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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 6 juin 2023 25 min

Européennes : une alliance avec la France insoumise "n'aurait aucun sens", juge Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la maire socialiste de Paris dans le grand entretien du 7-9-30. Question, réaction, amis auditeurs, amis auditrices, au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Anne Hidalgo, bonjour.

0:22
Anne Hidalgo

Bonjour à vous. Bonjour.

0:23
Présentateur

Et bienvenue à ce micro. On va revenir dans un instant sur le vote hier soir par le Conseil de Paris du plan local d'urbanisme. Historique. Historique, un projet qui veut verdir la capitale, tourner le dos, béton comme vous dites. Mais d'abord, cette 14e journée de mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites qui se tient aujourd'hui, alors même que la loi a été promulguée et que le décret portant l'âge légal de départ à 64 ans a été publié dimanche au journal officiel. Est-ce, selon vous, un baroud d'honneur du mouvement ? D'abord, c'est un mouvement que je veux saluer parce qu'il est exemplaire, il est pacifique, il est unitaire.

Les syndicats ont réussi à faire émerger des sujets que les partis politiques, notamment à gauche, n'arrivaient pas à poser dans le débat public. La question du travail, la question du rapport au travail, la question du pouvoir d'achat, tous ces sujets-là qui sont essentiels et dans l'unité. Et il démontre quoi ? Parce que c'est ça qui est quand même aussi en jeu. D'abord, il y a un système très injuste qui va continuer à pénaliser les femmes les plus pauvres, les gens qui sont rentrés tôt dans la vie active. Mais surtout, il montre un délitement total de notre démocratie.

Pas de démocratie sociale, on est quand même à peu près le seul pays démocratique, civilisé, pour reprendre ce terme, dans lequel, effectivement, il n'y a pas de négociation avant une loi aussi importante. Il n'y a pas eu de débat à l'Assemblée nationale. Et là, maintenant, même sur la loi du groupe Lyot, on nous explique qu'il faudrait qu'il n'y ait pas de débat. On est en train d'assister, enfin, peut-être qu'on ne le voit pas, mais enfin, à la fin de la démocratie parlementaire. Ni plus, ni moins, avec cette loi et cette manœuvre du gouvernement sur cette réforme des retraites.

2:11
Anne Hidalgo

Elisabeth Borne, vous répondrez qu'elle a reçu les syndicats en novembre-décembre à plusieurs reprises, qu'il y a eu des heures et des heures de négociation et de discussion à l'Assemblée nationale. La négociation, c'est quelque chose de très précis. On ne va pas refaire le match. La question est de savoir s'il a la proposition de lui.

2:25
Présentateur

Non, mais on peut dire les choses telles qu'elles sont. C'est-à-dire que non, ce n'est pas vrai. Ce qu'elle dit n'est pas vrai. Il n'y a pas eu de négociation. Une négociation, c'est un processus qui est très clair entre les syndicats, le patronat. Il n'y a pas eu de négociation. Il n'y a pas eu de discussion à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas eu de vote. Ah, mais ça, c'est la faute de qui ? Je pense que c'est quand même le gouvernement qui dirige les débats. C'est le gouvernement qui a la responsabilité, et avec le Parlement, sur les lois. Non, ce n'est pas eux. Vous savez, je n'ai pas beaucoup, comment dire, de sympathie pour le cirque qu'il y a à l'Assemblée nationale.

Et quand, au Conseil de Paris, Mme Dati nous fait le même cirque, je n'ai pas beaucoup de sympathie non plus. À vrai dire, ça ne m'amuse pas du tout. Je sais qu'il y a des gens que ça fait rire. Moi, ça ne me fait pas rire du tout. Mais ils ne sont pas, à l'origine, ni de l'ordre du jour, ni même de la conduite des débats.

3:13
Anne Hidalgo

Pensez-vous qu'il y a encore quelque chose à jouer à l'Assemblée nationale jeudi, où, maintenant, il faut fermer le banc sur la réforme des retraites ?

