🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement nationa...
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Premier ministre est sous surveillance, c'est-à -dire que nous, dans notre position, ce que nous souhaitons, c'est peser sur les choses et empêcher des virages que nous ne souhaiterions pas voir prendre par ce gouvernement dans l'intérêt des Français. Peser, ça veut dire qu'on souhaite qu'il y ait une orientation en matière de pouvoir d'achat, d'immigration et de sécurité qui soit prise et qui aille le plus loin possible, et puis empêcher, ce serait évidemment, notamment par exemple en matière fiscale, en matière d'impôts, d'aller taper la France qui travaille, les classes populaires ou qui ont travaillé. Si j'entends bien, vous utilisez encore le conditionnel, ce qui veut dire que vous ne censurerez pas a priori ce gouvernement.
Vous allez lui laisser un petit peu de temps, vous allez les regarder courir. Mais vous savez, le conditionnel sera utilisé avec ce gouvernement tout le temps où ce gouvernement agira. C'est-à -dire qu'il n'aura jamais rien d'acquis avec nous.
Il n'y aura jamais rien qui pourrait nous empêcher à un moment de changer notre position si nous jugeons que ce n'est pas l'intérêt des Français. On a dit qu'on ne censure pas a priori. C'est-à -dire qu'avant d'avoir vu le budget, c'est-à -dire les grandes orientations traduites de façon très concrète dans le budget, nous ne censurons pas pour laisser Michel Barnier installer, proposer, exposer sa politique.
Hier, c'était un peu court sur France. Il y a déjà eu pas mal de trucs. On va quand même y revenir, notamment sur le budget.
On voit bien les quelques orientations. Pas toujours, mais on va y revenir si vous le souhaitez. Et en tous les cas, on va être exigeant.
Puisqu'on laisse à Michel Barnier cette possibilité de dévoiler ses batteries et de construire un budget, on va être exigeant. C'est horrible cette situation. Pour qui ?
Quand on vous écoute, on se dit qu'ils sont là , ils avancent. Et puis en même temps, vous êtes là , tapis dans l'ombre. À tout moment, vous pouvez couper la corde.
Non, on n'est pas du tout tapis dans l'ombre. On est fort de 11 millions d'électeurs. En fait, ils vont être obligés de gérer au jour le jour.
Ils ne peuvent pas vraiment...
Non, au contraire. Je pense que s'ils avaient des grandes perspectives qui permettaient de donner des objectifs à long terme, ce serait probablement rassurant. Je pense que c'est exactement l'inverse.
Ce n'est pas géré au jour le jour. Ils devraient nous donner des grands objectifs à atteindre. Mais ça veut dire quoi ?
Il faut qu'ils viennent vous voir, qu'ils vous disent « voilà ma feuille de route ». Nous voir le Parlement. Vous validez, vous ne validez pas ?
Vous savez, nous, nous sommes le groupe le plus important du Parlement. Mais nous sommes aussi la seule opposition. Car tous les autres groupes, gauche comprise, ont un jour ou l'autre voté pour Emmanuel Macron et ses députés.
Donc nous, nous sommes les seuls à être la véritable opposition avec nos alliés d'Éric Ciotti. Tous les autres, à un moment ou à un autre, leur ont fait la courte échelle. Donc on est exigeant parce qu'on représente des millions de Français.
Vous savez ce que me disaient hier les électeurs ? Moi, j'étais ce week-end dans ma circonscription dans des communes à Famars, à Veine-le-Sec. Ils m'ont dit « on prend les mêmes et on recommence ».
Donc, soyez exigeants d'eux. Et s'ils sortent du chemin, s'ils viennent chercher de l'argent dans nos poches alors que nous travaillons, eh bien, tapez-les. Voilà ce que nous disent les Français. – Alors, précisément, Sébastien Chenu, on va regarder point par point ce qui a quand même commencé à être dévoilé hier par Michel Barnier.
D'abord, sur les finances. Parce que c'est bien ce que vous disiez à l'instant, la toute première épreuve, ce sera le budget. Réussir ou non à passer l'épreuve du budget à l'Assemblée nationale, à faire voter ce budget, et ça va être dans les jours qui viennent.
Sur la question des recettes, Michel Barnier a laissé entendre hier qu'il pourrait augmenter les impôts, faire participer, je cite, les plus riches et les très grosses entreprises. Est-ce que là -dessus, vous dites pourquoi pas ? – Alors, c'est là où Michel Barnier n'est pas très clair, justement.
