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interviewINA Politique· 6 avril 2022 20 min

Présidentielle : les candidats réagissent à leur 1ère télé dans "adn" | Archive INA

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La première image de vous à la télévision date de 1986, c'est l'époque de la mobilisation contre la loi Devaquet. On vous découvre sur le plateau de Michel Pollack, 19 ans, déjà engagé, avec d'autres étudiants. Vous restez derrière, vous ne prenez pas encore la parole ni la lumière, mais avec votre mètre 92, on ne peut pas vous rater. Quel était celui parmi vous, parmi les étudiants, qui était avec Jérôme lorsqu'il a reçu sa grenade ? Prochez-vous ? Oui, alors, comment ça s'est passé ?

0:32
Yannick Jadot

J'aimerais dire, avant de commencer tout débat, qu'on aimerait demander une minute de silence pour tous les blessés et le morts.

0:44
Présentateur

C'est cette révolte de jeunesse qui vous a donné le goût de l'engagement ?

0:50
Marine Le Pen

J'étais déjà dans une famille très politique. On allait distribuer des tracts, coller des affiches gamins. Mais c'est vrai que je pense que chaque génération, d'une certaine façon, a son rituel d'engagement politique. Et c'est vrai que là, la mobilisation contre la loi de Vaquet, les violences policières, évidemment, la mort de Malik Ousekine, ça forge un caractère politique.

1:18
Présentateur

C'est une image furtive, une archive de 73, un portrait de votre père Jean-Marie Le Pen qui vient de créer le Front National. Vous avez 5 ans. Vous êtes la petite dernière avec le gros nounours dans les bras et le chandail à rayures. Et donc, pour vous, une première apparition dans un reportage politique sans que vous l'ayez souhaité.

1:54
Marine Le Pen

Oui, c'est vrai. On a été très vite mis devant les caméras. Mais c'était l'époque. C'était la grande époque. Enfin, le début de l'époque Reagan, de l'époque où, en réalité, on montrait la vie de famille. En fait. Et donc, tout au long de la vie politique de mon père, on a souvent fait l'objet de reportages. Mais ça, c'est effectivement la première image avec le chien Rambo que vous ne voyez pas, mais que vous entendez. Et dans cet appartement qui était un appartement assez modeste du 15e arrondissement dans lequel nous vivions et qui, plus tard, sera le logement qui explosera.

2:35
Présentateur

Qui sera dévasté. On vous retrouve, même si vous n'êtes pas à l'image, dans un coup de force contre une célèbre épicerie de luxe à Paris. Mais j'y étais. Vous y étiez, oui. Au cri de les fauchés chez Fauchon. Plus d'une centaine de jeunes chômeurs et des membres des jeunesses communistes ont occupé samedi en début d'après-midi la célèbre épicerie de luxe Fauchon, place de la Madeleine. Après s'être servis dans le magasin, les jeunes ont présenté aux vendeuses des bons d'achat factices. J'étais dans l'image.

3:11
Invité politique

Les jeunes chômeurs sont venus occuper ce magasin où on peut trouver des bouteilles de digestif à 1,2 millions de cent mille la pièce. Il y a dans ce pays des gens qui n'ont rien, absolument rien pour vivre, pour passer les fêtes et d'autres qui ont tout.

3:25
Présentateur

Au point que c'en est un luxe insolent. Les manifestants ont été délogés par la police, violemment selon eux. Ah oui, violemment, on a pris des coups de matraque. Les ouvertures des magasins, tout rentrait dans l'ordre. Il m'a semblé reconnaître Jacques Perreux, le leader des jeunes communistes de l'époque. Et vous-même, à l'image, vous avez vu ? Je crois, je suis avec mes copains, on était ensemble et je les ai reconnus. Donc je devais être derrière avec eux. Mais je m'en souviens parfaitement. On dénonçait effectivement cette société à deux vitesses. Je me demande si ce n'est pas moi qui tourne le dos. Je vois qu'il y a Olivier Marché, avec qui je suis là, qui est là au premier rang.

