9 centimes pour les éboueurs... 145 milliards pour le CAC40 !
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Bonsoir François Ruffin. Bonsoir. Pourquoi je vous dis bonsoir ? Pourquoi il est 9h20 ? Est-ce que la nuit est tombée depuis dimanche ? Et joyeux Noël. En fait c'est ça, c'est que je suis fatigué déjà. À 9h22 j'ai envie de me coucher. François Ruffin, député en campagne pour sa réélection du côté de la Somme. Finalement vous allez être sauvé par les électeurs de Macron ?
Écoutez, rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni ses électeurs. Donc on verra ce qui se passe dimanche soir. Maintenant je pense que la grande question, elle a été posée par votre auditeur tout à l'heure, c'est pourquoi on en est là ? Et la meilleure séquence politique que j'ai vue, moi c'est sur ce plateau, et c'est Joël Dago qui interpelle il y a une recuvée en disant « Qu'est-ce que vous avez fait de la France ? » Et je dirais que ce qui se produit aujourd'hui dans un coin comme le mien, la Picardie avec 6 députés Rassemblement National élus dès le premier tour, c'est annoncé, c'est pas un coup de tonnerre, bien au contraire. C'était prévu, c'était attendu.
Pourquoi ? Parce qu'on a Emmanuel Macron qui est sorti quand même sans panache de la dernière élection présidentielle, après déjà on avait traversé la crise des Gilets jaunes, on avait traversé la crise Covid, il n'a pas de majorité à l'Assemblée, et il décide à la place de gouverner le pays, je veux dire avec modération, avec mesure, avec prudence, de passer avec force et arrogance par-dessus le pays, avec notamment la réforme des retraites. 8 salariés sur 10 y étaient opposés, tous les syndicats unis, une majorité de députés vraisemblablement aussi à l'Assemblée, et ils passent en force là-dessus. Ça fait des dégâts, ça fait des dégâts immenses dans le pays.
Donc moi je viens ici pour demander comment on apaise, comment on répare, et comment on sort de la brutalité, pour je dirais presque, à portée de la tendresse aux Français. Voilà, je pense que les Français ont besoin d'être gouvernés avec affection, avec tendresse, plutôt qu'avec...
D'accord, d'accord avec le constat que vous faites, mais pardon, pour faire barrage au RN, vous êtes obligés de mettre en place une alliance contre nature avec des gens que vous venez de dénoncer. Vous parlez de la réforme des retraites, vous parlez de ce qui s'est passé depuis 7 ans dans le pays, et on demande aux électeurs finalement de tout oublier, parce qu'il y a un péril plus grand, c'est le Rassemblement National. Est-ce que vous êtes sûr que ça va marcher ?
J'en sais rien, vous savez, et je ne viens même pas pour parler de ça. Moi je viens pour parler aux gens, c'est des gens qui sont au bout du téléphone, de la radio. Et qu'est-ce qu'on leur dit ? Est-ce qu'on leur parle de petites boutiques, où on leur dit voilà comment on peut réparer le pays ? Je vous pose là trois mesures sur la table, qui répondent pour moi aux trois moments où on avait déjà un pays qui allait mal avant Emmanuel Macron, il ne s'agit pas de tout lui mettre sur le dos, mais qui ont été des moments supplémentaires de déchirement.
Le premier moment c'est la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, pendant qu'à l'époque on voulait mettre la CSG sur les retraités, les APL, la suppression des contrats aidés. Bon, le deuxième moment de tension c'est les gilets jaunes. Le troisième moment de tension c'est les retraites. Je pense qu'il faut trois mesures qui répondent à ça pour au moins éteindre l'incendie. La première c'est donc un retour d'un impôt sur la fortune qui rétablit un sentiment de justice fiscale dans notre pays.
Le deuxième, et manifestement il y a une demande démocratique qui émerge dimanche soir, c'est de dire qu'une demande des gilets jaunes était le référendum d'initiative citoyenne, on doit le mettre en œuvre et on doit le mettre en œuvre apprément. Et enfin, troisième point, abrogation de la retraite à 64 ans. Pour faire quoi ? Déjà pour dire que cette mesure, on l'a passée en force en paix. Pour bien la réforme des retraites ? Non, ce n'est pas nécessaire. Pour bien financer le système ? Là de toute façon, le système, on y dit soit qu'il n'est pas financé, soit que les économies qui ont été faites sont mineures.
