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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 16 octobre 2025 26 min

Cédric Perrin : « On donne les clés du camion à un Parti Socialiste extrêmement minoritaire »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Cédric Perrin. Bonjour. Merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénateur à l'air du territoire de Belfort, président de la Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées ici au Sénat. On va évidemment revenir sur la riche actualité internationale et notamment ce qui se passe à Gaza dans quelques instants. Mais d'abord, on va regarder ensemble trois unes de la presse régionale qu'on a sélectionnées. D'abord la une de la Voix du Nord sur les retraites. Un trimestre, ça se prend. La suspension de la réforme qui impacte les personnes nées en 1964 qui gagneront un trimestre.

Les générations 65 à 68 pourront également en bénéficier, sauf s'il y a une autre réforme. Le Maine Libre. Quand ma prime rénov' devient un casse-tête, les conditions d'éligibilité pour bénéficier de l'aide gouvernementale ont été repensées et certains particuliers bénéficiaires voient leur reste à charge grimper. Et puis la dernière une, c'est celle de la presse de la Manche. Les drones, une menace pour nos sites sensibles. C'est la question à la une du journal, à l'instar de la centrale de Flamanville ou du CILT Naval Group où sont construits les sous-marins nucléaires.

L'état d'alerte et de vigilance semble réel, même si peu de détails évidemment filtrent sur les forces mises en œuvre pour surveiller ces équipements. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:17
Locuteur 3

Dernière.

1:17
Présentateur

Vous confirmez l'état de vigilance est activé et maximal ? Il y a des vraies menaces de drones sur les sites sensibles en France ?

1:28
Locuteur 3

Alors moi je pense que je choisis cette une parce que d'abord je préside la Commission de la Défense et que le sujet des drones, vous le savez, c'est un sujet qui me tient à cœur puisque c'est en 2017 que j'ai fait le premier rapport en alertant sur la situation qui a été renouvelée par un nouveau rapport en 2021 en alertant de nouveau et les mesures n'ont pas vraiment été prises et donc on est quand même dans une situation où on a beaucoup de retard. Il y a évidemment des menaces mais on voit bien ce qui se passe dans les pays à l'est de l'Europe que ce soit en Pologne, au Danemark, en Roumanie ou ailleurs où des survols de drones russes réguliers se font jour.

Je pense qu'on va avoir aussi une situation où des petits malins vont essayer de tester les sites en envoyant quelques drones personnels, etc. Donc on va avoir un certain nombre de survols qui est évident. Donc il faut absolument qu'on soit à la hauteur de l'enjeu et qu'on mette en place un système qui nous permette non seulement de les détecter mais aussi et surtout de les détruire et c'est là que le bas blesse puisqu'en termes de détection et d'identification, on est plutôt bon.

On a des dispositifs notamment liés au travail qui a été fait pendant les Jeux Olympiques et je rappelle que c'est le Sénat via la Commission des affaires étrangères et de la Défense qui avait alerté sur la situation en matière de lutte anti-drone de notre pays et je pense qu'aujourd'hui on a besoin d'être…

2:36
Présentateur

Donc on peut les détecter mais pas les détruire ?

2:38
Locuteur 3

Détecter un drone, ça veut dire qu'il faut un système qui nous permette de les détecter le plus loin possible de la cible pour pouvoir avoir le temps d'aller les détruire. Aujourd'hui, la problématique, c'est la capacité qu'on a à aller les détruire puisque la photo que vous montrez en une de la presse de la Manche est un système de lutte anti-drone qui permet d'émettre des ondes qui vont griller les ondes du drone. On a quelques dispositifs comme ça mais ça ne fait pas tout.

3:03
Présentateur

Donc on n'est pas protégé de la menace ?

3:04
Locuteur 3

On n'est pas hyper protégé, il faut absolument qu'on travaille sur ces questions mais on n'est pas plus en retard que d'autres pays qui ne sont dans l'incapacité de détruire des drones.

