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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 avril 2026 23 min

Attentat déjoué à Paris, violences contre les élus... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci Laurent Nunez d'être avec nous sur France Info alors que la menace terroriste s'accroît avec la guerre en Iran. Synagogue incendiée en Belgique et aux Pays-Bas début mars. Explosion devant la Bank of New York à Amsterdam. Des ambulances d'une association juive détruite à Londres. Et puis cet attentat à la bombe déjouée devant la Bank of America à Paris samedi. Vous avez fait le lien entre ce dernier événement et la guerre. Est-ce que concrètement vous y voyez la main du régime iranien ?

0:36
Laurent Nuñez

Oui concrètement oui. D'abord le lien je le fais évidemment. Je veux le redire. Je fais le lien parce que l'action qui a été déjouée. L'attaque qui a été déjouée. L'action violente à caractère terroriste déjouée. Dans la nuit vendredi à samedi est en tout point similaire à celle que vous venez de citer. Au Pays-Bas en Belgique. Un engin explosif improvisé, artisanal. On l'appelle comme on veut. Et avec cette volonté de filmer, de revendiquer.

1:01
Invité

Il y avait un deuxième homme qui filmait.

1:02
Laurent Nuñez

Et donc c'était le même type d'action qui a été déjouée grâce à une intervention efficace des effectifs de la préfecture de police. Dans le cadre d'un dispositif de sécurisation globale qui avait été mis en place. J'y reviendrai. Et donc effectivement il y avait un individu a été interpellé. Celui qui était en train de procéder à la mise à feu. Ce qu'il n'a pas pu faire. Et un autre qui filmait. Donc évidemment ça nous a tout de suite fait penser à ce qui se passait aux Pays-Bas. Le même mode opératoire. En Belgique. Et le procureur national antiterroriste évidemment s'est saisi. Et pourquoi on fait le lien avec le conflit et l'Iran ?

Tout simplement parce que dans ces pays-là il y a eu un mouvement qui a revendiqué ses actions. Et qui faisait très directement le lien avec ce qui se passait en Iran. Voilà un peu la logique du raisonnement. Même si judiciairement rien n'est démontré à ce stade. Il faut rester très prudent.

1:50
Invité

Et on reste prudent et un garde des conditionnels. Mais est-ce que vous n'êtes pas venu M. le ministre à identifier la chaîne claire ? Qui donne l'ordre ? Qui paye ? Qui exécute ?

1:57
Laurent Nuñez

Non. Il y a une enquête judiciaire en cours. D'abord si nous y étions parvenus. Si les enquêteurs y étaient parvenus. Ce serait sous l'autorité du parquet national antiterroriste. Et je ne serais pas tellement habilité à en parler. Maintenant après j'ai mon expérience que vous connaissez. Je sais très bien comment fonctionne ce type d'auteurs. Ce sont des proxys en fait. Ce sont des actions proxys. Des intermédiaires des sous-traitants. Ce sont des intermédiaires qui sont envoyés pour mener des actions violentes en Europe. Et il y a toute une chaîne d'intermédiaires avant d'arriver évidemment aux commanditaires. Et ce à quoi ils recourent, ce sont souvent des délinquants de droit commun.

2:31
Présentateur

Alors on va parler justement...

2:32
Laurent Nuñez

Qui en moyennant quelques centaines ou quelques milliers d'euros commettent ces actions violentes. Mais ça c'est difficile.

2:37
Présentateur

C'est-à-dire que vous parlez de jeunes délinquants qui n'ont rien à voir avec le terrorisme. Rien à voir avec l'Iran. Et qui vont être recrutés sur une application comme Snapchat.

2:46
Laurent Nuñez

Absolument. Et qui, je tiens à le dire, ne savent souvent même pas pourquoi ils commettent cette action. C'est vraiment l'appât du gain qui les fait agir. Et ce sont souvent des jeunes qui sont déjà un peu rentrés dans la délinquance, parfois violente. Mais eux-mêmes ne savent même pas pour quelle cause ils commettent cette action.