Et on est toujours ensemble d'ailleurs. Et donc on a dénoncé ces magasins pour les riches. Et en même temps, une société du chômage qui était en train de grandir. Et c'était insupportable. On dénonçait les emprunts Giscard qui avaient été mis en place. Où en gros, en plus, quand on était riche, on pouvait emprunter. Et avec des intérêts derrière qui nous faisaient gagner de l'argent. On a été évacués, manu militari, par les CRS. On a pris des coups sur la tête. Et à la sortie de ce magasin, j'ai été embarqué. Je me suis retrouvé dans un commissariat où j'ai été mis nu. Certainement pour m'humilier. Ils m'ont fait mettre à poil. Voilà.

Ils m'ont laissé à poil, comme ça, pendant un long moment. Puis après, ils m'ont demandé de me rhabiller. Et puis, dans la nuit, j'ai été libéré. Voilà. Je m'en souviens. Ça m'a marqué. Avant d'être un homme politique, vous êtes d'abord un paysage. Celui de votre vallée. La vallée d'Aspe. Elle est dans tous les ports de votre peau. Elle vous constitue. Elle vous détermine. C'est une vallée des Pyrénées, en Béarnes. Votre village s'appelle Lourdios Ichère. 136 âmes aujourd'hui. Et tous les ans, un rituel. La fête de la transhumance. La montée des troupeaux dans les hauteurs. C'est un reportage de 99. On va vous voir avec votre béret. Vous êtes déjà le maire de ce village.

5:35
Invité politique

La transhumance, une activité importante en Béarnes. 150 bergers gagnent les estives. Ils représentent environ 450 éleveurs pour un cheptel de près de 70 000 brebis et un millier de vaches. Rassemblés à l'entrée du village, les touristes, mais aussi les habitants de la vallée sont venus partager l'événement. Les troupeaux sont marqués avant de gagner la montagne.

5:55
Marine Le Pen

90% des actifs de Lourdios sont des vergers ou des pasteurs d'étranges humains, en tout cas. Et nous avons encore 30 exploitations agricoles qui sont occupées. C'est une proportion extraordinaire. Et puis, comme vous le voyez,

6:10
Présentateur

l'ensemble des prairies, des champs sont entretenus, je dirais, presque jardinets. Ça a bougé depuis ? Est-ce que ça a changé depuis ? Ah, vous me parliez. J'étais en train de me retrouver. Oui, parce que malheureusement, nous avons perdu beaucoup de bras. L'exode a fini par nous atteindre aussi, avec un peu plus de retard qu'ailleurs. Il y a un petit peu plus de ronces et d'arbres qui ont poussé.

6:42
Marine Le Pen

Mais malgré tout, c'est pas mal par rapport au reste du territoire français

6:49
Présentateur

qui nous ressemble. La première fois que vous apparaissez à la télévision, c'est pour protester avec d'autres élèves de l'ENA. Vous occupez l'école pour refuser son transfert de Paris à Strasbourg. Nous sommes en 91. Vous avez 24 ans. Ils s'y sentent tellement bien dans leur école parisienne de la rue de l'université qu'ils n'ont plus envie de la quitter, même la nuit.

7:18
Invité politique

Je ne pense pas qu'un jour, j'aurais l'honneur de me coucher sur la moquette de l'amphithéâtre Jean-Boulin. Mais s'il s'agissait de démontrer à Mme Cresson que loin d'être coupée la réalité sociale de ce pays, nous pouvions avoir des préoccupations terre à terre.

7:31
Présentateur

Le grand public nous connaît mal, sinon il saurait qu'on n'est pas des polars en cravate et en Weston, mais qu'on ne nous reconnaît pas quand on nous croise dans la rue.

7:43
Fabien Roussel

Nous sommes des hommes et des femmes comme tout le monde, comme disait ma camarade, les hénarques ont un père et une mère. J'espère que tout le monde en est conscient. C'est tout ce qu'on vous dirait ce soir. Oui, oui, je voudrais dormir.

7:55
Présentateur

Combat perdu. Avec le recul, vous diriez mauvais combat ?

