L'invité de Bourdin Direct : Christian Jacob - 02/11
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Christian Jacob. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du parti Les Républicains. Vous êtes aussi député de Seine-et-Marne, Les Républicains, avec un compte à rebours puisque c'est jusqu'à 18h ce soir qu'il faut finaliser les candidatures pour pouvoir participer à la primaire de la droite. On va y revenir bien sûr, mais je voudrais d'abord vous interroger sur ce qui s'est passé cette nuit ou ce qui ne s'est pas passé précisément cette nuit entre la France et l'Angleterre.
La France qui avait menacé de sanctions à partir de minuit cette nuit s'il n'y avait pas d'accord avec la Grande-Bretagne sur la pêche. Il n'y a pas eu d'accord, mais il n'y a pas non plus de sanctions puisque finalement ils vont poursuivre les discussions au moins jusqu'à jeudi. Est-ce que c'est une manière de s'ouvrir au dialogue ou est-ce que c'est un aveu de faiblesse de la part de la France ?
Non, de toute façon la solution n'arrivera que par le dialogue. Moi je me mets à la place des pêcheurs qui le vivent à chaque fois en situation d'otage parce qu'ils sont en permanence pris en otage entre les deux gouvernements. Il faut se sortir de cela. Ce n'est pas en prenant des positions de matamor, en menaçant de tel ou tel blocage d'importation qu'on va résoudre les choses. Mais il est certain qu'il y a un accord qui a été passé et les pêcheurs français doivent avoir accès.
S'il n'est pas respecté, il ne faut pas sanctionner ?
Si, mais il sera respecté, il faut trouver négociation.
Ça ne fait pas même des mois que ça dure.
Oui, mais simplement, on ne s'en sortira que par la discussion. Il fallait peut-être l'entamer plus tôt. Je pense que tout cela ne tombe pas du ciel. Ce n'est pas depuis 48 heures que la situation est bloquée. Elle l'est depuis bien plus longtemps et c'est par le dialogue qu'on va y arriver.
Donc le fait d'avoir retiré les sanctions, ça vous paraît plutôt une bonne chose. La mauvaise chose, c'était de les avoir tout simplement brandis.
On sait pertinemment que les Anglais ont la possibilité de brandir les mêmes sanctions. Donc on est dans un jeu de dupe. Il faut aujourd'hui avancer.
Vous n'êtes pas plus inquiet que ça. Vous ne vous dites pas que c'est une sorte de guerre larvée avec nos voix britanniques.
Non, on prend les pêcheurs en otage. Et ce n'est pas la première fois. Et c'est cela qui est insupportable pour les pêcheurs parce qu'à chaque fois, ils sont pris dans cet étau.
Le Brexit, d'ailleurs, ces accords-là, c'était aussi les accords de Michel Barnier qui est aujourd'hui candidat pour la primaire. Peut-être que finalement, cet accord sur le Brexit n'était pas si parfait qu'il ne le disait à l'époque.
À partir du moment où l'accord est bon lorsqu'il est respecté. Donc l'accord n'était pas si bon, quoi. Vous allez fâcher Michel Barnier. Non, il faut simplement que les Britanniques respectent les engagements qui étaient les leurs. Mais bon, je trouve un peu curieux là. Tout ça aurait, à mon avis, pu se régler déjà depuis de nombreuses semaines.
Donc du point de vue de la diplomatie, pas un bon point pour Emmanuel Macron.
Tout à fait.
Christian Jacob, c'est qui votre candidat ?
C'est celui qui sera désigné le 4 décembre. C'est aussi simple que ça. Vous ne vous mouillez pas ? Je ne sais pas que je ne me mouille pas. C'est que nous avons fait un travail de fond très long. Depuis deux ans, nous avons travaillé sur un projet. Les Républicains sont d'ailleurs le seul parti à être capable de poser un projet sur la table. Avec cinq candidats qui se sont engagés dans une procédure de rassemblement. Qui se retrouvent tous sur ce projet. Et à partir de là, laissons les choses aller à leur terme. On va avoir l'occasion d'avoir des débats toutes les semaines.
