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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 14 novembre 2019 21 minAutoproduitFond programmatiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprises

Le message d'Emmanuel Macron aux personnels hospitaliers

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00E. MacronFait
    « Nous avons ainsi interrompu la spirale déflationniste où les tarifs hospitaliers baissaient chaque année depuis 10 ans. Pour la 1re fois, en 2019, ils ont augmenté. »
  • 4:00E. MacronFait
    « Nous avons aussi mis fin au numerus clausus. »
  • 6:00E. MacronPromesse
    « Cette stratégie, elle consiste à remettre le patient au coeur du système et organiser autour de lui des soins mieux coordonnés en proximité. »
  • 7:00E. MacronFait
    « Nous avons permis aux pharmaciens de vacciner, ce qui permet de dégager du temps médical. »
  • 11:00E. MacronFait
    « On ne peut pas expliquer aujourd'hui à une infirmière, un aide-soignant, un médecin, dans un service où la moitié de ses collègues ont disparu: "On a un plan formidable, les pleins effets seront là dans 5 ou 10 ans." »
  • 12:00E. MacronPromesse
    « Il nous faut très concrètement, dans ce plan d'urgence, répondre à ces questions pour pouvoir recruter à nouveau dans l'hôpital public et donc recréer de l'attractivité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -E.

Macron : Bonjour à vous. Bonjour, mesdames, messieurs. Merci d'être là.

Et je tenais en effet à pouvoir vous dire quelques mots dans un cadre peut-être un peu plus solennel et organisé lors de cette journée de déplacement après le temps passé ce matin ensemble à Dormans pour honorer nos soldats de la Première Guerre et en particulier des 2 batailles de la Marne. Après une discussion donc à Epernay avec les filières agricoles du département et avant un conseil municipal qui va se tenir dans quelques instants, auquel j'assisterai pour faire aussi le suivi sur tous ces sujets et ensuite un rendez-vous avec l'ensemble des services de l'Etat pour m'assurer de la mise en oeuvre de quelques-unes de nos priorités. Mais évidemment, ce déplacement tombe une journée aussi qui est importante, qui est celle de la mobilisation à l'hôpital.

Et je voulais, comme j'ai déjà pu le dire à plusieurs reprises, pouvoir m'exprimer sur ce sujet de manière tout à fait spécifique. D'abord pour dire ma considération au personnel soignant, médecins, sages-femmes, infirmiers, infirmières, aides-soignants, aides-soignantes, qui ont fait, je dois le dire, un des plus beaux choix de vie, qui est de se consacrer aux autres, soigner, être là dans les moments difficiles de l'existence des Français quand la maladie, les blessures ou les morts surviennent. Et nous, Français, nous savons ce que nous leur devons.

Et donc, je voulais, en ce jour, dire toute ma considération à l'égard de ce qui est leur activité, souvent d'ailleurs leur engagement au-delà de celle-ci, et la mobilisation qui est la leur aujourd'hui. J'ai entendu leur colère et leur indignation face à des conditions de travail qui sont parfois devenues impossibles. Face aux salaires compressés, aux rythmes effrénés, aux difficultés matérielles parfois concrètes dans des services où il n'y a pas suffisamment, plus suffisamment de soignants qui sont là, et des difficultés matérielles qui se sont accumulées et avec au fond un sens perdu qui est ainsi ressenti quand rien ne fonctionne plus dans les services au quotidien, ni l'ascenseur, ni le matériel manquant, ni l'absence de lits, ni les plannings à boucler quand il faut remplacer les absents au pied levé.

C'est ça, la réalité, en effet, dans trop d'endroits. Cette situation, elle n'a pas commencé il y a 1 mois, 6 mois ou 1 an. Soyons lucides et honnêtes avec nous-mêmes.

