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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 septembre 2025 23 min

Nomination de Sébastien Lecornu, 49.3, projet de Budget... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, Agathe Lambret.

0:06
Olivier Faure

Sébastien Lecornu, ministre des armées, un des plus proches du président, a donc été nommé Premier ministre hier soir. Vous allez nous dire ce que vous en pensez, vous qui avez presque désormais un droit de vie ou de mort sur le futur gouvernement. Êtes-vous prêt à travailler avec lui, à intégrer son équipe ? Quelles sont vos lignes rouges ? Mais d'abord, Olivier Faure, vous ne serez pas Premier ministre. On vous a claqué la porte au nez. C'est la douche froide ce matin ?

0:30
Présentateur

Non, ce n'est pas la douche froide. La réalité, c'est qu'il n'y a pas de surprise. Même s'il y a de l'incompréhension. Parce que les Français espéraient le changement et qu'au fond, Sébastien Lecornu à Matignon, c'est Emmanuel Macron à Matignon. C'est les mêmes. Ils ont tout fait ensemble. Ils ont tout entrepris ensemble depuis huit ans. Sébastien Lecornu fait partie de ceux qui ont tout accompagné. Et donc, il est difficile de croire que le changement puisse intervenir avec celui qui a, au contraire, tout endossé, tout accompagné, tout souhaité avec le chef de l'État.

1:03
Olivier Faure

Vous doutez d'un changement de politique. Mais d'abord, Paul ?

1:06
Invité

Il est exactement 19h01. Hier soir, vous êtes en plein bureau national du Parti Socialiste. Le chef de l'État vous appelle pendant exactement 12 minutes. Racontez-nous ce coup de fil si important.

1:16
Présentateur

Tout simplement, je crois que le chef de l'État avait à cœur d'appeler celui dont on avait dit qu'il pouvait être Premier ministre. Et donc, il a souhaité, par politesse républicaine, m'appeler et me dire que son choix se porterait, comme la fois précédente, sur un homme qui appartient à ce fameux socle commun. Et donc, il m'a dit que ce ne serait effectivement pas un homme ou une femme de gauche et que ce serait Sébastien Lecornu qui, selon lui, réunissait les qualités pour avancer. Puisqu'on le présente désormais comme un grand négociateur.

1:52
Olivier Faure

Oui, c'est comme ça qu'il a justifié sa nomination. Parce qu'il a dû vous expliquer pourquoi ce choix. Qu'est-ce qu'il vous dit ? Et comment vous vivez sur le moment ?

1:58
Présentateur

Ce que j'entends depuis ce matin sur les antennes. C'est-à-dire qu'il est présenté comme un négociateur, comme quelqu'un qui a une expérience politique et donc qui devrait être capable de faire parler les uns et les autres. Mais je me souviens aussi que c'est ce qu'on a dit pour Michel Barnier. On a dit que c'était un grand négociateur qui avait négocié le Brexit. Puis après, on a parlé de la notion de François Béroud, qui était un homme de dialogue. Et avec lui, tout devait changer, puisque ça faisait 40 ans qu'il se préparait à ça. Et puis, on a vu le résultat. Donc, aujourd'hui, j'entends les éléments de langage qui sont distribués. Maintenant, nous jugerons sur pièce.

2:33
Invité

À propos d'éléments de langage, vous parlez 12 minutes avec le chef de l'État, puis vous rédigez immédiatement un communiqué du Parti Socialiste, dans lequel vous écrivez « Aucun socialiste ne participera ». Est-ce que c'est définitif ? Quelles sont les conditions pour que vous changiez ta vie ?

2:46
Présentateur

Non. Moi, j'ai toujours refusé, au cours des dernières semaines, je l'ai dit, moi, je ne souhaite pas entretenir la moindre confusion entre le pouvoir actuel, macroniste, associé à LR, et associé à LR, c'est-à-dire à Laurent Wauquiez, à Bruno Retailleau, à des gens qui ne font pas mystère de leur volonté de s'écarter progressivement de ce qu'était l'espace républicain pour rejoindre l'espace de l'extrême droite. Et donc, je suis très inquiet sur la façon dont s'oriente ce gouvernement.

3:14
Olivier Faure

Mais attendez, parce que ça n'a pas encore commencé, ce gouvernement Sébastien Lecornu n'a pas encore donné sa feuille de route. Mais vous, a priori, d'emblée, vous dites qu'il n'y a aucun scénario où le Parti Socialiste participe à l'équipe gouvernementale.

