ce jeune homme qui est le frère d'un des militants que vous évoquez. Ce militant a d'ailleurs été notre adversaire aux législatives. Et je veux dire que notre député Gisèle Lelouis, député de Marseille, a de l'estime pour le travail mené contre le narcotrafic par ce jeune homme, je tiens à le dire. Il avait perdu de 800 voix. Que de retard Emmanuel Macron aura-t-il fait prendre à notre pays ? Que ce soit sur les finances, mais que ce soit sur la sécurité, en particulier sur le narcotrafic. Emmanuel Macron ouvre les yeux, 8 ans après avoir accédé au pouvoir, il découvre qu'il y a un problème de narcotrafic.
Vous avez voté la loi sur le narcotrafic ?
Oui, mais bien sûr, parce qu'on vote ce qui va dans le bon sens.
Une loi portée par le gouvernement. Donc, qui va mettre en place un parquet national anticriminalité organisé, un statut de repenti ? Donc, ça veut dire qu'il n'a pas rien fait ?
Ça a solutionné les choses ? Non, ça ne les a pas solutionnées.
Ce n'est pas encore totalement entré en vigueur ?
Ça veut dire qu'Emmanuel Macron, en réalité, a toujours un temps de retard. Nous, nous considérons, et pas que nous d'ailleurs, les Français disent qu'ils vont se déterminer, notamment sur les municipales, en fonction de la capacité qu'auront les candidats à lutter contre le trafic de drogue. Moi, je salue Franck Alizio, notre candidat à Marseille, qui a demandé, avec Marine Le Pen, je vous le rappelle, il y a des années, l'état d'urgence à Marseille, parce qu'on a bien compris que c'était une plaque tournante européenne du trafic de drogue et de la violence liée au narcotrafic. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Parce que ce n'est pas simple, évidemment, moi je ne dis pas que c'est simple.
D'abord, le contrôle des frontières. Ça fait des années qu'on demande qu'on contrôle les frontières. La drogue n'arrive pas de la planète Mars. La drogue arrive évidemment dans les ports, en particulier, que ce soit à Marseille ou au Havre, en particulier. Le contrôle aux frontières n'est pas suffisamment fair. Tapez le consommateur. Je veux bien qu'on détourne le regard, qu'on ne veuille pas regarder ça. Mais celui qui achète de la drogue, quelle que soit la drogue, participe à ce narcotrafic.
Un consommateur de cannabis, par exemple, quelle devrait être la sanction ?
Eh bien, je pense qu'on devrait évidemment le taper beaucoup plus fortement financièrement, mais aussi lui infliger une peine de travaux d'intérêt général.
Juste pour consommation du cannabis ?
Oui, absolument. Quand vous aurez le cadre, le journaliste, le politique, que sais-je, qui fume son joint, qui ira rendre compte devant un tribunal, qui passera une demi-journée et qui se prendra huit jours de travail d'intérêt général pour qu'il cramera CRTT, croyez-moi que ça lui fera peut-être réfléchir. Il faut s'attaquer aux consommateurs. Il faut responsabiliser aussi les familles qu'on a identifiées. Une famille de trafiquants de drogue n'a pas à être hébergée dans un logement social payé avec l'argent des Français.
Vous promettez la fermeté, mais on parle aussi de prévention, d'associations de terrain dans votre politique. Où placez-vous des figures ? Justement, comme Amin Kessassi, qui avec son association Conscience, se bat depuis des années, non pas pour la prévention, non pas pour la répression, pardon, mais pour la prévention.
Oui, mais c'est un des maillons. Moi, je crois que l'aspect sanitaire, la prévention, la santé, ça fait partie du maillon. Mais l'aspect de la répression, l'aspect du contrôle des frontières, il est fondamental. Regardez, moi, je pense que, par exemple, les polices municipales, c'est un des maillons. Aujourd'hui, la police municipale, il faudrait élargir ses compétences parce qu'elle ne peut pas mettre d'amende à quelqu'un qu'elle prend sur le fait en train de consommer de la drogue. La police municipale, il faut des polices municipales partout, dans les villes de plus de 10 000 habitants, disons. Il faut des polices municipales armées.
