La Grande interview de Vincent Jeanbrun,ministre de la ville et du logement
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Europe 1 CNews, Romain Desartes. 8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Vincent Jean Brun. Bonjour Vincent Jean Brun. Bonjour. Ministre de la ville et du logement, merci beaucoup d'être avec nous. On va balayer évidemment tous les sujets d'actualité. Demain soir se jouera la finale de la Ligue des champions PSG Arsenal à Budapest. On craint des violences en France et notamment dans la capitale. Déjà, qu'est-ce que ça dit de l'état de la France ? Qu'est-ce que ça dit de l'état de la société ? Qu'à l'occasion d'un match de foot qui devrait être une grande joie, on craigne des violences ?
Moi j'espère que ce sera une grande joie parce que j'espère qu'on va gagner et j'espère qu'il y aura plein de français qui auront envie d'aller faire la fête un peu partout. Et ce que doit faire l'état, c'est les protéger, faire en sorte que la fête se passe bien. Ça veut dire une chose simple, mobiliser toutes les forces de police et ce qu'a fait Laurent Nunez pour faire en sorte qu'il y ait tolérance zéro avec les casseurs. Parce que vous avez raison de le dire, il y a aujourd'hui une petite minorité qui n'a plus peur d'aller affronter la police. C'est une petite minorité qui rêve d'aller, qui est extrêmement visible.
Je veux juste rappeler que c'est une minorité parce que les français majoritairement vont vouloir faire la fête. C'est ça le sujet. Et nous, les pouvoirs publics, on doit leur permettre de faire la fête sereinement. Ça veut dire que les individus qui veulent aller casser, piller, fracasser, il doit y avoir en face une réponse immédiate. C'est ce qu'a promis le ministre de l'Intérieur. Et de fait, tolérance zéro avec les casseurs, les pilleurs et les troubles faites. Ça, ça va être extrêmement clair. Et le dispositif a été mesuré en conséquence, fort de l'expérience des dernières fois. Et donc, on a le droit à la fête dans notre pays. On a le droit de se réjouir. On a le droit à la sécurité.
Et c'est ce qu'a mis en place le ministre de l'Intérieur.
Il y a déjà eu des violences le soir de la demi-finale, il y a quelques jours. Comment est-ce que vous qualifiez ceux qui commettent ces agressions ?
Ce sont des casseurs, des voyous, des criminels. C'est le même substrat qui a mobilisé les émeutes en 2023, par exemple. C'est des gens qui n'ont pas peur de l'autorité de l'État, pas peur des forces de l'ordre. Mais ils ont raison. Et qui même veulent aller casser, défier. Mais quelle autorité de l'État ? Et monsieur le ministre, quelle autorité de l'État ? Quand on mobilise 22 000 policiers, comme le fait le ministre de l'Intérieur, pour Sergipe, où est l'autorité de l'État ? On a un dispositif de sécurité. Maintenant, il y a deux choses. Il y a la police qui va être pleinement mobilisée. Et puis, vous avez raison. Une fois qu'on a attrapé un criminel... La police, elle fait son travail.
La police fait son job. Exactement. Mais c'est important de le rappeler. Parce que moi, j'étais dans l'hémisle hier. Vous avez certaines formations politiques, la LSI pour ne pas la citer, qui nous expliquent que la police, c'est eux les méchants, que la police tue nos enfants, etc. Donc, c'est bien aussi de rappeler notre soutien à nos policiers qui sont extrêmement courageux. Et qui, pour le coup, eux, pendant que les autres font la fête, viennent protéger nos concitoyens. Donc, c'est important. Et ensuite, il y a le système judiciaire qui, probablement, doit être réformé et amélioré pour que la sanction soit beaucoup plus certaine et beaucoup plus immédiate. Parce que vous avez raison.
Parfois, vous avez des personnes qui rentrent par la case prison et qui en ressortent un peu trop vite, à mon goût. Mais ils ne rentrent pas par la case prison.
Il y a des racailles qui ont jeté des objets sur des policiers, qui ont jeté des barrières vaubants sur des voitures de police et qui ne sont pas allés en prison.
