Serge Zaka, cow-bay du climat / Droits de douane : quel avenir pour l’Europe ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonsoir, très heureux de vous retrouver pour un nouveau 28 minutes où même l'été a décidé de passer une tête pour rester au courant de la course du monde. Bonsoir à vous chers amis autour de la table. Bonsoir.
Et l'actualité c'est l'accord trouvé donc entre Ursula Van Derleyen et Donald Trump concernant les 15 % de droits de douan américain sur les produits européens. Pour certains, c'est une capitulation de l'Europe, pour d'autres un moindre mal. Alors, avec cet accord, l'Europe se soumettelle aux États-Unis ?
L'image d'une Europe faible ne risque-elle pas d'entacher la réputation du vieux continent en terme économique et géopolitique ? Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui pourraient animer les soirées les plus folles dans un club de vacances habillé en banane géante et qui bizarrement bah finalement préféré le plateau de 26 minutes.
Allez savoir. Bonsoir Quentin Darmond Marjola Delson. Bonsoir.
Bonsoir. Alors au programme ce soir Quentin véritable légende en Angleterre totalement méconnue en France, je vous présente ce soir Yan Brown. Le chanteur est à l'origine du groupe Oasis.
Je vous raconte tout à l'heure. Voilà. Et vous savez faire plaisir, je vous le dis personnellement.
Et vous Margerie ? On va partir à Singapour où une école propose des cours d'interaction humaine. Alors, ce n'est pas pour les extraterrestres curieux mais bien pour les humains, les jeunes notamment.
Je vous raconte ça tout à l'heure. Et on a hâte de découvrir tout ça. On vous retrouve en fin d'émission.
Car avant ça, méfiez-vous. Si votre enfant s'intéresse à la météo dès son plus jeune âge, il y a de grandes chances pour qu'à l'adolescence, il ait de mauvaise fréquentation type tonner, foudre, éclair. Tel est en tout cas le parcours de Serge Zaka, chasseur d'orage et pionnier de l'agroclimatologie qui ne conçoit pas de sauver l'agriculture sans sauver le climat.
Il vient nous en parler tout de suite dans 28 minutes. [Musique] Bonsoir Serge Zaka. Bonsoir à tous.
Alors vous êtes agroclimatologue. Vous publiez ce livre orage sur le climat publié chez Harper et Coline. Je vous présente l'équipe de 28.
Bonsoir Valérie Bechard. Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir Genest. Bonsoir. Alors Serge Dakia, forcément on va parler avec vous et bien agrocimatologie mais il y a une chose forcément à votre propos et je me devais de vous poser cette question, c'est par rapport à la manière dont vous êtes habillé parce qu'il est vrai que quand on parle climat on est rarement habillé comme vous comme une sorte de de cowboy du climat.
Alors pourquoi finalement ce style ? Est-ce que c'est vraiment quelque chose de personnel ou alors c'est pour porter l'attention sur vous et sur la cause que vous défendez ? Alors non euh pour répondre à la question, non ce n'est pas pour porter l'attention sur moi.
Il faut savoir que j'ai un chapeau de cow-boy depuis à peu près 15 ans. D'accord. Avant que je me retrouve sur les plateaux télé, avant que je parle du climat.
Je suis je suis pas juste agroclimatologue, je suis également chasseur d'orage. Donc ça rejoint peut-être plus ma passion, ce style vestimentaire un petit peu à on va dire à la au croisement des chemins entre l'aventure, l'art et puis la photographie. Donc je me retrouve un petit peu avec ce chapeau qui correspond, on va dire à ma personnalité.
Bon ben voilà déjà un mystère de résolu en tout cas euh dans cette émission. Allez Serge Jacqua, vous êtes ici parce que vous avez le profil idéal figurez-vous donc pour partager votre passion du ciel et du climat et c'est ce qu'on va voir tout de suite avec Olivier Boucreux. [Musique] Bonjour à tous, je suis Sergio Zakar.
Je suis une agroclimatologue, c'est-à-dire je travaille sur l'impact du changement climatique sur l'agriculture. Vous scrutez les orages alertés sur les récoltes interpellent les politiques pour nous aider à anticiper les changements liés au dérèglement climatique. Vous avez Serge Zaka, le profil idéal.
Né en 1989 sous les bombes dans un village au nord-est de Beyouth, vos parents choisissent l'exil et vous arrivez en France à 2 ans. Dans le var de votre enfance, vous levez très tôt les yeux au ciel. À 8 ans, vous commencez vos relevés météo.
À 13, vous rejoignez une communauté de passionnés. Vous comprenez vite que le climat ne dérègle pas que les températures. Il mett aussi à mal nos récoltes ou notre alimentation, mais personne n'en parle.
On a battu presque tous les records de douceur en France régulièrement ces quatre dernières années. Cette année, l'hiver 2021 est également très bien placé. Donc, c'est une tendance qui est observée depuis 20 ans mais qui s'accélère ces quatre dernières années.
Alors, vous tracez votre voix entre agronomie, climatologie et écologie. Vous devenez l'un des rares spécialistes d'une science encore méconnue, l'agroclimatologie. Votre mission anticiper ce que le réchauffement changera dans nos campagnes et nous aider à nous adapter.
Car pour vous l'agriculture est à la fois victime, actrice et solution du changement climatique. C'est pas le changement climatique en lui-même, c'est sa vitesse qui est problématique. En 2021, vous alertez sur un épisode de gel.
Vos tweets massivement partagés devancent les bulletins officiels. Sur les réseaux où vous vulgarisez sans relâche, vous devenez une figure suivie par agriculteurs, journalistes, scientifique. 2 milliards d'euros de perte plus tard, vous êtes une référence.
Vous insistez sur ce qu'on ne regarde jamais, les sols, les arbres ou l'absence de vrais hivers. Dans Orage sur le climat, vous racontez ce parcours mais surtout ce qu'il reste à faire. Déplacer les vergers, choisir d'autres cultures, repenser les filières.
Aujourd'hui, vous dirigez la plateforme en ligne Agroclimat 2050. Le but, cartographier les risques climatiques par région et par espèce. Et vous nous laissez cette phrase comme un signal clair : "L'agroclimatologie peut accompagner un réchauffement jusqu'à 3°gr, mais au-delà, ce ne sera plus une science, ce sera un constat d'échec." Voilà, Serge Zaka, il a de la recherche, hein.
Ah bah oui, on n pas hésité hein. Voilà, en effet. Alors justement, vous le dites dans votre livre, pour vous la médiatisation, elle commence en avril 2021, au moment où la France est frappée.
Donc nous sommes au printemps par un épisode de gel vraiment très très fort, très très puissant. Et à ce moment-là, vous recevez un coup de téléphone, celui du ministre de l'agriculture de l'époque Julien de Normandie. Vous vous avez averti les agriculteurs notamment sur les réseaux sociaux et le ministre vous dit "Mais comment vous avez fait pour prévoir finalement cette catastrophe ?" Et en gros, il découvre euh et bien vous ce que vous êtes agroclimatologue.
