Dissolution de l'Assemblée nationale : émission spéciale - 10/06/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] [musique] Bonjour à tous et merci de nous retrouver en direct sur les chaînes parlementaires. Suite de notre journée spéciale. Un coup de tonner, un coup de poker.
Le Rassemblement national est arrivé en tête des élections européennes faisant plus du double de la majorité présidentielle. Alors Emmanuel Macron a répondu réponse politique. Il a dit sous l'Assemblée nationale est convoquée des législatives les 30 juin [musique] et 7 juillet prochain.
On va en parler dans cette émission spéciale. Bonjour Clément Mic. Bonjour Orian Manchini [musique] et bonjour à tous.
On va revenir ensemble sur les les enseignements de cette soirée et sur la période politique agitée qui s'ouvre avec l'analyse de nos experts dans quelques secondes. Sophie de Rabinel, bonjour. Vous êtes journaliste politique au Figaro.
Arnaud Benedetti, [musique] bonjour. Bonjour, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire et puis nous serons rejoints dans quelques instants par Olivier Rouan, politologue [musique] et par le constitutionnaliste Benjamin Morel. Et puis on sera à l'Assemblée nationale avec Elsa Mondingava et Stéphanie Despierres.
Bonjour à toutes les deux. Merci d'être là. On sera également dans la salle des conférences du Sénat avec Steve Jourdin qui recueillera également les réactions politiques.
Le Rassemblement national arrive donc largement en tête de ces européennes avec 31,47 % des suffrages. Résultat définitif tombé dans le courant de la nuit. C'est plus de deux fois donc le score de la majorité présidentielle emmenée par Valérie A.
Elle réalise 14,56 [musique] %. Elle est talonné par la liste PS publique de Raphaël Gluxman avec 13,8 %. Et pour commencer, on va reconstituer le fil de cette folle soirée électorale.
Comment les élections européennes ont déclenché un séisme politique en France ? On voit ça avec Jérôme Rabier. J'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.
Je dis donc ce soir l'Assemblée nationale. Une annonce choc de dissolution de l'Assemblée comme réponse au résultats des élections européennes. Emmanuel Macron répond ainsi au score du Rassemblement national largement en tête et [musique] qui réclamait ce retour aux urnes.
Marine Le Pen sal immédiatement ce choix pour lancer la campagne des législatives. Nous sommes prêts à exercer le pouvoir si les Français nous font confiance lors de ces futures élections législatives. Nous sommes prêts à redresser le pays, prêts à défendre les intérêts des Français.
Si le Rassemblement national semble en ordre de marche et loin d'être le cas à gauche, le candidat Gluxman en tête des listes de gauche hier estimant que le leadership avait changé. Ce cap, il a tranché des lignes. On va pas revenir sur ces lignes que mélang tout à l'heure, elles sont actées ces lignes.
Nous avons chef du parti à la rose, Olivier Fort privilégie lui une alliance entre ancien camarades de la NUP, mais pas à n'importe quelle condition. Moi ce que je souhaite, c'est une coalition. Il n'y aura pas d'alignement sur qui que ce soit.
Je ne demande à personne de s'aligner sur ce que je suis, mais je ne m'alignerai jamais sur personne non plus. Du côté d'fi, l'appel à l'alliance est aussi lancé. Mais là encore sous condition, moi je souhaite qu'on puisse repartir sur la base d'un programme qui était un programme clair qui était le programme de la NUPES.
Mais la question, il faut l'adresser à nos partenaires de la NUPES puisque quand j'ai proposé une liste commune pour les élections européennes, ils ont préféré en tourner le dos et la refuser. Du côté de la droite, les Républicains qui étaient sans doute ciblés comme de possibles alliés par la majorité présidentielle réaffirment leur positionnement très tôt dans cette folle soirée et ce sera sans eux. Pour moi, je refuse toute forme d'alliance.
Le pays a exprimé un vote d'opposition au président de la République très clair, très ferme. En décidant de dissoudre l'Assemblée, Emmanuel Macron a plongé l'ensemble de l'échiquier politique dans l'expectative et a confié aux français la responsabilité de trancher les 30 juin et 7 juillet prochain. Première conséquence de cette dissolution de l'assemblée.
Tous les travaux à l'assemblée sont suspendus. Euh Elsa Mondingava, vous êtes donc en en direct de l'Assemblée nationale. À quoi ressemble une Assemblée nationale un lendemain de dissolution ?
Bien écoutez, une assemblée très calme. Alors je vais pas vous mentir, normalement le lundi à 9h08 l'Assemblée, elle est toujours assez calme. Mais là c'est vrai qu'on a un sentiment un peu de flottement, de vertige.
Vous l'avez dit, cette dissolution, elle entraîne l'arrêt, la suspension des travaux. Les députés, ils étaient censés se retrouver à 15h dans l'hémicycle pour poursuivre le projet de loi sur la fin de vie. Oui, mais entre-temps, entre-temps, Emmanuel Macron a dissou l'Assemblée.
Alors, on ne croise aucun député dans les parages. Beaucoup nous ont répondu qu'ils étaient déjà en circonscription, déjà prêts à faire campagne. Vous l'avez dit, cette campagne, elle va être éclaire.
Elle va durer 3 semaines. Ils sont donc déjà souvent en train de s'organiser et puisque le dépôt de liste, ce sera d'ici la fin de semaine, une ambiance donc très calme dans cette assemblée, cette assemblée suspendue. Merci Elsa.
Évidemment, on vous retrouve tout à l'heure. Arnaud, est-ce que cette dissolution, ça a été une surprise ? C'est vrai qu'Emmanuel Macron et Gabriel Atal ont martelé pendant la campagne qu'il ne tirait aucune conséquence nationale d'un scrutin européen et on pouvait s'attendre à un tel choix hier du président de la République.
Alors, c'est pas une surprise dans l'absolu parce que finalement on sait très bien que cette 16e législature est très compliquée depuis le départ parce que avec une majorité aussi relative, les institutions ont du mal à absorber les chocs politiques et les chocs sociaux que le pays peut connaître. Ce qui est une surprise, en effet, c'est la conséquence immédiate qu'en tire le président de la République. Et c'est vrai quand on a annoncé qu'il allait s'exprimer dans la foulée des résultats aux Français, on pouvait imaginer là en l'occurrence que son annonce devrait reposer sur une initiative politique forte.
D'autant plus qu'il avait téléphoné au président du Sénat et au président de l'Assemblée nationale. Mais on peut considérer que cette dissolution prend tout le monde de cours, y compris ce qu'il a réclamé, c'est-à-dire le Rassemblement national. Mais on voit bien ce qu'il y a derrière, on en parlera peut-être tout à l'heure.
C'est de mener une campagne courte, une campagne rapide pour essayer de reconstituer ou de bricoler, je ne sais pas comment il faut dire, une majorité alternative à l'éventuelle majorité que constituerait le Rassemblement national si le Rassemblement national l'emporter le 7 juillet. Sophie Dravinel, est-ce que c'est vraiment dans la logique des institutions de dissoudre l'Assemblée nationale au lendemain d'un scrutin européen ? En tout cas, euh évidemment c'est inédit, mais la Constitution euh évidemment le le l'y autorise.