Qui même, vous le savez, évidemment, le dimanche 14 novembre. Christian Jacob, que vous, vous ne vouliez pas choisir, je le comprends parfaitement. On va revenir d'ailleurs sur les modalités d'organisation de cette primaire. Mais il y en a d'autres quand même dont on se dit, ils ne sont pas tous présidents du parti. Et ils ne se mouillent pas du tout. Gérard Larcher, Rachida Dati, François Baroin. Ils ne soutiennent personne. Est-ce que c'est une forme d'indifférence ?
Non, ce n'est pas du tout. Pas du tout. D'ailleurs, il y a une mobilisation comme jamais. Vous le voyez avec l'augmentation du nombre des adhésions. On en est à combien ? Avec, on en est à plus de 100 000. Je ne sais pas, peut-être cette semaine-là.
On en était à 102 800 précisément la semaine dernière. Est-ce que vous pouvez nous dire que ce matin, ça a augmenté ?
Oui, oui. Ah oui. Parce qu'on est à un rythme d'au moins 1 000 adhésions par jour en ce moment.
Et donc là, au moment où on se parle, vous n'avez pas dernier chiffre ?
Oui, je ne vais pas relever les compteurs précisément. Vous ne relevez pas les compteurs toutes les deux minutes. Pour savoir combien vous participez à cette première ? Ce qui est important...
Pardon, juste encore une question. Est-ce que vous vous dites, d'ici quelques jours, on aura atteint 120 000 adhérents ? Ou est-ce que ça vous paraît un objectif un peu éloigné ?
Oui, on sera entre 110 et 120 000 adhérents. Vous savez, notre parti, c'était 230 000, 237 000 adhérents en 2016. Donc, on a une chute vertigineuse. Et depuis 2020, nous avons remonté le nombre de militants. On était sur des prévisions à 100 000 pour la fin de l'année. Et on sera au-delà.
C'est d'autant plus surprenant. Bon, maintenant, ça y est, vous avez décidé. Mais enfin, c'est d'autant plus surprenant, avec une portion si petite de militants par rapport à la grande époque de votre parti, que vous ne mettiez le sort de ces élections qu'entre leurs mains.
Oui, enfin, on est de très loin le plus grand parti de France, mais sans aucune comparaison. Mais bien loin de ce que vous aviez été. Je pense qu'il n'y a pas un seul autre parti qui a plus de 20 000 adhérents aujourd'hui, que ce soit En Marche, que ce soit le Rassemblement National ou d'autres. Ils sont tous en dessous. Nous, nous allons finir entre 110 et 120 000. Donc, on peut se comparer sans crainte.
Je reprends ma question, malgré tout. Le fait que les ténors de la droite, aujourd'hui, ne prennent pas parti, ne disent pas, voilà, moi, je veux soutenir un tel, qu'en effet, on n'entende ni François Baroin, dont vous aviez espéré même à un moment qu'il puisse incarner la droite. Il dit, bah, on verra bien.
Non, mais c'est... On a travaillé sur le fond. Vous savez, quand on a tout perdu, nous, on a perdu deux présidentielles de suite, deux législatives de suite, une défaite cinglante aux dernières élections européennes. Et depuis deux ans, on a gagné toutes les élections, sans aucune exception. Les municipales, les sénatoriales, les départementales, les régionales, parce que nous avons travaillé sur le fond. Et on n'est pas dans un système clanique ou clivant, au contraire, dans une procédure de rassemblement qui a été acceptée par nos candidats à l'élection présidentielle, enfin, candidats potentiels, puisque le candidat sera décidé le 4 décembre.