Après, on a été par exemple sur certains sujets au Danemark on a été appelé pour venir les accompagner et les aider on a su démontrer qu'on était capable de les détruire mais ce n'est pas un sport de masse, on a besoin d'investir et on a besoin, je pense, fondamentalement d'aller voir aussi ce qui se passe en Ukraine et de voir de quelle manière l'innovation qui est galopante en Ukraine sur ces sujets-là peut nous permettre d'avancer parce qu'évidemment, eux, ils sont soumis en permanence à ces sujets et on dit qu'en espace de 6 à 7 jours, que ce soit les Russes ou les Ukrainiens ils sont en capacité de répondre à la menace.

C'est toujours la problématique du glaive et du bouclier c'est-à-dire que le glaive essaie toujours de transpercer le bouclier et le bouclier c'est toujours plus fort et c'est ce qu'il faut qu'on arrive à faire et je pense qu'on a besoin des Ukrainiens sur ce sujet parce qu'eux, ils innovent rapidement.

3:53
Présentateur

On va parler de l'Ukraine à la fin de cette interview avec Stéphane notamment, ce sera votre chronique Stéphane, mais d'abord retour à l'actualité nationale et Sébastien Lecornu était donc devant les sénateurs hier pour prononcer son discours de politique générale un discours différent de celui de l'Assemblée nationale est-ce que celui-là vous a convaincu ?

4:08
Locuteur 3

Il ne m'a pas plus convaincu que celui de l'Assemblée nationale parce que c'était un discours d'opportunité quand on fait un discours pour parler aux députés parce qu'on ne veut pas que la gauche entende le mot immigration lutte contre le frérisme, lutte contre l'islamisation de notre pays qu'avait mis en œuvre Bruno Retailleau et qu'on vient au Sénat pour en parler parce qu'on sait que ça va être sensible à l'oreille des sénateurs je veux dire la ficelle est un peu grosse donc il ne faut pas nous prendre pour des poulets de l'année

4:33
Présentateur

C'est pour ça qu'il a parlé d'immigration c'était un discours pour les maires et les LR hier ?

4:37
Locuteur 3

Bien sûr, il y a eu quelques éléments parce que franchement il n'y avait pas grand-chose en dehors de l'annonce, de l'abandon j'allais dire de la liquidation du macronisme en 30 minutes en annonçant la suspension de la réforme des retraites il n'y a pas eu grand-chose d'autre de dit

4:49
Présentateur

Il vous a convaincu sur la réforme des retraites ? Il a bien dit que ce n'est pas un abandon c'est une suspension mais ce n'est pas un abandon c'est pour faire mieux

4:56
Locuteur 3

Justement, non seulement il ne m'a pas convaincu mais en plus il a aggravé la situation c'est-à-dire qu'en fait ce n'est pas un abandon mais ça veut dire que ça va nous coûter entre 400 millions cette année 1,7 milliard l'année prochaine et peut-être plus parce que vous avez vu que tout le monde donne ses chiffres mais personne n'est capable de donner des chiffres précis et toujours les mêmes, on va de 1,7 milliard à 3 milliards etc.

En fait vous l'avez assez bien dit dans le reportage tout à l'heure ça va satisfaire une cohorte de 1964 je suis très heureux pour eux ça va coûter beaucoup d'argent à l'État et la question qui se pose c'est est-ce que dans une situation comme celle que nous traversons c'est-à-dire 3400 milliards de dettes on peut se payer le luxe d'augmenter la dette encore de plusieurs milliards pour des raisons essentiellement politiques

5:39
Présentateur

– Mais il l'avait d'autre choix parce que le message qui vous a fait passer hier c'était aussi que la censure, la dissolution ça coûte plus cher que la suspension de la réforme des retraites

