L'invité d'Adrien Gindre du 08 décembre 2023 : Laure Lavalette
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
et l'invité ce matin, c'est Laure Lavalette. Bonjour. Merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes, je le rappelle, député du Var, porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. On va parler de l'actualité parlementaire dans un instant, mais d'abord, l'actualité du Président de la République. À 10h30, je le précise, il se rend à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce sera une émission spéciale à suivre en direct sur LCI avec Elisabeth Martichoux un an avant la réouverture de la cathédrale.
Mais hier soir, il a reçu à l'Elysée le prix annuel de la Conférence Européenne des Rabbins qui récompense la lutte contre l'antisémitisme notamment, et à cette occasion, le grand rabbin de France, sous les yeux du chef de l'État, a allumé une bougie de Hanoukka faite juive qui commençait hier soir. Est-ce que vous faites partie de ceux qui ont été interpellés, choqués par cette image ?
Oui, interpellés, je pense qu'on l'a tous été. C'est quand même une entorse, j'allais dire, inédite à la laïcité. Je pense qu'il essaye de se rattraper, de ne pas avoir été à la marche contre l'antisémitisme où, effectivement, on l'attendait. C'était un grand moment d'union nationale où nous montrions évidemment le soutien à nos compatriotes de confession juive, dans un moment difficile pour eux, où il y a une recrudescence d'actes antisémites terribles, où une partie de la classe politique souffle sur les braises. Mes voisins d'en face, effectivement, de la NUPES ont quand même un comportement très trouble.
Marche à laquelle le RN était et pas à l'EFI, en effet.
Voilà, et donc je pense qu'Emmanuel Macron, c'était peut-être une fausse bonne idée. Il a voulu, j'allais dire, faire un geste. Je pense que nos compatriotes de confession juive sont très attachés à la laïcité. Je ne pense pas qu'ils avaient envie de se retrouver au cœur d'une polémique ce matin. Voilà, encore une fois, je pense que c'est à côté de la plaque. On a du mal à comprendre un peu, véritablement, ce que veut Emmanuel Macron.
Mais si Marine Le Pen était élue présidente de la République en 2027, elle ne participerait pas à des célébrations religieuses, elle ne s'associerait pas à des cérémonies de certains
cultes en France ? Alors, je pense que c'est très différent d'aller dans une synagogue que de faire venir la synagogue à l'Elysée. Je pense que le président de la République est allé voir le pape au vélodrome à Marseille quand il était là. Ça, ça ne vous a pas choqué ? Non, mais moi, la laïcité, ce n'est pas la négation des cultes non plus. Il peut évidemment s'y rendre. Je pense que là, ce qui était un peu choquant, c'est que ça soit à l'Elysée. Et c'est vrai que ça remet, c'est un coup d'épée quand même à ce principe de laïcité. Je ne vois pas comment maintenant il va pouvoir râler sur ces crèches, par exemple, qui font tant polémiques dans les mairies ou dans les départements.
Notamment Louis Alliot à
Pertignan, juste devant sa mairie. Exactement. Mais quelle est la différence entre le chef de l'État qui reçoit le grand rabbin avec une bougie à l'Elysée ?
C'est très différent, ce n'est pas à l'Elysée. Vous voyez bien, ce n'est pas à l'Elysée. Là, c'était quand même très... Je pense que ça ne met pas nos compatriotes de confession juive dans une position qui est facile. Je pense que se retrouver au cœur d'une polémique, à mon avis, n'est pas du tout
ce qu'ils veulent. Donc, il n'y aura rien de religieux et pas de crèche non plus à l'Elysée si il n'y a rien accès de pouvoir. Hier, beaucoup plus sérieusement, le chef de l'État a aussi évoqué l'hypothèse d'un hommage aux victimes du Hamas. Il le disait en effet devant certains compatriotes de confession juive en disant « Je le ferai en accord avec les familles, en concertation. » Mais il se trouve que certaines familles ont encore des otages puisqu'il reste des Français portés disparus dans la bande de Gaza. Il a raison d'attendre, pour le coup ?