Il y a eu un débat pour savoir si les délais étaient bons. Alors effectivement, c'est entre 20 et 40 jours euh et donc euh le chef de l'État est dans les clous. La question euh c'est qu'évidemment ça ne seront pas des élections euh normales entre guillemets avec les les la campagne.
Enfin, il y aura quasi pas de campagne même si même si on a quand même remarqué en France et pour les élections européennes évidemment en dernier lieu que tout se joue dans les 10 derniers jours. Et donc finalement une campagne de 3 semaines, ça va être un condensé de campagne. ne laissera pas au candidats et aux partis aux formations politiques le temps de de de tous ces ces ces ces discussions entre eux.
Mais évidemment, on va arriver immédiatement dans le dur. Vous disiez que c'était ça prenait de cours le RN. Je pense que chez eux en fait, il ne va pas y avoir trop de questions.
C'est-à-dire que on y va, on repart, c'est à gauche qu'il va y avoir, c'est là où ils seront beaucoup plus la campagne a laissé des traces des européennes, des traces conséquentes. Et si au niveau national, on entend déjà parler le son du Front populaire, au niveau local, ça va être une autre paire de manche. Ouais.
À qui ça peut profiter cette campagne éclaire, Arnaud ? Et et pour qui ça peut être le plus compliqué ? Non, mais je partage ce que vous dites.
C'est-à-dire que le Rassemblement national se prépare depuis déjà plusieurs mois à cette hypothèse. C'est-à-dire que il sait très bien quels seront ses candidats. Euh il sait très bien quelles sont les chances de placer des candidats au second tour.
Ils ont même fait des calculs où ils considèrent qu'il pourrait avoir entre 350 ou 400 candidats qui seraient qualifiés au second tour. Le matériel de campagne est prêt. C'est aujourd'hui finalement le parti qui est le plus en ordre de marche pour affronter une épreuve électorale de ce type.
En effet, par contre, en effet, les autres forces politiques et d'abord celles de la majorité quand même sont prises de cours par cette annonce. Alors aujourd'hui, c'est vrai que mécaniquement ça peut profiter au Rassemblement national pour toutes les raisons que je viens euh d'indiquer. Après, si vous voulez, la boîte de Pandor est ouverte en l'occurrence et toutes les hypothèses sont possibles.
Enfin, pas toutes, un certain nombre d'hypothèses sont possibles. Il y en a deux manifestement qui aujourd'hui tiennent l'accorde. La première c'est bah la possibilité pour le Rassemblement national tout simplement de disposer d'une majorité relative, voir d'une majorité d'une majorité absolue.
Il y a une dynamique quand même sociologique. Il peut profiter de l'élection et du résultat très massif quand même du européennes pour confirmer ce serait possible. Ça voudrait dire plus 200 députés.
C'est possible. Oui, mais vous savez dans une dans dans une élection législative, les dynamiques les les dynamiques et les élans à un moment donné portent des des des des formations politiques. Après tout, Emmanuel Macron quand il est élu en 2017 qui n'a pas de formation politique, n'a pas de difficulté ensuite quelques jours plus tard, quelques semaines plus tard à avoir des députés, une majorité absolue.
Donc ça, il y a cette possibilité. La deuxième hypothèse alors la deuxième hypothèse, c'est peut-être l'hypothèse aujourd'hui que cherche Emmanuel Macron, c'est-à-dire de constituer une majorité avec les bordure des RLER, une des bordures du PS, une espèce de de front républicain construit, j'allais dire dans l'urgence. Ça va être difficile apparemment quand on voit les déclarations des uns et des autres. 3è hypothèse qu'il faut pas négliger, c'est qu'on se retrouve avec euh finalement euh une incapacité de former un gouvernement parce que la major parce que parce qu'il n'y a pas de majorité claire qui se qui se qui se qui se euh qui se crée à l'Assemblée nationale.
Et là, on se retrouve dans une hypothèse alors là pour le coup encore plus atypique que celle que l'on était en train de vivre. Je rappelle juste un point, la 5e République a été créée pour produire des majorités stables et pérennes. Voilà.
Sophie Dravinel, qu'est-ce qu'il y a dans la tête d'Emmanuel Macron ? Quel est le paris qui fait ? est-ce qu'il vise une sorte de nouvelle majorité, une recomposition politique ?
Vous voyez faire nom de la tête tout à l'heure quand Arnaud Benedetti cette hypothèse écoutez alors évidemment il il mise sur la réaction des Français sur un électrochoc que il s'est dit voilà on va on va en 3 semaines il va pas y avoir le temps de de en fait il va y avoir un réflexe une reconstitution du mur républicain du barrage républicain au c'est son paris la décision qu'il a prise est assez cohérente par rapport à la demande des Français depuis longtemps déjà avec cette montée des sondages en faveur du Rassemblement national et pour répondre reprendre ce qui a été dit précédemment, il y a eu un sondage donc Ipsos en décembre dernier, le dernier relatif à une éventuelle dissolution et une nouvelle majorité. On voit bien que ce sondage c'était quand même 4000 personnes à la demande des LR et c'était une majorité absolue ou relative pour le RN. Donc le paris de Manuel Macron est quand même extrêmement osé.
Moi ce que je vois c'est un président, un chef de l'État qui reste égal à lui-même, c'est-à-dire qui se place face à l'histoire avec un grand H. C'est dire que c'est lui et l'histoire, l'histoire et lui dans une espèce de dialogue unilatéral et et les Français autour qui contemplent un peu le roi parce qu'on reste en France dans une espèce de monarchie parlementaire ou même pas. Euh et et donc c'est cette image-là euh que j'ai moi et c'est un paris que beaucoup, y compris au sein de sa majorité trouve extrêmement périlleux.
Bah justement, on va voir cela. On va voir ça puisque euh ce choix il ne fait pas l'unanimité. Au sein de la majorité, on va écouter la présidente sortante de l'Assemblée nationale elle brune Pivé.
Elle était l'invité de France 2 ce matin. Toujours d'autres choix. Moi, je considère que il y a toujours différents chemins qui s'offrent à nous.
Vous savez que moi je suis une fervante partisane des accords, des ententes, des recherches de compromis de consensus. C'est ce que j'ai essayé de faire pendant 2 ans à l'Assemblée nationale avec des forces politiques dissemblables. Et donc moi je je pense qu'il y a il y avait il y avait un autre chemin qui était le chemin d'une coalition d'un pact de gouvernement.
Le président de la République a estimé en conscience que ce chemin n'existait pas. Il a pris ses responsabilités et je prends acte de cette décision évidemment. Arnaud Benedetti, c'est une une réaction très critique de Yael Brun Pivé quand même vis-à-vis d'Emmanuel Macron.
Est-ce qu'il y avait vraiment une autre voie possible ? Une coalition était envisageable ? Manifestement, c'était difficile parce que pour qu'il y ait une coalition, il faut qu'il y ait des gens qui soient, je veux dire, prêt à se coaliser avec le gouvernement et l'exécutif et la majorité actuelle.
