Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 novembre 2025 24 min

Plan de Trump pour l'Ukraine, retour du service militaire et désunion de la gauche... Le 8.30 franceinfo de Raphaël Glucksmann

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Raphaël Glucksmann.

0:05
Invité

Bonjour.

0:05
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour.

0:07
Invité

Bonjour Agathe.

0:08
Présentateur

On va parler du retour du service militaire envisagé par le Président, de vous et de votre place atypique au sein de la gauche. Êtes-vous suffisamment préparé, entouré ? Mais d'abord, alors que Donald Trump avait donné jusqu'à jeudi à l'Ukraine pour accepter un plan de paix très défavorable, hier, à l'occasion d'une réunion à Genève avec des Européens, Américains et Ukrainiens ont salué des progrès dans les discussions. Le futur accord de paix devra respecter la souveraineté de Kiev, écrivent les deux parties. On écoute le Président ukrainien.

0:44
Locuteur non identifié

Il est important de maintenir le dialogue avec les représentants américains et nous avons des signes que l'équipe du Président Trump nous entend.

0:54
Présentateur

Vous y croyez, vous Raphaël Glucksmann, à ses progrès ? Ou alors les Ukrainiens font bonne figure parce qu'ils n'ont pas le choix ? Ils redoutent de perdre le soutien des Américains ?

1:03
Raphaël Glucksmann

Il faut entamer un rapport de force avec l'administration Trump parce que le plan proposé par Trump n'est pas un plan de paix. C'est un plan de capitulation. Ce plan obligerait l'Ukraine à céder des territoires que la Russie n'a pas réussi à conquérir militairement. Il limiterait l'armée ukrainienne. Il obligerait les Ukrainiens à inscrire dans leur constitution que jamais ils ne rejoindront l'OTAN. Il réserverait 100 milliards d'euros pour un fonds américano-russe de coopération. Ce plan, c'est un plan de soumission qui a été dicté par le Kremlin. Et donc ce qu'il faut faire maintenant, c'est que les Européens, comme ils ont commencé à le faire...

1:39
Présentateur

Oui, parce qu'hier, ils étaient à Genève. Ce n'est pas déjà ce qu'ils ont fait de poser le rapport de force ?

1:43
Raphaël Glucksmann

Assumer le rapport de force. Assumer le rapport de force avec les Américains. Parce qu'en fait, la tentation américaine, c'est de balancer sous le bus et la souveraineté ukrainienne et la sécurité du continent européen. Trump pense qu'il peut parler directement à Poutine de notre avenir à nous, Européens. Et donc, à un moment, il faudra qu'il y ait un leader, un leader européen, qui se lève et qui regarde Trump dans les yeux et qui lui dise tout simplement non.

2:10
Présentateur

Qui pourrait faire ça aujourd'hui ?

2:12
Raphaël Glucksmann

Eh bien, moi, je l'attends. J'attends ce moment. Que ce soit le président français, le chancelier allemand, la présidente de la Commission européenne. Tout le monde, depuis des mois, est face à Trump comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Il faut assumer désormais une forme de solitude européenne.

2:29
Locuteur non identifié

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si Kiev refuse ce plan, d'ailleurs, j'insiste sur le fait que manifestement, les Américains ont un petit peu lâché de l'Est cette nuit pour les Ukrainiens. Est-ce que vous dites clairement ce matin sur France Info, la France doit compenser ce que l'Amérique retire ?

2:40
Raphaël Glucksmann

L'Europe doit compenser et la France, au premier chef. Ça fait des mois qu'on sait que Donald Trump abandonne les Européens, leur sécurité collective, qu'il entend d'il est directement avec Vladimir Poutine. Et donc, l'Europe doit développer des capacités de défense autonome. Moi, au Parlement européen, je suis rapporteur sur la question de la défense européenne.

3:01
Locuteur non identifié

Vous prenez un trabouc sur un bon juste après cette émission ?

