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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 11 février 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

L'interview intégrale d'Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, sur BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04ComplaisanteRéponse partielle

    Merci beaucoup d'être avec nous ce soir.

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Je rappelle que vous êtes président de la FNSEA, le premier syndicat agricole, et qu'il y a encore quelques jours, vous étiez l'une des figures de la mobilisation des agriculteurs.

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    Si vous êtes avec nous ce soir, c'est pour pousser un coup de gueule.

  • 0:22FerméeRéponse directe

    Ce que vous nous avez dit, ce que vous dites aussi dans Le Parisien ce matin, c'est qu'à deux semaines du Salon de l'Agriculture, les choses n'avancent pas, les annonces du gouvernement ne sont pas suivies des faits, c'est ça ?

  • 1:17OuverteRéponse partielle

    Mais comment est-ce que vous expliquez le fait, vous vous dites, j'ai appelé le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, qu'est-ce qu'il vous dit, pourquoi ça traîne selon vous ?

  • 2:36RelanceRéponse directe

    Et donc pour que les choses soient très claires, Arnaud Rousseau, vous nous dites, dix jours après la fin des blocages et les dernières annonces, on se souvient de cette conférence de presse du Premier ministre et de cette prise de parole du Président de la République au Conseil européen, vous nous dites, il y a des promesses qui en l'État ne sont pas tenues.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « depuis dix jours, je n'ai pas vu le ministre de l'Agriculture, je n'ai pas vu le Premier ministre »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « le Premier ministre dit, on va le mettre en route avant le Salon, et qu'au moment où je vous parle, il n'y a pas eu le début du commencement d'une réunion, ni même d'un coup de fil »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « aujourd'hui on n'y est pas, et que quand on a un décret qui a été pris pour pouvoir limiter le temps de demandes administratives, pour autant quand les grues arrivent, le travail n'est pas complètement fait »
  • 4:43Invité politiqueFait
    « les États membres ne se sont pas mis d'accord, notamment concernant les fameux 4% de jachères »
  • 5:19Invité politiqueFait
    « il a voulu faire un coup de com' sur notre dos, en allant auprès de Jérôme Bayle, sur le premier blocage à carbone »
  • 7:35Invité politiqueFait
    « Cette action agricole, elle n'a pas d'équivalent depuis 1992 »

Temps de parole

  • Arnaud Rousseau75 %
  • Présentateur25 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Arnaud Rousseau

Bonsoir Arnaud Rousseau. Bonsoir Benjamin Nuel.

0:02
Présentateur

Merci beaucoup d'être avec nous ce soir. Je rappelle que vous êtes président de la FNSEA, le premier syndicat agricole, et qu'il y a encore quelques jours, vous étiez l'une des figures de la mobilisation des agriculteurs. Si vous êtes avec nous ce soir, c'est pour pousser un coup de gueule. Ce que vous nous avez dit, ce que vous dites aussi dans Le Parisien ce matin, c'est qu'à deux semaines du Salon de l'Agriculture, les choses n'avancent pas, les annonces du gouvernement ne sont pas suivies des faits, c'est ça ?

0:29
Arnaud Rousseau

Oui, c'est ce qu'on a dit, on a dit qu'on n'était pas dans le bon tempo. Alors je sais qu'il y a des réunions qui s'opèrent entre différents services, je sais qu'on a des réunions en préfecture qui se passent globalement bien, mais au moment où je vous parle, moi depuis dix jours, je n'ai pas vu le ministre de l'Agriculture, je n'ai pas vu le Premier ministre, et je le redis, on n'est pas dans le bon tempo.

Vous savez, on a dit le Salon de l'Agriculture, ça doit être un moment finalement où on accueille l'ensemble du public pour parler de notre métier, et nous les annonces, on les veut avant le Salon de l'Agriculture, ou en tous les cas, le démarrage, parce qu'on est conscient qu'il y a un certain nombre de sujets qui prendront du temps, mais par exemple, quand sur le plan élevage, le Premier ministre dit, on va le mettre en route avant le Salon, et qu'au moment où je vous parle, il n'y a pas eu le début du commencement d'une réunion, ni même d'un coup de fil, oui, ça nous inquiète, et donc voilà, ce soir, l'idée c'est de dire, il faut s'y mettre, il faut s'y mettre maintenant, parce qu'on ne peut pas attendre le Salon de l'Agriculture pour voir si finalement, oui ou non, ça va aller.