3:26
Présentateur

Mais moi, je ne crois pas un seul instant à cette en même temps, à cette confusion tout tenue, qui est en réalité la porte ouverte à l'extrême droite, parce que moi, je ne veux pas qu'à un moment quelconque, on puisse considérer que la gauche et la droite, c'est la même chose. C'est différent. Et donc, chacun présente son point de vue. Et ensuite, ce que je défendais, je défendais l'idée très simple qu'il fallait un gouvernement qui propose et un Parlement qui dispose.

Donc, avec cette idée extrêmement démocratique que les Français ont souhaité un Parlement avec un équilibre tel que nous le connaissons aujourd'hui et qu'il fallait que le gouvernement s'adresse à ce Parlement et vienne chercher à chaque fois des majorités d'idées.

4:05
Invité

Vous parlez de la droite et l'extrême droite, mais on apprend aussi que dans la nouvelle méthode vendue actuellement par l'Elysée et par Matignon, il y aurait des conversations avec, par exemple, des communistes en cours. Pourquoi il ne peut pas y avoir de négociations avec Olivier Faure du Parti Socialiste ?

4:17
Présentateur

Mais je n'ai pas dit que je ne discuterais pas. Vous fermez la porte parce qu'il y aura la droite et l'extrême droite. Non, je vous dis simplement que vous me demandez si je veux participer à un gouvernement qui serait...

4:25
Olivier Faure

On a entendu que vous ne participeriez pas à un gouvernement. En revanche, Olivier Faure, est-ce que vous êtes prêts, parce qu'Emmanuel Macron a chargé Sébastien Lecornu de consulter d'abord les partis avant de former le gouvernement, est-ce que vous êtes prêts à discuter, à dialoguer avec Sébastien Lecornu ? Est-ce que vous irez à Matignon, dans une démarche constructive ?

4:42
Présentateur

Moi, je ne refuse jamais la discussion. Simplement, je le dis aussi nettement que je dis que j'irai discuter, que si j'ai le sentiment que nous sommes baladés, que les Français sont baladés, parce qu'au fond, la seule chose qui m'intéresse ce matin, c'est de savoir comment nous allons répondre à ce mouvement qui est en cours, à ce mouvement qui viendra le 18 septembre à l'appel des grandes centrales syndicales. Comment est-ce qu'on répondra aux angoisses de ce pays ? C'est un pays divisé, d'une certaine façon déprimée, en burn-out. Et donc, comment est-ce qu'on fait pour leur répondre ? Si la réponse est une réponse qui est une réponse positive, eh bien, j'accompagnerai cette réponse.

Si cette réponse est une réponse qui est la même que celle qui est formulée depuis 8 ans, alors je censurerai, et donc nous irons vraisemblablement vers une dissolution.

5:25
Invité

Avant de parler de la dissolution dans quelques minutes, j'aimerais que nous écoutions ensemble Raphaël Glucksmann, qui veut un pacte de non-censure.

5:31
Présentateur

La seule manière de gouverner, là, ce sera de ne pas faire ce qui a été fait les deux précédentes fois. Sans majorité, on est obligé de nouer des relations. Il faut un pacte de non-censure, avec toutes les forces qui ont participé au Front Républicain.

5:46
Invité

Vous entendez ce que dit Raphaël Glucksmann ? On est obligé de nouer des relations.

5:52
Olivier Faure

Avec LR, avec les macronistes.

5:54
Présentateur

Mais moi, je ne veux pas être dans... Je vous le répète, je vous le répéterai aussi souvent qu'il le faudra, je ne veux pas la moindre confusion. Moi, je souhaite que nous puissions parler du fond. Je ne veux pas un pacte, je ne veux pas une plateforme commune qui serait celle qui nous amènerait à gouverner ensemble. Nous ne gouvernerons pas ensemble. Ce que je dis, c'est que nous avons, nous, des exigences, que nous avons déjà posées dès le mois d'août, en expliquant ce que nous ferions nous-mêmes si nous étions demain à Matignon. Et sur quoi repose-t-il ? Il repose sur des idées simples.

Nous ne pouvons pas avoir une trajectoire telle que l'avait imposée François Bayrou, qui est une trajectoire récessive et qui emmènerait le pays dans le mur parce qu'elle diminuerait notre capacité à la croissance et qui, au fond, nous amènerait à mourir guéris, peut-être sans déficit, mais en fait sans activité non plus.