Ce n'est pas pour des raisons financières qu'on a fait cette réforme des retraites. Ce n'est pas pour des raisons financières qu'on a fait cette retraite. C'est pour avoir un signal politique. Le signal politique a été reçu à 100% par les Français et ça a été une tension supplémentaire entre les gens et les dirigeants.
Mais vous parlez de tendresse, il faut gouverner l'affection. Pardon, mais moi j'ai vu vos collègues, pas tous, mais certains à l'Assemblée nationale pendant quelques années, ce n'était pas très affectueux, ce n'était pas très tendre. Ça se parle mal, c'est très agressif, on est dans une opposition de combat très dure. Donc c'est une autocritique que vous faites ?
Vous constaterez que dès mon élection de 2022, ayant ressenti ça, parce que vous savez quand vous mener une campagne, ce sont des centaines et des milliers de portes que vous ouvrez, ce sont des centaines de petites conversations que vous avez, c'est comme un sondage géant que vous effectuez. Ayant senti la tension dans le pays, vous aurez constaté combien j'ai changé de ton, parce que c'est un signal d'alarme, que j'ai voulu lancer en disant, je vous écris du front de la Somme pour prendre la mesure de ça, et de dire, il faut passer du bruit à la fureur, à la force tranquille, il faut passer de la division au rassemblement.
Mais plus vous changiez de ton, plus vous obteniez d'ailleurs une sorte de stature qui, à mon avis, à gauche, faisait de vous quelqu'un d'absolument pivot pour réorienter une vraie gauche qui renoue avec cette gauche républicaine et cette gauche ouvrière qui a complètement déserté le peuple. Plus de l'autre côté, vos collègues insoumis, je ne sais même pas si c'est encore vos collègues d'ailleurs, sont délirants, ont même passé quasiment le Rubicon depuis le 7 octobre, et vous n'avez pas franchi ce Rubicon, mais eux l'ont franchi, non seulement dans l'outrance, mais dans l'abjection. Moi j'ai simplement une question, M.
Ruffin, parce que je sais à la fois votre honnêteté, votre sens de la République, comment vous avez supporté à 20h15 dimanche de voir apparaître Jean-Luc Mélenchon flanqué, bien sûr, de M. Bompard, dont on sait à quel point il vous adore, et Mme Rima Hassan, qui d'ailleurs est députée européenne, donc n'avait rien à faire là, fichu de son quai fié sur les épaules. Quel rapport ça a avec le combat de la gauche que vous incarnez ? Est-ce qu'il n'était pas tant, déjà il y a quelques mois, voire années, de rompre avec cette famille politique ?
Écoutez, je m'exprimerai avec clarté sur tout ça quand le match sera terminé. Je suis sur le terrain, je mène le match. Mme Lefebvre, vous savez que nos désaccords avec Jean-Luc Mélenchon sont connus, ils sont profonds, à la fois sur le ton et sur le fond, mais ce n'est pas le moment. Donc là, je mène le match, je mène le match jusqu'au dimanche soir, et dimanche soir, on verra qu'il y ait une défaite ou une victoire, c'est au peuple d'en décider, au peuple de la somme de mon coin d'en décider, mais il y aura des leçons à tirer de ce qui s'est passé depuis deux ans.
Vous pourrez donc siéger sans étiquette ?
Pour une fois, je n'ai pas fait. Je suis de gauche, de toute façon. Moi, ma famille, c'est la gauche.
D'accord, mais vous siégerez à gauche sans étiquette.
Je ne peux que saluer et dire parfait à la réponse de François Ruffin à l'instant. Et se comporter en rugby, mais on a un match à mener, on a un match à gagner, et tant qu'on n'est pas arrivé à la dernière minute, ce match n'est pas terminé.
Et donc, systématiquement, montrer une partie du nouveau front populaire, pour dire il faut les écarter, il faut les écarter, il faut les écarter, et pour justifier, parce que soit un peu en adéquation avec tes idées, on gagnera du temps, pour justifier la venue, pour justifier la venue, pour j'acheter, pour justifier, et je te parle avec le temps que je veux, pour justifier la venue du Rassemblement Nationale, pour s'apaiser, nous avons besoin du Rassemblement Nationale, pour s'apaiser, et d'appliquer les grandes gueules apaisées aussi. Mais gagne du temps, gagne du temps, et soit en adéquation avec tes idées.