3:20
Présentateur

Je pense qu'il ne faut jamais fermer le banc de la démocratie. Et, en fait, c'est quand même ça qui est en jeu. Je vous le dis, on est dans un système où, sur le plan économique, il y a vraiment une volonté du gouvernement de ne pas entendre, de ne pas faire de l'égalité, de ne pas faire de redistribution vers des catégories, les classes moyennes et les catégories populaires. Il y a une volonté de quelques-uns, de quelques-uns très puissants, avec des intérêts économiques très puissants, de tout prendre. Ils sont dans une prédation totale des ressources de la planète, de l'exploitation humaine. Et, en plus, aujourd'hui, la démocratie est complètement inexistante.

Je vous le redis, c'est très grave ce qui se passe. Ce qui se passe avec ce néolibéralisme, avec ce néolibéralisme. Il y a eu des élections présidentielles. Personne n'a voté pour cette loi sur les retraites. Et tout le monde a voté contre quoi ? Contre le péril de l'extrême droite. Et qu'est-ce qui va se passer à l'arrivée ? Eh bien, le péril de l'extrême droite. Pourquoi ? Parce que la démocratie est en train de s'effondrer. Alors que la justice, Anne Hidalgo, vous avez demandé début mai de retirer les banderoles de soutien aux grévistes que vous aviez installées au fronton de la mairie de Paris.

Vous avez récidivé, si j'ose dire, en installant hier deux nouvelles banderoles avec des émoticônes, des émojis qui font un clin d'œil. Et vous avez tweeté « Mairie solidaire avec le mouvement social ». Vous vous asseyez, Anne Hidalgo, sur la décision de justice ? Vous vous en moquez à tous les sens du terme ? Non, c'est très important, bien sûr, des décisions de justice. Et il faut les respecter. Et je la respecte, puisque le message n'est pas un message, entre guillemets, de soutien écrit. Mais pourquoi ? C'est un message ironique. C'est un message ironique. Qui veut dire quoi ? Que la démocratie a besoin de respirer. Que la démocratie a besoin de fraternité.

A besoin de confrontation pacifique. de débat. Et que, oui, ce message, c'est aussi un message à toutes ces Françaises, tous ces Français, à ce mouvement social qui va encore défiler. Pourquoi ? Pour défendre des droits. Des droits qui ont été acquis après la Deuxième Guerre mondiale. Cette Deuxième Guerre mondiale où on a compris que si on voulait éviter à nouveau des chaos, il fallait qu'il y ait aussi de l'égalité des droits économiques et sociaux. Eh bien, c'est un message fraternel à toutes ces femmes et à tous ces hommes. Et c'est un message aussi de vigilance démocratique. Non, le débat ne doit pas s'arrêter.

Et, je le dis, la neutralité des politiques, le jour où c'est la neutralité des politiques, alors il n'y a plus de politique et alors il n'y a plus de démocratie. Sauf que la justice vous a dit qu'il faut que les frontons des mairies soient neutres. Je ne suis pas allée devant le Conseil d'État pour ne pas poursuivre. Et je respecte la décision du tribunal administratif. Le fronton de la mairie de Paris est très neutre, mais il est très bienveillant, très fraternel et très en soutien de la démocratie.

6:19
Anne Hidalgo

Sur le plan économique, un mot avant de vous entendre sur Paris. Et comment vous trouvez l'état de la France, de la situation économique ? Le pays n'a pas vu sa note dégradée par Standard & Poor's. Bruno Le Maire maintient la prévision de croissance de 1% dans un contexte où il y a certains pays qui sont en récession, notamment l'Allemagne. Il ne cesse de vanter les bons chiffres du chômage et ils sont là. Diriez-vous que le pays tient le coup malgré les turbulences internationales ?

6:42
Présentateur

Mais non, le pays est dans une situation catastrophique sur le plan économique. D'abord parce que, vous le savez très bien, le rapport Pisani-Ferry le dit, il faut investir massivement dans la transition écologique. Il faut absolument tenir compte de la dette, c'est clair, mais tenir compte de la dette écologique qu'on est en train de léguer à nos enfants. La Caisse des dépôts et de consignation, la CDC avec Éric Lombard, ne dit rien de moins qu'il vaut mieux avoir un peu plus de dettes financières pour résoudre la dette écologique. Et qu'est-ce qu'on est en train de faire ? L'inverse.