Moi, je ne pense pas. Je pense que c'est un hommage qu'on attend depuis longtemps. Je pense que plus le temps passe et plus c'est trop long. Je pense que les Français avaient envie, encore une fois, d'avoir une communion et un hommage. Je pense qu'il est temps de le faire.
Même si le bilan n'est pas définitif ?
Bien sûr, et on attend. J'imagine bien que tout est mis en œuvre pour que nos compatriotes reviennent et ne soient plus otages du Hamas. Mais il n'empêche que pour les familles qui ont déjà perdu des membres de leurs familles, il est temps de faire un hommage.
Venons-en à l'actualité parlementaire puisque ce qui occupe en ce moment l'Assemblée nationale, c'est la loi d'immigration, débattue en commission des lois d'abord. Elle arrive en séance publique dans l'hémicycle à partir de lundi. Il y aura notamment ce qu'on appelle, dans le jargon parlementaire, une motion de rejet qui a été déposée, celle-ci, celle qui va être examinée par les écologistes, mais qui peut, si elle est votée, si elle est adoptée, faire tomber le texte, en tout cas interrompre le débat à l'Assemblée dès lundi. Est-ce que les députés RN voteront en faveur de cette motion de rejet et donc en faveur du rejet du texte ?
C'est bien tenté, M. Gindre, mais je ne divulgacherai pas, évidemment, ce que nous allons faire. Nous allons en discuter. Je pense qu'il est aussi important de discuter cette loi et d'aller discuter de ce projet que nous trouvons très insuffisant. La décision n'est pas prise, elle sera prise lundi. On a une réunion réunion de groupe avant le début de la séance. Encore une fois, je pense qu'il est important de parler de ce texte, de montrer à quel point il n'est pas assez à la hauteur. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est M. Schuttel, ancien secrétaire d'État du Conseil constitutionnel, qui lui-même dit qu'il n'est pas du tout, il n'a pas pris la mesure de l'enjeu migratoire.
Il y a trop d'angles morts, de trous dans la raquette.
Il est important de parler de ce texte, moi j'entends en creux, il est important d'avoir les, on va dire, deux semaines de débat qui sont prévues en séance publique pour faire
valoir vos arguments. Peut-être, M. Gendre.
Est-ce qu'il y a des arguments qui plaideraient pour voter pour le rejet de ce texte ?
Il y a des arguments pour les deux options qui sont là, évidemment, parce qu'une motion de rejet obligerait le gouvernement à rendre une nouvelle copie, ou alors à faire une commission mixte paritaire, ou alors à renvoyer le texte devant le Sénat. Mais on sait bien que le Sénat avait expurgé ce texte, notamment de l'article 3, de la régularisation des clandestins sur les métiers en tension, qui est l'article, j'allais dire, le plus polémique. Le reste est très petit bras, mais ça, c'est l'article qui, j'allais dire, il a pris ma illégalité. C'est l'article qui envoie le signal aux gens venez de façon illégale en France, venez faire la plonge et vous serez régularisés.
Donc je ne pense pas que ce sera l'option, si jamais motion de rejet il y a, qui sera prise par le gouvernement.
Pourquoi jouer le mystère sur votre position ?
Parce qu'on réfléchit, M. Gendre. On réfléchit et puis voilà, c'est le jeu parlementaire.
Un peu de tactique aussi. Sur le fond, vous l'avez rappelé, le texte ne disparaît pas, même si la motion de rejet est adoptée lundi. Ça modifie son parcours parlementaire.
Oui, mais s'il peut disparaître quand même. Si c'est l'option qui est choisie par le gouvernement, il est obligé de rendre une nouvelle copie.
Il y a quand même une option qui est revenir au texte du Sénat, qui est le seul qui a été voté pour le moment par une chambre. C'est un texte qui a été durci par les sénateurs, qui est plus éloigné des positions du gouvernement, qui peut convenir à Gérald Darmanin. Est-ce qu'il peut vous convenir à vous ?
En fait, ce texte, encore une fois, c'est un petit texte. Un petit texte ordinaire, alors qu'on est dans un contexte migratoire complètement extraordinaire.