Est-ce que vous diriez que finalement il y a il y a un problème entre les connaissances finalement scientifique et les nouvelles connaissances en terme de climat et ce que savent les politiques ? Alors, il y a effectivement un trou entre la connaissance scientifique qui a ces deux pointes en France, on a LINRAE notamment qui travaille dessus et euh la connaissance des politiques de ces résultats scientifiques. Euh avril 2021 a été un exemple marquant puisque vous allez me dire il y a eu un épisode de gel 2 milliards d'euros de perte de rendement sur la vigne et l'arbriculture.
Qu'est-ce que ça à voir avec le changement climatique ? Bien sûr, c'est du gel. Et donc on m'a posé la question mais comment ça se fait que dans un contexte de changement climatique on a des dégâts du haut gel ?
Je pensais qu'il y en aurait moins. Effectivement, ce n'est pas le cas parce que d'après les résultats de mes collègues ou des travaux que j'ai pu effectuer à Linrae, et bien la douceur du printemps fait que on a une floraison qui sera de plus en plus en avance. Donc des végétaux qui sont plus sensibles au gel.
Certes, le gel est moins important en avril, mais vu que les végétaux sont plus sensibles à cause du changement climatique, la floraison avançant, et bien c'est bien un des constats du changement climatique. Les dégâts du gel augmentent. Et mon objet, c'est ce que vous appelez le faux printemps.
C'est ça. Le faux printemps, c'est ça. Et pour prendre une bonne décision politique derrière, c'est-à-dire d'adapter les variétés, d'adapter les espèces, de changer d'air de répartition de la plupart des arbres fruitiers en France, il faut que les politiques prennent bah conscience de ce problème scientifique et mon rôle est d'apporter ce gap entre la science et le politique pour qu'on d'ailleurs on prenne les meilleures décisions.
Alors justement, vous êtes agroclimatologue, on l'a dit, ou docteur en écophysiologie végétale, je me trompe pas. Donc vous étudiez l'impact de l'environnement sur les plantes. Une discipline longtemps restée marginale.
Sauf qu'aujourd'hui tout le monde s'y intéresse. On l'a dit avec Julien de Normandie, mais là très récemment avec la ministre de la transition écologique Agnè Panier Unachia qui vous vous avait donné un cours très récemment. Comment vous expliquez que cette discipline, que ce domaine de recherche soit si peu considéré ?
Alors, il est si peu considéré déjà premier plan, c'est qu'il est resté trop longtemps dans les centres de recherche. L'écohysiologie, l'agroclimatologie. Ce sont des sciences qui existent depuis 50 60 70 ans dans nos centres de recherche et qui restent entre chercheurs.
Alors, on a des chercheurs excellents en France qui travaillent sur ces domaines à Line Raée, à Dijon ou dans le sud-ouest de la France, mais déjà on n'est pas assez nombreux. Et de deux, il faut que ça sorte des centres de recherche parce que quand ça sort des centres de recherche, ça se retrouve dans les mains des agriculteurs pour qu'ils prennent les meilleures décisions et des politiques pour qu'ils prennent les décisions financières, économiques adéquates pour soutenir l'agriculture. Et de avril 2021, j'étais dans des centres de recherche silencieux.
Je travaillais conscientusement tous les jours. J'allais au travail tous les jours, je faisais mon travail. Et quand j'ai réalisé que les travaux que mes collègues ou que j'ai que j'ai fait n'étaient pas lus, je me suis dit "Attendez, je suis pas en train de travailler pour rien.
Je vais sortir de la recherche publique pour m'orienter vers la vulgarisation scientifique." C'est comme ça. C'est quand on comprend le problème qu'on prend les meilleures décisions que ce soit en agriculture ou dans d'autres domaines.
Alors ça cas, vous nous avez décrit auparavant les principaux risques aussi he qui nous attendent en terme de concernant le réchauffement climatique. Il y a pas seulement que la chaleur, il y a aussi il peut y avoir aussi le gel. Mais il y a aussi donc on a dit donc des étés plus chauds, on va le voir avec vous Julia et surtout des vanges aussi plus précoces.
Ça pourrait fragiliser ben les vins français he les vins d'exception. Alors comment les vignerons s'adaptent justement au changement climatique ? Alors et si le vin de Bordeaux était désormais produit sous serre ?
C'est en cours d'expérimentation à Blancfort en Gironde. Des plantes Cabernet et de Sauvignon qui poussent sous vert et tout est contrôlé. La température, l'humidité, l'ensoleillement ou encore la ventilation.
Ça permet de protéger les vignes, des aléas climatiques et des maladies qui se transmettent par les insectes. Résultat concluant à tel point que d'autres sers pourrait bientôt voir le jour. Autre idée ?
Tout simplement changer de région, pourquoi pas pour produire du vin. Il va faire trop chaud dans le sud de la France, à contrario, il va faire de plus en plus doux dans le nord. Alors, certains vignerons décidé de s'installer dans des territoires plutôt connus pour la production de lait ou de pommes de terre, par exemple.
Donc la Bretagne, la Normandie ou encore les Hautes France où figurez-vous Jean-Mthieu, il y a un vin produit dans le bassin minier. Il s'appelle et oui le charbonnet. Charbonnet parce que les vines poussent sur les pentes charbonneuses d'un terrible.
Alors est-ce que ça va être ça l'agriculture du futur en tout cas en France des secteurs des pentiers de l'agriculture en fait qui vont migrer vers d'autres régions ? Alors oui effectivement c'est le cas. On a des migrations qui s'en court.
Je reviendrai juste sur les serres. N'oublions pas qu'on a une notion de terroir sur laquelle on est très impliqué en France et qu'il faut garder quand même notre identité, nos terroirs les sers, je ne pense pas qu'elles pourront être partout en France sur la ville. Mais en tout cas dans ces notions de terroir, sur les migrations aussi, sur les migrations de culture, sur les migrations, en fait, on parle même de migration de terroir parce qu'un terroir c'est un climat, un sol et l'homme qui travaille ce climat et ce sol.
Ce qu'on observe, c'est que le climat évoluant, le terroir va forcément évoluer. Donc le goût des productions évolue forcément. Les vins de Bordeaux sont d'ailleurs plus alcoolisés, ceux de Lang Rousillon également.
On gagne à peu près 2 degrés de potentiel d'alcool. Et donc le climat remontant par le sud, on va découvrir de nouvelles terres viticoles. C'est déjà le cas au sud de l'Angleterre en Belgique.