5:45
Locuteur 3

– Mais moi je ne dis pas qu'il faut censurer mais je pense que la participation des LR au gouvernement est une erreur parce que nous ne sommes pas en phase avec ce qui a été proposé et les exigences que la droite avait émises ne sont pas respectées sur évidemment le maintien de la réforme des retraites c'est le premier point sur lequel on discute mais aussi le plafonnement des aides sociales, la non-augmentation des impôts je rappelle quand même que l'essentiel des économies qui sont réalisées dans le budget à venir en tout cas dans celui qui est proposé on verra ce que ça donnera au Sénat mais ça risque d'être différent il est composé d'une augmentation significative des impôts il y a quand même 200 000 Français qui vont payer de l'impôt sur le revenu en plus parce qu'il n'y aura pas d'indexation sur l'inflation du barème de l'impôt sur le revenu l'immigration et la question de la lutte contre le frérisme sont des questions fondamentales aujourd'hui il faut aller voir ce qui se passe dans les écoles il faut aller voir ce qui se passe dans les rues de nos villes enfin je veux dire à un moment donné Bruno Retailleau avait entamé difficilement une politique je pense volontariste sur cette question qui était bien comprise par les Français et on va l'abandonner parce qu'on a donné aujourd'hui les clés du camion au Parti Socialiste qui est ultra minoritaire dans ce pays enfin on vit une situation

6:52
Présentateur

Mais est-ce qu'on pensait là si Bruno Retailleau n'avait pas claqué la porte du gouvernement deux heures après y être rentré ?

6:58
Locuteur 3

Alors moi je pense qu'il y a eu enfin en tout cas je pense qu'il a été piégé dans cette affaire-là qu'il a réagi peut-être un peu vite mais il faut comprendre aussi Trop vite ? Il a fait une erreur ?

Non je ne pense pas qu'il ait fait une erreur parce que j'aurais fait la même je veux dire vous avez quand même je suis président de la Commission de la Défense quand je vois qu'on annonce Bruno Le Maire comme ministre des armées mais je me demande si c'est une fake news ou si c'est le 1er avril enfin ça n'a aucun sens ce type a quand même tout fait pour essayer de faire en sorte que le budget des armées n'augmente pas à la hauteur de ce qu'on espérait il a aggravé la dette de notre pays de 1000 milliards alors après on peut discuter mais le symbole était catastrophique et je pense que tout ça a été calculé je pense que tout ça a été fait pour piéger Bruno Le Taillot

7:40
Présentateur

Pour que Bruno Le Taillot quitte le gouvernement

7:41
Locuteur 3

Et malheureusement il est tombé dans le piège

7:42
Présentateur

Malheureusement parce que ça porte tort à votre parti ?

7:45
Locuteur 3

Non ça ne porte pas préjudice parce que je pense que de toute façon les annonces qui ont été faites par Sébastien Le Cornu sur la politique qu'il veut mettre en oeuvre ne nous satisfait pas elle ne va pas dans le sens de ce qu'on attend sur des mesures que je viens de citer par exemple et sur d'autres et venir devant le Sénat juste pour nous dire que pour exprimer le mot immigration et le mot lutte contre l'islamisme ça n'a même pas dit d'ailleurs la ficelle que je l'ai dit tout à l'heure est un peu grosse et donc on n'est pas tombé dans le panneau

8:13
Présentateur

Il a parlé d'un autre sujet devant les sénateurs hier il a parlé de décentralisation collectivité locale et comment les collectivités justement vont être impactées par les efforts budgétaires les élus locaux sont-ils inquiets ? On va aller en Bretagne Bonjour Sébastien Miossec merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire PS de Riec-sur-Bellon c'est dans le Finistère président de Quimperlé Communauté le budget va demander un effort aux collectivités locales c'est ce qu'a dit hier le Premier ministre devant les sénateurs est-ce que vous êtes prêt à cet effort ?

8:41
Locuteur 2

Alors notre association comme beaucoup d'élus locaux on n'est pas contre d'entendre parler d'un plan d'économie on n'est pas sur le principe totalement opposé la question qui est posée aujourd'hui avec le projet qui est mis sur la table c'est une question d'équité et de proportionnalité on nous demande des efforts qui sont totalement disproportionnés et qui ne sont pas équitables entre nous collectivités disproportionnées parce que l'ampleur en milliards on essaie de faire les chiffrages mais on arrive au moins à 8 milliards aujourd'hui 8 milliards c'est totalement disproportionné par rapport à la part que les collectivités représentent et dans la dette publique et dans le déficit public c'est moins de 10% alors que là on nous appelle à 20, 25, 30%

9:21
Présentateur

Donc c'est trop pour vous un mot Cédric Perrin est-ce que selon vous on va demander trop d'efforts aux collectivités ?