1:17
Présentateur

– Mais comment est-ce que vous expliquez le fait, vous vous dites, j'ai appelé le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, qu'est-ce qu'il vous dit, pourquoi ça traîne selon vous ?

1:26
Arnaud Rousseau

– Écoutez, je ne sais pas, moi je ne suis pas responsable de l'appareil d'État, le ministre me dit, on travaille, on travaille, je vous dis, je l'ai eu une fois en fin de semaine pour lui dire que je m'inquiétais de ne pas être contacté, de ne pas avoir de retour, de ne pas avoir de point sur les différents événements, on a dit qu'on suspendait le mouvement parce qu'il fallait qu'on travaille, encore une fois, il y a eu des réunions décentralisées dans les préfectures, et vous savez, quand on parle du cadre de la loi, rapidement, le sujet est national, donc le sujet c'est d'abord à Paris qu'il faut le traiter, et moi je trouve que sur le suivi, on est un peu léger au moment où on se parle, je comprends que les choses vont changer la semaine prochaine, puisque j'ai été convoqué à un rendez-vous chez le Premier ministre mardi, donc j'imagine qu'à ce moment-là…

2:03
Présentateur

– Donc il y a des contacts avec le gouvernement.

2:04
Arnaud Rousseau

– Oui, mais enfin, encore une fois, il y en a des contacts, il y en a tout le temps, mais des contacts c'est sympathique, moi je redis que ce qui nous intéresse, c'est qu'on commence à voir la trame de ce que va être les décisions concrètes qui vont changer la vie des agriculteurs. – Un exemple, le ministre M.

Béchut est allé dans le Nord-Pas-de-Calais avec le Premier ministre jeudi, où il y avait de fortes attentes sur le curage des fossés, et bien moi ce que me disent les agriculteurs du Pas-de-Calais, c'est qu'aujourd'hui on n'y est pas, et que quand on a un décret qui a été pris pour pouvoir limiter le temps de demandes administratives, pour autant quand les grues arrivent, le travail n'est pas complètement fait. – Et donc pour que les choses soient très claires, Arnaud Rousseau,

2:38
Présentateur

vous nous dites, dix jours après la fin des blocages et les dernières annonces, on se souvient de cette conférence de presse du Premier ministre et de cette prise de parole du Président de la République au Conseil européen, vous nous dites, il y a des promesses qui en l'État ne sont pas tenues.

2:52
Arnaud Rousseau

– Je ne sais pas si elles ne seront pas tenues, encore une fois, moi ce qui m'inquiète c'est de ne pas avoir de nouvelles depuis dix jours, vous voyez, moi je vais attendre ce que sont les décisions, j'ai compris qu'ils travaillaient, moi ce qui m'inquiète c'est qu'au moment où je vous parle, je n'ai pas eu de contact depuis dix jours, ça ne me paraît pas être la bonne manière de suivre les sujets, et encore une fois, peut-être que mardi je vous dirai autre chose, mais au moment où je vous parle, on ne sait pas à quel rythme s'avance, et je le dis, on n'est pas dans le bon tempo, on n'est pas dans le bon tempo sur le plan élevage, on n'est pas dans le bon tempo sur les compensations environnementales, on n'est pas dans le bon tempo, donc il y a des réunions qui vont encore se tenir toute cette semaine, notamment demain une réunion importante autour du plan éco-phito, mais au moment où je vous parle, le tempo ne nous semble pas le bon.

3:31
Présentateur

– Très concrètement, qu'est-ce que vous allez dire à Gabriel Attal, que vous voyez donc en début de semaine, vous savez quand est-ce que vous le voyez, mardi c'est ça ?