À tel point qu'on se pose la question et d'ailleurs j'étais invité en Belgique pour ça, se poser la question est-ce que le vin sera peut-être plus célèbre que la bière en Belgique d'ici 2070 dans la partie sud de la Belgique ? Donc ça c'est des une forme d'adaptation au changement climatique, c'est délocaliser les terroirs et toutes ces connaissances, toutes ces informations, vous les diffusez sur les réseaux sociaux, notamment sur X vous vous faites insulter à peu près toutes les je sais pas toutes les minutes, toutes les 5 minutes. Pourquoi vous continuez à faire ça ?
Est-ce qu'il y a une vertu pédagogique à essayer de de confronter les climatoceptiques ? Vous savez, quand je je communique ce risque, en général, je travaille avec des faits. Hm.
Quand on a des mesures, quand on a des faits, ben on est à peu près certain de la posture qu'on prend par pour adapter l'agriculture au changement climatique. Il m'arrive de faire des erreurs. J'ai notamment fait une erreur sur le rendement du blé dans le nord de la France cette année.
Euh mais globalement, j'essaie de de faire cette pédagogie pour que nos agriculteurs qui qui me suivent en grande quantité en sur les réseaux sociaux s'adaptent au changement climatique, que ce soit les politiques, les agriculteurs ou d'autres types de décisionnaires. Alors qu'on m'insulte sur les sur les réseaux sociaux pour mon physique ou pour d'autres aspects de ma science, ça m'est complètement égal. Parce qu'il faut savoir que 5 % des personnes qui m'insultent représentent une minorité, mais 95 % des mails que je reçois en privé, bah sont des mails qui me remercient en fait des préventions que je fais sur les réseaux sociaux.
Donc je continue pour cette majorité silencieuse qui sur laquelle je dois continuer. Quand vous voyez de temps en temps les climatosceptiques sont souvent anonymes mais quand vous voyez qu'aujourd'hui le climatcepticisme touche même la classe politique. Oui.
Puisqueaujourd'hui l'environnement n'est plus véritablement à la mode dans le monde politique. Qu'est-ce que vous en pensez de justement de ces politiques servent de ça ? Alors l'environnement n'a pas être à la mode.
L'écologie n'a pas être à la mode et la climatologie n'a pas être à la mode. C'est une science de long terme, c'est une science d'adaptation. C'est une science dont les décisions qu'on prend maintenant ont des impacts sur nos enfants dans 20 30 ans.
Quand on délocalise un vignob, quand on délocalise un AOC, un IGP, les pruneaux d'Agin, les pistages de Cavaillon, les agrumes dans le lang d'occusion maintenant, ce sont des arbres qu'on plante pour nos enfants, pas pour nous. Donc ce que je trouve dommage dans la politique, c'est qu'on est sur une politique du pansement suivant l'air du temps. Suivant l'air du temps.
C'est-à-dire que là, on a Trump qui a été élu, maintenant l'écologie passe sous le tapis comme si euh c'était des décisions sur le court terme qui doivent un impact sur le court terme. Et en fait, les décisions qu'on perd maintenant en écologie et en agroclimatologie, c'est des grosses décisions pour dans 20 ans. Et c'est ça qu'il faut comprendre.
Il faut se détacher de la science du de la politique du pensement et réfléchir à la science à long terme. C'est notamment sur ça que je communique sur les réseaux sociaux. C'est bien noté.
En tout cas, votre livre Serge Zaka orage sur le climat, c'est publié chez Harper et Collins, il faut le lire notamment vers le 15 août puisque ça sera la saison des orages il commence. Merci à vous en tout cas d'être passé ce soir par le plateau de 28 minutes. Allez, passons maintenant à notre débat.
Ce sera finalement 15 % l'accord conclu dimanche soir entre la présidente de la Commission européenne et le chef d'État américain concernant les droits de douane sur les produits européens vendus aux États-Unis fait sévèrement grincer des dents. Certains parlent de soumission alors que d'autres évoquent un meilleur accord qu'attendu. Alors l'Europe a-t-elle un genou à terre face aux États-Unis ?
Sera-t-elle restée unie alors que certains pays de l'Union sont plus impactés que d'autres ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swem. [Musique] Entre deux parties de golf en Écosse, Donald Trump para devant les caméras.
Il a bel et bien obtenu une hausse des droits de douane sur les exportations européennes et ce ris sur le gâteau, la présidente de la Commission européenne en personne défend ses mesures. Vous pouvez appeler cela honnêteté, vous pouvez appeler cela un rééquilibrage, nous avons un surplu, les États-Unis ont un déficit et nous devons le rééquilibrer. Alors que la balance commerciale penche trop en faveur des Européens à son goût, Donald Trump avait menacé d'introduire des taxes à 30 %.
Les Européens ont obtenu un taux de 15 % finalement. Oursou la Vleyenne a tenu à présenter cela comme une victoire. Pas de quoi convaincre pourtant François Bairou qui s'est fendu d'un tuite ne s'embarrassant pas de précautions oratoires.
C'est un jour sombre que celui où une alliance de peuple libre rassemblée pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts se résout à la soumission. Des Européens qui semblent être mis devant le fait accompli. Mais pour certains, c'est un moindre mal.
Compte tenu de la situation initiale que nous avions avec les États-Unis d'Amérique, il n'était évidemment pas possible d'obtenir davantage. Il ne s'agit pas d'un accord conclu entre le président Donald Trump et Ursula Van Derleyen. Ce qu'il s'est passé, c'est que Donald Trump a mangé Ursula Van Derleyen au petit-déjeuner.
C'est cela qui s'est passé. Quelques rares secteurs comme l'aéronautique échappent au coup prédoués des Américains. Malgré la hausse des taxes, certains professionnels avouent leur soulagement. tous les semaines quasiment, on avait des nouveaux scénarios.
Donc des scénarios à 30 %, des scénarios à 200 %, des scénarios à 0 %. Et pour les entreprises, c'est impossible d'investir. Vous imaginez, il faut 3 semaines entre le moment où vous mettez sur un bateau un parfum et où ils arrivent aux États-Unis, en fait, vous ne savez pas dans quelles conditions être vendu.
Mais les demandes de Donald Trump ne se sont pas arrêtées au droits de douane. Il exige que l'Union européenne achète davantage américain plus 750 milliards de dollars d'achat d'énergie et plus 600 milliards d'investissements supplémentaires aux États-Unis. Alors, cet accord est-il un moindre mal ou une humiliation ?
Est-ce un coût fatal pour l'Union européenne ? L'Europe sera-t-elle aussi audible après cette séquence ? Doit-elle se tourner vers d'autres marchés ?
Et pour en parler ce soir, nous recevons Théo Verdier. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes cirecteur de l'observatoire Europe à la fondation Jeanor Jean Jorè, pardon. Vous avez participé au rapport de cette même fondation 2005-2025 20 ans qui ont transformé l'Europe. Selon vous, cet accord est un moindre mal au vu des armes dont la Commission européenne disposait.