C'est-à-dire que le pays, en tous les cas nos gouvernants actuels, ne misent que sur du très court terme, de l'intérêt à très court terme et pas du tout sur le moyen et sur le long terme. Ils n'intègrent même pas, même pas, que la transition écologique que nous devons faire, parce que sinon on ne pourra plus vivre. Notre plan local d'urbanisme, il dit quoi ? Il dit qu'il faut s'adapter parce qu'à 50 degrés, on ne vit pas dans une ville comme Paris. Et donc, qu'est-ce qu'on fait pour s'adapter ? On pose des actes. Et ces actes, ils ont un coût.

7:47
Anne Hidalgo

Et l'acte posé par Elisabeth Borne, le plan sur la transition écologique, par exemple, pour vous, c'est rien ?

7:52
Présentateur

Écoutez, il n'y a rien du tout aujourd'hui. Il n'y a rien du tout aujourd'hui ? Et d'ailleurs, s'il voulait être un peu efficace, qu'est-ce qu'il ferait ? Il ferait, comme on fait dans des pays décentralisés, on mettrait autour de la table ce que je leur ai proposé maintes et maintes fois. Les principaux investisseurs publics, les grandes régions, les grandes métropoles, pour se mettre d'accord sur la nature des investissements, sur le montant de ces investissements. Aujourd'hui, nous avons un... Vous savez, c'est comme si ce système ultralibéral, néolibéral, que supporte avec beaucoup d'enthousiasme ce gouvernement, était en train de faire sa propre Demolition Party.

Ils sont en train de saccager, mais saccager ce pays en ne le préparant pas à l'avenir.

8:38
Anne Hidalgo

Dire qu'il n'y a rien, peut-être qu'il n'y a pas assez, mais dire que les milliards mis sur la transformation, la rénovation des bâtiments, la rénovation thermique des bâtiments, les milliards mis sur le plan vélo, par exemple, et je vous donne quelques exemples, c'est absolument rien ?

8:51
Présentateur

Écoutez, ça n'est rien, parce qu'en fait, ce sont des gouttes d'eau qui sont faites comme autant de mesures d'annonce. Regardez ce qui s'est passé hier sur la question du logement. Autant de mesures qui sont des annonces, dans lesquelles il n'y a absolument aucune volonté de travailler avec des acteurs. Vous savez, on n'y arrivera pas sur la transition écologique, un, si on n'écoute pas les scientifiques, deux, si on ne s'appuie pas sur les collectivités locales, trois, si on ne pousse pas les entreprises et les filières économiques à aller très vite vers cette transition, et quatre, si on n'accompagne pas socialement les personnes dans les changements de vie que ça suppose.

Regardez sur cette histoire de mobilité, comment les zones à trafic limité ou les zones à faible émission sont aujourd'hui en panne partout en France. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas les mesures d'accompagnement social pour aider les gens à changer leur véhicule, pour aider les gens à changer leur mode de transport. Et regardez les primes pour changer sa voiture, et vous voyez très bien quand M. Attal vous dit il ne faut s'intéresser qu'à la dette, et c'est ça le principal défi, et ce n'est pas la transition écologique, vous voyez très bien dans quoi on est. Alors vous pouvez vous satisfaire, on peut ici, dans notre entre-soi français, dire, cocorico, on est les meilleurs.

Non, on n'est pas les meilleurs. On n'est pas les meilleurs, et ceux qui agissent ne sont pas accompagnés. Et quand le gouvernement refuse toujours d'aller chercher du côté, notamment, de l'impôt, sur les grandes fortunes, notamment un ISF vert, mais il y a aussi beaucoup d'autres modalités pour aller capter, mobiliser, regarder le rapport Pisaniféri. Il propose un ISF vert, justement ? Bien sûr, un ISF vert, et il propose aussi de travailler sur des filières, de travailler avec les collectivités territoriales. En France, les communes, les collectivités locales, elles portent 70% de l'investissement public. Dans cet investissement public, il y a quoi ?

