Contre-matinale #46 | Zemmour candidat, on fait quoi ?
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Chers matinaux, bon réveil, bon petit déjeuner, bonne route, bonjour et bon courage. On se retrouve pour la première contre-matinale du mois de décembre, destinée à vous informer autrement. Une information qui ne peut vivre sans vous, sans votre enthousiasme et votre soutien. Rendez-vous sur le media.tv.fr slash soutien pour devenir sociétaire de notre coopérative, pour vous abonner ou alors sur la plateforme Ocapal, pour faire des dons mensualisés ou ponctuels, mais de préférence mensualisés. La contre-matinale du Média, épisode 46, c'est parti. Aujourd'hui, l'actualité est marquée par une terrible nouvelle, mais à laquelle nous étions toutefois préparés depuis des mois.
Un délinquant multirécidiviste, condamné par deux fois pour provocation à la haine, par ailleurs accusé par huit femmes d'agression sexuelle et qui fait des doigts d'honneur, est officiellement candidat à l'élection présidentielle. Éric Zemmour a annoncé sa candidature hier et cette déclaration n'a pas laissé insensible la presse, comme vous le constaterez lors de la titrologie. Nous en parlerons sur ce plateau avec Marion Beauvalet, doctorante et animatrice de l'émission Plan B. Comme tous les mercredis, nous accueillons nos camarades radio-parleurs.
Aujourd'hui, Violette reviendra sur le mouvement MeToo politique, lancé par 300 collaboratrices d'élus il y a deux semaines et qui continue, malgré le silence pesant des médias, d'agiter les mobilisations féministes. Un an après une journée de grève historique, en décembre 2020, Les assistants d'éducation continuent de se mobiliser pour de meilleures conditions salariales et une reconnaissance de leur statut. Couteau suisse nécessaire au fonctionnement de l'éducation nationale, mais précarisé et corvéable, les AED, assistants d'éducation, appellent à la grève ce jeudi.
Nous recevrons Esther, assistante d'éducation et militante à Sud-Éducation 75, pour discuter de la mobilisation à venir et de son mot d'ordre. Nous ne sommes plus vos pions. Nous sommes le 1er décembre, c'est l'anniversaire de ma sœur Anissa Emmanuel Sanna. Happy birthday ! Vous regardez ou écoutez la 46e contre-matinale du Média et on débute cette nouvelle édition avec la titrologie. La presse parle beaucoup du nouveau candidat à l'élection présidentielle, mais pas seulement. Le Covid est aussi à la une, notamment du Monde et du Figaro.
Covid, la cinquième vague, fragilise la reprise économique, titre le Figaro, qui s'inquiète du retour de mesures sanitaires strictes après l'apparition du variant Omicron, lequel menace la croissance et plonge chefs d'entreprise, économistes et investisseurs dans l'incertitude. Le Figaro s'intéresse également à la candidature de son ancien journaliste politique. Éric Zemmour se lance à l'assaut de l'Elysée, écrit le journal, qui revient sur la percée fulgurante du polémiste et les coulisses de la pré-campagne où le doute s'installe. Covid, le dilemme de la vaccination des 5-11 ans, titre Le Monde.
La Haute Autorité de Santé a rendu mardi un avis prudent concernant l'immunisation des enfants de 5 à 11 ans pour le vaccin Pfizer. Si elle recommande dès à présent l'administration de ce vaccin aux enfants à risque de forme grave, elle renvoie sa généralisation à plus tard. Le journal consacre aussi sa une aux pesticides et titre la nouvelle hégémonie chinoise. En 20 ans, les fabricants chinois sont parvenus à dominer le marché. Un groupe d'experts alerte sur cette évolution dont dépend l'avenir de l'alimentation humaine. Etats-Unis, les anti-IGV à l'offensive indiquent la croix. La Cour suprême examine à partir de ce mercredi un recours pour restreindre le droit à l'avortement.
Le journal catholique propose un reportage sur le Texas qui l'a déjà quasiment interdit. Du côté de libération et de l'humanité, c'est l'effroi. Après l'annonce de la candidature à la présidentielle Éric Zemmour, Zemmour, un cauchemar français, titre le journal de centre-gauche, qui a choisi une illustration de conte d'enfants pour nous raconter l'histoire d'un petit personnage qui sème l'épouvante. Le polémiste d'extrême droite a déclaré mardi sa candidature à la présidentielle dans une vidéo fidèle au ton outrancier de sa pré-campagne et au discours rance qu'il rabâche depuis des années, écrit Libé. L'humanité va droit au but. Zemmour, candidat délinquant, un scandale pour la démocratie.
Le journal communiste revient sur la proposition du candidat du PCF, Fabien Roussel, de rendre inéligibles les personnes condamnées pour propos racistes. Quant à la presse indépendante, on note le biais du Bondyblog sur les dernières tragédies des exilés, alors que les responsables politiques français se font remarquer par leur mutisme. Barbara Alix a décidé de parler de ceux qui se battent pour ses oubliés. Juriste, spécialiste du droit des étrangers, elle est installée à Briançon, dans les Hautes-Alpes, où chaque jour, de nombreux exilés traversent la frontière italienne dans les pires conditions. Elle raconte l'envers du décor de cet engagement pour l'humanité.
Et on conclut cette titrologie avec notre une. Et c'est une bonne nouvelle. Il y a quelques semaines, nous vous parlions des 100 facs, ces étudiants mobilisés depuis un mois pour inscrire une soixantaine d'étudiants à l'Université de Paris-Nanterre. Cela fait maintenant un mois qu'ils occupent le bâtiment B-Grasnin, à la faculté de Nanterre, soutenue par des syndicalistes, politiques et intellectuels. La mobilisation paix. Une délégation a été reçue hier soir au ministère de l'Enseignement supérieur afin de leur soumettre la proposition de compromis adressé il y a déjà un mois à Gervais Lambony, président de l'Université Paris-Nanterre. À la sortie, des sourires et une rage intacte.
Avec un mot d'ordre, on ne lâche rien, on continue l'occupation pour que la présidence, le rectorat, le ministère de l'Enseignement supérieur arrête de se renvoyer la balle.
Nous, tout simplement, on a apporté ce qu'on défend depuis le début de cette occupation. C'est-à-dire qu'en fait, il faut une négociation, il faut un dialogue avec la présidence et notamment une réunion, pourquoi pas une réunion tripartite entre le rectorat, le ministère, la présidence de l'université et les occupants et leur soutien. Donc on continuera à apporter ça et à dire que tant qu'il n'y a pas de négociation, tant qu'il n'y a pas d'inscription sur l'Université de Nanterre, on ne cessera pas l'occupation et on continuera à fortifier le soutien et à aller jusqu'aux inscriptions. Si l'embolie ne veut pas négocier, le rectorat peut rencontrer les sans-fac et les occupants et l'UNEF.