Mais Marine Le Pen et vos députés ne cessent de dire « Nous sommes prêts à voter, ce qui va dans le bon sens ». Et c'est ce qu'on a toujours fait, M. Jeanne.
Vous qui êtes un observateur de la vie politique, vous avez vu que depuis le début, même quand un texte ne va pas assez loin, s'il peut améliorer le quotidien des Français, nous les avons votés. Donc là, nous verrons. Je ne peux pas vous dire moins en avance, avant même d'avoir examiné ce texte, ce qu'il en est. On fera le bilan. Je reviendrai vous voir à la fin du travail parlementaire. Mais vous savez, quand vous avez un texte qui ne parle pas des mineurs isolés, du droit du sol, il est trop petit bras, ce texte.
Le texte du Sénat, c'est quand même pas d'article 3, comme vous l'évoquiez sur les régularisations pour les métiers en tension.
Au secours ! Oui, vous savez que ça, ça va être très, très compliqué, parce que le gouvernement, notamment Sacha Houillier, qui est quand même un député... Oui, c'est pour ça que je vous parle de texte du Sénat.
Il y a beaucoup de choses qui vont dans votre sens.
Il n'y aura pas la majorité, vous imaginez bien. Et c'est bien le problème du gouvernement, puisque la moitié de son camp est divisée, puisqu'un député comme Sacha Houillier ne le votera jamais s'il n'y a pas l'article 3. Donc vous imaginez bien...
Comme vous êtes en parole, le député Rennes, vous n'avez pas besoin de vous prononcer dans Sacha Houillier, mais pour les députés Rennes.
Donc vous imaginez bien, moi je ne vous dirai pas avant, évidemment, on va attendre de voir les débats. Ce qui me navre un peu, c'est que dans tous les débats, je ne trouve pas le gouvernement très ouvert. Vous voyez, il a quand même du mal à voter nos amendements. Donc c'est un peu donnant-donnant. Je veux dire, on verra bien, mais peut-être qu'ils seront touchés par la grâce, et qu'à ce moment-là, ils vont voter nos amendements.
Certains de vos amendements sont votés.
On verra, encore une fois, on verra. On verra jusqu'où va ce texte. Pour l'instant, encore une fois, je vous le dis, il n'est pas à la hauteur de l'enjeu migratoire. Et puis je vais vous dire, on va peut-être en parler, mais hier, nous voulions dénoncer l'accord de 68. Vous savez qu'il fait des liens très particuliers entre la France et l'Algérie.
Les Républicains l'ont proposé.
Nous l'avons voté, mais si vous voulez, il y a même une dichotomie. Le gouvernement ne peut pas en même temps vouloir garder cet accord de 68 et faire croire qu'il va y avoir une politique ferme en matière migratoire. La première ministre indiquerait une rediscussion
pour un avenant, une modification.
C'est exactement l'inverse. Il faut absolument le dénoncer, si on veut être crédible, en disant qu'on va avoir un changement de politique migratoire. Parce qu'il nous faut un sursaut, évidemment, migratoire. Ce qui est important, c'est de graver. Il faut une révision constitutionnelle. Il faut graver dans le marbre les outils juridiques, politiques, administratifs qui nous permettront de lutter véritablement contre cette immigration massive.
Si le texte n'est pas voté, alors la valette, vous avez entendu ce que dit le ministre de l'Intérieur, Gérald Darman. Il dit que vous aurez une responsabilité immense. Il le dit à vous, il le dit aux Républicains, surtout, bien sûr. En votant compte, vous empêcheriez d'expulser des délinquants étrangers radicalisés, notamment, ce que permet plus facilement ce texte.
Je pense, M. Jean, de n'avoir aucune leçon de morale à recevoir d'un ministre de l'Intérieur qui a un aussi piètre bilan. D'efficacité, peut-être, à des points de morale. D'efficacité, mais non. Je vous rappelle quand même que ça fait longtemps qu'ils sont au pouvoir. Maintenant, ça fait déjà six ans. Le taux d'obligation de quitter le territoire français est le plus bas depuis des décennies. Il n'est jamais rentré autant d'immigrés de façon légale que sous Gérald Darmanin. On en est à 500 000 par an, c'est-à-dire la ville de Toulouse. Il faut que les gens qui nous écoutent comprennent que, légalement, chaque année en France, arrive la ville de Toulouse.