Il y a les travaux sur les voiries, il y a les travaux sur le logement et la rénovation des logements. On n'est pas aidé par le gouvernement là-dessus. Le plan de relance post-Covid n'a absolument pas... Vous n'avez pas reçu de l'argent ? Du plan de relance européen ? 30 millions d'euros pour Paris, 4,5 milliards pour Toulon, 2,5 milliards pour Nice. Cherchez l'erreur. Quelques mots sur les JO. Anne Hidalgo, nous sommes à moins de 400 jours du coup d'envoi de ces Jeux qui mettront la ville de Paris sous les feux de la rampe mondiale. Beaucoup se demandent si la ville est prête à recevoir cet événement planétaire. 13 millions de personnes attendues, tout de même, réponse ? Oui, bien sûr.

On est prêts ? Ah oui, on est prêts. Et d'ailleurs, ce qui est très agréable aussi, parce qu'on a bossé, il y a eu du boulot, et du boulot intelligent. Là, pour le coup...

11:36
Anne Hidalgo

Vous saluez Gérald Darmanin ?

11:37
Présentateur

Je salue le travail qu'on a réussi à faire ensemble et vraiment son écoute. Je ne suis pas d'accord avec lui sur plein de sujets, mais vraiment sur les JO, je salue sa grande responsabilité. Et donc oui, un an avant les JO, ce qui est très rare pour regarder tous les JO olympiques et paralympiques qu'il y a eu dans le monde, à un an des JO, en général, c'est le stress et tout le monde dit on ne va pas y arriver. Eh bien, on est prêts. On est dans les budgets et on est dans les temps. Et d'ailleurs, j'ai fait des JO, un moteur, un accélérateur de la transition écologique de Paris.

12:08
Anne Hidalgo

Donc, Orachida Dati, votre opposante préférée, dit qu'on n'est pas prêts. En période normale, Paris est déjà moitié paralysée. Fermer des axes et des ponts à la circulation n'aidera en rien à fluidifier la mobilité. Que se passera-t-il quand tous les spectateurs des JO olympiques et paralympiques arriveront dans Paris ? Aujourd'hui, la ville fait comme si cette question n'existait pas. Elle fait de la politique et vous dites que c'est faux.

12:28
Présentateur

Elle fait son show. Ça amuse certains. Ça ne m'amuse pas du tout parce que je pense que en fait, le show qu'elle fait n'est ni plus ni moins un show totalement inspiré du trumpisme, c'est-à-dire de quelque chose qui vient aussi démolir le débat public, la démocratie. Vous savez, on a passé trois ans de mandats, se faire insulter, injurier, interrompre, critiquer. Ça, c'est normal, la critique en démocratie, en politique. Elle dit qu'elle s'oppose. Mais je n'appelle pas ça vraiment de l'opposition ou alors c'est de l'opposition qui ne travaille pas, qui ne travaille pas un contre-projet. Donc, je l'appelle à être honnête, à être beaucoup plus honnête.

Le prix de certains billets a pu faire polémique pour la cérémonie d'ouverture. Pouvez-vous nous dire combien de billets seront accessibles à prix abordable et surtout, combien de personnes pourront assister à la cérémonie gratuitement ? Aujourd'hui, quand même, bien sûr, il y a des billets très très chers et ça choque et c'est choquant. Mais il faut aussi, sur la partie de financement privé des Jeux, accepter qu'il y a un modèle économique. Mais 50% des billets qui sont vendus sont à moins de 50 euros. Mais c'est souvent

13:38
Anne Hidalgo

pour des matchs...

13:39
Présentateur

Tous les matchs, vous savez, sont très très intéressants. Je vous assure, moi j'ai eu la chance d'aller voir, y compris des disciplines sportives que je ne connaissais pas du tout et tous les matchs sont très importants. Et quand même, 50% des billets à moins de 50 euros, ça mérite d'être dit. Et sur la cérémonie d'ouverture, plusieurs centaines de milliers de billets gratuits. Mais pour qui ? Qui pourra les avoir ? Pour toutes celles et ceux, on aura l'occasion de faire une communication conjointe, d'ailleurs, avec Tony Estanguet et Gérald Darmanin sur le sujet puisque c'est l'État qui va mettre en place cette billetterie gratuite et donc elle sera ouverte à toutes et tous.