3:04
Raphaël Glucksmann

Exactement. C'est voté cette semaine. Et pour la première fois, les fonds européens vont être réservés aux productions européennes. Notre argent n'ira pas enrichir l'industrie militaire américaine. Il faut que l'Europe assume désormais d'avoir sa propre voix. Et donc, qu'elle assume que le soutien à l'Ukraine doit d'abord venir de l'Europe. Elle ne peut pas vivre sous le chantage permanent d'une administration américaine si prompte à céder à la Russie de Vladimir Poutine. Parce qu'au fond, et il faut le rappeler, pourquoi nous soutenons l'Ukraine ? Pas simplement parce que l'Ukraine est victime d'une agression.

Pas simplement parce que nous voulons soutenir une nation dont le seul crime est de vouloir vivre libre. Pas simplement parce qu'il y a une violation patente du droit international. Mais parce qu'il s'agit de notre propre sécurité. Que la Russie menace notre sécurité.

3:53
Présentateur

Et justement, sur ce point, il y a débat face à la menace russe des propos du chef d'état-major des armées. mardi dernier, au Congrès des maires de France, on fait beaucoup réagir. On l'écoute. Ce qu'il nous manque,

4:05
Invité

c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut dire les choses, alors on est en risque.

4:21
Présentateur

Ces propos ont suscité un tollé dans une partie de la classe politique. Vous, à rebours du reste de la gauche, vous avez dénoncé les pseudo-pacifistes et les patriotes de Pacotty, je cite, qui ont critiqué Fabien Mandon. Ça veut dire que tous ceux qui sont choqués par ces propos sont des capitulards ?

4:39
Raphaël Glucksmann

Le chef d'état-major a eu raison. Il a eu raison de dire publiquement ce que disent l'ensemble des services de sécurité en Europe. c'est-à-dire qu'il faut se préparer, qu'il faut nous préparer à une confrontation militaire directe avec la Russie dans les années qui viennent. Qu'un pays européen, membre de l'Union Européenne et de l'OTAN peut être envahi par l'armée russe dans les années qui viennent.

5:06
Locuteur non identifié

Donc il faut se préparer à ce qu'on a accepté des morts ?

5:09
Raphaël Glucksmann

C'est ça que vous dites ? Et il a eu raison de dire que la guerre n'est pas qu'une affaire de confrontation militaire ou d'équipement. Que c'est aussi l'affrontement de volonté. Et qu'il faut pour les nations européennes trouver en elles-mêmes une force d'âme. Donc il faut accepter de perdre ses enfants ? Une force d'âme. Et pour ne pas perdre ses enfants justement, pour éviter que nos soldats, puisqu'il parle de soldats, que nos soldats meurent au front, eh bien il faut montrer cette force d'âme dès maintenant pour dissuader l'ennemi de nous attaquer. L'enjeu, j'ai vu moi, les cris d'orfais. Nous voulons la paix, nous ne voulons pas la guerre. Mais vous ne les entendez pas ces cris ?

Si vous voulez la paix, si vous voulez la paix, il faut trouver cette force d'âme et dissuader la Russie d'attaquer un pays de l'Union européenne. C'est fondamental. Parce qu'en fait, aujourd'hui, les Russes pensent que nos sociétés sont incapables de résister, qu'elles seraient incapables de montrer cette force d'âme. Nous devons leur prouver qu'ils ont orné les réactions. Mais ça veut dire qu'il y aura des morts,

6:14
Locuteur non identifié

M. Gluckman, ça veut dire que là, vous nous dites, ça fait longtemps que vous alertez sur cette question, Poutine veut envahir potentiellement une partie de l'Europe, donc vous, vous nous dites, il faut se préparer à ce qu'il y ait des morts aujourd'hui.

6:23
Raphaël Glucksmann

c'est ce que disent l'ensemble des services de sécurité européens. Quand le chef des services allemands, M. Bruno Kahl, arrive devant le Bundestag et dit que nous devons nous préparer à une attaque d'un pays membre de l'Union européenne et de l'OTAN avant 2029, il ne fait pas de la poésie. Il alerte en fonction des choses qu'il sait, il alerte son opinion publique et il alerte les décideurs politiques. Et le déchaînement de toute une partie de la classe politique depuis la France insoumise jusqu'au Rassemblement national contre le chef d'état-major des armées vient montrer une chose, c'est que l'esprit de capitulation et de défaite est extrêmement puissant dans cette classe politique.

7:05
Présentateur

Vous visez Marine Tondelier, Fabien Roussel, le Rassemblement national, tous ceux qui sont offusqués ?