3:04
Présentateur

En l'occurrence, les jeunes qui ont été interpellés pour l'événement de Paris, certains n'étaient pas connus des forces de l'ordre, c'est ça ? Quel est le profil de ces jeunes ?

3:13
Laurent Nuñez

C'était des profils. Je n'ai plus le pédigré en tête de chacun d'entre eux. Mais certains étaient connus pour des faits assez mineurs. Mais dans d'autres cas, vous savez, on connaît ce type d'action, ça fait plusieurs années que l'Europe est concernée par ce type d'action. On y voit une main, une empreinte iranienne. Ça fait plusieurs années que ça a lieu en Europe, dans d'autres pays. Il y a même eu des assassinats d'opposants iraniens dans d'autres pays. Nous-mêmes, en 2018, nous avons déjoué une attaque qui était dirigée contre un congrès à Villepinte, qui a été organisé par les Moudjahdines du peuple, qui sont un courant de l'opposition iranienne.

Donc voilà, ce ne sont pas des sujets que nous découvrons. Que les choses soient claires, je veux rassurer nos auditeurs.

3:56
Présentateur

Mais c'est difficile à détecter quand on parle de jeunes qui n'ont en avoir.

3:59
Laurent Nuñez

C'est très difficile à détecter, évidemment. C'est pour ça que nous avons déployé un gros dispositif de sécurisation des sites qui sont susceptibles d'être visés, c'est-à-dire les intérêts américains, malheureusement les intérêts juifs,

4:11
Invité

ou ceux de l'opposition iranienne. Justement, vous parlez des intérêts américains. Les gardiens de la révolution iranienne ont menacé précisément hier de détruire les locaux de 18 entreprises américaines au Moyen-Orient en cas d'assassinat de tout nouveaux responsables. On vient de parler de Bank of America. Est-ce que vous craignez que les sièges français de Google, Apple et Meta puissent être particulièrement visés ? Est-ce que vous allez les protéger ?

4:29
Laurent Nuñez

Ce que vous appelez, nous, nous avons une liste de l'ensemble des intérêts américains sur le territoire national. Il y a des sièges d'entreprise. Effectivement, ils sont tous en ce moment sécurisés de manière dynamique. On n'est absolument incapable de prendre une protection statique. Et c'est ce qui s'est passé. Je vous renvoie à ce qui s'est passé dans la nuit de vendredi à samedi, où cette action violente a été déjouée. On reste évidemment, on reste sur nos gardes. Voilà, c'est les instructions que j'ai passées au préfet, aux responsables de police et de gendarmerie, partout sur le territoire national.

5:03
Présentateur

Combien de forces de l'ordre mobilisées pour cela ?

5:05
Laurent Nuñez

Ce sont les forces de l'ordre habituelles, dont les patrouilles, dont les actions sont orientées vers la protection de ces intérêts. Ce qui a augmenté, et je remercie encore la ministre des Armées, Madame Vautrin, c'est le dispositif Sentinelle qui a été augmenté. Même si on ne donne jamais le volume, je peux vous dire qu'on engage plus de militaires en ce moment sur ces missions de sécurisation.

5:24
Présentateur

Certains experts font le lien entre ces événements et la force Al-Quds, le service d'opération extérieure des gardiens de la révolution iranienne. Est-ce que c'est possible ?

5:35
Laurent Nuñez

C'est possible, mais encore une fois, franchement, il y a une enquête judiciaire en cours. Moi, je vous parle d'expérience. On sait que quand il y a des tensions avec l'Iran, ils sont en capacité de déclencher ce type d'action. Nous, on reste très vigilants. Après, établir une connexion, ça prend du temps. Ce sont des investigations judiciaires qui sont en cours.

5:55
Présentateur

Mais l'enquête progresse ?

5:56
Laurent Nuñez

Non, mais l'enquête, je n'ai pas habilité à parler de l'enquête. Elle est effectuée sous l'autorité du Parquet national antiterroriste. Les auteurs ont été interpellés. Il y a quand même cinq personnes qui ont été interpellées. Les investigations se poursuivent pour remonter autant que faire se peut aux commanditaires.