Manifestement, c'était ni le cas du côté du Parti socialiste, ni le cas du côté des LR, même si est-ce que tout a vraiment été tenté dans dans le cadre de cette législature ? Ben si vous voulez, c'est une il faut bien comprendre que le le la la majorité issue des dernières législatives est la majorité la plus relative qu'un exécutif est tu depuis que la 5e République existe. Euh par exemple quand on on compare avec 88 quand Michel Rocard est premier ministre, là aussi François Mitteran et Michel Rocard ont une majorité relative mais ils ont quand même à cette époque, il faut s'en souvenir, des stabilisateurs sur la droite et sur la gauche. stabilisateur.
Il y a un groupe centriste avec lequel d'ailleurs Michel Rocard à l'époque et son conseiller parlementaire Guy Carcasson traite régulièrement et un groupe et un groupe communiste également qui permet finalement d'avoir des réserves de voies parlementaires. Là en l'occurrence il faut reconnaître, c'est une majorité parlementaire qui est très asséchée parce que vous sortez finalement de cette coalition en plus c'est une coalition. C'est-à-dire que vous avez le modè, vous avez Horizon, vous avez Renaissance, donc vous êtes tributaire aussi des uns et des autres.
Donc [grognement] finalement, il n'y avait pas de réserve et c'était extrêmement difficile pour le gouvernement de pouvoir tenir encore très longtemps. Et après un choc comme celui que vient de subir le pouvoir, parce que c'est un vote de sanction qui s'est exprimé ce dimanche, mais on voit bien que finalement le président de la République en tire les conséquences. Ce qui est surprenant, ce qui est surprenant c'est pas de temps à la dissolution.
C'est le moment qui choisit pour procéder à cette dissolution avant les Jeux Olympiques. Il faut quand même le rappeler dans un contexte où bah il faut quand même organiser un événement d'ordre planétaire et sur lequel en plus on communique beaucoup. On [grognement] aurait pu s'attendre par exemple plutôt à ce que cette dissolution intervienne à l'automne.
C'était une possibilité. Ça permettait à tout Est-ce que ça aurait pas donné l'impression aux Français que finalement ils ne tenaient pas compte du résultat d'hier et du choix qu'ils ont exposé. Oui.
Alors c'était c'était évidemment moi je trouve que finalement il y a une logique hein dans cette décision. Elle est conforme finalement à l'esprit des institutions. Quand il y a une crise de légitimité parce que il y a une crise de légitimité et il y a un conflit de légitimité et ben vous savez Michel Debré le disait hein.
C'est le retour au peuple et le retour aux urnes qui permet de trancher. Oui absolument. C'est le retour au peuple retour aux urnes.
Et attendre l'automne c'était faire intervenir cette dissolution dans le cadre des discussions sur le budget et cetera. on aurait été loin finalement des européennes. Mais c'est vrai que là Emmanuel Macron prend quand même un risque comme le dit Alexis Bréset dans notre éditorial chez nous, un risque inoui euh selon son expression et c'est vrai, vous parliez des Jeux Olympiques et de la date tellement proche en fait c'est le 7 juillet.
Pourquoi ? Parce qu'on peut pas voter aussi tout simplement le 14 juillet. C'est pas possible.
Et et ça paraît complètement fou. et vous l'avez rappelé, c'est entre 20 et 40 jours. Absolument entre 20 et 40 jours.
Mais ce qui est impressionnant, c'est les conditions de sécurité dans lequelles euh ça va se dérouler. Alors, évidemment, on a tous une pensée pour les instituts de sondage, pour tous les collègues qui travaillent dans le champ politique, mais pour tous les instituts de sondage et moi, j'allais dire aussi pour tous les fonctionnaires qui sont depuis hier en ébullition absolue dans les préfectures, dans tous les endroits où ils vont être mis. Voilà, parce que on sait très bien et pas seulement pour des questions d'organisation mais des questions de sécurité que là des forces étrangères vont largement profiter de ce moment extrêmement instable aussi bien à gauche qu'à droite partout y compris dans la majorité présidentielle pour s'infiltrer et on a vu ce qui était capable de faire certaines démocraties illibérales certains pardon gouvernements illibéraux et on pense à la Russie en matière de désinformation.
Je pense que là tout le monde est sur les dents parce que Emmanuel Macron ouvre un champ assez impressionnant de déstabilisation de notre démocratie aussi. On va on va retourner du côté de l'Assemblée nationale voir Elsa Bandingava. Ellaza, on a vu le ton assez critique hein de de Yael Bron Pivé à la suite de cette dissolution de l'Assemblée par Emmanuel Macron.
Comment réagit-on du côté des députés que vous avez pu croiser ? Alors, j'en ai pas vraiment croisé ce matin, Clément Mérique, puisqu'ils se font très discrets dans l'assemblée. Beaucoup sont en circonscription, mais j'ai pu échanger par téléphone avec certains.
On parle de stupeur, de sidération mais la nuit a permis un peu de digérer la nouvelle. Ce matin, certains pensent encore que c'est une folie, d'autres que le président n'avait pas le choix. Un député me dit "On verra à la fin de cette campagne si c'était une bonne ou une mauvaise idée." Ils sont beaucoup en train de s'organiser.
Certains ont déjà dit sur les réseaux sociaux qu'ils étaient candidats à leur succession. On s'organise, il y a des réunions, une réunion du bureau du groupe qui va se tenir dans quelques minutes ici à l'Assemblée nationale. Les délais sont très courts puisqu'il faut déposer les listes avant vendredi.
Normalement, l'élection est dans 3 semaines. Beaucoup pensaient qu'Emmanuel Macron allait enjamber le scrutin aidé par le calendrier. Les Jeux Olympiques, vous en avez parlé. avancer un peu l'euro de football.
Le scénario d'une dissolution, tout le monde en parle depuis juin 2022, mais c'est vrai que ce calendrier, ce timing a énormément surpris, notamment les députés de la majorité qui ne s'y attendaient pas du tout, mais ils sont en ordre bataille. Beaucoup reprennent la campagne dès aujourd'hui. Merci Elsa.
Merci beaucoup. On accueille de nouveaux invités, le politologue Olivier Rouan. Bonjour Olivier, merci beaucoup d'être avec nous.
Et le constitutionnaliste Benjamin Morel. Bonjour Benjamin. Merci également d'être avec nous.
On entendait Elsa nous parler des réactions des députés. Elle employé le mot de stupeur. C'était stupéfiant ce choix d'Emmanuel Macron.
C'était stupéfiant parce qu'en réalité un c'était pas forcément attendu. D'ailleurs LR envisageait une motion de censure potentiellement à un moment juste avant les Jeux olympique en disant jamais la dissolution à ce moment-là parce que en effet c'est pas excessivement rationnel hein. C'est-à-dire que je rappelle que on a quand même madame Castera et Géraldmanin qui doivent gérer les Jeux Olympiques.
