Question d'images "30 ans après?" - Tao Douay & Adrien Pontet / Brigitte Patient
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Tao DouayChiffre
« on sait qu'au rythme actuel d'extraction il reste à peu près 20 ans d'argent dans les mines »
- 4:00Tao DouayFait
« on a réussi à fixer des images qui peut-être disparaîtront dans 30 ans peut-être pas »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] c'est un duo d'artistes pour le projet exil taooué et Adrien ponté taooué vit à nemour Adrien ponté lui il vit sur une île en Bretagne ils se sont rencontrés à la villa perochon en 2017 à travers un travail poétique et expérimental il réinvente des procédés de développement argentique non toxique taodoué Adrien ponté comment vous êtes emparé de la question de la photographie 30 ans après on s'est posé la question de comment serait le monde en 2054 donc on est parti d'un constat de notre présence c'est-à-dire de voir comment le monde est en train de changer de manière très rapide avec toutes les les problématiques environnementales les problématiques liées à l'eau et d'un point de vue purement photographique la problématique liée à l'extraction de l'argent on sait qu'au rythme actuel d'extraction il reste à peu près 20 ans d'argent dans les mines et la photographie argentique fonctionne avec l'argent donc on s'est demander comment est-ce qu'on pouvait réduire au maximum l'utilisation des matières premières pour la photographie argentique d'un point de vue chimique et d'un point de vue du papier et des films et en fait on a réinventé le laboratoire on l'a dépol au maximum en utilisant des plantes de l'eau du sel et en utilisant des papiers des films qui sont périmés qui sont voués à être jetés qui normalement ne devraient pas être utilisé euh peut-être tu veux dire autre chose donc on a tout un volet sur la question des ressources de comment est-ce qu'on pourra continuer à produire de la photographie argentique dans 30 ans sachant l'effondrement global dans lequel on est plongé en ce moment et on a tout un autre volet que ce travail nous a permis de commencer qui est de réfléchir à la question du rapport à la vérité et comment est-ce qu'on peut euh alerter ou en tout cas entraîner des conversations des discussions sur ces questions-là sans passer par un travail documentaire on s'est aussi dit qu'en 2054 les frontières entre les différents modes d'écriture photographique seraient forcément un peu plus flou ou en tout cas que des que des auteurs comme nous tenteraient de faire des points entre des choses et que c'est pas forcément via le documentaire qu'on pourrait amener des des questionnements sur la question des ressources sur la question de du médium en tant que tel quoi alors techniquement pratiquement là vous avez parlé d'un d'une invention d'un laboratoire mais comment vous avez bossé tous les deux surtout aussi comment vous êtes départagé les les tâches dans cette aventure dans ce projet alors Tao avait commencé à travailler à commencé à travaillé depuis de nombreuses années sur la question de la dépollution du laboratoire argentique donc il avait déjà tout un il y a tout un travail qui avait déjà ré qu'il avait déjà réalisé dans son coin avec très peu de ressources parce qu'en France il on a on a très très peu de gens qui qui font ce genre de pratique et ensuite quand on s'est quand on s'est rencontré à nouveau parce qu'on se connaissait déjà quand on a commencé à travailler ensemble on a exp on a expérimenté ensemble au jour le jour donc on avait un d'abord un travail d'écriture mais tous les soirs on on essayait de développer nos films donc nous on a commencé d'abord sur la question des films avant de penser les tirages donc ben très concrètement Tao avait un ensemble de recettes qui étaient déjà élaboré qu'on a testé sauf que nous on a aussi une contrainte c'est de faire avec ce qu'on a quand on travaille quelque part on voudrait faire avec les ressources auxquelles on a accès directement donc moi par exemple j'ai des réserves d'eau de pluie chez moi on a utilisé nos réserves d'eau de pluie mais on a aussi utiliser uniquement les végétaux qui étaient directement présents chez moi donc donc concrètement on a commencé par essayer d'extraire bah de faire de la chimie donc d'extraire des phénols des plantes qui étaient présentes chez moi et avec les recettes déjà élaborées par Tao les augmenter faire des expérimentations et tel des petits chimistes prendre des notes au fur et à mesure de voir ce qui fonctionne ce qui fonctionne pas et comme ça essayer d'avancer ensemble de ce côté-là parce que les les prémisses de ce projet en 2022 donc c'est Adrien qui me contacte