Parce que lorsqu'il commence à ouvrir la boîte de l'augmentation des impôts, on peut imaginer où ça peut commencer, ce que dit Michel Barnier, faire participer les plus riches, on peut y être attentif. – Il ne dit pas les cashmoliennes, je ne veux pas toucher les cashmoliennes. – Oui, mais on ne sait pas jusqu'où ça va.
Et il est là le problème, parce que moi j'ai entendu que le gouvernement regardait, travaillait sur un projet, par exemple, de gel du barème de l'impôt sur le revenu, pour récupérer 4 milliards, ce qui ferait entrer mécaniquement sans que leur revenu ait augmenté, 300 000 Français actifs ou retraités dans cette tranche supérieure d'impôt. Et là , on ne parle plus des plus riches, on parle des gens qui auraient basculé dans une tranche supérieure sans que leur revenu n'ait augmenté. – Alors, on va préciser les choses pour que tout le monde comprenne bien ce qui pour vous est la ligne rouge.
Aujourd'hui, il y a des barèmes, des paliers, au-dessus desquels vous payez davantage d'impôts qu'en dessous. Et mécaniquement, chaque année, ces barèmes sont relevés pour tenir compte de l'inflation. Si on ne touche pas les barèmes, on a effectivement l'air de ne pas augmenter les impôts, puisqu'on n'y touche pas.
Mais mathématiquement, on fait rentrer un certain nombre de Français dans la tranche supérieure. – Sans que leur revenu n'ait augmenté. C'est-à -dire qu'en fait, ils subissent l'inflation beaucoup plus. – Sans que leur pouvoir d'achat n'ait augmenté. – Oui, enfin, vous avez vu que d'ailleurs, l'INSEE nous a montré que le pouvoir d'achat des salariés publics et privés avait baissé en 2023, en 2024.
Donc là , c'est une ligne rouge pour nous, parce que c'est une hausse d'impôts déguisée, et on va nous dire que ça touche les plus fortunés, alors qu'en réalité, on aura fait entrer dans le barème supérieur des Français qui n'auront pas vu leur pouvoir d'achat augmenter. – Donc, si j'ai bien compris, Sébastien Chenu, gel des barèmes de l'impôt sur le revenu, ça c'est la ligne rouge. En revanche, quand il dit, Michel Barnier hier, qu'il pourrait faire participer les plus riches et les très grosses entreprises, vous ne sortez pas le stylo avec le fait que ce soit la ligne rouge.
Là , non. – Mais on va voir, nous, on a proposé, par exemple, une taxation sur les sur-profits. Pas sur les profits, il est normal qu'une entreprise fasse des profits, sur les sur-profits, c'est-à -dire le fait que des entreprises aient pu, en dehors de leur stratégie, faire des sur-profits qui l'auront bénéficié.
Là , on est d'accord, et d'ailleurs, le modèle était d'accord. Mais l'ISF, c'est un faux débat. Nous, on est pour un impôt sur la fortune financière qui remplace l'impôt sur la fortune immobilière.
Mais on est conscient tout à fait que ce n'est pas cet impôt qui va résorber le déficit abyssal. – Il est symbolique, cet impôt ? – Il est symbolique.
On veut un impôt sur la fortune financière. Nous l'avons dit, nous referons cette proposition. – C'est quoi la fortune financière ?
C'est l'argent qui dort, en réalité, et non pas l'argent issu ou du patrimoine que des Français ont pu se construire avec leur travail, qui a été taxé par Emmanuel Macron. Donc ça, ce sont des lignes rouges, ce sont des perspectives. Et souvent, les milieux économiques, ils ne demandent pas, d'ailleurs, qu'on taxe les plus modestes, qu'on taxe la France du travail.
Ils demandent quelque chose de cohérent, et de cohérent dans le temps. Donc j'aimerais que Michel Barnier nous donne ces perspectives, nous explique quelle est sa logique, et puis ensuite, nous nous déterminerons. – Alors voilà pour ce qui est des impôts.
Ensuite, les retraites. Michel Barnier a dit qu'il ne souhaitait pas abroger la réforme des retraites, contrairement à vous. En revanche, il est prêt, dit-il, à des aménagements.