6:13
Invité

Vous nous dites ce matin, effectivement, la menace iranienne n'est pas nouvelle, mais elle semble se densifier. Est-ce que ce matin, vous nous dites que ce sont a priori des activistes des biens à faire peur ou à tuer ?

6:24
Laurent Nuñez

Il faut toujours rester prudent quand on parle de cela. Évidemment, et on a vu ce qui s'est passé aussi aux Pays-Bas, en Belgique, ce sont des actions qui sont menées la nuit, qui visent à créer des dégâts à des moments où les locaux sont fermés. On pourrait penser qu'évidemment, ces actions visent surtout à créer un impact psychologique et pas forcément à tuer.

Maintenant, une fois que je vous ai dit ça, les spécialistes du laboratoire central de la préfecture de police qui ont examiné l'engin qui a été déposé dans la nuit de vendredi à samedi, disent bien que dans un rayon de quelques mètres autour, cet engin explosif qui aurait causé des dégâts aurait aussi pu être létal pour quelqu'un qui passait à côté. Donc voilà, il faut rester très prudent et ce sont des engins qui peuvent effectivement donner la mort. Il faut l'avoir à l'esprit aussi.

7:08
Présentateur

C'est l'une des fêtes les plus importantes pour les Juifs, la fête de Pessar qui commence ce soir et jusqu'au 9 avril. Qu'est-ce que vous dites à la communauté juive aujourd'hui ? Vous avez dit que les intérêts juifs étaient visés. Est-ce qu'ils doivent avoir peur d'aller à la synagogue ou de fêter cette fête comme ils l'entendent ?

7:25
Laurent Nuñez

Non, ils le savent. Nous assurons une protection de l'ensemble des offices, une protection qui peut être dynamique, qui peut être statique, qui peut être mobile, qui peut englober plusieurs sites. L'ensemble des sites sont protégés. Je l'ai demandé aux préfets, mais qui connaissent ça par cœur, parfaitement. Indépendamment de ce qui se passe en Iran, il y aurait eu ce dispositif de protection des synagogues parce qu'on a une menace terroriste élevée, parce qu'on sait que les synagogues sont des cibles. Et chaque fête religieuse, donc là ce sera le cas pour Pessar, mais chaque fête religieuse est protégée. Évidemment, dans le contexte, on va être encore plus attentifs.

C'est ce que j'ai demandé aux préfets. Et chaque préfet, d'ailleurs, a des relations directes avec les responsables des différentes communautés pour préparer ses fêtes

8:10
Invité

dans le plus haut niveau de sécurité. Plus de dix ans après, les policiers de la BAC 75 sont intervenus lors d'un attentat du 13 novembre 2015 à Paris. Notamment au Bataclan, attendent toujours d'être décorés de leur intervention. Une cérémonie était prévue il y a quelques jours à l'hôtel de ville avec une remise de médaille de la ville de Paris, mais elle a été annulée. La mairie n'ayant pas eu de retour de votre ministère de l'Intérieur. Selon les informations ce matin de France Info, on écoute un membre de la BAC présent cette nuit-là au Bataclan, aujourd'hui retraité.

8:36
Locuteur non identifié

Ce jour-là, quand même, on rentre dans une zone de guerre sur un territoire national. Je pense qu'une décoration, c'est un remerciement de l'État par rapport à ce qu'on a fait nous. Ça me met énormément en colère et de l'amertume et si bien du ministère intérieur que de l'Élysée.

8:51
Invité

Est-ce que vous comprenez cette amertume ? Et pourquoi n'ont-ils pas été décorés dix ans après ? D'abord, je comprends évidemment l'amertume.

8:57
Laurent Nuñez

Ce n'est pas le sujet. Je ne veux pas donner le sentiment, à partir de cette demande de la BACN, que je comprends. Vous savez, la BACN, je la connais bien. J'ai été préfet de police pendant trois ans et demi, numéro deux de la préfecture de police pendant deux ans et demi. Je connais bien la BACN et je sais le travail remarquable qu'ils font et le rôle qu'ils ont joué ce soir-là. Et le rôle qu'ils ont joué ce soir-là, on le connaît. Il faut savoir que dans ce dossier, l'ensemble des intervenants, la plupart des intervenants pour le Bataclan ont eu la médaille de la sécurité intérieure qui a été donnée dans les mois, les années qui ont suivi.

