Revalorisations salariales pour les soignants, lutte contre l'inflation, prix des carburants... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand
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Bonjour Xavier Bertrand. Vous êtes président Les Républicains des Hauts-de-France. Il y a eu des annonces pour la santé hier soir avec une enveloppe de plus d'un milliard d'euros. Parmi ces annonces, des hausses de 25% pour le travail de nuit notamment. Est-ce que selon vous, ça, ça répond à l'urgence de notre système de santé ?
Ça répond à une partie de l'urgence pour l'hôpital, pour les personnels. Mais ça risque de freiner l'hémorragie des départs. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de professionnels qui quittent l'hôpital. Ça n'est pas encore suffisant. Il faudra un plan d'ensemble majeur. Pas seulement pour l'hôpital, aussi pour l'ensemble du système libéral. Pour notre système de santé, si on veut que notre système de santé soit vraiment attractif.
C'est-à-dire que là, c'est un patch en fait.
C'est un patch sur un système qui est en souffrance. On n'est pas en train de revoir le système, c'est ce que vous voulez dire. Et je pense que c'est de ça vraiment dont on a besoin. Alors, vous savez que c'est un sujet qui me tient à cœur. Pas seulement dans mes fonctions de président de région, mais aussi en tant qu'ancien ministre de la Santé.
Vous l'avez dit à deux reprises exactement. Mais quelles mesures d'urgence vous prendriez alors aujourd'hui ?
Ce ne sont plus des mesures d'urgence qu'il faut. Aujourd'hui, ce qu'il faut voir, c'est qu'on fait tout cela et c'est normal de mieux rémunérer le travail de nuit. C'est aussi normal également sur les dimanches. Mais les gens nous disent qu'il y a aussi les conditions de travail. Ce sont les conditions de travail, le vrai sujet des conditions de travail. Ça ne s'arrange pas parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui vont à l'hôpital, qui sont à l'hôpital. Il n'y a aussi pas assez de personnel et aussi, ils passent une bonne partie de leur temps à se consacrer à des tâches autres que médicales. C'est cet ensemble-là qu'il faut reprendre.
Et on ne peut pas soigner l'hôpital sans avoir aussi une réponse pour ce qui se passe avant l'hôpital et après l'hôpital. Avec Nous France, mon mouvement a beaucoup travaillé sur ces questions pendant l'été. Et quand j'interrogeais les gens dans les réunions que je faisais, la santé revient comme le premier sujet. Avec le pouvoir d'achat, avec la sécurité. Mais ce n'est pas un sujet qui arrive loin dans les préoccupations. C'est tout de suite dans les préoccupations. Donc ces mesures-là, 1,1 milliard, c'est nécessaire. Mais aujourd'hui, ça ne sera pas suffisant pour qu'on redonne confiance et qu'on donne envie de rester à l'hôpital ou de venir travailler à l'hôpital.
Vous parliez du partage des tâches. Justement, c'est l'un des objectifs du Président, partager notamment certaines tâches avec les pharmaciens. Par exemple, il a aussi mis fin au numerus clausus. Est-ce que tout ça, ça va dans le bon sens ? Pardon, Regat Lambray.
Ils n'ont pas mis fin au numerus clausus. Il y a une escroquerie intellectuelle là-dedans. C'est dans la limite, disons-le, c'est dans la limite des capacités de formation des universités. Voilà. Donc au final, ça a été un peu remonté encore. Je peux d'autant plus le dire que quand j'étais ministre de la Santé, j'ai dû augmenter sur toutes les années le numerus clausus à l'époque de 25 à 30% le nombre d'étudiants formés. Mais aujourd'hui, il y a encore des jeunes qui sont sortis du système des études de médecine, font leurs études en Roumanie. Il y a toujours une université, une fac de médecine en Roumanie qui forme énormément de jeunes français. C'est Barcelone, c'est le Portugal.
Ce n'est pas seulement pour la médecine, c'est aussi pour le dentaire. Des familles qui se saignent pour payer des études et ces jeunes envisagent de revenir ensuite en France. Mais en attendant tous leurs stages pendant leur scolarité, ils les font à l'étranger, pas en France. Donc il ne faut pas dire qu'on a supprimé le numerus clausus. Il faut vraiment, si on le dit, il faut le faire.
