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interviewJournal l'Humanité· 15 mai 2026 13 min

Boris Vallaud : que fera le PS pour l'élection présidentielle ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bon, d'cun estime que le livre vous met sur une position euh un peu plus à gauche, disons, dans le Parti socialiste. Euh mais en même temps, ces dernières semaines, depuis les élections municipales au sein du Parti Socialiste, vous savez sembl vous alliez plutôt à l'aile droite du Parti socialiste face à Olivier Fort. Est-ce que ça brouille pas un peu le message ?

Alors d'abord ce qui me fait beaucoup rire c'est que l'aile gauche d'aujourd'hui était l'aile droite d'hier et réciproquement pas tout à fait faux mais malgré tout donc quand je vois beaucoup de gens qui étaient d'ailleurs des soutiens ou des très proches de Manuel Vals qui aujourd'hui revendique d'elle gauche, je dis les amis euh un tout petit peu au moins de praxis intellectuelle quoi. Qu'est-ce qu'est-ce qu'on propose ? Je crois pas que depuis 7 ans que je parle en mon seul nom euh j'ai été autre chose que socialiste.

Voilà. C'est vrai. Mais vous qui avez défendu et qui je crois défendez encore un périmètre pour l'élection présidentielle qui va de Ruffin à Glan, je me trompe pas, vous alliez avec des gens qui sont plutôt pour un périmètre de Hollande à Gluxman.

Et bien détrompez-vous puisqu'il y a aussi des parlementaires communistes qui on signé avec nous, qu'il y a GRS Emmanuel Moral notamment qui a signé que par ailleurs pour ce qui me concerne euh y compris dans les derniers mois, je me suis pas senti l' droite de qui que ce soit au Parti socialiste. Mais vous peut-être [raclement de gorge] pas, mais est-ce que vous êtes pas allié avec des gens qui sont pas en fait pas d'accord avec je m'alie avec ce que je suis, avec ce que je défends, avec ce que j'ai envie de porter avec ce livre mais avec le précédent que que vous aviez reçu qui est pour le coup la politique à l'échelle humaine et qui se préoccupe des vies telles qu'elles sont vécues. Donc moi je viens avec ça.

Vous savez on peut pas passer son temps à couper la gauche en morceaux hein parce que sinon on va terminer tout seul he. l'épidémie de solitude, elle va finir par frapper par [rires] frapper mais vous peut-être pas, mais est-ce que vous êtes pas allié avec des gens qui veulent couper la gauche en morceaux ? Pas plus, pas moins que d'autres euh qui ont d'autres projets.

Voilà. Moi, je dis franchement [grognement] euh dans l'initiative que j'ai prise, tout le monde est attendu à table. Donc il y a pas de il y a pas de problème ou pas d'ambiguïté.

Je dis nous avons besoin d'un candidat commun de toute cette gauche que vous avez de tout cette chose que vous avez décrite et qu'elle travaille ensemble. elle aura des désaccords, elle aura des contradictions à surmter mieux, si on n'est pas capable de le faire entre nous, on va pas le faire pour le reste de la France. Alors, il y a un autre endroit où tout le monde est a priori attendu à table, c'est la primaire euh voulue dans le cadre dit de Bux Front populaire 2027, mais a priori là, vous avez décidé de plutôt pas répondre à l'invitation si j'ai bien compris.

Bah, écoutez, d'abord, j'ai pas toujours été invité contrairement à ce que vous pensez. Vous étiez là à Bagne quand même déjà ? Oui oui, j'ai été invité la veille au soir.

C'était c'était bien souvenir qu'il y avait un président de groupe. Non mais écoutez-moi, je vais vous dire, je je j'ai des doutes que j'ai exprimé depuis longtemps sans phare et je pense qu'il est pas interdit d'exprimer des doutes, voir des oppositions sur un processus qui me paraîtra un processus de distinction plutôt que de rassemblement et que par ailleurs, je fais le constat que euh il rassemble pas assez large pour aboutir à ce à quoi à ce à quoi on entre truc. Je je vous donne un exemple.

