États-Unis : Joe Biden doit-il renoncer à un nouveau mandat ? L’analyse de Bertrand Badie
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bonjour Bertrand Badi bonjour merci beaucoup de nous rejoindre sur ce plateau qu'avez-vous pensé de de la prestation de des deux candidats à l'élection présidentielle américaine lors de ce débat donc dans la nuit de de jeudi à vendredi alors ce qui est intéressant surtout quand on a en mémoire les autres débats américain c'est que chacun voulait je dirais presque prendre le pou des candidats davantage que d'entendre ce qu'il disait c'estàdire la grande question c'est est-ce que Biden est suffisamment forme et est-ce que Trump ne va pas sortir encore des énormités je vouleis dire qu'on s'intéresse plus à la forme qu'au fond bah oui enfin moi je je pense que la distinction forme fond est pas tout à fait exacte je dirais c'est davantage la performance individuelle et l'image c'est pas seulement la forme l'image hein vous savez c'est aussi tout ce que l'on tout le message que l'on veut faire passer par rapport à un enjeu qui est quand même énorme parce que on a l'impression que la campagne présidentielle a commencé alors qu'on n'est pas absolument certain que les deux débatteurs d'hier soir seront les deux candidats de demain donc vous voyez tout ça renvoie à des questions sur le candidat alors évidemment et je le dis avec regret Joe Biden a Paris parut vraiment affaibli hein et sur les thèmes qui lui donnaient l'avantage comme par exle celui de l'avortement qui lui est favorable il n'est pas parvenu à aller mettre en défaut Donald Trump et oui et il a même été victime d'un blanc puisqu'il n'a pas su dire ce qu'il fallait absolument dire à ce moment-là c'est le délai que les démocrates entendaient donner pour rendre possible l'avortement au bout de combien de mois de conception donc là il a perdu la balle si vous voulez c'est un signe de faiblesse ça a confirmé quand même la précarité de sa candidature euh alors que Trump a été égal à lui-même mais euh est tombé je dirais dans l'excès mesuré l'excès il en a euh je dirais par nature et même il en a besoin pour alimenter euh son électorat oui mais c'est vrai qu'il a apparu particulièrement calme lors de ce débat voilà voilà alors euh euh je vais vous surprendre moi en tant que politiste et d'analyste vous dire bah c'est l'élément essentiel que j'en ai retenu alors on peut maintenant venir au au contenu il y a eu aussi un certain nombre d'affirmations mais qui n'ont pas apporté de de grandes surprise par rapport à ce que nous savions déjà en revanche effectivement ceux qui s'interrogeaient sur la Convention de Chicago qui aura lieu au mois d'août prochain et qui dessinera officiellement qui investira officiellement le candidat démocrate on peut se demander un peu plus qu'hier si ça sera finalement bien Biden qui sera investi et justement sur cette question vous le dites notamment parce que Joe Biden est est apparu particulièrement affaibli dans ce dans dans ce débat avec notamment cette scène particulièrement humiliant Donald Trump qui lance au journaliste je ne sais pas si lui-même sait ce qu'il dit ça fait beaucoup parl he outre atlantique aujourd'hui on peut dire c'est une prestation il faut le dire complètement ratée de la part du président sortant voilà et c'est la raison pour laquelle je j'exprimais ainsi mon sentiment dominant c'estàdire que vous savez il faut quand même penser que logiquement et rationnellement Biden a la main parce que son mandat c'est quand même plutôt bien passé sur le plan économique il a été attaqué par trum qui lui a dit on est victime d'inflation mais durant tout le mandat l'inflation aux États-Unis n cessé dimin il a su justement la réguler elle esté 10% quelques moisjd'hutour de 4% voilà même moins hein on est autour de 3 et quelques voilà et dans un contexte qui était infiniment moins favorable que celui qui a présidé au mandat de Trump précédemment il y a eu quand même ce conflit russo-ukrainien il y a eu le conflit israëlo-alestinien ni l'un ni l'autre n'est d'ailleurs terminé ces deux conflits ont un effet direct sur l'économie américaine on sait pourquoi pas et en plus de ça ces deux conflits venaient complètement rebattre les cartes de la puissance dans le monde c'est-à-dire que Biden a dû essuyer le pire des cauchemars pour un président des États-Unis c'est-à-dire la démonstration que la puissance américaine le leadership américain n'est pas ce qu'il était avant alors que Trump dans sa séquence qui en gros va de 2017 à 2021 début 2017 à 2021 n'a pas eu à essuyer des enjeux internationaux