Par contre, ce que vous avez supprimé à l'époque où vous étiez ministre de la Santé, c'est des postes. Il y a eu des lits d'hôpital supprimés. Est-ce que ça, ce n'est pas un peu le péché originel qu'on est en train de payer aujourd'hui ?
Écoutez, déjà à l'époque, régulièrement, on me pose la question aussi sur ce plateau, si vraiment il y a eu toutes ces difficultés à l'époque, il ne fallait pas se gêner depuis 11 ans pour revenir sur les mesures. 11 ans que j'ai quitté. 11 ans. Donc il ne fallait pas hésiter à le faire.
Non mais la crise de l'hôpital, elle ne date pas d'il y a 6 mois.
Non mais d'accord, mais enfin, c'était voilà 11 ans et on n'a jamais connu les difficultés que l'on connaît aujourd'hui. Parce qu'on a mis dans ces conditions-là, il faut le dire, aussi un plan d'urgence. Et les lits qui ont été supprimés, comme vous dites, vous ne dites pas qu'ils ont été remplacés parce qu'à l'époque, on était au début de l'hospitalisation à domicile. Le fait que vous rentrez le matin et que vous pouvez sortir le soir, c'est l'ambulatoire. Donc tout ça, c'était ce qui correspondait à ce système de santé à l'époque.
Mais aujourd'hui, je le dis, sur ces questions de santé, on a besoin vraiment d'un nouveau projet d'ensemble et vous ne réussirez pas si vous n'avez pas la confiance des patients, mais surtout la confiance des professionnels de santé. Et là, on en est très loin.
On va parler de l'inflation, Xavier Bertrand. La facture dans les supermarchés est toujours en hausse, plus 11%. Mais Bruno Le Maire a fait une promesse hier, les prix de 5000 produits ne bougeront plus. Est-ce que le gouvernement fait ce qu'il faut pour le pouvoir d'achat face à l'inflation ?
Alors, ils comprennent le problème qui se pose. On va déjà voir, et moi je souhaite qu'au plus tard, à la mi-novembre, on ait un point complet sur ce qu'il y a eu réellement comme conséquence aux effets d'annonce de Bruno Le Maire. Par contre, il y a aussi quelque chose qui est en train de se produire. On est en train de nous habituer à ces niveaux de prix en disant, ça n'augmentera pas. Mais avec ces niveaux-là, les gens ne peuvent pas s'en sortir. Vous avez de nombreux reportages, notamment sur vos antennes, où on montre des gens qui aujourd'hui, en faisant leurs courses, comptent encore plus qu'avant. Quand ils font les courses avec les enfants, ils disent non aux enfants.
C'est la question des fournitures scolaires, des produits alimentaires. Moi, ce que je souhaiterais, c'est qu'on aille plus loin. C'est-à-dire qu'il y ait un observatoire qui donne une transparence totale. C'était encore chez vous, sur votre antenne. Je ne pense pas que j'ai le droit de le dire, le patron de quelle enseigne de distribution disait que quand vous avez justement l'huile qui baisse, les prix dans les rayons ne baissent pas autant.
C'était probablement Alexandre Bonpard qui était sur ce plateau cette semaine. Ou un autre. Puisque vous citez, tout à l'heure, j'avais le patron des mousquetaires, donc du groupe Intermarché. C'est à lui que je faisais l'huile. Et il parlait effectivement de l'huile en disant que l'huile ne baissait pas suffisamment rapidement. Mais lui promettait d'une certaine manière que des prix allaient baisser.
Dans les prochains mois, pas tout de suite, dans les prochains mois. C'est pour ça que sur les 5000 produits, il nous faut mettre en place réellement un observatoire. Parce que le ministre a dit que ça n'augmentera pas. Et puis du bout des lèvres, il a dit que c'est un peu baissé. Non, si les matières premières baissent, ça doit être répercuté. Il y a deux acteurs dont on doit soucier en priorité. Le consommateur qui n'en peut plus et qui n'y arrive plus. Et aussi le producteur, quand c'est un producteur qui est chez nous, pour que ça ne se fasse pas sur son dos et que ça fragilise, notamment encore une fois l'agriculture.
Il n'a certainement pas besoin de la fragiliser, mais bel et bien de la renforcer. Et puis il y a aussi un autre produit dont le gouvernement ne parle pas. C'est l'essence. Qu'est-ce que vous feriez sur l'essence ? C'est l'essence. Là, aujourd'hui, l'essence, on est en train de nous habituer de la même façon. Allez, un litre, grosso modo, à deux euros. Grosso modo, à deux euros. Et on nous dit, non mais, avec la ristourne totale, ça n'augmentera pas. Mais on ne peut pas être à deux euros. Les gens ne peuvent pas.