Aujourd'hui, dites-vous, l'Europe doit d'urgence s'autonomiser et varier, c'est déboucher. À vos côtés, Éric Albert. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes journaliste économique au monde. Selon vous, c'est une défaite absolue et complète de l'Union européenne qui est dure face aux faibles, dites-vous, mais s'écrase face au fort.
Désormais, à tout moment, la Chine peut réclamer la même chose. Et puis Sylvie Matelli, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes économiste, directrice de Institut Jacques Deor. Votre livre géopolitique de l'économie est paru aux éditions Hérol. Selon vous, Donald Trump est en train d'écrire une nouvelle page de notre histoire économique.
On est entré dans un monde de repli sur soi, du œil pour œil, d pour dent. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Valérie. Et la phrase du jour, oui, cette phrase c'est la suivante, c'est le plus grand accord jamais conclu.
Voilà, tout est résumé ici he du point de vue du président américain évidemment qui s'est donc mis d'accord avec Ursula Van Derleon pour que les produits européens débarquant aux États-Unis soient taxés à 15 %. Les produits américains, eux, ne subiront aucune taxe quand ils entreront sur le territoire européen. Sylvie Matelli, il a donc tout gagné Donald Trump.
C'est ça qu'on appelle l'art du deal. Bah, ça semble être ça, ce qu'on appelle l'art du deal. Effectivement, si l'accord a été a été ainsi passé, on a on a cédé pas mal de terrains.
Moi, je m'interroge quand même sur cet accord. Il est où l'accord ? Il a été signé quand ?
Par qui ? On a vu Donald Trump déplier une espèce de petite feuille toute froissée avec des choses écrites en très gros. Les lire oursola Verlion quiessé mais il y a quand même pas mal de flous cet accord.
Il y a quand même pas mal d'éléments à clarifier. On a un accord et ça a été répété trois ou quatre fois par madame Vlon un accord un accord un accord un accord. Il y a bien que ça qui qui dominait.
Donc reste à voir. Euh ce qui est certain, c'est que l'impression qu'il reste, c'est qu'effectivement Donald Trump a gagné et qu'on a tous aidé. C'est ça.
Euh euh ça c'est c'est dramatique et c'est plus dramatique que l'accord en tant que tel et que les conséquences économiques de cet accord. Euh le sujet ensuite c'est il se passe quoi ? Qu'est-ce qu'on fait ?
Alors Théo Verdier tout de même ce qui a été assez étonnant hier c'est qu'on a vu François Verrou le premier ministre avoir des mots très durs hein dans son tweet. il parle lui-même de soumission d'une Europe qui se serait totalement soumise aux États-Unis. Ça voulait dire quoi ?
C'estàdire que la France voulait aller plus loin, voulait aller véritablement au bras de fer avec les États-Unis. Deux éléments. Premièrement, je crois que si nous étions allemands ou italien aujourd'hui, nous ne serions pas si attristés par cet accord.
La France est l'un des pays voir l'un des seuls qui était pour une logique de bras de fer en tout cas en terme d'affichage. Mais je ne crois pas qu'urela Vanderen, il soit allé sans en discuter avec le commissaire français Stéphane Séjourné ni avec Emmanuel Macron. Donc dans le propos de François Baou, il y a à minima de la faiblesse politique puisque personne ne lui a répondu au niveau européen et peut-être un peu d'hypocrisie nationale.
Et là-dessus, un élément c'est que je crois que la commission est persuadée d'avoir fait ce qu'elle pouvait de mieux avec les armes qu'elle avait puisqu'elle avait une violence externe à laquelle elle est pas préparée. le coup de bouti de Donald Trump et un désalignement interne puisque et on le voit bien sur un autre sujet qui est le Mercosour, la France est sur le sujet du commerce extérieur assez isolé de ses partenaires. L'Europe est une démocratie.
Ce sujet-là va passer au Parlement européen, au Conseil. Si euh la coalition gouvernementale française voulait amener le gouvernement à se positionner contre et à monter une coalition, elle le peut. L'Europe est une démocratie.
Donc il faut pas voir ça comme une technocraie qui nous impose quelque chose. Euh il y a un jeu politique en Europe et on peut jouer avec ces armes-là. Euh Éric Albert Ursula von a dit il vaut mieux une mauvaise paix qu'une guerre commerciale.
Vous êtes d'accord avec ça ? Non, je suis pas d'accord pour une raison simple, c'est l'Union européenne est un impolitique parce que effectivement elle est divisée sur les questions géopolitique, elle est divisé sur les questions de d'armées. Il y a 27 armées, elle a une puissance, c'est la puissance commerciale.
On a une union douanière, les mêmes droits de douane pour tout le monde. On est 450 millions de consommateurs. C'est une vraie grande puissance.
Et en plus, on a les armes juridiques pour répliquer depuis maintenant 2 3 ans, on a préparé, l'Union européenne a préparé un certain nombre d'armes juridiques pour pouvoir répondre à ce genre de droit de doigt, notamment répondre au niveau des services, donc par exemple contre les gars femmes si si jamais on on était attaqué là-dessus. Donc on avait tout et politiquement on s'est dégonflé. À court terme, c'est un bon calcul.
La guerre commerciale aurait coûté plus cher à l'Union européenne. Bien sûr qu'une guerre commerciale coûte cher. À moyen terme, ça ça envoie quoi comme message ? message aux Chinois, c'est allez-y, vous pouvez demander ce que vous voulez à l'Union européenne, il y a pas de problème.
Le message à Trump, c'est pareil. Vous pouvez taper sur l'Union européenne, ils seront contents quand vous arrêterz de taper, ils diront merci. C'est politiquement à mon avis absolument catastrophique.
C'est alors vous le disiez Théo Verdier, si on avait été allemand ou italien, on aurait pas reçu et bien cet accord de la même manière. On va voir avec vous Julia justement quels sont les pays européens particulièrement touchés par ces droits de douanes ? Alors, il y a les Allemands d'abord, même s'ils sont soulagés hein par les 15 % parce qu'ils craignaient les 30 %, leur économie reste tout de même fragilisée par ces droit de douane car en Europe, ce sont eux qui vendent le plus de de marchandises aux Américains, des voitures notamment ou des produits pharmaceutiques pour une valeur d'environ au total de 160 milliards d'euros en 2024.
Et puis on l'a appris, notamment les médicaments qui devraient être taxés à hauteur de 15 % alors qu'avant ils étaient exemptés. Au début de l'année, d'ailleurs, la banque centrale allemande avait averti le produit intérieur brut du pays pourrait baisser de 1 % à cause des droits douanes. L'Irlande aussi va être touchée parce que comme l'Allemagne, c'est un gros vendeur de produits pharmaceutiques aux États-Unis, d'ailleurs dans un communiqué, le gouvernement irlandais a dit, je cite, "Regé ce nouveau taux de 15 %." L'Italie et la France, ils vendent de moins de marchandises aux Américains, mais certains secteurs sont particulièrement touchés. les équipements de transport, l'agroalimentaire quant au luxe, poids lourd de l'économie française, on ne sait pas encore s'il bénéficiera d'une exemption.