Et puis, c'est posé ensuite la question à la demande du président de la République. Je veux le rappeler, à la demande du président de la République, c'est posé la question des ordres nationaux, c'est-à-dire l'ordre national numérique, la Légion de l'heure. C'est de ça dont on parle.

9:37
Invité

Et pourquoi ça a pris autant de temps ?

9:38
Laurent Nuñez

C'est de ça dont on parle. Il faut que nos auditeurs comprennent bien. Parce qu'il faut déterminer le rôle précis de chacun d'entre eux. Vous savez, ce soir-là, c'était compliqué. Donc, il y a tout un historique à reconstituer. Et à la demande du président de la République, il en avait pris l'engagement, il l'a fait, le 13 novembre dernier. Vous savez que les intervenants de la Bérie et du RAID, qui sont intervenus sur place, ont été décorés, ont eu des ordres nationaux. C'est une soixantaine de personnes.

Et en ce moment même, le président m'a demandé de travailler au cas par cas, donc en fonction de l'engagement des uns et des autres, pour les faire entrer dans les promotions classiques qui ont lieu, les promotions de l'art national du mérite et de la Légion d'honneur. Et nous y travaillons.

10:16
Présentateur

Donc, ils seront décorés prochainement ?

10:17
Laurent Nuñez

Et il y a bien le dossier d'un certain nombre de membres de la BAC, de la BAC Nuit 75, qui sont en cours d'examen. Je peux vous le confier. D'ici combien de temps ? Le président me l'a demandé, je le fais. Et comme, voilà, c'est un dossier que nous avons repris en main avec le président de la République pour être prêt pour le 13 novembre dernier, pour les 10 ans. Et ce dossier continue. C'est un dossier qui est encore vivant. Voilà. Mais il faut que vos éditeurs comprennent que c'est toujours très compliqué. Vous savez, vous avez eu ce soir-là beaucoup, beaucoup, beaucoup d'intervenants.

Il y a des membres de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris qui ont sauvé des vies, qui sont rentrés, qui ont extirpé des gens de ce théâtre. Et puis, vous avez effectivement la BAC Nuit qui est rentrée dans des conditions qu'on connaît, y compris avec son chef, qui a mis un terme, qui a neutralisé un des assaillants. Voilà. Donc, je suis bien placé pour savoir exactement ce qu'ont fait les uns et les autres. Et je peux vous assurer qu'on continue à y travailler. Moi, c'est ce que m'a demandé le président de la République. Voilà. Et on le fait. qu'à la prochaine, il y aura un certain nombre de personnes.

11:09
Présentateur

Dix ans après.

11:10
Laurent Nuñez

Oui, mais voilà. Mais vous savez, Agathe Lambret, c'est compliqué. Il faut établir leur rôle. Il y a des rapports qui sont établis. On instruit. Il y a la grande chancellerie aussi qui décide. Voilà. On vous entend. C'est applicable pour chacun. Même si ce qui a été fait ce soir-là, je le redis, ça a été vraiment héroïque et ça mérite le respect de la nation. Le 830 France Info.

11:31
Invité

Agathe Lambret, Paul Larouturou.

11:33
Présentateur

Avec Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, on parle du racisme qui a touché un élu LFI, Paul.

11:39
Invité

Vous avez annoncé hier, monsieur le ministre, que le gouvernement étudiait la possibilité de poursuite pénale dans l'affaire des propos racistes visant le maire LFI de Saint-Denis, Bailly Bagayoko. Est-ce que vous avez fini d'étudier la possibilité ? Est-ce que ce matin, sur France Info, vous nous annoncez une décision ? Est-ce que vous vous engagez ? Non, non.

