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interviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 9 juin 2026 6 min

L'invitée d'Apolline Matin : Céline Thiébault-Martinez - 09/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC. Quelle réponse après la mort de la petite Liana ? Faut-il changer la loi ? D'un côté, il y a le gouvernement qui se réunit encore ce matin pour apporter, disent-ils, des mesures utiles et efficaces. Et puis de l'autre, il y a les députés, dont vous, Céline Thiebaud-Martinez. Bonjour. Bonjour. Vous êtes députée socialiste de Seine-et-Marne. Vous avez lancé un appel hier aux côtés de la présidente de l'Assemblée nationale, Yann Brun-Pivet, pour relancer votre proposition de loi. Elle est déjà prête. Elle était dans un fond de tiroir. Elle dormait depuis quelques temps parce que personne n'avait voulu s'en emparer. Votre proposition de loi, c'est celle qu'on dit intégrale.

Intégrale contre les violences sexuelles. Il y a quoi dans votre loi ?

0:42
Céline Thiébault-Martinez

Alors, notre loi, déjà, elle est dite intégrale parce qu'elle embrasse tout un tas de sujets, tout un tas d'environnements dans la société, parce que toute la société est touchée par les violences faites aux femmes et aux enfants. Donc, dans notre loi, il y a un certain nombre de choses, notamment une réorganisation de notre système judiciaire avec des juridictions spécialisées, des juridictions qui sont dédiées à la lutte contre les violences faites aux enfants et faites aux femmes. Il y a aussi un volet qui est consacré à la protection de l'enfance pour tous les enfants, quels qu'ils soient, victimes de violences, pour les protéger aussi de ces violences.

Et puis, il y a un volet sur les violences sexistes et sexuelles au travail, dans l'environnement éducatif, notamment dans l'enseignement supérieur. Un chapitre sur la santé, avec des aspects sur les violences obstétricales et gynécologiques. Donc, on embrasse vraiment un certain nombre de sujets qui concernent le quotidien des enfants et des femmes.

1:34
Présentateur

Et c'est d'ailleurs une proposition de loi transpartisane. Elle est soutenue dans différentes familles politiques. Pour qu'elle revienne à la une de l'Assemblée nationale, pour qu'elle soit à l'ordre du jour, ça dépend de qui et de quoi ?

1:47
Céline Thiébault-Martinez

Alors, aujourd'hui, et c'était le sens de la conférence de presse que nous avons tenue hier à l'Assemblée nationale, notre objectif, c'est qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, pour qu'elle puisse être examinée par le Parlement.

Et compte tenu de l'importance de cette loi, parce que comme elle est intégrale, elle comporte beaucoup d'articles, 79 articles, ce qui est conséquent pour une proposition de loi, nous souhaitons, et c'était le sens de la conférence de presse d'hier, nous souhaitons que le gouvernement prenne sur son temps législatif, sur son temps parlementaire, qu'il prenne le temps d'inscrire ce texte pour que nous puissions l'examiner dans de bonnes conditions. Quand vous dites intégrale, est-ce que ça veut dire qu'au fond, on ne peut pas en prendre un morceau ?

2:26
Présentateur

Il faut l'apprendre en entier ou pas ? Et dans ce cas-là, quand vous dites qu'elle est importante, elle est aussi importante en termes de budget. Si l'intégralité de votre loi intégrale était mise en œuvre, c'est 2,7 milliards d'euros ?

2:39
Céline Thiébault-Martinez

Oui, c'est ça. La loi intégrale telle qu'elle est aujourd'hui, et avec un certain nombre d'autres mesures proposées par les associations enfantistes et féministes, elle est estimée à 2,7 milliards d'euros. Ce chiffre peut paraître conséquent, mais les violences en France coûtent chaque année plus de 90 milliards d'euros. Et on voit bien avec l'affaire... C'est-à-dire ? C'est-à-dire que si elles ne sont pas traitées ? C'est le cas aujourd'hui. Voilà, c'est l'estimation qui est faite.