Je n'ai pas d'injonction, dis-donc, de tes idées, je le respecte, je le respecte, tu respectes tes niènes.
Non, mais d'accord, mais ce n'est pas agressif de dire ça. Si, si, je dis ce que je veux.
Ce n'est pas agressif de dire que tu sois en adéquation avec tes idées, quoi. Non, mais chacun a droit de dire ce qu'il veut, Jérôme, il n'y a pas le camp du bien, le camp du mal dans les grandes gueules, chacun doit s'exprimer. Mais ce n'est pas un camp du bien, un camp du mal. Non. C'est-à-dire qu'à l'heure, quand tu favorises la venue du Rassemblement Nationale au pouvoir, tu es pour le Rassemblement Nationale. Je ne favorise rien, je suis comme le Renaud Lemaire, ne t'en déplaise, je considère...
Non, non, je considère, excuse-moi, que les Alma Dufour, que les David Guiraud, que les Emeric Caron, que les Boyard n'ont rien à faire là, ils ne sont pas républicains. Mais nous sommes d'accord, monsieur, tu le sais. Et vous dis bonjour, Emeric Caron, il était allé au premier tour. Bruno Pensey, question à François Ruffin. Emeric Caron, qui n'a jamais rien fait pour les animaux. Qu'il y a eu, François Ruffin. Alors moi, quand j'ai une question à poser à François, je lui fais directement, mais moi, je trouve que ce qu'il vient de dire est vrai, en fait.
En fait, quand tu tournes un peu, moi, je tourne pas mal en France pour plein de sujets, et quand tu tournes un peu, tu sens ce truc-là, ce fait qu'à un moment donné, les gens, ils ont été tabassés.
Et quand je te dis, moi, j'étais avec un gilet jaune tout le week-end, là, on était à Londres ensemble, et il m'a dit, on a été tabassés, et en fait, alors pas uniquement physiquement, parce que ça, c'était vrai, mais ils ont été maltraités, et aujourd'hui, quand tu parles un peu du vote avec lui, il te dit, mais à un moment donné, droite-gauche, on a pris des coups, et donc, il a fallu que tout le week-end, je discute avec lui pour expliquer que le RN, ça allait pas être non plus la panacée pour lui, et que c'était peut-être pas ça.
Je sais pas ce qu'il a voté dimanche, vu qu'il a fait une procuration, mais je me dis qu'à un moment donné, le discours de François d'être entendu de dire, bon, il faut qu'on pense aussi à l'après. François, il a son combat à gagner, ça c'est clair, j'espère qu'il gagnera, parce que pour nous, pour tous les gens qui ont un peu encore des idées de gauche ou d'extrême-gauche, la présence de François sans les nationales, et qu'il l'a dit lui-même, d'une présence apaisée comme il l'avait, elle est pour nous nécessaire, elle est même vitale. Mais par contre, à un moment donné, ouais, il va falloir qu'on pense un peu à l'après, et l'après, pour certains, l'après, ça va être le chaos.
Et quelle que soit la couleur, ça va être le chaos. Et pour d'autres, il va falloir quand même qu'on rabiboche un peu les Français en preuve.
D'accord, mais moi je voudrais revenir quand même sur le vote de dimanche. Ce qui est intéressant de voir, c'est la carte électorale. Et de voir, par exemple, dans le bassin minier, où Fabien Roussel a été battue dès le premier tour, il n'y a plus un seul élu de gauche. De voir que, finalement, aujourd'hui, le vote de la gauche se concentre essentiellement en métropole, dans les quartiers, mais assez peu ailleurs. Et donc ça, il y a quand même, pardon, à un moment donné, la gauche qui doit se regarder et dire, « Mais qu'est-ce qu'on a loupé ? Pourquoi, depuis des années, ces gens-là nous ont tourné le dos, en quelque sorte, alors que c'était notre électorat ? »
Vous savez, c'est trop chaud que j'ai fait un livre entier, je vous écris du Front de la Somme, qui sonnait l'alarme là-dessus, en se disant « Est-ce qu'on a une stratégie Terra Nova qui fait qu'on cumule les diplômés du centre-ville avec la jeunesse des quartiers populaires ? » Et tant mieux, il faut les avoir. Mais est-ce qu'on cherche à avoir aussi la France des bourgs qui s'allie à la France des Tours ou pas ? Manifestement, ce qui a été fait depuis deux ans ne répond pas du tout à cette attente. Moi, je veux vous dire, toujours pour reprendre la remarque de Jean-Christophe, pourquoi on en est là ? Les gens ont des vies dures et des vies qui se durcissent. Je donne un exemple.
