Michel Barnier, un nouveau Premier Ministre "très sérieux" - C à Vous 16/11/21
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:51FerméeRéponse partielle
Donc pour ne pas quitter Frexit, on s'affranchit de certaines règles européennes ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous auriez fait ces propositions si le discours sur l'immigration n'était pas au cœur de la campagne ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Pour traiter la crise des migrants actuels, la Pologne a annoncé qu'elle allait construire un mur.
- 4:29FerméeRéponse directe
Donc vous financeriez des murs, le mur de la Pologne ?
- 6:37FerméeRéponse directe
Donc on ne les laisse pas rentrer, on les laisse à la place ?
- 7:03OuverteRéponse directe
Les Britanniques se déchargent sur la France s'ils ne font pas leur part du travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« cette question de l'immigration, elle est très grave, elle est au bord de provoquer des ruptures »
- 0:31Invité politiqueFait
« je ne l'ai pas quitté et abandonné mes convictions européennes »
- 0:43Invité politiqueFait
« par rapport à tous les autres, passé 4 ans et demi à gérer un échec de l'Union Européenne »
- 1:29Invité politiqueFait
« expulser des gens comme ce Rwandais qui a assassiné le père Olivier Maire »
- 1:40Invité politiquePromesse
« nous allons mettre dans ce bouclier constitutionnel cette capacité souveraine juridique de nous protéger »
- 2:20Invité politiquePromesse
« qu'on pourra augmenter les exigences de revenus pour regrouper les gens »
- 2:25Invité politiquePromesse
« qu'on n'abusera plus du regroupement familial comme on le fait aujourd'hui »
- 2:28Invité politiquePromesse
« qu'on ne pourra expulser des gens qui doivent être expulsés et qu'on arrête aussi les régularisations »
- 4:31Invité politiquePromesse
« il faut aider, d'une manière ou d'une autre, la Pologne, à construire une frontière qui fonctionne et qui soit rigoureusement tenue »
- 4:54Invité politiqueChiffre
« Ériger des frontières qui fonctionnent. Il y a 600 millions de personnes qui rentrent dans l'Union Européenne chaque année »
- 7:15Invité politiquePromesse
« demander une renégociation de ce traité, qui est un traité bilatéral, qui n'est pas un traité européen »
- 7:47Invité politiquePromesse
« il faudra vraiment un comité de la hache pour diviser d'au moins un tiers tous les codes »
- 7:53Invité politiquePromesse
« il faut alléger ou supprimer, alléger en tout cas, les impôts ou les taxes patronales sur les emplois intermédiaires »
- 8:11Invité politiquePromesse
« À travers l'idée d'un moratoire qui sera immédiatement déclenché au lendemain de l'élection présidentielle, pendant 3 à 5 ans »
Temps de parole
- Michel Barnier70 %
- Intervenant11 %
- Intervenant 25 %
- Intervenant 35 %
- Intervenant 44 %
- Intervenant 53 %
- Présentateur2 %
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La question n'est pas de faire un coup pour moi, je ne fais pas de coups, je suis quelqu'un de sérieux, je vais être un président très sérieux, même si j'ai des progrès à faire en termes d'humour, j'essaie de le faire tous les jours avec l'appui de mon épouse et de mes enfants, mais j'ai des marges de progrès sans doute sur ce sujet, mais je vais être un président très sérieux, je ne ferai pas de coups. Simplement, cette question de l'immigration, elle est très grave, elle est au bord de provoquer des ruptures, beaucoup d'agressivité, des tensions, peut-être des affrontements dans le pays, et le rôle d'un candidat sérieux qui veut être un président sérieux, c'est de traiter les questions.
Donc non, je ne l'ai pas quitté et abandonné mes convictions européennes. C'est précisément parce que je suis européen que je ne veux pas qu'il y ait d'autres Brexit, parce qu'il se trouve que j'ai en plus, par rapport à tous les autres, passé 4 ans et demi à gérer un échec de l'Union Européenne. C'est-à-dire un Frexit, vous ne voulez pas qu'il y ait un Frexit ? Frexit ou quelque chose qui ressemblerait à cela.
Donc pour ne pas quitter Frexit, on s'affranchit de certaines règles européennes ?
Non, on ne s'affranchit pas. On complète et on se protège. On change les règles. Sur un sujet où il n'y a pratiquement rien dans les traités européens, c'est ça le point que je veux faire par rapport à la Pologne, il n'y a rien dans la Constitution française. Et donc, qu'est-ce qui se passe quand il n'y a rien d'écrit ? Les différentes Cours européennes, Cours de justice, Cours européennes du droit de l'homme, le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État dont je suis membre, dont j'ai été membre, font de la jurisprudence, qui est toujours, toujours, toujours favorable aux étrangers.
Et nous aussi, nous voulons prendre des mesures très précises pour limiter le rouquement familial qui est abusé, pour expulser des gens comme ce Rwandais qui a assassiné le père Olivier Maire. On ne peut pas le faire sans être menacé ou sous la menace d'une annulation ou d'une décision. Donc, nous allons mettre dans ce bouclier constitutionnel cette capacité souveraine juridique de nous protéger. Voilà. C'est aussi simple que ça. Et je pense que c'est la solution la plus complète, la plus globale qui a été trouvée.