Et on voit bien avec l'affaire Liana, qui est une affaire parmi d'autres malheureusement, on voit bien que cette affaire, elle a des impacts absolument énormes sur l'ensemble de la société, sur la famille de Liana bien sûr, mais aussi beaucoup plus largement, parce qu'il ressort des éléments dont on dispose aujourd'hui, que l'auteur présumé n'est pas à sa première agression, n'est pas à cette première affaire, et que s'il y avait eu des traitements, s'il y avait eu une prise en charge beaucoup plus en amont, peut-être en effet que cette affaire n'aurait pas eu lieu. Personne ne peut le dire, mais en tout cas, on peut imaginer que les choses auraient été différentes.

3:40
Présentateur

Vous, vous plaidez donc pour cette loi, mais lorsque l'on regarde ce qui a en effet dysfonctionné, si on reprend les mots du gouvernement, dans l'ensemble de la chaîne à la fois judiciaire, mais aussi de signalement, vous parliez de la protection de l'enfance, l'une des petites filles qui dit avoir été victime de ce Jérôme Marella, c'est une petite fille placée à l'aide sociale à l'enfance, qui s'est plainte auprès d'une de ses animatrices au sein du foyer, qui a pris en compte sa parole, qui a fait un signalement, le signalement aussi de l'article 40. Au fond, il y a eu des plaintes, il y a eu des manifestations, il y a eu des paroles, mais rien n'a été suivi de fait.

Une loi, très bien, mais est-ce qu'en attendant, simplement appliquer ce qui devrait exister, c'est-à-dire un signalement est fait, eh bien il doit être suivi de conséquences, ça ne serait pas déjà pas mal ?

4:30
Céline Thiébault-Martinez

Alors oui, ce serait déjà bien. La situation à laquelle on est confronté, et je pense que c'est en ça que la loi intégrale, elle peut permettre de passer un saut, de sauter le gap, c'est que depuis MeToo, depuis les travaux de la civise, on a dit aux femmes, on a dit aux enfants victimes de violences, parlez, dites-nous ce qui vous est arrivé, on vous croit, exprimez-vous. Le sujet que nous rencontrons aujourd'hui, c'est qu'on voit bien qu'on n'a pas fait à la suite de l'expression des victimes.

4:58
Présentateur

Donc ça, ça a été fait, c'est-à-dire qu'il parle, en tout cas, quand on regarde ce qui s'est passé, une petite fille de 7 ans qui a d'abord porté plainte contre Jérôme Barrella, plainte qui a été classée sans suite, une petite fille de 9 ans, Rosa, une autre petite fille, comme je l'évoquais, placée à l'aide sociale à l'enfance, Liana elle-même, qui après une soirée pyjama s'est plainte à ses parents, ou à trouver étrange, ou en tout cas à exprimer l'idée qu'il avait voulu lui faire des chatouilles. Tout cela, ça a été exprimé. La question, c'est qu'est-ce qu'on en fait ?

5:26
Céline Thiébault-Martinez

Oui, c'est ça. Et le sujet aujourd'hui, c'est comment notre système, alors que ce soit le système judiciaire, mais la société de manière générale, est en capacité d'accueillir la parole des victimes, et est en capacité de la traiter comme elle se doit. On ne peut plus être dans une sorte de position de repli ou de protection, où on aurait d'un côté la parole d'un auteur présumé, et la parole d'un enfant avec cette espèce d'équilibre. Oui, mais est-ce que l'un ment ? Est-ce que l'autre dit la vérité ? Et ça, aujourd'hui, on voit bien que ça nous impuissante, et on doit admettre l'idée que dès qu'il y a une expression, il faut prendre des mesures.

6:00
Présentateur

Merci beaucoup Céline Thiebo-Martinez d'être venue défendre le retour de votre proposition de loi à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Vous êtes députée socialiste de Seine-et-Marne, cette loi dite intégrale pour lutter contre toutes les violences sexuelles et sexistes. Ne manquez pas à 8h30 le face-à-face. Mon invité, ce sera justement le patron des députés LR. Est-ce que le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, soutiendra le retour de votre loi ? Je lui pose la question, bien sûr, à 8h30.

L'invitée d'Apolline Matin : Céline Thiébault-Martinez - 09/06 — Céline Thiébault-Martinez · Pourquijevote