Est-ce que ça, ça vous suffit ? – Non, mais d'ailleurs, nous allons proposer, nous, l'abrogation de la réforme des retraites. Pour revenir au système, l'abrogation de la réforme des retraites, celle d'Emmanuel Macron, mais aussi du système de Marisol Touraine, revenir à 42 annuités pour pouvoir partir à partir de 62 ans, c'est ce que nous proposons dans notre niche.
Et nous pensons qu'effectivement, il ne s'agit pas d'aller essayer de faire un bricolage. Ce que Michel Barnier propose, c'est d'aller faire du bricolage, probablement sur des carrières longues, de retrouver quelques dispositifs. – Aménager, oui, il a parlé de la question de la pénibilité. – Je pense qu'il faut remettre le chantier à zéro, il faut recommencer, revoir les partenaires sociaux.
C'est une réforme qui n'emporte pas l'adhésion des Français, c'est une réforme aussi coûteuse. – Je vous repose la question, Sébastien Chenu, est-ce que c'est un souhait ou est-ce que c'est une exigence ? C'est-à -dire, est-ce que si, en effet, il n'abroge pas cette réforme des retraites et qu'il se contente pour l'instant d'aménagement à la marge, est-ce que vous censurerez ou vous ne censurerez pas ?
Vous direz, bon, allez, ce n'est pas la priorité. – Je vais vous dire, pour la réforme des retraites, c'est la priorité, mais nous ne comptons que sur nous. Michel Barnier a déjà dit qu'il ne voulait pas l'abroger, alors nous, nous le proposons le 31 octobre. – Ce n'est pas une raison suffisante pour le censurer ? – Ah ben, ça fera partie quand même du package, parce que ça viendra avant le vote du budget.
Si notre proposition d'abrogation de la réforme des retraites n'était pas votée, si la gauche faisait la fine bouche, refusait de voter ce qui peut bénéficier aux salariés après avoir tapé sur des casseroles pendant des mois, on le ramène sur un plateau, bon, si ça ne passait pas, effectivement, on demandera à Michel Barnier d'inclure cette abrogation dans son projet de budget. – Sébastien Chenu, sur la question de l'immigration, il a promis, Michel Barnier, d'être pour une fermeté et une humanité, il a même été, jusqu'à parler de l'Allemagne, qui, vous le savez, referme ou renforce le contrôle aux frontières, comme en quelque sorte d'un modèle, écoutez. – Pouvoir contrôler nos frontières, qui sont souvent des frontières passoires, regardez ce que font les Allemands, on va faire des choses pratiques pour maîtriser et limiter une immigration qui devient souvent insupportable et qui, d'ailleurs, conduit à ne pas bien accueillir ceux qu'on accueille chez nous. – Pas d'idéologie, je pense qu'on doit traiter cette question de l'immigration avec beaucoup plus de rigueur, il y aura des ruptures, beaucoup plus de fermeté en même temps de l'humanité. – Ça, vous pouvez signer, non ? – J'ai entendu ce discours déjà dix fois, vous savez, notamment par les Républicains, et puis à la fin, rien ne s'est fait.
On va pouvoir voir si Michel Barnier, par exemple, veut supprimer, réformer, modifier l'AME, l'aide médicale d'État. – Il a dit qu'il n'y avait pas de tabou là -dessus. – Oui, lui, il n'en a pas. – Non, mais ça, c'est des signaux aussi pour… – D'accord, mais tout ça, c'est le service minimum.
C'est pas pour nous, c'est pour les Français, madame. C'est le service minimum. Ça pèse sur les finances publiques, c'est totalement injuste.
L'aide médicale d'État, je vous rappelle, ce sont des soins offerts, un grand panier de soins offerts gratuitement à des gens en situation irrégulière. Donc nous, on est pour une réforme de cette aide médicale d'État, pour quelqu'un, bien sûr, qui est à l'article de la mort, sera soigné, quelqu'un qui est porteur d'une épidémie sera soigné, mais bon. – Mais Bruno Retailleau, qui devient… – Bruno Retailleau, qui devient le ministre de l'Intérieur, avait dit d'ailleurs ici à ce même micro qu'il était pour la suppression de l'aide médicale d'État et la remplacer par une aide médicale d'urgence. – Oui, mais vous savez… – Il partage là -dessus le même point de vue que vous. – Oui, mais regardez, Bruno Retailleau, moi je me souviens de lui, très anti-Mastricht, très souverainiste, très dans les combats pour que la France résiste face à l'Union européenne, et puis il termine dans un gouvernement dont le ministre des Affaires étrangères et de l'Europe est Jean-Noël Barraud, c'est-à -dire un fédéraliste.