Ce n'est pas seulement les traités européens, c'est aussi le droit constitutionnel français, le regroupement familial que vous venez de citer. Il est garanti par le préambule de la Constitution de 1946.
Oui, mais pas les modalités, pas le fait que...
Le Conseil constitutionnel, par une décision de 1993, a intégré l'idée que le regroupement familial était un principe constitutionnel. Oui, mais... Et donc, c'est ça que vous voulez changer.
La Constitution précisera les choses et nous protégera et nous donnera capacité, par exemple, de dire qu'on pourra augmenter les exigences de revenus pour regrouper les gens et qu'on n'abusera plus du regroupement familial comme on le fait aujourd'hui ou qu'on ne pourra expulser des gens qui doivent être expulsés et qu'on arrête aussi les régularisations. Je ne peux pas vous dire que cette question est très grave, il faut la traiter sérieusement, mais je n'accepte pas, M. Cohen, la comparaison que vous faites avec la Pologne. La Pologne a accepté tous les traités européens qu'elle a jugés conformes à sa Constitution il y a 17 ans quand elle est entrée dans l'Union.
Aujourd'hui, elle voudrait revenir sur quelque chose de fondamental, qui est la liberté et la dépendance des juges. Et donc, elle va se mettre si elle continue. C'est exactement pareil.
La France a accepté tous les traités qu'elle a signés. Vous voulez aujourd'hui que certains principes ne s'appliquent pas à notre pays ?
Non, je suis en train de vous dire que vous n'écoutez pas ce que je vous dis. Je vous ai dit que dans les traités européens, il n'y a quasiment rien sur l'immigration et il n'y a rien du tout dans la Constitution européenne. Et c'est une politique partagée entre l'Europe qui n'a pas, pour l'instant, fait une vraie politique d'immigration et la France où ça ne marche pas. M. Cohen, il faut bien vous dire une chose, c'est qu'il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas dans notre pays. Lucidement, de manière pragmatique, humaniste aussi, c'est un mot que je revendique, il faut régler les problèmes et traiter les solutions. Sinon, vous allez avoir d'autres solutions qui se font en place.
Est-ce que vous auriez fait ces propositions si le discours sur l'immigration n'était pas au cœur de la campagne, celle d'Éric Zemmour ou celle de Marine Le Pen ? Est-ce qu'ils ne vous ont pas poussé à durcir certaines de vos positions ?
Est-ce que vous pensez clairement que j'aurais tenu le même discours parce que les problèmes sont là ? Et la responsabilité d'un candidat qui veut être et qui sera, je l'espère, le président de la République, le nouveau, c'est de traiter les problèmes tels qu'ils sont. Les Français ont besoin et ont envie qu'on leur propose des solutions et qu'on livre des résultats. C'est ça l'objectif.
Pour traiter la crise des migrants actuels, la Pologne, vous en parliez, a annoncé qu'elle allait construire un mur pour endiguer le passage des flux de migrants. Elle demande même, avec d'autres pays européens, des subventions à l'Europe pour ériger des murs. Alors l'Europe a refusé. Mais lors du débat LR sur BFM, vous, vous avez dit qu'il fallait aider le gouvernement polonais à construire une frontière solide.
On ne peut pas accepter le chantage de ce qu'est en train de faire le Kachinko, avec l'aide de quelques compagnies aériennes et d'autres pays qui en voient...
Donc vous financeriez des murs, le mur de la Pologne ?
Je pense qu'il faut aider, d'une manière ou d'une autre, la Pologne, à construire une frontière qui fonctionne et qui soit rigoureusement tenue.
C'est l'Europe de la libre circulation, une Europe avec des murs, des barboulés ?
Non, la libre circulation, c'est à l'intérieur de l'Union Européenne. Ce n'est pas de l'extérieur vers l'Union Européenne. La libre circulation, c'est la capacité que les 27 pays de l'Union garantissent à leurs citoyens de circuler librement à l'intérieur de l'Union Européenne.
Mais les 27 pays européens pourraient ériger des murs pour se protéger de la fuite des migrants ?
Ériger des frontières qui fonctionnent. Il y a 600 millions de personnes qui rentrent dans l'Union Européenne chaque année. Nous devons les contrôler de manière biométrique comme les Américains le font et c'est une grande démocratie. Ce qu'on voit là est absolument scandaleux. Moi je pense à ces hommes et à ces femmes qui sont utilisés, auxquels d'ailleurs il faudra apporter les secours dont ils ont besoin. Ça c'est le rôle des Nations Unies, c'est le rôle des associations humanitaires. Nous pouvons aider ces associations mais on ne va pas s'aider au chantage.
Donc c'est tout, on leur apporte des secours mais on les laisse à la frontière ?
Oui, on ne va pas accepter le chantage. Parce que si on l'excepte là, ça sera l'explosion générale.