9:27
Locuteur 3

On l'a dit au Sénat bien sûr je crois qu'on a travaillé largement sur les budgets précédents 24, 25 au Sénat pour améliorer la situation et faire en sorte que les collectivités soient moins mises à contribution je ne dis pas qu'il ne faut pas qu'elles soient mises à contribution je suis moi-même conseiller départemental depuis quelques années maintenant mais il est bien évident que les mesures qui ont été annoncées ici sur la non-reconduction de la... comment... enfin l'éligibilité de l'OFCTVA sur le DILICO2 ou encore sur la DGF sont des mesures que ne nous satisfont pas

10:00
Présentateur

sur le Fonds de Compensation de la TVA et puis la...

10:02
Locuteur 3

Le Fonds de Compensation pardon c'est compliqué les acronymes toujours comme dans la Défense le Fonds de Compensation de la TVA donc DILICO qui est une mesure qui avait été mise en œuvre il y a quelques années par le gouvernement et par le Sénat mais si vous voulez la contribution qui est demandée aux collectivités locales est très importante je voudrais rappeler quand même que je ne sais pas où on en est aujourd'hui mais entre 70 et 80% des investissements en France sont faits par les collectivités et que c'est donc le moteur de notre économie et de l'investissement et qu'il faut donc continuer à permettre aux collectivités à investir et à fournir les services publics qu'elles fournissent je rappelle qu'elles sont responsables seulement de 8% de la dette et qu'on leur demande d'en rembourser beaucoup plus que ce dont elles sont

10:39
Présentateur

Donc ça veut dire que l'homme comme lors du précédent budget le Sénat va amoindrir l'effort demandé aux collectivités

10:44
Locuteur 3

Le Sénat va amoindrir l'effort qu'il faudra demander aux collectivités c'est une évidence et c'est une obligation je voudrais rappeler quand même que les collectivités aujourd'hui sont appelées à rembourser une partie de la dette qui est beaucoup plus importante que ce qu'elles représentent dans la dette mais le fond de tout ça c'est qu'il n'y a aucune réforme structurelle depuis plusieurs années maintenant et que si on veut éviter que ce soit le tonneau des Danaïdes cette dette c'est-à-dire si on veut éviter qu'on vide à la petite cuillère un tonneau qui se remplit à la louche il faut peut-être faire les vraies réformes et faire en sorte que la structure elle-même soit modifiée sinon l'année prochaine ce sera la même chose et on demandera combien aux collectivités

11:18
Présentateur

Ça vous rassure Sébastien Miosac quand vous entendez Cédric Perrin dire que le Sénat va faire comme il l'a fait l'année dernière c'est-à-dire amondrir l'effort demandé aux collectivités

11:26
Locuteur 2

Merci M. le Sénateur et en effet je sais qu'au Parlement que ce soit l'Assemblée ou au Sénat on a beaucoup de parlementaires qui sont à l'écoute de nos inquiétudes tout le monde est conscient ou on est très nombreux en tout cas à être conscient qu'il faut faire des efforts et ces efforts comme l'a dit M.

le Sénateur ne peuvent porter que si en face des efforts budgétaires on a des vrais efforts de simplification des normes d'allègement et de simplification de l'action publique et en ce sens le projet et les attentes en matière de décentralisation sont extrêmement importantes pour pouvoir apporter ces réponses on doit pouvoir par l'action publique locale décentralisée répondre à ce besoin d'avoir un État et une action publique qui coûtent moins cher pour pouvoir rétablir les équilibres des comptes publics de la nation

12:11
Présentateur

Il y a une autre annonce qui a été faite hier par Sébastien Lecornu M. le maire c'est un projet de loi sur la décentralisation et la réforme de l'action publique qui sera soumis au Parlement avant les municipales c'est une bonne nouvelle pour vous ?