Nous en héritons et elle est le résultat d'années et d'années de mise sous tension qui ont fait peser sur l'hôpital l'essentiel de l'effort des maîtrises de dépenses de santé. Elle résulte aussi d'une désorganisation collective de notre système de santé. Où, finalement, sur l'hôpital sont venues poser des charges qui n'étaient pas toujours dévolues à celui-ci.

Soit parce que la continuité des services n'est plus assurée dans telle ou telle partie de notre territoire parce que les médecins ont commencé à déserter, parce qu'il y a une raréfaction du personnel médical et tout le monde va à l'hôpital. Soit parce que la continuité des soins et des services de garde ne sont plus assurés et que les habitudes ont aussi parfois été prises et que tout le monde se rend aux urgences. Et donc, l'hôpital est devenu, si je puis dire, le lieu dans lequel toutes les difficultés se sont aujourd'hui concentrées.

Ceci s'accumulant à des problèmes d'organisation et les difficultés financières que j'évoquais, et des sous-investissements année après année. Au bout de cette logique d'économies, une conséquence : les soignants se sont peu à peu éloignés de leur métier. Quel que soit leur engagement, leur passion.

Certains ont parfois arrêté. C'est tout le problème des postes non-pourvus que nous avons dans beaucoup de services. Certains sont épuisés.

Pour beaucoup, le sens est perdu. Et c'est ce qui fait aussi que l'hôpital a perdu en attractivité, ne parvient plus parfois à recruter. Même quand il en a les moyens.

Et quand on parle de réouvrir des lits, entendons-nous là aussi sur les termes. C'est avoir les médecins qui permettent de réouvrir ces lits. Là où, dans les mêmes hôpitaux, les postes sont ouverts, mais on n'arrive plus à recruter ou garder les médecins qui, il y a encore quelques années, étaient là.

Tout cela, je le dis, nous en héritons et nous ne le découvrons pas. Et je le redis ici aussi avec force. Ce qui fait que ce ne sont pas simplement des mots aujourd'hui, c'est aussi la confirmation d'un engagement.

Dès mon élection, j'ai voulu mettre un point d'arrêt à cette tendance, une rupture. Nous avons ainsi interrompu la spirale déflationniste où les tarifs hospitaliers baissaient chaque année depuis 10 ans. Pour la 1re fois, en 2019, ils ont augmenté.

Et donc, je demande aussi une forme d'honnêteté collective. Il y avait plus de 10 années que les tarifs hospitaliers...

Ca veut dire que, ce qu'il y a derrière chaque acte qui est fait à l'hôpital, qu'il soit d'ailleurs public ou privé, baissait. Et donc, d'année en année, les hôpitaux avaient moins de revenus. Nous avons mis fin à cette logique déflationniste.

Cette année, ces tarifs auraient augmenté. Nous avons aussi mis fin au numerus clausus. Les manques de médecins que nous avons, qu'il s'agisse de la médecine libérale, les médecins dans nos campagnes, dans les quartiers les plus difficiles ou à l'hôpital.

C'est le fruit d'une conviction établie pendant de longues décennies, qu'il fallait réduire le nombre de médecins pour qu'on dépense moins en santé. Nous avons aujourd'hui du coup des insuffisances. Nous avons, je l'ai annoncé il y a maintenant un peu plus d'un an, rouvert massivement.

Il faut 10 ans pour former un médecin. Les décisions, les bonnes décisions à mes yeux ont été prises, mais il faut du temps pour les mettre en oeuvre. Le temps légitime de la formation.

Nous avons misé aussi sur de nouveaux métiers. Les infirmières de pratiques avancées, des assistants médicaux en ville. Nous avons permis aux pharmaciens de vacciner, ce qui permet de dégager du temps médical.

Et donc, une série de réformes qui vont dans le bon sens pour permettre de mieux travailler et de libérer du temps utile. Tout ça a été fait. Ces mesures et bien d'autres ont été rassemblées dans une stratégie qui a été présentée il y a maintenant un an : Ma santé 2022.