Donc j'entends les propos d'estrade d'un Bruno Retailleau, désormais associé à un garde des Sceaux socialiste qui n'a visiblement pas les mêmes… – Didier Migaud. – Dans son parcours, a montré qu'il n'avait pas les mêmes options politiques, le même logiciel que Bruno Retailleau, et je crains le retour dû en même temps. – Ça veut dire quoi ?
Bruno Retailleau d'un côté, Didier Migaud de l'autre, justice et intérieur, ça vous paraît se nuire l'un l'autre ? – En tous les cas, ça paraît ne pas pouvoir permettre à un ministre de l'Intérieur, même déterminé, d'aller au plus loin sur ces questions de sécurité et d'immigration, car il sera borné par le garde des Sceaux. – Je reviens quand même sur une expression qu'on a entendue dans la bouche de Michel Barnier, qui dit « nos frontières sont de véritables passoires ». – Oui, mais enfin, nous le dénonçons depuis longtemps.
Et lorsque Jordan Bardella dénonçait pendant la campagne des élections européennes cette Europe passoire et qu'il proposait la double frontière, garder les frontières de l'Europe, mais rétablir un contrôle de nos frontières intérieures, il a été moqué, on a dit « mais ce n'est pas possible, vous êtes des ringards, vous voulez remettre des gardes barrières, des douaniers, mais qu'est-ce qui est en train de faire l'Allemagne ? Qu'est-ce qui est en train de proposer peut-être Michel Barnier demain ? » – Mais c'est ce qu'il dit. – Exactement, c'est pour ça que je vous ai dit en début de conversation, nous allons peser sur ce gouvernement, nous allons être exigeants, nous allons les pousser à avoir du résultat sur les thématiques sécurité, immigration, pouvoir d'achat, et s'ils ne vont pas dans cette direction, nous prendrons nos responsabilités. – Michel Barnier qui a insisté sur le fait que le gouvernement allemand qui décide de renforcer les contrôles aux frontières, le gouvernement danois, le gouvernement britannique, sont des gouvernements de gauche. – Oui, des gouvernements sociodémocrates, de gauche, et tout ça sans sortir des traités.
Ça montre bien que les solutions que nous proposons avec Marine Le Pen et Jordan Bardella au moment des élections, elles peuvent être appliquées et applicables. Ça prouve bien que ça a du sens, et ça prouve bien qu'en réalité, il faut faire confiance aux gens qui ont fait les bonnes analyses, qui proposent les bonnes mesures, mais qui sont les plus déterminés à le faire, et non pas des gens qui de toute façon arrivent avec des propos d'estrade et qui à la fin devront composer. – Ça va être un peu compliqué ça quand même pour vous, Sébastien Chéry.
Parce qu'au fond, vous allez vouloir dire, bon ben on veut qu'ils aillent dans ce sens-là , parce qu'évidemment c'est ce que vous avez toujours plaidé pour le pays, en même temps s'ils y vont trop, vous n'aurez plus rien à vendre ? – Non, nous c'est l'intérêt de la nation, il y a urgence madame. Pourquoi est-ce qu'on propose l'abrogation de la réforme des retraites ?
Parce qu'on va à l'efficacité, il y a urgence de faire gagner des années de vie en bonne santé à la retraite à des Français. Pourquoi est-ce qu'on propose sur l'immigration le contrôle des frontières intérieures ? Parce qu'il y a urgence.
Donc nous ce qui nous mobilise, c'est l'intérêt national. On voit bien que ce n'est pas exactement ce qui mobilise ce gouvernement, en tous les cas Emmanuel Macron, dont l'éternel en même temps est l'unique boussole. – Côté ministère de l'Intérieur, au côté de Bruno Retailleau, il y a désormais Nicolas D'Aragon, le maire de Valence, qui va être chargé de la sécurité du quotidien.
C'est le nom de son nouveau portefeuille. Il a été opposé, et ça a été dur d'ailleurs, à des candidats du RN pour la mairie de Valence. Et il a obtenu un certain nombre de résultats, en tout cas il s'en vente, sur les rodeo-urbains, sur la police municipale, les logements sociaux dont il a expulsé les délinquants.
