Patrick Kanner : "L'UEFA va redistribuer une grande partie de ses bénéfices."
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:46OuverteRéponse directe
C'est bon pour le moral, c'est ça ?
- 1:06OuverteRéponse directe
C'est vrai sur les fanzones, on peut le rappeler d'ailleurs, la droite l'avait beaucoup critiqué au début et même avant l'euro. Vous avez tenu bon.
- 1:14OuverteRéponse directe
Quelques incidents quand même hier soir, une quarantaine d'interpellations à Paris, à Nantes, à Lyon.
- 2:17OuverteRéponse directe
90 000 agents déployés pour cet événement, c'est le plus gros dispositif jamais vu. Il le fallait.
- 3:04OuverteRéponse directe
Vous parliez même de guérilla syndicale, vous aviez peur que les grévistes gâchent la fête. Verdict ?
- 3:25OuverteRéponse partielle
Vous parliez de sentiments un peu d'appartenance, comme ça, sentiments d'union nationale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:42Invité politiqueFait
« l'UEFA va redistribuer une très très grande partie de ses bénéfices aux clubs, aux fédérations, aux 54 fédérations qui composent l'UEFA. »
- 5:02Invité politiqueChiffre
« l'euro, on le verra dans quelques semaines, dans quelques mois, c'est au moins un milliard d'activités économiques supplémentaires qui feront l'objet de recettes de TVA »
- 5:19Invité politiqueFait
« si on n'avait pas eu l'euro, on n'aurait pas rénové nos stades. »
- 5:23Invité politiqueFait
« peut-être qu'on ne serait pas en train de vouloir candidater pour 2024. »
- 5:41Invité politiqueFait
« les touristes sont revenus pour l'événement. »
- 5:59Invité politiqueChiffre
« l'image de la France montre que c'est une image d'un pays qui a la tête aux hautes et qui est capable d'accueillir au moins 3 ou 4 millions de visiteurs étrangers, manifestement. »
Temps de parole
- Patrick Kanner82 %
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Et avec nous, en studio jusqu'à 9h, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Caller. Bonjour. Bonjour. Pas trop difficile le réveil ce matin ?
La nuit a été courte, un peu de gueule de bois et je me mets à la place, je mets d'ailleurs moi-même de tous les Français qui attendaient autre chose hier soir. Mais voilà, la fête a été quand même très très belle et nous ne retenons que cela. Un pays rassemblé autour de son équipe, une union sacrée de la nation autour des Bleus. C'était quand même un beau parcours. N'oublions jamais quand même qu'au début de la compétition, on espérait que la France soit en demi-finale. Elle a été plus loin et naturellement, la dernière marche est toujours la plus compliquée.
C'est bon pour le moral, c'est ça ?
C'est bon pour le moral, oui. Je crois que le bilan qui sera tiré de cet euro sera un bilan très positif à tous les niveaux. Sur le plan sportif, bien sûr, une petite déception. Mais sur le plan économique, sur le plan médiatique, sur le plan de l'organisation et notamment de la sécurité, Paris réussit en engagement tenu.
C'est vrai sur les fanzones, on peut le rappeler d'ailleurs, la droite l'avait beaucoup critiqué au début et même avant l'euro. Vous avez tenu bon. Quelques incidents quand même hier soir, une quarantaine d'interpellations à Paris, à Nantes, à Lyon.
En marge des fanzones essentiellement, puisqu'elles étaient pleines deux heures avant le match et donc il y a eu quelques mécontents qui ont essayé de forcer. Ce qui montre bien d'ailleurs que les fanzones étaient des outils extrêmement sécurisés. C'était l'objectif et moi je tiens à en profiter pour remercier nos forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a tenu parce que c'est vrai qu'après le 13 novembre, on pouvait s'interroger légitimement. Mais on a fait non pas un pari risqué parce que tout avait été sécurisé comme jamais un événement sportif n'aurait été sécurisé.
Et ceux qui sont venus dans les fanzones, je crois qu'on sera autour de 4 millions de personnes, ont pu faire la fête comme s'ils étaient dans le match et comme s'ils étaient sur les stades. Donc c'est formidable. Et les polémiques des grincheux, des cassandres sont derrière nous. Je regrette qu'on ait voulu instrumentaliser l'euro au travers des fanzones. Et je le dis d'autant plus qu'Alain Juppé, qui était le patron des villes hautes, a marqué tout son attachement à l'organisation de cette manifestation par les villes au travers des fanzones.
90 000 agents déployés pour cet événement, c'est le plus gros dispositif jamais vu. Il le fallait.
Il le fallait, on a pris nos responsabilités. 77 000 agents de police, gendarmes, donc forces publiques. Et puis le reste en agents de sécurité privée. C'est une organisation hors normes pour un événement hors normes et qui montre que la France est capable de cela. Donc il y a le sport, et naturellement j'ai une petite amertume. Et puis il y a le reste. Et le ministre des Sports est quand même très heureux que notre pays a tenu malgré un contexte très difficile qui a été rappelé tout à l'heure. C'est vrai qu'il y a 5 ou 6 semaines, il y avait les pénuries d'essence, les inondations, les grèves. Bon, tout ceci a été une réalité, et maintenant le pays regarde devant lui.