Les éboueurs sont en grève par chez moi. Pourquoi ? Parce que quand on les écoute, ils me montent leur téléphone, c'est le crédit agricole qui, tous les 6 du mois, les informe qu'ils sont à découvert de 650 euros, alors qu'ils ont un découvert autorisé de 400 euros. Parce que c'est un père célibataire avec deux enfants qui est obligé de demander à sa mère ou à sa famille une rallonge pour pouvoir terminer le mois. Et ce sont des gens qui travaillent, ce sont des gens qui se lèvent tôt, qui vont au boulot, qui ont mal au dos, qui ramassent nos poubelles, et c'est comme ça.
Et non seulement, déjà, leur vie est dure, mais là, on vient leur dire, réduction de budget, la commune est endettée, donc on va venir vous gratter 100 à 200 euros là-dessus. Ça produit quoi ? Ça produit deux choses. Ça produit quelque chose qui se restreint sur le plan matériel, comment on peut vivre, comment on peut offrir des activités à ses enfants, comment on peut partir en vacances, mais ça produit autre chose qui est, de l'ordre spirituel, un sentiment d'humiliation. C'est un éboueur qui me dit, on me propose 9 centimes de plus, c'est comme si on me crachait à la gueule. Et donc voilà. D'accord, mais...
Et donc, ben voilà. Oui, mais quand je regarde le programme, pardon, du nouveau front de gauche, d'accord, il faut donner de meilleurs salaires, il faut dépenser plus socialement, mais la France est déjà très endettée, on fait partie des mauvais élèves européens, et ce que vous proposez, c'est encore plus de dépenses ? Certains disent que ce programme est inapplicable. C'est un programme pour faire plaisir, alors 1 600 euros le SMIC, la retraite à 60 ans, mais c'est un programme inapplicable. Que répondez-vous à ça ?
Je dis d'abord, monsieur Truchot, que ces gens-là, ces gens qui travaillent, cette France qui flève tôt, elle doit avoir le sentiment tous les jours que la gauche lui parle à elle. C'est la première chose, et c'est ce que je viens faire ici. Il ne faut pas lui faire des promesses qu'on ne tiendra pas. Je ne fais pas des promesses. D'abord, on peut dire qu'on ne va pas se rationner sur eux, quand dans le même temps, je vous assure, regardez la une des échos, la semaine dernière, 145 milliards d'euros de profits pour le CAC 40. D'accord ? Ah bah oui.
La plupart de ces profits sont faits ailleurs qu'en France, donc vous ne pourrez pas faire grand-chose.
Oui, alors, les milliardaires français représentés 5% du PIB il y a 25 ans, et représentés 20% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron, ils représentent aujourd'hui plus de 40% du PIB. Donc, simplement, une chose, le partage, on ne va pas tout leur prendre, mais simplement, qu'il y ait autre chose que les miettes, que les gens qui font tenir le pays debout, eh bien, ils reçoivent une juste part de ça. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Donc, je pense que voilà, il s'agit d'avoir de la décence et du bon sens pour les Françaises et les Français.
Parce que ce n'est pas l'actionnaire qui fait travailler l'économie française. C'est le travailleur avec une mission sociale. Oui, mais on a quand même besoin d'argent pour faire tous les entreprises, ça s'appelle le capitalisme. Mais c'est plus une aide soignante et un éboueur qui fait vivre la France qu'un actionnaire et ses dividendes.
Alors, il y a aussi la question, si la gauche l'emporte dimanche, c'est qui à Matignon ? Alors, la gauche n'a pas réussi à se mettre d'accord, alors qu'on sait que ça sera Gabriel Attal si c'est les Macronistes qui gagnent, que ça sera Jordan Bardella si c'est le RN. Écoutez ce que disait Sophia Chikirou, députée réélu, France Insoumise.