Donc l'exécutif doit faire un geste ? Quel geste ?
Ce n'est pas un geste, c'est d'avoir un nouveau système. Et ce système passera notamment, je le pense, par tout d'abord une ristourne de la part de l'État. Peut-être pas de 30 centimes parce qu'on sait pertinemment quel est l'état des finances publiques. Mais il nous faut au moins 15 à 20 centimes de ristourne par litre.
Pour qui, Xavier Bertrand ?
Pour l'ensemble des Français. Pour tout le monde. Mais bien sûr.
D'accord, parce que pourtant, vous qui êtes à l'origine d'une ristourne l'année dernière, l'INSEE a démontré qu'elle n'était pas assez ciblée. Et que du coup, cette ristourne, elle avait profité aussi au plus aisé, tout en contribuant à la hausse des émissions de CO2. Est-ce que c'est la bonne méthode ?
Je sais, je l'ai entendu, mais quand on veut cibler, comme ils l'ont fait, c'est un fiasco. Quand ils ont mis en place leur fameux chèque, vous savez, pour ceux qui étaient normalement les plus concernés et qui ne roulaient pas sur l'or, on s'aperçoit que le gouvernement n'a même pas atteint la cible. Pourquoi ? Parce que c'est trop compliqué.
Xavier Bertrand, je vous propose de revenir sur ce sujet. Vous connaissez la mécanique. 8h40, c'est le fil info. On revient sur la question de l'essence et de l'inflation dans un instant.
Emmanuel Macron dans le Vaucluse, ce matin dans un lycée professionnel de la ville d'Orange, puisque ce matin, les enseignants font leur pré-rentrée partout en France. Les 815 000 professeurs du pays voient leur salaire revalorisé jusqu'à 250 euros nets de plus par mois, selon l'ancienneté. Encore une victime à Marseille, un homme tué par balle dans le 14e arrondissement de la ville. Pendant la nuit, dans la cité des Mycocouliers, la police s'y allait déjà hier matin l'homicide d'un autre homme dans ce même arrondissement de la ville. Il est qualifié de super typhon. Saola menace de frapper le sud de la Chine avec des vents très violents et des fortes pluies.
Les populations de Hong Kong et de Shenzhen se calfeutrent. Un festival du cinéma américain, mais privé de vedettes hollywoodiennes. Coup d'envoi du festival de Deauville aujourd'hui. Mais Nathalie Portman ou encore Jude Law ne seront pas là. Ils soutiennent le mouvement de grève des scénaristes aux Etats-Unis pour une meilleure rémunération et l'encadrement de l'intelligence artificielle. France Info.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot. Et c'était Maureen Suignard pour le Fil Info.
Toujours avec Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France, on parlait du carburant en hausse. Vous proposez donc une ristourne et vous étiez en train de nous expliquer qu'il ne fallait pas cibler cette ristourne parce que ça ne marchait pas.
Quand un système public est compliqué, il ne fonctionne pas. Donc l'idée c'est une ristourne. J'aimerais pouvoir dire 30 centimes, mais je sais exactement quel est l'état des fiches. Vous avez dit plutôt 15 centimes. 15 à 20 centimes. 15 à 20 centimes pour tout le monde. Quand ça avait été mis en place, c'était à l'origine les élus, les Républicains qui l'avaient proposé, qui l'avaient imposé dans le débat. Parce qu'il faut savoir que le baril de pétrole, contrairement à ce que disait la Première Ministre l'autre jour, quand vous demandez aux professionnels, ça ne va pas baisser tout de suite. Ça ne va pas baisser tout de suite.
Donc il est absolument indispensable de mettre en place cette nouvelle ristourne. Quand elle avait été mise en place l'an dernier, le niveau du carburant était au celui d'aujourd'hui. Et au moment des gilets jaunes, on était à 1,50.
Mais est-ce que vous avez en tête le coût de cette ristourne il y a un an et demi, il y a un an ? 7,5 milliards d'euros. C'est colossal. Et c'est, disons-le quand même, de la subvention à des énergies fossiles.
Alors, on va déjà vous m'expliquer comment les gens font avec leur voiture aujourd'hui.