Un certain nombre de points sur lesquels vous pourriez là aussi applaudir. – Nous, nous n'applaudirons que ce que nous soutenons depuis toujours. On est cohérents.
Si ce gouvernement décide de revenir sur la suppression, en tout cas d'aller, puisqu'on ne l'a jamais testé, sur la suppression partielle, temporaire, définitive, d'allocations ou d'aides sociales à des parents d'enfants étrangers délinquants, eh bien nous irons sur cela. – Et d'ailleurs en direct sur BFMTV, pour ceux qui nous regardent, ce sont donc les images de cette toute première réunion du gouvernement au complet, des images en direct qui nous parviennent donc de Matignon, ce petit déjeuner, on voit bien, ce n'est pas très informel, mais ce petit déjeuner, ce premier petit déjeuner autour de Michel Barnier, alors même que le premier conseil des ministres, lui, aura lieu à l'Élysée cet après-midi. Culture du compromis, voilà ce que promet Michel Barnier.
Est-ce que vous pourriez accepter, vous aussi, de faire des compromis, c'est-à -dire de discuter avec eux, y compris en amont, si Michel Barnier vous appelle régulièrement et dit, voilà , venez, on discute ensemble avant même que je n'arrive au Parlement, est-ce que vous jouerez le jeu ? – Non mais discuter, écouter, échanger, toujours. On a toujours répondu présent lorsqu'on nous a demandé notre avis.
Si c'est pour négocier ce que nous pensons être les bonnes solutions, négocier ce que nous sommes, négocier ce qu'est notre pays, revenir sur ou amaudier un certain nombre de grandes traditions de notre pays, comme la laïcité, etc., il ne faudra pas compter sur nous. On n'est pas là pour négocier la France, on est là pour travailler, pour faire en sorte de pousser ce gouvernement à aller le plus loin possible, et encore une fois, à l'empêcher aussi s'il prend de mauvaises directions, et à pouvoir le censurer si les directions qu'il prenait étaient jugées mauvaises et allaient beaucoup trop loin.
Donc on veut du résultat. – Sur les questions de société, on a entendu un Gabriel Attal qui se veut le gardien d'un certain nombre d'avancées sur la PMA, la GPA, le mariage pour tous, les droits LGBT, l'IVG. Il a dit, il faut s'assurer, il a imposé même à Michel Barnier de devoir y répondre hier, estimant qu'il y avait peut-être une menace sur ces points-là et sur ces droits-là .
Alors, quelle est votre position à vous Sébastien Chenu ? – Alors, c'est intéressant que Gabriel Attal découvre que finalement, il a fait élire, il a permis l'arrivée de partenaires qui sont des libéraux économiquement et des conservateurs sociétalement. Toujours bien de le voir après, comme quand il fait élire des gens d'extrême-gauche, il s'aperçoit qu'il a fait élire Louis Boyard ou David Guiraud, mais il s'en aperçoit un peu tardivement.
C'est assez hypocrite. Moi, je pense qu'effectivement, on ne découvre pas, ce sont des conservateurs en matière sociétale pour la plupart de ses ministres. Nous, la question ne se serait pas posée avec Marine Le Pen, puisque Marine Le Pen avait dit qu'il n'y avait aucun sujet sur lequel nous reviendrions.
On ne reviendra pas sur le mariage pour tous, on ne reviendra pas sur les sujets de société tels que ceux qui ont été énoncés, évidemment sur le droit à l'avortement, jamais. Donc, avec nous, la question ne se posait pas. La question s'est donc posée aux yeux de Gabriel Attal, même si je pense que c'est un peu hypocrite, car je pense qu'il y a plus à redouter de l'islamisme qui pèserait sur les droits des gays, les droits des femmes, etc., que de Mme Garnier, qui maintenant s'occupe de la consommation, sincèrement.
Donc, je pense que c'est un peu un jeu de rôle. Il se trompe de cible, Gabriel Attal ? Vous voulez dire, s'il veut vraiment défendre les droits des gays et des métiers, ce n'est pas à Michel Barnier qu'il faut qu'il s'en prenne ?
C'est quand même Gabriel Attal qui a permis l'arrivée de Michel Barnier et de ses ministres sociétalement conservateurs. Donc, pourquoi s'en étonne aujourd'hui ? Il s'en étonne parce qu'il a envie de camper un personnage qui pourrait s'opposer à Michel Barnier.