6:44
Olivier Faure

On va parler de lignes rouges, Olivier Faure, dans le détail notamment sur le budget, mais ce que vous nous dites, ce n'est pas de pacte de gouvernement, mais pourquoi pas un accord de non-censure sur le budget ?

6:53
Présentateur

Mais on jugera au cas par cas. Moi, je ne veux pas donner un chèque en blanc à un gouvernement dont je ne sais pas ce qu'il fera. Je ne sais pas ce qu'ils feront, non seulement dans le domaine budgétaire, on va en parler, mais ensuite...

7:03
Olivier Faure

Pas de censure a priori, Olivier Faure. Vous n'allez pas censurer ce gouvernement a priori. Vous lui donnez une chance.

7:07
Présentateur

Vous avez discuté. Je veux qu'on parle du fond. Je ne sais pas ce qu'ils vont faire. Je ne sais pas... Parce qu'il n'y a pas seulement la politique budgétaire. Il y a aussi la politique en matière migratoire, sécuritaire, en matière de logement, en matière d'éducation. Que vont-ils faire ? Je ne veux pas donner un chèque en blanc à un gouvernement dont je ne sais rien. Et donc, ce que je jugerais, ce sera leur politique.

7:28
Invité

Est-ce que ça veut dire que vous allez interdire à tout socialiste d'entrer dans un gouvernement le corps nu ?

7:32
Présentateur

Je crois qu'aucun socialiste ne veut rentrer dans un gouvernement le corps nu. Hier soir, il y avait un bureau national où toutes les sensibilités étaient représentées. Ce communiqué dont vous avez parlé a été adopté à l'unanimité. C'est donc la démonstration que nous sommes parfaitement raccords les uns et les autres sur cette option. Même... Pardon, Agathe.

7:50
Olivier Faure

Allez, vas-y, Paul.

7:51
Invité

Même... Parce que la question maintenant, c'est la taxe sur les riches. On va parler de la taxe du Khmann. Est-ce que si le gouvernement avance sur la taxe du Khmann, je le rappelle, une taxe de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, est-ce que vous seriez prêt à entrer dans un gouvernement le corps nu ?

8:04
Présentateur

Mais je vous l'ai dit, nous n'entrerons pas dans ce gouvernement. Ce que je vous dis aussi, c'est que je veux discuter et comprendre ce que nous sommes capables de faire pour les Françaises et les Français. Et donc, comment est-ce qu'on fait notamment pour avoir déjà un projet de budget qui épargne complètement les classes populaires et les classes moyennes ? Pourquoi ce projet était un projet condamné par une immense majorité de Françaises et de Français ? C'est parce qu'il venait prélever des économies, non pas sur celles et ceux qui ont l'argent pour le faire, mais pour celles et ceux qui ont déjà tant de mal à finir leur fin de mois.

Et donc, moi, je refuse toute forme de budget qui irait chercher à prélever ces économies sur les malades, sur les chômeurs, sur les travailleurs, sur les jeunes, sur les retraités, comme c'était le cas précédemment. Alors, la taxe Zuckman fait partie des réponses possibles. Parce que la taxe Zuckman, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle taxe des gens qui ont des revenus qui sont super... Enfin, qui ont un patrimoine qui est supérieur à 100 millions d'euros. Vous dites parmi les réponses possibles, il est fort. Est-ce qu'on ne peut pas, avec des gens qui ont vu leur fortune doubler en 8 ans, se poser la question de savoir si on ne peut pas prélever sur eux cet argent ?

9:12
Olivier Faure

Oui, on vous entend, Olivier Faure, mais vous dites que ça fait partie des réponses possibles. Concrètement, est-ce que vous dites que ce sera la taxe Zuckman telle qu'on la propose, 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions, telle qu'elle, ou alors on est prêt à envisager un autre type de taxe pour les plus riches ? Par exemple, Raphaël Glucksmann, qui était pour aussi la taxe Zuckman, il propose un impôt sur la fortune à un seuil élevé. Est-ce que ça pourrait être une alternative ?