Non mais juste, sur la question budgétaire, vous êtes quelqu'un de rigoureux. On peut décortiquer ? Alors allons-y, en tout cas sur la question budgétaire.
5,5 milliards d'euros, c'est ce que ça a coûté. Par rapport à quoi ? Par rapport à quoi ? Par rapport tout simplement à un prix du carburant qui a augmenté, et donc des recettes de l'État qui ont augmenté plus que prévu. Ce n'est pas un coût budgétaire en soi. C'est tout simplement que l'État fait rentrer moins d'argent dans ses poches que normalement. C'est ça le vrai problème. C'est-à-dire que dès que le carburant augmente, il y a un effet d'aubaine pour l'État. Je demande tout simplement que l'État n'ait pas un effet d'aubaine aussi important et qu'il rend de l'argent des Français.
Et puis, dernier point, en 2022, la TVA qui pèse sur tout le monde, y compris sur les plus démunis, 15 milliards d'euros de recettes supplémentaires. On fait quoi de cet argent ? L'impôt sur les sociétés, un gain d'un peu plus de 10 milliards d'euros. L'impôt sur le revenu, pareil. Où passe cet argent ? On a besoin, je parlais tout à l'heure, si vous voulez, de la confiance. Il faut de la transparence.
Éric Siotik et dans votre camp, lui, il demande par exemple la suppression de la TVA sur le carburant. Vous n'êtes pas sur la même ligne ?
Non, je ne suis pas sur la même ligne parce que derrière, ça veut dire, là, c'est plus de 40 centimes. Mon idée de 15 à 20 centimes, en plus de ce que fait Total, ramènerait à des niveaux que je ne peux même pas qualifier de supportables, mais en tout cas, moins inacceptables. Et donc, ça, ça ne fragilise pas le budget de l'État. C'est tout simplement que l'État fera une moins bonne affaire.
C'est de l'argent que l'État pourrait investir dans autre chose, des emplois publics, de l'investissement, des aides à la transition énergétique ?
Mais les aides à la transition énergétique existent et il n'y a pas que l'État qui le fait. Nombre de collectivités locales le font également. Mais attendez, déjà la première des choses, mettons-nous à la place des gens qui, aujourd'hui, ont besoin de leur voiture. Je suis entièrement d'accord avec vous, on va avoir une transformation du parc, mais ça va prendre du temps et il faut que les gens puissent se la payer. La transition, la transformation écologique est indispensable, mais ne laissons pas les gens sur le bord de la route. C'est ça le fond du sujet.
Et vous me disiez tout à l'heure, les plus aisés, mais les plus aisés, la part du carburant représentent une part beaucoup moins importante que pour les gens qui travaillent pour les salaires modestes. C'est ça aussi qui est important dans une mesure qui soit très simple, avec un impact très fort. Donc, ce n'est pas ça qui mettra l'État sur la paille, mais c'est tout simplement ce qui rendra aussi le coût du carburant un peu plus supportable pour les familles.
Xavier Bertrand, les fournitures scolaires aussi sont en hausse de 11% en moyenne. Gabriel Attal a affirmé travailler à la possibilité d'un achat à prix de gros pour les parents avec l'éducation nationale. Ça, ça va dans le bon sens ?
Oui, c'est ce que font aussi de nombreuses collectivités locales. Déjà, elles proposent avec les associations de parents d'élèves, avec également les établissements, de pouvoir justement négocier des prix. Là encore, c'était sur votre site, si je ne me trompe pas, on voit aussi aujourd'hui beaucoup de parents à la rentrée qui cherchent des produits d'occasion en matière de fournitures scolaires. On ne parle pas de livres, c'est-à-dire que la rentrée scolaire se fait cette année avec des gens qui comptent, qui comptent, qui comptent en permanence.
Donc, les mesures du ministre de l'Éducation sont pour la rentrée prochaine et là, encore une fois, l'État peut travailler sur des dispositifs, mais il faut le faire aussi avec les collectivités locales pour qu'on soit plus efficace et en n'oubliant pas aussi que l'allocation de rentrée scolaire ne concerne pas toutes les familles.
C'est vrai, c'est ça.