Moi, je considère que par exemple la primaire de 2011, elle a eu des conséquences délétaires dans l'exercice du pouvoir que les divisions, ça c'est la position de François Hollande par exemple, que les division mais oui, mais enfin vousz je me détermine, vous savez, j'ai j'ai pris une habitude, c'est ma grande liberté, c'est de penser tout seul, voyez, je sais pas de je suis affidé à personne, je travaille pour personne. Euh je travaille pour les les les gens qui sont dans ma circonscription d'ailleurs qui aient voté ou pas pour moi. Donc et c'est la seule chose qui me préoccupe.

Moi, j'ai pas fait de la politique pour autre chose que pour ça et j'ai surtout pas fait de la politique pour les gens qui vont bien. Donc, je c'est c'est c'est ma c'est ma ma seule détermination. Je vous dis un, je pense que c'est une entreprise de distinction et qu'on l'a mesuré dans le l'exercice du pouvoir que deux c'était un entreprise de distinction que de que trois ça ne crée pas forcément l'élan nécessaire.

On l'a vu en 2016 que on a vu aussi en 2016 en 2007 que ça pouvait être trahi, que c'était ça ne rassemblait pas automatiquement. Par ailleurs qu'il y avait des billets sociologiques considérables et que quand j'entends dire ça va être une primaire de clarification, je dis de clarification de quoi ? de nos désaccords et ensuite on va faire campagne sur nos désaccords.

Est-ce que par ailleurs ça règle pas ça règle une question qui moi est essentielle et je vois je suis heureux que la presse commence à s'y intéresser pour ce qui me concerne je sortirai un papier au début du mois de de de juin sur ce sujet-là mais il y a un impensé qui est considérable he c'est qu'il suffit pas de gagner la présidentielle pour exercer le pouvoir ou pour gouverner moi j'ai une conviction c'est que la 5e République est à bout de souffle voilà qu'elle est finie que elle nous a définitivement abîmé et abîmé la démocratie la confiance des citoyens dans leur dans leur représentants et qu'il nous faut imaginer une autre pratique du pouvoir qui n'immunisera pas peut-être en tout cas provisoirement contre l'arrivée de l'extrême mais qui peut un temps soit peu réenchanter la politique qui implique un un rééquilibrage du pouvoir qui implique sans doute une élection législative à la pr c'est les élections législatives. Nous sommes avec cette primaire en train de penser ces élections législatives comme le 3è tour de l'élection présidentielle. Si nous pensons l'excellon du 3ème tour voilà c'est que nous sommes des fétichistes de la 5e République.

Je ne suis pas un fétichiste de la 5e République. On me dit tu n'es tu as des doutes, tu n'es pas d'accord. Je demande moi j'étais prêt à être convaincu.

He le problème c'est que pour être convaincu, il faut qu'il y ait le débat quelque part sur les biens fondés de tel ou tel. Al est-ce que c'est pas quand même un peu facile de dire la primaire ne rassemble pas assez quand on y va pas soi-même et que du coup on ne travaille pas au fait qu'elle rassemble plus. Mais j'ai proposé que on y travaille dans mon parti.

Ça n'a pas été ça n'a pas été le cas. On me dit tu critiques, tu proposes rien d'autre. Donc je propose un chemin qui est un chemin différent qui commencisse d'abord à se poser la question de ce que l'on veut dire au français et de la sociologie de la stratégie électorale.

C'est la sociologie et la géographie de nos combats. Non non mais c'est pas c'est pas c'est pas une abstraction où va se faire la grande bataille de France. Moi, je suis élu d'un territoire rural d'une circonscription soit soliste depuis 78 et qui voit l'extrême droite progresser après le sud-est de la France, après les bassin minier, après les territoires industriels en déprise.

Je vois cette France des sous-préfectures, cette France urbaine. Quel le sentiment d'une domination culturelle d'une France sur une autre ? Quel sentiment que la République passe plus par chez elle ?

Quel sentiment d'un pouvoir lointain qui les méprise et qui passe leur temps à les juger. Et bien, si on considère que c'est là que va se faire la grande bataille de France, il faut qu'on y ramène notre projet politique, nos propositions. Ensuite, je veux qu'on ait un contrat de législature et ensuite quand on aura tous travaillé ensemble, qu'on aura fait émerger une équipe comme Jospin, bah autour de Jospin, il y avait des personnalités considérables.

Il y avait Dominique Voinet, il y avait il y avait Gesso, il y avait Cheevenement, il y avait Martin Nobri. Il y avait des personnalités considérables et c'était une équipe. Et d'ailleurs on en parlait en de tels termes.