Cette stratégie, elle consiste à remettre le patient au coeur du système et organiser autour de lui des soins mieux coordonnés en proximité. C'est une stratégie qui d'abord remet la prévention au centre parce qu'on peut mieux soigner en prévenant beaucoup de pathologies, qui décloisonnent l'hôpital et la médecine de ville en réorganisant notre système de santé sur un territoire beaucoup plus simplement et efficacement, qui a recréé d'ailleurs des structures nouvelles en incitant les médecins à se regrouper dans les territoires où on en a le plus besoin, en leur payant des assistants médicaux quand ils sont regroupés dans ces structures, en recrutant des médecins salariés dans les endroits nécessaires, on commence en ce moment avec les sorties d'école. Et à avoir une médecine qui soit aussi plus individualisée dans les parcours, et qui est donc à la fois plus efficace, et qui permet à notre système de soins de beaucoup mieux s'organiser et de sortir progressivement de cette tarification à l'activité qui a fait beaucoup de mal aux hôpitaux, aux services d'urgence, pour être dans une logique de suivi et de parcours de soins de manière croissante dans les mois et années qui viennent.

Ces mesures ont été annoncées, elles ont commencé à être mises en oeuvre Et elles sont décisives pour redonner à l'hôpital toute sa place, pour lui permettre de retrouver son âme, sa puissance, pour permettre aussi aux patients de retrouver confiance dans cette institution. Et elles ont été complétées par la ministre de la Santé, par notre pacte de refondation des urgences, qui est le lieu où les dysfonctionnements sont les plus exacerbés. Je vous dis tout ça pour vous dire que cette situation, nous en héritons, nous en connaissons la cause, et nous n'avons pas attendu aujourd'hui pour y répondre et y réagir.

Toutefois, je regarde la situation de notre hôpital public, auquel je tiens. Je regarde la colère, je regarde les difficultés au quotidien. Je vois les indignations, la grande difficulté de fonctionner et de manière très concrète, le plan qui a été mis en oeuvre, qui est le bon, qui va dans la bonne direction, ne va pas assez vite.

J'ai eu l'occasion de le dire, déjà, il y a quelques semaines. On ne peut pas expliquer aujourd'hui à une infirmière, un aide-soignant, un médecin, dans un service où la moitié de ses collègues ont disparu: "On a un plan formidable, les pleins effets seront là dans 5 ou 10 ans." Soyons lucides.

Le risque, c'est que dans certains endroits, notre hôpital ne soit trop fragilisé pour pouvoir se relever dans 5 ou 10 ans. Il faut donc pouvoir compléter ce qui a été annoncé par une forme d'accélération, d'intensification, un véritable plan de transformation accélérée, un plan d'urgence qui réponde à ce mal-être beaucoup plus vite et qui permette d'accélérer la transformation engagée, de s'inspirer des exemples qui fonctionnent, d'assumer aussi les restructurations quand elles sont nécessaires et de répondre très concrètement à l'urgence à laquelle nous faisons face. Patients, familles de patients, soignants.

Je ne veux pas qu'on puisse attendre, je ne veux pas, avec notre hôpital public, qu'on prenne le moins de risques. J'y tiens. L'hôpital public, c'est la base du système de formation de nos médecins.

C'est la base de notre système de santé. L'accueil des plus démunis comme l'excellence en matière de santé. C'est la base aussi de notre système de santé, et de recherche en matière médicale.

C'est ce qu'on a su construire après-guerre, en particulier avec les grandes lois Debré il y a un peu plus de 60 ans. Nous devons le préserver, plus que ça, le réinventer. Tout ce qui a été fait par le gouvernement va donc dans le bon sens, mais j'ai demandé au gouvernement, à la ministre de la Santé, à plusieurs de ses collègues et sous l'autorité du Premier ministre, de travailler avec vigueur pour un plan d'action renforcé et des décisions fortes qui seront annoncées par le Premier ministre au sortir du Conseil des ministres de mercredi prochain.