On verra ça dans les prochains jours peut-être. Allemande, Irlande, Italie ou France, voilà les pays particulièrement touchés par ces droits douanes. Et à contrario, la Grèce, la Hongrie ou encore le Portugal, eux sont beaucoup moins exposés parce qu'ils vendent et bien beaucoup moins de marchandises aux Américains.
Sylvie Matelli, est-ce que les États européens qui vont qui se sentent les plus impactés par ces droits douanes, est-ce qu'il pourrait en fait bloquer la ratification de cet accord ? Alors si tentez qu'il y ait ratification parce qu'il y a des procédures qui peuvent qui peuvent être plus rapides et que la commission a une compétence en la matière, mais il est clair que si une majorité qualifiée, donc une majorité des 2/3 décide de s'unir pour empêcher euh cet accord, cet accord peut tout à fait être empêché mais c'est ce qui a été dit il y a quelques instants effectivement. Donc tous les recours sont possibles.
La question qui se pose, c'est est-ce que véritablement il y a une volonté de de recours et de s'opposer à Donald Trump et d'entrer dans un ou de de se positionner face à un risque de de guerre commerciale ou pas ? Où est-ce que les réactions sont une simple hypocrisie ? Mais en fait, on avait très très peur et on a on a fini par accepter.
C'est pas l'Europe qui a accepté toute seule, ce sont les 27. Stéphane Séjourné était parfaitement au courant des négociations. Emmanuel Macron aussi, Frédéric Merz aussi.
Donc l'accord euh sera pas bloqué à postériori. François Baïou peut peut crier tout ce qu'il veut. Ça ne changera pas grand chou le scénario comme quoi Uren était toute seule euh aujourd'hui face à Donald Trump alors qu'en fait tout le monde est au courant.
C'est bien pratique. C'est toujours bien pratique de lui taper dessus. C'est ça.
Un un élément je crois qu'il faut pour se projeter dans la vision de la politique communautaire sur ce sujet. L'idée c'est de fermer le dossier. Alors je sais pas si c'est vrai si ça va arriver mais de fermer le dossier de la négociation commerciale américaine et de se projeter vers l'extérieur dans la négociation d'accord de libre échange avec l'Indonésie, l'Inde, les Émirats arabes Unis et de se dire on va diversifier nos débouchés pour que dans 5 ans soit pas dans la même solution.
Et deuxièmement, se dire on va simplifier euh au niveau la régulation, au niveau de l'Europe dans notre économie interne. Un mot tout de même aussi Eric Albert, est-ce qu'avec cet accord euh Trump finalement a un peu je mets entre guillemets enterré aussi l'Union européenne ? On sait les mots très durs hein qu'il avait contre l'Union européenne depuis son retour à la Maison Blanche.
Est-ce que là il a réussi en effet avec cet accord ? Ah bah sur la forme, c'était une humiliation complète. Il a convoqué Leen dans son golf luxueux en Écosse.
Ouais, en Écosse. Euh, il lui a fait la leçon pendant 20 minutes. La la conférence de presse préalable aux négociations était extraordinaire.
Pendant 20 minutes, toute la tension était autour de lui. Vlon a vaguement dit deux mots. Elle était extrêmement tendue parce que les négociations n'avaient pas encore eu lieu.
Et après, elle a expliqué toute seule le deal. Trump a lu d'abord sa feuille, effectivement, ils étaient deux puis ensuite c'est Ven qui allait s'expliquer toute seule. Donc sur la forme, c'était une humiliation absolument complète.
Sylvie Matelli, le 24 juillet dernier, c'était là il y a quelques jours, l'Union européenne avait validé le paquet de sanction à hauteur de 93 milliards d'euros. Pourquoi cette poste n'a pas été mise sur la table ? Alors, elle aurait été après le 1er août si accord n'avait pas été conclu.
Et la question qui c'est c'est une vraie question le pourquoi. Qu'est-ce qui s'est passé entre le 24 juillet et ce weekend ? Donc qui était le quoi le 27 juillet ? entre les deux, les Européens sont allés en Chine et vraisemblablement ils n'ont pas obtenu ce qu'ils voulaient ou en tout cas le sommet qui devait commémorer les 50 ans de la relation entre l'Union européenne, c'était quoi les Européens ?
C'était davantage de participation de la Chine, voilà, de coopération avec la Chine ou une compréhension de la Chine, des enjeux qui se jouaient et vraisemblablement ils ne l'ont pas obtenu. Est-ce qu'il y a un lien de cause à effet ? Je n'en sais rien mais en tout cas moi j'y vois j'y vois pas forcément un hasard.
On le saura dans quelques dans quelques jours mais j'y vois pas forcément un hasard. Il y a un autre élément que je voulais rajouter à ce que disait Théo à l'instant, c'est que au-delà de nos partenaires, on est aussi un grand marché. On est aussi un grand marché de 450 millions d'habitants, donc de consommateurs potentiels.
Donc là aussi, c'est vrai que l'Europe sort fragilisé de cette séquence qu'un certain nombre de d'enturopéens commencent à dire "Ah ben qu'est-ce qu'on fait dans l'Europe ? Finalement, regardez les Britanniques, ils ont mieux négocié que nous." Je rappelle que les Britanniques ont un déficit commercial, donc quand on est isolé, on est moins fort.
Mais pourquoi ne pas capitaliser aussi sur nos atouts et mettre en œuvre très rapidement ce que préconise les rapports Dragui et l'État ? Justement, Théo Verdier par rapport à cette différence de traitement entre l'Union européenne et les Britanniques, 15 % pour l'Union européenne, 10 % pour les Anglais. Comment vous vous expliquez cette différence ?
Ce chiffre veut rien dire. Le Royaume-Uni a une balance commerciale qui est quasi euh à égalité avec les États-Unis en terme d'import et d'export. Et donc ça fait très plaisir aux opposants du projet européen de le dire.
Mais économiquement, ça n'a aucun sens comparer les deux. Par contre, la vérité c'est que le modèle chinois de négociation c'était on va monter haut, très fort jusqu'à 100 % de droit de douane et il va falloir se faire mal quelques mois jusqu'à que les deux parties redescendent. Et en fait en Europe, on n' pas cru avoir les moyens économiques et politiques notamment à cause de la guerre en Ukraine d'avoir ce rapport de force avec les États-Unis.
Éric Albert, est-ce que cet accord aussi dépasse le cadre économique ? On l'a un peu suggéré là depuis le début de cette conversation, mais voilà. Est-ce que c'est aussi un message envoyé à la Russie, à la Chine ?