La gauche, moi, je le vois dans ma circonscription, doucher les mines, ville communiste, il y a du trafic de drogue que tous les habitants connaissent. Ils ne veulent pas créer de police municipale et encore moins de police municipale armée. Croyez-moi que nous, notre candidat, il va proposer une police municipale armée et c'est la nécessité partout. Ce sont des maillons qu'il faut faire fonctionner partout ensemble sur le territoire.
Si la Cour d'appel de Paris confirme à la fin du premier semestre 2026 l'inéligibilité de Marine Le Pen, cette dernière a prévenu. Elle se rangera derrière Jordan Bardella sans attendre l'arrêt de la Cour de cassation. C'était encore inimaginable, il y a quelques jours, de parler trop explicitement de l'empêchement de Marine Le Pen. Qu'est-ce qui a changé ? Elle se dit que la présidentielle, pour elle, c'est fini ? Elle l'a intégrée ?
Non, elle a d'abord un devoir d'honnêteté. Si elle devait aller en cassation, le rendu de la cassation serait tellement proche de l'élection présidentielle que ce serait très compliqué de faire campagne si, effectivement, elle venait à perdre cette cassation.
Mais ça, elle le savait déjà il y a trois semaines.
Non, mais elle dit les choses aux Français.
On sent qu'il y a un tournant psychologique, non ? On l'écoute attentivement.
Non, je crois que le tournant psychologique, ce sera quand on s'apercevra que Marine Le Pen peut mener la bataille de 2027. Vous y croyez encore ? Oui, j'y crois plus que jamais, d'ailleurs, je vais vous dire. Et je pense que Marine Le Pen a des arguments à faire valoir devant le tribunal. Elle est présumée innocente. Elle n'a pas dit son dernier mot, Marine Le Pen. Un peu comme la France.
On ne va pas refaire le procès, mais est-ce que le tournant, c'est pas plutôt autre chose ? Le fait que depuis la rentrée, plusieurs sondages ne testent même plus la candidature de Marine Le Pen dans la majorité des scénarios, quand ce n'est pas Jordan Bardella qui devance Marine Le Pen. Est-ce que vous ne vous êtes pas rendu à l'évidence ? Jordan Bardella est en train d'effacer Marine Le Pen de la photo. Il est en train de détrôner votre plan A.
Si je devais, et vous serez une supplémentaire, compter le nombre de fois où Marine Le Pen a été donnée morte et enterrée, je ne serai probablement pas devant vous pour parler d'elle. Marine Le Pen, grosso modo, tous les six mois, on la donne morte et enterrée. Mais elle n'a pas survécu au débat, elle n'a pas survécu aux affaires financières.
Oui, mais il y a une part de la mania chez votre...
Elle n'a pas survécu aux échecs, elle n'a pas survécu au départ de Philippot. En fait, et puis finalement, elle a toujours survécu à tout. Elle a toujours survécu à tout. Donc on verra bien. La situation n'est pas dans notre main. Mais demain, si Marine Le Pen ne peut pas mener le combat, elle veut que nos idées gagnent et ses idées seront portées par Jordan Bardella si Marine Le Pen est empêchée. Je pense qu'on est transparent. Qui peut être transparent, plus transparent que nous, d'ailleurs, dans les autres partis politiques ? Est-ce que Emmanuel Macron nous dit qui lui succédera ? Qui a ses faveurs pour lui succéder et porter ses idées ?
Est-ce que les LR savent qui portera leurs idées, si tant est qu'ils en aient encore ? Est-ce qu'à gauche, ils savent qui portera leurs idées ? Nous, on sait. C'est Marine Le Pen en 2027. Si elle est empêchée par la justice, Jordan Bardella prendra le chemin de cette candidature.
Et vous serez invité pour en parler en temps voulu. Selon un sondage IFOP, 57% des musulmans âgés de 15 à 24 ans pensent que les lois françaises passent après les règles de l'islam. C'est la une du Figaro. 42% éprouvent de la sympathie pour une mouvance islamiste. Est-ce que ça vous inquiète ?
Oui, ça m'inquiète parce que ça fait partie des marqueurs de l'islamisme qui aujourd'hui, et on l'a dénoncé depuis des années, on nous a caricaturés pendant de nombreuses années. Oui, aujourd'hui, l'islam radical, l'islamisme prend pied dans notre société et dans les générations qui viennent. Ce sont des marqueurs forts, notamment sur le voile, je crois, dans ce sondage, qui ont la sympathie d'une jeunesse dans notre pays. Il faut mener le combat contre l'idéologie islamiste. Le gouvernement s'y refuse. Il ne sait même pas nommer les choses.
