Face à Face : Alain Duhamel - 08/01
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous retenez quoi de Jean-Marie Le Pen ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il voulait le pouvoir ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous considériez comme un démocrate ?
- 4:02FerméeRéponse directe
Républicain ?
- 4:07FerméeRéponse partielle
Vous le mettriez dans l'arc républicain ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Pourquoi cette gêne dans la classe politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:50Invité politiqueFait
« Arriver à imposer un courant politique uniquement par la force de sa parole et par son charisme à la télévision. »
- 9:23PrésentateurFait
« Les thèmes de Marion Maréchal Le Pen sont les thèmes de son grand-père. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Présentateur 238 %
- Invité politique2 %
≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, face à face. Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alain Duhamel. Merci d'être avec moi ce matin. C'est évidemment toujours un plaisir de vous entendre, mais on a envie aussi avec vous de prendre du recul. Jean-Marie Le Pen est mort. Cette phrase, Jean-Marie Le Pen est mort, qui a donc apparu sur toutes les antennes, sur tous les téléphones hier. Jean-Marie Le Pen qui est mort. Quel héritage politique ? Quel héritage moral ? Comment il a traversé aussi cette 5ème République ? Est-ce que certaines de ses idées d'ailleurs ont finalement plus gagné que lui ? D'abord, une question. Vous, Alain Duhamel, vous retenez quoi de Jean-Marie Le Pen ?
Que c'est le seul homme politique de la 5ème République qui soit arrivé à exercer une affluence décisive sans jamais exercer aucun pouvoir. Est-ce qu'il voulait le pouvoir ? C'est une des premières questions que je me suis toujours posée et que d'ailleurs je lui avais posée et que vous lui avez posée aussi. Oui. En vrai. Au fond des choses, je crois que ce n'est en tout cas pas ça qui l'intéressait et qui le motivait. Je crois que c'était d'abord quelqu'un assez narcissique et très orgueilleux et qui voulait marquer son temps de façon différente des autres hommes politiques. Il voulait d'abord s'imposer comme un personnage hors normes, différent des autres.
Ensuite, bien sûr, il y avait les idées que je ne partageais pas du tout mais qu'il portait. Et ces idées-là, il faut reconnaître ce qui est, elles ont progressé et c'est lui qui les a fait progresser. Ensuite, Marine Le Pen a su utiliser le patrimoine politique qui lui était légué et qu'elle ensuite a saisi complètement. mais mettre sur pied le logiciel de l'extrême droite, c'est vraiment Jean-Marie Le Pen qui est arrivé. Et aucun homme politique français n'était arrivé à faire quelque chose de ce genre, d'abord au bénéfice de l'extrême droite, ni sous la Ve République, ni avant sous les autres républiques.
Parce que jusqu'alors, il faut le rappeler, quand il crée le Front National, c'est à partir de sous-groupuscules qui jusqu'alors étaient non seulement distincts les uns des autres, mais même parfois ennemis les uns des autres. Oui, bien sûr, ennemis jusqu'à se combattre physiquement et peut-être plus. Ça veut dire quoi, peut-être plus ? Il y a eu des règlements de comptes, il y a eu des morts bizarres, on s'est en tout cas posé énormément de questions. Bon, lui, c'est autre chose, non pas qu'il ait peur de la violence, au contraire. Il a commencé par une violence physique, qu'il a eue à nouveau plusieurs fois.
Oui, et déjà quand il était étudiant, il était connu pour être le bagarreur du quartier latin et avoir le coup de poing et quelques fois d'autres choses, facile. Je voudrais, Alain Duhamel, qu'on réécoute un échange que vous avez eu avec Jean-Marie Le Pen, c'était à l'époque d'Antenne 2, et c'était en 1984.
Vous avez deux images. Il y a une première image qui vous colle à la peau depuis 30 ans, depuis vos débuts dans la vie politique, et qui est l'image d'un extrémiste et d'un activiste. Et puis il y a une seconde image que vous essayez visiblement d'accréditer en ce moment, et à travers laquelle vous vous présentez comme un homme d'opposition, de droite nationale, respectable et légaliste. Est-ce que vous vous considérez comme un démocrate ? Oui, certainement. Et je le démontrais en participant à la vie publique de notre pays, en toutes circonstances, et bien souvent condamné à l'avance par le système électoral majoritaire, sans espoir.