On en dira plus, mais quand même, plusieurs centaines de milliers de billets gratuits pour assister à la cérémonie qui sera un événement grandiose. Ça ne s'est jamais vu. Un stade, ça comprend 80 000 à 100 000 places. Il y aura 100 000 billets payants et plusieurs centaines de milliers gratuits.

14:38
Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, il y a des milliers de questions sur l'appli d'Inter. Évidemment, on va vous poser quelques questions sur Paris rapidement. ce plan local d'urbanisme qui a été adopté hier en Conseil de Paris, un plan dont l'objectif est de verdir la ville. Vous vous engagez à mettre en place 300 hectares d'espace vert ouvert au public d'ici 2040. C'est très ambitieux, d'autant plus que, vous allez me dire que c'est l'opposition, mais l'opposition dit que depuis que vous avez été élu, il n'y a eu que 30 hectares entre 2014 et 2020 qui ont été verdis. Vous n'en avez fait que 30 hectares en 7 ans. Vous voulez en faire 300 d'ici 2040, n'est-ce pas juste irréalistes ? Alors, 30 hectares,

15:16
Présentateur

c'est beaucoup déjà, c'est vrai, en une mandature et à chaque mandature, 2014-2020 et 2020-2026, c'est à chaque fois 30 hectares nouveaux. Et là, on change d'échelle.

15:28
Anne Hidalgo

Comment vous allez faire 300 ?

15:29
Présentateur

Grâce à la planification de ce plan qui est une grande première. Ce plan, je l'ai dit tout à l'heure, c'est quoi ? D'ailleurs, il est salué comme ça par la presse internationale aujourd'hui. C'est le premier plan d'adaptation d'une ville au changement climatique. C'est le premier plan d'une ville totalement en adéquation avec l'accord de Paris sur le changement climatique. Et donc, oui, dans ce plan, qu'est-ce que nous faisons ? Nous réservons des parcelles, nous réservons des espaces. Et où ? Expliquez-nous. Il faut vraiment qu'on se mette en tête. 300 hectares, où est-ce que vous allez le trouver ? 300 hectares, je vous invite à regarder.

Il y a plus de 60 hectares qui vont être des hectares de grands parcs. Il va y avoir entre 10 et 15 nouveaux parcs. D'ailleurs, vous savez que tout le nord-est parisien, grâce à l'accélération que nous donnent les Jeux olympiques et paralympiques, est en train de se transformer. Je vous donne rendez-vous dans quelques mois à la porte de la chapelle qui a été longtemps décriée. Vous verrez, ces grands parcs... C'est quand on décriait à cause du trafic, Anne Hidalgo. C'était un affaire de rentrer au port de la chapelle. Vous allez voir ce que nous avons fait et ce que nous sommes en train de faire.

Donc oui, 300 hectares, dans lesquels il y aura aussi des parcs et des jardins privés, dans lesquels on va reconquérir beaucoup de pleines terres, beaucoup de pleines terres dans ce qu'on appelle les cœurs d'îlots, dans des cours, qui pour certaines sont des cours privés. Dans les cours d'immeubles,

16:49
Anne Hidalgo

vous allez mettre des espaces verts dans tous les cours d'immeubles de Paris ?

16:51
Présentateur

Partout où on peut remettre de la pleine terre, on va le faire. Et donc, c'est un plan local d'urbanisme bioclimatique qui est évidemment un plan qui va guider Paris, son urbanisme, dans les 10-15 ans qui viennent. Ce sont des documents stratégiques et qui s'appuient aussi sur un autre élément très important, sur notre plan d'investissement, puisqu'il faut accélérer. Donc, que marque ce plan ? C'est l'accélération de Paris dans la transition écologique et sociale, parce qu'il y a aussi 40% de logements abordables. On file au standard, on nous attend Chantal. Chantal, vous nous appelez de la capitale de Paris. Bonjour.

17:30
Locuteur non identifié

Oui, je vous appelle de la capitale, effectivement. Bonjour à tous. Bonjour Madame Hidalgo. Oui, je voulais savoir si vous aviez conscience du scandale que représente la mise en péril de la vie des Parisiens chaque jour en traversant les rues. Nous sommes assaillis, je suis une seigneure de 75 ans qui sillonne Paris. Donc, ce n'est pas que dans mon quartier que je vois ça, c'est partout à quel point nous risquons notre vie quand nous traversons à cause des voies cyclables. Pas à cause des voies cyclables, je rectifie, à cause des cyclistes qui systématiquement, pratiquement, passent au feu rouge.