Et qui n'ont même pas été condamnés. Vous connaissez mon parcours. Vous savez à quel point je suis ferme sur ces questions-là. Et à quel point je pense qu'il faut qu'on ait une réponse extrêmement puissante. Vous aviez, il y a quelques jours, Frédéric Péchenard à votre antenne, qui est un ami. Hier, interrogé par Laurence Ferrari. Et qui dit souvent, c'est moins la gravité de la peine que la certitude de la peine qui est importante. Donc moi, je pense qu'il faut qu'on réforme. Et l'élection présidentielle sera probablement le moment pour pouvoir avoir ce débat en profondeur. Il y a déjà des choses qui se sont améliorées. Je pense à la loi narcotrafic, par exemple.
On a maintenant des outils beaucoup plus puissants qu'avant. Et pour ce qui me concerne sur le logement, par exemple, la possibilité, à la première condamnation pour narcotrafic, d'expulser de leur logement social les familles connectées au narcotrafic. Ça n'a l'air de rien, mais ça fait la différence quand il y a justement cette certitude. Quand on dit, si vous fautez, il y aura une sanction, n'en ayez aucun doute. Ça, c'est fondamental. Alors, vous y faisiez allusion,
mais mardi dernier à Marseille, la justice a refusé l'expulsion de leur HLM de deux familles dont l'enfant a été condamné pour trafic de drogue. Pourquoi ? Parce que cet enfant, cet adolescent, causait des troubles à l'ordre public, non pas en bas de chez lui, mais dans un autre quartier. Et si on commet des troubles à l'ordre public dans un autre quartier, la loi ne s'applique plus, on ne peut plus expulser le délinquant. Il y a un petit souci.
C'est évidemment un souci. Où est l'autorité de l'État dont on parle ? C'est un véritable souci. C'est pour ça que, moi, je propose depuis longtemps que le bail social soit un bail renouvelable tous les trois ans. Ce qui fait que, dans ces cas-là, il n'y a même pas besoin de judiciariser. On constate les troubles. Et le bailleur dit que ça suffit, au bout de trois ans, on arrête. Et comme ça, on évite d'emboliser aussi la justice. On arrête sans reloger ou en relogant ? On peut reloger une partie de la famille, par exemple. Moi, j'ai connu... Donc, vous déplacez le problème. Vous relogez dans un autre HLM ? Non, non.
Quand j'étais mère, j'ai rencontré des mamans solos qui étaient dépassées par des jeunes majeurs multirécidivistes. Et au fond, c'était la question de dire comment on relogent la maman et les enfants tout petits. Et par contre, on sort définitivement du quartier, si possible, de la ville. Le délinquant récidiviste. C'est d'ailleurs pour ça que, dans le projet de loi logement, on en reparlera. Mais je veux qu'il y ait un droit de veto pour les maires, pour que, justement, les maires puissent dire ça suffit, ces familles-là ou ces individus-là, oui, oui, le maire de la ville, puissent effectivement dire stop, il y a des profils, on ne les veut plus sur le territoire.
Parce que là où vous avez raison, c'est que parfois, on expulse une famille de délinquants et on les reloge, voire même on les reloge dans plusieurs logements sur la ville. Ça veut dire que le criminel revoit ses victimes et ça, c'est inacceptable. Vous êtes ministre du logement et de la ville.
Les narcomicides se multiplient, les homicides sur fond de trafic de drogue. Mardi soir à Nantes et à Grenoble, il y en a eu, 10 personnes sont mortes en 6 mois à cause du narcotrafic à Grenoble. On assiste impuissant à la mexicanisation de la France, on l'a dit des centaines de fois, mais elle est là.
Ce qui est sûr, c'est qu'on est en train de vivre un phénomène qui est profond, qui est en train de s'enraciner dans les grandes villes telles que celles que vous citez, mais aussi dans la ruralité, et que la réponse doit être à la hauteur de ce qu'on a su faire pour la lutte contre le terrorisme. Ça veut dire une mobilisation de tous les instants, de tous les efforts et de toutes les strates possibles, de la police jusqu'à la justice, en passant par la prison. C'est ce qu'a commencé à faire le gouvernement. Il y a eu ces lois narcotrafiques qui ont été une première avancée.