Il y a 320 000 titres de séjour, 137 000 demandes d'asile. Il y a entre 400 000 et 900 000 clandestins. C'est difficile, mais c'est M. Stéphanini. Entre 400 000 et 900 000, il y a 40 000 mineurs non accompagnés. Quand on a un tel bilan, on évite de donner des leçons de morale à ses adversaires politiques.
Vous avez peut-être observé ce que fait le ministre de l'Intérieur tous ces derniers jours sur son compte X, ex-Twitter. Il reçoit les étrangers délinquants renvoyés chaque jour du territoire national. C'est la preuve qu'il se passe quelque chose.
J'ai bien vu qu'il était dans la communication, mais en fait, à chaque fois, il met 5 au QTF, mais ce n'est pas 5 au QTF. Quand on en est à 5% d'au QTF non exécutés, alors que la promesse, souvenez-vous d'Emmanuel Macron et de Gérald Darmanin, était que 100% des au QTF seraient exécutés. Moi, je pense qu'au contraire, on se fait discret. Vous savez, Gérald Darmanin, c'est l'homme quand même du scandale du Stade de France. C'est celui qui a perdu l'imam Iqouissem. Sur la Ligue des champions. Ça n'a rien à voir. Il a quand même un bilan qui est complètement hallucinant. Et je pense que dans une démocratie ordinaire, on aurait déjà démissionné.
On peut peut-être distinguer l'auteur de la loi et le contenu de la loi. Je voudrais qu'on en vienne aux questions de terrorisme plus directement. Après l'attentat de Paris samedi dernier, il y a eu beaucoup de propositions. Le RN en a fait également dans le débat public pour savoir s'il fallait modifier la loi. La Première ministre a répondu sur ce point. Toutes les propositions peuvent être sur la table. C'est ce qu'elle disait cette semaine à nos confrères de Figaro. Mais, je la cite, il faut que chacun se penche sur les textes déjà adoptés. Elle rappelle une loi prise en 2021 qui, de son point de vue, est un outil puissant. Est-ce que ce n'est pas ça, d'abord, la priorité ?
Appliquer la loi telle qu'elle existe, telle qu'elle a été votée par les parlementaires.
Mais je pense que c'est exactement ce qu'a dit Jordan Bardella quand il a parlé de la rétention de sûreté, par exemple. C'est quelque chose qui existe déjà dans la loi. Ça a été dans la révision du code pénal en 2008. Nous, nous voulons... Alors, c'est une mesure qui est un peu complexe à mettre en oeuvre. Nous voulons qu'elle soit plus facilement mise en oeuvre. J'explique aux gens qui nous écoutent, c'est quand vous avez été condamné pour radicalisation ou parce que vous avez fomenté un attentat, à la sortie, une fois que vous avez purgé votre peine, il nous paraît important de réévaluer la dangerosité.
Parce que l'assassin, l'assaillant, vous savez, du dernier attentat avait purgé déjà une peine de 4 ans. Ça nous paraît déjà un peu léger. Je pense qu'il faut alourdir les peines puisque 4 ans, simplement, parce que vous avez fomenté un attentat à la défense, c'est quand même assez léger. Mais il était dangereux. On aurait dû avoir des signaux et on aurait dû ne jamais le remettre en liberté. Je vous rappelle qu'il y a 400 islamistes radicalisés qui sont en liberté. Quand vous faites vos courses, M. Gindre, celui qui pousse le caddie à côté de vous et peut-être radicalisé, ça pose une vraie question. Ce sont des bombes humaines.
Je vous dis, s'ils ont été condamnés, il y a plusieurs cas de figure. S'ils sont étrangers, déjà, il faut que les fichiers étrangers, les radicalisés étrangers soient expulsés dans la minute. Ça va déjà libérer du temps pour la DGSI, nos renseignements territoriaux, pour se concentrer sur ceux qui sont français et qui sont évidemment sur notre sol. Soit ils ont été condamnés, on réétablit, on voit la dangerosité qu'ils ont, les liens qu'ils ont pu tisser. La prison ne déradicalise pas, bien au contraire. Et si jamais c'est besoin, on les garde en prison.