Donc, il prend cette porte-là , mais je pense qu'il se trompe. Il y a un poste qui va être libéré de vice-présidente de l'Assemblée, puisque Annie Gennevard était vice-présidente de l'Assemblée. Elle rentre au gouvernement, elle va donc devoir laisser ce job-là .
Sébastien Chenu, allez-vous recandidater à ce poste-là ? En tout cas, pas pour un poste vice-présidente de l'Assemblée, je vous remercie. Non, de vice-président, évidemment.
Mais pour le reste, nous, nous voulons être respectés dans ce que nous représentons. On va voir, je ne sais pas si ce poste va se libérer. Ce qui compte, ce n'est pas à notre intérêt.
On sait que mécaniquement, il va se libérer. Non, pas forcément, parce qu'il faut un accord du bureau. Le bureau pourrait se mettre d'accord pour que ce soit un autre républicain ou supprimer cette vice-présidente, c'est possible aussi.
Donc, voilà , nous, ce qui compte, c'est les fonctions politiques. On les occupe un moment, puis on ne les occupe plus, puis on les occupe de nouveau. Mais vous aviez été candidat, vous pourriez candidat à nouveau.
On va être candidat sans aucun problème, évidemment. Le 30 septembre prochain, il y a l'ouverture du procès dans lequel Marine Le Pen va devoir elle-même comparaître à faire des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen. Ça va être deux mois d'audience.
Il est reproché à des assistants parlementaires d'eurodéputés FN à l'époque d'avoir en réalité non pas tant œuvré pour leurs activités au sein du Parlement européen que d'œuvrer pour le parti. Ce serait donc un détournement de fonds européens au profit du parti FN. Jordan Bardella, d'après le journal Libération, aurait même fait des faux pour tenter de masquer un certain nombre de ses activités alors qu'il était lui-même assistant parlementaire, non pas donc en tant que président du parti, mais en tant qu'assistant parlementaire à l'époque.
Que répondez-vous à cela ? Jordan Bardella et nous-mêmes contestons formellement ces affirmations de Libération. Une plainte a été déposée.
Il faut dire que Libération, c'est un journal militant qui ne se cache pas de mener un combat politique contre nous. Jordan Bardella a donc annoncé le dépôt d'une plainte. Sur le reste, Marine Le Pen...
Le Rassemblement national porte plainte contre Libération. Et la plainte est déposée. Ce n'est pas une menace de déposer.
Non, non, mais elle a été annoncée. Si elle ne l'est pas, c'est qu'elle est en cours de rédaction. Mais enfin, ce n'est pas une menace.
Il y aura un dépôt de plainte. Pour le reste, Marine Le Pen compte, en s'impliquant et en étant très présente à l'occasion de ce procès, démontrer la volonté de nuire au Rassemblement national qu'a l'Union européenne, qu'a la Commission, à travers ce procès, de nous nuire politiquement. C'est un procès politique pour vous ?
Bien sûr que c'est un procès politique. Et d'ailleurs, l'Union européenne ne s'en cache à peine à travers son bras armé qui s'appelle l'OLAF et qui ne respecte pas les droits de la défense, qui déclenche des perquisitions, qui déclenche des surveillances. Sur le fond, nous le contestons aussi.
Est-ce que sur le fond, ceux qui étaient...
Parce que ce qui vous est reproché, c'est de l'avoir fait sciemment. Nos collaborateurs font de la politique. D'avoir utilisé ceux qui étaient payés par l'Europe pour le parti.
Nos collaborateurs font de la politique. Ils sont aussi des militants. Ils assument des responsabilités.
Il se trouve que la politique qu'ils mènent, elle est hostile à cette construction européenne. Elle est hostile au discours de cette commission. Et c'est ça que ne supporte pas les commissions.
À une autre échelle, d'ailleurs, c'est ce que François Bayrou lui-même a plaidé. Et François Bayrou a été relaxé. Nous attendons la même chose concernant, évidemment, Marine Le Pen.
Sébastien Chenu, merci d'être venu dans ce studio. On comprend bien qu'effectivement, le gouvernement reste sous surveillance. Ce gouvernement qui est encore, au moment où l'on se parle, réuni à Matignon autour de Michel Barnier.
Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président du Rassemblement national.