"LOBBY LGBT" : UNE FICTION POLITIQUE AU SERVICE DE LA HAINE - AVEC @mathieuburgalassi
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« Les LGBT sont un lobby et des gens qui essayent d'influencer la politique nationale au détriment de la majorité, qui veulent imposer leur vision du monde au détriment de la vision du monde de la majorité. »
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« La mise en avant des homosexuels, des gay est voulue par le capitalisme parce que ce sont les meilleurs consommateurs. »
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« En 1894, dans le dossier qui servira de base à l'affaire de Dréfus, des accusations d'homosexualité sont mêlées à l'antisémitisme et aux accusations d'espionnage. »
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« Sous le macartisme, les personnes LGBT étaient considérés au même titre que les communistes comme de possibles ennemis intérieurs à éliminer. »
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Les LGBT sont un lobby et des gens qui essayent d'influencer la politique nationale au détriment de la majorité, qui veulent imposer leur vision du monde au détriment de la vision du monde de la majorité. Tu sais ce qui m'énerve ? ceux qui font passer leur haine pour des bons sentiments. [musique] En 2006, invité dans l'émission Tout le monde en parle de Thierry Hardisson, Éric Zemour, qui n'est alors qu'un petit journaliste d'extrême droite va dire une phrase qui va le rendre célèbre.
La mise en avant des homosexuels, des gay est voulue par le capitalisme parce que ce sont les meilleurs consommateurs. Cette phrase qui à l'époque choque le plateau marque malheureusement le retour dans les médias d'une théorie [musique] complotiste, la théorie du lobby LGBT. Cette théorie, elle est plutôt très simple.
En gros, pour ceux qui y croient, les personnes LGBT formeraient un groupe de pouvoirs agissant en secret pour contrôler l'État [musique] et imposer un agenda idéologique. Aujourd'hui, le réseau le plus puissant en France, c'est pas la franc-maçonnerie, c'est le LBGT. LGBT, vou dire LGBT, pardon.
Voilà un président de la République qui va devant les maires de France, qui parle aux 36000 maires de France et qui parle justement de la liberté de conscience et qui est rappelé à l'ordre par un micro lobby, l'inter LGBT, lesbienne B et trans qu'il reçoit dans les 24 heures à l'Élysée. Mais enfin écoutez monsieur Brudin, où on est, où on vit ? Si on en croit la sociologue Sylvie Tisso, cette idée elle est en fait assez vieille et des rumeurs accusant les personnes LGBT d'être une force souterraine désireuse de saper les bases de la démocratie, ben malheureusement, on en trouve depuis très longtemps.
Par exemple, on sait qu'en 1894, dans le dossier qui servira de base à l'affaire de Dréfus, des accusations d'homosexualité sont mêlées à l'antisémitisme et aux accusations d'espionnage. On incrimine notamment Drefus pour avoir travaillé pour, je cite, un cercle d'espion homosexuel. Une accusation qui, selon les historiens Gervé, Ué et Peret jouera un rôle important dans la condamnation de Drefus en appuyant sur des stéréotype LGBT phphobe en Allemagne à la même période, c'est le scandaleurg qui secoue le pays.
Selon certains journaux, l'empereur Guillaume II serait manipulé par un groupe d'homosexuels qui le pousserait au pacifisme. Au centre du scandale, un prince nommé Eullenburg finit condamné à une peine de prison ferme après plusieurs procès au centre desquels est questionné le lien entre sa sexualité et de possibles manipulations [musique] politiques. Ce sera sur une même accusation d'homosexualité que 30 ans plus tard, le chef des SA, Ernest Rom et 200 de ses hommes seront exécutés lors de la nuit des longs couteaux.
Pour justifier les meurtres, le gouvernement nazi parlera d'être isolé au penchants maladifs qui auraient contaminé des milliers d'hommes. De l'autre côté de l'Atlantique, des rumeurs du même type seront au centre de nombreuses politiques LGBT phobes pendant la guerre froide. Le journaliste américain James Kirchik rappelait en 2022 dans un article du New York Magazine à quel point l'idée d'un complot LGBT a marqué l'histoire des États-Unis dans l'après-gerre.