Et sinon, il faut qu'il y ait cette procédure de justice, d'intelligence avec l'ennemi, qui permet à ce moment-là, si des liens sont véritablement établis, c'est passif de 30 ans de réclusion criminelle. Ce qu'il faut, M. Gindre, c'est protéger les Français. Une guerre nous est menée. L'islamisme mène une guerre depuis 2012. On en est à plus de 300 morts. On a quand même vécu des choses horribles avec le Bataclan, souvenez-vous, la France est endeuillée. Il faut prendre la mesure de protéger les Français. Ça devrait être la seule obsession du gouvernement.
Il me semble que c'est aussi l'objectif du gouvernement. La question, c'est celle des moyens, de ce que permet le cadre légal, l'État droit, le Conseil constitutionnel sur cette idée d'intelligence avec l'ennemi que Marine Le Pen avait déjà formulée par le passé. Je rappelle très simplement, elle estime qu'il y a un article du Code pénal qui aujourd'hui,
déjà,
permettrait, effectivement, une utilisation dans le cadre du terrorisme. Les juristes répondent non, ça ne marche pas pour le terrorisme. Non, il faut un acte positif, effectif, pour démontrer qu'il y a une entreprise derrière.
On peut penser que tout va bien et qu'il faut continuer comme ça. On peut penser qu'il y a des règles, des cadres. On peut penser que les choses ont changé. On peut penser que la guerre qui nous est menée, c'est une guerre à mort, on le voit bien. Les Français sont endeuillés. Alors, on ne peut rien faire, on ne peut pas avoir de volonté politique et de dire, écoutez, non, c'est comme ça, notre État de droit ne nous permet pas de protéger. Moi, je pense qu'il faut aller chercher partout où on peut évidemment les solutions sur les binationaux et c'est peut-être le cas de l'assaillant qui a tué le touriste allemand.
A priori, il avait peut-être une double nationalité mais il aurait fallu qu'à sa première condamnation, il soit évidemment déchu de la nationalité française. Il n'est pas question que nous gardions sur notre sol des gens qui nous veulent autant de mal et qui veulent tuer nos compatriotes au nom d'un totalitarisme, de cette idéologie islamiste. C'est la raison pour laquelle...
Comme les OQTF, il faut que le pays de destination dans lequel vous voulez renvoyer la personne accepte de le reprendre.
Entre autres, effectivement, mais ça c'est aussi au président de la République d'avoir, j'allais dire, des relations... Il n'y aura pas de baguette magique en 2027 si vous arrivez au pouvoir. La seule différence, je vais vous dire, c'est que nous, on aura la volonté politique. Il n'y a pas de volonté politique. Ça fait 30 ans, vous savez, nous, on a déjà la volonté politique d'avoir dénoncé les choses. Quand vous avez un président de la République qui parle d'attentat mais pas d'attentat islamiste, de ne pas nommer les choses, ça prouve quand même déjà ce manque de courage.
Et vous savez, Marine Le Pen avait, en février 2020, préparé une loi pour lutter contre l'idéologie islamiste et les idéologies islamistes parce que ça passe par les mosquées radicales qu'il faut fermer, par, je vous disais, les fichiers S qu'il faut évidemment expulser. C'est un faisceau sur lequel il faut travailler, évidemment, et ce projet est global et tout le monde porte sa responsabilité. Tous ceux qui ont été au pouvoir le portent.
Je vais vous dire, je pense à François Fillon quand il était ministre de l'Éducation et qui a mis sous le tapis le rapport Aubin qui parlait déjà de l'islamisme à l'école qui expliquait qu'il y avait des enfants qui ne rentraient pas dans des salles de classe parce que le mobilier était rouge et que le rouge c'était haram. Des petits garçons qui ne tenaient pas la main des petites filles en maternelle. Des filles qui n'allaient pas à la piscine parce qu'elles ne voulaient pas montrer leur corps et qui étaient toutes allergiques au chlore. Enfin, je veux dire, ça fait longtemps qu'on sait qu'il y a un problème à l'école et ça a fini par quoi ?