Et le rectorat, il a le pouvoir aussi de demander l'inscription sur l'Université de Nanterre. Donc, je veux dire, nous, on veut sortir justement de cette logique de ping-pong. On a dénoncé les réformes qui sont en cours concernant le master. On a explicité les dossiers. Il les avait, puisque ça a été envoyé. C'est-à-dire le fait qu'on demande à des étudiants qui demandent de staffs, on leur demande de faire un BTS commercial. Le fait de proposer à des gens qui demandent élan, psycho, en région parisienne, d'aller à Brest ou à Nice. Le fait que des étudiants et des étudiantes qui ont fait la majorité leur cursus à Nanterre, ça leur semble bizarre de vouloir poursuivre leur M1 à Nanterre.
Le fait que TDL1 qui ait leur bac sur le département et qu'on leur propose en fait Paris 1 à distance, enfin, qu'il n'y avait aucune logique, si ce n'est en fait une logique de toujours s'attaquer puisque les dossiers, quand tu regardes, clairement, ça s'adresse, ça t'attaque. C'est une sélection sociale qui se met en place. Ça s'attaque en fait aux enfants issus de l'immigration, aux enfants d'ouvriers. Voilà, c'est essentiellement en vis-à-vis d'une catégorie sociale que fait la sélection. On a fait remarquer qu'on était une demi-douzaine de députés depuis le début à se mobiliser et que ça va doubler si nécessaire. Voilà, et que ça ne va pas s'arrêter.
Donc ça, je crois que quelque part, ça a été entendu. Moi, je trouve qu'il y a une autre chose positive, c'est qu'au final, finalement, on peut considérer que c'est la première rencontre avec un interlocuteur, en l'occurrence, le ministère, mais c'est la première rencontre. Tout à l'heure, on se demandait si ça n'allait pas être pour la forme. Elle a duré une heure, la réunion. Carrément. Donc quand même, il y a des arguments qui, me semble-t-il, ont été entendus. Ce qu'il nous a dit, c'est qu'il allait s'adresser au rectorat et à la fac. Nous, ce qu'on a demandé, c'est qu'il y ait une réunion tripartite, fac, rectorat et occupant, et évidemment, leur syndicat.
Voilà une nouvelle qui fait du bien. On ne manquera pas de vous tenir informés de l'évolution de la situation. Et bien maintenant, c'est l'heure de la lettre des luttes de Radioparleur. Radioparleur, c'est le média de podcast indépendant qui vous parle des luttes, de toutes les luttes. Et ce matin, on retrouve Violette Voldoir, journaliste et cofondatrice du Média, qui est avec nous. Bonjour, Violette. Bonjour, Nadia. Tu as choisi de nous parler du mouvement MeToo politique lancé par 300 collaboratrices d'élus il y a deux semaines qui continuent, malgré le silence pesant des médias, d'agiter les mobilisations féministes.
Oui, oui, c'est un sujet qui est dans toutes les têtes, enfin, du coup, dans toutes les têtes féministes. Je ne parlerai pas pour les autres. Parce qu'il y a eu quand même un certain nombre de mobilisations autour du mouvement NoToo. Elles ont commencé le 20 novembre, ces mobilisations, mais il y a eu plusieurs manifestations depuis, notamment à Lyon, le 27 novembre dernier. Et donc, cette manifestation a eu lieu après l'envoyée spéciale qui a révélé les témoignages de femmes incriminant Nicolas Hulot. Et vous allez l'entendre, puisque Noémie Cadeau a laissé son micro ouvert dans cette manifestation, nous toutes, le sujet du MeToo politique. Il est sur toutes les lèvres.
J'ai 50 ans et en fait, je milite depuis l'âge de 16 ans et je vois qu'il y a plein de jeunes femmes, il y a des hommes aussi et en fait, le hashtag MeToo politique qui vient de sortir, moi, je trouve ça vraiment hyper essentiel et utile. Je suis particulièrement concernée, je suis une ancienne élue conseillère municipale dans ma ville. Je fais partie de la 14e circonscription à Lyon, enfin dans le Rhône et ben voilà, il y a une plainte qui s'adresse à notre députée de 14e circonscription.
J'espère qu'il y aura d'autres femmes qui suivront ce mouvement et puis que toutes celles qui arrivent à témoigner et aller jusqu'au bout qu'elles ne se sentent pas seules, on les soutient, moi, je les soutiens à fond, ces femmes. Je suis aujourd'hui avec Séverine, 33 ans. Bonjour. Quel sentiment éprouvez-vous justement par rapport au MeToo politique, notamment par rapport aux mises en cause de Gérald Darmanin, toujours ministre de l'Intérieur ou encore aux dernières accusations contre Nicolas Hulot alors qu'il était ministre ? Profondément révolté, avec une colère qui est toujours, toujours là. Le traitement médiatique de ces MeToo politiques m'exaspère au plus haut point.
Les questions de pourquoi elles n'ont pas parlé avant, pourquoi elles n'ont pas songé à parler avant, c'est toujours les victimes qui sont en faute parce qu'elles n'ont pas parlé. Alors qu'on est dans un système de pouvoir et d'oppression, comment elles peuvent se sentir libres de parler quand elles ont le traitement qu'elles ont derrière. Donc moi, je suis vraiment révoltée. C'est la première fois que je manifeste pour le courant féministe, en tout cas. Et ce qui m'a poussée à le faire, c'est qu'au bout d'un moment, si on ne se lève pas et qu'on ne manifeste pas, les choses ne bougeront pas.
J'en ai marre qu'on me dise qu'il faille attendre le changement de génération, qu'il faille, oui, mais c'est qu'une minorité qui faille faire preuve de patience. En fait, la patience, elle ne nous amène à rien. Et si on ne met pas un coup de pied dans la fourmilière, ça ne sera pas tout seul parce que ceux qui ont le pouvoir, c'est ceux qui sont à l'aise et qui bénéficient du système. Vous êtes à l'écoute de l'actu des luttes. Voilà, vous l'entendez. Donc pour Séverine, il y a un vrai problème dans le traitement médiatique de ce MeToo politique. Alors, la tribune est sortie le 15 novembre et depuis, c'est vrai qu'il y a eu quelques articles dans la presse.
On peut quand même reconnaître, ça a fait l'objet notamment d'articles sur France Info. Voilà, ce n'est pas passé complètement sous silence. Mais on pourrait croire que c'est quand même un sujet qui se ferait une place dans l'actu parce qu'on est quand même en pleine campagne présidentielle. Et puis, en fait, il y a eu quand même des affaires, notamment cette révélation autour de Nicolas Hulot. Oui, mais ça n'a pas fait autant de bruit médiatique.