on s'était rencontré en 2017 à newor d'ailleurs Adrien à l'époque était journaliste et moi j'étais exposant ici et on était resté un peu en contact depuis mais sans plus et en 2022 Adrien me dit que il a quitté la vie citadine qu'il vit sur une île il ne me dit pas où et qu'il est seul sur cette île et qu'il m'invite à réaliser une résidence chez lui et donc euh c'est là où moi je lui fais la proposition ou en tout cas je lui explique de la manière dont je travaille et que je souhaite continuer à travailler de cette manière-là sur cette île et finalement euh il avait écrit un projet et euh et ce projet a été totalement effacé on a on a travaillé ensemble il n'était plus dans l'écriture du projet mais je l'ai invité à à faire des prises de vue je l'ai je lui ai appris à développer les films euh à faire de la chimie à partir des plantes et donc on a totalement expérimenté avec ce qu'il y avait sur cette île de là le projet est né de là est né le projet euh vous pouvez me parler du titre du projet exil ouais ouais bien sûr donc le travail donc pour cette exposition à Anor on a pensé l'exposition en deux temps la la première partie de la première pièce du piloris c'est une fiction euh qui mêle un travail d'écriture et un travail photographique dans lequel je suis mis en scène en fait j'ai un personnage je joue un personnage qui est mis en scène euh et euh en fait le c'est très simple c'est un exil c'est c'est l'histoire d'un d'un homme qui se retrouve seul sur une île et qui regarde le monde s'effondrer de loin et à travers tout un travail poétique et euh de mise en scène on a on a essayé de de j'ai essayé et à travers un travail d'écriture aussi on a essayé d'aborder des des questionnements assez métaphysiques sur le rapport à la solitude euh sur à la à la solitude matérielle mais aussi à la solitude face à un monde qui s'effondre à à cette sensation d'empêchement de de de de non prise en fait sur le monde et donc l'exil il est littéral c'est-à-dire que c'est un homme qui se retrouve exilé sur une île voilà et le la cette fiction raconte euh de façon assez poétique avec et assez métaphysique l'exil de cette si je comprends bien il y a de l'écriture des mots écrits dans votre travail qui parmi entre vous qui écrit qui est-ce qu'il y a comme ça une répartition aussi des rôles il y a une répartition des rôles enfin d'un point de vue photographique adrien a produit de la photographie il a produit du tirage pour ce qui est de l'écriture qui va être dans la première salle du Pilori c'est Adrien qui a écrit les textes et ce dont tu commençais à parler c'est ce qui a dans la deuxième pièce aussi enfin tu tu l'as évoqué euh la deuxième pièce va être un espace où on va exposer toutes les recherches euh de manière chronologique quand est-ce que ça a démarré qu'est-ce que euh comment les choses se sont élaborées petit à petit et euh et là on va retrouver ton écriture mais aussi mon écriture puisque je vais mettre à jour euh mes carnets donc mes recherches mes questionnement euh mes réussites mes ratés euh tout sera tout sera affiché sur les murs voilà donc j'ai porté l'écriture fictive j'ai porté la narration du projet et on a collaboré pour le reste mais Tao est un vrai un expérimentateur il fait des expérimentations depuis très longtemps donc il a beaucoup de carnets beaucoup de notes et l'idée était aussi qu'il écrive qu'il écrive sur ces recherches là cette collaboration est nouvelle he entre vous deux tout à fait ce projet là de initié par la villa perochon va-t-il donner des des petits j'allais dire euh à nouveau des travaux en duo de cette façon ou pas ou est-ce que ça a aussi permis pour vous d'avancer dans certains secteurs de vos de vos recherches de vos idées c'est tout à fait nouveau pour nous de travailler à deux de cette manière-là euh c'est un donc un duo qui est né un duo d'artistes euh on s'est mis à collaborer à créer ensemble euh euh les rôles se sont mis en place de manière tout à fait naturelle euh et et par rapport à la suite de de ce projet ou en tout cas d'autres projets oui quelque chose quelque chose vient de naître à nior quelque chose est né sur ton île mais quelque chose de plus vient de naître ici parce que le montage d'une exposition c'est pas la même chose que la création à part entière de la prise de vue photographique on va dire et et là c'est une étape supplémentaire c'est un pas de plus plus et puis surtout on montre au public quand on fait des photographies qu'on fait nos tirages chez nous qu'on numérise les négatifs ça reste très confidentiel très privé là on dépasse une étape puisque on va montrer au public ce qu'on a fait ensemble donc oui ça