12:23
Locuteur 2

Oui oui dans le lien avec ce que je viens de vous dire juste avant on a besoin de cet effort de décentralisation les collectivités dans leur ensemble depuis 20 ans dépensent à peu près 12% du PIB pour faire l'ensemble de l'action publique de la commune jusqu'à la région en passant par les intercommunalités les départements et cette part dans la richesse nationale elle a même un tout petit peu baissé on est passé de 12% à 11,5% ça veut dire qu'en 20 ans l'ensemble des collectivités publiques dans toute leur diversité ne dépense pas plus de part de la richesse nationale pour faire l'action publique locale qui chacun peut en témoigner dans le lieu où il vit en 20 ans cette action publique locale elle ne s'est pas dégradée elle s'est même enrichie notamment parce que l'État nous a confié des nouvelles responsabilités ou s'est déchargée sur les collectivités pour assurer du service public de proximité je peux citer par exemple tout le travail qu'on peut faire en matière de rénovation de l'habitat ou les politiques de mobilité ou les collectivités ont développé de l'offre depuis 20 ans et on fait ça avec la même part de PIB donc pour moi ce chiffre-là il veut dire simplement quelque chose quand on nous confie des responsabilités on nous en a confié de plus en plus on sait faire avec des obligations d'équilibre budgétaire et avec la même part de richesse nationale que depuis 20 ans alors évidemment s'il y a un grand acte de décentralisation il faudra nous confier aussi des ressources et en cela les mots du Premier ministre sont rassurants même si le contexte politique nous laisse inquiets et dubitatifs sur la capacité du Premier ministre du gouvernement et du Parlement à trouver un compromis pour faire ce grand acte de décentralisation qui est attendu par beaucoup de monde

13:50
Présentateur

Un mot là-dessus Cédric Perrin parce qu'il y a déjà un projet de loi de décentralisation un grand projet de loi qui avait été promis il y a quelques années par Emmanuel Macron finalement le texte qui avait été voté avait eu en effet un peu déceptif et pour les sénateurs et pour les élus locaux est-ce que vous pensez que celui-là sera à la hauteur ?

14:04
Locuteur 3

Écoutez j'en connais pas la teneur exacte donc je peux pas me prononcer très précisément ce que j'ai dit moi quand je suis arrivé au Sénat 2014 c'était qu'il fallait laisser un peu les communes et les communautés de communes et d'agglos tranquilles parce qu'on avait fait des réformes qui étaient quand même assez structurelles et compliquées et notamment la loi NOTRe compliquées à digérer ce qui est certain c'est qu'il y a un certain nombre de choses à faire on va y travailler il y a un exemple je veux dire monsieur le président mieux sait que le sait très bien pendant le Covid si on n'avait pas eu les communes pendant le Covid voire même les départements je suis pas sûr qu'on aurait réglé la crise de la même manière qu'elle a été réglée et donc ça démontre aussi l'importance aujourd'hui d'avoir des collectivités qui sont fortes à qui on donne et on délègue des pouvoirs mais déléguer des pouvoirs ça veut dire aussi leur déléguer les moyens de les assumer ce qui n'est pas toujours le cas puisque je rappelle que les gouvernements successifs sans en citer aucun depuis nombreuses années aujourd'hui ont tendance pour faire des économies à dégager sur des collectivités un certain nombre de compétences sans leur donner les moyens de les assumer donc il faut que si une réforme est mise en place elle permette d'avoir des compétences mais aussi des moyens or aujourd'hui on voit bien que les promesses qui sont faites sur un certain nombre de délégations de moyens ne sont pas toujours tenues dans le temps on pourrait citer beaucoup d'exemples

15:13
Présentateur

Merci beaucoup Sébastien Miossec maire PS de RIEC sur Bélon dans le Finistère président délégué d'Intercommunalité de France merci d'avoir été avec nous on passe à l'actualité internationale et cette question après avoir mis fin au conflit à Gaza Donald Trump va-t-il en faire de même avec la guerre en Ukraine ? Donald Trump Vladimir Zelensky se rencontre demain c'est votre éclairage Stéphane Stéphane plus de 3 ans après le début de la guerre est-ce que les pays occidentaux aient toujours autant l'Ukraine ?