Ces décisions redonneront des marges de manoeuvre financière, plus de moyens, mais pas seulement. C'est un plan, là aussi, beaucoup plus large, qui doit répondre à la situation actuelle. Nous devons investir et assumer d'investir.

Plus fortement que nous n'avions au début envisagé de le faire, parce que la situation est encore plus grave que celle que nous avions analysée. Ca veut dire investir dans nos urgences, mais plus largement dans l'hôpital. Investir dans les moyens lorsqu'ils se justifient, dans les sujets de personnel et d'amélioration de certaines rémunérations, dans le quotidien, aussi, de l'appareillage médical ou des conditions de travail.

Investir très concrètement avec les dispositifs les plus efficaces sur le plan financier, qui seront annoncés par le Premier ministre et la ministre de la Santé. Je dis "investir" parce qu'en l'espèce, c'est bien de cela dont il s'agit. Ce ne sont pas des dépenses courantes.

C'est investir dans la santé de nos concitoyens et la possibilité de travailler pour celles et ceux qui assurent ce soin. Ensuite, grâce à ça, on pourra ainsi recruter et assurer ce qu'on appelle l'attractivité de l'hôpital. Je vous le disais il y a un instant, la clé pour répondre à beaucoup de situations difficiles, je pense en particulier dans la région parisienne, mais dans d'autres hôpitaux...

J'étais il y a quelques semaines à proximité de Mulhouse, où le problème est le même dans les services d'urgence. Des médecins ont quitté l'hôpital. C'était trop dur, pas assez équipé, parfois pas assez rémunéré.

Ca n'est plus attractif. On a des problèmes pour recruter, parfois, des médecins, des infirmiers ou infirmières dans certains hôpitaux d'Ile-de-France parce que ça n'est pas assez rémunéré, et surtout, on ne peut plus se loger. Et donc, il nous faut très concrètement, dans ce plan d'urgence, répondre à ces questions pour pouvoir recruter à nouveau dans l'hôpital public et donc recréer de l'attractivité, des carrières, des conditions de travail et des moyens.

Ensuite, c'est, je le disais, investir dans l'outil de travail, le quotidien, la qualité des soins qui sont dispensés. C'est donner de la visibilité. Et dans les réponses qui seront données mercredi prochain, je souhaite qu'il y ait des mesures d'urgence, mais qu'on se donne de la visibilité jusqu'à la fin du quinquennat.

Les équipes de soins, les directions d'hôpital, ont besoin d'avoir sur 3 ou 4 ans de la visibilité pour savoir où elles vont, pour précisément pouvoir réinvestir, embaucher, réorganiser les choses. Parce que derrière, ensuite, si on est intelligent, il faudra regrouper certains services, aménager différemment l'organisation de tel hôpital avec peut-être tel centre de soins qui est à côté. Tout ce travail ne peut se faire que si on a de la visibilité et des moyens d'investir.

C'est ça qu'il faut qu'on accélère, Et donc, que nous puissions y répondre. Ce budget, sur plusieurs années, permettra d'accélérer les réorganisations qui ont été commencées et qui sont nécessaires. Et puis, je souhaite que ce plan d'urgence que le Premier ministre aura annoncé puisse aussi porter en son coeur des vraies logiques de réorganisation comme on a commencé de le faire pour les urgences, où il faut aussi réorganiser nos systèmes d'accueil, réorganiser l'articulation entre les professions paramédicales et médicales, réussir à libérer du temps utile des médecins dans les services où ils sont les plus sous pression, et revoir ce qu'on appelle la gouvernance à l'hôpital.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Il faut qu'on redonne plus de place, qu'on redonne plus de sens à ceux qui soignent et qu'ils puissent mieux participer, mieux être associés aux décisions les plus fondamentales. Je crois que c'était au coeur de l'hôpital français à l'origine.