Par une fatwa sur Samuel Paty et un professeur décapité. Ils n'ont pas voulu voir les signaux et puis il devait y avoir un avant et un après Samuel Paty.
Alors, la valette, quand il y a l'interdiction de la baïa à la rentrée dernière par le ministre de l'Éducation...
Tout nouveau et je le salue.
Y compris pour ces sujets-là, même si ce n'est pas la seule raison, le ministre de l'Éducation dit qu'on va faire des expérimentations sur l'uniforme. Il fera des annonces dans quelques jours ou quelques semaines. Il va précisément dans la direction de l'uniforme.
Je vais vous dire, on peut en parler et moi j'aime beaucoup quand Gabriel Attal pioche dans les idées du Rassemblement national. Souvenez-vous, qui a été voté par la majorité. Donc maintenant, un an après, il se réveille. Mais moi j'ai envie de dire, ce n'est pas possible. On vous met sur un plateau quelque chose qui effectivement pouvait lutter contre ce communautarisme, pouvait lutter contre le harcèlement, pouvait aussi donner un sentiment d'équipe. C'est tous les bons côtés qu'apporte cette uniforme à l'école. Pourquoi est-ce que l'année dernière, ils ne l'ont pas voté ?
Pour le coup, vous soutiendrez s'il y a des dispositions légales. Bien sûr,
mais évidemment. Et moi je me réjouis que Gabriel Attal pioche évidemment dans le programme de Marine Le Pen. Mais simplement, j'en finis sur ce que je disais avant, il faut qu'on tire les leçons du passé, il faut qu'on tire les leçons de ce qui se passe. A chaque nouvel attentat, on s'aperçoit qu'ils avaient globalement le même profil. Souvenez-vous, il devait y avoir un avant et un après Samuel Paty. L'après Samuel Paty s'appelle Dominique Bernard. On a eu un deuxième prof assassiné, ça n'est pas possible. Et c'est en ça que je pense qu'il n'y a pas de volonté politique que nous n'aurons pas la main qui tremble au moment de prendre des décisions et protégeront les Français.
Est-ce que prendre des décisions, ce n'est pas parfois accepter d'attendre, de ne pas réagir à chaud, de tirer des enseignements à froid une fois qu'on a toutes les données ? Sans lien avec le terrorisme, si on revient au drame de Crépole, par exemple, la mort du jeune Thomas dans la Drôme, il y a eu beaucoup de réactions tout de suite sur un scénario qui semblait préécrit. Vous avez certainement vu cette semaine nos confrères du Parisien notamment et de Radio France qui expliquaient que la réalité était peut-être plus compliquée, qu'il ne s'agissait peut-être pas d'une descente de jeunes hommes venus volontairement sans prendre à d'autres mais d'une altercation.
Il n'y a quand même rien n'y eu, il n'y a pas eu d'effet nouveau du procureur ou de la gendarmerie. Ce que rapportent vos confrères, ce sont des fuites qui ont peut-être... Le procureur et la gendarmerie n'avaient pas non plus accrédité de manière unilatérale la version initiale. Prenez toutes mes interventions, j'ai été très prudente évidemment sur ce qui s'est passé. Par contre, ce qui est sûr, c'est que factuellement, il y a un enfant de 16 ans qui a été tué par des jeunes qui venaient avec des lames de couteau de 25 centimètres et je ne pense pas, M. Jeanne, quand vous allez en soirée, vous venez avec un couteau de chasse que vous posez à l'entrée.
Donc, l'ensauvagement de la société, quand même quel qu'il soit, évidemment qu'il est là. Moi, je suis une femme politique, je suis là pour faire en sorte que ça n'arrive plus. Je ne suis pas là pour attendre que les choses passent. Nous n'avons plus le temps d'attendre, M. Jeanne. Moi, j'ai des enfants de 20 ans qui vont en boîte de nuit et qui systématiquement à la sortie seront embêtés. Ça ne me paraît pas cohérent. Ça n'est pas ce que j'ai vécu et je veux... Vous savez, j'ai croisé il n'y a pas très longtemps dans la circonscription un couple de 70 ans me disant « Mme La Vallette, on s'est acheté une lacrymo, on se sent mieux ».