Donc, dans ce cadre-là, eh bien, chacun, nos fédérations sont très sollicitées. Il n'y a pas une journée où nos candidats ne sont pas sur le terrain en train de rencontrer les militants. Donc, ce qui permet d'alimenter ce débat. Ça a fait revivre le parti. Et ce qui évite d'être dans des positions très clivantes. Je crois que le... Donc, vous êtes plutôt content ? Oui, parce que les choses...
C'est calme, mais au moins, ils ne se mettent pas dessus, quoi.
Ça se fait dans un très bon état d'esprit. On l'a vu avec nos candidats potentiels que j'avais réunis il y a une quinzaine de jours au siège du parti. Vraisemblablement, avec les deux amicales gaullistes de l'Assemblée nationale et du Sénat, le 9 novembre, nous nous retrouverons devant la Croix-de-Lorraine à Colombel et les deux églises. Donc, voyez, les choses avancent et avancent bien dans un bon état d'esprit.
Il y aura combien de candidats, puisqu'ils ont jusqu'à 18h ce soir, pour prouver qu'ils ont bien 250 parrainages ? Ils ont sillonné la France, 250 parrainages d'élus.
Il y a six candidats potentiels. C'est Philippe Bas qui vous l'annoncera le 4 novembre, puisque Philippe Bas préside l'instance de contrôle et il est chargé de vérifier les 250 parrainages répartis dans 30 départements de France.
Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin, Denis Père, il a l'air déjà de dire que les règles du jeu, pour lui, n'ont pas été les mêmes que pour d'autres.
Oui, ils sont les mêmes pour tout le monde. Après, on a la notoriété que l'on a et la capacité à...
Vous n'aurez pas de chagrin s'il n'obtient pas les parrainages, quoi ?
Ni joie ni chagrin, ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est la capacité que l'on peut avoir à porter un projet et être capable de se présenter devant les Français pour être candidat à la présidence de la République. Et donc, dans ce cadre-là, le soutien que vous apportez par les maires.
Il y a peu de différence. Vous le disiez, on a décidé de se mettre tous d'accord sur le fond. Donc, il y a peu de différence sur le fond, au fond. Mais il y a quand même un point sur lequel on a l'impression qu'il y a des distinctions. C'est sur le nombre de fonctionnaires. Michel Barnier dit qu'il ne faut pas toucher au nombre de fonctionnaires. Il ne faut pas réduire le nombre de fonctionnaires. Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand, à l'inverse, disent qu'il faut moins de fonctionnaires. C'est quoi la position des Républicains ? Est-ce qu'être de droite, aujourd'hui, chez les Républicains, c'est dire qu'il ne faut pas toucher aux fonctionnaires ?
Ou au contraire, c'est dire qu'on doit les réduire ?
Il faut absolument baisser la dépense publique. Si on veut diminuer les impôts et les prélèvements obligatoires, il ne faut pas raconter de sornettes. On ne peut le faire qu'en baissant la dépense publique. Il y a plusieurs manières de le faire. Dans le cadre du nombre de fonctionnaires, on n'est pas parti sur des chiffres. En revanche, c'est de dire, vous voyez, dans une collectivité territoriale, donnons plus de souplesse. Donner plus de souplesse, ça veut dire très concrètement, si lorsque j'étais maire de Provins, je recrutais un plombier, un maçon ou un électricien, il faisait le même travail que s'il travaillait chez l'artisan du coin.
Simplement, quand moi je le recrute en tant que maire, il est pratiquement pendant 70 ans à la charge du contribuable de la ville. Puisque 40 ans d'activité...
Si je vous écoute, vous vous dites que le nombre de fonctionnaires, c'est quand même un des moyens de faire baisser la dépense.
Je vais au bout de mon raisonnement. 40 ans d'activité, à peu près 20 ans de retraite, et 10 ans de pension de reversion. Si demain, on permet l'emploi contractuel, ça permet d'avoir des grilles de salaire qui pourraient être plus favorables pour les agents qui travaillent dans les collectivités. et en même temps, effectivement, de baisser cette pression fiscale. Mais ça ne peut se faire que sur les nouveaux entrants.