On en a des candidats pour être Premier ministre, on l'a démontré dans les débats, on saura faire. Ça ne passe plus Mélenchon comme Premier ministre à gauche. Ce n'est pas grave, ce sera soit Mélenchon, soit un autre Insoumis. Tout ce que je demande moi aux électeurs, c'est de faire en sorte que nous, les députés Insoumis, soyons forts, très forts à l'Assemblée nationale.
Donc, ça sera forcément un Insoumis ?
Je vais vous dire, de toute façon, de là où je parle, de Picardie, tout ça est lunaire. La discussion aujourd'hui, c'est est-ce qu'il y aura une majorité absolue pour le RN ou pas ? Donc vous avez abandonné l'idée de gagner à gauche. Je pense que là, le match nul, et faire qu'il n'y ait pas de majorité absolue pour le RN, est déjà dans un premier temps une victoire. Oui, mais ça serait une Assemblée ingouvernable. Je ne pense pas du tout que par exemple l'Assemblée précédente était ingouvernable. Je pense qu'Emmanuel Macron a choisi de ne pas gouverner comme il l'aurait dû. On a un pays qui est profondément divisé.
Avec la gauche, quand il était élu, il avait dit que c'était avec la gauche.
On a un pays qui est profondément divisé en trois blocs. Je pense que dans ces conditions-là, il faut en tenir compte.
Vous croyez que demain, il serait capable de voter 149.3 et sans ordonnance ? Il en est incapable psychologiquement. Vous le connaissez depuis très longtemps, et vous le connaissez même depuis plus longtemps même que nous. Pas du tout.
Comme vous faites des allusions, Mme Lefebvre, sachez que j'ai rencontré Emmanuel Macron pour la première fois en 2016. Donc, c'était dans la même ville.
Non, mais vous connaissez son itinéraire politique, et vous voyez bien la psychologie du personnage quand même, on le voit. Vous l'imaginez demain renoncer au 49.3 et à la toute-puissance ? Donc, la question que moi je vous pose, est-ce que vous ne pensez pas que la clarification qu'il a demandé, elle est là ? Que la France va être probablement ingouvernable, parce que moi non plus, je ne crois absolument pas à la majorité absolue du Rassemblement national, c'est pour ça que tout ce barnum me fait un peu ricaner, parce que de toute façon, ils ne l'auront jamais.
Est-ce que vous ne pensez pas que la vraie clarification, c'est la démission du président de la République pour qu'on arrive en début 2025 à la réorganisation de vraies présidentielles ?
En tout cas, si jamais il y a un choix qui devait être fait de cette nature-là, je souhaite qu'il ne soit pas précipité comme on l'a fait pour les élections législatives, et qu'on permette aux forces politiques, qu'on permette aux dirigeants de s'organiser, de réfléchir, et de porter un vrai projet pour les Français, et pas d'être dans cette improvisation.
Avant cette politique fission d'une dissolution ou d'une présidentielle anticipée, il y aura sans doute quand même, s'il n'y a pas de majorité absolue, il faudra former un gouvernement. Est-ce que vous pourriez participer à une coalition ? Par exemple, Yann Brole-Pivet dit qu'une coalition qui pourrait aller des communistes jusqu'au LR.
– Écoutez, il y a eu des grands moments dans notre histoire qui se sont faits avec cette coalition, notamment, on peut penser à la sortie, à la libération, où on avait des communistes et des gaullistes ensemble. – Il y avait un gouvernement commun, maintenant, c'était quand même autour d'un projet commun, qui était le programme du Conseil National de la Résistance. Et donc là, il s'agit d'avoir un projet commun. J'ai posé les trois mesures qui ne sont pas de l'ordre de l'architecture, il nous faudra des architectes pour porter un projet pour la France. Là, aujourd'hui, ce qu'on a besoin, c'est le pompier qui commence à éteindre l'incendie.
Et je le dis, les trois mesures que je pose sur la table, c'est le retour d'un impôt sur la fortune, parce qu'il y a un enrichissement des plus riches dans notre pays, le référendum d'initiative citoyenne, pour que les Français puissent avoir voix au chapitre plus régulièrement, et l'abrogation de la réforme des retraites à 64 ans.
– Merci François Ruffin, bonne fin de campagne, dans un instant. – Merci François Ruffin, bonne fin de campagne, dans un instant.
François Ruffin