7:59
Jean-Luc Mélenchon

Notre combat, c'était pour dire que les hénarques devaient être formés non pas en province, mais au plus près des administrations centrales. Ce déménagement à Strasbourg, il était très symbolique. C'était l'idée d'aller mettre en province les hauts fonctionnaires. Aujourd'hui, l'hénarque va être une école de formation de toutes les administrations. Et aujourd'hui, ce campus à Strasbourg, il a trouvé son équilibre. Mais à l'époque, ça nous paraissait assez démagogique comme proposition.

8:30
Présentateur

Ça veut dire qu'il ne faut pas toujours écouter les jeunes ou qu'ils n'ont pas toujours raison ?

8:34
Jean-Luc Mélenchon

Ça veut dire que, en fait, c'était vraiment surtout du symbolique et que ça nous paraissait effectivement uniquement symbolique et pas très très efficace dans la pratique. D'ailleurs, pendant des années, les hénarques ont eu des problèmes à faire venir leurs professeurs jusqu'à Strasbourg parce que les professeurs ne voulaient pas venir. Et maintenant, l'école a trouvé son équilibre et c'est tant mieux pour elle.

9:00
Présentateur

La première fois que vous apparaissez à la télévision, c'est en gréviste. Déjà enseignante, gréviste, mobilisée contre la réforme Fillon en 2003 et pour votre future retraite.

9:13
Anne Hidalgo

Je vais partir à la retraite au-delà de 2020. Donc, il faudra que je cotise jusqu'à 68 ans puisque j'ai commencé à travailler à 26 ans. Et je partirai avec 38% de mon salaire net.

9:23
Présentateur

Vous militez depuis l'adolescence ? 17, 18 ans ?

9:27
Anne Hidalgo

Depuis 18 ans. Depuis 18 ans, surtout, oui.

9:30
Présentateur

Et pourquoi avoir choisi l'ut ouvrière ?

9:32
Anne Hidalgo

C'est vrai que moi, dès l'âge de 16 ans, 17 ans, j'étais quand même révoltée par ce que je voyais. J'étais révoltée par les injustices, par la faim dans le monde aussi. Il y avait eu en 86 une famine en Éthiopie. Enfin, voilà. Je ne me voyais pas ne rien faire. Voilà, tout simplement. Pour moi, ce n'était pas possible d'accepter ça. Je voyais bien qu'ici, en France, les poubelles regorgeaient, etc. Comment laisser ces enfants, ces femmes, mourir de faim ? Enfin, je ne comprenais pas. Et donc, ma première impulsion, c'était finalement d'aller vers les associations humanitaires.

Et puis, au lycée, à Lyon, je suis partie faire un sport-études à Lyon, j'ai rencontré des jeunes qui avaient des idées, qui avaient des idées communistes, qui m'ont fait découvrir le manifeste du Parti communiste, qui m'ont fait découvrir les idées révolutionnaires, et qui m'ont fait découvrir aussi la force du mouvement ouvrier. Ça, c'est quelque chose que vraiment j'ai découvert, parce que j'étais moi-même issue d'un milieu plutôt commerçant, agricole, et puis voilà, rural. Et j'ai découvert donc cette force-là, qui avait déjà tellement fait pour faire avancer la société. Et donc, je me suis... Cela m'a convaincue, cela m'a convaincue.

À l'époque, il y avait le Parti communiste, mais qui venait de gouverner, qui venait de gouverner, qui était pour moi un parti de gouvernement, qui avait finalement... Qui était dans le système. Donc, non, moi, je cherchais un parti attaché à vraiment changer la société, de fond en comble. Ça devait être un parti révolutionnaire, et cela a été lutte ouvrière.

11:09
Présentateur

La toute première image de vous date de 1981, et c'est un soir de victoire électorale. Vous n'êtes pas encore dans la lumière, mais dans l'ombre d'un candidat dont vous êtes le directeur de cabinet, Claude Germont, le maire socialiste de Massy, qui vient de sortir le communiste Pierre Juquin dans la troisième circonscription de l'Essonne. Vous avez 30 ans.

11:32
Anne Hidalgo

Vers 23h, Claude Germont vient proclamer les voix obtenues dans sa ville.