9:36
Présentateur

Mais on va parler technique de seconde. Le problème de l'ISF, tel qu'on l'a connu jusqu'ici, c'est qu'il touchait les petits riches. Vous aviez un appartement à Paris, vous aviez acheté, je ne sais pas, 800 ou 900 000 euros et par les effets de la spéculation, etc., votre appartement finit par coûter, je ne sais pas, 1,2 million, 1,3 million. Et vous rentriez dans l'ISF. Et donc, on touchait, en fait, des gens qui avaient des petites fortunes. Mais en revanche, les très gros, ceux qui avaient un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros, eux, n'étaient pas touchés parce qu'en réalité, par les mécanismes d'optimisation, eh bien, ils arrivaient à échapper à cet impôt.

Donc, je ne veux pas simplement d'un retour dans l'impôt sur la fortune. Donc,

10:19
Olivier Faure

pas de retour à l'ISF,

10:21
Présentateur

quoi d'autre ? En fait, je veux qu'on touche à ceux qui ont un patrimoine important et qui, aujourd'hui, sont totalement délestés de ce fardeau fiscal. Comprenez bien que quand vous, vous payez vos impôts, vous êtes à peu près entre vos cotisations sociales et votre impôt sur le revenu, votre TVA, etc., vous payez environ 50% de vos revenus. Pour les ultra-riches, c'est 27%. Qui peut comprendre dans ce pays que plus on est riche, moins on est imposé ? Et donc, moi, je veux évidemment l'inverse. Mais qu'est-ce que vous demandez concrètement,

10:50
Olivier Faure

Olivier Faure ? Si ce n'est pas la taxe Ducman, quel type de taxe ? Alors, expliquez-nous quel seuil d'imposition ? Mais moi,

10:54
Présentateur

si ils ont la capacité à inventer une autre taxe qui aurait les mêmes effets, je suis prêt à le regarder. Vous l'avez dit au président sur la taxe Ducman pendant les 12 minutes de conversation ? Non, on n'a pas parlé de fond. Il m'a dit que j'ai pris acte de sa décision. Que voulez-vous que je lui dise ? Je ne vais pas lui dire que tu ne peux pas nommer celui-ci en le cornu, c'est forcément quelqu'un de gauche. Sa décision, il l'assume et il en est seul responsable. Je ne partage pas la responsabilité de cette nomination avec lui. Donc, maintenant, ce que je veux, c'est qu'on puisse s'adresser aux Françaises et aux Français et leur dire voilà, sur les économies, vous ne serez pas touchés.

En revanche, on ira prélever sur celles et ceux qui le peuvent. Nous avions proposé de revenir sur 2,9 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales sur les 91 milliards qui leur sont accordés chaque année. Je pense que ça se regarde. Je pense qu'ils devraient, peut-être même s'ils ne veulent pas passer par d'autres moyens, ils pourraient même augmenter. On pourrait encore augmenter. C'est la fin de ces exonérations. On pourrait considérer qu'à partir de 1,88 SMIC qui est le seuil à partir duquel on considère qu'il y a des effets d'aubaine et que ça ne sert pas à l'emploi, on pourrait considérer qu'à partir de là, on peut supprimer ces exonérations.

Le 830 France Info, Agathe Lambret,

12:08
Invité

Paul Larouturou.

12:09
Olivier Faure

Toujours avec Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Nous parlions des compromis que vous pourriez faire sur la taxe Zuckman notamment. Sur quels autres sujets êtes-vous prêt à avancer sur le budget, Paul ?

12:21
Invité

Eh bien, c'est exactement la question qu'elle est posée à Olivier Faure. Sur quel autre sujet ? Parce que vous avez effectivement le droit de vie et de mort là-dessus. Vous avez longuement évoqué la taxe Zuckman, vous avez parlé de la CSG. Par exemple, sur les retraites, la retraite à 62 ans, est-ce que vous pourriez faire un geste là-dessus ? Vous la voulez ? Ils ne la veulent pas ?

12:35
Présentateur

Quelles sont vos lignes rouges ? C'est à eux de faire le geste. En réalité, tout le monde sait que les Français, dans leur immense majorité, ont demandé à ce qu'on revienne sur cette réforme borne. Et donc, effectivement, on verra ce que le gouvernement est prêt à faire. Est-ce qu'il est prêt dans un premier temps à suspendre, comme nous l'avions demandé, donc sur l'année 2000, c'est-à-dire qu'on arrête tout de suite la réforme borne, qu'on cherche ensuite, qu'on donne un mandat aux partenaires sociaux, non pas pour se poser la question de savoir ce qu'on fait, ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas et tout ça, mais comment est-ce qu'on fait pour financer le retour à 62 ans ?