Mais non, en fait, c'est ça qui est vraiment très surprenant et qui agace beaucoup les manifestantes puisqu'il s'est passé aussi, et ça, on va refaire un petit focus en arrière, il s'est passé la même chose en 2019, donc c'était au moment des municipales. Au moment des actions municipales, donc, d'ailleurs, on vous en parlait dans l'émission Pensez les luttes sur Radio Parleurs, il y a eu un mouvement qui s'appelait le MeToo des territoires ou le MeToo des municipales. Il y a eu les deux hashtags sur les réseaux sociaux.
C'est Fiona Texer qui est toujours d'ailleurs collaboratrice d'élus qui a lancé cette pétition et à l'époque, pareil, même scénario, la pétition se lance, des femmes la signent, des femmes prennent la parole et puis, il y a eu une enquête qui sort dans Mediapart, une enquête signée Lénaïque-Bredoux qui concerne plusieurs villes en France dans lesquelles il y a des incriminations concrètes d'élus masculins qui ont commis soit des violences sexuelles soit des actes de harcèlement. Là encore, le soufflet retombe. Il n'y a pas d'engagement concret de la part des partis politiques ou vraiment à la marge.
Et puis, bizarrement, le seul homme politique incriminé qui va se retirer, qui va renoncer en fait à être candidat à sa réélection, c'est l'élu UDI de Mayenne, François Zocchetto, c'était le maire de Laval. Et donc, je me dis que quand même sur 35 000 communes, c'est un tout petit peu léger comme effet conséquentiel.
Exactement. Est-ce qu'on peut espérer qu'aujourd'hui, en pleine campagne présidentielle, les effets soient plus massifs sur les débats politiques ?
On va poser la question à Fiona Texer, justement, puisque celle qui était à l'origine de cette tribune à l'époque est aussi celle qui a lancé avec quatre autres femmes le MeToo politique. Donc, c'est par hasard, c'est toujours les mêmes femmes qui portent les mêmes combats. Voilà, donc, vous la retrouvez très bientôt en entretien sur Radio Parleur. Et ce qu'elle demande, elle et les 300 signataires, il y a des femmes politiques, il y a aussi des journalistes politiques, pour être tout à fait transparentes. Moi, j'ai signé cette tribune aussi parce que j'ai fait un petit peu le journalisme politique et j'ai pu constater aussi le sexisme et l'ambiance à l'intérieur de cet univers.
Eh bien, aujourd'hui, ce qu'elles demandent, ces femmes, c'est des engagements concrets des partis et puis le renoncement à la candidature ou le renoncement à la nomination de certains postes des hommes politiques incriminés. Voilà, parce que pour l'instant, ce n'est pas vraiment le cas et c'est plutôt les femmes qui renoncent. Soit elles renoncent à occuper leur poste, soit elles s'en vont carrément, soit des partis, soit elles quittent le métier de la politique. D'ailleurs, comme dans beaucoup d'autres secteurs dans lesquels il y a des problèmes de violence sexuelle.
Donc aujourd'hui, quand on entend Marlène Schiappa qui parle de transition féministe, moi, je mets des guillemets, en politique et qu'on voit les révélations d'envoyés spéciales autour de Nicolas Hulot qui ont été portées grâce au travail des journalistes qui ont travaillé pendant quatre ans quand même sur l'affaire. Elle avait soutenu son ministre à l'époque. Elle avait soutenu son ministre et elle soutient toujours Gérald Darmanin qui est toujours en poste. Donc voilà, si Marlène Schiappa veut accomplir cette transition, peut-être peut-elle commencer par balayer devant ses ministères.
Pourtant, Marlène Schiappa a à cœur les droits des femmes quand il s'agit de lutter contre notamment le port du foulard par ces mêmes femmes. Merci Violette. Comme chaque semaine, on retrouve aussi dans la lettre des luttes, des rendez-vous à ne pas manquer sur le terrain. Est-ce qu'il faut aller cette semaine ?
Vous parlez d'Éric Zemmour ce matin dans la matinale où je vous ai fait un petit clin d'œil. Dimanche, il y a un rendez-vous d'Ether, rendez-vous d'Ether, c'est l'intitulé, au meeting d'Éric Zemmour puisqu'il espère, lui, ce sera son grand soir, ce qui va tenter de remplir un zénith. On lui souhaite au courage. Et face aux polémistes multicondamnés pour incitation à l'aide raciale, c'est la CGT et le mouvement antifasciste La Jeune Garde qui vont se mobiliser au zénith pour essayer de rassembler plus de monde à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il faut savoir aussi que le rendez-vous est donné à 13h à Barbès pour les Parisiennes et Parisiens.
Il y aura une marche prévue jusqu'au zénith qui porte de la Villette. Il faut savoir quand même que depuis quelque temps, il y a des militants antifa qui attendent régulièrement Éric Zemmour lors de ses déplacements. Ça a l'air de l'agacer un tout petit peu, mais il a toujours un petit comité d'accueil qui le suit. Donc, si vous ne pouvez pas suivre ces manifs, vous pouvez aller sur le compte Twitter de Radio Parleur qui est un média indépendant et qui, je le rappelle, a besoin de soutien puisqu'on est en ce moment en campagne de dons.
Et donc, pour continuer de couvrir ces luttes, de partager aussi ces événements, de produire la lettre des luttes, d'envoyer des journalistes sur le terrain, on a besoin de soutien, du soutien de tous et toutes. Et donc, vous pouvez le faire en allant sur radioparleur.net et faire un petit don ou un gros don si vous avez un tonton riche ou une tante qui ne sait pas quoi faire de ses donniers. Ou un parrain
qui s'appelle Bolloré. Ou un parrain. Merci, Violette, pour cette lettre des luttes. On te retrouve du coup la semaine prochaine. Absolument. Super. Je pense que le lien à radioparleur.net slash don est en description de la vidéo. On soutient. On reste sur le front social avec la grève nationale des AED. Demain, les AED, ce sont les assistants d'éducation, plus connus sous le nom de surveillants ou de pions, un nom contre lequel ils luttent au passage, qui encadrent les enfants dans les collèges et les lycées. Il y a un an déjà, ils alertaient sur leurs conditions de travail et salarial en pleine crise sanitaire.
Irving, Magy et Elie Bonneton étaient allés leur tendre notre micro lors d'une manifestation à Paris. Ils y avaient rencontré Sophie, l'une des grévistes présentes dans le cortège.
On fait grève aujourd'hui pour des meilleures conditions de travail, pour une revalorisation de notre statut qui est extrêmement précaire et qui l'est depuis sa création en 2003. Quand on regarde nos fiches de mission, notre première mission c'est d'assurer la sécurité physique et morale affective des élèves. On est surveillants dans la cour mais on est assistantes sociales dans la vie scolaire, on est infirmières quand il n'y a pas à l'infirmière, on est éduc-spé quand il y a besoin. Donc en fait, c'est très large.