Il y a eu ces prisons spécialisées portées par Gérald Darmanin en tant que ministre de la Justice, qui fait que déjà, on augmente notre arsenal. Maintenant, plus on embête ces narcotrafiquants, plus la violence est exacerbée et explose. Et donc, il faut que collectivement, en tant que pays, en tant que société, on se dise, oui, ça va être un peu dur. Parce que quand on fait passer, par exemple, sur une grande ville de 22 points de deal à seulement 2 points de deal, ça tend énormément ces narcotrafiquants. Ils se font une guerre acharnée. Et ça fait des tirs de rafale, un peu à la mexicanisation, dans les rues. Mais il ne faut pas lâcher. Il ne faut pas lâcher.
Et au contraire, il faut aller jusqu'au bout. Et là-dessus, je le dis, il faut que les citoyens soutiennent nos policiers qui mènent un combat terrible à ce niveau-là. Je le disais, il y a des mesures aussi à prendre, comme l'expulsion systématique des narcotrafiquants. Je pense que ça, là-dessus, il faut qu'on avance. Mais de manière générale, moi, je crois qu'il faut qu'on nettoie les quartiers sur lesquels ils prennent appui avec une idée simple. C'est que pas de logement social, pas de solidarité pour ceux qui sont condamnés pour des crimes et délits graves. Et c'est une façon aussi, petit à petit, de leur enlever ces points d'accroche qu'ils ont aujourd'hui.
Et il y a un enjeu aussi, c'est de reloger les familles victimes de ces narcotrafiquants beaucoup plus vite. Il y a un enjeu aussi de réfléchir à comment on a un système d'informateurs qui soit protégé. Parce qu'aujourd'hui, vous êtes forcés par des narcotrafiquants à être nourris, c'est-à-dire à cacher la drogue chez vous. Si jamais vous allez voir la police pour le dire, le risque, il est quand même majeur d'avoir des conséquences et des répercussions parce qu'on ne va pas vous reloger tout de suite. Donc il y aura un intérêt à aller aussi créer, au fond, faire une opération manipulite, comme on a eu en Italie, où on fait toute la chaîne.
Il y a une volonté, une mobilisation totale du gouvernement là-dessus. On sait que ça va prendre du temps. Donc il va falloir que ce soit au cœur de nos politiques publiques pour les années qui viennent.
J'ai l'impression que vis-à-vis du narcotrafique et de la grande délinquance et de la délinquance en général, la France joue souvent en défense et pas en attaque. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, refuse de faire le lien entre délinquance et immigration. Et vous ?
En fait, si la question posée, c'est est-ce que quand on est immigré et qu'on arrive sur notre territoire, on en revient forcément en délinquant, la réponse est évidemment non. C'est pas la question. Non mais c'est pour ça que je le dis. Oui, oui, mais c'est plus la question depuis belle année. On a eu une difficulté à protéger nos frontières. Vous avez des personnes qui sont entrées illégalement sur le territoire. Donc déjà, par définition, quand vous êtes illégalement sur le territoire, c'est que vous êtes déjà en infraction avec les lois de la République. Donc il y a déjà de fait un lien majeur.
Et puis derrière, effectivement, vous avez des profils qui viennent alimenter des réseaux clandestins, qui viennent alimenter des réseaux de prostitution, qui viennent alimenter des réseaux de narcotrafic. et donc évidemment que mieux contrôler qui rentre et qui sort de notre pays, c'est aussi une façon d'influencer les enjeux de délinquance et de criminalité. C'est logique. Mais c'est pas une question d'origine ethnique, c'est pas une question d'origine culturelle. C'est une question de est-ce qu'on rentre légalement ou pas dans un pays ? Déjà, par définition, on se met hors-la-loi. Est-ce que la lutte contre la délinquance,
pour être très clair, nous oblige à durcir notre politique migratoire ?
Vous savez, moi je crois au fait qu'il faut évidemment contrôler nos frontières et donc protéger. Je le dis à tout le monde de manière très apaisée. Chez vous, vous avez une porte d'entrée avec un verrou. Et vous le faites parce que vous aimez savoir qui rentre et qui sort de chez vous. Pas pour laisser tout le temps la porte verrouillée et fermée, non, mais juste pour pouvoir avoir le contrôle. Et ça, c'est quelque chose qui doit être notre objectif et c'est évidemment fondamental. Et puis, vous avez un deuxième sujet. Là aussi, Frédéric Pechner en parlait très bien avant 30 ans hier. Il y a la question des OQTF.