Vous pensez qu'ensuite un seul se lève de la table pour dire je me lève et je me casse ? Non, je ne le crois pas. Est-ce qu'on sera pas capable de de dans un processus de de consensus organisé qu'on peut travailler ensemble, trouver celui ou celle qui est capable de porter ça et d'ailleurs peut-être qu'il n'est parmi aucun de celles et de ceux auquels on pense aujourd'hui ou qui y pense aujourd'hui ?

Si on n'est pas capable de le faire, c'est qu'on ne croit pas véritablement à la menace de C'est vraiment possible que quelqu'un émerge dans un processus de conclave. Oui, c'est possible. D'ailleurs, je note que c'était la proposition et de Lucy Cesté avant le avant la primaire et de Marine Tondelier.

Alors pourquoi quand c'est quelqu'un d'autre qui la formule, ça deviendrait une idée une idée idiote. Vous avez bien compris que ma préoccupation c'est tout ce qui fait le rassemblement. Tout ce qui fait le rassemblement.

Moi, je me suis engagé à un moment donné, j'avais pas envie d'être député, hein. Mon prédécesseur qui est arrêté qui m'a dit "C'est pas le moment de se planquer, tu as vu, tu as vu l'extrême droite." Bon et donc moi je me planque pas et quand par ailleurs euh je sens que on va se planter, vous savez, il y a pas de crise OPS en fait.

Non non, je dis il y a pas de crise OPS. [rires] Non non, je je dire pourquoi il y a pas de crise au PS ? Il y a pas de crise au PS parce que le crise c'est la crise c'est quand on on dit pas ses désaccords.

La crise c'est quand on se tait. La crise c'est quand il se passe rien et et qu'on continue comme si tout allait bien. On a on a besoin de cette mobilisation.

Alors moi, j'ai dit d'abord les idées. Bah voilà les idées. Allons-y.

Bisalo, vous dites que vous vous cachez cachez pas. Dernière question sur la primaire. Est-ce qu'au fond le problème de la primaire pour les socialistes, c'est qu'ils ont sentiment qu'ils sont pas sûr de pouvoir la gagner et qu'ils veulent pas soutenir un autre candidat qu'un candidat socialiste à la présidentielle ?

Je poserai la question à ceux qui en sont les promoteurs à quelqu'un qui moi je fais moi je fais le constat qu'à partir du moment où tout celles et tous ceux qui sont de cette gauche là n'y participe pas ni le parti communiste français ni place publique ni les radicaux ni peut-être d'autres que je que que j'oublierai que une partie de ceux qui la promeuvent en fait n'y croi pas une seconde parce que faut quand même se dire aussi les choses hein et on commence à l'entendre je dis écoutez on n pas le luxe de de se de se planter donc c'est je dire C'est c'est pas grave hein de pas être candidat à une primaire. Je dire je rappelle que la gauche était contre l'élection du président de la République au suffrage universel hein et qu'on a plutôt envie d'en faire un président genre vous savez il y a plein de pays où il y a pas d'élection présidentielles au suffrage universel où le chef c'est le premier ministre où il y a des primaires pour désigner les candidats des partis quand même hein. Ouais puis il y a des endroits c'est pas le cas.

C'est plus c'est plus rare néanmoins. Euh vous du coup concrètement qu'est-ce que vous voudriez ? Quelle serait la marche à suivre du Parti socialiste là dans les prochaines semaines ?

Mais moi je propose une chose simple, c'est que je je dis bah écoutez pour qu'un parti se mette en ordre de marche, il a besoin d'un programme, c'est en cours et moi je remercie Claud Claudidel avec laquelle on a travaillé du travail qu'elle a fait. Le précis les militants s'en sais, c'est très bien. Il faut l'amender, il faut l'ancrer, il faut le faut passer au gueuloir comme disait Flobert.

Voilà. Euh mais ce sera celui du Parti socialiste. Il y a besoin de trancher.