11:56
Laurent Nuñez

On est toujours en train de regarder. D'ailleurs, le Premier ministre a aussi dit hier à l'Assemblée nationale que si monsieur le maire de Saint-Denis portait plainte, le préfet se porterait partie civile. Voilà, donc on est encore en train de... Je pense que ce qui est le plus important, c'était vraiment de condamner très fermement ces propos qui, encore une fois, sont ignobles. Ces comparaisons qui ne sont pas faites directement, qui sont faites indirectement de manière allusive. Mais enfin, voilà, ça nous... Moi, en tout cas, ça me paraissait assez clair. Il fallait le condamner très fermement, très fermement. Ensuite, évidemment, il y a les actions en cours.

Il y a une action aussi devant l'ARCOM qui a été engagée par un certain nombre de parlementaires à laquelle on va être très attentifs. Mais contre qui pourraient être ces poursuites pénales dans ce que vous examinez ? C'est contre ceux qui tiennent ce type de propos, très directement. Donc, les intervenants qui étaient sur ces lieux ? La responsabilité pénale, elle est individuelle. D'une part, ça, c'est le droit pénal. Et puis, vous avez ensuite des règles que je maîtrise moins, qui touchent à celles que gère notamment l'ARCOM et qui sont le fait pour une chaîne de tolérer ou pas la tenue de ce type de propos sur son antenne. Voilà.

Après, chacun est responsable de qui il invite et des propos qui sont tenus. Mais chacun aussi doit rendre des comptes le cas échéant. Voilà. Donc, on va être très vigilants là-dessus. Mais je crois qu'il fallait surtout condamner très fermement ces propos. Rappeler que, voilà, en France, quelles que soient nos origines, tout le monde a sa place. Et nous ne sommes critiqués ou remis en cause que par rapport à ce que nous faisons et rien d'autre, et pas par rapport à nos origines.

13:13
Présentateur

Vous avez été interpellé hier à l'Assemblée par Éric Coquerel, le président LFI de la Commission des Finances. Il est revenu sur le climat tendu depuis le second tour des municipales. Et le fait que les insoumis ont été pointés du doigt par le gouvernement, on l'écoute.

13:25
Locuteur non identifié

Cette campagne contre ces nouveaux maires et leur soutien fustigé pour quelques haies, pourtant si fréquente en France lors des soirées électorales, c'est du racisme. Sédicieux aurait osé le président Macron. Abject, a dit M. Attal. Oui, les rappels alors des ministres d'Unaise, Amiez et Berger, c'est du racisme.

13:43
Présentateur

Il vous cite, nommément, est-ce que vous en avez trop fait sur ce sujet des violences ?

13:48
Laurent Nuñez

Je n'ai pas du tout aimé le ton et le raisonnement intellectuel du président Coquerel. Donc, je n'ai pas du tout aimé. J'ai trouvé que Stéphane Peu, dans sa question, était beaucoup plus modéré. Je n'ai pas aimé le ton parce qu'il laisse entendre que finalement, parce qu'on a fait des rappels à l'or, des rappels à la règle, à la mairie de Saint-Denis, dont le maire avait tenu un certain nombre de propos qu'il pouvait laisser à penser qu'il avait l'intention de prendre une certaine distance par rapport à l'application des lois républicaines. Je note que depuis, il a un peu rétropédalé. Je m'en réjouis. Moi, comme ministre de l'Intérieur, que je rappelle ce que sont les règles, c'est normal.

Oui, c'était notamment sur les agents municipaux. Comme ministre de l'Intérieur, que je rappelle les règles, c'est normal. Mais le raisonnement de M. Coquerel, c'était de dire finalement, si on en est arrivé aux déclarations qu'il y a eu sur CNews, c'est parce que vous avez à peu près préparé le terrain, vous avez allumé la mèche. C'est pour faire simple. C'est un peu ce qu'il disait. Évidemment non. Évidemment non. Je regrette qu'il ait posé cette question avec un ton qui était très véhément. Mais je lui ai répondu. Et puis ensuite, le Premier ministre l'a fait avec beaucoup de fermeté, de clarté, il me semble.