L'État prononce une OQTF, 17 personnes n'ont plus à être sur notre sol et notre territoire. Et ces OQTF ne sont pas appliqués. Et ça, évidemment, c'est une difficulté. Moi, sur mon périmètre, je m'occupe de ce qu'on appelle l'hébergement d'urgence. Vous savez, en France, on est très généreux. On paye 200, 3 000 places par an à des personnes qui sont sinon à la rue. Et c'est une politique publique très humaine et qu'il faut défendre. Pour autant, c'est vrai qui se pose la question qu'on voyait que le nombre de personnes OQTF qui ne sont plus censées se trouver là...
En réalité, c'est l'hébergement d'urgence qui est censé héberger des Français qui sont sans abri sert à héberger des étrangers en situation irrégulière. C'est une politique humaine. Donc, on ne regarde pas l'origine des personnes.
C'est humain, mais... Mais par contre, quand vous avez des gens qui ne sont plus censés se trouver là et qui continuent à être hébergés, là, on a une question. Il va falloir résoudre là aussi ce problème parce que sinon, ça déborde déjà beaucoup et ça risque de déborder encore plus demain. Et comment on le résout, ce problème ? Ah ben, il faut qu'on puisse appliquer nos OQTF. Vous avez un combat, notamment au Parlement européen avec la directive retour qui devrait faciliter de manière significative le retour à l'analyse. Vous êtes pour l'utilisation
des hubs, comme le prévoit cette directive retour, les hubs à l'étranger où on expulserait
les émergés réguliers ? Je ne peux parler qu'en mon nom puisque ce n'est pas la position du gouvernement, mais je le défendais quand j'étais député. Donc, je ne vais pas vous dire le contraire aujourd'hui. Je pense que ça fait sens et que ce sont des outils pour améliorer notre capacité à la fois à protéger les frontières et à renvoyer ceux qui n'ont pas à être sur notre territoire. Ça réglerait le problème
de non-expulsion, notamment des OQTF algériens. L'Algérie qui ne veut pas les récupérer, il serait expulsé vers des hubs.
En fait, c'est fondamental parce que quand vous avez des OQTF qui ne sont pas censés être là et qui commettent des crimes, comment on va voir les familles qui sont endeuillées, par exemple, en leur disant qu'il n'avait pas à être là mais qu'on n'a pas été capable de le renvoyer chez lui ? Donc, effectivement, ça fera, à mon avis, que la France se dote d'outils comme celui que vous citez pour qu'on ait un vrai contrôle. Il faut que ce soit des sujets de la présidentielle mais surtout que ça se transforme en acte. Bien sûr. Oui. Bien sûr. Mais je pense que pour que ça se transforme en acte, il faut que les Français tranchent.
Il faut un soutien massif de la population française qui s'exprime en disant ça suffit, maintenant il faut qu'on se dote de ces outils-là.
Le maire Danière a envoyé la facture à des familles d'adolescents qui avaient ouvert des bouches à incendie. Tiens, 1000 euros par famille, vous en avez entendu parler. Vous le soutenez ?
Totalement. Manuel H. Leman a raison de le faire et je pense qu'il faut là aussi que ce soit beaucoup plus simple et facile pour les maires d'attaquer, de porter plainte sur ces soucis. Vous ferez en sorte que ces familles payent vraiment même si elles disent on n'a pas l'argent ? Il faut qu'elles contribuent. Encore une fois, je crois à la responsabilité individuelle et donc à un moment donné, s'il faut mettre 30 ans pour payer, il faut le payer. Il faut juste le dire en une seconde. Ce n'est pas un peu d'eau qui est perdu. Ce n'est déjà pas très chouette de perdre un peu d'eau. Mais le vrai sujet, c'est que vous mettez en carafe tout le système de défense incendie.
Ça veut dire que potentiellement, vous mettez en danger les milliers, voire les dizaines de milliers d'habitants du quartier autour de vous. C'est ça le vrai danger. C'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des amendes et qu'il y ait des sanctions.
Votre projet de loi logement devrait être examiné courant juillet à l'Assemblée nationale. Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement, le calendrier parlementaire est très chargé. Déjà, vous ne craignez pas que votre texte soit enterré ?