7:11
Raphaël Glucksmann

Je vise tous ceux qui ont crié « nous voulons la paix » comme si le chef d'état-major des armées voulaient la guerre. Il ne veut pas la guerre. Nos militaires ne veulent pas la guerre. Nos services de sécurité ne veulent pas la guerre. Le seul qui veut la guerre, c'est le tyran qui déclenche les guerres.

7:24
Présentateur

Mais alors, Raphaël Duxmène, si on va au bout de votre logique parce que vous ne cessez d'alerter face à la menace russe, est-ce que ça signifie qu'il faut rétablir le service militaire ? Emmanuel Macron envisage d'annoncer jeudi l'instauration d'un service militaire volontaire, une idée qu'il avait déjà introduite dès le mois de juillet. Est-ce que le moment est venu ?

7:48
Raphaël Glucksmann

S'il ne s'agit pas d'un gadget comme le SNU,

7:52
Présentateur

oui,

7:52
Raphaël Glucksmann

le moment est venu. Vous savez, c'est Jaurès qui disait dans l'Armée Nouvelle que la défense de la nation n'était pas que l'affaire des militaires, que c'était l'affaire de la nation toute entière. La défense de la France n'est pas que l'affaire des militaires. c'est l'affaire de toute la société. Et donc, oui, je suis pour un service national volontaire.

8:17
Présentateur

Volontaire mais pas obligatoire ?

8:18
Raphaël Glucksmann

Je suis pour aussi et j'irai plus loin. Je suis pour aussi qu'on développe les réservistes. Vous savez, en France, il y a 47 000 réservistes. Vous prenez un pays comme la Finlande, un pays de moins de 6 millions d'habitants qui compte 900 000 réservistes. Tous les pays européens sont en train de développer leurs réserves. Et je croise partout en France, partout en France, des citoyennes et des citoyens qui veulent participer à la défense collective de notre démocratie, de notre nation. Par exemple, des informaticiens qui veulent coopérer avec les autorités pour lutter contre les attaques cyber. La guerre, aujourd'hui, ce n'est pas qu'un front militaire.

C'est aussi toutes ces attaques cyber qui, par exemple, percutent nos hôpitaux, nos infrastructures stratégiques. Et il faut donner une place aux citoyens dans la défense de la nation.

9:02
Locuteur non identifié

Pour être concret,

9:03
Raphaël Glucksmann

j'irai plus loin.

9:04
Locuteur non identifié

Une seconde. Pour être concret, on parle de 10 000 à 50 000 personnes par an, d'une durée d'environ 10 mois, rémunérées, on ne sait pas encore, peut-être 500, 600 ou 700, 800 euros, on ne sait pas. On sait que les armées françaises comptent 200 militaires d'actifs, 47 000 réservistes. À quoi va servir ce service national volontaire ?

9:20
Raphaël Glucksmann

À aider à la défense de la patrie et à permettre aux jeunes qui veulent s'engager de pouvoir le faire. Mais moi, je vais aller plus loin que ça. Quand on a supprimé le service militaire sous Jacques Chirac, ce qui est fascinant, c'est qu'à aucun moment, on ne s'est posé la question à quoi servait ce service militaire et faut-il le remplacer par quelque chose d'autre s'il ne fonctionne plus ? Le service militaire permettait d'assurer la cohésion de la nation. Aujourd'hui, on est dans une société qui se désintègre. On est dans une société où un jeune, né à Trappes, ne croisera jamais dans sa vie. Un jeune qui est né dans le 7e arrondissement bourgeois de Paris.

Et ça ne peut pas fonctionner une république comme cela. Il faut que les gens se croisent, que les citoyennes et les citoyens se croisent à un moment et qu'ils puissent se mettre pendant un laps de temps déterminé au service de l'intérêt général. Alors certainement pas un service militaire universel et obligatoire. Il faut qu'il y ait une dimension service civique dedans. D'accord. Donc vous présente

10:14
Présentateur

un service militaire volontaire et avec une dimension civique mais pas un service militaire obligatoire.

10:19
Raphaël Glucksmann

Mais un service obligatoire qui puisse être civique ou militaire. Mais il faut que chacun d'entre nous...

10:25
Présentateur

Service obligatoire ou volontaire ?