suffisamment lourds et graves pour qu'on dise B le leadership américain etemp et Biden je dis pas qu'il a bien géré d'ailleurs je n'ai pas le droit de me prononc là-dessus mais je dirais tel un médecin bah vous avez bien résisté au choc il y a peut-être un point nord sur la politique international de Joe Biden et d'ailleurs Donal Trump l'a attaqué sur ce point c'est l'Afghanistan ouif l'Afghanistan l'affaire était terminée pratiquement lors que Biden est arrivé au pouvoir le malheureux Biden a eu à solder les comptes et notamment ce malheureux mois d'oût qui s'est traduit par débacle du rapatriement des Américains et de leurs amis depuis Kabou mais ce n'était qu'essuyé je dirais les les dégâts qui avaient été provoqués par les mandats précédents et notamment par celui de Trump avec l'arrivée au pouvoir des des talibans sur cette sur cette prestation de Joe bidon j'y reviens parce que c'est quand même un enjeu important vous l'avez souligné hein euh aujourd'hui c'est pas encore certain que les deux candidats que nous avons vu à la télévision soit sur la la la la la liste de départ sur la ligne de départ pardon pour cette élection présidentielle vous avez vu que y compris dans le camp démocrate Kamala Haris qui reconnaît que Joe Biden a été LAN au démarrage mais qu'il a fini en force bref on voit bien que on a du mal à à défendre la prestation de du président américain bah parce que c'est un phénomène objectif ceci étant pour compléter la réponse il faut voir qu'on est dans une situation extrêmement compliquée premièrement camela Harris et ça c'est peut-être une erreur de Biden n'a pas pu transformer ce premier mandat en je dirais plateforme de lancement Ramb de lancement pour sa candidature présidentielle elle a été très effacée pendant les 4 ans donc elle ne s'est pas imposer au public américain mais il faut chercher deux autres éléments qui sont très importants c'est d'abord la montée de la gauche démocrate qui a été relayé notamment par ses mouvements ces mobilisations sur les campus universitaires américains les étudiants disent enfin on peut pas laisser Israël faire les dégâts qu'on connaît à Gaza on en est pas on n'est pas loin de de 40000 morts tout ceci ça a été de l'inédit dans euh la chronique du Parti démocrate et tout ceci n'a pas été structuré c'estàd euh à part Sanders qui maintenant est très sagé il n'y a pas eu de leader capable de porter cette vision et qui aurait défié à la Convention démocrate future qui pourrait défier dans cette convention démocrate la candid de Biden il y a un deuxième élément et et là à quel point nous voyons que l'Europe et les États-Unis sont dans le même bain c'est-à-dire une sorte d'incroyable déficit de personnel politique de renouvellement de la génération politique qui est qu'un quasi octogénaire Vienne défier un jeune octagénaire 81 pour 81 ans pour Joe Biden 78 pour Donal TR expliquer que que la première puissance du monde se retrouve avec deux candidats aussi âgés oui mais avez-vous remarqué qu'en Europe c'est un peu la même chose c'est a une crise du renouvellement du personnel politique et ceci renvoie à des choses très profondes qu'il faut regarder en face qui est une crise de la jeunesse moi je les vois bien en amphi par rapport aux institutions et aux pratiques politiques en place c'est-à-dire il y a une sorte de défiance de désillusion les meilleurs étudiants maintenant préfèrent aller vers la finance ou vers les ONG hein selon leur sensibilité que vers la profession politique voire vers la haute fonction publique et ça ça traduit cette décomposition lente et sourde des institutions politiques ce cette faible adhésion qu'on voit dans les sondages ce faible niveau de confiance des électeurs dans les institutions politiques alors quand vous avez pas de confiance dans les institutions politiques quand vous êtes dans une culture de désinstitutionnalisation vous choisissez pas la profession politique ou si vous choisissez la profession politique vous la faites à partir de l'extérieur c'estàdire d'une contestation extérieure alors qu'il s'agisse des gilets jaunes ou qu'il s'agisse des forces d'extrême droite aujourd'hui qui ne se battent plus en fonction d'un programme de gouvernement mais en fonction d'une dénonciation d'un système et tout ceci bah c'est commun aux États-Unis et et à l'Europe et et donc s'il fallait trouver à tout prix par exemple imaginons des scénaros noirs du style un grave malaise de Joe Biden ça va être très difficile pour le Parti démocrate de lui trouver un remplaçant est-ce que vous pensez qu'il peut finir par se faire lâcher par son parti Joe Biden