Si Christian Jacob était le candidat des Républicains, il jouerait sur le nombre de fonctionnaires.
Oui, mais de cette manière-là, ça n'est pas de dire on va baisser de temps. Ça, ça n'a pas de sens. C'est de recentrer aussi sur les fonctionnaires d'État, sur les priorités. Vous avez par exemple, en matière de sécurité, il y a aujourd'hui de la protection de bâtiments publics qui pourraient très bien être confiées à des sociétés privées de façon à avoir plus d'agents de sécurité, que ce soit des policiers ou des gendarmes, qui soient sur leur métier de base. Donc, on a là un certain nombre de souplesse. C'est de cette manière qu'on veut aborder les choses, mais la baisse de la dépense publique est une nécessité.
Si on ne baissera pas la dépense publique, je veux dire, on ne baissera pas les impôts et on ne baissera pas les prélèvements obligatoires. Christian Jacob, le président de la République, Emmanuel Macron,
vient d'écrire une lettre il y a quelques minutes aux jeunes sur Facebook. Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour m'adresser aux jeunes générations. La Nation sera là pour vous accompagner. Et il annonce la création d'un contrat engagement jeune. à partir du 1er mars, tous les jeunes de moins de 25 ans, sans formation, sans emploi depuis plusieurs mois, qui pourront toucher jusqu'à 500 euros par mois. Est-ce que c'est une bonne chose ?
Attendons de voir ce qu'il va y avoir dans cette proposition. Oui, parce que chaque semaine, pour ne pas dire chaque 48 heures, le président de la République fait une annonce. Vous avez vu d'ailleurs la réaction de la Cour des comptes sur l'insincérité du budget. Les conclusions sont cinglantes.
C'est un chèque de plus ?
C'est un chèque de plus. C'est un chèque de plus sans provision à ce stade. Puisque les annonces, le président de la République, en fait toutes les 48 heures, elles ne sont pas inscrites dans le budget. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire deux choses. Soit le président de la République ment sciemment en faisant des annonces, en sachant qu'il est incapable de les honorer. Soit le budget est insincère. Puisque ce sont des dépenses qui ne figurent pas dans le budget.
Mais Christian Jacob, vous les auriez laissées se débrouiller tout seuls ces jeunes ?
Mais simplement, ce n'est pas à six mois de l'élection présidentielle qu'on doit se préoccuper de l'immigration, de la sécurité des jeunes, du pouvoir d'achat, de l'emploi, de l'énergie.
Mais vous pourriez aussi vous dire mieux vaut tard que jamais.
Oui, enfin attendez, à six mois, on se fiche du monde.
Donc on ne fait plus rien pendant six mois ? On gèle tout ?
On n'a fait aucune réforme avant. C'est quand même le seul gouvernement qui a été incapable de faire aucune réforme de structure. Vous voyez, quand on parlait d'économie tout à l'heure, c'est aussi les réformes de structure. Je pense à la réforme des retraites. Depuis 25 ans, c'est le seul gouvernement qui a été incapable de conduire une réforme des retraites. Et qu'on ne nous parle pas du Covid et de la crise sanitaire. Il y a eu trois ans avant. Trois ans où il ne s'est rien passé.
Quand la garantie jeune existait, ça ne vous paraissait pas si terrible. Là, c'est juste élargi. La garantie jeune, c'est 200 000 jeunes. Là, ça va toucher plus parce qu'ils vont commencer dès 16 ans.
L'annonce, c'était un million de jeunes. Oui, ce sera moins. Déjà, là, on est passé...
Il fait trop ou il ne fait pas assez ?