14:46
Présentateur

À propos de ces violences de CUA, Emmanuel Macron aussi est allé jusqu'à déclarer en Conseil des ministres qu'il n'y a pas de sédition possible dans les communes de la République. En revanche, il n'a rien dit officiellement sur le racisme dont est victime Badi Bagayoko. Est-ce qu'il y a un deux poids, deux mesures ?

15:01
Laurent Nuñez

Non, il n'y a pas du tout deux poids, deux mesures. D'abord, le Président de la République a prononcé les propos qu'on lui prête en Conseil des ministres à partir d'un certain nombre de déclarations qui avaient pu être faites, qui visaient les agents municipaux. On avait le sentiment que certains pouvaient passer à la trappe parce qu'ils n'avaient pas participé aux projets politiques d'un certain nombre d'élus. C'était choquant. Il fallait rappeler ce qu'était le statut de la fonction publique territoriale. C'est ce que voulait dire le Président. On rappelle les règles de la République partout sur le territoire national. Et il n'y a pas deux poids, deux mesures.

Le Président de la République n'a plus la démonstration à faire de ce qu'est son engagement dans la lutte contre le racisme. Franchement.

15:35
Présentateur

En tout cas, s'agissant des huées, ça a toujours existé dans la République. On se rappelle notamment de Valéry Giscard d'Estaing. Huée a son départ de l'Elysée en 1981. Est-ce que c'est différent aujourd'hui pour vous ? Et est-ce que ça vous inquiète à un an de la présidentielle ?

15:50
Laurent Nuñez

Je vais vous dire les choses. Vous avez raison. Dans les années 70-80, quand des communes basculaient, il y avait aussi, tout le monde s'en souvient, dans le soir de la proclamation des résultats, il pouvait y avoir des huées, des manifestations de joie. Là, ces images, étaient un peu différentes parce qu'on avait des élus qui étaient entourés. Il fallait qu'ils soient escortés par la police municipale pour sortir de la salle. Ce n'était pas tellement acceptable. Ce qui a choqué, finalement, c'est un tout. Ce n'est pas que cette sortie d'élus qui était sous les huées. On a eu une campagne qui a été très difficile.

Les élections matériellement, j'en remercie encore l'ensemble des agents du ministère de l'Intérieur, l'ensemble des élus locaux, sont bien passées. Mais la campagne, elle a été dure. Elle a été maillée d'incidents. Elle a été maillée d'incidents. On a 130 faits judiciarisés. On a eu des meetings qu'il s'agisse de la France insoumise ou du Rassemblement national qui ont été ciblés ou des militants ont tenté de les empêcher. La campagne a été électrique. Et donc, c'était presque un peu la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. C'est muet le soir des élections. Ça nous a fait dire que cette campagne, elle s'était déroulée dans un climat délétère. Voilà ce qu'on dénonce, évidemment.

16:52
Invité

Pardon. Vous avez fini votre réponse ? Non, je vous ai eu. Alors, thème suivant. Neuf mineurs de 14 à 16 ans ont été interpellés placés en garde à vue hier après le saccage vendredi dernier de la mairie de Fresnes dans le Val-de-Marne. Un saccage visage masqué à la veille de l'installation du nouveau maire LR. Est-ce que vous savez déjà pourquoi cette mairie a été visée ? Oui. Alors, d'abord,

17:10
Laurent Nuñez

je termine finalement ma réponse parce que je me rends compte que je ne vous avais pas répondu. Vous-même, vous n'aviez pas terminé votre question, mais je l'ai bien comprise. Oui, on est inquiets pour la présidentielle, évidemment.

17:19
Invité

Oui, un an avant. Qu'est-ce que cette campagne des municipales dit de la présidentielle ?

17:23
Laurent Nuñez

Dans ce climat-là, on est un peu inquiet. Il y a des antagonismes importants. La radicalité dans le verbe politique, on la retrouve malheureusement parfois dans la rue ou dans la contestation de meetings ou dans la prise à partie d'un certain nombre d'élus.

17:36
Invité

Une inquiétude pour la présidentielle.