15:39
Locuteur 4

Alors tout dépend de quelle aide on parle Orian l'institut de recherche allemand le Kiel Institute a publié les chiffres de l'aide militaire apportée par les pays européens cet été à l'Ukraine en juillet et en août ils ont alloué chaque mois une aide de 1 milliard 650 millions d'euros une baisse de 57% par rapport à l'aide envoyée de janvier à juin 2025 ça c'est pour ce qui est de l'aide militaire mais l'aide financière et humanitaire elle, elle reste stable elle a été de 7,5 milliards d'euros cet été

16:08
Présentateur

Mais l'aide européenne dépasse celle des Etats-Unis depuis l'arrivée de Trump au pouvoir début 2025 ?

16:13
Locuteur 4

Oui pour l'Ukraine l'aide américaine s'est arrêtée quasiment du jour au lendemain après l'élection du président américain aujourd'hui Donald Trump change un petit peu sa position il a d'abord autorisé la transmission de renseignements stratégiques à l'Ukraine maintenant le président américain menace la Russie de fournir aux Ukrainiens des missiles de croisière fabriqués aux Etats-Unis il pourra préciser cela demain lors de leur rencontre des inflexions donc mais si on regarde les chiffres du Kill Institute l'aide européenne a largement dépassé celle fournie par les Etats-Unis entre le 24 janvier 2022 et l'été 2025 l'Europe a envoyé 177 milliards d'euros d'aides militaires financières et humanitaires à l'Ukraine plus que les Etats-Unis donc qui ont fourni 114,6 milliards d'euros d'aides sur la même période

16:57
Présentateur

si on se concentre sur la France est-ce qu'on sait combien ont fourni d'aides à l'Ukraine ?

17:01
Locuteur 4

oui assez précisément en fait les chiffres sont communiqués par le ministère des armées dans le rapport fait au Parlement sur les exportations d'armes en France en 2024 il concerne une période très précise du début de la guerre en Ukraine jusqu'au 1er mai 2024 on y apprend que la France a envoyé un peu plus de 3 milliards d'euros d'aides d'équipements militaires à l'Ukraine cela concerne donc à la fois des armes des véhicules blindés des chars ou encore des missiles la France a aussi contribué à hauteur de 2 milliards d'euros au fonds européen de l'Union Européenne qui finance l'envoi d'armes depuis les pays européens vers Kiev qui s'appelle la Facilité Européenne pour la Paix et pour vous donner une idée de l'ampleur du soutien la France est le 8ème Etat qui aide le plus l'Ukraine dans le monde

17:42
Présentateur

mais la France refuse pour le moment de participer à un dispositif d'aide militaire mis en place par l'OTAN les Etats-Unis

17:47
Locuteur 4

Oui il s'agit du programme Pearl lancé cet été son principe est assez simple que les Etats membres de l'OTAN financent l'envoi d'armes américaines à l'Ukraine à travers une contribution volontaire les Pays-Bas la Suède le Danemark la Norvège ou encore l'Allemagne et le Canada ont déjà participé pour un montant total de 3 milliards d'euros hier lors d'une réunion des ministres de la défense de l'OTAN le secrétaire d'état américain Pete Exet a encouragé le plus de pays possibles à utiliser ce programme mais côté français c'est silence radio la nouvelle ministre des armées Catherine Vautrin ne s'est pas exprimée sur ce sujet pour l'instant la France refuse de participer à ce programme Pearl Cédric Perrin vous êtes président de la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées ici au Sénat que pensez-vous de ce programme qui finance l'envoi d'armes fabriqués aux Etats-Unis en Ukraine est-ce que la France doit y participer ?