Vous parliez même de guérilla syndicale, vous aviez peur que les grévistes gâchent la fête. Verdict ?
Oui, ce n'a pas été le cas. J'en avais rappelé à votre micro, j'avais appelé à la responsabilité de chacun. Et je crois que notre pays a su se ressouder autour des bleus. C'est formidable finalement. La victoire des bleus, c'est le pays qui les soutient. Même si la victoire sportive n'est pas tout à fait au rendez-vous.
Vous parliez de sentiments un peu d'appartenance, comme ça, sentiments d'union nationale ? Vous croyez que tous ceux qui ont chanté la Marseillaise ces derniers jours iront voter ?
J'espère. Ils voteront pour qu'ils voudront. En tout cas, le pays a montré sa force. Y compris vis-à-vis des pays étrangers. Dans cette période de Brexit qui a été évoquée il y a un instant à votre micro, l'Europe a du sens. Tous ces éléments de fraternité qui se sont déroulés, ça doit inciter, à mon avis, les Français à considérer que finalement ils vivent dans un beau pays et qu'ils doivent se projeter dans ce beau pays. Faire l'euro, ce n'était pas évident. C'était un pari en 2010. Nous l'avons réalisé cette année. Et avec, je crois, l'idée simplement que la fierté doit l'emporter peut-être sous toute forme de considération.
Est-ce que vous avez un regret à propos de l'UEFA qui ne paiera pas d'impôts ? Qui est quand même au niveau de ses revenus à peu près en grand jeu de 2 milliards, je crois, avec 7 euros ?
Aucun regret. Tout d'abord parce que c'était dans le cahier des charges et que nous avons respecté le cahier des charges, la décision d'un gouvernement précédent. Et puis si nous n'avions pas accepté cette mesure fiscale, nous n'aurions pas eu l'euro. Donc ce ne serait pas votre micro ce matin. Il faut être très clair. Puis moi, je n'oublie pas non plus que l'UEFA va redistribuer une très très grande partie de ses bénéfices aux clubs, aux fédérations, aux 54 fédérations qui composent l'UEFA.
Et je n'oublie pas non plus que l'euro, on le verra dans quelques semaines, dans quelques mois, c'est au moins un milliard d'activités économiques supplémentaires qui feront l'objet de recettes de TVA et qui compenseront très largement finalement ce « rescrit fiscal » pour reprendre un terme technique qui a été accordé à l'UEFA. Non, n'ayons aucun regret. Et puis si on n'avait pas eu l'euro, on n'aurait pas rénové nos stades. Et puis si on n'avait pas rénové nos stades, peut-être qu'on ne serait pas en train de vouloir candidater pour 2024. Il y a une spirale positive. Et moi, je me place dans cet esprit-là.
Les retombées économiques sont aussi touristiques, j'imagine ?
Oui, et puis n'oubliez pas que le 13 novembre, nous avons connu une chute terrible à partir du 13 novembre de touristes. Là, les touristes sont revenus pour l'événement. Mais comme ils sont revenus en toute sécurité, on peut espérer que l'euro aussi va être un booster pour le tourisme dans notre pays. Puisque l'image de la France, même si malheureusement la menace terroriste existe toujours, il ne faut pas le nier, l'image de la France montre que c'est une image d'un pays qui a la tête aux hautes et qui est capable d'accueillir au moins 3 ou 4 millions de visiteurs étrangers, manifestement.
On reviendra sur l'angle sportif de cet euro tout à l'heure avec Jacques Vandroux et Alain Giresse. Mais Patrick Cannaire, vous êtes aussi ministre de la Jeunesse. Vous diriez quoi au jeune ministre Emmanuel Macron qui tient son premier meeting demain soir pour son mouvement En Marche ?
Il faut jouer collectif. Je n'ai jamais cru aux aventures individuelles. Et je ne sais pas ce que dira Emmanuel. Demain, en tant que tel, il est ministre d'un gouvernement. Il a toute sa place. Il doit agir pour que la réussite soit collective. Et en plus, elle commence à poindre, cette réussite collective sur le plan économique. Et il y a contribué. Et je l'en remercie comme tous les Français peuvent le remercier. Après, s'il décide d'engager une candidature, parce que c'est bien ça le sens de votre question, demain ou à d'autres moments, eh bien s'il le décide, il prendra ses responsabilités. Et dans ces cas-là, il ne pourra plus rester dans le collectif gouvernemental.
Patrick Cannaire, ministre des Sports et de la Jeunesse. On vous retrouve d'ici quelques minutes, juste après la revue de presse sur France Inter. Vous restez avec nous.
Patrick Kanner