Je suis dans le fond un démocrate churchillien, c'est-à-dire que je me réfère aux fameux aphorismes de Churchill, disant que la démocratie c'est probablement un très mauvais système, mais je n'en connais pas d'autres.
Démocrate ? Républicain. Et encore ? Républicain, vous diriez vraiment ? Vous le mettriez dans l'arc républicain Jean-Marie Le Pen ? Non, ce n'est pas ça que je veux dire. Ce que je veux dire, c'est qu'il jouait le jeu des règles de la Ve République. Il ne cherchait pas de prendre le pouvoir par la force, il ne cherchait pas non plus les accommodements idéologiques, il était ce qu'il était. Bon, il était l'extrême droite. Bon, voilà. Il apportait l'extrême droite à un niveau qu'elle n'avait jamais eu avant, sauf dans l'immédiate avant-guerre entre 1938 et 1939. Mais ce qu'il a fait, que je conteste totalement sur le fond, mais personne ne l'avait fait avant.
Arriver à imposer un courant politique uniquement par la force de sa parole et par son charisme à la télévision. Vous avez vu ce que vous faites, Alain Duhamel, et c'est parfaitement naturel. Vous ponctuez vos phrases depuis le début de cet entretien de « et je ne partageais pas ces idées, et je combattais ces idées ». Au fond, vous incarnez presque dans la manière même dont vous avez cette gêne, ce que l'on voit aussi depuis hier soir dans la classe politique française. Le Premier ministre qui a rendu une sorte d'hommage quand même à Jean-Marie Le Pen avec ses mots.
François Bayrou qui a dit « Au-delà des polémiques qui étaient son arme préférée et des affrontements nécessaires sur le fond, Jean-Marie Le Pen aura été une figure de la vie politique française. On savait en le combattant, quel combattant il était. Beaucoup dans la classe politique, et notamment à gauche, reprochent à François Bayrou d'avoir un ton qui n'est pas assez pugnace, pas assez combattant. » Oui. Bon, alors là, je dirais, ça ne vous a sûrement pas échappé, qu'il y a un peu une différence de ton entre l'Elysée et Matignon, entre Emmanuel Macron et François Bayrou.
Personnellement, je partage beaucoup plus la formule d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire « l'histoire le jugera », ce qui est une façon de dire qu'elle le jugera sévèrement, que François Bayrou, qui ne le ménage pas, il le présente bien comme un adversaire, mais qui ne le diabolise pas du tout, d'une certaine manière... Le mot polémique, c'est ce mot-là. Au-delà des polémiques, qui étaient son arme préférée, il a été condamné, condamné pour négationnisme, condamné pour antisémitisme, condamné pour des moments de violence, y compris physiques, contre les adversaires politiques. Oui, bien sûr. Ce ne sont pas des polémiques.
Non, mais il ne s'agit pas de dire que c'était un homme politique comme les autres, parce que ça n'est pas vrai. Et quand je dis qu'il s'inscrivait dans la Ve République, c'est parce qu'il n'a pas cherché à prendre le pouvoir autrement. Donc, par nature, il s'inscrivait et que ses condamnations étaient des condamnations sur le racisme, l'antisémitisme, etc., qui étaient le reflet de ses convictions et de son idéologie, qui d'ailleurs était extrêmement dangereuse pour ça, même si je pense que la marque et en même temps son succès idéologique, en fait, c'est, à mes yeux, évidemment, sur l'immigration. C'est...
Le fait que l'immigration, qui était son sujet de prédilection, évidemment, soit désormais un sujet qui est quasi quotidien, dans les débats politiques, dans... Oui, et puis que ce qu'il disait sur l'immigration, et il n'a jamais changé de ce point de vue, et qui était au début critiqué par presque tout le reste du monde politique, et qui était minoritaire dans la tête des Français au début. Maintenant, a été non seulement banalisé, mais enraciné. Et c'est devenu une des variables politiques principales, aujourd'hui, dans la vie politique, dans les choix électoraux, dans les choix gouvernementaux.