Ce que ça veut dire, c'est qu'on compte sur nous pour assurer tous les moments de vie scolaire, c'est-à-dire les moments dans les établissements scolaires qui sont hors des cours. vu qu'on a des contrats qui sont sur l'année, sur 12 mois et qu'on a les vacances de l'éducation nationale, du coup, ça fait que par exemple pour un temps plein, un temps plein AED, c'est 41 heures par semaine. Donc 41 heures au contact direct des élèves en permanence et pour un SMIC horaire, donc 1200.
Ce mouvement historique, qu'est-ce qui a changé ? Quelles revendications pour cette journée de jeudi noir qui, dans les vies scolaires des collèges et lycées, ont fait le point sur la mobilisation avec Esther AED dans un collège parisien et militante à Sud Éducation 75. Bonjour Esther, comment vas-tu ? Bonjour,
ça va et vous ?
Ça va très bien. Je me permets de te tutoyer ? Yes. Super. Merci d'avoir accepté notre invitation. En fait, on va peut-être commencer par redéfinir finalement les missions de l'AED parce qu'il y a l'assistant d'éducation, il y a aussi l'assistant pédagogique ou est-ce qu'il y a eu finalement une fusion de ces deux métiers ?
Non, c'est deux postes différents. Donc il y a d'un côté les assistants d'éducation. En réalité, notre fiche de poste, sur nos contrats de travail, nos missions, elles sont assez floues. Donc assistants d'éducation, on est censé encadrer les élèves dans l'établissement mais en réalité, notre travail, et c'est aussi pour ça qu'on fait la grève, mais on perd vraiment la notion éducation en fait et on est surtout là pour surveiller, punir et être un peu les couteaux suisses du collège, c'est-à-dire là où on a besoin de nous pour remplir tout un tas de missions. Par exemple, quand il n'y a pas l'infirmière, c'est nous qui accueillons les élèves qui sont malades.
On fait tout un tas de trucs et même nous, en vrai, je pense qu'on ne pourrait pas dire jusqu'au bout c'est quoi nos missions parce que c'est assez large.
Moi, je pourrais peut-être en témoigner, j'ai été assistante d'éducation à l'époque quand j'étais étudiante, il y a aussi du soutien psychologique quand la psychologue n'est pas là. Souvent, la psychologue et l'infirmière sont à mi-temps dans les établissements, la surveillance dans les cours et même de la dos de voir. Donc effectivement, énormément de missions. Alors du coup, Esther, quelles sont vos principales revendications ?
Nous, en fait, déjà, ce qu'on veut dire, c'est qu'un an après notre première grève qui avait quand même été, il faut le souligner, une grève assez historique dans ce secteur ultra précaire, nos revendications, en fait, elles n'ont pas tant changé que ça. Finalement, c'est avant tout la question du statut parce qu'en fait, nous, on a des statuts ultra précaires pour l'éducation nationale, c'est-à-dire qu'on signe des CDD tous les ans. Donc, ce qui fait qu'en fait, il y a un énorme turnover qu'il y a beaucoup d'AED, par exemple, qui ne sont pas renouvelés pour fait de grève ou des choses comme ça.
Donc, nous, ce qu'on demande, c'est d'avoir un vrai statut et aussi en revendiquant derrière le fait qu'être AED, c'est un vrai métier, ça devrait l'être, en tout cas, un vrai métier. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
Après, évidemment, on pose au centre la question des salaires parce qu'on est payé au SMIC et qu'aujourd'hui, on le voit et par ailleurs, on n'est pas le seul secteur mais il y a énormément de secteurs qui posent cette question-là et évidemment, la question des embauches massives et des moyens dans l'éducation nationale et qu'en fait, nous, évidemment, il y a d'un côté la question de nos conditions objectives de travail mais aussi la question qu'on veut poser avec cette grève, c'est quelle école, quel modèle d'éducation pour nos enfants et il y a aussi des revendications très sociales parce qu'en fait, si on est AED, c'est aussi que quelque part, on aime faire ce travail, on pense que c'est important et que nous, les AED, on a quand même un rôle central dans le collège ou dans le lycée parce qu'on est les plus proches des élèves et qu'aujourd'hui, en fait, par manque de moyens, par sous-effectifs, on n'a plus du tout le temps de faire ce rôle justement que je disais tout à l'heure d'éducateur, même d'accompagnement psychologique et en fait, on est l'écouteau suisse et c'est ça aussi qu'on veut poser comme question, c'est quelle école pour nos enfants et notamment après un an de crise du Covid où l'école, on a vraiment été en première ligne.
Vous demandez une augmentation de 400 euros, c'est ça ? Net par mois ? Oui, oui. D'accord. Et vous demandez aussi d'être titularisé pour ce type de poste. Il y a un nouveau aussi, il y a une réflexion sur un nouveau métier, celui d'éducateur scolaire qui est initié. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Pour l'instant, c'est en élaboration, on va dire. C'est-à-dire que nous, ce qu'on dit, c'est qu'AED, oui, ça devrait être un vrai métier parce qu'aujourd'hui, en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que c'est un métier, c'est un taf qui est fait globalement par des étudiants.
Moi-même, je suis étudiante par des étudiants précaires et on a zéro formation, zéro moyen et en fait, on est jeté dans le bain et nous, ce qu'on dit, c'est que ce n'est pas du tout normal, y compris parce qu'on insiste sur le fait que notre rôle dans l'école, il est très important parce qu'en fait, nous, on accompagne les enfants sur leur moment de pause et du coup, on a un rapport assez privilégié avec les enfants où on est très proche d'eux et qu'en fait, ce qu'on dit, c'est que voilà, c'est un taf qui est essentiel dans l'éducation nationale et que pour ça, en fait, toute la réflexion autour du fait que ce soit un vrai métier, c'est aussi dire qu'il faut qu'on puisse être formé sur ça.
Aujourd'hui, on ne peut pas être AED plus de 6 ans. Pourquoi ? Parce qu'il y a aussi une certaine accumulation par l'expérience du terrain. On sait très bien que la première année, on se fait toujours bolos et que c'est au fur et à mesure en fait que ça vient et que voilà, c'est ça aussi nous qu'on veut dire avec cette grève, c'est qu'en fait, on ne veut plus, comme tu le disais tout à l'heure, on ne veut plus être les pions du gouvernement. Nous, on aime notre taf et on aime nos élèves et c'est ça aussi, avant tout, la raison pour laquelle on fait grève. C'est pour nos élèves, pour un autre modèle d'éducation contre ce modèle.
le bilan en fait de Blanquer et du gouvernement, ce n'est pas du tout notre bilan en fait. Zéro moyen, des fermetures de postes. Aujourd'hui, le taf d'AED, c'est un taf qui n'attire plus du tout. Au début de l'année, c'était la galère pour trouver des AED dans les établissements et nous, ce bilan-là, on ne le revendique pas du tout et au contraire, en fait, on bataille contre ce bilan et nous, ce qu'on veut dire, c'est que nous, on veut des moyens pour pouvoir éduquer nos enfants en fait et des moyens pour pouvoir les prendre en charge. Et du coup, je fais lien avec la grève des AESH qui sont un autre secteur très précaire en fait. Vous avez su lors de leur grève d'octobre ? Voilà, c'est ça.
