Vidéo d’un jeune giflé : François Bayrou réagit
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- Y.Goosz: Les Palois gagnent, au rugby. - M.Bouhafsi: Merci beaucoup.
On a encore plein de sujets à vous proposer dans le 5/5 d'A.Bégot. D'abord, cette image qui choque et qui a suscité beaucoup de réactions depuis ce matin. - A.Bégot: Celle d'un policier en train de gifler un jeune homme.
Cette vidéo a été postée hier soir par un député LFI, postée sur les réseaux sociaux. La scène a été filmée par un habitant depuis son balcon. Elle aurait eu lieu le 28 août à La Plaine-Saint-Denis.
Un banal contrôle de police, a priori. Mais très rapidement, le ton monte et l'un des 3 agents gifle alors la personne contrôlée. Claque.
Quelques minutes plus tard, le policier crache au visage du jeune homme. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique et mène des investigations pour tenter d'identifier ce policier. Pas de commentaire du côté des syndicats, mais un policier cité par "Le Parisien" invite ce soir à la prudence. "On ignore tout du contexte de ce contrôle.
On ne sait pas ce qui s'est passé avant que ne soit filmée la scène." Monsieur le Premier ministre, est-ce que cette image vous a aussi choqué? - F.Bayrou: D'abord, je ne vois pas bien. - M.Bouhafsi: On a flouté les images. - F.Bayrou: D'abord, si les faits se sont passés comme vous dites, c'est inacceptable et il y aura une enquête, puis sanction, et c'est normal.
Peut-être un mot, simplement...
Les policiers sont perpétuellement l'objet d'injures, d'agressions, de toutes les mises en cause possibles. Or, on a besoin d'eux. Eux risquent leur vie pour nous, tous les jours.
Quand il y a des événements comme ceux-là, j'essaie aussi de prendre en compte les risques qu'ils prennent et les pressions qu'ils subissent. Mais c'est inacceptable, si c'est ça. Sanction. - A.Bégot: 100 à 200 personnes ont manifesté hier soir devant le ministère de l'Education nationale en hommage à C.Grandjean, à l'appel de plusieurs associations LGBT, 5 jours après le suicide de cette directrice d'école du Cantal.
Elles dénoncent le manque de soutien et d'accompagnement des institutions. - A.Bégot: C.Grandjean était harcelée depuis 2023 en raison de son homosexualité.
Le manque de soutien de l'institution, notamment du ministère de l'Education nationale, c'est aussi ce que regrette son épouse. - C'était une enseignante passionnée. Elle savait créer un climat de confiance.
Si les enfants sont en confiance, il n'y a pas de problème. Le problème vient de l'extérieur. Ca a commencé par "sale gouine".
Il y en a un qui était grave: "Gouine égale pédophile." J'ai dit: "Attention." - De quoi elle a le plus souffert?
Du manque de soutien ou des insultes? - Du manque de soutien. - A.Bégot: Ses obsèques ont eu lieu jeudi dans le Cantal, là où elle vivait.
Le ministère de l'Education nationale a-t-il failli dans cette affaire? - F.Bayrou: Sans doute, mais sans doute que tout le monde a failli.
Toute ma vie, j'ai été obsédé par la solitude. Moi, c'est cette jeune femme qui me crève le coeur. Elle a été toute seule.
Elle a été en butte à des insultes et sans doute pensait-elle que les insultes étaient reprises par tout le monde, et parfois, c'est seulement isolé. Elle y a laissé la vie, après avoir d'ailleurs fait déjà une tentative de suicide, si j'ai bien compris. - A.Bégot: Le jour de la rentrée scolaire. - F.Bayrou: C'est un message à une institution, aux parents, au village, un message dramatique.
C'est le pire du pire. Dans notre société, on devrait mettre en place tous les éléments pour qu'il y ait un recours à la solitude. Ce n'est pas seulement vrai pour ce drame.
Un enfant harcelé dans la cour de récréation et qui se suicide, harcelé sur les réseaux sociaux, c'est exactement le même mécanisme. Si une société n'est pas capable d'entourer, en prévention aussi, c'est une société qui ne fait pas son travail. Cette jeune femme, moi, ça me crève le coeur. - M.Bouhafsi: A l'international, la guerre en Ukraine, avec cette réunion à l'Elysée. - A.Bégot: Sommet de la coalition des volontaires organisé autour d'E.Macron et V.Zelensky. 26 pays, dont la France, se sont officiellement engagés à envoyer des troupes sur le sol ukrainien en cas de cessez-le-feu.
Une force de réassurance pour éviter toute nouvelle attaque russe. E.Macron doit s'envoler le 21 septembre pour les Etats-Unis, à l'occasion d'une conférence au siège des Nations unies au cours de laquelle il devrait officiellement reconnaître l'Etat de Palestine. - E.Macron: Notre objectif, c'est en juin, avec l'Arabie saoudite, de présider cette conférence où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs.
Une conférence sur Gaza à New York pour lancer un nouvel élan de la reconnaissance d'un Etat palestinien. Nous sommes convaincus que la réponse ne peut pas être que sécuritaire. Elle doit être aussi politique.
La création d'un Etat palestinien doit en être l'issue. - A.Bégot: Ca fait des mois que le président annonce cette reconnaissance, quitte à se fâcher avec Israël puisqu'il est désormais persona non grata.
M.Rubio a accusé la France cette semaine de faire le jeu du Hamas. Soutenez-vous le président dans sa démarche? - F.Bayrou: Bien sûr.
Je ne pense pas qu'on puisse trouver des responsables politiques qui aient, aussi continuellement que nous l'avons fait, soutenu la sécurité d'Israël, et plus encore. J'ai fait un discours au Crif pour dire ça. Plus encore, je parlais de la part que le monde juif a apportée à la France. - A.Bégot: Vous n'avez pas peur que ça cristallise encore plus les tensions, qui sont réelles, sur notre sol? - F.Bayrou: Peut-on se taire devant ce qui se passe à Gaza?
Vous avez vu le nombre de responsables israéliens, comme E.Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, une personnalité éminente, et tant d'autres, d'anciens ministres, des responsables, qui disent: "S'il vous plaît, ne soyez pas indifférents devant ce qui se passe"? Il peut aussi être remarqué que ce qui se passe à Gaza, c'est une atteinte, pas seulement à l'histoire d'Israël, mais à une partie de l'histoire des juifs du monde.
Eux aussi ont si souvent été humiliés, massacrés, écrasés. C'est contre cela que s'est bâti Israël. - P.Larrouturou: Ca crée de fortes tensions avec B.Nétanyahou. - F.Bayrou: On peut avoir des tensions avec un gouvernement et aimer un pays et un peuple.
On peut être en désaccord et en compréhension. Ce qui s'est passé le 7 octobre, c'est un pogrom volontaire dans lequel les assaillants du Hamas ont voulu créer de l'irréversible, ont voulu être tellement violents et choquants, tellement sans humanité...
Femmes enceintes, bébés, otages... - M.Bouhafsi: Je vais vous demander de conclure. - F.Bayrou: Cette inhumanité...
François Bayrou