Ils ne font pas semblant, ils ne font pas un petit peu, ils tracent leur route sans prendre en considération le feu rouge. Je dis bien, nous sommes en risque à chaque fois que nous traversons la rue lorsqu'il y a des voies cyclables. Avez-vous conscience de cela et avez-vous l'intention de rectifier le tir en matière de réglementation ?

18:32
Présentateur

Merci Chantal pour cette question. J'ajoute celle de Rose sur l'application. Comment justifier des bouchons insupportables, des transports publics défaillants, des voies de vélo à contresens des voitures, la démagogie écolo ne fonctionne plus ? A quand de vraies actions et des solutions efficaces pour pallier la défaillance et les prises élevées des transports ? Ça, c'est sur les mobilités à Paris.

Sur les mobilités, d'abord, globalement, dire que si on veut atteindre, là aussi, les objectifs, ce ne sont même pas des objectifs, les recommandations fixées par l'Organisation mondiale de la santé, il faudra, je le dis, parce qu'on peut se raconter beaucoup d'histoires, il faudra réduire de 60% encore le trafic dans la métropole parisienne. D'accord ? Parce que, je vous assure, le cocktail... Et ceux qui prennent leur voiture qui viennent... Le cocktail pollution, chaleur, changement climatique, c'est un cocktail mortel. Donc, si on veut juste répondre aux obligations de l'Organisation mondiale de la santé, il va falloir réduire de 60%.

Donc, oui, le choix, et je l'assume, d'aller vers des mobilités actives, et notamment vers le vélo, est un choix qui s'inscrit dans cette stratégie. Mais là où je suis tout à fait d'accord avec notre première auditrice, c'est qu'évidemment, il faut revoir les règles. Alors, on n'est pas restés les bras ballants. Nous avons... D'abord, j'ai fait une votation citoyenne dans laquelle, et madame ne me parle plus aujourd'hui, des trottinettes, mais où la décision a été prise et les Parisiens l'ont voté eux-mêmes de faire en sorte qu'il n'y ait plus de trottinettes en libre-service, ça sera à partir du 1er septembre.

Et nous sommes en train de terminer un code de la rue que nous avons travaillé d'ailleurs avec les Parisiennes et les Parisiens. Je vous invite à participer à ce travail-là, madame, parce que c'est très important. Il y a beaucoup de gens qui disent ce que vous dites et je souscris en grande partie à cette nécessité de remettre des règles du jeu. Le code de la rue sera voté en juillet prochain au Conseil de Paris et nous avons, nous avons une police municipale parisienne qui, elle aussi, est chargée de faire respecter ces règles. Mais je vous invite à participer peut-être à ces derniers travaux. J'ai eu l'occasion de conduire moi-même des grandes réunions publiques sur le sujet.

et pour ce qui est des transports publics, je renvoie à madame Pécresse. Une question de Clément que je sens ironique. Ça va mieux, les finances de la ville ? C'est pour quand l'augmentation des impôts locaux ? Je pense qu'il fait référence à votre décision contestée d'augmenter la taxe foncière de 52% en 2023 en rupture avec votre promesse électorale de 2020 de ne pas toucher aux impôts locaux ? Alors, oui, les finances de la ville vont bien. D'ailleurs, je vous invite à reposer la question à M. Attal ou à M. Beaune. Vous écoutez

21:24
Anne Hidalgo

la matinale d'Inter, on ne peut pas dire qu'on ne leur pose pas tous les jours la question sur la dette.

21:29
Présentateur

Et leur poser la question puisqu'ils ont évoqué eux-mêmes la faillite de la ville de Paris. Non, il n'y a pas de faillite de la ville de Paris. Oui, la ville de Paris est très bien notée. Ils voulaient vous mettre sous tutelle ? Oui, oui, ils voulaient nous mettre sous tutelle. Demandez-leur où on est la fameuse mise sous tutelle parce que ça faisait les gros bandeaux de beaucoup de chaînes d'infos. Donc, les finances de la ville vont très bien. Je vous remercie. J'aurais préféré que l'État paye sa dette vis-à-vis de la ville. L'État doit 1,2 milliard à la ville de Paris qu'il ne paye pas. Sur quelle base ? Sur beaucoup de bases.