17:37
Laurent Nuñez

Et d'inquiétude forcément. Le niveau d'atteinte aux élus depuis 2023, il reste à un niveau très élevé. Il y a des élus

17:43
Présentateur

qui sont protégés aujourd'hui.

17:44
Laurent Nuñez

2 500 faits en 2025. C'était le même nombre 2024. On va rester très attentifs. Oui, pendant la présidentielle, traditionnellement, les candidats bénéficient de protection, ce sera le cas.

17:54
Invité

Et là, le maire de Saint-Denis est sous un déluge d'insultes racistes à la mairie, au standard, le standard téléphonique. Est-ce qu'il faut le protéger ? Est-ce que vous songez à le protéger ?

18:03
Laurent Nuñez

Alors, s'il le demande, on va évaluer. On évalue toujours. C'est comme ça que ça se passe. On évalue le niveau de menace et on peut mettre en passe une protection personnelle. Je ne crois pas que ça en soit à ce niveau-là. Mais en tout cas, les effectifs de la préfecture de police qui travaillent en Seine-Saint-Denis seront évidemment extrêmement attentifs. Et nous, on se tient à sa disposition s'il se sentait menacé pour le protéger, comme on le fait pour tous les élus de la République. Il y a tout un dispositif qui a été mis en place depuis 2023, puis loin en 2024, qui vise notamment d'abord à durcir les sanctions quand on se prend un élu.

Une action violente contre un élu est beaucoup poussée à l'empunie. Et il y a des dispositifs d'alerte qui, évidemment, peuvent être mis en place, le concernant, comme pour tous les élus de la République. Et pour ce qui est de Freyne, il faut rester très prudent. Alors justement,

18:46
Présentateur

Freyne, pourquoi ces jeunes, d'ailleurs ça frappe, des jeunes de 14 à 16 ans qui ont été interpellés, pourquoi ils s'en sont pris à cette mairie ? Est-ce qu'ils voulaient intimider le maire, les Républicains ?

18:55
Laurent Nuñez

Je pense qu'il faut rester très prudent. J'ai entendu les commentaires qui ont pu être faits immédiatement après cette intrusion violente. Voilà, je crois qu'il faut rester très prudent. Il y a une enquête en cours. Vous en notez que moi-même, je suis resté très très prudent. J'ai condamné évidemment fermement cette attaque vous rentrez dans une mairie, vous commettez des dégradations. C'est une atteinte à la République. Mais il faut rester très prudent sur les mobiles qui peuvent être liées à des pousses très locales, à des prises à partie peut-être de policiers municipaux, de policiers nationaux. C'est peut-être une riposte. En tout cas, ce n'est pas acceptable.

Voilà, ça, ça n'est pas acceptable.

19:28
Présentateur

On vous entend. Laurent Nia, il y a juste une question sur Bali Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis. Il a dit qu'il voulait désarmer progressivement la police municipale, à commencer surtout par le LBD, le lanceur de balles de défense, donc une arme intermédiaire. Dans une ville comme Saint-Denis, privez les policiers de LBD. Est-ce que ça vous inquiète ? Est-ce que vous allez pouvoir travailler avec cet élu, d'une maire très importante dans le dispositif, souvent en termes de sécurité, d'une commune, pardon, Saint-Denis, où il y a notamment le stade de France ?

19:59
Laurent Nuñez

Oui, c'est-à-dire que vous posez la bonne question, en fait. Une fois qu'on a passé des armes, je retire progressivement les armements de la police nationale. Bon, ça, c'est une décision souveraine. C'est la libre-administration des collectivités locales. Il faut le respecter. Moi, à titre personnel, je pense que les policiers doivent être armés, y compris de LBD, puisque c'est une arme intermédiaire qui permet notamment de maintenir à distance. Et donc, voilà, dans un contexte de violence urbaine ou de prise à partie tout simplement des policiers, c'est une arme extrêmement importante.