18:36
Locuteur 3

Je ne sais pas moi dire si elle doit participer ou pas participer ce qui est certain c'est que financer des armes américaines avec des fonds européens et uniquement des armes américaines c'est quand même un peu enfin la ficelle est un peu grosse là aussi c'est-à-dire que je suis persuadé qu'on doit pouvoir trouver un équilibre et faire en sorte qu'il y ait aussi des matériels français qui soient distribués moi j'ai toujours dit que l'OTAN c'était un vaste outil de domination économique des Etats-Unis sur l'Europe en dehors évidemment du rôle qu'elle joue en matière de sécurité on en a une preuve ici assez évidente donc je pense qu'il faut trouver un équilibre quand même on ne peut pas demander aux pays membres de l'OTAN et essentiellement européens de financer les entreprises américaines pour qu'elles fournissent des armes et des munitions aux Ukrainiens enfin je veux bien tout entendre mais c'est quand même un peu gros et je pense qu'il faut qu'on arrive à trouver un juste équilibre et faire en sorte que les pays européens et pas que la France mais que les pays européens en Allemagne en Grande-Bretagne enfin dans l'ensemble des pays européens je pense qu'il faut inclure aussi la Grande-Bretagne même si elle n'est pas membre de l'Union européenne puissent eux aussi fournir les compétences et les armes dont ils disposent et qui sont tout à fait compétitives

19:36
Locuteur 4

Sur le volume de l'aide à l'Ukraine est-ce qu'on en fait assez encore pour l'Ukraine qui a des besoins en dizaines de milliards d'euros pour 2026 et 2027 est-ce que c'est possible est-ce qu'on peut continuer à soutenir l'Ukraine ?

19:46
Locuteur 3

J'ai toujours pensé qu'on en faisait de toute façon pas assez parce que je rappelle qu'aujourd'hui notre sécurité elle est largement liée au fait que les Ukrainiens se battent pour nous mis en difficulté même si on peut avoir les choses un peu différemment pour certains je rappelle qu'il y a 144 millions de Russes qui se battent contre 39 millions d'Ukrainiens et qu'aujourd'hui les Russes progressent très très peu et qu'en 4 ans ils n'ont même pas réussi à conquérir le Donbass pour une armée très puissante c'est quand même un vrai sujet et donc la volonté impérialiste de Poutine est largement mise en difficulté par un pays beaucoup plus petit que lui mais ça suppose que nous les aidions parce qu'évidemment ils ont des moyens qui sont limités même si il faut quand même noter leur très très forte capacité d'innovation et leur capacité d'aller frapper dans la profondeur de la Russie qui est assez remarquable leur capacité à aller comme ça sans trop de difficultés frapper la Russie et on voit que ça marche puisque les files d'attente dans les stations-service en Russie semblent s'allonger les Russes sont résilients et acceptent ce genre de choses mais il faut bien considérer que les Ukrainiens aujourd'hui sont en capacité d'innover d'inventer un missile Flying Go quand même en quelques mois qui semble particulièrement performant même si peut-être il manque un peu de précision mais ils sont très très bons ils sont très très forts ils sont résilients ils sont innovants et aujourd'hui ce qui leur manque c'est sans doute davantage de capacités militaires et les seuls qui peuvent leur fournir des capacités militaires ce sont évidemment les membres les pays membres de l'OTAN et il faut qu'on le fasse parce que je le dis je n'essaie de cesse de le dire ils se battent pour nous aujourd'hui

21:19
Présentateur

on va parler d'Israël et pour ça on va aller chez vous à Belfort bonjour Philippe Piau merci beaucoup d'être avec nous directeur départemental de l'Est républicain pour le territoire de Belfort Philippe vous revenez-vous sur l'accord obtenu par Donald Trump entre le Hamas et Israël