Il va passer ? Enterré, ça j'ai aucun doute là-dessus. Il y a un soutien plein et entier du Premier ministre qui a annoncé les mesures qui sont dans ce plan logement. Est-ce qu'on arrive à le passer au Sénat ? Puisque c'était l'objectif avant juillet, on va pouvoir le déterminer dans les jours qui viennent. Mais en tout cas, je continue à être pleinement mobilisé pour ça. Les sénateurs sont en demande, les sénateurs sont en attente de pouvoir avancer sur les projets de loi logement. Il y a déjà eu d'ailleurs une PPL portée par la sénatrice Dominique qui était notre proposition de loi sur le logement et un choc d'offre pour le logement. Et donc, le Sénat est très en demande et en attente.
Je pense qu'on peut l'espérer. Mais ce qui est le plus important surtout, c'est qu'on ait le projet de loi qui vient de répondre à une crise majeure du logement. Vous ambitionnez de construire 2 millions de logements d'ici 2030 ? C'est les annonces du Premier ministre. Et ce sont des annonces qui ont été faites. Et on en est combien là ? Quelques dizaines de milliers ? 2 millions, c'est l'objectif d'ici 2030. 400 000, c'est la moyenne. On savait que la première année, de toute façon, le démarrage serait un petit peu lent.
Et pour pouvoir atteindre ces objectifs, il faut qu'on mette en place le plan logement qui derrière, à travers ce plan de relance, amène de la simplification, l'accélération des projets, etc. Et donc, c'est grâce aussi à ce plan logement qu'on arrivera à atteindre ces objectifs. Mais ce sont des objectifs qu'on n'a pas inventés tout seul dans un bureau. On les a partagés avec ce que j'ai appelé l'équipe de France du logement, c'est-à-dire tous les représentants de la construction, de la promotion immobilière, du logement social, de manière à ce que tous ensemble, on se dise qu'on va produire les 2 millions de logements que les Français attendent.
C'est du logement privé ou c'est du logement social ? De tout. On mobilise toute la chaîne parce qu'il faut du logement très social, il faut du logement intermédiaire, il faut du logement en accession libre, il faut de la rénovation de logements anciens et c'est toute la chaîne qu'on mobilise pour réussir à atteindre cet objectif qui se jouera sur cette thématique du logement parce que derrière, vous avez toutes les autres thématiques. Derrière, il y a la question du pouvoir d'achat, il y a évidemment la question de la transition écologique, il y a aussi d'une certaine façon la question de la sécurité.
On le voit, on a annoncé dans ce plan de relance logement un enrue 3, la rénovation urbaine avec au cœur et un des piliers fondamentaux, la sécurité. Ça n'avait pas été assez le cas par le passé et on voit que quand on transforme la ville, quand on transforme l'urbain, qu'on rajoute des rues, qu'on désenclave, ça sécurise. Et d'ailleurs, ceux qui ne s'y trompent pas, ce sont les narcotrafiquants eux-mêmes parce que dès que vous avez une rue qui arrive pour réparer un quartier, quelle est la première chose qu'ils attaquent ? C'est les bâtiments des ouvriers, la grue, le bulldozer. Eux, ils ne veulent pas qu'on désenclave ces quartiers.
Vincent Jambrun, ministre du Logement, je voulais vous entendre sur ce rapport très critique sur l'encadrement des loyers qui dit que ça ne fonctionne pas. Il faut le poursuivre ou pas l'encadrement des loyers ? La loi s'arrête
dans six mois à l'automne. Déjà, j'ai dit de manière très simple qu'il ne fallait surtout pas généraliser parce que c'était quand même l'ambition. Pourquoi est-ce qu'il faut l'arrêter ? Au départ, on nous a dit on va expérimenter puis vous verrez, c'est génial, donc il va falloir généraliser. C'est la demande aujourd'hui d'une partie de l'hémicycle à l'Assemblée nationale. Moi, je dis non, Nietz, et c'est d'autant plus facile de dire non qu'effectivement, il y a un rapport indépendant. C'est la gauche qui dit
que c'est formidable d'engagérer les loyers, c'est la solution miracle.
Le rapport qui est fait par deux économistes totalement indépendants, il nous dit quoi ? Il nous dit quand vous avez une petite réduction de loyer, c'est 2-4%, donc ce n'est franchement pas énorme quand on sait ce que ça coûte aux finances publiques. Et on est très loin d'atteindre l'objectif que veut la gauche puisqu'en fait, ce sont les deux derniers déciles, comment dire ça ? En fait, la classe moyenne très supérieure qui bénéficie de ce plafonnement des loyers.