Après, le plus important, j'ai envie de dire que ce n'est pas que ça le plus important, et vous l'avez rappelé, et je rebondis sur ce que vous dites. Une police municipale, ça travaille avec la police nationale. Il y a des coopérations, il y a des dispositifs qui se montent en commun, il y a des échanges permanents dans le cadre, d'ailleurs, de conventions entre les mairies et l'État. Et à Saint-Denis, cette convention, elle est hyper importante parce que, vous l'avez dit vous-même, on a, par exemple, le Stade de France.

On a beaucoup d'équipements à Saint-Denis et la coordination entre la police nationale et la police municipale, c'est extrêmement important et on sera attentifs à l'évolution ou pas des excellentes relations que nous avons avec la police municipale, que nous avions avec la police municipale de Saint-Denis et j'espère vraiment

21:01
Invité

qu'elles vont perdurer. Monsieur Nunez, vous avez présenté la semaine dernière votre projet de loi Riposte pour lutter notamment contre le phénomène du protoxyde d'azote qui fait des ravages chez les jeunes. En une phrase, s'il vous plaît, pour qu'on ait le temps de vous poser la question qui, quelles consignes vous donnez aux policiers concernant ce que certains appellent à tort le gaz hilarant ? Les mêmes, le contrôle,

21:21
Laurent Nuñez

sur la voie publique, contrôle de sites qui ferment. La nuance qui va changer, c'est qu'on crée trois nouveaux délits et là actuellement, ils ne peuvent pas réprimer à juste niveau comme ils le devraient ce type d'infraction et c'est pour ça qu'on crée trois nouveaux délits. Le transport sans motif légitime, la conduite sous l'empire du protoxyde d'azote et puis évidemment, évidemment la consommation.

21:41
Présentateur

Laurent Nunez, vous êtes ministre de l'Intérieur depuis cinq mois et c'est le moment de la question qui, la question qui réveille la nuit. Beauvaux, c'est le lieu où remontent toutes les horreurs, toute la noirceur du pays. Bruno Retailleau, votre prédécesseur, y a été confronté avant vous. On l'écoute dans le podcast France Info dans les yeux d'Agathe.

22:01
Locuteur non identifié

Dès six heures du matin, on a un centre de veille qui nous fait le compte-rendu des choses les plus abominables qui se sont passées dans la nuit. Et c'est sans doute, c'est vrai, ce qui est le plus dur, ce qu'il faut mettre à distance.

22:11
Présentateur

Est-ce que vous arrivez à mettre à distance toutes ces horreurs ou est-ce que ça vous réveille la nuit, ça vous hante ?

22:16
Laurent Nuñez

Alors je vous confirme ce que dit Bruno Retailleau, évidemment, oui, et on continue en fait. On continue, mais à six heures, il y a le point des faits les plus marquants de la nuit. Ce sont généralement des horreurs, évidemment. Ce sont des faits graves. Voilà, moi, je ne mets pas de distance parce que je considère que chacun le vit à sa façon.

22:38
Présentateur

Ça vous touche ? Vous voulez dire que ça vous touche ?

22:39
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr, ça me touche énormément, mais je suis aussi un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur. Ça fait 15 ans que je suis sur ces sujets de sécurité, pardon, 18 ans. Et donc je les connais, malheureusement. Je ne vais pas dire qu'on s'habitue. On ne s'habitue jamais à ça, mais je les prends beaucoup plus sereinement et je prends toujours évidemment le temps de l'analyse. Mais voilà, il me semble que j'ai un peu plus de sérénité, je suis moins surpris, mais ce n'est pas rassurant. Ce que je dis n'est pas rassurant.

Voilà, on ne s'habitue jamais à cela, on ne s'habitue jamais à cela, mais je le prends avec un peu plus de sérénité liée à mon expérience et au fait que ça fait maintenant plusieurs années que moi, j'ai des files d'actualité. Je les ai comme préfet de police, je les ai eus comme directeur général de la sécurité intérieure avec les faits les plus graves, évidemment. Merci. Avec les faits les plus graves.

23:19
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Nunes. Merci, Paul.

23:21
Laurent Nuñez

À demain.

23:22
Présentateur

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Attentat déjoué à Paris, violences contre les élus... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Nuñez — Laurent Nuñez · Pourquijevote