bah le système américain ne permet pas ce genre de chose c'est-à-dire que s'il est investi pour les raisons qu'on indiquait tout à l'heure le parti le soutiendra parce que oui sans son consentement il ne peut pas être remplacé non je pense qu'effectivement c'est c'est quasiment impossible le système américain fonctionne de cette manière c'est quasiment impossible et donc l'intérêt du Parti démocrate de la Chine comme on dit aux États-Unis la machine démocrate c'est effectivement de gagner à tout prix et quel que soit le candidat donc on est loin de ce scénario en revanche le vrai scénario et c'est ça qu'il faudra suivre c'est est-ce que l'électorat et notamment l'électorat jeune qui est de plus en plus tenté par la gauche par la rupture par rapport à ces vieilles lunes du modèle américain est-ce qu'elle ira voter ou est-ce est- qu'elle s'abstiendra et si elle s'abstient alors là c'est sûr c'est Trump qui gagnera ou vous l'avez évoqué le problème aussi pour le comp démocrate ce sont les alternatives qui sont en fait pas PL Tor euh à l'intérieur voulez dire de partiou si jamais Joe Biden devait accepter de de se retirer qui peut y aller à sa place pas grand c'est le grand problème c'est le grand problème alors il y a bien entendu la vice-présidente la vice-présidente a la quantité d'atout en sa faveur c'est une femme c'est une une femme euh qui est métissée qui donc peut toucher différentes minorités très attentive à être enfin représenté au niveau gouvernemental euh elle a beaucoup de qualités c'est une femme qui a un certain charisme mais le le paradoxe c'est que ce charisme il a été comme étouffé ou en toutous les cas marginalisé pendant toute la présistence de Biden donc a priori c'est quand même elle qui tiendrait accorde il y a quelques gouverneurs démocrates qui sont réputés candidats possibl mais qui sont quand même encore largement anonyme et surtout aux États-Unis comme en France comme en Europe comme partout un candidat ça s'invente pas du jour au lendemain et donc effectivement c'est le scénario noir pour le Parti démocrate Parti démocrate sur le fond Bertrand bad ce qui est certain c'est que ce sont deux visions diamétralement opposé qui qui s'oppose sur quels axes de campagne le scrutin va-t-il se jouer selon vous alors vous savez quand il est question des États-Unis il faut toujours partir de ce qu'on a tendance un peu à négliger qui est la crise profonde de la société américaine qui est apparue au début de notre siècle au début de notre siècle la classe moyenne américaine s'est aperçu que cette mondialisation qu'elle pensait avoir créé c'est en réalité retourné contre elle et n'a pas fait son bénéfice la classe moyenne américaine s'est aperçu que la mondialisation avait davantage favorisé le développement d'une bourgeoisie consommatrice en Chine que renforcer la position économique de toutes ces catégories qui forment la classe moyenne américaine est-ce que c'est pas justement ce qui explique la réussite de Donald Trump mais le trumpisme n'a pas été inventé par Trump le trumpisme a été inventé par cette force sociale nouvelle qui voulait qu'on la rassure et comment peut-on la rassurer ben vous reprenez tous les éléments de Trump à savoir le protectionnisme l'antiimmigration la America First c'est-à-dire la la valorisation de la nation contre le Global le climatoscepticisme qu'on a oublié mais est quand même une des composantes essentielles du trumpisme et qui gêne cette classe moyenne américaine qui a peur de perdre et de perdre ses avantages économiques et accessoirement aussi euh de cette euh préttion au leadership dans le monde et donc ce phénomène a frappé les États-Unis Trump a su très vite dire à ces gens-là ce qu'il voulait entendre dire qui est le contraire même d'un programme de gouvernement parce que dans le monde tel qu'il est la mondalisation ça plaise ou ça plaise pas elle existe et personne ne pourra l'abolir donc répondre à coup de protectionnisme d'antimigration de néonationalisme de souverainisme et c'est le principe même du populisme mais exactement c'est-à-dire c'est la dictature du mensonge c'estàdire vous voulez un un monde à nouveau national protectionniste souverainiste et ben je vais vous l'offrir or par définition c'est pas possible donc effectivement regardez ce qu' a été le mandat de Trump à part deux ou trois initiatives d'ailleurs catastrophiques sur le plan international il n'a rien changé rien modéré ni nuancé de cette mondialisation en marche précisément vous êtes spécialiste des relations internationales dans quelle mesure le contexte géopolitique peut-il peser va-t-il