11:40
Présentateur

30 ans, pas encore de mandat, mais déjà de l'ambition politique ? Oui, de l'ambition, si vous voulez, oui. Enfin, j'étais un militant très, très engagé, pour qui le militantisme politique est une raison de vivre. Et il se trouve que je militais avec un homme qui était extrêmement motivant. Il était secrétaire confédéral de la CGT et secrétaire national aux entreprises pour l'EPS. Et donc, sa manière d'être, son rapport au mouvement ouvrier était pour moi un repère. Il a été un repère immense dans ma vie. C'est tout à fait évident. Et puis, nous partageons une certitude qui va peut-être vous surprendre. On pensait réellement qu'on allait faire le socialisme.

Donc, si vous voulez, les questions du type carrière, poste, ce n'était pas vraiment le sujet. La première fois que vous apparaissez à la télévision, vous êtes sous-préfet d'Île-de-France et vous devez gérer une situation de crise, le relogement de familles africaines sans-abri qui campent sur un terrain vague, le futur site de la Bibliothèque nationale de France. Nous sommes en 91. Vous avez 30 ans. Les premiers expulsés avaient planté leur tente le 13 juin sur un terrain vague de la ville de Paris. C'était vite devenu un village africain, malien, sénégalais et un bras de fer à trois avec la ville de Paris et les pouvoirs publics.

Mais l'hiver approche, peu de chauffage, de nombreux enfants manquent d'hygiène malgré l'aide des associations et il y a deux semaines, dans l'attente 85, des rats ont même mordu deux enfants. Alors, sans vouloir céder, l'État a voulu chercher à sortir de l'impasse et expérimenter ainsi un système de logement passerelle.

13:18
Invité politique

Il n'y a pas de prime au logement

13:20
Présentateur

pour une occupation illicite. Simplement, il y a un devoir d'assistance pour des familles qui sont dans une situation aujourd'hui très douloureuse. À l'avenir, quand il y aura une expulsion, les personnes qui ne trouveront pas de logement pourront aller dans des logements d'insertion provisoire gérés par des associations caritatives

13:37
Invité politique

grâce à un nouveau financement de la part de l'État.

13:40
Présentateur

Le relogement de familles immigrées, c'était par conviction ou par devoir ? Par les deux. Enfin, par devoir.

13:47
Invité politique

J'étais serviteur de l'État. Je me souviens très bien, c'était la première intervention. J'étais avec un grand préfet, deux grands préfets, Christian Philippe et puis Sautère. C'était Olivier Philippe et Christian Sautère. Et ils étaient tiraillés entre la volonté de ne pas faire passer des familles devant d'autres et puis en même temps de répondre à une situation humanitaire. Ils m'avaient envoyé au feu parce que je crois que personne

14:12
Présentateur

ne voulait intervenir. Alors, ils avaient trouvé le petit jeune de service. Donc, à la fois par devoir. Et par conviction. Et par conviction. J'étais serviteur de l'État. Vous exercez un métier de l'ombre, conseillère technique dans un cabinet ministériel sous le gouvernement de Lionel Jospin. Vous travaillez pour la secrétaire d'État aux droits des femmes et à la formation professionnelle, Nicole Péry. Nous sommes en 1998. Vous avez 39 ans.

14:39
Fabien Roussel

Je crois qu'on est tous conscients ici que les liens entre emploi et formation, entre travail et formation sont tels que le sujet ne peut pas être complètement autonome. Même si, et je crois que c'est ça qui est important aussi dans le travail de Nicole, il faut qu'on arrive à redéfinir quand même les finalités propres de la formation.

14:59
Présentateur

Vous vous souvenez de ce moment, de cette première caméra ?

15:02
Fabien Roussel

Je me souviens de... Pas vraiment, en fait, de ce moment. Je me souviens, bien sûr, j'étais au cabinet de Nicole Péry et de Martine Aubry, puisque c'était le même ministère. Et Nicole Péry est nommée à la formation professionnelle. On n'est pas très nombreux autour d'elle à ce moment-là. Et je me souviens qu'on est en train d'essayer de définir est-ce qu'il faut faire une réforme, une grande réforme, accompagner. On était aussi dans la loi sur les 35 heures. Et un peu plus tard, Nicole Péry va devenir aussi secrétaire d'État aux droits des femmes. Mais voilà, je me souviens un peu de moi à cette époque quand même.