C'est un autre secteur très précaire qui sont censés du coup accompagner les élèves en situation de handicap et aujourd'hui, on voit qu'ils veulent que les AESH, ils se dédoublent sur plusieurs établissements, ils veulent encore plus précariser leurs conditions de travail et en fait, c'est quoi le modèle d'école qu'ils veulent ? C'est un modèle en fait où on ne peut même pas accompagner jusqu'au bout des élèves en situation de handicap, des élèves qui en ont besoin.
Moi, je travaille dans un quartier populaire, on voit aussi que nous, il y a des besoins très spécifiques en fait dans nos établissements avec des élèves qui ont des conditions de vie mais atroces vraiment et en fait, nous, on n'a aucun moyen.
On est quatre par jour et en fait, on doit courir partout pour gérer, en fait, faire en sorte que l'établissement il tourne et on n'a aucun moyen pour prendre le temps avec nos élèves pour discuter vraiment avec eux pour essayer de les accompagner et c'est vraiment ça qu'on dénonce et c'est pas ce modèle d'école-là qu'on veut et c'est pour ça aussi que voilà, on fait grève et qu'on soutient aussi les autres grèves dans les secteurs de l'éducation nationale.
Donc, un an après une journée de grève historique, on le disait en décembre 2020, vous appelez à la grève donc demain, est-ce qu'on doit comprendre que le gouvernement n'a entendu aucune de vos revendications ?
Évidemment, c'est ça qu'il y a à comprendre, il n'y a rien qu'à changer en un an, en termes de nos statuts, de nos contrats, il n'y a absolument rien qu'à changer. Le seul truc qui a changé c'est que la situation politique elle est pire aujourd'hui qu'il y a un an, je pense, c'est-à-dire qu'on a affronté la crise sanitaire, on a été en première ligne quand énormément de personnes étaient confinées, en fait les écoles elles continuaient de tourner parce qu'en fait aujourd'hui, les écoles c'est avant tout la garderie, la garderie du MEDEF pour que les parents puissent continuer d'aller bosser. En fait, on maintient coûte que coûte les écoles ouvertes malgré le Covid.
Là, par exemple, avec l'arrivée de la cinquième vague, on voit que le taux d'incidence il est nettement supérieur en fait chez les enfants et pourtant, Blanquer, il a même reculé en fait sur son protocole sanitaire, on n'a aucun moyen pour faire face à ça et non, il n'y a évidemment rien qu'à changer et depuis un an en fait, le seul truc qu'ils ont fait c'est monter en épingle des polémiques sur le wokisme, sur les tenues républicaines, sur l'islamo-gauchisme mais ce n'est pas ça les vrais sujets.
Ça, c'est des conneries qu'ils inventent, ce n'est pas du tout les vrais sujets, ce n'est pas du tout la réalité de notre terrain en fait, notre réalité à nous travailleurs de l'éducation nationale.
Oui, et même médiateurs, vous servez vraiment d'interface entre les élèves, les professeurs, parfois même avec les CPE, avec qui le dialogue peut être difficile. D'ailleurs, est-ce que vous êtes soutenue par les enseignants, par les CPE, par les élèves ?
Oui, quand même, on reçoit un certain soutien de la part des... Parce qu'en fait, les conditions de travail, c'est globalement l'éducation nationale, c'est la même chose pour tout le monde et tout comme en fait quand les profs ou les AESH font grève, nous les AED, et on vient en soutien. Ça marche aussi dans les deux sens. Évidemment, on est soutenus parce qu'en fait, globalement, on a tous les mêmes revendications, c'est-à-dire que nous, ce qu'on veut, c'est des moyens pour les services publics, pour un service public de qualité, pour une école de qualité où c'est censé être un lieu d'émancipation, d'apprentissage et c'est ça qu'on demande. Donc évidemment, oui, on est soutenus.
Oui, parce que c'est bien ce que tu soulèves, Esther, effectivement, c'est qu'à travers ce que tu dénonces, ce que vous dénoncez, c'est aussi le démantèlement du service public. Exactement.
Non, mais c'est exactement la même chose. Ils ferment des classes, ils ferment des lits d'hôpitaux. Bon, le parallèle, il peut être douteux, mais en vrai, c'est ça. C'est comment, en fait, il y a depuis des années une case des services publics et qui s'est particulièrement accentuée ces derniers temps avec le quinquennat Macron et c'est quel modèle, en fait, on veut pour notre société. Moi, par exemple, je fais un petit parallèle rapidement, mais moi, où on a zéro moyen, quoi. Et c'est aussi la question de quel avenir on veut pour notre jeunesse, en fait, quel monde on veut leur proposer et ces questions-là aussi qu'on veut poser.
C'est pour ça que je pense que, évidemment, d'un côté, en fait, on a des revendications très économiques sur nos conditions de travail parce qu'en fait, nous, on est les petites mains de l'éducation nationale, on est les personnels les plus précarisés et les personnels en première ligne, vraiment, en fait, du Covid. Mais aussi, au-delà de ces questions, en fait, très économiques, la question qu'on veut poser avec cette grève, c'est la question de quelle école, quel avenir pour nos jeunes, en fait. Et encore une fois, je tiens à le préciser, on aime nos élèves et on aime notre travail, quoi.
Alors, donc, vous attendez du monde, j'imagine, demain pour la... On s'espère, voilà, une grande mobilisation demain, la grande chance de se poursuivre, cette mobilisation, vous lâcherez pas l'affaire ?
Écoutez, c'est difficile de savoir, en fait, combien de personnes on va avoir. C'est vrai qu'il y a un an, on a réussi un coup assez cool parce que c'était assez historique pour notre secteur. Mais voilà, en fait, comme je vous le disais, nous, on est un secteur très précaire, très éparpillé. Voilà, dès qu'on essaie d'ouvrir notre bouche, on nous coupe la tête, quoi. il y a beaucoup d'AED qui n'ont pas été renouvelés, en fait, pour des faits de grève, donc c'est toujours un peu compliqué de construire des mobilisations dans des secteurs comme le nôtre.
Donc, on espère que demain, il y aura un maximum de personnes et après, à partir de demain, c'est voir, en fait, comment on va s'auto-organiser par la base, comment on va discuter entre nous pour, en fait, construire cette mobilisation. Mais c'est vrai que c'est pas toujours évident. En tout cas, voilà, il faut faire grève demain, il faut venir demain.