S'il est envoyé clairement à la Russie, à la Chine, c'est cryptique quand même. C'est Donald Trump a une obsession depuis 30 ans, c'est les droits de dou. Je pense qu'il y a le reste du monde qui arnaque, c'est son mot les États-Unis.
C'est faux hein. C'est la plus grande relation commerciale au monde les États-Unis et l'Union européenne avec des échanges parfaitement équilibrés. Il y a plus d'exportation de marchandises, c'est vrai, mais il y a plus d'importation de services dans l'autre sens et en plus il y a un certain nombre d'entreprises américaines qui rapportent leurs dividendes aux États-Unis.
L'un dans l'autre, c'est égal à 3 milliards près. C'est vraiment égal. Donc cette idée euh qu'il a dans la tête et que Vander Lenan a d'ailleurs accepté disant "Oui, il y avait un déséquilibre, il fallait rééquilibrer." C'est faux.
C'est absolument faux. Encore une fois, on avait les moyens de répondre, on a refusé l'obstacle, on a refusé d'aller à la confrontation, on a refusé de se faire mal mais sur le long terme, ça risque de coûter très cher. Si dit Mat justement sur le long terme, ça veut dire qu'aujourd'hui, comme vous l'avez dit, on est à la mercie aujourd'hui de tout le monde voyant que l'Europe est faible. c'estàdire en effet de la Chine et que même géopolitiquement ou même sur les marchés, ça veut dire qu'aujourd'hui l'Europe ben c'est fragile.
Il y a il y a deux dimensions à la fragilité. Il y a la dimension objective, on est fragile, on est et puis il a la dimension plus subjective, comment on se positionne et comment on assume une certaine force. Et en fait, c'est très paradoxal ce qui s'est passé ce weekend parce que je pense qu'un autre élément qui a pu jouer, c'est la question ukrainienne.
On a besoin des États-Unis encore quelques années pour notre défense. Espérons que ce ne sera que quelques années. Et donc, il fallait absolument pas fâcher euh Donald Trump.
On a besoin de cesser le feu très vite pour nous donner le temps de respirer pour donner pour permettre à l'Ukraine de sortir de cette guerre pour nous défaire aussi Vandorian a dit de notre dépense au pétrole russe. C'est ça. C'est ça.
En plus en l'occurrence le seul truc c'est qu'en signant un tel accord en se soumettant au temp on donne un signal quand même extrêmement fort à Vladimir Poutine c'est que finalement on a que on a que de la chat si vous me permettez l'expression. On est capable de se positionner sur plein de choses mais de de déclarer plein de choses mais à la fin quand il faut agir on agit pas. Donc ça c'est ça c'est extrêmement extrêmement dommage.
Allez, on va on va partir dans notre beau placard archivez-vous. Il est vraiment bien. Et remont le 9 septembre 2024.
Ursula Vlen et Mario Dragy présentent alors un plan pour l'avenir de l'Union européenne. À l'approche de l'automne, l'ex-président de la Banque européenne n'est pas des plus optimistes. L'Europe est une terre, un continent de valeur.
Celle de l'Union européenne sont prospérité, équité, liberté, paix et démocratie dans un monde durable. Et si l'Europe ne peut plus offrir cela à ses citoyens, elle perdra sa raison d'être. Les valeurs comme le climat et la croissance sont étroitement liées à nos principes fondateurs.
C'est pourquoi ce que nous faisons aujourd'hui est devenu existentiel. Voilà Therie, les mots sont forts. Commercialement environnemental, là on a l'impression que ce sont des mots qui n'existent plus.
Si on avait respecté en effet les recommandations de Mario Dragui, est-ce que cet accord aurait été signé ou même pas signé ou même aurait été discuté ? On va dire ce qui est sûr, c'est que cet accord, c'est l'antithèse de l'agenda de l'Europe puissance puisque un nos industriels vont en souffrir premièrement puisque ils sont et notamment allemand italien mais pas que orientés vers l'export. Alors en France, on souvent un peu les meubles avec la question de l'aéronautique, mais nos industriels vont souffrir.
Deuxièmement, on le voit bien dans cet engagement à acheter plus de d'équipements militaires américains. Alors en vrai, je crois que c'est assez flou et personne va savoir comment ça va se concrétiser. Mais en tout cas, dans l'engagement rhthorique, on va pas vers l'indépendantisation qui nous permet de continuer à acheter, de bâtir une autonomie stratégique européenne. l'Europe puissance qui est la force industrielle et la force militaire ou la force de l'industrie de l'armement et qui est synthétisée dans le rapport d'Ag et ben c'est vraiment le contraire de ce qu'on est en train de faire.
Donc à court terme je crois que c'est ce que la commission estimé pouvoir faire de mieux pour sauver les meubles. Mais c'est clair qu'à long terme c'est pas la bonne direction. H alors peut-être justement d'autres directions à suivre en tout cas pour le ministre chargé du commerce extérieur.
Il n'y a pas que les États-Unis dans la vie. L'Europe peut trouver aussi d'autres débouchés commerciaux ailleurs sur la planète. On écoute Laurent Saint-Martin.
On peut aussi aller chercher des accords commerciaux avec le reste du monde. Regardez l'Inde, l'Indonésie, les pays du golf, tous ces pays-là ont envie de commercer avec l'Europe et on peut aller chercher là pour le coup des baisses, des baisses de droits de douane avec ces zones du monde. En 2026, malgré cet accord déséquilibré avec Donald Trump, l'Union européenne peut sortir avec moins de droits doudoine globaux parce qu'avec d'autres zones du monde, nous aurions eu des accords commerciaux qui nous seront favorables.
Éric Albert, est-ce qu'il faut développer des accords de libre échange avec d'autres partenaires ? C'est envisageable, même souhaitable. C'est envisageable et souhaitable, mais ça ne compensera absolument pas le marché américain.
C'est la première puissance économique au monde. Les Brexiteurs ont joué ça. J'ai habité au Royaume-Uni pendant longtemps, j'ai suivi le Brexit de très près.
Les Brexiteurs disaient "Vous allez voir, on va commercer avec l'Inde, on va commercer avec l'Australie. Certes, mais enfin ce sont des pays qui sont lointains, qui sont moins gros. Donc passons des accords de libre échange avec le Vietnam et l'Indonésie.
Mais mais ça changera pas grand-chose au PIB européen, pardon. Donc le problème c'est quand on fait face à la première puissance économique mondiale, c'est avec eux qu'il va falloir résoudre le problème, pas avec le reste du monde. Si c'est vrai que vous avez dit au début de ce débat que pour l'instant on n'a pas vu d'accord.
La trace écrite parce que ça va être long, il va falloir que ça soit ratifié. Il faut aussi que les 27 donnent leur accord. Mais ça veut dire que si on met trop de temps, si cet accord n'est pas ratifié, à votre avis aujourd'hui Donald Trump peut repartir sur des droits de douane excessifs comme il pensait les mettre en place auparavant.