21:33
Cédric Perrin

oui bonjour alors bonjour Cédric Perrin on vous entend beaucoup sur les questions de défense tout au long de l'année la commission que vous présidez c'est aussi celle des affaires étrangères et justement quel regard vous portez sur la séquence qu'on vient de vivre depuis le mois de septembre à la reconnaissance de l'état de Palestine par Emmanuel Macron ce qui vient de se passer avec Donald Trump quelle est de votre point de vue la position de la France son éventuelle singularité en a-t-il encore une sur la scène internationale en matière diplomatique

22:12
Locuteur 3

je crois que d'abord sur la situation bonjour Philippe d'abord sur la situation à Gaza moi je pense que quelle que soit l'opinion qu'on peut avoir de Donald Trump on ne peut que en tout cas se réjouir qu'il n'y ait plus de morts à Gaza et qu'on arrête de bombarder comme ça a été le cas depuis des mois et des mois ce territoire en difficulté c'est assez positif c'est assez rare pour être souligné et donc il faut s'en réjouir le problème aujourd'hui ce sont les perspectives j'allais dire de ce drame terrible qui se déroule dans ce secteur du monde depuis 7 octobre 2023 quelles sont les perspectives moi je suis assez dubitatif sur le règlement politique de la situation je rappelle que depuis toujours la France et le Sénat d'ailleurs dans différents rapports demandent à ce qu'il y ait deux états qui se créent et qui essayent de coexister pour vous

23:09
Présentateur

le temps n'est toujours pas venu

23:10
Locuteur 3

moi je pense que le temps est venu le problème c'est qu'avec ces trois années deux années de guerre et ces massacres qui ont eu lieu de part et d'autre on a créé des générations de gens qui ne vont avoir pour objectif que de se venger quand vous avez des enfants qui ont vu leurs parents mourir sous les balles quel sera leur objectif dans les années qui viennent si ce n'est rejoindre les rangs du Hamas et se venger donc on a créé une situation enfin quand je dis on a il a été créé une situation qui aujourd'hui est assez délétère et qui va mettre beaucoup de j'allais dire de gravillons dans les rouages d'un règlement politique

23:46
Présentateur

est-ce que vous pensez que la guerre est vraiment terminée comme le dit Donald Trump hier soir le ministre israélien de la défense dit qu'Israël reprendra les combats dans la bande de Gaza si le Hamas ne respecte pas l'accord de cesser le feu le Hamas ne semble pas être en mesure de pouvoir rendre tous les corps des otages est-ce que vous craignez du coup que le conflit reprenne

24:03
Locuteur 3

moi je pense que Donald Trump a tordu le bras à Netanyahou c'est une évidence ça a été vu que Netanyahou est en difficulté parce qu'évidemment maintenant que le conflit est potentiellement terminé certains vont chercher des responsabilités et celle de Netanyahou de toute évidence va être cherchée donc ça peut créer des difficultés donc toute occasion de relancer j'allais dire de remettre une pièce dans la machine sera une occasion qu'il sans doute qu'il exploitera

24:30
Cédric Perrin

est-ce que la France a le même rôle à jouer qu'à une certaine époque sur ce dossier-là où parfois elle était en tête en tant qu'interlocuteur vis-à-vis de tout le monde est-ce que je pense que nos changements de pied n'ont pas été modifiés ces derniers temps

24:48
Locuteur 3

je pense que les changements de pied réguliers du président de la République depuis 8 ans maintenant ont quand même particulièrement décrédibilisé l'action de la France à l'étranger et on le voit bien en Afrique on le voit dans une multitude d'endroits d'où on se fait sortir je pense qu'on est faible et qu'on ne prend pas les décisions parfois qu'on doit prendre par peur peut-être et d'autres les prennent à nos places et on voit bien qu'aujourd'hui la méthode de Trump qui est une méthode violente peut parfois fonctionner en tout cas dans les résultats immédiats on verra dans la durée si ça peut fonctionner je suis assez dubitatif

25:20
Présentateur

Merci Philippe Piot merci La Une de l'Est républicain c'est un rapport qui a été rendu par le Sénat hier sur la filière automobile le Sénat sonne l'alarme c'est à la Une de votre journal et merci Cédric Perrin Merci à vous Merci d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada

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