Sébastien Chenu, en même temps, ce sondage ne va pas du tout dans le sens du grand remplacement que certains de vos soutiens reprennent à leur compte. Au contraire, il ne va pas dans ce sens-là. Est-ce qu'il n'y a pas aussi un risque, désormais, d'une suspicion générale à l'encontre des musulmans, le fait de les tenir tous responsables de la radicalisation alors que la majorité pratique sa foi sans autorité ?
Nous n'utilisons pas le terme de grand remplacement, ni Jordan, ni Marine. Nous l'avons déjà dit, donc ce n'est pas nous, ça. Et vous ne voulez pas jeter la suspicion générale sur les musulmans ? Justement, pour éviter ça, car moi je fais la différence, il faut définir ce qu'est l'idéologie islamiste, la définir, définir ses moyens d'expression, définir ses relais, définir ses soutiens politiques, définir ses financements pour la combattre. Quand vous ne définissez pas un ennemi, vous ne le combattez pas.
Regardez le nombre de tweets au moment du 13 novembre qui ont été faits par des macronistes, des députés ou des ministres qui n'arrivent même pas à dire que c'était des attentats islamistes. Ce n'est pas des attentats autre chose, ce n'est pas des attentats abstraits, ce sont des attentats islamistes. Dire les choses pour mieux les combattre, on n'en est même pas là. Est-ce qu'on va être les derniers ? Est-ce que la France va être la dernière à prendre conscience ?
8h57 sur France Info, c'est l'heure de la question qui ce matin, la question qui ? Souchon sur RTL. Vendredi, le célèbre chanteur dit, c'est une déclaration, je le cite, si jamais il y avait un président venant du Rassemblement National, il y aurait une révolution. Je cite toujours, je ne crois pas que les Français soient assez cons pour élire quelqu'un du Front National pour diriger. Que lui répondez-vous ?
Non mais Alain Souchon a tout à fait le droit de dire n'importe quoi. mais ce que je note, c'est qu'il y a derrière cette forme de mépris que j'ai déjà pointé du doigt, Alain Souchon nous dit si c'était le cas, je partirais en Suisse. Il ne partirait pas en Seine-Saint-Denis Alain Souchon. Il est déjà français et suisse, il a déjà la double nationalité. Oui mais ça dit quelque chose. C'est-à-dire qu'en fait Alain Souchon, il n'irait pas s'établir en Seine-Saint-Denis ou dans un certain nombre de cités ou de villes populaires. Non, il y a un tel mépris, une telle déconnexion.
Ben si, parce qu'en fait ça veut dire qu'Alain Souchon, d'ailleurs tel égoïsme, la réalité c'est que c'est quelqu'un qui pense à lui, à son confort, il est totalement déconnecté d'une certaine forme de réel, il a le droit de dire tout ça. On sait très bien, regardez, vous vous souvenez, il s'opposait à l'implantation d'une supérette dans son quartier du sixième arrondissement pour ceux qui nous écoutent, c'est Saint-Germain-des-Prés où il réside, parce qu'évidemment ça venait salir, défigurer une supérette.
C'est aussi un artiste immensément populaire. Quels artistes populaires vous soutiennent, vous, ou de quels artistes, de quels chanteurs vous vous sentez proches ?
Il y a des artistes qui nous soutiennent, ils le font plutôt, j'allais dire en off, ils viennent nous dire des mots sympathiques parce qu'ils savent que la pression est tellement forte dans cet univers, serait tellement forte contre eux qu'ils perdraient un certain nombre de contrats qu'ils ne peuvent pas dire, ce n'est pas grave. D'ailleurs ça n'a jamais fait changer, ça n'a jamais fait changer le résultat d'une élection. Donc M. Souchon, ça fait longtemps qu'il est hostile au Rassemblement National, mais je lui conseillerais de ne pas être hostile aux gens qui achètent ces disques et qui parfois, comme moi, sont aussi des électeurs du Rassemblement National.
Respectez l'autre, je pensais que ça faisait partie de son logiciel.
Merci beaucoup Sébastien Chenu d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci beaucoup Paul, on se retrouve demain. Sous-titrage Société Radio-Canada