Donc effectivement, à titre personnel, moi, je ne suis pas du tout pour poursuivre l'expérimentation, mais je vais malgré tout concerter les maires qui ont, eux, bénéficié de cette expérimentation et voir s'il est utile de leur laisser un délai et voir comment on peut aménager les choses. Donc, vous êtes pour le statut
que ça ne bouge pas ? Ce n'est pas ce que je dis. Ceux qui ne veulent pas l'utiliser ne l'utilisent pas et les maires de gauche pourront continuer à l'utiliser ?
Moi, j'ai été maire et j'ai toujours respecté la volonté des maires et j'entends de toutes parts, y compris de maires, d'autres tendances politiques, par exemple, les maires qui sont dans des zones frontalières et qui nous disent qu'on n'arrive plus à loger les nôtres. Peut-être que cet outil, si on l'a dans la boîte à outils, peut nous intéresser. Et donc, j'essaie d'aller sans dogmatisme dans la discussion et la concertation. Pour autant, sincèrement, j'invite chacun à lire ce rapport, on voit bien que quand on contracte les prix, en général, c'est l'offre qui se contracte avec.
Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et du Logement. Certains élus France Insoumise comme Bali Bagayoko appellent à une insurrection populaire en cas d'une victoire du Rassemblement National à la prochaine présidentielle donc en 2027. Déjà, quelle a été votre réaction
quand vous avez entendu ça ? Pas étonné. Toujours choqué parce qu'on voit bien que la France Insoumise jette de l'essence sur les braises en permanence. On n'utilise pas le moins insurrection en vain. C'est quelque chose d'important et ça montre quelque chose dans l'ADN même de la France Insoumise. Je me souviens pendant les émeutes de 2023 de M. Mélenchon qui expliquait par tweets que les émeutiers avaient le droit brûlé ou pas brûlé donnant finalement une espèce de caution un blanc-seing aux casseurs. On se souvient de M. Bompard qui disait moi je veux foutre en l'air la République avant de préciser un peu tremblant la cinquième la cinquième.
C'est ça aujourd'hui la France Insoumise et leur logiciel de conflictualisation de tout. Donc non on n'utilise pas le moins insurrection de manière négligée comme ça c'est pas acceptable. Et puis derrière pardon mais il y a un enjeu démocratique. Donc est-ce qu'on peut combattre un parti politique ? Oui et je le fais sans aucune difficulté. Ce sont des adversaires politiques mais si on accepte la règle de la démocratie on accepte que les Français choisissent leurs représentants. Et si le peuple français choisit il choisira son candidat. Moi je ne fais pas une logique d'insurrection sinon c'est pas la démocratie.
à propos de 2027 vous faites partie des LR frondeurs qu'on rejoint le gouvernement sous la présidence d'Emmanuel Macron. Le président des républicains Bruno Retailleau s'est lancé dans la course à la présidentielle. Il était en Ukraine il y a quelque temps. Il a fait une proposition d'ailleurs sur le logement. Il veut faire cavalier seul. Vous le soutenez aujourd'hui ?
Moi je l'ai dit très clairement je soutiens le rassemblement du bloc central avec la droite pour pouvoir demain gagner la présidentielle pour que nos idées le remportent. remportent le match. Donc vous voulez la victoire des macronistes ? Non. Non, je veux la victoire de mes idées des valeurs que je défends depuis toujours. Vous êtes dans un gouvernement macroniste ? Je travaille avec le bloc central avec plaisir puisqu'on a plus de choses qui nous rassemblent que choses qui nous divisent. Mais encore une fois les valeurs de la droite que je défends depuis le tout premier jour de mon engagement politique c'est celles-là que j'ai envie de voir gagner.
La droite s'est toujours alliée avec le centre ce sont nos alliés et amis naturels. Et c'est ce bloc-là qui doit pouvoir remporter le match en 2027. Mais pour ça et les sondages sont très clairs ça passe par un rassemblement large et un rassemblement autour d'un programme parce que c'est ça la clé.
Vincent Jeanbrun était l'invité de la grande interview C News Europe 1 ministre de la Ville et du Logement. Merci beaucoup monsieur le ministre bonne journée à vous. Merci Vincent Jeanbrun merci Romain Desarbres dans un instant sur Europe 1 vos signatures du vendredi Eugénie Bastier Catherine Ney et votre club culture à tout de suite.
Vincent Jeanbrun