Il faut aussi redonner une place plus intelligente et pertinente à nos personnels de santé. Je crois très profondément dans la force et l'avenir de notre système de santé. L'hôpital, et singulièrement l'hôpital public, en est l'armature, le socle.

Il faut travailler en bonne intelligence avec tous les autres secteurs. Secteur privé non lucratif, le secteur privé, les structures de santé, les médecines libérales, mais si l'hôpital public ne fonctionne plus, je vous le dis très sincèrement, le système de santé français ne peut pas bien fonctionner. Et donc, nous nous devons de réagir, non seulement de répondre à l'urgence, mais de renforcer son excellence, son universalité.

Et je veux ici à nouveau redire ma reconnaissance à tous ceux qui le font vivre chaque jour. Je crois en l'excellence et la responsabilité de nos personnels soignants comme des non-soignants qui sont à l'hôpital. C'est pourquoi je les écoute, les considère, et je veux que nous puissions répondre à cette alarme qui est ici lancée.

Notre modèle de protection sociale, l'hôpital public, tous les Français y sont attachés. Ca fait partie de la République. Ca fait partie de notre force.

C'est pourquoi je considère que les décisions annoncées il y a un an demeurent plus que jamais les bonnes. Elles doivent être accélérées, intensifiées, et nous devons assumer à court terme un investissement plus fort, plus massif dans notre santé pour le bien de tous. Voilà les quelques mots que je voulais vous dire En ce jour de mobilisation, je considérais que c'était important de le faire de manière un peu solennelle et en rentrant un peu dans le détail.

J'espère que c'était clair et que cela répond aux attentes. Je vous en prie. -A combien va se chiffrer ce plan ? -E.

Macron : Le Premier ministre présentera le plan mercredi prochain à l'issue du Conseil. Il en donnera les montants, l'ampleur, les modalités techniques et le calendrier. Mais c'est un plan qui sera conséquent et qui s'engagera jusqu'à la fin du quinquennat. -M. le président, pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

Les problèmes étaient déjà là... -E.

Macron : Non. Je pense que ce qui a été annoncé l'année dernière, déjà, ça a été dit et salué par tous les professionnels, une vraie révolution du système de santé. Et nous l'avons fait dans le cadre d'une stratégie qui était assumée.

Et comme je l'ai dit, nous avons tôt décidé des choses qui étaient très structurantes. Rouvrir le numerus clausus, mettre fin à la baisse des tarifs hospitaliers, réaugmenter en 2019 les tarifs hospitaliers. Mais je crois que personne n'avait vu à ce point l'accélération du malaise et parfois des difficultés de fonctionnement véritables.

Certains hôpitaux, vous le savez, sur les 12 derniers mois, ont perdu les postes que j'évoquais, parce que des gens sont partis de fatigue. Et donc, comme dans beaucoup de secteurs, le gouvernement aujourd'hui hérite d'une situation qui est parfois le fruit d'une fatigue qui s'est accumulée sur 5, 10, 15 ans. Il est toujours facile d'être grand clerc après qu'on en voit les conséquences.

Ce que je veux, là, en l'espèce, sur ce sujet, c'est ne pas attendre. Parce que j'écoute avec beaucoup d'attention ce qui est dit par les spécialistes, par les médecins, par les syndicats, les collectifs qui se sont mobilisés ces dernières semaines. Et je partage une bonne partie de ce qui est dit.

Je pense qu'on aurait tort de ne vouloir traiter que les conséquences visibles, c'est-à-dire dire seulement "on met plus de moyens". Non. On va mettre plus de moyens, parce qu'on a commencé une réforme de fond, et on met plus de moyens au service d'une réforme de fond intelligente et parce qu'il y a aussi des transformations.

Parce que le plus de moyens sur un système qui ne marche plus, ça ne sert à rien. On colmate. Et donc, là, c'est aussi la poursuite et l'intensification d'une réforme d'ampleur.