Et c'est vrai, on l'oublie trop souvent, mais sous le macartisme, les personnes LGBT étaient considérés au même titre que les communistes comme de possibles ennemis intérieurs à éliminer. Macarti avait d'ailleurs déclaré que le département d'État était infesté de communistes et d'homosexuels qui avaient plongé le peuple américain dans une transance hypnotique. Confiance.
Après l'assassinat Kennedy, ce seront à nouveau les personnes LGBT plus qui seront accusées du meurtre lors du procès Clayo. Un procès où un procureur essaiera tout simplement de démontrer que l'assassinat était, je cite, un meurtre homosexuel mise en place par, je cite encore des de Auran. Des affaires comme ça, il y en a eu un paquet d'autres.
On pourrait aussi parler du scandale Alfred Reddle ou de la machine du docteur Wake utilisée au Canada pour soi-disant détecter les personnes LGBT dans la fonction publique. Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'elles ont toutes en commun un imaginaire où les personnes LGBT se voient attribuer une capacité d'action énorme, occulte, capable de nuire à des pays entiers. Et ça c'est fondamentalement une représentation LGBT phobe.
En effet, comme l'explique Daniel Bariot et Caroline Mecari, ces discours font passer des personnes profondément stigmatisé pour un groupe dominant. Parce que oui, du point de vue de l'histoire, les personnes LGBT n'ont jamais dominé. Au contraire, elles ont toujours été menacées et minorisées.
D'ailleurs, sur les deux derniers siècles, l'homosexualité a été systématiquement attaquée, d'abord comme péché, puis comme crime et finalement comme maladie. Quand on voit ça, on peut se demander pourquoi ce soit-disant lobi LGBT s'il existait, s'il était si puissant, pourquoi aurait-il accepté que ses membres subissent autant de violence ? Pourquoi en France aurait-il attendu 1982 pour faire abroger le délit d'homosexualité, 2013 pour obtenir le simple droit de se marier et 2022 pour faire interdire les thérapies de conversion ?
En fait, rien ne démontre factuellement l'existence d'un lobby, là où tout prouve les violences systémiques subies par les personnes LGBT plus. Et ceux qui, comme Zemour, propage l'idée d'un lobby LGBT le savent parfaitement. Pour eux, ce n'est qu'un moyen de tenir des discours LGBT phobes en se protégeant de la loi.
Par exemple, le 15 octobre 2019, Eric Zemour avait déclaré sur ses news que le mouvement LGBT avait asservi l'État. Ils ont asservi l'appareil d'État à leur idéologie et donc à leur caprice. Envoyé au tribunal suite à une plainte de l'association Stop Homophobie, son avocate l'avait défendu en affirmant rien de ce qu'a dit Eric Zemour n'est homophobe.
Il visait une idéologie LGBT et un mouvement et non un groupe en raison de son identité sexuelle. La stratégie est plutôt claire. En faisant passer les personnes LGBT pour [musique] un ennemi tout-puissant, on transforme des victimes en antagonistes.
D'un coup, les personnel LGBT qui manifestent ne sont plus des individus qui se battent pour leurs droits fondamentaux. Le droit de ne pas être discriminés dans la vie quotidienne, le droit de ne pas être tabassé, le droit de ne pas être assassiné. Non, ce sont des communautaristes, un groupe qui a asservi l'État et s'en prendre à eux, bah c'est plus de la discrimination, mais c'est défendre la société contre une idéologie.
Sauf que ça, c'est un mensonge, c'est de la pure désinformation. Ça revient juste à inventer un prétexte pour stigmatiser les personnes LGBT+. En faisant ça, pardon, mais ça leur dessine une cible dans le dos.
Bah oui, parce que ce soit l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, SOS homophobie ou le ministère de l'intérieur, tout le monde remarque une augmentation drastique des violences [musique] LGBT phphobes ces dernières années. Il faudrait peut-être commencer à relier ces violences au retour en force de discours politique profondément complotiste et discriminatoire. des discours qui existent depuis l'affaire de Refus et dont il serait grand temps qu'il disparaisse.
Éric Zemmour