Non, mais simplement, il fait mal. Il fait mal et on est dans la démagogie. On est à six mois des élections. Donc, il faut vite faire une annonce de plus. Comme il en fait une toute les 48 heures, je peux vous dire que la semaine prochaine, il y aura une autre annonce sur un autre sujet.
La chasse interdite pendant les vacances et le week-end, c'est une des propositions de Yannick Jadot. Vous êtes pour ou vous êtes contre ?
Autant dire qu'on interdit la chasse totalement. Tout ça n'est pas sérieux. Il y a eu des efforts énormes qui ont été faits par les chasseurs. Ils continuent à en faire. Au-delà de leur action en matière de protection de la faune et de la flore, vous savez, si vous avez la chance de voir des chevreuils qui se promènent en pleine aujourd'hui, c'est parce qu'il y a une régulation de la chasse qui a été très bien organisée par les fédérations départementales des chasseurs.
Entre l'interdire ou l'autoriser à 100%, est-ce qu'il n'y a pas quand même un juste équilibre à trouver ?
Non, il y a des accidents dramatiques. D'abord, on pense aux familles des victimes. C'est catastrophique ce qui s'est passé cette semaine. Et Dieu sait que les mesures de sécurité sont de plus en plus draconiennes. Il n'y a pas une chasse où l'organisateur ne rappelle pas les mesures de sécurité. C'est fait systématiquement, partout. Mais pour autant, il ne faut pas restreindre. Non, mais écoutez, je pense qu'à un moment, on peut difficilement aller plus loin. Et puis celui des jours de chasse, ça veut dire que toute la chasse populaire sera interdite. Qui peut aller chasser en semaine ?
Si vous ne donnez pas la possibilité aux gens qui chassent de le faire le week-end, ça veut dire qu'on veut interdire la chasse. les vacances scolaires, avec les zones de vacances étalées dans les différentes régions. C'est de la démagogie.
Christian Jacob, tout ça, c'est au moment de la COP26, qui est une autre parole écologiste. Est-ce que vous soutenez toutes les démarches de la COP26 ? Est-ce que quand vous entendez Emmanuel Macron hier qui dit que c'est quand même surtout la faute des gros émetteurs, vous soutenez ?
Oui, ça, il a raison. Il a tout à fait raison. Simplement, il faut sortir de cette logique de la contrainte ou d'un système punitif. Et puis surtout, avoir...
Vous en avez fait comment, vous ?
D'abord, la cohérence. Nous dire le président de la République aujourd'hui qu'il nous dit qu'il faut relancer le nucléaire alors qu'il nous annonçait il y a deux ans qu'il fermait 14 réacteurs, qu'il veut passer de 75% de l'énergie nucléaire à 50%, tout ça, c'est totalement incohérent. Le nucléaire, aujourd'hui, a un atout. Enfin, deux, plutôt. C'est l'énergie la moins chère, c'est l'énergie la plus décarbonée, et c'est celle qui permet aux Français aujourd'hui d'avoir un coût de l'énergie qui soit moins élevé que nos voisins européens.
Donc là, encore, niveau tard que j'aime, et peut-être que finalement, vous vous dites... Oui, non, mais enfin... Tous vos candidats sont pour le nucléaire. Emmanuel Macron, finalement, y revient.
Oui, mais enfin, quelle girouette, quelle inconstance. On ne peut pas dire en 2018 un rôle sur le nucléaire. Aujourd'hui, on le relance, tout ça n'est pas sérieux. C'est comme sur les biocarburants. Le nombre de fois où nous avons essayé de développer l'attractivité des biocarburants par une défiscalisation, nous avons été bloqués par le gouvernement. Aujourd'hui, on découvre effectivement les intérêts des biocarburants.
Nicolas Sarkozy sera à la barre aujourd'hui sur le procès des sondages de l'Elysée. C'est le président de la 32e Chambre correctionnelle de Paris qui a ordonné la comparution comme témoin de l'ancien président de la République. Il avait dit au besoin par la force publique. Finalement, Nicolas Sarkozy a dit qu'il irait sans avoir besoin d'être entouré par des gendarmes.