En ce sens, il a, avec des arguments que je déteste, mais obtenu une victoire idéologique très importante, probablement assez dangereuse, et qui rejaillit sur la façon de s'exprimer de tous les autres politiques de tous les partis. Victoire politique, avec la question de son héritage politique, qui est aujourd'hui l'héritage à la fois politique et familial mélangé, puisque ce sont, en l'occurrence, Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, qui sont à la fois ses héritières humainement, physiquement, filles, petites filles, mais qui vont devoir aussi gérer l'héritage politique. Il y en a une qui l'a immédiatement assumé, cet héritage politique, c'est Marion Maréchal.
Elle a eu ces mots que je voudrais quand même lire ce matin. « Part tranquille, daddy ». C'est comme ça qu'elle appelait donc visiblement son grand-père. Je pose d'ailleurs une question, mais on n'est pas là pour faire de la psychanalyse ce matin, mais enfin, elle l'appelle père quand même, daddy. Oui, mais c'est comme vous le savez. Mais à l'anglaise, « Part tranquille, je n'abandonnerai pas la mission ». Elle relève en quelque sorte la mission politique et silence évidemment de Marine Le Pen, pour des raisons tout simplement géographiques, j'allais dire, puisqu'elle était dans l'avion et qu'elle a appris, alors qu'elle était dans l'avion de retour de Mayotte, on va y revenir.
Mais cet héritage « Part tranquille », je n'abandonnerai pas la mission. Là, pour le coup, il n'y a pas de gêne. De toute façon, les thèmes de Marion Maréchal Le Pen sont les thèmes de son grand-père. Ce ne sont pas les thèmes de Marine Le Pen, ce sont les thèmes de Jean-Marie Le Pen. Maintenant, quel sera son impact politique réel ? Rien ne prouve qu'il sera significatif, on n'en sait rien. Alors que s'agissant de Marine Le Pen, là, on sait qu'il y a un héritage, un héritage modifié, un héritage transformé, un héritage maquillé aussi. Mais un héritage qui est dans des mains, qui sont des mains robustes, en tout cas, avec un impact.
Marine Le Pen, qui a effectivement repris le parti, qui a repris les idées, mais qui a revendiqué une rupture. Et l'électorat. Et l'électorat, mais qui a revendiqué une rupture. Alors, humainement, il s'était, semble-t-il, réconcilié les toutes dernières années. Mais il y a eu une rupture violente, y compris avec ces hurlements de Jean-Marie Le Pen qui criait « Jeanne au secours », en gros, pour le libérer de Marine Le Pen. Quelle est la réalité de la filiation politique entre Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen ? D'abord, c'est l'héritière de l'électorat. Ensuite, c'est l'héritière de l'image de la pugnacité extrême. C'est Marine Le Pen qui a été... C'est la même attitude.
Oui, c'est Marine Le Pen qui a été probablement la plus combative. En tout cas, à droite. Bon, et puis, idéologiquement, elle descend tout droit de son père. Alors, comme souvent les héritiers, ensuite, on modifie les choses parce que les temps changent, parce qu'on croit que c'est son intérêt, ce qui, en l'occurrence, est effectivement le cas. Et elle arrive à faire prospérer l'héritage qu'elle a eu en le transformant. Mais, le fond de son héritage, son capital politique, c'est ce que son père lui a légué, un peu malgré lui, mais lui a légué quand même. La fameuse dédiabolisation du RN jusqu'au changement de nom, ça n'est plus le Front National, c'est le Rassemblement National.
Je regardais, parmi les titres de la presse aujourd'hui, c'était le diable est mort. C'est exactement ça, l'idée qu'a eue Marine Le Pen. Est-ce que, dans un sens, ça ne va pas être presque inconfortable, puisqu'elle est en première ligne désormais, c'était confortable d'avoir une sorte de mystiquerie dont on pouvait dire le méchant c'est lui ? Alors, pour elle, je ne pense pas qu'elle va invoquer son père autre qu'humainement. Je pense que, ce qui est d'ailleurs naturel, enfin compréhensible, c'est son père qui est mort, il y aura les funérailles familiales, elle est affectée, etc. Mais, politiquement, je ne pense pas du tout qu'il va y avoir un regain, par exemple, d'extrémisation assumé.