Nous, l'allocation de rentrée scolaire dans la région des Hauts-de-France, notamment pour les lycéens, elle est versée à toutes les familles, quel que soit leur revenu. Parce que le drame dans notre pays, ce sont celles et ceux, les familles, qui sont, vous savez, un peu au-dessus du barème. Vous dépasser d'un euro, vous n'avez droit à rien. C'est la raison pour laquelle nous, nous voulons aider les gens qui travaillent et que l'allocation de rentrée scolaire, la carte génération, elle est versée à toutes les familles.
Xavier Bertrand, il y a eu un événement politique, on peut l'appeler comme ça, en tout cas un événement politique inédit cette semaine. C'était une rencontre entre Emmanuel Macron et les chefs de parti à Saint-Denis. Ça a duré pendant 12 heures. Il en ressort notamment l'organisation d'une conférence sociale sur les bas salaires, sur les branches situées en dessous du SMIC. Vous proposiez vous-même une conférence sociale avant l'été 2022, si vous étiez élu. Vous saluez cette initiative, c'est important, il faut aller dans cette direction.
Évidemment, évidemment, c'est tout simplement que la loi n'est pas appliquée. Donc ça fait des mois, notamment Laurent Berger la demandait de façon très forte depuis des mois et des mois, c'est-à-dire que vous avez des branches dans lesquelles les salaires de départ sont en dessous du SMIC. Alors ça ne veut pas dire que les gens sont payés en dessous du SMIC, mais ça veut dire derrière que la progression des salaires n'est pas au rendez-vous. Donc cette conférence sociale qui était demandée depuis bien longtemps, elle doit avoir lieu, mais il faut aussi qu'on se penche sur une autre question.
C'est la question du rapport au travail plus largement, parce que vous avez aussi des professions qui sont, on le sait bien, non seulement pas bien payées, mais qui sont aussi des professions sans possibilité d'évolution de carrière suffisante. Métier de la sécurité, du gardiennage, les aides à domicile, des auxiliaires de vie.
Et donc il faut mettre ce sujet sur la table aussi de cette conférence sociale, parce que les conférences sociales, vous en avez fait beaucoup sous Nicolas Sarkozy. Est-ce que ça fonctionne ? On disait que ça ne marchait plus trop. Est-ce que ça fonctionne ? Et c'est quoi le secret d'une conférence sociale réussie ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire aujourd'hui ?
C'est de respecter les partenaires sociaux. C'est d'entendre leurs avis, de les écouter. Il y avait des choses qui ont été dites importantes, notamment au Rassemblement des entreprises de France. M. Martin a parlé d'un nouveau modèle économique et social. Si les partenaires sociaux, ceux qui veulent s'engager, les syndicats de salariés, des responsables d'employeurs, sont prêts à avancer dans cette direction, il faut clairement les respecter. C'est la façon de pouvoir avancer, au moment de la crise notamment, ça remonte à loin. Si on a pu la traverser mieux que d'autres pays européens, c'est parce qu'on avait une forme de consensus social et qu'on respectait les partenaires sociaux.
Sur le processus, Xavier Bertrand, le fait que le chef de l'État s'enferme pendant des heures, comme ça, avec les oppositions, est-ce que vous jugez ça historique, comme l'a dit le porte-parole du gouvernement ? Est-ce que vous partagez son enthousiasme ?
Déjà, que l'ensemble des responsables politiques puissent se parler pendant des heures dans un pays comme le nôtre, où certains veulent ériger la polémique comme mode de gouvernance, c'est bien. Maintenant, à l'issue de cela, deux choses pour moi sont importantes. Est-ce qu'il en sortira des mesures concrètes pour le quotidien des Français, une vision d'avenir pour le pays, c'est-à-dire des mesures efficaces en quelques mois et des mesures qui, en quelques années, nous permettront d'aller mieux ? Le deuxième sujet, est-ce qu'il ressortira de cela les conditions d'une majorité parlementaire pour mettre en œuvre ?
Parce que le problème, je l'avais dit notamment quelques mois dans le journal Le Monde, c'est que le président de la République a gagné l'élection présidentielle, il a perdu les élections législatives. Et il n'a pas les moyens de mettre en œuvre aujourd'hui une politique dont le pays a besoin.
Par exemple, sur l'immigration, vous n'êtes toujours pas d'accord avec le chef de l'État. Est-ce que vous pensez, à l'issue de ce rendez-vous, qu'un accord est possible ?
La balle est dans le camp du gouvernement aujourd'hui.
Et qu'est-ce qu'il faut faire ?