Écoutez, ce genre de propos est assez ridicule à l'égard d'un ancien président de la République quand même. Un peu de dignité.
Mais est-ce qu'il n'aurait pas pu spontanément dire oui, moi je viendrai témoigner ?
Oui, mais tout simplement, rien ne l'obligeait à y aller sauf effectivement cette décision. Donc Nicolas Sarkozy s'est toujours prêté aux décisions des juges et s'est toujours rendu partout.
Il doit parler ? Il peut d'ailleurs garder le silence ?
Oui, écoutez, c'est à lui de voir. Je ne sais pas. Mais vous savez, vous ne retirez pas l'idée des Français qu'il y a un acharnement contre un ancien président de la République. Je pense que ça n'a jamais été le cas pour personne, objectivement. Je pense que c'est ressenti par tous les Français.
Christian Jacob, entre Macron et Zemmour, je le dis, je préfère Zemmour. Voilà ce qu'a dit Eric Ciotti qui sera vraisemblablement candidat lui aussi à la primaire des Républicains. Et vous ?
Moi, je ne me réjoue pas à cette équation parce que moi, je suis convaincu que nous serons au deuxième tour.
C'est une façon de ne pas répondre pour vous.
Nous serons au deuxième tour. Et si vous y êtes là ? Moi, je voterai au premier, au deuxième tour pour notre candidat sans état d'âme et Eric Ciotti aussi.
Eric Ciotti aussi. Il l'a dit s'il y avait la droite. Sauf qu'il se dit aussi que si c'est Macron-Zemmour, il vote Zemmour. Oui, mais attendez.
On est à six mois de la présidentielle. Nous sommes aujourd'hui avec un vrai projet d'alternance. Des candidats qui sont engagés dans un processus de rassemblement. Nous avons gagné toutes les élections depuis deux ans. Donc, je n'ai pas de doute sur notre présence au deuxième tour de la élection présidentielle. Est-ce qu'Eric Zemmour,
c'est comme Marine Le Pen ?
Il se partage une partie du même électorat. Ils sont tous les deux. Le point commun, c'est qu'ils sont dans le constat et l'incantation. Mais quand même une vraie incapacité à sortir des propositions. Quand on voit qu'Eric Zemmour a proposé la suppression du permis à points, on va dire un peu de hauteur lorsqu'on veut être candidat à l'élection présidentielle.
Mais est-ce qu'Eric Zemmour, lui, revendique être l'héritier du RPR ? Vous vous dites aussi l'héritier.
Oui, de quel RPR ? Moi, je ne me souviens jamais de l'avoir croisé à un congrès du RPR. Le RPR a été incarné par qui en France ? Par Jacques Chirac. C'est lui qui l'a créé jusqu'à la création de l'UMP. Il en a été le président. Un des adversaires médiatiques les plus durs à l'égard de Jacques Chirac, ça a toujours été Eric Zemmour. Comme il l'a été de Nicolas Sarkozy. Et celui qui l'a taclé sans doute le plus violemment lorsqu'il avait dérapé sur le fait que Pétain aurait protégé des Juifs français, c'est Charles Pasqua. Donc, écoutez, c'est un RPR que je ne connais pas.
Est-ce que Eric Zemmour est d'extrême droite pour vous ?
Je l'ai dit à plusieurs reprises. Il est Zemmour, c'est-à-dire qu'il est dans des constats. Il prend des postures. Vous ne dites pas
qu'il est d'extrême droite ?
Je ne sais pas. Il partage effectivement lorsqu'il dit que Pétain a protégé des Juifs français. C'est ce qui a été dit parfois par l'extrême droite. C'est un constat.
Christian Jacob, président du parti Les Républicains et députés de Seine-et-Marne. Merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV.
Christian Jacob