Mais est-ce que c'est

13:07
Olivier Faure

une ligne rouge ça pour vous ? Vous dites, il faut impérativement que la réforme à 64 ans soit remise sur la table. Qu'est-ce que vous attendez concrètement de Sébastien Lecornu ? Ou est-ce que vous êtes prêt à faire cette concession au Macroniste, à la droite, à vous dire, elle a été votée à 64 ans, c'est comme ça, on ne revient pas dessus ?

13:22
Présentateur

Agathe Lambret, elle n'a pas été votée.

13:24
Olivier Faure

Oui, elle est passée en tout cas au Parlement.

13:25
Présentateur

Oui, enfin, elle est passée au Parlement. On l'a vu passer.

13:28
Olivier Faure

C'est quand même le jeu démocratique, Olivier Faure, vous ne remettez pas en cause le fonctionnement du Parlement, des institutions.

13:34
Présentateur

Je ne remets pas en cause, mais enfin, malgré tout, elle n'a été adoptée qu'un 49-3 et ce que j'avais dit pour ma part, c'est que si nous avions été nommés avec un gouvernement de gauche et des écologistes ces jours-ci, eh bien, nous aurions renoncé au 49-3 pour permettre justement le jeu démocratique. Et comme vous n'avez pas été nommés, vous demandez à Sébastien Lecornu de renoncer au 49-3 ? Eh bien, je lui demande de renoncer au 49-3, évidemment, parce que ce serait là une démonstration que la méthode change.

Si rien ne change et si on nous dit, écoutez, bon, on va faire un petit effort, on va vous faire, allez, 2 milliards sur les ultra-riches et puis, etc., mais on va continuer à ponctionner les retraités, les malades, les chômeurs, les salariés, etc., bon, alors, en fait, rien n'aura changé. Et donc, moi, ce que j'espère de ce gouvernement, de ce président, c'est qu'ils ont enfin compris quelque chose, c'est qu'il faut rompre avec la politique qui a été menée depuis 8 ans.

Si c'est pour nous dire qu'on continue comme avant, s'il fallait que tout change pour que rien ne change, alors, évidemment, ça ne peut pas marcher et les mêmes causes produiront les mêmes effets et donc, nous censurerons ce gouvernement.

14:36
Olivier Faure

Et est-ce que vous attendez au passage, parce que Manuel Bompard, le leader, le coordinateur national de la France Insoumise, vient de le demander, que Sébastien Lecornu se soumette à un vote de confiance ?

14:45
Présentateur

Non, mais moi, je souhaite que, en fait, on ait un Premier ministre qui vienne apporter des solutions et qu'on le juge sur les solutions qu'il apporte, pas sur des lettres d'intention ou sur des grandes déclarations, etc. On en a assez soupé de ces déclarations. En fait, c'est très facile de venir à l'heure. Donc vous n'appelez pas particulièrement un vote de confiance, Olivier François ?

Moi, ce que je souhaite, c'est qu'il vienne dire à un moment, voilà ce que je ferai sur le budget, ce que je ferai pour assurer la sécurité des Français, ce que je ferai pour assurer leur logement, assurer leur éducation, comment je ferai pour rompre avec ce que nous avons connu et qui a été quand même, pardon, mais enfin, qui a été plus que contesté, qui a été dénoncé à plusieurs reprises l'an passé, les élections européennes ont été un échec, la dissolution a été un échec pour le chef de l'État et pour sa majorité et donc, il y a une logique à ce que désormais, ça change. Même en 2022, il n'avait pas obtenu une majorité absolue après l'élection présidentielle. Sur le budget,

15:41
Olivier Faure

vous êtes resté un peu vague, pardon, vous nous dites pourquoi pas une alternative à la taxe du Kman s'il y a une taxe sur les plus riches sur la retraite à 62 ans,

15:47
Présentateur

vous ne répondez pas vraiment ? Je n'en vois pas. En fait, je vous dis, pour l'instant, enfin, je ne veux pas fermer la porte, je ne suis pas obtu, donc ce que je veux dire, c'est que si quelqu'un me fait la démonstration qu'il y a un autre moyen que la taxe du Kman pour obtenir le même rendement et taxer les mêmes, et bien, effectivement, et éviter surtout que, moi, mon problème, ce n'est pas de dire j'en veux aux ultra-riches, je veux simplement qu'on épargne les Françaises et les Français modestes. Je veux que les gens ordinaires n'aient pas à souffrir encore davantage de la politique conduite. Donc si on me dit il n'y a pas de problème,

16:17
Invité

on a du mal à comprendre ce matin où sont vos lignes rouges pour ne pas voter la censure ?