Par exemple, sur des dépenses que la ville fait pour le nom, le compte de l'État. La ville est aussi un département. Par exemple, je dépense, la ville dépense 400 millions d'euros cette année pour le RSA. Savez-vous combien l'État rembourse cette dépense-là ? Il devrait intégralement la compenser. Il rembourse 40 millions d'euros. Donc, il y a 1,2 milliard de dettes de l'État qui a essayé, je le dis, de nous étouffer, de nous mettre sous la contrainte. J'ai choisi quoi ? J'ai choisi de respecter la promesse du changement, de faire en sorte que la transformation de la ville se fasse et de financer le changement climatique. J'applique ni plus ni moins ce que Eric Lombard ou Pisani-Ferry disent

22:45
Anne Hidalgo

l'un comme l'autre. Il reste une minute à Nidalgo. En France, les partis de gauche se divisent sur les européennes. Pensez-vous qu'il faille que le PS y aille seul, y aille avec les Verts ou tous ensemble sur une même liste NUPES ?

22:54
Présentateur

Écoutez, avec la France insoumise, ça n'aurait absolument aucun sens. On n'est d'accord sur rien en ce qui concerne la politique européenne et la politique internationale. Donc, ça n'a pas de sens de faire des choses qui n'ont pas de sens. Ensuite, qu'il y ait les Verts qui ont décidé et je les comprends d'y aller tout seul. Il faut que le Parti Socialiste porte une liste totalement pro-européenne. En tous les cas, je pense que il faut se ressaisir. La soumission à Jean-Luc Mélenchon... Là, vous parlez d'Olivier Fort ? Oui, bien sûr. Je parle d'Olivier Fort. Je parle d'une tendance qui est une tendance d'une partie de la direction du Parti Socialiste. On ne peut pas continuer comme ça.

23:40
Anne Hidalgo

Olivier Fort qui écrit sur Twitter la NUPES appartient aux millions de Françaises et de Français qui veulent le rassemblement de la gauche et des écologistes. Elle doit grandir et s'élargir. Trop longtemps, la division a servi la droite. Demain, elle pourrait servir l'extrême droite. Rien ne justifie de tuer l'espoir ce qu'il y a deux jours.

23:53
Présentateur

Oui, il ne faut jamais tuer l'espoir. D'ailleurs, vous voyez, à Paris, moi, je travaille avec toute une équipe dans le respect. Il n'y a pas de domination de l'un sur l'autre. Si on arrive sur une vision commune à voter hier ensemble un plan local d'urbanisme historique parce qu'en 2006 les Verts ne l'avaient pas voté c'est pourquoi ? C'est parce qu'on se respecte et on bosse. Et on bosse pourquoi ? Pour les gens. On bosse pour améliorer la situation des gens. Vous avez parlé de la domination Le rassemblement, l'union, c'est extrêmement important et je le pratique tous les jours. Vous avez parlé de la domination patriarcale de Jean-Luc Mélenchon.

24:26
Anne Hidalgo

Est-ce qu'elle n'est pas tout simplement politique ? C'est-à-dire qu'il a fait 22% quand le PS a fait moins de 2%.

24:30
Présentateur

Je pense qu'elle est aussi très patriarcale. Vous savez, moi je suis très choquée. Je reconnais les rapports de force et les rapports de force électoraux. Mais quand vous avez quelqu'un qui vous explique à longueur de journée qu'une petite gifle d'un homme sur sa femme c'est un fait privé et que c'est tellement difficile un divorce qu'il vaut mieux laisser ça dans la sphère privée, je suis féministe. Ça fait 20 ans, 30 ans que je me bats pour que ces choses-là viennent comme des sujets politiques et pour qu'on fasse progresser les droits des femmes. Donc j'appelle toutes celles et ceux qui sont féministes et qui se laissent impressionner par ce patriarcat.

Qu'ils soient de droite ou de gauche, ça reste du patriarcat. Merci Anne Hidalgo. Merci.