peser sur ce scrutin ben je crois qu'il pèse plus de façon systémique que de façon particulière alors il y a des points particuliers comme le conflit israëlo-palestinien qui touche beaucoup la jeunesse américaine et qui peut effectivement gêner Biden si ces gens mécontent de sa politique je dirais de relative indifférence par rapport à ce qui se passe à Gaza décide de s'abstenir mais ça c'est assez secondaire ce qui compte c'est ce monde dont on a peur et on retrouve la même chose en Europe on retrouve la même chose en France on n' pas su expliquer que la mondialisation d'abord c'est pas un phénomène qui se décrète et dont on et qu'on peut abolir du jour au lendemain et on n' pas su comprendre que la mondialisation pouvait être positive c'estàd à condition de savoir la gérer que l'on pouvait construire quelque chose de positif et donc cette angoisse que sucite la mondialisation cette stigmatisation de tout ce qui est lié à la mondialisation qui et qui se trouve désigné comme étant à la source de nos baleurs devient en quelque sorte le principal moteur du marché électoral aujourd'hui on ne sait pas vendre la défense de la planète c'est-à-dire contre le risque climatique contre les risques sanitaires les épidémies on ne sait pas réagir face au grands problèmes de l'alimentation mondiale dont personne ne parle jamais et pourtant il y a 10 millions de morts Chac du fait de la fin on ne sait pas réguler cette mondialisation on ne sait pas créer les conditions d'une gouvernance nouvelle et comm sait par le faire on dit ben ceux qui essayent de le faire sont responsables des malheurs dont vous avez à pâtir aujourd'hui ce qu'on voit bien dans ce que vous dites Bertrand bad cette campagne américaine en est l'exemple on a vraiment deux mondes qui s'oppos cette forte polarisation entre ces deux camps qu'incarnent d'un côté Donald Trump de l' Joe Biden et bien elle a de grandes chances de continuer à s' tu oui alors j'ais pas tout à fait une bipolarisation du monde parce que Trump c'est effectivement ce négationisme que j'ai décrit tout à l'heure Biden essaie de composer c'est-à-dire un peu de protectionnisme un peu de souverainisme ne pas abdiquer du vieux leadership américain mais en même temps tenir compte du monde tel qu'il est et vous savez ceux qui essayent on en sait quelque chose en France de jouer du en même temps souvent se mettre tout le monde AD et Biden est un peu dans cette situation c'estàdire que il n'y a pas encore ce courant moderniste aux États-Unis qui dirait bah écoutez militons pour une autre gestion du monde et si vous voulez c'était un peu ce qui était la petite Lure lueur intuitive d'un Kennedy en 60 et celle d'un Obama lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 2008 euh mais euh finalement l' l'autres ont déçu bah Kennedy est mort tragiquement 3 ans après même pas 2 ans après 2 ans et demi et Obama lui a fait de mandats mais n'a jamais pu aller jusqu'au bout de cette intuition qu'il avait qu'on était au bord d'un monde nouveau ce sera ma dernière question Bertrand B dit quel impact ces élections américaines même si évidemment on est encore loin de d'avoir le le résultat mais quel impact C ces élections pourraient avoir Infiné sur les conflits mondiaux que nous connaissons en ce moment en particulier du côté d'Israël et du côté de l'Ukraine alors effectivement vous avez tout à fait raison de poser la question je je répondrai avec prudence que c'est la grande inconnue parce que vous savez faire attention à Trump il dit des choses mais il en fait d'autres c'est-à-dire c'est la dictature des mots et de la rétorique chez lui ce que l'on veut entendre sa politique étrangère moi vous m'auriez interrogé sur la politique étrangère trumpienne j'aurais beaucoup de mal à vous répondre parce que rappelez-vous les flash de son mandat le Corée du Nord la poignée de avec Kim Jun euh les querelles avec la Chine le T la tentative de séduction d'un Poutine tout ça est très contradictoire et quand Trump vous explique que ah s'il était là il aurait réglé en 24 heures le conflit rus au ukrainien qui qui peut croire à une chose pareille donc moi je pense que euh lorsque les populistes arrivent au pouvoir leur meilleure façon de s'en sortir c'est de ne rien faire donc on risque d'assister en cas de victoire trumpienne à une autonomisation croissante euh des conflits euh du monde à une montée du rôle des puissances régionales locales hein euh c'est-à-dire au moyenoriant bah la Turquie l'Iran l'Arabie Saoudite par exemple en Asie orientale la Chine en Afrique ces nouvelles orientations qu'on voit pore au
Xavier Bertrand