10:26
Raphaël Glucksmann

Service... Écoutez, là franchement...

10:28
Présentateur

Obligatoire, civique ou militaire ?

10:29
Raphaël Glucksmann

Écoutez-moi. Je vais reprendre pour que ce soit extrêmement brièvement. Le président de la République semble proposer un service militaire volontaire. Je suis pour. Mais moi je dis qu'il faut aller plus loin et proposer un service un service universel et obligatoire mais qui ne sera pas nécessairement militaire qui peut être aussi civique. On peut vouloir s'engager dans la transition écologique, dans la solidarité sociale mais donner de son temps à la collectivité. On est dans une société aujourd'hui qui crève de son individualisme. Il faut qu'on puisse sortir de soi, de son environnement, de son quartier. Il faut qu'on puisse se mettre au service de la collectivité et de la nation.

C'est ça faire République. Vous savez, aujourd'hui on se désintègre. Aujourd'hui, les gens vivent dans des quartiers qui sont isolés les uns des autres. Ils ne se croisent plus. Ils ne font plus corps. La nation n'a plus de matérialité. Il faut qu'on recrée ces structures intégratrices dans notre pays. Il y en a qui est sorti

11:17
Locuteur non identifié

de prison aujourd'hui. C'est Boilem Sansal, gracié par l'Algérie après un an de prison rentré en France mardi. L'écrivain franco-algérien s'exprime pour la première fois depuis sa libération au micro de France Inter. Moi, j'y suis depuis toujours pour la réconciliation entre la France et l'Algérie. Ce n'est pas fait. Elle aurait dû se faire en 1962. On a raté le coche à cette époque on aurait pu le faire. C'était sur France Télévisions. Il a été gracié par le président algérien Abdelmajid Tebboune qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes. Quel regard portez-vous sur cette discrète libération ?

11:50
Raphaël Glucksmann

Déjà, c'est un immense soulagement. Un immense soulagement parce que chaque nuit, chaque jour que Boilem Sansal passait dans cette geôle était une honte. Une honte pour ces geôliers et une souffrance indescriptible pour tous ceux qui sont attachés à la liberté d'expression, à la liberté de penser, à la liberté d'écrire. Et donc, il faut se réjouir de cette libération. Et vous savez, quand on embastille des écrivains, eh bien, on montre sa propre faiblesse. Et la France s'honore en recevant en Boilem Sansal son fils digne et son fils courageux. Et moi, je pense que c'est un grand moment que de retrouver Boilem en France, libre de ses paroles et de ses mouvements.

12:38
Présentateur

Est-ce qu'il faut apaiser la relation avec l'Algérie comme le dit Boilem Sansal, comme le dit le président ou vous êtes un partisan, j'en doute, mais de la méthode forte prônée par Bruno Rotaillon ?

12:48
Raphaël Glucksmann

On doit être ferme. Mais il ne faut jamais faire de notre relation avec l'Algérie un sujet de politique intérieure. Le régime algérien fait de la relation à la France un sujet de politique intérieure permanent. Il ne faut pas qu'on fasse la même chose. Et certains ont la tentation de le faire. Vous savez, ça peut vous sembler bizarre, mais moi j'aime la clarté. Donc, le ministère qui doit gérer les relations avec l'Algérie, c'est le ministère des Affaires étrangères. Ce n'est pas le ministère de l'Intérieur. L'Algérie est un pays indépendant avec lequel nous avons des relations de pays étrangers à pays étrangers. Même si nos relations sont très proches.

Donc, ce n'est pas au ministère de l'Intérieur comme l'a fait M. Rotaillon d'utiliser l'Algérie pour en faire un tremplin pour des carrières politiques internes. C'est précisément ce qu'il faut éviter. Ça n'empêche pas la fermeté, mais la fermeté, ça passe aussi par la diplomatie.

13:35
Locuteur non identifié

Et maintenant, comment faire pour faire sortir notre confrère Christophe Gleiss condamné à 7 ans de prison ferme en Algérie pour une soi-disant apologie du terrorisme dont le procès en appel aura lieu le 3 décembre. Comment on fait pour le faire sortir ?