15:44
Présentateur

Tous les hommes politiques ont à peu près les mêmes idées et que tous pensent exactement à peu près ce qu'il faut faire. Mais la différence, et là, nous devons nous adapter et eux-mêmes doivent s'adapter, c'est que la différence va se faire sur la façon de le faire, c'est-à-dire sur le style, sur le tempérament, sur le courage.

16:00
Fabien Roussel

La différence, elle peut se faire sur les remèdes apportés à une crise

16:03
Présentateur

qui existe. Non, parce qu'il y a manière et manière d'apporter ces remèdes. Il y a la manière lente, douce, qui est plutôt prudente et il y a la manière en forme de rupture. Tout ça ne change pas, il y a autant au chômage. Mais si, ça change beaucoup. Au chômage, non. Parce que ça dépend comment on le fait. Mais si, ça dépend comment on le fait. Pour le moment, je veux dire. Je veux dire les 35 heures que même l'Université de Spins au Parti Socialiste n'adoptera pas. On en parle plus. Non, mais quand par exemple on dit réduction des charges sociales, il y a manière et manière de le faire. Voilà, qui fait et comment on le fait ? Est-ce qu'on le fait brusquement ?

Est-ce qu'on le fait en lissant sur 10 ans ? Ce n'est pas la même chose. C'est intéressant parce que vous ramenez les politiques à une question de style, à une différence de forme. Vous ne diriez plus ça aujourd'hui. Deux choses. D'abord, à quel point j'étais mal habillé. J'ai un peu honte, rétrospectivement. Première chose. Deuxième chose. Nous sommes en 95, vous l'avez dit. Donc, nous sommes trois ans après Maastricht. Après le référendum sur Maastricht. Après, si vous voulez, je pense que ce que je dis à l'époque est tout à fait conforme à la réalité. C'est-à-dire qu'à partir de Maastricht, il n'y a plus eu de vraies différences entre la droite et la gauche.

Vous savez, vous connaissez le mot célèbre de Philippe Séguin. La droite et la gauche sont des... Comment dire ? Comment il disait ? Des boutiquiers ou des... Non, des détaillants qui se fournissent au même grossiste l'Europe. Donc, ce que j'ai voulu dire là, c'est ça. C'est-à-dire que l'Europe, la construction européenne, Maastricht, les pertes de souveraineté que cela a occasionnées, la mondialisation, tout cela fait ressembler les politiques, fait se rapprocher les politiques et que tout est question de forme. Donc, effectivement, pourquoi je ne le dirai plus aujourd'hui ?

Je ne le dirai plus aujourd'hui, non pas parce que c'est faux, puisque sur les politiques économiques, franchement, ça n'a jamais été aussi vrai. Et d'ailleurs, tous les Français ont fini par se rendre compte de cela. Je me rappelle que déjà, dans la campagne de 2002, Jean-Pierre Chevènement disait « Jossrac » pour dire « Jospin et Chirac » c'était la même chose. Donc, c'est une réalité qui a petit à petit, petit à petit, s'est imposée. On sait bien que François Hollande a été très critiqué à gauche parce qu'il faisait finalement la même politique que la droite et la droite a été très critiquée aussi parce qu'elle faisait la même politique que la gauche.

Donc, je dirais toujours cela, mais en revanche, la nouveauté, et c'est sans doute justement le sens de ma candidature, c'est que je pense que nous sommes sortis de la discussion économique et que nous sommes rentrés dans la discussion identitaire. C'est-à-dire que la question n'est plus, comme depuis l'après-guerre jusqu'aux années 90, comment on répartit la richesse, comment on répartit la croissance, plus ou moins, comment l'État intervient plus ou moins dans l'économie. Bref, on est sortis d'une discussion économique et sociale. Comprenez-moi bien, ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus de questions économiques, qu'il n'y a plus de questions sociales. Tout ça existe encore.

Mais comme cœur, selon moi, de la vie du pays, c'est la question identitaire qui se pose, la question de la survie de la France, de la question du grand remplacement, toutes ces questions que j'ai posées dans cette présidentielle et qui, pour moi, vont et déterminent le destin de la France dans les décennies à venir. à la fin de la vidéo.

19:52
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage ST' 501

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