Qu'on ne sait pas exactement quel gouvernement sera aux manettes du pays dans un mois et que de l'autre côté et bien on a une période qui est une période qui n'est pas vraiment propice pour faire campagne. Donc en effet, c'était pas forcément attendu. Par ailleurs, quand vous regardez les enquêtes d'opinion législative partiel, il est pas tout à fait évident que ces élections soient gagnées pour le camp présidentiel.
C'est même une litode de le dire. Donc cette action là est quand même une action qui peut surprendre quant à sa rationalité. Elle avait pas du coup été anticipée par les acteurs politiques.
Olivier Rouan, la dissolution, c'est une arme qui a été assez peu utilisée sous sous la 5e. He je crois que c'est la 6e fois. C'est une arme risquée à double tranchant.
Oui, c'est risqué. Le président, quelle est sa rationalité ? Parce que il y en a quand même une, j'imagine.
Je pense que il tient compte quand même de plusieurs années où l'on voit à chaque fois la majorité fragile, l'écrit se multiplier, le 493 refusé. Sauf que les textes les plus lourds ne peuvent être adoptés qu'en utilisant cette arme qui encore une fois aujourd'hui n'est plus acceptée par l'opinion publique. Euh les crises dans la dans la rue hein jusqu'à celle de la Nouvelle-Calédonie.
Donc cette accumulation plus ce score inédit du Rassemblement national avec une participation honorable, on va dire. Tout ceci le forcer à réagir. Je dirais que c'est un choix contraint mais il a sa rationalité.
Alors euh ce il y a la volonté quand même de dramatiser puisque le délai est très court. Euh faire campagne va être quasiment enfin très difficile. Euh dans des circonscriptions, vous avez 34 communes, comment vous voulez faire campagne là ?
Donc il y a une dramatisation et c'est une dissolution qui vaut un peu référendum finalement pour ou contre un gouvernement de cohabitation avec le Rassemblement national. Donc c'est un coup de force pour dire au aux partis qui sont contre le Rassemblement national, faites quelque chose si vous voulez refuser et et vis-à-vis des électeurs aussi finalement c'est une sorte de coup de force symbolique que tente le chef de l'État avec cette dramatisation. [grognement] Peut-être un mot au constitutionnalisme Jeanma Morel.
Effectivement c'est un délai très court des législatives dans 3 semaines. Est-ce que c'est un choix politique ou est-ce que c'est un délai contraint par la Constitution ? Alors c'est pas un décret, c'est pas un délai contraint par la Constitution.
Alors un peu de droit, je suis désolé. Vous êtes là [rires] pour ça. Voilà, il y a la constitution.
La constitution prévoit que en cas de dissolution, les législatives ont lieu entre 20 et 40 jours. Le code électoral dit pour toute élection législative, vous devez avoir un dépôt de candidature un mois à l'avance. La Constitution l'emporte sur la loi.
Donc à partir de là, vous pouvez faire une élection le 30 juin. Donc on peut pas contester un non respect des règles. On pour toujours essayer parce qu'en fait il y a pas de jurisprudence forcément derrière.
Et donc ce faisant, il serait intéressant de contester le décret de convocation qui va bientôt paraître et qui donnera les dates exactes de dépôts de candidature. Mais a priori, le conseil constitutionnel va pas jouer là-dessus parce que ça voudrait dire que on neutralise certaines dispositions constitutionnelles. Or, le 20 à 40 jours, il a un sens.
Ça permet quand même et bien potentiellement si jamais il y a des contentieux de rapidement pouvoir les régler. Donc pour cette raison-là, j'y crois pas vraiment à la contestation, en tout cas à sa réalisation. Donc il y aura euh un premier tour le 30 juin, ça implique d'aller en effet très très vite et pour répondre plus politiquement à votre à votre question.
Oui, parce que quelle est la clé de ce scrutin ? La clé de ce scrutin, c'est en grande partie les accords au sein de la gauche. Si vous prenez les circonupes, les circonupes sont gagnés en 2022 alors que la gauche obtient moins de voix qu'en 2017.
Pourquoi ? Bah parce que l'accord électoral, c'est la loi du mode de scrutin, fait que quand vous avez des alliances, vous avez plus de second tour. Quand vous avez plus de second tour, vous avez plus de députés.
Le paris d'Emmanuel Macron, c'est de parler sur la désorganisation des oppositions, des organisations de la gauche qui ne présenteraient pas un front commun et donc se faisant plus de second tour Majo RN et derrière mobilisation en faveur de la Majo. Des organisations de LR qui se mettraient pas en ordre de bataille et donc députés LR paniqué qui tout d'un coup rejoindraient les rangs de la majorité ou en tout cas passeraient des accords circo par circaux. Donc la rapidité, la désorganisation peut en effet servir Emmanuel Macron.
Mais souvenez-vous que c'était également le paris de Jack Chirac en 1997 en disant "La gauche ne s'organisera jamais et donc ce faisant c'est facile, je vais pouvoir purger les baladuriens de ma majorité." Euh on connaît la suite. Alors on va justement parler de cette campagne à venir des enjeux de cette campagne législative.
Désir, Stéphane Séjourné a annoncé que la majorité ne présenterait pas de candidats face aux députés sortants qui font, je cite, qui font partie du champ républicain. Arnaud Benedetti, on voit qu'il y a quand même une condition à cette main tendue par Stéphane Séjourné hein, c'est très clairement de s'investir dans un projet clair autour de la majorité présidentielle. Comment analysez-vous ça ?
Est-ce que c'est une offre de coalition de front anti RN qui fait clairement ? Oui, c'est [raclement de gorge] essayer de constituer encore une fois dans dans l'urgence, voir dans une certaine forme de panique aussi, un franc républicain avec les bordures des républicains et les bordures du Parti socialiste. Mais il y a au moins trois limites à cet exercice.
Première limite déjà, c'est les déclarations des principaux leaders politiques et notamment de LR. Hier soir à la proposition de monsieur Journéti a totalement exclu cette hypothèse. 2e limite c'est que vous pouvez en effet par exemple sur la gauche considérer que vous allez soutenir un candidat euh socialiste parce que vous le considérez comme euh étant une force de ce qui de ce qu'on appelle l'arc enfin en tout cas de ce que la majorité présidentielle appelle l'arc républicain.
Mais enfin pour gagner, il faudra aussi les voies de LFI en l'occurrence. Et donc, il est loin d'être sûr que il y ait un transfert, si vous voulez, de l'électorat LFI pour un candidat socialiste qui serait soutenu par euh la majorité présidentielle. Si vous voulez, ça sera pas mécanique à mon sens.
Jean-Luc Mél 3è limite à cet exercice. 3è limite à cet exercice qui est à mon avis une limite qui là de ce point de vue là peut profiter au rassemblement national, c'est tout simplement de considérer, voyez, les anciennes forces de gouvernement qui ont gouverné le pays depuis 40 ans s'arrange entre elles pour sauver un système qui est à bout de souffle. Donc ça peut aussi avoir un effet si vous voulez voilà, c'est un peu le retour de l'UMPS.