13:45
Raphaël Glucksmann

Je crois que le président Macron va rencontrer le président Tebboune où il est en train de le faire. En Afrique du Sud. Oui, en Afrique du Sud. Il faut demander sa libération et l'obtenir par les voies diplomatiques. Pour Boilem Sansal, l'intervention du président allemand a été décisif. Pourquoi ? Déjà, ça montre que l'Europe peut fonctionner parfois et il faut le reconnaître. Mais pourquoi ? C'est parce qu'en fait, il n'y avait aucun soupçon d'utilisation pour une politique intérieure dans l'intervention du président allemand et que, sans doute, c'était plus facile pour les autorités algériennes de céder, non pas directement à la France, mais à l'Allemagne. C'est donc le même canal

14:21
Locuteur non identifié

pour Christophe Gleiss par les Allemands, par exemple ?

14:24
Raphaël Glucksmann

Je ne sais pas. Il faut impliquer en tout cas nos partenaires européens et je pense, de manière générale, dans nos relations avec l'Algérie et avec le continent africain, l'Europe peut être un soutien immense.

14:33
Présentateur

Parce qu'il n'y a pas

14:34
Raphaël Glucksmann

le même passé.

14:34
Présentateur

Dans un instant, on va parler de vous, de vos ambitions, de votre situation, de votre place au sein de la gauche.

14:40
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.

14:46
Présentateur

Avec Raphaël Glucksmann, député européen, place publique, on parle de la gauche, maintenant, Paul. Avec un Jean-Luc Mélenchon très combattif hier après-midi

14:54
Locuteur non identifié

à Aubervilliers. On l'écoute. Alors, ce seront des élections politiques du fait du contexte actuel d'effondrement du pouvoir politique et parce que nous serons à un an de l'élection présidentielle dont ceci pourrait bien être un galop d'essai. Cette élection peut donc préfigurer le monde que nous voulons commencer. Et vous,

15:22
Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann, est-ce que vous êtes prêt à partir au galop ? Nous, nous sommes prêts. Et il a raison, Jean-Luc Mélenchon, de dire que ça va être un moment politique décisif. Et nous, nous allons lui montrer que nous sommes majoritaires à gauche aujourd'hui. Nous l'avons montré déjà aux élections européennes. Et nous assumerons la confrontation lors des élections municipales. Et nous montrerons que la gauche démocrate, républicaine, est dominante à gauche dans notre pays.

Nous montrerons que toutes les attaques des Insoumis contre des maires de gauche qui ont mené des politiques sérieuses sur le plan de la transition écologique, de la justice sociale ou de la sécurité, que toutes ces attaques seront vaines et nous verrons comment tous les Mickaël de la Fosse de ce pays, à Montpellier par exemple, eh bien, gagneront face aux attaques des Insoumis. Nous assumerons cette confrontation et nous la remporterons.

16:18
Présentateur

Vous dites que vous êtes majoritaire à gauche, mais alors de quelle majorité vous parlez ? Parce que vous étiez samedi avec François Hollande et Bernard Cazeneuve à un meeting organisé par la socialiste Hélène Geoffroy qui est opposée à la ligne d'Olivier Faure. Le week-end d'avant, vous aviez accepté l'invitation de Bernard Cazeneuve à un meeting de son parti La Convention. Qu'est-ce que ça signifie ? C'est une nouvelle alliance sociale-démocrate qui est en train de se former avec votre corps, en fait, tous ceux qui voulaient la peau d'Olivier Faure au Congrès, c'est ça ?

16:44
Raphaël Glucksmann

Non.

16:45
Présentateur

C'est ça, votre gauche ?

16:46
Raphaël Glucksmann

C'est beaucoup plus large que ça, vous savez. C'est le rassemblement de tous ceux qui croient à une ligne de gauche claire. C'est avec Bernard Cazeneuve, avec François Hollande, mais aussi avec les socialistes, avec les écologistes. Mais vous refusez de participer

17:02
Présentateur

à la primaire des socialistes, Raphaël Glucksmann.