Clairement, nous avons fait des propositions, nous, chez les Républicains, des propositions qui sont de nature, clairement, à apporter des solutions, question d'immigration, de pouvoir justement être beaucoup plus efficace sur l'immigration illégale et de définir aussi, avec une politique des quotas à laquelle je crois, une politique d'immigration légale digne de ce nom, comme le font de nombreux pays. Je pense à l'Australie, je pense au Canada. Voilà ce que nous proposons. La balle est dans le camp aujourd'hui du gouvernement. Est-ce qu'ils veulent, oui ou non, régler ce problème ?
Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France. On se retrouve dans un instant, après le Filinfo, avec Maureen Sunniar.
Ce ne sont pas des mesurettes, affirme sur France Info Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé. La Première ministre a annoncé hier la revalorisation des heures de nuit de 25% pour les infirmières et les aides-soignants à l'hôpital. Elle vient à point nommé, mais ce n'est pas suffisant, estime de son côté le président de SAMU Urgence de France. Cinq mois après son adoption, la réforme des retraites entre en vigueur ce matin. L'âge légal de départ recule progressivement pour atteindre 64 ans en 2030. Les petites pensions sont revalorisées et les régimes spéciaux ne concernent plus les salariés qui sont embauchés à partir d'aujourd'hui.
C'est au tour du président de la FIFA, la Fédération internationale de foot, de réagir. Cela n'aurait jamais dû se produire, estime Janine Fantino à propos du baiser forcé donné par Luis Rubiales, le patron de la Fédération espagnole qui a embrassé une joueuse de l'équipe nationale. Il est suspendu pendant 90 jours le temps de l'enquête. L'équipe de France de volet déroule à l'Euro, deuxième victoire. Cette fois c'était face au Portugal. La prochaine rencontre c'est demain soir face à Israël. France Info
Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot
Toujours avec Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France. Il y a à peine deux mois une vague de violences touchées, des dizaines de villes, des quartiers. Aujourd'hui le gouvernement veut afficher sa fermeté. Gérald Darmanin veut expulser les émeutiers des logements sociaux. Il a demandé dans une note au préfet une fermeté systématique. En ce sens, c'est possible ça Xavier Bertrand ?
C'est possible mais il est temps, dites donc. Il est temps parce que ça fait maintenant encore une fois des années que des maires demandent ces mesures. Pourquoi ? Pour protéger les honnêtes gens qui vivent dans ces quartiers. Donc sur toutes ces questions-là, encore une fois, ils le font maintenant. Il n'est jamais trop tard pour agir. Mais ce sont des demandes qui émanent du terrain depuis des années.
Mais Xavier Bertrand, une expulsion ça répond à une décision de justice sur certains motifs. Là, est-ce que ce ne serait pas la double peine ? Et par ailleurs, si on expulse toute la famille qui n'a rien fait aussi, vous trouvez ça légitime ?
Ça pose aussi clairement la responsabilité des parents. Et la responsabilité des parents aujourd'hui n'est pas une option. La responsabilité de chacun s'impose. On est dans une société où on oublie que pour bien marcher il faut deux jambes, il faut des droits et des devoirs. Les devoirs sont régulièrement oubliés. Par contre, sur la question des émeutes, je voudrais revenir sur un point où vous dites afficher sa fermeté. Moi je pose et je vais poser officiellement la question aux gardes des Sceaux. Et un certain nombre de mes amis parlementaires vont aussi poser cette question. Quel est exactement le bilan judiciaire de ces émeutes ?
Il a donné des chiffres cette semaine. 2000 personnes ont été jugées selon le garde des Sceaux. 1800 condamnées à de la prison. Normalement ça va dans le bon sens. Il manque des chiffres.
Dites-moi. Il manque quels chiffres ? Combien de personnes concernées ont dormi derrière les verrous ? C'est la question que vous allez formuler à travers le ami parlementaire. Il y a eu des interpellations. Très bien. Il y a eu des condamnations. Très bien. Mais derrière, combien de condamnations ont réellement été effectuées ? La réponse pénale n'est pas à la hauteur. Non. Très clairement. Il y a une première réponse pénale, notamment de par les tribunaux. Mais nous savons pertinemment aujourd'hui que dans de nombreux cas, jusqu'à deux ans de prison ferme, à l'audience, il peut être précisé que vous n'irez pas en prison. Alors, ça, ça s'appelle quoi ? Ça s'appelle l'impunité.