Merci, merci Esther et merci, je trouve ça juste incroyable parce que j'imagine à quel point les conditions de travail sont dures et tu gardes le sourire et t'es quand même pleine d'espoir et d'amour du coup pour ces élèves donc une nuit aussi au Média, vraiment, on vous soutient et on va suivre de très près cette grève et vous aurez toujours de toute façon la parole pour venir et porter vos revendications ici.
Et c'est la semaine des mobilisations, Violette le disait tout à l'heure, dimanche 5 décembre prochain, la CGT et la Jeune Gare antifasciste appelle également à se rendre massivement dans le parc de la Villette aux alentours du Zénith pour bloquer l'arrivée d'Éric Zemmour, désormais officiellement candidat à l'élection présidentielle et qui organisera son premier grand meeting de campagne aux Zénith de Paris. Le militant d'extrême droite a officialisé sa candidature à la présidentielle hier. Pour en parler avec nous, on reçoit Marion Beauvalet, une amie du Média mais avant ça, je vous propose de vous infliger un petit récap de son interview.
Bonsoir Éric Zemmour. Bonsoir Gilles Boulot. Depuis ce midi, vous êtes donc officiellement candidat à la présidence de la République. Dans cette vidéo de candidature, vous décrivez une France en état de quasi-guerre civile. vous dites que vous voulez sauver la France. Est-ce qu'en faisant cela, vous n'exacerbez pas les tensions ? Vous savez, moi, j'ai l'impression que plutôt depuis des années, je les dénonce, je les annonce et pour l'instant, l'histoire m'a plutôt donné raison. Vous savez, en France, j'ai l'habitude, on dit depuis le XVIIIe siècle qu'on persécute toujours ceux qui sonnent le toxin et au contraire, on est aimable avec ceux qui mettent le feu.
Donc ceux qui me reprochent d'exacerber les tensions, ce sont eux qui mettent le feu en ne faisant rien depuis 30 ans, depuis 40 ans. Ces dernières semaines, vous avez fait une percée remarquable dans les sondages et qu'un petit bémol, c'est que les femmes, quand on les sonde, sont deux fois moins nombreuses que les hommes à dire être prêtes à voter pour vous. Est-ce que cela vous étonne ? Comment vous allez les convaincre alors que dans ce que vous dites, dans ce que vous écrivez, vous laissez entendre que les femmes sont inférieures aux hommes, que leur intelligence est inférieure à celle des hommes ? Je n'ai jamais écrit ça. Les grands génies sont des hommes.
Ce n'est pas fémininement correct de le dire, mais c'est la vérité. Vous l'avez dit, vous l'avez écrit. Je l'ai écrit, bien sûr. Mozart est un homme, oui. Beethoven est un homme. Les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société. Écoutez. Je l'ai revu il y a 10 minutes. Oui, oui, oui. Là, j'explique exactement les rapports entre les hommes et les femmes dans ce que j'appelle, ce que les scientifiques appellent leur cerveau reptilien, c'est-à-dire le désir entre un homme et une femme, pas dans la vie de tous les jours. Il faut distinguer, vous voyez, les niveaux de lecture et d'écriture.
Mais vous savez, vous n'allez pas comme ça ressortir mes phrases de mon livre. Je ne suis plus le journaliste, l'écrivain. Je suis candidat à l'élection présidentielle. Donc, ce que j'aimerais, c'est que vous m'interrogez sur mon projet et mon statut. Pas sur ce que j'ai écrit. On ne va pas refaire la dizaine d'émissions que j'ai déjà faites depuis deux mois. Donc, votre mue est en train d'être faite. ou peut-être même de l'avez-vous dit. Ma mue est en train d'être faite et je tiens à vous dire que je pense, je pense que ma candidature est celle qui défend le mieux les femmes.
Merci, Éric Zemmour, d'avoir répondu à nos questions le jour de votre déclaration de candidature à l'élection présidentielle. Comme 600 000. Merci à vous. Non, je trouve simplement qu'il n'y a pas eu de questions sur mon projet politique et je le regrette. Je vous réinviterai bien volontiers. Non, mais c'était le moment où jamais. Je vous réinviterai bien volontiers. Une partie de ce que nous avons dit avait trait à votre programme ? Pas vraiment. Il me semble que si. Il me semble que non. Merci beaucoup, Éric Zemmour. Merci à vous. Si vous voulez, c'était une interview d'un procureur alors que Gilles Boulot, d'abord, TF1 ne m'avait pas prévenu de cela. Il m'avait dit autre chose.
Et que si vous voyez toutes les interviews de M. Boulot pour tous les autres candidats, vous verrez la différence. Vous verrez la différence de ton. Vous verrez la différence de questions. Vous verrez que devant les autres, il s'efface poliment, humblement. je dirais même parfois de façon larvère et qu'avec moi, il s'est révélé là un procureur pugnace de mauvaise foi me sortant des phrases de mon livre hors de leur contexte. Enfin bref, je n'étais pas venu défendre mon livre. Il y a eu Maldon. Il y a eu même esproquerie intellectuelle.
Il y a eu esproquerie intellectuelle. On voit Éric Zemmour boudeur. Tu as regardé l'interview d'Éric Zemmour sur TF1. Qu'est-ce que tu en as pensé Marion ?
Alors déjà, merci pour l'invitation. Cette interview, elle est un peu dans la continuité de la vidéo qu'il avait sortie à midi avec la déclaration de sa candidature. Si on s'intéresse spécifiquement à l'interview avec Gilles Boulot, déjà peut-être revenir sur le fait que Gilles Boulot ne lui pose pas non plus des questions qui sont incroyables. Il le questionne sur des choses qu'il a pu écrire par le passé et aussi sur un certain vide finalement qui existe après sur les éléments classiques qu'on peut poser à un candidat où il en est dans les signatures, etc. Il n'y a rien d'exceptionnel dans les questions qu'il lui pose.
Pour autant, il est peut-être moins cajolé que sur les chaînes de Bolloré. Je ne sais pas. En tout cas, ça semble lui déplaire alors que finalement, Gilles Boulot lui demande par exemple de revenir sur les écrits qu'il a pu avoir sur les femmes il y a quelques années. Moi, quand j'entends sa réponse hier sur les femmes, il dit qu'il faut presque distinguer le journaliste du candidat à ce genre de choses. Quand je l'entends parler des femmes, parler de cerveau reptilien, etc., je n'ai pas l'impression qu'il nous considère comme les égales des hommes. Quand on écoute sa vidéo, ce qu'il dit, c'est qu'il faut protéger les filles d'être voilées à l'avenir.
Donc, je ne suis pas sûre que cet homme soit le meilleur candidat pour défendre les femmes à l'avenir et je pense qu'il le prouve chez Gilles Boulot, il le prouve aussi dans sa vidéo dans le Média et ce qu'on voit aussi apparaître et c'est peut-être pour ça que l'exercice pour lui était difficile, c'est que cet homme n'a pas de proposition pour la France. Il a une vision, je pense qu'on va revenir dessus, mais il n'a pas de programme. Il déclare des grandes choses, on ne sait pas quel est le chemin pour le faire si ce n'est visiblement protéger la France de certaines personnes et d'expulser un certain nombre de personnes qui ne seraient pas français et qui refuseraient de s'assimiler, etc.