17:05
Raphaël Glucksmann

Avec même des gens du centre, vous savez. Parce que le moment est extrêmement grave et que nous devons nous rassembler. Nous sommes à minuit moins une aujourd'hui. Le vrai combat, c'est que dans notre pays, l'extrême droite peut l'emporter en 2027. Et face à cela, nous devons être

17:23
Présentateur

habités d'une gravité. Pourquoi vous refusez de participer à la primaire des socialistes ? Vous avez beaucoup critiqué Emmanuel Macron et son caractère jupitérien. Est-ce que vous, vous n'avez pas cette tentation jupitérienne de dire je vais m'imposer par les sondages, je n'ai pas besoin de participer à une primaire ? Et en même temps, vous appelez au rassemblement ?

17:43
Raphaël Glucksmann

Cette primaire, les partisans de cette primaire, en fonction des interlocuteurs, ne vous donnent même pas le même périmètre. Quand j'écoute certains, j'entends que Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise sont invités à cette primaire. Si vous invitez quelqu'un à une primaire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il l'emporte, vous êtes prêts à le soutenir ou alors ça veut dire que vous mentez. Eh bien moi, je vais vous dire quelque chose. Jamais je ne soutiendrai Jean-Luc Mélenchon et jamais je ne mentirai. Et donc, il faut mettre fin à cette hypocrisie.

18:17
Présentateur

Donc les socialistes mentent Olivier Faurement ?

18:19
Raphaël Glucksmann

Non, parce que les socialistes ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon à la primaire, mais les autres qui y participent disent exactement l'inverse. Donc il y a là un flou. Mais par ailleurs, je vais vous dire, prévoir une primaire, prévoir une primaire à l'automne 2026, à ce moment-là, Jean-Luc Mélenchon sera en campagne et parlera au français. Jordan Bardella ou Marine Le Pen, ça dépend de la justice, seront en campagne surtout et parleront au français. Et nous, c'est la malédiction de notre espace politique. Alors nous, on parlera entre nous. Comment c'est possible ? Quand on voit que... Raphaël Luxemann, Raphaël Luxemann, quand on voit que vous êtes...

Raphaël Luxemann, c'est extrêmement important de le comprendre. Je ne m'engage pas en politique pour faire de l'entre-soi. Et l'enjeu de ces élections, ce n'est pas de savoir qui sera le premier à gauche. Ce n'est pas ça qui est intéressant. L'enjeu de cette élection, c'est d'aller au deuxième tour et de battre le rassemblement national.

19:17
Présentateur

Raphaël Luxemann, comment vous faites ? Parce que vous n'avez pas convaincu votre propre camp, une partie de votre propre camp, en tout cas après une émission sur LCI, lors de laquelle vous avez débattu avec des Français, puis avec Éric Zemmour. Qu'est-ce que vous vous dites aujourd'hui ? Je me suis planté, j'étais mal préparé, il faut que j'accélère. Qu'est-ce que vous vous dites ?

19:34
Raphaël Glucksmann

Non mais déjà, je n'ai pas convaincu mon camp d'abandonner cette idée de primaire. Mais vous savez, il y a du temps. et moi, vous m'avez parlé de candidature jupitérienne. Moi, je ne sais pas qui sera la personne la mieux placée. Ce que je sais, c'est que cette personne devra faire sauter le plafond de verre qui pèse aujourd'hui sur la gauche française.

19:55
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous dites après cette émission ? Est-ce que vous dites je dois changer de méthode ?

20:00
Raphaël Glucksmann

Déjà, dans cette émission, j'ai dit une chose fondamentale qui sera extrêmement importante pendant l'ensemble de la campagne qui vient. Nous allons reprendre le drapeau tricolore des mains de l'extrême droite. Je l'ai dit en regardant Éric Zemmour dans les yeux. Je lui ai dit qu'il n'allait pas gagner et que la France ne leur appartenait pas et que désormais, nous allons mettre fin à notre affonie sur ce que voulait dire être français. Mais vous n'êtes pas raté

20:28
Locuteur non identifié

sur cette émission ? Vous n'avez pas des regrets quand vous voyez

20:29
Raphaël Glucksmann

le bilan qui en est fait ? Et ensuite, sur la discussion avec les Françaises et les Français, j'ai dit pendant l'émission que nous étions en train de travailler à notre programme. Donc oui, il ne fallait pas s'attendre à ce que je débite des propositions extrêmement concrètes. Nous sommes en train de les travailler. Ça ne se produit pas en quelques semaines. C'est un travail de longue haleine. Et donc oui, il nous reste encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail. Vous savez, le problème, c'est que notre espace politique, social, démocrate, écolo, a toujours concocté des projets présidentiels en quelques semaines avant l'élection.