16:22
Présentateur

Ma ligne rouge, c'est que je ne veux pas que les Français ordinaires continuent à souffrir de la politique conduite. C'est ça, ma ligne rouge. C'est que je veux que les gens puissent vivre au mieux. Nous avons proposé dans notre contre-projet, par exemple, qu'avec la CSG, nous ayons des taux différents selon les revenus. Pourquoi faire ? Pour que les gens qui ont des revenus nets qui sont inférieurs à 1920 euros par mois, c'est-à-dire quasiment la moitié des Françaises et des Français, eh bien, voient leur pouvoir d'achat augmenter. C'était 900 euros pour une maman qui élève seule ses enfants, c'était 1500 euros pour un couple qui gagne 1920 euros pour l'homme et pour la femme.

C'est évidemment un gain de pouvoir d'achat conséquent. Voilà ce que je souhaite. Si on pouvait parler à nouveau des salaires, si on pouvait parler du SMIC, si on pouvait parler de tout ce qui fait que la vie des gens puisse changer, c'est ça que je souhaite. Et ce que j'ai entendu ce week-end, c'est que quand les gens m'interpellaient en me disant qu'est-ce qui va se passer, est-ce que vous allez à la matignon, est-ce que c'est ça ? Et ils ne me disaient pas on a tellement envie que ce soit vous pour que ce soit vous. Il y avait des gens très sympathiques qui me disaient vous on vous aime bien mais ce n'est pas ça qu'ils veulent.

Ce qu'ils veulent derrière c'est que leur vie change et moi ce que je veux ce matin à ce micro c'est que leur vie change. Si leur vie change positivement, alors effectivement il y a un chemin. Si leur vie ne change pas, alors ce sera non.

17:38
Olivier Faure

Vous savez que s'il n'y a pas d'accord avec Sébastien Lecornu, potentiellement le gouvernement tombera, il y aura une nouvelle dissolution.

17:45
Présentateur

Vous êtes prêts ?

17:46
Olivier Faure

Vous êtes prêts ? Même pas peur ?

17:48
Présentateur

Mais ce n'est pas même pas peur. Sans le nouveau Front populaire ?

17:50
Olivier Faure

Alors que vous avez 63 députés.

17:52
Présentateur

Moi je ne crains pas le verdict des urnes. Je ne crains pas les Françaises et les Français et j'irai devant eux en leur expliquant ce que j'ai souhaité de toutes mes forces et les raisons pour lesquelles nous avons revendiqué le pouvoir. Et ces raisons-là devront les amener à se poser la question de savoir s'ils préfèrent continuer encore avec Sébastien Lecornu ou s'ils préfèrent avoir un gouvernement de gauche et écologiste qui leur permette d'envisager aussi toutes les grandes transitions que nous devons envisager. Parce qu'en réalité Agathe Lambret et même Paul Laroutio nous sommes dans une situation où nous n'avons pas simplement besoin de faire en sorte que la dette se stabilise.

Nous avons aussi besoin de réinvestir dans l'avenir. Réinvestir dans la transition écologique. Réinvestir dans l'éducation la santé et tout ça ça suppose effectivement de changer. Il faut une révolution copernicienne. Il faut que ce gouvernement comprenne que la politique du ruissellement ça ne pourra pas marcher. Et ce que nous devons faire maintenant c'est prendre le taureau par l'église.

18:49
Invité

Je ne sais pas si c'est la copernicienne mais il y en a qui veulent une révolution. C'est ceux qui manifestent pour le 10 septembre aujourd'hui. Ce matin dans la matinale de Jérôme Chapuis Aurélien Boudon du syndicat Solidaire était porte de bagnolet vers 6h30 quand il a été écouté interrompu par un policier.

19:01
Auditeur

Là je suis en ce moment en train d'être contrôlé par un policier qui m'intime de me diriger contre un mur en ce moment même. Je suis en direct sur France Info. Je suis en direct sur France Info monsieur. Monsieur, je vous laissez. Je vous raccrochez tout de suite. Oui bien sûr.

19:15
Invité

80 000 policiers et gendarmes sont mobilisés aussi à l'initiative du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. C'est beaucoup ? Est-ce que c'est trop ?