Mais en tout cas, il n'a pas de projet politique à proprement parler. D'accord,
Éric Zemmour veut protéger les femmes du port du foulard, mais qui les protège des agressions sexuelles ? On rappelle que l'homme a quand même huit accusations sur le dos. Comment il se défend ?
Il ne se défend pas vraiment dans le sens où quand on lui en parle, il dit qu'il faut passer à autre chose, qu'il a écrit ce qu'il a écrit, mais que là, maintenant, il est candidat. Donc, il n'y a pas de défense, si ce n'est une sorte de rupture, on va dire, dans une chronologie sur les questions d'accusation, d'agression dont il est l'objet. Il s'en défend en disant que c'est faux, en nuant. Il n'y a pas de défense à proprement parler.
Tu as parlé de cette vidéo qui a été postée sur YouTube où il fait sa déclaration de candidat à l'élection présidentielle. Il y a un passage qui est quand même assez symbolique. Vive la République et surtout vive la France, a déclaré le polémiste. Une mise en scène dans laquelle Éric Zemmour vraiment reprend les codes du général de Gaulle lors de l'appel du 18 juin, assis à un bureau, s'exprimant face à un micro rétro. Est-ce que Éric Zemmour n'est pas le candidat qui pourrait libérer la France d'une occupation on imagine islamiste, musulmane ?
Je pense que oui. Ce qui est intéressant dans la vidéo, c'est que déjà, c'est un texte de journaliste qui lit, on voit les effets de style, beaucoup d'anaphores, etc. C'est entre guillemets bien écrit. Après, c'est lu. L'exercice est un peu ennuyeux avec la 7e symphonie de Beethoven en fond. Les 10 minutes, je les regardais plusieurs fois pour préparer la contre-matinale. C'était un peu pénible à force.
Et ce qu'on voit, c'est qu'effectivement, dans cette mise en scène, déjà, au-delà du candidat dans une dynastique et celle des présidents de la République, sur cette photo de la bibliothèque en arrière-plan, on a en tête le portrait de François Mitterrand, du général de Gaulle, notamment, de Nicolas Sarkozy aussi. On a cette mise en scène avec le micro, par ailleurs, qu'il assume. Chez Gilles Boulot, il le dit, il dit que c'était volontaire, c'est fait pour faire référence à ça. Et ce qui est intéressant, quand on aïs le discours, c'est qu'effectivement, on est sur un discours qui pose un peu les prémices d'une forme de guerre civile.
le problème et la chose dont il faut lutter, c'est le déclin de la France, la décadence. Il identifie des ennemis qui sont, en fait, dans quelque chose de très morassien, les ennemis intérieurs qui sont présents sur le territoire. Et il explique, donc, lui, il est là pour la France et pour la République, mais avant tout pour la France plus que pour la République, ce qui est aussi très significatif. Et quand on s'intéresse, en fait, à ce qu'il dit, il y a deux niveaux de choses. En fait, il dit que les immigrés, donc, en fait, aggravent les problèmes, ne sont pas à la cause du problème.
Et ce qui est intéressant et ce qui est effroyable dans ce qu'il dit, c'est quand même qu'il liste des professions ou des catégories de la population en homogénéisant un petit peu. Donc, il liste les syndicalistes, les universitaires, les sociologues. On note que les sociologues sont rangés en dehors du champ universitaire, c'est autre chose. Là, on remerciera aussi Jean-Michel Blanquer et Frédéric Vidal pour tout ce travail amorcé depuis des mois où, finalement, les sociologues, aujourd'hui, sont devenus des boucs émissaires en soi. Il liste aussi les syndicalistes.
Et donc, en fait, c'est ces personnes qui sont responsables de la décadence de la France qui l'identifient comme la perdition d'une nation conquérante, grande dans l'histoire. Il reparle des conquêtes dans l'Europe et dans le monde. Donc, ça fait, je pense, référence au passé colonial de la France. Je ne suis pas sûre que ce soit un passé très glorieux, mais lui, ça semble lui aller. Et donc, on a ces gens qui sont responsables de ce déclin. On ajoute à ça, donc, les immigrés qui l'identifient comme aggravant des problèmes.
Et on se retrouve, en fait, dans un pays où, effectivement, où il pose une situation qui est celle d'une guerre civile où il appelle les gens qui voteraient pour lui, ses électeurs, finalement, à se soulever. Il ne dit pas prendre les armes. On n'est pas loin quand on écoute la rhétorique pour, justement, contre ces personnes.
Donc, c'est ça. Il s'inscrit plutôt dans un discours, donc, dans le discours, on va dire, de De Gaulle, résistance à cette guerre civile, à cette invasion. Et il ne s'identifie plus, donc, du coup, à Pétain, le collabo.
Non, là, on est effectivement partis du côté du général De Gaulle. Après, quand on pose, par exemple, ce que c'est que l'ennemi intérieur, l'ennemi intérieur, c'est une notion qui apparaît à la fin du XIXe siècle, qui est très présente chez Maurras. Donc, en fait, on va parler, quand Maurras parle de ça, et après, les gens qui s'inscrivent dans sa filiation, ils vont parler des Juifs, des Francs-maçons, en fait, de tout un tas de personnes qui sont en France, qui sont, en fait, dans l'élite, les dirigeants de l'État qui sont à des hauts postes, en fait, qui détruisent le pays de l'intérieur.
L'ennemi intérieur, c'est quelque chose qui a été repris par le maréchal Pétain, et donc, dans la France de Vichy, on parle d'ennemi intérieur, notamment pour désigner les Juifs, et encore une fois, toutes ces personnes qui sont mises au banc de la société pendant la Seconde Guerre mondiale. Donc, en ce sens, on a une mise en scène qui ressemble à, enfin, qui évoque celle du général De Gaulle et les présidents, mais, en même temps, quand on s'intéresse vraiment au contenu du discours et l'imaginaire qu'il déploie, on est sur quelque chose qui est encore très réactionnaire, voire, en fait, pétainiste.
Donc, on a un Éric Zemmour pour venir à l'interview sur TF1 qui se plaint de ne pas avoir été bien accueilli, peut-être pas assez bien célébré, comme il a eu l'habitude de l'être dans d'autres espaces médiatiques, et pourtant, justement, le Figaro s'est intéressé à cette annonce de candidature et retracé, donc, cette ascension fulgurante et conclué par ce doute, finalement, qui s'installe dans la pré-campagne, puisque là où Éric Zemmour se déplace en France, il a le droit à des comités d'accueil qui ne se réjouissent pas trop de sa venue. Il n'est pas aussi populaire que les médias le prétendent.