ça marque quelque chose et ça annonce une suite mais cette exposition elle elle elle arrête un moment de nos recherches mais on n pas du tout au bout de nos recherches on a on a réussi beaucoup de choses à travers cette exposition je pense que que le plus spectaculaire si on peut dire c'est de ne pas utiliser de fixateur industriel donc on a réussi à fixer des images qui peut-être disparaîtront dans 30 ans peut-être pas peut-être qu'elles resteront ça dépend de leur soumission au rayon UV ça dépend de tout un tas de facteurs on a aucune certitude sur sur la durée de vie de ces images mais en tout cas cette exposition elle arrête on on montre l'état de nos recherches en 2024 pour cette édition de des rencontres de la jeune photographie internationale mais c'est que le début de de notre collaboration je pense que ça marque ça ça ça marque la création d'un duo mais ça marque aussi la des des des accintances politiques très fortes sur la question des ressources sur la question de la production de l'image mais aussi sur le le rapport qu'on a à la fiction et aussi sur ce qu'on aimerait continuer à travailler c'est les liens entre écriture fictive et photographie donc cette édition c'est le début de notre de notre collaboration et de notre et une dernière chose tout de même vous avez évoqué le public là et les liens entre vous artiste et le public le public qui est là en ce moment dans la salle en train de regarder et et cette cette image sur écran et vos travaux qu'est-ce que vous avez envie de lui procurer de provoquer chez lui est-ce qu'il y a une sorte de petit ou de grands messages bah à lui délivrer ouais de d'un point de vue euh pratique d'un point de vue de la fabrication de la photographie euh en fait moi j'entends beaucoup de gens qui me disent que ils ont arrêté la photographie argentique noir et blanc en tout cas parce que ça leur faisait beaucoup de mal de jeter les produits dans lesvers de jeter les chimies usagées euh et ce à quoi donc je leur réponds aujourd'hui que on peut le faire avec les chimies qui sont fabriqué là il y a pas de danger il y a pas de risque et on a mis en place un système de dépollution du fixateur qui lui n'est pas jeté mais il est dépollué décontaminé euh donc c'est d'amener au au public le le questionnement de la fabrication de la photographie argenti qui est vous aussi vous pouvez faire des images vous pouvez travailler d'une autre manière c'est accessible à tout le monde ce qu'on propose n'est pas compliqué à fabriquer c'est c'est c'est pas de la grande chimie hein moi je suis pas chimiste toi non plus j'ai enfin on a tous les deux fait des études littéraires voilà c'est pas un domaine dans lequel on excè et pourtant on on propose ces choses-là et euh et je pense qu'aussi le message qu'on qu'on voudrait faire passer c'est que la plupart des des grandes réflexion politique notamment sur la question des ressources sur la question des médiums en en général que ça nous tombe des bras c'est les les les sujets sont tellement gros les les problématiques sont tellement croisés que en général ça nous tombe des bras et on est plutôt tenté vers un abandon vers un exil ou ou que sais-je mais en tout cas et là ce qu'on essaie de montrer c'est que on on peut se réapproprier ce médium on peut réinventer des chimies et on peut aussi réinventer un rapport à la pellicule la photographie française quand même même la photographie argentique au sens large sacralise énormément le la pellicule sacralise le le tirage à a raison nous on est très très on est tous les deux euh très amoureux de la photographie arentique et notamment des tirages noirs et blanc donc on a tous les deux un regard euh Tao encore plus que moi il a une grande un grand parcours en photographie et c'est un très bon tireur mais on a un regard assez fin sur les tirages noir et blanc et l'idée c'est de montrer que en se réappropriant les des procédés et en étant dans une forme de d'autogestion quoi de de de bricoolle de de de petit laboratoire chimie on peut avoir des résultats qui sont qui sont fins qui sont réussis avec des images qui sont propres des tirages qui sont calibrés et cetera quoi donc que on fait que se réapproprier un médium c'est pas faire n'importe quoi on donne des clés dans la deuxième partie de l'exposition on donne des clés on donne des recettes on met à disposition au public nos avancées l'état de nos recherches aujourd'hui s'ils peuvent le prendre s'ils ont envie de de de se remettre à faire du labo et à et à à pratiquer comme nous une photographie argentique un peu minimaliste un peu Do It Yourself ben c'est c'est super merci beaucoup Adrien merci ta [Musique] merci