Donc ça peut avoir aussi un effet de de mobilisation pour une partie de l'électorat du Rassemblement national qui euh souhaiterait évidemment avoir une offre d'alternance qui soit une offre d'alternance de rupture. Elle est politiquement risquée cette proposition de Stéphane Séjourné. Mais oui, elle est politiquement risquée et puis en même temps, elle est un piège pour la gauche parce que et d'ailleurs Yel Bron Pi a pris ses distances hein par rapport à à ce qu'a dit Stéphane Séjourné.
Elle a bien précisé que pour elle euh ceux qui participaient euh au parlement, à la vie politique au parlement, faisaient partie de cet arc républicain et donc elle a intégré euh les députés insoumis euh d'une certaine façon ou voire totalement euh dans ce dans cet arc-là. Mais euh c'est un paris risqué parce que mais c'est un piège pour la gauche parce que euh finalement euh évidemment que que tout le monde va être euh avoir en tête cette campagne des européennes et évidemment euh la la l'ultra présence de Rima Hassan et du conflit Israël Gaza. Et et ça, on a beau dire François Ruffin va sans doute sortir ou essayer de sortir du du jeu pour incarner cette autre gauche, la Nupes saison 2.
Est-ce qu'il va réussir son paris ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon va se laisser faire ? Et est-ce que la majorité présidentielle ne va pas profiter de cette occasion pour essayer de dissoudre cette gauche soluble justement dans cette question extrêmement forte, extrêmement puissante de l'antisémitisme qui a joué beaucoup de cartes pendant cette campagne des européennes.
C'est évident qu'on parlait tout à l'heure de de l'effet vitesse et du fait que ça pouvait être un un argument positif pour Emmanuel Macron, c'est et pour la majorité, c'est sûr. Et moi ce que je vois surtout, c'est un rejet fort, profond, lointain, régulier de la politique d'Emmanuel Macron et de sa majorité présidentielle. Et mêmeel Brun Pivet ce matin reconnaissait sur France 2, chez nos confrères de France I que Emmanuel Macron avait d'une certaine façon perdu euh son son enfin disons n'avait pas n'était pas parvenu à réussir à faire de la politique autrement telle qu'il l'avait promis au début du premier Guinguena et du et du 2e et que cette politique autrement c'était c'est cette coalition dont nous parlons peut-être l'UMPS autrefois en tout cas l'en même temps de la Macronie et que il n'y était pas parvenu.
Pourquoi est-ce qu'il réussirait maintenant ? J'ai des doutes. Olivier Ran qui peut saisir cette main tendue par Stéphane Séjourné.
Est-ce que c'est juste pour diviser le camp adverse ou est-ce que c'est une vraie maintendue ? Je pense que c'est un peu les deux en fait. C'est une vraie main tendue parce qu'ils ont besoin.
Je pense que la majorité sortante déjà difficile, ce serait très surprenant qu'elle augmente son nombre de de députés, hein. Donc, ils auront besoin de soutien si tentez qu'il qu'ils aient un résultat honorable. Euh, sachant que rappelons-le quand même, c'est une élection à deux tours.
Donc, il faut pas trop calquer euh euh ce qui vient de se passer hier au soir sur l'organisation et le déroulé déroulement des législatives et les résultats qu'elle pourrait avoir. Ce qui est problématique pour la gauche au-delà de tout ce qui a été dit, c'est aussi la négociation des circonscriptions éventuell puisque nous sommes dans une gauche plurielle et il faut si on veut avoir des chances de gagner si cette gauche va avoir des chances de remporter une circonscription, faut à l'avance répartir entre les verres LFI et cetera. Bon, ça c'est très difficile de le faire dans le délai imparti.
Euh bon donc c'est un vrai risque aussi pour l'institution présidentielle parce que si euh au sortir de cette période électorale il n'y a plus de majorité, si à l'assemblée il y a une fragmentation telle que nous la connaissons déjà avec 10 groupes plus non inscrits. Donc si cette fragmentation est reproduite. Donc si l'objectif de clarification parce que si est attendu, c'est un retour d'une certaine bipolarisation là, si ceci ne survient pas et franchement ça les probabilités sont limitées, l'institution présidentielle va forcément être affaiblie dans par la suite.
Une démission est posée de la démission d'Emmanuel Macron pour vous. Oui. H potentiellement.
Enfin, je veux dire s'il poursuit dans sa logique à lui qui est moi face à l'histoire, pourquoi ne pas imaginer ça ? Évidemment, on est dans la politique fiction, on va reprocher au aux éditorialistes ou journalistes politiques de se projeter dans quelque chose de Mais il y aurait quelque chose de cohérent si jamais il y avait une démission. Ce serait un nouveau quinquena 2429 et la possibilité aussi pour lui de se représenter éventuellement en 2029. sans parler de démission, c'est c'est comme l'institution comme au moment de 97, on avait eu 5 ans de cohabitation avec une présidence qui sortait de là quand même très très affaible.
On va écouter Sébastien Chenu, le vice-président de l'Assemblée nationale et le vice-président du Rassemblement national. Il appelle au rassemblement mais à certaines conditions l'écoute. Alors un candidat RN ou qui adhérera à la plateforme de proposition que nous sommes en train de structurer.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous savez pour une élection, il faut des candidats, il faut aussi un programme à minima, une plateforme et nous dirons quelque part qui a envie de souscrire à cette plateforme est le bienvenu et qui a envie de souscrire à cette plateforme à cette plateforme peut candidater avec nous même s'il n'est pas du Rassemblement national. Donc cette offre politique, car c'est une offre politique qu'on fait aux Français, mais elle se fait aussi euh euh aux hommes et aux femmes qui, sans être au Rassemblement national, venant DLR, de la gauche patriote, euh peut-être parfois de chez Zemmour et cetera, euh peuvent se retrouver dans ce que nous proposons.
Qui peut saisir cette offre ? Benjamin Moral. Alors, a priori l'offre, on pourrait le penser, s'adresse d'abord à Reconquête et Reconquête là-dessus est sur une position assez ambivalente du point de vue du RN.
C'est-à-dire que d'un côté, c'est le parti à tuer parce que fondamentalement, il pique des électeurs et Éric Zemour et Marine Le Penent pas vraiment. En même temps, c'est un parti qui permet de modérer le RN, notamment au regard de l'électorat centriste. C'est toujours bien d'avoir quelqu'un à votre extrême.
Ça permet d'apparaître comme n'étant pas si extrême. Donc est-ce qu'il peut y avoir un jeu possiblement en sous main ? Ensuite, il y a potentiellement des députés avec le reconquête qui appelé hier à l'Union des droites.
He exactement même c'est c'est la ligne de reconquête, c'est la ligne de Mario Maréchal Le Pen et de et de d'Éric Zemour. Donc ça c'est très clair pour le RN. Il est pas sûr qu'on y ait intérêt mais pourquoi pas.