Bah, il est totalement imprévisible. Donc, je vous répondrai sûrement pas non à cette question et surtout que la négociation ne fait que s'engager puisque l'accord reste très flou si tentez qu'il y ait un accord et qu'il va falloir négocier ligne par ligne, élément par élément, exemption par exemption et qu'il peut se fâcher tout rouge à un moment donné. Ouais, c'est ça.
Oui, un un élément juste sur l'interview du ministre lundi matin, il faut mettre un avis de recherche sur la Commission européenne. Je veux dire, le gouvernement français est venu expliquer aux Français sur la première matinale de France, non pas ce que la commission avait négocié, mais ce que lui il aurait négocié dans un monde idéal. Mais c'est à la commission de venir défendre son agenda à la compétence exclusive.
La France est le deuxème pays de l'Union et c'est celui qui est le plus opposé à ces questions de libre échange. Donc je ne comprends pas pourquoi ils refusent de défendre leur agenda. Mais pour comment vous l'expliquez ?
Est-ce que justement c'est pas un agenda politique qui se cache derrière ça ? Vraiment, c'est un mystère. Comment est-ce que en fait en France, dans le débat public, on entend que des commentaires franco-français opposés à cet accord et je crois profondément qu'au niveau européen, on est persuadé que c'est ce qu'on pouvait faire de mieux.
Pourquoi personne porte ce discours ? C'est un mystère. Eric Albert, il y a il y a certes la Commission qui a défendu sa position, mais les réactions dans le reste de l'Union européenne sont quand même très très mitigées.
He Méloni disait bon c'est mieux que rien, mais c'est très mitigé. Il va pas encore négocier Fredmer. Le chancelier allemand pareil, aurait préféré mieux et le patronat allemand a tiré la langue en disant franchement c'est pas génial.
Il y a pas grand monde de content quand même dans cette affaire hein. C'est ça. Oui, c'est du matell.
En effet, on voit en effet un un accord qui ne contente finalement personne en fait et et qui donne l'impression comme on l'a dit précédemment que madame Vanayon est allée toute toute seule. Dimanche, elle s'est réveillée dimanche matin en se disant "Ce soir, je signe avec Donald Trump quoi qu'on dise tous les autres." En fait, c'est pas comme ça que ça s'est passé.
On est on a elle a négocié sous mandat et elle a tenu informée y compris dimanche dans la journée tous ses partenaires de ce qui allait se passer et de ce qui allait se jouer. Donc elle avait quelque part l'aval aujourd'hui. C'est c'est peut-être le on joue peut-être le jeu du bad cop.
C'est-à-dire elle est allée signer, voilà, elle a obtenu son accord et puis on se positionne parce que il faut bien faire comprendre qu'on cera pas surtout et aux opinions publiques surtout que derrière ce symbole désastreux de la signature d'un accord où on s'est plié, ben on va on va peut-être résister, souhaitons-le, souhaitons qu'on se réveille et qu'effectivement on on assume on assume un rapport de force. Donc j'ai quand même l'impression qu'on entendre parler encore un petit peu de de cet accord, de ce début d'accord et en effet il faut bien le signaler pour encore que ça soit donc ratifié hein par les 27 membres de l'Union européenne. Merci en tout cas à vous trois d'être venus débattre sur ce sujet ce soir sur le plateau de 28 minutes.
Dans un instant avec Quentin d'Armond et Marjor Delson, nous irons faire un tour du côté de Manchester voir à quoi ressemble Yan Bron. Et oui, c'est lui c'est l'idole des frères Galagurs. Vous savez les leaders du groupe Oasis avant de nous rendre à Singapour pour apprendre, figurez-vous, à retrouver le goût du contact humain.
Et oui, un peu mis à mal par les réseaux sociaux. Mais avant cela, il s'appelle Victor de Kiver et chaque soir, il dresse le couvert au menu de la culture générale relevée au poivre de Timut. Réjouissez-vous, une nouvelle fois, vous dînerez moins bête.
La noix de coco est-elle le fruit défendu ? La question vous paraît parelue et pourtant à la fin du 19e siècle, un jeune allemand est convaincu d'avoir trouvé la clé de l'harmonie universel. Son nom, Auguste Engelart.
Sa révélation, la noix de coco, tout simplement. Alors que l'Europe s'enfonce dans l'industrialisation et freinée, ce végétarien convaincu voit dans le mode de vie urbain et l'alimentation moderne la source de tous les mots. En 1902, il prend une décision radicale.
Quitter l'Allemagne pour le Pacifique sud, direction la Nouvelle Guinée allemande où il achète une plantation de cocotier sur la petite île de Cabacon. Sur cette terre paradisiaque, notre illuminé fonde une communauté utopique sobrement baptisée l'ordre du soleil. Son crédau, vivre en harmonie avec la nature en se nourrissant exclusivement de noix de coco.
Pour Engelard, ce n'est pas un fruit comme les autres mais l'aliment parfait capable de fournir tous les nutriments nécessaires tout en purifiant corps et esprit. Pourquoi tant d'amour pour ce fruit tropical ? D'abord, il pousse en hauteur, plus près du soleil que les autres plantes.
Ensuite, vu du dessus, sa forme évoque un visage humain avec ses trois yeux. Pour notre gourou, c'est le signe évident que l'être humain doit s'en nourrir exclusivement. Les disciples afflu attirés par cette promesse de vie simple et pure, mais le paradis se transforme vite en enfer.
Les conditions de vie sur l'île sont difficiles, les maladies se propagent et surtout le régime monoalimentaire a ses limites. Les carences nutritionnelles s'accumulent, affaiblissant la petite communauté. Ironie du sort, Auguste Engelart, lui-même pourtant fervant défenseur des bienfaits de la noix de coco, dépérit à vue d'œil, dénutri, malade.
Il meurt en 1919 à l'âge de 43 ans. Son poids à peine 40 kg pour sa taille d' 1,80. Une preuve, s'il en tune, que le paradis ne se trouve pas dans un seul fruit, aussi miraculeux soit-il.
Voilà, vous dînerez moins bête. [Musique] Merci Victor de Kiv. Alors alors vous savez que ça marche en plus maintenant n'arrête pas de me dire mais c'est fou quand tu dînes tu es moins bête.
Alors c'est bravo à Victor. Merci à lui en tout cas pour cette douche de culture générale chaque soir. Allez il est temps de retrouver Quentin d'Armon et Margerie Adelson pour vos chroniques.
On commence avec vous Quentin. 16 ans après leur séparation les frères Galager on ne parle que d'eux. Rappelons-le.
Ce sont les leaders du groupe Oasis. Faites leur rabibauchage sur scène tout l'été. Et ce soir Quentin, vous nous présentez l'homme sans qui le groupe et bien n'aurait jamais existé.