3:37
Arnaud Rousseau

– Écoutez, aujourd'hui le rendez-vous est prévu mardi dans l'après-midi, à une heure à définir, mais vous savez, moi je vais être, comme tous mes collègues, je vais arriver avec la liste de course qui est ni plus ni moins ce que sont les engagements du Premier ministre, et puis on va prendre les points les uns après les autres, et on va regarder où on en est. Moi, l'engagement que j'ai pris vis-à-vis, dans l'ensemble des adhérents de la FNSOA, avec nos collègues des jeunes agriculteurs, c'est de dire qu'on veut des décisions concrètes qui se voient sur les exploitations. Donc on comprend encore une fois que concernant la loi, par exemple, on a besoin d'un peu de délai.

4:09
Présentateur

– Oui, parce que ceux qui nous regardent peuvent se dire, attendez, ça fait dix jours que les blocages ont été levés, que les annonces ont été faites, dix jours c'est pas grand-chose. – Oui, mais c'est pas grand-chose. – Est-ce que c'est pas simplement peut-être les lourdeurs de l'appareil d'État, mais est-ce qu'il y a vraiment une volonté, comment dire, de ne pas mettre en œuvre ce qui a été promis par le gouvernement ?

4:28
Arnaud Rousseau

– Mais c'est ça qui nous inquiète, vous voyez, vous parlez vous-même des lourdeurs de l'appareil d'État. Encore une fois, chacun fait son travail là où il a à le faire. Nous avions, il y avait une réunion importante à Bruxelles, vendredi après-midi, sur laquelle nous attendions des décisions. Finalement, les États membres ne se sont pas mis d'accord, notamment concernant les fameux 4% de jachères, qui sont un vrai leitmotiv de mécontentement des agriculteurs. Qu'est-ce qu'on fait ? Sur le prix, sur la grande distribution, on attend aussi un certain nombre d'engagement des grands distributeurs. Alors ça, on voudrait que ce soit possible avant le salon de l'agriculture.

Il y a l'un d'entre eux, Lidl, pour ne pas le citer, qui a fait une proposition, est-ce qu'elle est reprise ? Comment on fait ? Donc je comprends qu'il faille un peu de temps, on l'a dit nous-mêmes.

5:07
Présentateur

– Vous avez le sentiment d'être un peu baladé par le gouvernement ? On se souvient que vous aviez été très critique à l'égard de la première prise de parole de Gabriel Attal, avec la botte de foin. Vous aviez dit, au fond, il a voulu faire un coup de com' sur notre dos, en allant auprès de Jérôme Bayle, sur le premier blocage à carbone. Est-ce que vous avez l'impression d'être baladé par le gouvernement ?

5:24
Arnaud Rousseau

– C'est pour ça que, vous voyez, je suis ce soir chez vous. C'est pour dire, je pense que personne n'a intérêt à nous balader, personne, parce qu'on l'a dit, s'il n'y a pas de rendez-vous à la fin, on reviendra, on l'avait dit très clairement au début. On est à mi-parcours, vous voyez, on a suspendu il y a 10 jours, dans 12 jours, c'est le début du salon de l'agriculture.

Or, je vous l'ai dit, depuis 10 jours, pas de rencontre ministérielle, pas de point de suivi, du travail, certes, et là, je reconnais qu'encore une fois, dans les préfectures, les services se parlent, mais moi, je suis quand même comptable de rendre aussi des comptes aux gens qui nous ont mandatés, et je dis que là, on a un problème de tempo, on attendra à la fin pour dire si c'est bien ou si c'est pas bien, mais je vous l'ai dit, sur un certain nombre de sujets très concrets, tels que je vous l'ai dit, quand il n'y a pas de réunion de programmé, quand il n'y a pas le coup de fil passé, oui, ça nous inquiète. Maintenant, on va attendre le salon.

6:10
Présentateur

– C'est un avertissement que vous lancez au gouvernement.