L'autre option, c'est également les députés LR parce que les députés LR pour l'instant vont tenir mais quand ils vont voir la situation sur le terrain, si jamais ils ont un candidat de la Maj face à eux et qu' qu'ils ont un RN qui a fait 40 50 % aux européennes, même si je suis absolument d'accord et c'est très important, c'est pas le même électorat qui vote et il y a un jeu de participation différentiel mais une partie de l'électorat est très en colère contre la majorité. Emmanuel Macron, il peut se mobiliser en votre sanction. auquel cas l'idée de passer un accord avec le RN au moins pour pas avoir de candidats face à soi peut-être une position électoralement rationnelle et donc il peut y avoir en effet un jeu de porosité pour les députés LR vers la majorité mais également vers le RN d'où cette maintendue qui n'est pas tout à fait innocente.
Arnaud Benedetti, est-ce que ça vous semble envisageable un rapprochement entre Recomtequet et le RN dans ce délai très court et est-ce qu'au-delà de cela, le RN peut chercher finalement à faire l'Union des droites que Marine Le Pen a a refusé de de faire jusqu'à présent ? Alors déjà la réalité c'est que de toute façon le RN bénéficiera d'un report des électeurs d'euronquête à près de 95 %. Ça c'est j'allais dire une garantie pour le R. besoin deou ce point de vue-là, c'est quand même une force indéniable he pour le et on l'a vu lors des dernières élections législative en 2022 où l'électorat où Éric Zemour avait performé s'est largement reporté sur Marine Le Pen et sur les candidats du Rassemblement national lors des des seconds tours.
Donc ça c'est quand même un avantage comparatif important. Ensuite aujourd'hui, si vous voulez manifestement le RN fait le pari de sa dynamique sociologique clairement parce que ce qu'on a vu hier quand même, c'est une consolidation du RN de manière très forte dans les classes populaires et dans une partie des classes moyennes. Je rappelle qu'ils font 30 % chez les professions intermédiaires, plus de 50 % chez les ouvriers, près de 40 % chez les employés et qu'il percent chez les cadres où ils font 18 %.
Donc alors je dis pas que ça devient un vote interclassiste parce que la dimension populaire et classe moyenne reste très forte mais quand même là vous avez euh j'allais dire un phénomène qui est massif, qui est fort et qui explique le succès du Rassemblement national hier soir. Et moi, je pense que il y a des réserves de voie en plus. C'est-à-dire que on voit bien que toutes les classes populaires ne se sont pas mobilisées lors de cette élection européenne.
Donc il ils sont assez sûr d'eux. Et après, je veux dire, ils ont une grande marge de manœuvre en fonction des circonscriptions, en fonction des seconds tours, en fonction du rapport de force au second tour. Et je partage ce que dit Benjamin, c'est-à-dire que un certain [grognement] nombre en effet euh d'électeurs et de et surtout de de de députés LR vont eux aussi, je veux dire, regarder à deux fois compte tenu de la nature même de leur circonscription. beaucoup de députés LR sortant sont issus de circonscriptions.
Ce qui sont des circonscriptions soit rurales euh ou avec en tout cas une une j'allais dire une dimension de classe populaire qui est extrêmement qui est extrêmement forte et qui explique aussi leur succès. un mot rapide pour soutenir Arnaud qui [rires] je suis toujours d'accord sauf sur la corse euh il y a euh le vrai phénomène d'hier enfin si on est clolution si on regarde uniquement les élections européennes c'est pas le niveau du rassemblement national 31 % ou 32 voilà c'est le la diversification de son électorat ça veut dire qu'aujourd'hui dans l'électorat centriste il est très difficile d'envisager qu'il y aura un vote de barrage. Il est très également il est pas forcément non plus tout à fait évident que cet électorat là se mobilise pour Emmanuel Macron contre le RN demain à ses élections.
Cet électorat visiblement n'a pas voulu se mobiliser là pour Valérie et aujourd'hui il il y a une forme de porosité qui s'installe entre cet électorat de centre-Doit et le Rassemblement national. Donc l'idée qu'il y aurait tout d'un coup un front républicain, que l'électorat centriste serait là, que l'électorat de gauche qui s'est pas mobilisé pour la majorité, non plus dans les second tours, majorité RN en 2022 se mobilise également pour le candidat de la majorité, c'est faire le pari d'un retour du Front républicain dont tout nous montre depuis 3 ans qu'il est mort. Oui.
Et d'autant plus, j'allais dire absolument cette droite patrimoniale, cette droite rurale qui est un peu finalement peut-être cette alliance qui avait été construite par Nicolas Sarkozy qui s'est aujourd'hui reporté sur le Rassemblement national. Et je pense qu'il y a quelque chose. On va voir comment ça se joue à droite à gauche pardon.
On va voir comment euh François Ruffin et d'autres Clémentin Olivier Fort et et Marie Toussin évidemment avec Marine Tondelier et les écologistes vont vont vont réagir. Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose qui s'est cristallisé autour de Jean-Luc Mélenchon avec des choses qui nous rappellent la dernière présidentielle plutôt Marine Le Pen que Jean-Luc Mélenchon. Et ça, c'est vrai que dans des circonscriptions où il y aura euh des euh duels entre LR euh ou même la majorité présidentielle avec euh enfin là où LFI sera présent face euh au RN, il va y avoir un report encore plus fort en faveur du RN.
Je le crains. Enfin, je le crains, je je le suppose. Je sais que beaucoup euh l'envisage euh et c'est cette espèce de bascule et la crainte incarnée par Jean-Luc Mélenchon du fait de sa campagne qui quand même parce que c'est un des meilleurs stratèges de notre de notre vie politique, il a fait un excellent paris. il a fait juste enfin sa candidate euh maintenant au fait moins de 10 % mais c'est quand même un très bon score et évidemment elle a pas doublé son score de la précédente des précédentes européennes mais enfin elle a fait quatre points quatre points de plus et donc il a mobilisé les quartiers et juste pour compléter ce que vous disiez très justement sur le RN il y a aussi une autre division qui s'est que nous avons observé en France et qui se confirmera peut-être c'est celle de la politique des villes et la politique des champs.
Oh là là ! Je suis pas sûr qu'il ait mobilisé les quartiers quand même hein. Alors on va voir dans les on va voir dans mobilisé en zone très urbaine.
D'accord. Oui mais c'est les zones urbaines qui m'intéressent. Et puis de deuxième remarque sur le Rassemblement national donc évidemment classe défavorisé évidemment plus rural mais il a élargi et il est allé vers le urbain voire vers l'urbain hein puisque il fait à peu près sa moyenne désormais jusque dans des villes de 100 150000 habitants à Marseille. hein, il est en tête à Marseille et euh par contre et je pense justement puisqu'on parle des de la géographie et des territoires, je pense que dans ces préparation très rapide et législative, beaucoup pensent déjà au municipal dans 2 ans absolument 2026.
Donc là, il va y avoir en effet une pression sur ces élus locaux, notamment dans les zones où le RN a déjà une présence dans les dans les collectivités locales. Si on prend le Grand Sud-Est, je pense que là, il peut y avoir un effet d'entraînement. Euh notre petit point par rapport à ce qui se et qui va donc déstabiliser peut-être l'air.
Un autre point par rapport à ce que à ce que vous disiez, c'est que si la le la majorité sortante veut élargir et et faire le le coût du rassemblement républicain, il faut sans doute arrêter de comment dire stigmatiser et de cristalliser sur LFI sans quoi ils affaiblissent toute la gauche qui pourrait éventuellement le camp républicain. Donc là, il y avait hier sur les plateaux une dissonance entre l'objectif et ce qui était dit. On va s'intéresser peut-être plus en détail à présent au républicain à la droite avec Éric Sioti qui a donc précisé hier que LR irait seul sous ses couleurs aux législatives sans coalition, sans coopération, sans collaboration avec ce pouvoir qui a tant abîmé la France.
Ce sont les mots de d'Éric Siotti. Stéphanie Despierre, vous êtes en en direct de l'Assemblée nationale. Est-ce que les députés de droite sont prêts à à suivre ce mot d'ordre d'Éric Sioti ?
Il est encore un peu tôt euh pour le dire, ni Macron ni Le Pen, la pression s'accentue en tout cas des deux côtés sur les députés républicains. Vous le savez, on dit souvent depuis 2022 que la 60 soixantaine pardon de députés sortants sont des auto-entrepreneurs euh de la politique. Ils vont évidemment scruter les résultats dans leurs circonscription, les résultats de ces européennes voir les scores du Rassemblement national, les scores de François Xavier Benami.
Ce débat faut-il s'aller à Emmanuel Macron ou regarder vers le Rassemblement national empoisonne les Républicains depuis 2022 ? Il y a quelques semaines, c'est Gérard Larchet, le président du Sénatin, qui avait relancé la discussion en proposant une coalition avec le camp présidentiel. Hors de question avait dit Eric Siotti.
Il l'a répété hier soir depuis des mois depuis des mois également une quinzaine une vingtaine de députés jugés Macron compatible réfléchissent s'organise mais pour l'instant ils n'ont pas encore franchi le pas un pas vers le camp présidentiel. Est-ce que c'est pour maintenant ? On va voir dans les prochains jours.
Il y a aussi une jeune génération, les députés Aurélien Pradier, Pierre-Henri Dumont, Julien Div qui eux veulent jouer cette carte du n ni Macron ni Le Pen en en espérant reconstruire sur les ruines des républicains un nouveau chemin pour la droite et puis il faudra surveiller ce que vont faire les trois députés LR sortant qui en mars 2023 avaient voté la motion de censure du Rassemblement national sur la réforme des retraites. En tout cas, la menace de dissolution était la menace ultime, la pression maximale sur les Républicains de la part du président de la République. Il a mis sa menace à exécution.
À l'issue des prochaines législatives, les députés, les républicains pourraient être encore moins nombreux qu'en 2022. Merci beaucoup Stéphanie pour ces explications. Est-ce que les républicains, ce sont eux qui ont plus à perdre avec cette dissolution Arnaud ?
Mais on voit bien que de toute façon euh les tergiversations qui ont été les leurs pour par exemple présenter une motion de censure contre l'exécutif depuis euh 2 ans montre bien que ils ne sont pas sûrs sur leurs assises dans leurs circonscription pour un certain nombre d'entre eux. Donc il y a aujourd'hui en effet un risque encore très important qui plane sur les députés républicains dans un certain nombre de circonscriptions. D'autant plus que le score quand même de monsieur Bami malgré la bonne campagne indéniable qu'a pu faire individuellement monsieur Bami montre que les républicains sont encore en recul par rapport à 2019 au scrutin européen précédent.
Le problème c'est que les républicains n'ont pas n'ont pas résolu l'équation qui est la leure enfin l'équation très complexe qui est la leure depuis 2017 pris en ét entre un bloc majoritaire qui a aspiré vampirisé une partie de la droite libérale centriste qui s'est retrouvé autour d'Emmanuel Macron et puis le bloc Rassemblement national qui grignote progressivement scrutin après scrutin une partie de leur de leur électorat parce que là clairement il y a quand même une grande partie de l'électorat historique du rassemblement du du LR qui a voté dans un certain nombre de de régions pour le Rassemblement national. Donc si vous voulez, ils en sont au même point et avec encore moins d'oxygène qu'ils en avaient il y a 5 ans. Donc ça va être en effet des élections extrêmement difficiles, d'où la pression d'ailleurs qu'exerce Emmanuel Macron pour essayer de de créer les conditions d'une alliance avec une partie d'entre eux.
Alors vous l'avez dit hein, une partie de la droite est tentée par un rapprochement avec Emmanuel Macron. Il y a eu cette hypothèse d'une nomination de Gérard Larch à Matignon qui avait circulé un moment ces dernières semaines. Steve Jourdin, vous êtes en en direct de la salle des conférences du Sénat.
Steve, on sait que le président du Sénat est est très préoccupé par une possible arrivée au pouvoir du RN. Est-ce qu'il pourrait tenter de passer un accord politique avec Emmanuel Macron ? Vous l'avez dit hein, cette hypothèse a été levée la semaine dernière.
C'est un suspense qui a été levé la semaine dernière et qui a duré quand même une petite une petite dizaine de jours. Un suspense qui est parti des propos de Gérard Archer lui-même dans un entretien accordé à nos confrères de la FP. Il avait déclaré en substance et bien qu'en cas d'une extrême droite à plus de 40 % aux européennes et bien il faudrait en tenir compte et moi j'en tiendrai compte.
Voilà les mots de Gérard Larch à la FP. Pourquoi cette hypothèse l'archer à à Matino ? Bien, il faut dire que Gérald Archer peut-être l'une des seules grandes personnalités capables de fédérer certains LR autour de sa personnalité.
Et puis donc la semaine dernière, c'est cette rumeur a été balayée. Elle a été balayée au cours d'une réunion du groupe LR organisée ici même au Sénat. C'était mardi.
Gérald Archer avait dit en substance et bien Emmanuel Macron et moi nous ne partageons pas et bien la même vision de la France. Alors on pourrait croire qu'il s'agit de simples rumeur, de simple jeux politicien. Et bien pas du tout.
Quand vous demandez ici à certains élus, à certains sénateurs LR ce qu'ils en pensent, et bien ils nous disent qu'ils ont été interpellés dans leur circonscription, dans leur département sur cette possible alliance LR Macroni. Il y avait besoin d'une clarification. Gérard Larcher a donc et bien effectué cette clarification la semaine dernière.
Il n'y aura pas d'alliance. En tout cas, lui ne rejoindra pas Matignon, ne rejoindra pas le camp Macron. Merci Steve.
Merci beaucoup. Un mot, est-ce que ce scrutin des européennes va avoir des conséquences sur la majorité sénatoriale qui est composée à l'heure actuelle de la droite et du centre ? Un groupe LR, un groupe union centriste, Hervé Marseille, le patron du groupe union centriste, a fait campagne pour la liste renaissance de Valérie il peut y avoir éventuellement des conséquences, mais ces conséquences, on les voit déjà en amont.
Souvenez-vous le projet de loi immigration, souvenez-vous un certain nombre de réformes, de tension au sein de la majorité, souvenez-vous du CTA. C'est pas la première fois, entre guillemets, que la majorité est fragilisée. C'est pas si nouveau au Sénat. au Sénat, vous avez une particularité, c'est-à-dire que vous n'avez pas besoin d'une majorité qui soutient un gouvernement.