Est-ce que c'est la primaire ? puisque c'est ce que moi je dessine comme comme prov'appelle la démocratie interne et puis tous les partis ont leur ont leur candidat à la présidentielle c'est le cas des écologies c'est le cas de debout c'est le cas de de la prè il faut que le parti socialiste ait le sien aussi moi je me dis c'est pas absurde qu'on soit en ordre de bataille quelle que soit l'hypothèse ensuite de sélection à l'été tout ça doit se faire voilà avant l'été c'est ça bah oui ça me paraît pas absurd d'autant que ceux qui aujourd'hui ne veulent plus que ce soit avant l'été me disaient il faut quand même il y a de mois faut quand même qu'on se dépêche parce que tous les autres ont un candidat vous en avez parlé Il y a une dizaine de jours, vous avez lancé un appel, je pense qu'on peut appeler ça comme ça, qui s'appelle construire 2027 notamment autour de Yannick Jade, l'ancien candidat écologiste à la présidentielle et à Raphaël Gluxman potentiel candidat à la prochaine émission avec beaucoup d'élus locaux de toute sensibilité. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a pas eu non plus un effet de blaste autour de cet appel.

C'était pas du tout l'intention. Je veux vous dire au départ, on s'est posé la question de savoir si on le on ne le signait pas à 10 ou 15, vous voyez. Donc en fait, on n pas fait du tout campagne, on pas tout fait une campagne de signature.

Donc euh vous savez, on est à 15000, hein. On est presque au nombre de votants au congrès du Parti socialiste, hein. Donc c'est pas si ridicule que ça. [rires] Euh est-ce que ça disperse pas un peu les forces quand même malgré tout ?

Non, pas du tout, pas du tout. Puis à la fin, moi je propose que les militants socialistes tranchent. D'ailleurs, c'est ce que demandent les partenaires aussi.

Hin voilà, c'est tout. Encore une fois dans ce dans dans cette initiative, pour l'instant, je vous dire le spectre il est il est même dans la diversité de ceux qui bah justement la diversité, parlons-en encore une fois, on est quand même sur les plus modérés à gauche malgré tout ou alors les gens les plus modérés dans leur partis respectif. Mais alors moi je suis pas un modéré, d'accord, mais précisément c'est je pose la question de vos alliances depuis tout à l'heure si si vous avez bien compris.

Mais oui, mais pourquoi vous pourquoi vous vous leur posez pas la question ? Pourquoi vous êtes à coquuné avec ce socialiste vétéré qui est Boris Valot et qui d'ailleurs propose des trucs on lui posera la question pos la question. Bon ben voilà, moi je vous dis tout le monde a vos questions.

Il y a des communistes, il y a GRS, il y a des des il y a des écologistes, il y a des écologistes de toutes les sensibilités. Les brevets de gauche des uns, les brevets de gauche des uns et des autres. Euh franchement ça vaut ce que ça vaut et surtout je remarque que dans l'histoire ça des dates de péremption.

Donc moi, voyez, je construis les choses autour d'idées, autour de ce que l'on fait à l'Assemblée nationale. Depuis maintenant 2000 2017, je votais, les socies l'ont pas fait, je votais contre la confiance au premier gouvernement d'Édouard d'Edouard Philippe. Je vous dire voilà euh conclusion est-ce qu'au fond on est presque à la conclusion mais est-ce qu'au fond notamment vous le dites en finalement vous avez l'air de dire qu'il faut préparer presque plus les législatives qui je le rappelle officiellement auront lieu en 2029 mais plus probablement dans un an plus d'un an.

Est-ce que c'est pas le signe que au fond vous n'y croyez déjà plus ? Détrompez-vous. Je pense qu'on peut gagner les élections présidentielles et ne pas avoir de majorité absolue.

Non, mais ça tout à fait c'est possible mais j'ai l'impression que vous squeez quand même la prise Non, je crois je vais vous dire, je pense que c'est pas foutu. Je pense que c'est pas foutu. Je pense que euh en revanche, si nous n'avons pas une réflexion sur l'exercice du pouvoir et donc sur l'équilibre de nos institutions, sur la place de l'élection législative, je crois que nous continuerons de désenchanter la politique.

Voilà. Et et non, non, je le pense et je le pense sincèrement. Je vais vous dire c'est c'est ce ce présidentialisme exacerbé.

Franchement, ça nous a étouffé. Moi, j'ai ça fait des années que j'ai l'impression de respirer à travers une une paille qu'on pince. Voyez, je respire plus et le pays ne respire plus.

Donc on a besoin mais on peut tout à fait critique du présidentialisme exacerbé de la 5e République. Quand vous jouez avec des gens qui jouent le jeu de ce présidentiell calendrier électoral [musique] [musique]

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