Et ce n'est pas du tout la société dans laquelle j'ai envie que mes parents vivent, que mes enfants vivent. Donc non, le politique ne peut pas attendre, M. Jeanne.
Hier, nos confrères du Monde ont publié un sondage de l'Institut Vérien qu'on appelait Cantar précédemment qui indique que les Français de la démocratie, 45% et 41% sont de l'avis opposés. Si on regarde l'accord ou le désaccord avec les idées de votre parti, le désaccord a chuté. Il y a un désaccord qui est toujours majoritaire, 54%, mais c'est le chiffre le plus bas depuis 1984. Quand vous voyez ces chiffres, vous vous dites « Ça y est, c'est gagné ».
Non, jamais. On ne se dit jamais « Ça y est, c'est gagné ». Ce qu'on se dit, c'est qu'on a eu raison assez tôt quand même parce que ma famille politique depuis longtemps alerte notamment sur les problèmes engendrés par l'immigration qui sont des problèmes économiques, sociaux, culturels et sécuritaires. Il suffit d'avoir des yeux pour voir évidemment pour s'en apercevoir. Moi, je me réjouis évidemment qu'il y ait une adhésion à ce que Marine Le Pen dit. Je pense que les Français ont compris que nous ne représentons pas le danger que les médias voulaient nous faire croire.
Ça fait maintenant un an et demi que nous sommes à l'Assemblée nationale où ils ont vu des députés travaillants, des députés qui se spécialisaient, des députés qui étaient sur le terrain. Je pense que ça a été aussi une formidable vitrine pour le Rassemblement national.
Qu'est-ce qui vous empêcherait en 2027 de l'emporter ?
Que les Français n'aillent pas voter, simplement. Moi, je pense qu'effectivement, il faut qu'il y ait un sursaut. Et je pense que les Français ont compris que ceux qui étaient capables, qui auraient encore une fois la volonté politique d'avoir ce sursaut, c'était le Rassemblement national. Quand vous avez eu sans complexe à dénoncer ce qui se passait déjà depuis 30 ans sous les colibés et même sous certaines persécutions, ils se disent que si on est encore là, c'est qu'on sera capable et que nous n'aurons pas la main qui tremble au moment de prendre les décisions qui vont les protéger, qui va remettre du pouvoir d'achat aux Français. Je pense que nous, on a une alternative.
Nous, on est là pour dire aux gens ce que vous vivez n'est pas une fatalité. C'est la conséquence de choix politiques désastreux qui ont été faits et contre lesquels nous nous sommes à chaque fois opposés. C'est aussi ça, si vous voulez dire, c'est cette virginité aussi d'avoir toujours dit que ça n'allait pas qui fait que les gens ont confiance en nous. Ça n'est pas une fatalité. Qu'est-ce qu'il faut encore
que vous modifiez ? Quels sont les progrès que le RN a encore à faire ?
Je pense qu'il faut que les gens aillent voter. Vous savez, le grand... Vous n'avez rien à changer, rien à faire. Si, sûrement. Puis mon mari aussi, vous diriez que j'ai sûrement des choses à changer.
Non, je parlais du RN, pas vous, être trop personnel.
Mais bien sûr que si. Il faut qu'on continue à travailler comme on le fait, à se spécialiser comme on le fait. Vous savez, on est très entouré de gens. Regardez, on a Jean-Paul Garraud qui est le père du parquet antiterroriste.
On a des gens très compétents.
Je pense que ce qu'il faut, c'est convaincre les gens que s'ils ne s'intéressent pas à la politique, la politique s'intéresse à eux et qu'on peut faire différemment. Et je pense que nous incarnons la voie de la fermeté, de la sécurité, du pouvoir d'achat. Ça n'est pas une fatalité. Il faut aller voter.
Merci, Laure Lapelette. Merci, Adrien Gendre. Merci d'avoir été l'invité de LCI ce matin.
Laure Lavalette