19:22
Présentateur

Je ne sais pas si c'est beaucoup ou trop. Et ce que je souhaite c'est qu'il n'y ait aucun débordement parce que je sais qu'il serait l'occasion pour ce gouvernement d'expliquer que c'est lâché en lit et que donc il faut en revenir à des mesures autoritaires. Et je constate par exemple que si la consigne était donnée à ce policier ce matin d'interrompre quelqu'un à votre micro je trouve ça scandaleux parce que la réalité c'est que nous sommes en démocratie que le droit de manifester doit être préservé et le droit d'exprimer sa colère ou son exaspération il doit être évidemment garantie et ça n'est pas normal qu'un policier interdise à quelqu'un de répondre à un journaliste.

19:56
Olivier Faure

Et les policiers étaient en train de faire des contrôles au début de ce rassemblement porte-bagnolet vous avez immédiatement dit que vous accompagnez ce mouvement du 10 septembre qu'est-ce que ça signifie ? Ça c'est une différence flagrante aussi avec les membres du socle commun ça signifie que vous soutenez les opérations chariot gratuits par exemple rentrer dans les supermarchés et repartir sans payer aller au restaurant et repartir sans payer ? C'est ça la ligne d'un parti de gouvernement ?

20:24
Présentateur

Non pas du tout je ne soutiens pas j'ai dit simplement que j'étais en empathie avec celles et ceux qui manifestent aujourd'hui leur colère ou leur exaspération mais je suis contre toute forme de débordement parce que je viens de vous le dire tout ce qui relève de l'action de piraterie ou des débordements incontrôlés de violences et bien servira exclusivement le pouvoir qui voudra à ce moment là refermer le couvercle et expliquera que c'est Bruno Rutaillot qui est le mieux placé pour maintenir l'ordre et que nous devons avoir une politique qui soit à la fois libérale et autoritaire exactement ce que je ne souhaite pas

20:59
Invité

Tous les matins nous finissons cet entretien avec la question qui a retrouvé sur les réseaux de France Info ce matin la question qui casse le rêve Olivier Faure quand vous avez vu hier soir à 19h01 le nom d'Emmanuel Macron s'afficher sur votre téléphone est-ce que vous avez cru qu'il allait essayer la gauche et que c'était votre moment à Matignon ?

21:17
Présentateur

Non Non parce que si ça avait été le cas je pense qu'il m'aurait appelé bien avant et qu'il m'aurait dit prépare-toi effectivement je fais le saut vers la cohabitation je l'accepte parce que j'ai enfin compris que je ne pouvais pas continuer à gouverner comme je l'ai fait depuis 8 ans donc je savais que m'appelant à cette heure-là c'était simplement pour m'annoncer que ce serait un homme ou une femme de droite et au fond la rumeur avait déjà largement couru dans Paris et on savait déjà que ce serait Sébastien Lecornu

21:47
Olivier Faure

Même François Hollande vous soutenez pour Matignon il faut le souligner est-ce que vous vous dites que vous avez raté la chance de votre vie ou au contraire ça décuple votre volonté d'y arriver notamment en 2027 ?

21:58
Présentateur

Mais je n'en ai jamais fait d'affaire personnelle je sais bien que ça a été transformé en Olivier Faure et candidat pour Matignon j'ai à chaque fois répété la même chose je souhaite que celui ou celle qui sera appelée par le Président qui appartient à ce socle de gauche et écologiste et qui sera appelé pour devenir Premier Ministre dise oui c'était une façon pour moi de dire que ça n'était pas une affaire personnelle je souhaitais que ce soit au contraire une affaire collective je crois au collectif je crois à notre capacité aussi à changer de méthode à changer des dates d'esprit et à ne pas toujours faire de la politique une affaire qui serait une affaire singulière je ne suis pas né en me disant que je serai un jour Président un jour Premier Ministre un jour Ministre j'aurais pu dix fois être ministre parce qu'on me l'a proposé sans cesse et j'ai toujours refusé parce que je suis un homme de conviction je suis un homme de gauche et je crois à ce que je porte et donc tant que ce ne sera pas ce que je porte qui sera au pouvoir je ne participerai à rien

22:52
Olivier Faure

merci beaucoup et il est fort d'avoir répondu aux questions de France Info

22:55
Présentateur

un entretien retrouvé comme tous les matins sur Youtube

Nomination de Sébastien Lecornu, 49.3, projet de Budget... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote