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interview28 minutes - ARTE· 5 août 2025 46 min

Les marchés français / La France aux mains des narcos ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir, très heureux de vous retrouver pour notre petit 8 à 9 quotidien et bienvenue pour une nouvelle émission de 28 minutes. Et bien le bonsoir chers amis autour de la table et l'actualité et bien c'est le trafic de drogue de plus en plus important en France. Tous les territoires sont touchés.

Une note de l'office antistupéfiant alerte sur le phénomène et le gouvernement tente de trouver une réponse. Et le point commun à euh ces phénomènes d'ensauvagement bien souvent c'est le fléau d'une artophique et il a trouvé malheureusement pas seulement dans les grandes villes mais dans les villes de province et y compris en milieu rural qui était des zones des régions plutôt tranquilles un nouveau marché. Alors pourquoi la France est-elle particulièrement touchée par le narcotrafic ?

Est-il possible de lutter contre et d'apporter une réponse à une demande de consommation de plus en plus forte ? Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui chaque soir allument le barbecue pour nous proposer une chronique cuite à point.

Bonsoir Quentin d'Armont et Marjorie Adelson. Alors au programme ce soir Quentin, un monstre qui porte le deuil d'une nation Godzilla et le visage des traumatismes nucléaires japonais. 80 ans après Hiroshima, il a su se renouveler et fascine toujours autant.

Et vous Marjoi, on va partir aux États-Unis où la ségrégation raciale est interdite depuis la fin des années 60. Pourtant, un petit village dans l'Arcansas crée la polémique. Figurez-vous qu'il est interdit aux personnes non blanches.

Et ben, on vous retrouve en fin d'émission. Car avant ça, si je vous dis il est frais mon poisson, ah bah c'est que du local ou une bouteille d'huile d'olive 45 €. Ah bah c'est mon meilleur prix.

On pense tout de suite au marché. Celui qui nous nourrit, celui qui nous réjouit et parfois nous énerve. Oliviermont a dans son dernier livre inspecter les marchés de France ingrédient selon lui d'une société heureuse et il vient nous en parler tout de suite dans 28 minutes. [Musique] Bonsoir Olivier Rasmond.

Bonsoir. Alors vous êtes journaliste et écrivain. Votre livre c'est celui-ci.

On a que du beau. Le marché ingrédient d'une société heureuse publiée chez Echciété. Je vous présente l'équipe de 21 minutes.

Bonsoir Roussell. Bonsoir. Bonsoir Nhatriou.

Bonsoir Jeanu. Alors Olivier Rasmont, autant attaquer les choses dans le dur directement les questions qui fassent. Vous avez autopsié tous les marchés de France presque.

Quel est le plus beau selon vous ? Il va falloir se lancer ce soir. Le marché Saint-Louis à Lyon qui est qui est celui où je vais le dimanche matin évidemment.

Voilà. Voilà. Très bien.

Vous avez répondu directement de quoi vous faire beaucoup d'ennemis. En tout cas le marché, voilà, le marché en fait vous l'avez hein, il faut dire pendant plusieurs mois, plusieurs années. Pourquoi d'ailleurs celui-ci selon vous est le plus beau ?

Parce que vous y alliez. Mais parce que je finis par connaître des commerçants, parce que j'y croise des voisins, parce que j'y ai des habitudes. Et je pense que si on nous pose la question à chacun, on va répondre à peu près la même chose.

Souvent, on en a un ou deux de préférence, le sien et puis celui des vacances. C'est vraiment celui qu'on côtoit presque au quotidien en tout cas. Exactement.

Et ben le marché, on va en parler justement tout de suite mais juste avant sachez que vous êtes ici parce que vous avez le profil idéal pour nous parler justement de l'importance des marchés dans notre société et c'est ce qu'on va voir tout de suite avec Olivier Boucreux. [Musique] Olivier Razemont vous arpentez les villes et les marchés. Avec l'été revient le plaisir d'aller y flanner, goûter, acheter.

C'est toujours 10 ? Ah non, c'est 12. Pour raconter ces lieux aussi vivants qu'essentiels, vous le journaliste et auteur, vous avez le profil idéal.

Né à Lille en 1967, vous choisissez très tôt d'observer nos villes et vous préférez le terrain aux théories. Dans le journal Le Monde notamment, vous enquêtez sur les mobilités, l'urbanisme, la dévitalisation des territoires. Vous pointez les effets concrets de l'étalement urbain, commerce rayé de la carte, quartiers éloignés, liens sociaux distendus.

Une ville, c'est pas seulement des commerces, c'est pas seulement des murs, c'est aussi des habitants. Et aujourd'hui, on est en train de perdre ces villes de France. Chacun de vos livres éclaire une facette de ce que signifie vivre en ville.

Vous mettez de l'humain dans l'urbain. Comment la France a tué ces villes démontent l'illusion des zones commerciales et plaides pour redonner vie au centre-ville. Le pouvoir de la [ __ ] réhabilite le vélo comme outil d'égalité, loin des clichés. chronique impatiente de la mobilité quotidienne donne à lire une France fatiguée de subir ses trajets.

Est-ce qu'il n'y aurait pas moyen et c'est en plus de ça une demande récurrente d'avoir davantage à proximité de vivre à proximité des lieux de destination que ce soit les lieux de travail, les lieux de de d'administration les les lieux familiaux et puis les lieux de commerce. Avec on a que du beau. Vous posez votre regard sur un lieu que vous fréquentez régulièrement, le marché.

Pas seulement forin, pas seulement alimentaire, mais ce rendez-vous public où se joue chaque semaine une scène de vie urbaine. Vous y allez par goût, par curiosité, par besoin aussi. Vous y entendez ce que beaucoup n'écoutent plus.

L'inflation, les recettes, les solitudes, les accents, les colères. Tout trop cher. Le marché est pour vous un théâtre fragile, inconcentré d'enjeux contemporains, climat, santé, lien social.

Il pourrait être un levier central des politiques urbaines, mais il est souvent relégué. Les élus viennent y tracter mais jamais y investir. Vous vous le prenez au sérieux, le marché c'est la ville à visage humain.

On ferait bien d'y croire un peu plus. [Musique] Voilà Olivier Rasmont, dans votre livre, on a que du beau. Alors on s'aperçoit, il y a un chiffre, il y aura entre 8000 et 12000 marchés en France.

Est-ce qu'on peut dire que c'est d'avoir autant de marchés, c'est une spécificité française en fait ? Oui, j'y croyais pas en commençant l'enquête, mais je me suis rendu compte que finalement de manière assez récurrente dans les pays d'Europe, il y a des marchés. Il y a des marchés dans les villes, dans les grandes villes, parfois autour des dans les villages autour des lacs italiens, mais pas autant pas ce côté un peu systématique de la bourgade de 2000 3000 habitants avec le marché, le distributeur de monnaie, le café du coin et tout le monde qui se retrouve à la fin du marché.

Et ça vraiment, j'ai vu j'ai vu qu'en France. Est-ce que c'est lié à notre amour pour la nourriture ? Un peu.

Alors, il y a je pense que oui, c'est que ça reste malgré tout constant. Il y a cette ce ce rapport à la gastronomie qui est plus fort en France que dans que dans les pays voisins. Et puis il a une autre raison un peu un peu plus négative, c'est que la France est a multiplié les les grandes surfaces périphériques qui ont tué les commerces de centre-ville et donc tous les commerces de proximité se sont en difficulté, ont été dans certaines villes, il y en a pratiquement plus et le marché reste le dernier endroit où on peut faire des courses de produits frais en centre-ville et pas et pas et pas en périphérie.

Et donc c'est une des raisons aussi pour lesquelles les marchés sont florissants. Parfois, ils se tiennent dans des bourgades de 5000 habitants sur fond de vitrine vide. Alors, sur le marché, on voit il y a des fruits et légumes, il y a de la rôtisserie, puis il y a aussi des hommes politiques, hein, des hommes et des femmes politiques que l'on croise puisque ils viennent encore au marché pour tracter.

C'est vrai que quand on va se promener quelque part, on rencontre l'ord de campagne municipale comme ce sera le cas l'année prochaine. Donc c'est vraiment un endroit important encore pour les politiques. Alors, il y a une raison à ça toute simple, c'est que c'est un lieu, c'est le domaine public et donc on n pas besoin de demander d'autorisation.

Si on doit aller alors dans une gar, c'est interdit. euh sur un parking de supermarché, il faut demander l'autorisation du du promoteur, du distributeur. Là, sur le marché, c'est possible.

Donc ça, c'est une première raison. Et puis en plus, il y a toujours cette espèce de mythe de lieu qui français qui a qui qui est en plus de ça un lieu de nourriture, bon vivant, bienheureux où tout se passe très bien. Et donc on le voit alors non seulement les politiques le font mais ce qui est amusant c'est dans les articles politiques que je lis régulièrement, on a toujours oui, cette mesure là on n'a pas encore été testée sur les marchés.

Alors tiens, on pense quel marché financier, non les marchés fortins. Et donc à chaque fois ça revient. Oui, tel politique, il est très très bien mais alors il va pas souvent sur les marchés.

Bon, on dirait c'est vraiment une sorte de on dirait qu'on a rassemblé là des gens dont le métier c'est de jouer le rôle de figurant pour les politiques qui viennent qui viennent faire leur alors Olivier Rasmond, c'est étonnant d'ailleurs puisque finalement c'est prisé les marchés par les politiques au moment de tracter. En revanche, c'est complètement oublié des politiques urbaines. Vous déplorez c'està dire que c'est étonnant.

C'estàd que quand en politique va dans une usine et va parler d'industrie, dans une école d'éducation et au marché, il va parler de lui. Et effectivement, ce qui se passe quand on regarde, le marché répond à toute une série, le marché for répond à toute une série de préoccupations contemporaine, ne serait-ce que la connaissance des produits alimentaires, des fruits et légumes que beaucoup de gens n'ont pas forcément, la convivialité, la proximité, les circuits plutôt courts, pas toujours mais plutôt courts, des produits plutôt locaux. Et en fait, il y a toute une série de de politiques publiques qui s'adressent à ces sujets qui qui essaient de de répondre à ces enjeux, revitaliser les centrebourgs, faire en sorte qu'il y ait des villes plus agréables, piétonisation temporaire.

Ah, ce serait bien si on avait chaque semaine un lieu où on pourrait se retrouver pour faire quelque chose ensemble et ce mais vous l'avez sous vos yeux, c'est le marché A. Et alors ils répondent "Ah bah, j'y avais pas pensé." Et c'est très étrange en fait, le marché passe sous les radars.

Alors vous dites ça, ça passe sous les radars de la parallée politique, mais est-ce que du côté des Français, du des consommateurs français, est-ce qu'on a un peu un peu l'image fantasmée du marché d'une France idéale, du marché, voilà, qui est en bas, qui est autour dans sur la place du village, la place de la petite ville, est-ce qu'on fantasme pas un peu ça aujourd'hui alors que ça peut être aussi un peu différent à marché. Les marchés, il y en a quoi entre 8 et 12000 en France, on sait pas exactement d'ailleurs, on les on les répertorie pas assez. Et en fait euh il il est à chaque fois le miroir de son quartier, le miroir de sa ville.

Donc oui, il y en a qui ressemblent un peu au marché de village, au marché de voilà le marché de Provence, tel qu'on imagine de de Gilber et puis d'autres qui sont des marchés de quartier populaire de des marchés de de de Baba euh Babacol de villages de de je sais pas de de la Drome d'autres euh voilà, il y a toute une série des marchés évidemment bourgeois, des marchés bobo, il y a toute une série et parce que le marché s'adapte de toute façon à son environnement, il est le reflet de de de la ville qui l'entoure et finalement quand on parle avec les gens, il est assez rare. Il y a des gens qui n'y vont jamais mais il est assez rare de rencontrer les gens qui seraient contre le marché trou scandaleux. Oui, mais bien sûr, mais il y a pas beaucoup de d'objets.

Il y a pas beaucoup d'objets comme ça, hein. Quand vous parlez de vélo, de SUV, de ski, de je sais pas, là vous avez des gens qui vont être contre. Là, le marché bah non, il y a pas de gens qui sont contre.

Alors, Olivier Razon, dans votre livre, vous parlez également d'un phénomène récent, les faux cortes ou fa ou encore les Halles gourmandes. Et on va voir avec vous Natacha que ce concept fait recette. Oui, en France, ce sont des établissements qu'on fleurit un peu partout.

On envoie dans les métropoles, dans les villes moyennes, en juin à la Valle, bientôt qu'un père, l'Orient Mobeuge. À première vue, ça ressemble à nos marchés couverts. Son ils sont sont souvent installés dans des friches industrielles rénovées.

Ce sont des espaces hybrides entre lieux culturels et comptoirs gourmands. On y passe d'un stand à l'autre et on peut y dicuster par exemple des kebabs d'endouillette ou de la pastilla au pigeonau. Alors le concept nous vient du New Jersey en 1974.

Ça s'est développé ensuite dans les années 80 dans les pays anglo-saxons et en Asie avant d'être popularisé à Lisbonne et à Londres. Alors ces hâles reprennent les codes du marché avec cet esprit convivial mais en réalité elles sont basées sur un autre modèle économique. Elles sont portées par des opérateurs locaux mais aussi des grosses entreprises comme Bill Toky par exemple qui en possède 12 sur le territoire.

Olivier Asmont finalement les halles gourmandes comme ça est-ce qu'elles sont une menace pour les marchés ou une façon de les moderniser ? C'est tentant pour un maire ou pour des acteurs économiques locaux de se dire tiens le marché anime la ville le tel jour le vendredi, le samedi ou le dimanche. Et donc on va essayer de répliquer ça.

Et en plus à la fin du marché, il y a un moment convivial où les gens se mettent comme dans la d'Avignon ou de ou de Narbon à manger sur un coin de table. Donc on va répliquer ça et on va en faire un un lieu de destination. Sauf qu'on oublie que le marché, pourquoi il est un lieu de convivalité ?

Mais parce qu'il est aujourd'hui et pas un autre jour. Si on se retrouve le samedi matin, c'est parce qu'on ne peut pas le faire le mardi après-midi. Si c'est ouvert tous les jours, ben la probabilité de croiser son voisin est quand même beaucoup plus limitée.

Et puis en plus, comme euh c'estes euh euh ces exploitants ont besoin de de faire de l'argent tout simplement, et ben ils augmentent les prix euh des loyers. Les les commerces doivent payer, c'est plus des commerçants ambulants par définition puisque c'est de commerçants sédentaires et euh c'est des loyers élevés, des charges élevées. Ils se mettent à faire ce que fait la grande distribution, c'est-à-dire la climatisation au demi degré près pour que les gens soient confortables, soit soi soient à l'aise et cetera.

Et puis en fait, ben ça coûte cher et finalement les les prix augmentent. Et c'est pas sûr qu'à la fin, c'est vrai que c'est une tentation, mais c'est on voit quand même beaucoup des d'échecs dans ce domaineel. Et d'ailleurs, ils sont en train, j'ai parlé avec Milty il y a quelques jours, ils sont en train de de de refaire un petit peu leur leur leur leur modèle économique pour se diriger davantage vers la restauration et un peu moins vers la vente de produits.

Finalement, quand on regarde quand même, le marché n'est pas vrai tant en déclin que ça dans les villes moyennes, il y a de tr jours parfois de marché par semaine, ça marche plutôt bien. Alors oui, alors quand même alors je je il marche plutôt mieux à quelques l'alimentaire ça fonctionne bien la les alors là aussi on a peu de chiffres hein mais les les les consultants spécialisés le disent. Quand on regarde quand même dans les années 80, il y avait 400000 commerçants dans sédentair, aujourd'hui il y en a 180000 ou 160000.

Donc ça a quand même baissé sur le long terme. Mais c'est vrai que ça reste vivace et tant mieux. Et je pense que c'est une des raisons, c'est que on a là une réponse à à la à la solitude urbaine.

On a on a une possibilité de se croiser, de se rencontrer, d'écouter les commandes des autres. Ça c'est intéressant d'écouter la commande des autres parce que d'abord on risque de prendre la même chose. Il nous a conseillé le bleu de bress mais on va faire pareil.

Et puis en plus on on on est en on est en phase, on peut commencer à discuter, à avoir des petites discussions. On a des copains de marché avec lesquels on n pas besoin de fixer de rendez-vous. Voilà.

Si vous avez un problème pour faire vos courses, n'hésitez pas à aller à Lyon voir Olivier Rasmond. Il vous aidera en tout cas sur les marchés. Merci beaucoup Olivier Rasmond.

Votre livre. On a que du beau le marché ingrédient d'une société heureuse par chez écociété et à lire bien sûr en cet été où il y a tellement de marchés. C'est vrai qu'on passe notre temps sur les marchés.

Merci d'être passé ce soir par minutes. Allez passons maintenant à notre débat. Une menace existentielle pour notre pays.

Cette phrase est signée par le ministre de l'intérieur en avant propos du dernier rapport de l'office antistupéfiant. La France serait désormais gangrainée par le trafic de drogue avec une consommation en hausse et des narcotrafiquants de plus en plus implantés. Alors, est-il encore possible d'endiguer le phénomène ?

Peut-on livrer une guerre contre les trafiquants sans s'attaquer aux raisons d'une si forte demande ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [Musique] C'est un phénomène de grande ampleur qui touche désormais tout le territoire.

Le trafic de drogue explose. C'est la conclusion d'un rapport de l'office antistupéfiant qui a fuité dans la presse. En déplacement dans un commissariat parisien il y a quelques jours, Bruno Retaillot avait affiché sa détermination à lutter contre ce phénomène.

Le point commun à ces phénomènes d'ensauvagement bien souvent c'est le fléo d'une archéotrophique. et il a trouvé malheureusement pas seulement dans les grandes villes mais dans les villes de province et y compris en milieu rural qui était des zones des régions plutôt tranquilles un nouveau marché. La consommation explose en France. 3,7 millions de français ont déjà touché à la cocaïne.

Plus d'un million l'auraient déjà fait l'an dernier. C'est près de deux fois plus qu'il y a 4 ans. On voit que les personnes qui consomment de la cocaïne sont pas les mêmes qu'il y a 10 ans.

Aujourd'hui, on a des personnes qui des actifs, des personnes qui travaillent, qui prennent de la cocaïne pour pour tenir. La production mondiale est en hausse et la France avec ses 5500 km de côte, l'aéroport Charles de Gaulle, le plus grand d'Europe, ses territoires d'outre mer et son réseau d'autoroute, est aussi une terre de transit et d'innovation. L'imagination est au pouvoir.

On a eu la cocaïne pressée qui fait la coque de la valise. On a eu de la cocaïne noire, donc un petit peu comme du cacao, du café. Euh on a eu euh des euh évidemment dans les fruits et légumes.

Un phénomène qui dope les chiffres de la criminalité selon le rapport. L'an dernier, 367 assassinats ou tentatives de meurtre en lien avec le trafic de drogue ont eu lieu en France, soit un par jour. Signe que le phénomène se propage sur le territoire, les actes ont eu lieu dans 173 villes différentes contre 161 l'année précédente.

L'an dernier, le gouvernement lançait en grande pompe les opérations dites Placnet XXL. En juin, la loi visant, je cite, à sortir la France du piège du narcotrafic a été promulgué. Pour quel résultat ?

Malgré l'arsenal législatif et les contrôles renforcés, les narcotraafiquants font-ils régner leur lois dans certaines parties du pays ? Voilà. Et pour en parler, nous recevons ce soir Mathieu Zakrovski.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes chercheur associé, spécialiste des politiques de sécurité au centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales.

Selon vous, le narcotrafic génère de la violence, notamment à travers la compétition entre les villes petites et moyennes. Le nouveau territoire de conquête des narcotrafiquants, dites-vous, c'est la France des villes de 50000 habitants. À vos côtés, Fabrice Rizoli.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes enseignant à Science Po et à l'école des hautes études internationales et politiques, spécialiste de la grande criminalité et des euh mafia président de l'association Crime Alt.

Selon vous, les zones de trafic sont devenues hors de contrôle pour les élus locaux, mais ça ne signifie pas qu'ils ne peuvent rien faire, même s'il y a encore des réformes à faire pour être plus efficace contre les narcotraafiquants. Et puis Violette Lazar, bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes chef du service enquête au nouvel Hop. Vous avez coécrit avec Philippe Lanier le documentaire Vettétat qui est disponible. On peut le voir encore sur la plateforme France.tv. tv.

Selon vous, tout ce qui est lié au narcotrafic, l'argent, le bling, le côté rebelle est devenu attractif pour certains jeunes. Une partie de la pop culture les incite à franchir les limites de l'interdit. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Hélène et le mot du jour de pour être précis, tsunami blanc.

L'expression a été repris a été reprise un peu partout hein, mais c'est le ministre de l'intérieur Bruno Retaillot, le premier qui l'a utilisé, c'est il l'avait choisi pour décrire la prolifération notamment de la cocaïne sur tout notre territoire. près de 38 tonnes saisies sur les 6 premiers mois de l'année. C'est une augmentation de de 40 %.

Alors, tsunami blanc comme si la France était soudain noyée sous sous la drogue. L'image est parlante. Mathieu Zagrotski, est-ce qu'elle est-ce qu'elle est pertinente pour autant ?

Alors bon, c'est évidemment une expression qui est très très imagée. C'est une formule choc. Après ce qui ressort d'un diff, comment dire de différentes sources, de différentes enquêtes, des terrains d'étude que j'ai pu mener moi-même, c'est effectivement l'expansion de ces trafics sur des territoires qui jusqu'ici étaient très préservés.

Jusqu'ici quand on parlait de trafic de stupéfiant, on pensait surtout au aux grandes agglomérations, au banliers, aux grands ensembles en fait des des grandes villes. Euh aujourd'hui, ce qu'on l'on voit, c'est l'implantation, comme vous l'avez dit en introduction euh dans des villes qui vont faire 20, 30, 40, 50000 habitants avec parfois des phénomènes où ces groupes issus de ces grandes agglomérations vont aller tester des marchés ailleurs parce que on le sait, la consommation est extrêmement importante. Je crois que on vient de l'entendre, il y a plus d'un million de personnes qui ont consommé de la cocaïne l'année dernière.

Il y a aussi plus de 5 millions de personnes qui ont consommé du cannabis. Donc en fait ça devient un produit de consommation de masse et il y a pas de raison que ce produit ne soit pas consommé ailleurs que dans la grande ville. Donc du coup on cherche à s'implanter là où il y a la clientèle.

Fabrice et pourquoi la France est-elle à ce point touché ? Alors, pour deux raisons. La première, c'est que les cartels colombiens ont décidé de faire exploser leur production depuis une dizaine d'années.

Donc, on a euh selon les enquêtes de l'ONU une augmentation de voilà de la production de cocaïne. Elle est corrélée au nombre de saisies qui linéairement augmente depuis 2014 et euh ceci rend la cocaïne beaucoup plus accessible et disponible. Accessible, ça veut dire qu'elle est facile, plus facile à trouver et donc la baisse du prix en fait partie.

Accessibilité et la disponibilité, c'est qu'il y en a beaucoup sur le marché. Donc ils ont décidé d'inonder l'Europe. Ils ont un marché saturé aux États-Unis.

Ils cherchent à saturer le marché en Europe. Donc tant que tant que le marché ne sera pas saturé, je pense qu'on aura une augmentation de la consommation. C'est ce que disent les enquêtes de consommation qui pour une fois sont faites en valeur absolue.

On a beaucoup joué à se faire peur en disant qu'on consommait plus mais on est aussi plus nombreux. On a pris 10 millions d'habitants en 20 ans, donc faut faire attention. Mais en valeur absolue, c'est certain.

Voilà. Donc c'est aussi une stratégie donc de la part des des organisations criminelles qui produisent la cocaïne ou la font venir. Et pourtant, on va le voir avec vous Natacha, c'est assez étonnant.

C'est vrai que les points de deal, points de deal traditionnel, les points de vente physique en fait sont en baisse. On en dénombre aujourd'hui 2729 sur le territoire. C'est 32 % de moins qu'en 2022.

Alors, comment expliquer justement ce paradoxe ? C'est peut-être pas un paradoxe, mais plutôt une mutation. Les modes de distribution se dématérialisent.

Selon une note de police du 30 juillet, la livraison de drogue à domicile est en plein essort. Les clients passent commande sur Snapchat ou sur des messages cryptés, voilà, WhatsApp, Telegram. Ce phénomène, on l'appelle Uberhet ou Ubercoke.

Commander un taxi, se faire livrer une pizza ou de la cocaïne, l'ubérisation du monde touche même le marché de la drogue. Alors cette tendance, elle est pas nouvelle quand même. Oui.

Alors c'est vrai qu'elle s'est développé avec le Darknect en 2010, mais la numérisation du trafic a pris de l'ampleur depuis le Covid et les et les confinements. Aujourd'hui, elle s'amplifie, elle prend une nouvelle forme avec des méthodes de distribution disons innovantes. Le trafic peut par exemple se structurer autour de location Airbnb.

C'est le herb détourner des boîtes à clés le herb coque. On peut peut-être que vous-même sans être un consommateur, vous avez déjà reçu des textos promotionnels unquet neige marido avec les tarifs et même un répondez stop si vous n'êtes pas intéressé avec donc des listes de téléphones qui circulent. Alors cette ubérisation du marché de la drogue touche toute l'Europe.

Violette Lazar les sort de ces nouveaux points de deal numérique, est-ce que ça risque pas d'être plus difficile à démantler ? Euh si si c'est certain. Euh disons que aujourd'hui le l'attention qui est mis par les par les autorités enfin le le focus a été de démanteler les points deal comme vous l'avez dit.

Donc effectivement ils ont diminué. Après cette diminution on le voit bien, on le voit bien avec les nouveaux chiffres, ça n'a absolument pas entamé le le volume du trafic de de cocaïne sur le territoire. Et de toute façon, j'ai envie de dire, bon là aujourd'hui, il y a les dématérialisations, il y a les chaînes télégram, il y a les livraisons à domicile, il y a le dealer qui va s'installer dans les villes euh les petites villes en Normandie parce qu'on sait que là-bas, il y a une grosse consommation.

Enfin, il y a eu des il y a eu des interpellations, il y a eu des enquêtes judiciaires là-dessus. Donc, on le sait. Euh et mais ce qu'on constate, c'est qu'il y a une adaptabilité euh assez effarante de tout ce qui est lié au trafic.

Bon, c'est lié à la manne financière qui qui s'en dégage évidemment. Euh donc à partir du moment où il va y avoir des moyens de démanteler les réseaux, même s'ils sont dématérialisés, il y aura d'autres choses qui seront inventées. Enfin, je là-dessus, c'est assez clair.

À chaque fois, on voit bien, il y a des nouvelles il y a des nouvelles il y a des nouveaux modes de de de d'acheminement qui sont qui sont trouvés. Donc aujourd'hui, c'est vrai que cette dématérialisation, ça permet d'échapper un petit peu. Enfin, ça pour l'instant c'est un peu une un trou dans la raquette des autorités, mais ça le ça le ça ça le restera certainement pas.

Le fait qu'il y a comme ça plus de zone blanche en France, euh Mathieu Zagrotski, est-ce que ça veut dire que il y a aussi la hausse de la criminalité un peu partout ? la criminalité liée euh et les violences liées effectivement au narcotrafic sont plutôt en hausse. Encore une fois, sur des zones euh inhabituelles.

Alors, je je veux pas stigmatiser telle ou telle ville, mais par exemple, il y a 15 jours, euh il y a une personne, un jeune homme qui a été retrouvé mort à Montargis, euh donc qui est une agglomération qui fait au total une cin de milliers d'habitants. L'enquête a pas encore établi avec certitude le lien avec les stupéfiants, mais en tout cas une quantité de stupéfiants a été trouvé sur la personne. Et ce qui remonte des des services d'enquête, que ce soit police ou gendarmerie, c'est que effectivement on a désormais soit des fusillades avec voilà l'usage l'usage d'arme à feu, soit des violences très graves dans des territoires qui encore une fois étaient préservés pour une raison extrêmement simple he encore une fois c'est que ce sont des nouveaux marchés.

Ce que je disais tout à l'heure, les villes petites et moyennes, ce sont des territoires à conquérir et donc bah il y a une compétition spatiale entre des groupes criminels, des groupes délinquants pour les acquérir. Ce impressionnant, c'est le le terme que nous avait employé, c'estàd zone blanche he c'est le terme employé dans le rapport. Ça veut dire zone blanche comme on l'a d'habitude sur les portables.

C'estàd que là, c'est précisé dans ce rapport donc de l'office français antistupéfiant qu'il n'y aurait aucune zone en France où on ne peut pas se procurer de la drogue. Oui. Alors euh ça fait 30 30 ans que je fais des recherches dessus et en fait par exemple l'héroïne et le cannabis était totalement accessible et disponible dans les campagnes il y a 30 ans.

Simplement il était souvent souvent le fait de consommateur revendeur qui allait chercher une partie de l'héroïne par exemple à Rotterdam et et ça se passait plutôt bien. C'était pas des organisations criminelles comme on le voit. La cocaïne a cette spécificité que la plusvalue, l'argent qu'elle rapporte est un peu plus élevé que le cannabis.

Voilà. Donc les compétitions sont exacerbées. Et ensuite évidemment à partir du moment où vous avez des organisations criminelles qui commencent à être assez puissantes à Marseille, le phénomène nouveau par exemple c'est qu'il fonde sur des villes.

C'estd qu'avant quelqu'un qui était de Marseille n'allait pas faire le coup de pistolet anime. Aujourd'hui, un clan peut avoir envie de récupérer son business appelle la DZ mafia, se fait aider pour monter anim et ça donne des fusillade à coup de kalashnikov et parfois d'ailleurs avec les victimes innocentes, faut le rappeler, il n'y a pas que les gens impliqués dans le trafic qui meurent en France. Violette Lazar, on parle dans ce rapport quand même une autre expression de contreculture.

Euh c'est un peu une expression qu'on a entendu et qu'on entend depuis des années. On c'est une réalité. Oui, juste peut-être je vais répondre à votre question mais juste avant d'y arriver, je trouve ça intéressant de dire aussi qu'il y a une dématérialisation des de il y a il y a une espèce de de RH en tout cas qui se fait de façon dématérialisée dans le trafic de stuc et qui explique aussi pourquoi il y a plus de zone blanche en France.

C'est-à-dire que on va aller recruter via les réseaux aussi, via Telegram, via Snapchat et cetera une espèce de de de de masse de personnes qui qui sont prêtes à travailler pour le trafic de stup, qui cherchent de l'argent, qui ont pas de qualification, qui viennent de Marseille, de n'importe où en France et qui vont faire un peu un Tour de France de de des réseaux et qui à partir de là vont être aussi très vulnérables, faut pas oublier ça. Alors certes d'un côté ils vont chercher de l'argent, ils vont être embauchés par les réseaux, mais après ils vont devenir en quelque sorte prisonniers des réseaux et pour quelques centaines d'euros parfois hein, c'est pas des dizaines de millions, c'est pas ça qu'ils sont payés. Ils vont être très on voit à l'écran la grille de salaire entre guillemets hein de voilà des petits sur les trafic de drogue.

C'est ce qu'on appelle les joburs dans les joburs voilà un fantasme aussi là-dessus. Donc il y a des jokers effectivement, mais il y a aussi des tueurs. Est-ce que c'est d'autant plus facile à employer par rapport justement à cette culture que l'on développe, cette contreculture comme vous le disiez sur le bling, le luxe, la facilité de l'accès facile à l'argent ?

Oui. Alors cette contreculture, elle est effectivement citée dans le rapport qui est fait récemment par les autorités là, enfin qui a été publié ce weekend, enfin qui a été publié pas à destination du grand public, mais en tout cas à usage interne par de contreculture. Cette contreculture, elle peut elle c'est un peu flou, c'est un peu vague comme terme.

Donc à quoi ça peut ça peut renvoyer ? Moi pour le coup, je pense pour avoir vu dans mes enquêtes que j'ai mené pour l'Ops, pour avoir pu voir des des des témoins en fait qui au cours des gardes à vue qui disent "Bah voilà, moi c'est ça qui m'a attiré, c'est plutôt c'est plutôt ça." Il y a il y a cette image qui est renvoyée, je pense, par les séries par exemple, par les films.

On voit que tous ils ont des noms de code quand ils sont sur les réseaux justement, ils ont tous ils s'appellent tous avec les noms des des patrons des des cartels colombien ou alors ils font référence aussi parfois à la mafia italienne. Euh et donc voilà tout ça c'est en fait un un voilà une essence de dont il se nourrit. Il y a le rap.

On peut pas quand même nier que tous les rappeurs aujourd'hui dans leur clip ils se mettent en scène. Il y a tous les codes du narcotrafic en tout cas qui sont certains pas tous on va dire pas tous. Enfin, en tout cas, ceux qui sont écoutés le le plus et et puis c'est un marché qui qui rapporte quand même de l'argent, hein. 7 milliards d'euros ce marché de la drogue.

Alors, comment frapper les dealers au porte-monnaie ? Catherine Votrein, la ministre a bien une idée. On la regarde.

Je vous rappelle que narcotrafiéquant, c'est pas une activité légale. Donc officiellement, ces gens-là n'ont pas de boulot. Donc officiellement, ils cherchent du boulot.

Ils sont au RSA. Dès lors qu'ils sont évidemment arrêtés, condamnés, un, on récupère le RSA et je veux même trouver un morceau de texte législatif pour mettre de la CSG là-dessus. Moi, je vais mettre de la CSG, c'est de l'argent indument gagné.

Alors, si on impose la CSG, ça voudrait dire que le dealer, être trafiquant, c'est donc un un métier. Il y a quelque chose d'assez sur là, Fabrice Rizoli. Oui.

Alors, ils sont déjà taxés à 9 % parce que les activités illicites depuis une quinzaine d'années sont effectivement taxées. Le problème, c'est que sur le narcotrafic, c'est pas le bon angle. Il y a pas que moi qui le dit, un magistrat répété hier.

Euh normalement euh on a déjà procédé au maximum à la confiscation de son patrimoine. Il reste plus beaucoup euh aux impôts pour récupérer quelque chose à de rares exceptions prêts et ça ressemble à une mesure encore du bas du spectre, priver les allocations familiales et tout. Très bien.

Très bien. Mais il y a des méthodes de confiscation beaucoup plus efficaces qui viennent d'Italie et qui sont pratiqués en Irlande ou ailleurs. Des confiscations sans condamnation pénale et propriétaires.

Parce que le problème c'est qu'on confisque très peu d'avoir dans le trafic de stupéfiant. Ça représente à peine 10 % des confiscations en général. Pourquoi ?

Parce que les policiers sont obsédés par le produit. Ils ne veulent que confisquer la drogue. Ils n'ont pas le temps de faire autre chose.

Il y a un déficit d'officiers de police judiciaire en France. Il y a un déficit de magistrat. On a deux fois moins de magistrats que la moyenne de l'OCDE.

Et donc il faut améliorer les processus de confiscation. On a proposé à Crimalt au parlementaires. Ça a été refusé lors de la loi narcotrafique.

Mathieu sur cette proposition de la ministre, qu'est-ce que vous en pensez ? Bon alors je vais pas me prononcer sur le taux les non mais sur le fait qu'en est fait est-ce que c'est un métier comme un autre ? Est-ce qu'on peut ponner davantage ?

Est-ce que c'est ce qui marche finalement ? comment dire le le point de vue des autorités, c'est de dire que ce sont des flux financiers, ce sont des revenus et donc les revenus sont taxables. Après, plus globalement, évidemment que s'attaquer aux porte-monnaaies est l'une des méthodes qui marche ou en tout cas devrait être appliquée.

Disons que le trafic de stup, il y a plusieurs aspects. Il y a un aspect vraiment voie publique, ce sont les points deal, c'est ce qu'on évoque depuis tout à l'heure, ce qu'on appelle communément les fours avec toutes les nuisances que cela que cela engendre. C'est une organisation.

Euh donc vous avez les petites mains sur le terrain, vous avez des semrosssistes, des fournisseurs, des transporteurs et puis vous avez des flux financiers qu'il faut écouler et blanchir. Et ça c'est un angle qui est évidemment essentiel, c'est non seulement confisquer les avoirs des des criminels, mais en fait vous avez tout un éventail de commerce, tout un éventail en fait de de boutiques, de barbiers, de téléphonie mobile, de snack et cetera qui ont génère très très peu de chiffres d'affaires et en fait cherchent pardon servent à blanchir l'argent de la drogue et donc s'attaquer à ça, c'est compliqué la vie. C'est compliqué la vie des trafiquants et là je vais a la proposition de madame évidemment le flux financier c'est le nerf de la guerre dans la question de la criminalité organisé Violette Lazar justement est-ce que l'isolement des trafiquants en prison c'est une bonne idée l'isolement en prison en fait le le le principe de la prison est quand même d'isoler normalement les personnes qui sont détenues.

On voit aujourd'hui dans plusieurs dossiers ces dernières années que c'est absolument pas le cas. C'est-à-dire qu'il jonglent avec les téléphones portables. On va s'arrêter au téléphone portable parce que à quoi ça leur sert ?

Ça leur sert à continuer à diriger euh les réseaux, même pire, ça leur sert à continuer à commanditer des assassinats. Donc évidemment que l'isolement des trafiquants en prison, j'ai envie de dire, c'est un petit peu la base à laquelle aujourd'hui on ne peut pas répondre pour plusieurs raisons. Il y a les les la surpopulation carcérale, il y a aussi les brouilleurs qui sont censés être installés qui ne marchent pas.

Il y a le pouvoir corruptif énorme des narcotrafiquants. Encore une fois, la mane financière qui euh qui est u qui est qui est dégagée par le trafic permet de corrompre les agents pénitentiaires euh mais aussi des greffiers, mais aussi des policiers, ce qui permet de faire rentrer en prison tout un tout tout un arsenal en fait qui leur permet de continuer leur activité. Donc oui, isoler les plus gros trafiquants en France aujourd'hui effectivement ça peut amener à un arrêt de leur activité.

Grâce à nos archives, on va voir que le sujet n'est pas nouveau, hein, bien sûr. On a dit depuis le début, en 1983, la télévision française découvre que les soirées mondaines se repeaignent le nez en blanc. La cocaïne, vous allez le voir, est à la mode.

New York, San Francisco et aujourd'hui Paris, la vague de la cocaïne a désormais gagné la France. Et si on estime que 15 millions d'Américains en ont déjà pris, c'est près de 2 millions de Français qui en auraient déjà goûté. Cela malgré les efforts des policiers de l'Office central de répression des stupéfiants qui saisissent près de 110 kg par an.

Acheter 10000 francs le kilo, la cocaïne est revendue sous forme de petit paquet d'un g, pas moins de 600 francs. Pour ce prix-là, les consommateurs s'offrent le plaisir de manipuler les cristaux, de les écraser pour pouvoir tirer une ligne qu'ils aspirent par le nez à l'aide d'une paille. Snif, c'est le dernier geste à la mode dans les soirées mondaines.

Voilà, nous étions en 1983, ça a un peu changé aujourd'hui, c'est normal, on est à notre échelle, Mathieu Zagroski, est-ce qu'aujourd'hui quand on le voit parler aussi des consommateurs comme l'a fait le ministre de la justice ou ministre de l'intérieur notamment sur le cannabis le join ce qu'avait dit Gérald Arrmanin, est-ce que ça fonctionne aussi puisqu'on le sait, la consommation est très importante en France, on est le premier pays d'Europe la consommation, elle est très importante alors que sur le papier, on a l'une des législations les plus répressives répressives d'Europe. Alors, c'est vrai que ce qui a beaucoup été mis m mis en avant en dehors des opérations Placnet dont il a déjà été question, c'est l'am forfaitaire délectuelle. C'est le fait de sanctionner sur place immédiatement le consommateur qui vient d'acheter de la drogue ou qui est pris en train pris en train de consommer.

Alors, il y a plusieurs difficultés avec ça. La première, c'est le taux de recouvrement. C'est qu'on est sur des taux de recouvrement qui doivent être autour de 30 % de ces de ces amendes.

Oui, parce qu'il y a un certain nombre de conditions en fait à remplir pour que l'amende soit perçue immédiatement. Alors, il faut que la personne soit majeure, il faut que la personne euh l'identité de la personne soit établie avec certitude. Donc, ça c'est une première chose.

Euh ensuite, alors l'idée selon laquelle si on stoppe euh la consommation, si on comment dire si on tarie la demande, bah forcément, il y aura moins d'offre. Oui, c'est assez logique. La difficulté, c'est qu'encore une fois, on est face à un marché qui concerne alors je vais faire une approximation 6 millions de personnes si on ajoute le cannabis et la cocaïne.

Bon, alors sachant qu'il y a évidemment des polyconsommateurs, c'est pour ça que je dis que je fais une une approximation. Euh il y a aussi un sujet de santé publique, de prévention. Ça ne peut pas passer que par euh l'attaque répressive en fait du consommateur.

Fabrice Risoli, c'est vrai cette responsabilité individuelle du consommateur, elle est aussi à prendre en compte ou c'est anecdotique ? Non, j'y crois pas trop. Euh, un monde sans drogue n'existe pas.

J'étais chercheur à l'Observatoire géopolitique des drogues et toutes les sources nous disent que la drogue existe. Au moins, le cannabis mériterait d'arrêter sa prohibition telle qu'elle est organisée maintenant. Ça pourrait permettre moyen de test.

Les enjeux, c'est que ça ferait pas des diminuer le finir le trafic, mais au moins la personne qui voudrait se procurer du cannabis ne le ferait pas au niveau d'un trafiquant et tous les pays qui ont légalisé en gros ça fonctionne. Donc ça c'est vraiment une réflexion qui est totalement ignorée. Et puis alors vous parliez des problèmes de santé publique partout où on a même dépénalisé, ce n'est pas une légalisation, on prend toujours l'exemple du Portugal, mais c'est très important.

Euh la consommation problématique y compris de drogues d'héroïne. La consommation problématique d'héroïne a diminué. C'est dans tous les rapports internationaux et même le chef de la police judiciaire à Lisbonne ou à Denver au Colorado qui était un prohibitionniste aujourd'hui ne veut plus revenir en arrière.

Oui, ça vient rapidement vo sur le fait de parler des consommateurs au consommateurs comme ça de ne pas finalement véritablement s'adresser d'une manière aussi sanitaire presque. Est-ce que c'est important aujourd'hui peut-être d'aller sur ce volet ? Est-ce que les pouvoirs publics devraient y aller ?

Euh oui. Euh de toute façon, c'était c'est une grosse critique qui est faite aujourd'hui au gouvernement euh même au au projet de loi de lutte contre narcotrafic enfin qui est devenu une loi. C'est-à-dire que il ne prévoit absolument aucune euh aucun volet sanitaire, aucun accompagnement euh des consommateurs, aucune explication euh même des conséquences qu'à leur consommation.

Et je pense que c'est vraiment un terrain sur lequel ils vont pas et sur lequel il ferait bien d'y aller dans les prochains mois. Très bien c'esté ben écoutez merci beaucoup en tout cas merci à vous trois d'être passés ce soir par le plateau de 20 minutes pour débattre de ce sujet dans un instant avec Quentin Darmont et Marjor Delson on va changer de sujet nous verrons comment la bombe atomique et oui a fait naître Godzia et oui avant de partir aux États-Unis où s'est créé un village réservé aux personnes blanches. Oui, ce genre d'initiative existe donc encore au 21e siècle.

Avant ça, prenons la direction du beau pays de la culture générale avec un guide qui connaît parfaitement son affaire. Victor de Kiver sait de quoi il parle et vous allez voir qu'une nouvelle fois c'est garanti sur facture ce soir vous dînerez moins bête. Pourquoi les poupées sont-elles si terrifiantes ?

La question vous paraît farfelue et pourtant en 1907 une poupée de chiffon prend vie et cartelle puis dévore un petit garçon dans The Doll's Revenge. Premier courtmétrage d'horreur mettant en scène un jouet meurtrier. Il inaugure un genre qui ne cesse depuis de nous terrifier.

Mais pourquoi ces objets inoffensifs nous glacent-ils autant le sang ? La réponse se cache dans la vallée de l'étrange. C'est le nom d'une théorie formulée par un roboticien japonais en 1970.

Il explique que plus un objet ressemble à un humain sans en être tout à fait un, plus il nous met mal à l'aise. Les poupées avec leurs yeux fixes, leurs bouches figées et leur peau artificielle se situent exactement dans cette zone d'inconfort. Elles sont à la fois familières et profondément étrangères.

En 1988, le film Jeu d'enfant introduit Chucky, une poupée rousse possédée par l'âme d'un tueur en série. "Salut, je suis Chucky, tu veux jouer ?" su surt-elle avant de poignarder ses victimes.

Le jouet devient le reflet de nos pires instincts, s'amusant de notre animisme naturel, cette tendance qu'on a de projeter des émotions sur des objets inanimés. Le succès est tel que Chucky aura plus de six. Plus subversif encore, les poupées.

Dans ce film de 1987, les rôles sont carrément inversés. Les poupées tueuses, y deviennent des justicières punissant les humains voleurs, les parents négligeants et autres individus méprisables. L'originalité du film, nous faire préférer ces monstres à leurs victimes humaines.

En 2013, Annabelle révolutionne le genre. Contrairement à ses prédécesseurs, cette poupée tueuse reste statique et silencieuse. Elle agit comme un conduit démoniaque manipulant les objets et les humains pour accomplir ses crimes.

Et cette immobilité volontaire la rend d'autant plus terrifiante. Au fond, ces jouets possédés révèlent notre peur ancestrale. Et si ce que nous créons pour nous rassurer finissait toujours par nous détruire, voilà, vous tremblerez moins bête. [Musique] Merci de nous rassurer.

Ainsi Victor Dequiver. Allez, il est temps de les retrouver maintenant Quentin d'Armon et Margerie Adelson. On commence avec vous Quentin.

On commémore demain le 80e anniversaire du bombardement atomique d'Hiroshima et c'est l'occasion et bien de parler d'un gros lézard et oui un monstre de cinéma miroir des angoisses de la société japonaise de la Prégerre. Oui, lorsque Godzilla émerge des eaux pour la première fois en 1954, le Japon tente difficilement de cicatriser. Personne n'a oublié la date du 6 août 45 il y a 80 ans.

Hiroshima puis Nagasaki le 9 août sont rayés de la carte. Les deux bombes nucléaires américaines font des dizaines de milliers de morts sans compter les victimes des radiations. Le réalisateur Ichiro Honda, ancien soldat de l'armée impériale, veut exorciser le traumatisme.

Il lui donne un visage et un nom monstrueux. Godjira, c'est la contraction de Gorille et de Baleine en japonais. Un énorme lézard sous-marin réveillé par des essais nucléaires qui sèment la terreur jusqu'à détruire totalement la capitale Tokyo.

Godra fait directement référence aux mythologie aux mythologies ancestrales nipon la colère de la nature provoquée par l'imprudence des hommes. Alors Quentin, l'énorme lézard n'apparaît que 9 minutes à l'écran dans le film mais il va laisser une trace indélib dans l'histoire du cinéma. Un japonais sur 10 l'aurait vu au moment de sa sortie et nombreux sont ceux qui quittent la salle en pleurant.

Aux États-Unis. Les distributeurs ne s'y trompent pas. Godjira devient alors Godzilla.

Les Américains décident tout de même de gommer le message politique du film et son antinucléaire. Les suites s'enchaînent, se veulent plus légères. Godzilla fait la rencontre d'autres créatures préhistoriques comme par exemple Angirus qui est un ankyosaur comme chacun sait.

Il affronte King Kong dès 1962, puis Godzilla se en grand protecteur de l'humanité contre King Guidora, un dragon à trois têtes. Une évolution qui suit celle du Japon lui-même entré dans une ère de forte croissance économique à partir des années 60. Alors 38 films, des centaines de dessins animés plus tard, Godzilla et bien il fascine toujours autant.

Oui, il demeure une icône incontournable de la pop culture mondiale comme en témoigne ces milliers de fans venus du monde entier. C'était fin juillet au festival Comicon de San Diego. Tous venus fêter les 70 ans de la bête.

Godzilla n'a pas pris une ride car il sait se réinventer. En 2016 dans Godzilla Résurgence, le monstre naît des cendres de la centrale de Fukushima, théâtre d'un accident nucléaire en 2011. Tandis que Godzilla Minus One reprend le message humaniste du premier film en 2023.

Godzilla a presque toujours quelque chose à dire dans sa version japonaise. C'est peut-être un peu moins le cas aux États-Unis qui mise avant tout sur le grand spectacle et ça fonctionne 570 millions de dollars de recettes pour le dernier Opus sorti en 2024. Il y a donc aucune raison que Godzilla retourne dans sa grotte.

Rendez-vous en mars 2027 pour découvrir la suite Godzilla Kong Supernova. Ah oui carrément. Oui, ça va être terrible.

Ben on embrasse God en tout cas. Merci beaucoup euh Quentin. Allez Marjoré avec vous.

On part direction des États-Unis où un village fait polémique car il est réservé aux personnes blanches. Oui, un mini apparta de version 2025. Voilà à quoi ressemble le projet Return to the Land en français.

Retour à la terre. Alors, c'est un plan ubuesque mais bien réel. Euh c'est ce qu'a pu constater la chaîne anglaise Skynews qui s'est rendu rendue sur place il y a quelques jours.

Bienvenue donc euh au fin fond de l'Arcansas dans la région euh des Osarcs. C'est là que le fondateur, un certain Eric Orwall a décidé euh de monter son projet. 65 hactares de terrain sur lesquels vivent une quarantaine d'habitants.

Alors ils construisent eux-mêmes le village depuis un peu plus d'un an. On y trouve des maisons, une école et même un centre d'activité. Alors, jusque- là, vous allez me dire rien de très original, sauf que vous n'y croiserez aucun noir, aucun juif, aucun latino et aucune personne homosexuelle.

Pourquoi ? Et bien écoutez son fondateur, vous allez comprendre. Voilà, l'objectif du village est d'être, je cite, une forteresse pour la race blanche.

Elle serait toujours selon lui menacée de disparition. Ce village aurait donc pour but de conserver l'héritage européen des Américains. Des propos qui s'inscrivent dans la mouvance identitaire marqué par la peur des évolutions démographiques.

Alors c'est pas nouveau. C'est une thématique que l'on retrouve un peu partout dans les discours d'extrême droite et pas que aux États-Unis. Mais mais ça veut dire que ce projet est légal.

Et bien en fait très 60 ans après la mort de Martin Luther King et la fin de la circulation raciale spontanément on a tendance à dire non. D'ailleurs, le Fair Housing Act de 68 he interdit la discrimination au logement sur la base de la race, du sexe, de la couleur, de la religion ou du handicap. Sauf que dans la réalité et bien ça n'est pas si simple.

Le fondateur Eric Orwall a donc trouvé un moyen de contourner la loi comment ? En inscrivant le village sous le statut d'association privée. Cela lui permettrait justement d'échapper à cette fameuse loi de 68.

D'ailleurs, ce erc Orwall, et bien il est prudent. Euh, il n'existe aucune charte écrite qui stipule que les personnes non blanches euh sont interdites d'accès. Euh, la sélection, elle se fait par entretien vidéo, mais le processus, il reste quand même assez opaque.

Euh, les habitants, euh, par exemple, mettent en avant euh la recherche d'un voisinage sécurisé sans jamais mentionner le désir de vivre sans diversité. Alors, face au tolé, il y a quand même une enquête qui a été lancée par le procureur local. Alors, ce genre de d'endroit réservé aux personnes blanches, ce village, ça existe aussi ailleurs ?

Oui, notamment en Afrique du Sud, un pays qui a lui aussi connu la sérigation raciale. Pour rappel, la partille n'a été abolique qu'en 1991. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'a fondée la ville d'Orania par le gendre euh de l'ancien euh Premier ministre, idéologue du régime raciste.

Voilà, vous le voyez, cette commune de 2500 habitants existe toujours aujourd'hui et elle n'accueille que des blancs chrétiens et africaneurs dans un pays où je le rappelle 90 % de la population est noire. Alors, parmi les motifs invoqués, on retrouve, figurez-vous là aussi la fameuse recherche de sécurité. Alors, les villageois de l'Arcansas, eux, ils envisagent carrément de s'éteindre dans le mi-souri avant de créer, disent-il, un réseau international.

L'idée, c'est donc de s'ouvrir au monde pour finalement mieux rester entre soi. Oui, ça c'est c'est étonnant. Merci beaucoup Margerie.

Merci mes amis à suivre sur soirée doc avec la bande à Bader et la prise d'otage à l'ambassade d'Allemagne archive. témoignage retour sur ces 12 heures qui ont tenu l'Europe en haleine en 1975. Bien sûr, ça ne se rate pas.

Nous, on se retrouve demain 20h05 pour un nouveau numéro de 28 minutes. Tchus ! [Musique]