Oui, tout à fait. Je pense que c'est intéressant de voir qu'en fait, il y a deux choses. Dès qu'il a un déplacement dans une ville, ça devient un événement de campagne en soi. Par exemple, Anne Hidalgo, même Jean-Luc Mélenchon, n'importe quel candidat va quelque part. C'est très peu couvert, à part par son entourage, mais c'est peu relayé dans la presse en soi. Éric Zemmour va quelque part. On ne sait pas ce qu'il doit dire, mais c'est un événement, c'est super couvert, c'est un événement national. Du coup, le revers de ça est amplement mérité, notamment au regard de ce qu'il dit. Je pense que, par exemple, quand on qualifie les syndicalistes de danger, du coup, c'est quoi sa proposition ?
C'est d'interdire les syndicats. Du coup, si on est sur une logique de guerre, c'est quoi ce qu'il va justifier derrière pour réussir à redresser la France ? C'est ça. Donc, les comités d'accueil et le fait qu'on lui rappelle qu'il est un danger pour des gens, c'est amplement mérité. Je pense que c'est aussi le revers de la surmédiatisation dont il est l'objet. Et donc, finalement, là,
on a un Éric Zemmour qui se voyait déjà peut-être à l'Élysée et donc ses coulisses de cette pré-campagne, notamment ces accueils, vraiment très impopulaires, aussi bien ici en France qu'en Suisse. Notre collègue Jemille, justement, parlait de ces comités qui s'organisent pour protester contre sa venue. Ça a été aussi le cas en Angleterre. Le maire de Londres a clairement fait une déclaration pour dire qu'il ne se réjouissait pas de sa venue. Et d'ailleurs, il a fini dans un petit hôtel. Donc, on a l'impression que c'est aussi un candidat qui milite de manière aussi, enfin, en dehors, une fois de plus, des plateaux télé de manière, on va dire, un peu, officieuse presque dans l'ombre.
Il y a tout ce paradoxe dans la lumière des médias mais dans l'ombre sur le terrain, à l'ombre sur le terrain.
Tout à fait, je pense que là, peut-être, pour en revenir à la vidéo, en fait, il y a quelque chose, il est totalement dans une bulle, dans une France qui est fantasmée et qui ne correspond pas, je pense, je suis à peu près sûre, à ce que vivent les gens au quotidien. Par exemple, dans sa vidéo, il met en avant des images de vieux films, il montre, il me semble, les 400 poux, tout un tas de films.
D'ailleurs, il n'avait pas forcément les droits donc peut-être que ça va le ruiner de devoir payer les droits d'auteur et en fait, il est dans une vision qui est totalement fantasmée, qui invisibilise notamment les questions, par exemple, de lutte, il invisibilise totalement les classes populaires et il est sur une France qui est très guerrière, etc. Ce n'est pas forcément, je pense, quelque chose qui parle aux gens en dehors de ses soutiens. Ça doit parler à un bloc bourgeois qui va défendre des valeurs qui sont réactionnaires, très conservatrices.
Pour autant, ce qu'il défend et ce qu'il montre, je pense que ce n'est pas forcément quelque chose de majoritaire et je pense que du coup, ça peut expliquer cet écart, le fait que quand il vient sur ses news, on lui propose presque deux heures de plateau et s'il veut rester après pour débriefer et continuer à commenter l'actualité, il peut le faire et en fait, quand il est dans la vraie vie avec les vrais gens, les Français n'attendent pas Éric Zemmour voire peuvent se sentir menacés par Éric Zemmour et je pense que dans les pays, tu parlais de la Suisse, tu parlais aussi de quand il est allé à Londres, on a des exemples aux Etats-Unis, au Brésil ou en Italie où on a des figures comme ça qui ont émergé et en fait, qui incarnaient des vrais dangers pour la démocratie et peut-être qu'il y a ces choses-là aussi qui se créent dans ces déplacements à l'étranger et qu'en fait, on ne veut pas d'Éric Zemmour, on ne veut pas d'un nouveau Trump, d'un nouveau Bolsonaro en France.
Oui, voilà.
On l'a déjà dit et répété sur ce plateau de la contre-matinale, Éric Zemmour est le fruit d'une construction médiatique et finalement, on a aussi parlé de ces ondages qui se trompent souvent. On se souvient lors des dernières élections régionales et départementales, le Rassemblement national, enfin, grosse déconvenue, zéro département et zéro région pour eux. Finalement, est-ce qu'on ne peut pas s'attendre à ce même scénario ? Des médias qui promettent peut-être un Zemmour président et au bout du compte,
le grand walou,
le grand néant, rien.
Il faudra voir. Après, moi, du coup, je ne suis pas diseuse de bonnes aventures, mais je ne peux pas présager de ce qui passe. De belles aventures, s'il te plaît. Je parle d'une belle fin. En tout cas, oui, ce qu'on voit, c'est qu'on a cette bulle et qui permet aussi de justifier, plus on avance, plus il y a quelque chose d'inéluctable entre le fait que, globalement, le second tour, il faudra avoir un bloc républicain et reconstituer ce front, possiblement en soutenant Macron qui semble être en première position. Donc, on a quelque chose d'assez inéluctable qui se dessine.
Je pense qu'après, si on prend du recul et l'intérêt aussi d'analyser la candidature de Zemmour, c'est de regarder aussi quelle est l'offre politique française aujourd'hui et on a quand même des candidats qui nous parlent des grands enjeux de demain. Globalement, quand on écoute Éric Zemmour, si on renvoie beaucoup de gens en dehors de la France et qu'on interdit les syndicats, ça ne va pas nous sauver de la catastrophe climatique et enjeux.
Et si on prend un peu de recul en voyant ce que dit Zemmour et en voyant aussi ce que proposent les autres, il y a des candidatures qui sont des candidatures d'espoir, qui sont des candidatures aussi qui sont plus à même, je pense, de répondre aux grands enjeux qui sont ceux qui sont l'urgence climatique, l'urgence sociale, etc. Et du coup, réencastrer un peu Zemmour dans une offre plus large, ça permet aussi de se départir de cette fatalité.
Merci. Merci beaucoup Marion Beauvalet d'avoir décrypté avec nous cette interview et toutes ces déclarations de M. Z. Vous pouvez bien sûr, la mission va toucher à sa fin, vous pouvez donc revoir cette émission en replay sur la chaîne YouTube Le Média TV. Vous pouvez aussi retrouver ce contenu en podcast. On compte sur votre soutien, on compte sur vos likes, on compte sur vos partages, on compte sur vos dons. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre et cette matinale n'existe que grâce à vous. Merci de votre fidélité et vous retrouvez demain, Théophile, et quant à moi, ce sera vendredi. À très vite. Sous-titrage Société Radio-Canada
Éric Zemmour