Pas du tout. Je pense que ce sera le contraire. Je pense que, Jean-Marie Le Pen, ça sera un portrait qu'on accrochera dans l'arrière-pièce, pas dans le bureau, pas là où il y a les caméras. Il existera quand même. Mais que, politiquement, elle continuera à se différencier, et se différencier, pas du tout parce qu'elle se modère à l'intérieur d'elle-même, mais parce que c'est la meilleure ou la seule façon d'arriver au pouvoir. Et de ce point de vue, il y a quand même très grande différence de nature entre le père et la fille. Le père voulait être la vedette politique la plus atypique, la plus contestée, la plus provocatrice, mais la plus vedette. Et la fille veut le pouvoir.
Ce n'est pas du tout la même chose. Jean-Marie Le Pen se satisfaisait de ce qu'il était de lui-même. Dans tous les mots, d'ailleurs, tous les sens du mot se satisfaisaient. Elle, elle veut gagner. Elle veut gagner et elle peut gagner. C'est complètement différent. On se souvient d'ailleurs en 2002, on l'a su assez vite que Jean-Marie Le Pen lui-même non seulement était surpris de se retrouver au deuxième tour, mais ne le souhaitait pas. Alors, le souhaitait pas... Ou en tout cas n'était pas prêt. Elle dit d'ailleurs nous n'étions pas prêts. Il était encombré et embarrassé de se retrouver dans une situation potentiellement de devoir diriger.
Moi, à l'époque, ce que j'ai tout à fait senti en tout cas, c'est que son succès, le fait de se qualifier pour le second tour était un succès, même d'une certaine manière un petit triomphe, le désemparait et qu'il s'est senti impréparé. Il était intelligent, il était réaliste, donc il savait bien que le fait d'être au second tour n'allait pas lui ouvrir la voie de l'Elysée et qu'il serait battu. Donc, il n'a pas eu au sens littéral peur du pouvoir parce qu'il savait qu'il n'aurait pas le pouvoir. Mais au moment où il a su qu'il était qualifié pour le second tour, il a compris brusquement à quel point il était un opposant et pas un gouvernant.
À quel point il pouvait gagner des batailles politiques mais qu'il ne pouvait pas espérer et sans doute avoir envie du pouvoir. je pense que Jean-Marie Le Pen mesurait ses succès par rapport à lui-même alors que Marie Le Pen les mesure par rapport à la chance d'accéder à l'Elysée. Et on apprend à l'instant qu'il sera inhumé dans la stricte intimité familiale comme on dit samedi en Bretagne. Il y a un mot quand même que vous avez dit sur la diabolisation. Vous avez dit c'est une stratégie. Ça veut dire que au fond pour vous Marine Le Pen lorsqu'elle prend ses distances avec Jean-Marie Le Pen c'est plus une stratégie qu'une sincérité. Oui tout à fait.
Il n'y a pas en réalité de rupture idéologique majeure entre le père et sa fille. Il n'y a pas de rupture majeure mais il y a une énorme différence qui est que pour le premier le pouvoir n'était pas l'objectif réel. L'objectif réel c'était l'influence c'était l'incarnation pour Jean-Marie Le Pen. Incarner quelque chose pour une part croissante des Français.
Pour Marine Le Pen c'est la recherche du pouvoir et je pense que pour la recherche du pouvoir elle peut aller assez loin dans les évolutions pour prendre un seul exemple mais depuis un an depuis un an l'évolution des positions du Rassemblement National sur les questions économiques et notamment en ce qui concerne les entreprises est spectaculaire. Ça n'est pas parce qu'elle a lu un manuel d'économie politique qui brusquement l'a converti. C'est parce qu'elle s'est dit que c'était la seule façon d'arriver au pouvoir de ne pas faire peur C'est la même question c'est la question de la stratégie d'accès au pouvoir qui dit quand même une partie de ses idées.
Alain Duhamel il y a eu des rassemblements spontanés des sortes d'apéros géants à Paris non mais disons la place de la...