Nous, ça fait depuis un an qu'on travaille et il nous reste encore un an de travail. Est-ce que vous aviez assez travaillé

21:14
Locuteur non identifié

cette émission ?

21:15
Raphaël Glucksmann

Mais moi, je suis dans un dialogue. Je vais toutes les semaines, partout en France, pour discuter, pour entendre aussi, pour écouter. Tout à l'heure, vous avez parlé de présidence jupitérienne. Moi, je pense qu'on a besoin d'écouter les Françaises et les Français, d'être aussi dans une posture de réception, d'entendre la colère, d'entendre l'indignation à l'hôpital, à l'école, parmi les policiers. Moi, quand je vais avec Aurélien Rousseau dans la BAC, faire des tournées avec la BAC dans les Yvelines, eh bien, j'entends la colère des policiers. J'entends la colère...

21:53
Présentateur

Il faut qu'on avance, Raphaël Gusset. Non,

21:55
Raphaël Glucksmann

mais je veux dire, il faut savoir écouter. Et ensuite, oui, bien sûr, je ne vais pas vous cacher, moi, je ne suis pas quelqu'un qui va vous expliquer qu'il fait toujours tout très bien. sans doute, j'aurais pu faire mieux à cette émission et cette émission était difficile. Mais, vous savez, ça ne changera rien à la trajectoire qui est la nôtre. Rien à votre détermination. Ça ne changera rien à la ligne qui est la nôtre. Rien à votre détermination. Rien à la détermination qui est la nôtre. Très bien. Et moi, je l'assumerai jusqu'au bout parce que je sais la gravité des enjeux. C'est le moment de la question qui, Raphaël Gussman,

22:26
Présentateur

c'est la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Ce week-end, la ministre de la Culture, Rachida Dati, s'est habillée en ripeuse. C'est le mot qu'on utilise dans les services de collecte des déchets pour désigner les personnes qui ramassent les poubelles à l'arrière du camion. Écoutez Rachida Dati.

22:44
Locuteur non identifié

Ah, c'est à vous ? Ah, je vais vous la guider.

22:48
Présentateur

Voilà, c'était Rachida Dati. Merci, toutes de jaunes fluos et de verts vêtus. Poubelle à la main, la vidéo a été vue 10 millions de fois sur les réseaux sociaux. Certains à gauche protestent contre une mise en scène. Pourquoi c'est interdit d'aller rencontrer des ébouards ?

23:03
Raphaël Glucksmann

Non. Et ce n'est pas ce qui me choque le plus, je vais vous dire la vérité. Ce n'est pas ce qui me choque le plus chez Rachida Dati. Ce qui me choque, c'est les liens avec l'Azerbaïdjan. Ce qui me choque, c'est les affaires de corruption. Ce qui me choque, c'est les menaces sur certains journalistes du service public. Ce qui me choque, ce n'est pas ça. Et je pense, d'ailleurs, je vais vous dire, bien sûr, ça, c'est un coup de com' comme il y en a plein dans les campagnes. Et ce n'est pas vraiment être à l'écoute des éboueurs que de les utiliser pour faire de la com'. Oui, mais sauf que on ne va pas faire semblant. Je veux dire, la com', la gauche aussi fait de la com'.

Tout le monde fait de la com'. Donc, en fait, en réalité, le problème, ce n'est pas ça. Le problème, c'est qu'on doit éviter la bascule de Paris. et que j'aimerais que tout le monde prenne conscience qu'en fait, on peut perdre et que donc, il va falloir se mobiliser et que cette campagne est fondamentale. Comme je le disais tout à l'heure, ces élections municipales vont être extrêmement importantes aussi pour la suite. Moi, je veux contribuer à ce que la gauche démocrate remporte le maximum de villes, conserve ses villes parce que ça change la vie des gens et que ça permet de mettre en place la transition écologique. Merci beaucoup,

24:07
Présentateur

Raphaël Guisman. Je suis désolée, il faut que je rentre. Merci, Paul. Merci, Agathe. À demain. Vous restez à nous. Tout de suite,