6:11
Arnaud Rousseau

– Un avertissement, encore une fois, tout le monde agit en responsabilité. Moi, je l'ai dit, on a pris nos responsabilités quand il s'est agi de dire qu'on transformait l'action, mais moi, je ne vais pas attendre le salon de l'agriculture pour finalement découvrir que le compte n'y est pas. Donc, mon rôle à mi-chemin, c'est-à-dire, là, on n'est pas dans le bon tempo, et le rendez-vous des 12 prochains jours, c'est un rendez-vous où toutes les 48 heures, il nous faut un point d'étape pour qu'on puisse marquer les étapes et rendre compte, et dire quand ça va dans le bon sens, et dire ce qui ne va pas.

6:39
Présentateur

– Pour que les choses soient très claires, vous évoquiez le fait que les blocages avaient été élevés il y a 10 jours. Est-ce que vous nous dites, là, les agriculteurs, ceux que vous représentez à la tête de la FNSEA, sont prêts à se remobiliser, à de nouveau bloquer certains axes, si le compte n'y est pas ? Est-ce que, là, les tracteurs sont prêts à ressortir des fermes ?

6:59
Arnaud Rousseau

– Dès cette semaine, dans un certain nombre de départements, à l'initiative des départements, il va y avoir à nouveau des actions qui seront plutôt tournées vers la grande distribution pour les relever de prix, pour voir si le fameux message qui a été porté dans le cadre des lois EGALIM, qui consiste à dire qu'on protège la matière première agricole, si ça, c'est bien respecté. Donc, dès cette semaine, il va déjà y avoir un certain nombre de mouvements. Et puis, effectivement, si au moment du salon, on n'avait rien, ou en tous les cas, des résultats qui ne sont pas à la hauteur des espérances, on l'a dit depuis le début, et tout le monde a été très au clair.

Donc, de ce point de vue-là, rien de nouveau. – Mais vous sentez la base prête à se remobiliser ? – Mais bien sûr, tout le monde attend des décisions. Encore une fois, cette action agricole, elle n'a pas d'équivalent depuis 1992. Ce qui s'est passé là n'a pas d'équivalent depuis… – Et la colère n'a pas disparu ? – Non, non, elle est toujours vive. Les gens attendent des résultats concrets, et pour un certain nombre d'entre eux, ont du mal à y croire. Donc, il faut donner des signes très concrets, rapidement, de la qualité du travail et du compte-rendu du travail. Et puis ensuite, viendront le temps des annonces, mais ça, ce sera dans 12 jours.

Mais là, il me semble important que dès maintenant, on puisse voir à peu près où est la zone d'étarissage, pour autant qu'il y en ait une.

8:02
Présentateur

– En l'État, si les choses restaient telles quelles, ce que vous nous dites, c'est que le déplacement du Président de la République à l'ouverture du Salon de l'Agriculture, le 24 février, ça risque de mal se passer ? Il risque d'être mal accueilli ?

8:13
Arnaud Rousseau

– Écoutez, il reste 12 jours que tout le monde fasse son travail. Nous, on a mis des propositions très concrètes sur la table, que les annonces se passent. Personne n'imagine que ça puisse mal se passer, mais si, encore une fois, on se moquait de nous, bien évidemment, ça ne pourrait pas se passer dans les conditions classiques de l'accueil du Président de la République le premier samedi d'ouverture du Salon.

8:29
Présentateur

– C'est-à-dire, pas les conditions classiques ?

8:30
Arnaud Rousseau

– Écoutez, d'habitude, il est accueilli, il y a toujours un point d'étape, et puis ensuite, le Salon se déroule avec un certain nombre de commentaires. Si là, les gens considéraient que ce qu'il aurait proposé n'est absolument pas au rendez-vous, évidemment, les choses ne pourraient pas se passer de la sorte. Mais encore une fois, il y a 12 jours pour travailler, nous, on dit qu'il faut accélérer le tempo, on est là pour travailler, et on fera les comptes à la veille du Salon. Mais nous, on veut d'abord des points d'étape avant le Salon.

8:50
Présentateur

– Merci beaucoup, Arnaud Rousseau, je rappelle que vous êtes président de la FNSEA, et que vous verrez donc le Premier ministre Gabriel Attal, ce sera mardi. – Sous-titrage Société Radio-Canada