John Lennon n'aurait pas été le Bem sans Elvis et je n'aurais pas été là sans Yan Brown et les Stone Roses. Voilà ce qu'affirme régulièrement Liam Galager, le chanteur d'oasis. Alors pour mieux comprendre, je vous propose de revenir dans le nord de l'Angleterre à la fin des années 80 après une décennie toucheur marquée par la désindustrialisation, les tensions sociales, Manchester est devenue la ville la plus cool du royaume.
Il y a le foot bien sûr, mais aussi la musique. Un groupe attire particulièrement l'attention, les Stone Roses. Le charisme de son leader imprévisible, Yan Brown fascine des milliers d'adolescents.
Très belle chose de passer les stone roses. Enfin, je Ouais, c'est ça les stone roses. Un mélange de funk, de pop, de rock psychédélique.
Ce style a même un nom, Madester. Et oui, et ça marche. Le premier album sort en 89, c'est un triomphe public mais aussi critique.
Un jeune garçon à la langue bien pendue l'écoute en boucle. Liam Galager a à peine 20 ans et pense de plus en plus sérieusement à devenir une rockstar. Et le donc chanteur hein du groupe Oasis va s'inspirer de Yann Brun pour construire son personnage.
Et en même temps, il faut dire que les deux hommes partagent de nombreux points communs. Même origines modestes, même salon de coiffure visiblement hein. Probablement Manchest Hair.
Oui, bien sûr. Le célèbre ou et même goût pour la provocation. Comme dans cette interview, Yan Brown affirme que sa mission originelle, c'est de se débarrasser des groupes comme YouTu Bon bah c'est râpé hein.
L'affaire tourne court pour les Stone Roses. Le deuxème album ne convainc pas grand monde. Les embrouilles en interne se multiplient.
Les Stone Roses se séparent à la fin de l'année 96. Mais tout comme Oasis et bien les Stone Rosis se sont reformés he des années plus tard. Oui.
En 2011, une tournée mondiale, deux nouveaux titres et et puis bah c'est tout. Un clap de fin en 2017. Yan Brown continue lui une carrière solo entamée à la fin des années 90.
Il reste une figure très respectée autrement dans la musique mais peut-être un peu moins depuis 2020. Il affirme que le Covid a été planifié et conçu pour faire de nous des esclaves numériques. Il enfonce le clou avec une chanson complètement complotiste et anticonfinement.
Dernière polémique en date en 2022 à Leeds. Le chanteur se présente sur scène accompagné par une bande sonore. Voilà.
Le public n'est pas vraiment conquis. Pas vieillir le public n'est pas vraiment conquis. Certains parlent d'un karaokeé géant à 40 livres la place, c'est un peu cher, mais qu'importe, il y aura toujours un homme pour le défendre.
Quoi qu'il arrive, Yan Brown n'est jamais embarrassant. C'est juste le roi. C'est mon héros.
Qui a dit ça ? Yam Galager. Bien sûr, quand on aime, on a toujours 20 ans, même à Manchester.
Et oui, surtout à Manchester. Merci beaucoup Quentin. Allez, Marjorie, on va quitter la Grande-Bretagne pour aller un peu plus loin à l'est à Singapour où il existe, vous nous dites, des cours d'interaction humaine.
Al, ça paraît fou. Mais en fait, c'est pour quoi faire ? C'est pour entraîner les robots.
Non, plutôt pour désangoisser les humains. Alors, Singapour, c'est une ville très dense, plus de 5 millions de personnes qui vivent là-bas. Donc, les humains clairement ne manquent pas.
C'est aussi des universités dont le prestige est connu, vous le savez, dans le monde entier. Et pourtant, une partie des jeunes ne saurait pas communiquer. Alors, plus précisément, il serait mal à l'aise quand il s'agit de parler de vivoisie.
Alors, je ne vous parle pas de faire un discours he devant toute une assemblée, mais simplement d'échanger quelques mots avec votre collègue dans l'ascenseur ou avec la boulangère en allant acheter le pain. Face à ce constat, une école a donc créé a été créée pour dispenser donc ces séminaires d'interaction humaine. Alors, les participants, ils ont entre 20 et 35 ans et concrètement et bien ils essayent de surmonter leur blocage.
Parmi eux, la difficulté à regarder l'autre dans les yeux. Oui, on en est quand même là. La difficulté aussi est de savoir se comporter avec ses collègues mais aussi savoir discuter avec ses supérieurs ou encore défendre son point de vue à l'oral.
Alors concrètement pendant ses cours, vous comprenez interdiction totale de regarder son téléphone ou d'utiliser son ordinateur. On parle à ses petits camarades et évidemment aux autres adultes. Alors mais concrètement comment on en est arrivé là parce que ce sont des gens qui ont été scolarisés qui ont une famille.
Oui mais c'est surtout que leur rapport à l'autre il est complètement différent à cause notamment des réseaux sociaux du télétravail mais aussi des séquelles du confinement qui a été très stricte là-bas. Je le rappelle d'ailleurs, une enquête montre qu'à Singapour, plus d'un jeune adulte sur deux ressent de l'anxiété sociale lors d'un échange direct. La majorité préfère même avoir un échange en ligne plutôt qu'en vrai.
Et il faut dire que la fracture avec les générations plus âgées, elle est d'autant plus criante que chez les 50 64 ans. Et bien c'est l'inverse. 70 % d'entre eux préfèrent une conversation en face- à face plutôt qu'un échange via un téléphone ou un ordinateur.
Or, c'est dans cette dans cette tranche d'âge que l'on trouve les patrons. Vous comprenez donc qu'il y ait une certaine incompréhension. Alors, c'est quand même une tendance, on va dire assez générale, hein.
Oui. Si on prend la France, par exemple, 76 % des moins de 30 ans ressentirraient de l'anxiété rien que en entendant une simple sonnerie de téléphone. Alors, c'est un entreprise française, voilà, on tir les conséquences hein de tout ça et elles avouent avoir adapté leur fonctionnement face à la peur du téléphone de cette jeune génération.
Elles utilisent par exemple plus d'outils numériques en limitant ainsi des échanges vocaux pour nos jeunes recrues. Mais alors au final, on est en droit de se demander est-ce que les jeunes ne seraient pas plus malins que nous, plus malins que tous. En tout cas, allez savoir, c'est peut-être une stratégie.
Pour éviter que les robots ne remplacent l'homme, ils ont peut-être décidé de les imiter. Merci Marjorie. Vous pouvez retrouver cette chronique sur les réseaux sociaux bien sûr, n'hésitons pas.
Merci mes amis à suivre sur soirée doc Hiroshima, la véritable histoire. 80 ans plus tard, cette enquête de grande ampleur revient sur ce jour où le monde a compris qu'il pouvait s'autodétruire. Alors, c'est pas toujours pétillant, mais c'est assez instructif.
Nous, on se retrouve demain 20h05 pour un nouveau numéro de 28 minutes. Tchus ! [Musique]
François Bayrou