Et beaucoup aujourd'hui se servent de cette impunité, notamment ces délinquants, pour se dire qu'est-ce qu'on risque. La boîte noire française, c'est l'exécution des peines, l'effectivité des peines. Donc sur cette question, je demande combien de personnes condamnées à de la prison ferme ont dormi sous les barreaux. Et ensuite, combien de fois la responsabilité des parents a été engagée du fait des agissements, notamment la responsabilité pécuniaire, financière des parents, du fait des agissements, notamment des enfants mineurs. Moi, j'ai notamment l'exemple dans la région. Un mineur a mis le feu à un bus de transport scolaire.
J'ai demandé aux transporteurs qui travaillent pour la région d'engager la responsabilité des parents. Je sais ce que représente le coût d'un bus. Mais même si c'est une retenue de quelques dizaines d'euros par mois sur les revenus des parents, ils sont responsables. Ils doivent assumer leurs responsabilités. Aucun responsable public aujourd'hui ne peut s'exonérer du fait d'engager la responsabilité des uns et des autres. Il n'y a que comme ça que nous retrouverons de l'ordre.
Donc la responsabilité des parents à la prison, c'est la seule réponse aux émeutes, selon vous ?
Ce n'est pas ce que je vous ai dit.
Emmanuel Macron parle aussi de l'école. Il dit que c'est le cœur de la bataille. Il veut le retour de l'autorité à l'école. Dans les classes, il a raison ?
Tout commence par l'école, mais il ne faut pas confondre une chose. La responsabilité de l'école, c'est d'une certaine façon l'instruction. La responsabilité, c'est avant tout l'affaire des familles et des parents. C'est un vaste travail que nous avons engagé. Mais il ne faut pas demander à l'école de remplacer l'autorité parentale. Ça, c'est une chose. Mais de l'autorité à l'école, c'est absolument incontournable. Vous avez dit sur la prison, ne caricaturons pas les propos. La prison est l'une des réponses. Mais vous avez notamment la réparation. J'y crois beaucoup. Et vous avez notamment les travaux d'intérêt général.
Ça fait maintenant quelques années, à la région des Hauts-France, j'ai proposé d'accueillir des personnes, proposer des solutions à la justice pour des travaux d'intérêt général. En quatre ans, on m'envoyait en tout et pour tout six personnes. En quatre ans. Alors que j'ai les moyens d'accueillir, on a des encadrants qui sont à disposition. J'aurais écrit en cette rentrée au garde des Sceaux, au procureur, pour leur dire je vous propose des solutions. Mais il n'est pas normal qu'en quatre ans, il y ait aussi peu de travaux d'intérêt général qui m'aient été proposés.
C'est pas normal. Xavier Bertrand, est-ce que vous avez lu le dernier livre de Nicolas Sarkozy ? Pas encore. C'est 500 pages où l'ancien président appelle au rassemblement en vue de 2027. Il y a notamment quelques pages sur vous. Il a double Gérald Darmanin pour 2027. Il parle de vous. Ça vous inspire quoi ? La manière dont Nicolas Sarkozy revient comme ça régulièrement dans le débat ?
Non, là c'est où il revient sur son quinquennat. Oui. Il revient sur son quinquennat. Le premier exemplaire était passionnant. Je me doute que le deuxième va être passionnant et je vais le lire. Pas parce qu'il parle de moi, mais ça me permet aussi de voir lui qui est en plus assez doué pour les portraits, pour expliquer le quinquennat, de voir à la place qu'était la mienne le regard qu'il a porté. Donc je vais le lire avec beaucoup d'intérêt.
Mais il distribue surtout les bons et les mauvais points. Par exemple, le fait qu'il adoube Gérald Darmanin.
C'est sa liberté de temps.
Bien sûr. Mais est-ce que ça peut changer la donne ? Sa parole a encore du poids à droite ?
Je pense que quels que soient les avis de Nicolas Sarkozy, que je respecte, ses avis lui-même, c'est les Français qui décideront le moment venu qui fera quoi.
Il parle de vous aussi Nicolas Sarkozy. Donc page 51, c'est assez piquant. Il y a un peu de Xavier Bertrand dans le Gérald Darmanin d'aujourd'hui, mais en plus souple, car ayant davantage confiance en lui, il y a moins d'humiliation à venger. Je ne connais pas chez celui-ci cette amertume qui affleure parfois chez le premier. Qu'est-ce que vous répondez ? Gardez-moi de mes amis ?