Et dans les annonces du Premier ministre, il y aura aussi des choses très structurantes qui ne figuraient pas dans le plan Ma Santé 2022, mais qui viennent corriger des choses qu'on connaît parfois depuis 15, 20 ans et qui ont conduit au blocage dans l'hôpital. Et puis je pense, comme je l'ai dit, qu'on a besoin de redonner beaucoup de sens et de remettre plus qu'on ne l'avait envisagé les personnels de santé au coeur de cette gouvernance. Oui ? -Vous ne craignez pas qu'en répondant aux attentes du personnel soignant, vous ayez d'autres catégories de fonctionnaires, je pense aux enseignants... -E.

Macron : Je pense que les situations sont très différentes. Et j'ai toujours dit que...

J'attache beaucoup d'attention à chacun. Les situations sont profondément différentes. Il y a pour, par exemple, nos policiers, des choses qui ont d'ores et déjà été négociées, des moyens, un plan quinquennal, des moyens qui sont sur le sujet pluriannuel.

La situation est très différente dans le quotidien. Pour aucun elle n'est facile. Mais je ne pense pas que les logiques, et ce que je viens de vous dire là, ne répondent pas à la même dynamique.

Et donc, on ne peut pas me suspecter d'être quelqu'un qui, dès qu'il y a une bronca, considère qu'il faut tout de suite céder ou ne pas avancer et réformer. Non. Simplement, quand les choses sont légitimes et urgentes, je pense qu'il nous faut réagir vite.

En l'espèce, pour moi, il y a 2 socles de cette République solidariste à laquelle je tiens, c'est la santé et l'école. Ce sont 2 investissements dans la personne, dans le citoyen. Et nous avons là une tradition, une force qui est la nôtre.

Et la santé, je me suis engagé dès le début du quinquennat, on a fait une vraie transformation. Je crois très profondément à ce que le gouvernement porte. Mais ce que je vois, c'est une accélération des difficultés, et donc il nous faut pouvoir répondre à cette accélération par une intensification de notre action et ce plan d'urgence.

Ensuite, chacun a sa logique. On a investi dès le début du quinquennat sur l'école, en particulier sur l'école primaire, mené des réformes. Le ministre continue tambour battant avec beaucoup d'engagement et un extraordinaire savoir-faire, et il va le poursuivre.

Mais les situations sont très différentes. Donc je ne crois pas...

Après, il y a d'autres conflits sociaux qui, aujourd'hui, sont dans le pays, sur d'autres sujets de réformes qui se feront. Mais elles se feront en bon ordre, en expliquant. Le Premier ministre sera tout à l'heure à Pau pour expliquer avec le commissaire Delevoye la réforme des retraites, et il faut continuer à avancer.

Cette réforme, nous la faisons pour nous-mêmes, nos enfants et nos petits-enfants, et pour bâtir la protection du XXIe siècle. Et là, elles suscitent des mécontentements. Ils ont d'autres logiques.

Ces logiques sont parfois celles de régimes spéciaux. Il faut les considérer, les écouter, apporter une réponse, mais ne pas s'arrêter à leur mécontentement. Et il faut que notre pays progresse pour que, compte tenu de sa démographie, de ses équilibres, et des logiques nouvelles du travail, des études et du repos de nos plus âgés, on puisse avoir un bon système, viable, plus lisible, et lui redonner la confiance.

Ca, c'est une autre grande réforme. Elle se fera, elle avancera, elle suscitera, elle suscite des mécontentements. Il faudra les écouter.

Il faudra avancer. Donc voilà. Je distingue les sujets, mais l'importance, à mes yeux, de la santé et de ce qu'est le soin dans la République, justifiait que dans cette journée que je passe avec vous dans ce beau territoire, je prenne quelques instants pour simplement dire ma considération, expliquer quelques axes de convictions et donner mandat officiel au gouvernement d'y apporter réponse précise mercredi prochain.

Merci beaucoup à vous. A tout de suite.