Inattendue en tout cas Tout à fait il y avait quelques centaines de personnes pas plus mais qui se sont rassemblées c'était place de la république à Paris c'était à Lyon notamment parce qu'effectivement il fallait fêter chanter la mort de Jean-Marie Le Pen avec des petits feux d'artifice avec du champagne et Bruno Retailleau a dit que c'était vraiment indécent de fêter ainsi de danser ainsi sur la tombe d'un mort est-ce que ça dit pas quelque chose d'une époque où en tout cas on manifestait vraiment contre Jean-Marie Le Pen la jeunesse disait la jeunesse emmerde le Front National ça n'est plus le cas aujourd'hui quand on regarde les chiffres les jeunes votent RN enfin une bonne partie votent RN oui il n'y a aucun doute écoutez hier c'est vrai que c'est mais des scènes de l'IS pour la mort d'un responsable politique c'est du cas si jamais vu alors c'est quelque chose qui existe toujours quand il y a un tyran un despote un dictateur qui meurt on l'a encore vu à Damas il n'est pas mort mais il est obligé de partir et tout le monde danse bon s'agissant d'un homme politique dans un système qui le système en tout cas est démocratique je ne connais pas d'autres exemples et en France je n'en connais pas d'autres mais je pense que la réponse c'est la provocation entraîne la provocation Jean-Marie Le Pen a été toute sa vie un provocateur et à un provocateur on répond par des provocations un provocateur condamné je le disais oui multi-condamné pour négationnisme pour antisémitisme lorsque je vois et je trouve ça important de le dire parce qu'il y a une filiation presque même un compagnonnage Dieudonné le soi-disant humoriste Dieudonné qui hier à l'annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen publie et c'est le jour de Charlie je suis Jean-Marie oui comme Jean-Marie Le Pen avait dit je ne suis pas Charlie c'est assez saisissant ça oui mais alors c'est d'une certaine matière manière micro-théâtrale si vous voulez c'est du théâtre mais à petite échelle oui mais il savait même du théâtre mais c'est je dirais dans la logique de ce qu'était Jean-Marie Le Pen qui est différente de la stratégie que suit Marine Le Pen c'est pas la même chose c'est pas le même objectif je répète Jean-Marie Le Pen il avait vraiment deux objectifs un lui c'est-à-dire être un personnage de premier plan considéré comme un personnage de premier plan et deux l'immigration c'est-à-dire aussi sa revanche sur ce qu'était le fond historique de son idéologie personnelle c'est-à-dire les guerres coloniales c'était aussi sa revanche bon Marine Le Pen elle veut le pouvoir dans tous les domaines elle veut être présidente Alain Duhamel est-ce que est-ce que cette mort de Jean-Marie Le Pen c'est quand même une page vraiment qui se tourne pour le RN est-ce que c'est une forme presque même de libération alors évidemment ils ne diront pas ça et politiquement il faut bien reconnaître que depuis dix ans Jean-Marie Le Pen avait une influence qui était politiquement devenue marginale et il faut d'ailleurs préciser que s'il y a eu des scènes de liesse pour fêter sa mort il n'y a eu en revanche quasiment je crois aucun hommage spontané de qui que ce soit de quelques militants qui viendraient déposer des fleurs à l'entrée de sa maison non il n'y a plus personne oui il y aura sans doute quelque chose qui se produira le jour de son enterrement c'est très possible ça ne sera pas forcément considérable ça ne sera pas forcément des foules mais il aura des fidèles il aura des nostalgiques il aura ceux qui ont partagé ses combats ou ceux qui aujourd'hui voudraient qu'ils se poursuivent de la même façon mais le rassemblement national de Marine Le Pen aujourd'hui ça n'est plus le front national de Jean-Marie Le Pen Jean-Marie Le Pen le front national de Jean-Marie Le Pen était un parti qui n'était qu'un parti d'opposition et Marine Le Pen dirige un parti qui se veut un parti de gouvernement c'est pas du tout la même chose même si évidemment il y a de larges pans d'idéologies qui sont identiques évidemment et probablement plus qu'elles ne veulent montrer et je trouve ça très intéressant quand on vous écoute Alain Duhamel qu'effectivement vous montriez qu'en fait la rupture n'est pas aussi considérable que l'on imagine ou en tout cas qu'elle n'est présentée par Marine Le Pen elle-même merci Alain Duhamel d'être venu ce matin pour revenir avec moi sur la mort donc de Jean-Marie Le Pen il est 8h53 sur RMC et BFM TV