J'aimerais juste vous soumettre ce que répondait Julien, au double porte-parole du Rassemblement National, à cette même question. Il ne faut certainement pas ouvrir cette frontière. Il ne faut certainement pas accueillir ces migrants. Donc beaucoup sont potentiellement dangereux. Donc on les laisse mourir de froid. Parfois qu'ils soient dangereux pour les populations. On les laisse mourir de froid derrière les barbelés. Bien sûr que oui. On les laisse mourir de froid. On les laisse mourir de froid. Nous avons affaire à une invasion. Attendez, attendez. Nous avons affaire à une invasion migratoire. Oui, très bien. Vous avez dit bien sûr que oui. Vous dites bien sûr que oui.
On les laisse mourir de froid. Non, on ne les laisse pas mourir de froid. On les laisse en dehors des frontières de l'Europe. Effectivement.
Vous avez finalement la même réponse ? Non, je n'ai pas la même réponse. Je n'ai rien de commun avec le Front National. Il n'y aura jamais aucune complaisance de ma part. Mais on ne va pas laisser rentrer tous les gens qui veulent rentrer et qui sont manipulés ou instrumentalisés par des puissances étrangères. Jamais. On doit contrôler nos frontières. C'est un devoir que nous devons aux citoyens et accueillir les gens que nous voulons accueillir. Nous devons aider ces hommes et ces femmes. Je pense à leur situation dramatique. Nous devons les aider à travers des associations.
Et comme c'est le rôle des Nations Unies au commissariat aux réfugiés, nous devons les aider à travers des institutions internationales.
Donc on ne les laisse pas rentrer, on les laisse à la place ?
Non, nous les aidons là où ils sont. Et nous essayons peut-être de voir comment la Biéloricie pourra les renvoyer là d'où ils viennent.
Ce matin, en France, c'est un important camp de près d'un millier de migrants a été évacué à Grande-Synthe dans le Nord. Sur cette question, les Britanniques accusent Paris de laisser trop de migrants tenter illégalement la traversée de la Manche. Xavier Bertrand, lui, dénonce les accords du Touquet qui visent depuis 2003 à renforcer les contrôles au départ de la France. Les Britanniques se déchargent sur la France s'ils ne font pas leur part du travail ?
Je pense qu'il faut, je peux dire les choses clairement, en effet, demander une renégociation de ce traité, qui est un traité bilatéral, qui n'est pas un traité européen. Donc je n'ai pas eu à négocier sur cette question. C'est un traité entre la France et le Royaume-Uni, mais qui ne fonctionne pas aujourd'hui.
Sur cette question, comme sur bien d'autres, vous devez convaincre donc, et vous vous y attachez, les 125 000 adhérents, les Républicains, qui voteront à partir du 1er décembre. Deux débats ont déjà eu lieu, on le sait, avec les quatre autres prétendants et vous-même. Des débats fleurés-mouchetés, avec quand même quelques égratignures à la clé.
Oui, nous allons faire une réforme de l'État, pas à coup de hache ou de rabot.
Je ne suis pas d'accord, il faudra vraiment un comité de la hache pour diviser d'au moins un tiers tous les codes.
Je pense qu'il faut alléger ou supprimer, alléger en tout cas, les impôts ou les taxes patronales sur les emplois intermédiaires.
Michel n'a pas dit comment il financerait ces mesures. Et le vrai problème de la crédibilité d'un programme, c'est quand même de dire où on fait les économies pour pouvoir faire les dépenses.
À travers l'idée d'un moratoire qui sera immédiatement déclenché au lendemain de l'élection présidentielle, pendant 3 à 5 ans, l'idée de remettre à plat tout ce qui ne fonctionne pas. Cette politique de l'immigration ne fonctionne pas.
Moi, je ne veux pas attendre, je le dis à Michel Barnier, je ne veux pas attendre 3 à 5 ans pour régler le problème.
Xavier Bertrand, qui a fait semblant de ne pas comprendre ce que je voulais dire, on ne va pas attendre 3 à 5 ans, cher Xavier.
Ces tacles, notamment lors du premier débat sur LCI, vous vous y attendiez ?
Non, et je pense que cette agressivité n'est pas utile. Il y en a d'ailleurs eu un peu moins dans le deuxième débat, vous l'avez observé. Avec l'œil lucide qui est le vôtre, il y en a eu un peu moins. Et c'est bien qu'il y en ait eu moins, parce que les militants qui vont voter, et encore une fois, je veux les respecter, ils n'attendent pas des polémiques entre nous. Nous avons des différences, nous n'avons pas de divergences. Il faudra que le 5 décembre, et c'est précisément mon intention, si je suis élu, on se réunisse tous.
Et peut-être avec d'autres d'ailleurs qui ne sont pas candidats, comme Laurent Wauquiez, ou Bruno Retailleau, ou François Barouin, d'autres femmes, d'autres hommes, Mourano et d'autres, qui devront se retrouver autour d'une table pour faire une seule équipe sur un seul projet, qui d'ailleurs prendra les bonnes idées d'où qu'elles viennent. Et cette agressivité-là, franchement, ce n'est pas le moment, ce n'est pas le lieu, et les militants ne le souhaitent pas. Tous ceux que je rencontre, en tout cas, n'aiment pas ce genre d'agressivité.
Michel Barnier