Non, pas du tout. Écoutez, c'est sa liberté. Il a écrit un livre qui s'appelait Libre. Il est libre d'écrire, libre de penser. Puis bon, ça s'appliquait à quoi ? À la période jusqu'en 2012 ? Ah, vous savez, je crois que ma victoire face au Front National, les expériences à la tête de la région, je pense que ça m'a aussi donné une autre approche, une autre expérience. Peut-être ce ressenti à l'époque. Mais en tout cas, aujourd'hui, je sais que je suis certainement assez différent de ça.
Vous ne vous êtes pas rendu à la rentrée de Gérald Darmanin, qui était pourtant dans votre région. Vous étiez proche de lui à une époque. Pourquoi ?
Je n'ai pas été invité, la première des choses. Et puis d'autre part, si j'avais pris la parole, j'aurais rappelé aussi que parler, penser aux classes populaires ne suffit pas. Quand on est en responsabilité, il faut agir. C'est ce que je fais dans ma région. Je vous ai donné des exemples tout à l'heure. Et c'est les propositions très concrètes que je vais faire avec Nous France, avec mon mouvement politique. Parce que je pense qu'avant toutes les échéances, il faut se rendre utile pour les Français dès 2023. Les propositions que je fais aujourd'hui sont des propositions qui peuvent être reprises dès maintenant.
Je l'avais fait à l'époque, vous savez, avec la fameuse prime de 1000 euros, que j'avais mise dans le débat comme solution à la crise des Gilets jaunes. Aujourd'hui, ça profite à des millions de personnes. Est-ce que vous avez d'autres choses à souffler dans l'oreille du Président ? Je vous ai parlé tout à l'heure notamment de la question des carburants. Je le ferai dans différents domaines, notamment la santé, tout ce qui tourne autour du travail. Comme j'ai aussi une autre priorité à souffler à l'oreille du Président, comme vous dites. Je reviens avec Anne Hidalgo, avec Bruno Retailleau d'Arménie, où nous étions avec des représentants des grandes régions françaises, de grandes villes.
Et ce qui se passe là-bas est une tragédie. Beaucoup ne le savent pas, les yeux sont concentrés, rivés sur l'Ukraine et c'est normal. Et nous sommes aux côtés de nos amis ukrainiens. Mais là-bas, en Arménie, dans le Haut-Karabakh, l'Azerbaïdjan bloque l'accès au Haut-Karabakh. Il laisse sortir les gens partir, mais en ne les laissant plus revenir. Vous avez tenté faire un convoi humanitaire qui a été bloqué. Ce qui montre que rien ne peut rentrer. C'est-à-dire que les enfants n'ont pas les infantiles, n'ont pas les couches. Les malades n'ont pas leurs médicaments. Et s'ils les veulent, ils doivent quitter le Haut-Karabakh sans espoir de retour. C'est une honte ce qui se passe là-bas.
Et donc nous avons besoin d'alerter l'opinion internationale et que le président de la République prenne une initiative internationale très vite.
Il a annoncé une initiative diplomatique à venir.
Pour aboutir à une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour que le droit international ne soit pas bafoué, que les droits de l'homme soient respectés. Nos amis arméniens, ce qu'ils vivent, est une tragédie sous nos yeux sur le continent européen. Et là, la France a aussi cette responsabilité avec l'amitié qui nous lie à l'Arménie pour agir et pour agir très fort et très vite. C'est le message que nous avons voulu passer. Toutes opinions politiques confondues pour montrer que les valeurs, c'est plus important que tout.
Merci beaucoup Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France, d'être venu ce matin sur France Info. Merci Agathe Lambré. Dans 5 minutes, les informés de Renaud Delis au programme ce matin. La question de l'inflation avec le blocage des prix de quelques 5000 produits. Et puis la conférence sociale aussi annoncée par le chef de l'État. Merci à mes Tipeurs etanda.
La question de l'ériture de Réalisé par la frondeur, c'est plus important que l'État. L'ériture de Réalisé par la frondeur, c'est plus important que l'ériture de récapabilité. À présent,ściers ont pensé par le conseillage des rapproches des fonctions des offres. L'ériture des décennies par la frondeur, c'est plus important que l'ériture. L'ériture de Réalisé par la frondeur, c'est plus important que l'ériture des ressources de la vie de l'État.
Xavier Bertrand