C'est une faiblesse du Sénat, c'est-à-dire que tout d'un coup, il peut pas contrôler le gouvernement et le faire tomber. Mais c'est également une liberté parce que dès lors, bah vous pouvez avoir une majorité sénatoriale qui ne correspond pas tout à fait à une majorité qui soutiendra un gouvernement, ce qui permet une forme de pluralisme au sein de la majorité. Ça veut dire qu'on va avoir un Sénat qui probablement sera moins lisible, moins clair, moins discipliné entre guillemets qu'il n'a pu l'être.
Mais ça veut pas dire que tout d'un coup bah on aurait plus de majorité de droite union centriste LR qui tiendraient sur les textes. Ça sera juste un peu plus dissipé. Sophie de Dravinalel, on sait que certains responsables de droite sont tentés hein par un rapprochement avec Emmanuel Macron.
Qu'en est-il de l'électorat de droite ? Comment est-ce qu'il se positionne entre une stratégie d'autonomie ou d'alliance ou d'accord politique avec la majorité présidentielle ? Et bien nous parlions de de désordre.
Je pense que là aussi chez LR, on va assister à des disons divisions au sein alors pas forcément de la tête de la formation au moins jusqu'au 30 juin. On a vu que Laurent Veo vaquier revient dans le jeu. François Xavier Bellami comme lui a opposé d'ailleurs un nom assez catégorique à la proposition d'alliance faite par la majorité présidentielle. la maintendue, c'est Emmanuel Macron qui aurait dit à Gérard Lâcher, il va bien falloir y arriver en sous-texte à cette union à laquelle donc la majorité présidentielle essaie de forcer ses alliés jusqu'à LR.
Mais François Xavier Bellami a dit un nom clair et net hier. Est-ce que que va faire l'électorat ? C'est toute la question.
Et là encore, je vous répondrai la même chose que pour la gauche. Ça va se jouer au niveau quasiment de chaque circonscription parce que évidemment nous vous le disions tout à l'heure, il y a l'antimélenchon qui va jouer, un anti Macron aussi la politique d'Emmanuel Macron qui va monter et je pense que finalement pour ceux qui se souviennent des alliances entre le RN et la droite qui ne s'appelait pas dans les années 80 en bouche du Rône à Marseille et autres, on va revenir à des espèces d'alliances totalement décontracté ou décomplexé et évidemment à une espèce d'ouverture et à une à cette fameuse union des droites à laquelle a déjà appelé Éric Zemour que poussent certains de façon assez forte depuis un an ou deux. On va y arriver de façon plus tôt que prévue puisque c'était le projet de 2027 pour beaucoup.
Est-ce qu'il y a certains LR qui peuvent être tentés par cette union des droites par un rapprochement avec le RN et reconquête ? Probablement, mais certainement, je veux dire, il faudra attendre quand même le résultat des des élections législatives avant que ça ne se fasse. Mais c'est vrai qu'il y a quand même une situation un peu différente par rapport à la situation dont vous parlez, c'est-à-dire les années 80 et surtout les années 90 quand il y avait eu dans un certain nombre de régions et d'exécutifs régionaux des alliances, je pense en PAC, en langue d' Crousillon et cetera. c'est que si vous voulez à l'époque quand même ce qu'on appelait le cordon sanitaire ou la stratégie du du Front républicain continuait à fonctionner là manifestement ça n'opère plus ça n'opère plus ça s'émousse de plus en plus donc en effet il y a pour certainement un certain nombre de de de de républicains de lentation qui pourra venir le moment venu d'essayer de voir comment on bâtit une alliance sur un modèle italien par exemple sachant que la France n'est pas l'Italie n'a pas la même culture politique n'a pas la même plasticité mais c'est en tout cas une hypothèse qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas exclure d'autant plus quand même qu'il y a une porosité entre les deux électors.
On va s'intéresser à la gauche à présent. Alors va-t-elle reconstituer une alliance politique identique semblable à la NUPE ou va-t-elle partir en ordre dispersé ? Olivier Rouan euh cette expression de fond fond populaire semble faire l'unanimité à gauche mais est-ce que la gauche peut ressusciter une NUP rebaptisée Front populaire ? l'unanimité à gauche, ça c'est c'est quelque chose de peu envisageable, mais euh [rires] il y a la volonté d'avoir une dynamique, une ouverture et euh le score, le résultat plutôt de Raphaël Glann permet à cette gauche, on va dire social-démocrate élargie, renouvelée, d'avoir un espace, une visibilité qu'elle n'avait pas.
Donc, il y a la volonté d'en profiter. Ça c'est une évidence. Simplement, regardons l'électorat de Raphaël Glann.
Euh pour l'instant, c'est il progresse ou il retrouve démarg diplômés euh les classes les les dans les les grandes villes, mais il y a pas du tout de dynamique vis-à-vis des employés, des ouvriers. Euh alors, il y en a une, semble-t-il, auprès des euh sans préférence partisanne, ce qui aujourd'hui est très important. Il y a un effet.
H est-ce que cet effet euh euh il y aura une prise de conscience des responsables politiques de gauche pour en profiter et trouver sinon une unanimité, un fort compromis ? Pour pour ce camp-là, il faut le souhaiter mais deuxème remarque, est-ce que les appareils politiques aujourd'hui des gauche ou de la gauche éventuellement réunis arrivent à bien contrôler le terrain ? Nous sommes dans des élections législatives, dans des circonscriptions.
Il y a des notables, il y a des notoriétés locales qui ont des stratégies aussi qui vont défendre toujours en pensant au municipal comme à droite qui vont défendre leur leurs intérêts. Est-ce que tout ça en quelques semaines va pouvoir s'articuler, s'harmoniser alors que encore une fois la gauche a davantage besoin de tant d'habitude pour homogénéiser tout ceci que renaissance ou la droite. D'autant Sophie de Ravinel que Raphaël Luxman, il a fait campagne sur une ligne très claire.
Oui, à l'Union de gauche, mais pas d'alliance avec la France insoumise, pas d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Il a répété hier à Mcouvert. Est-ce que du coup c'est possible de faire une campagne législative avec une NUP telle qu'elle existait avant ?
Et bien, écoutez, c'est la NUP saison 2. C'est ce qu'on on se disait tout à l'heure. La seule chose, c'est que que va jouer comme rôle Raphaël Gluxman dans cette nouvelle campagne ?
Il a été élu à Bruxelles, il a cette image très européenne. Je sais que les socialistes enfin vont reprendre la main un petit peu sur la campagne. C'est évidemment l' dit hier soir, il y a un rapport de force qui a évolué avec ce Olivier Fort, il y a Boris Valot, il y a Pierre Jet que vous receviez précédemment, ils vont reprendre la main sur cette campagne là qui va décider parce qu'en fait Raphaël Guxman, vous parliez de son de son de son corps, de ceux qui l'ont soutenu, il y en a beaucoup aussi qui venaient certains de chez Emmanuel Macron, de la majorité présidentielle, les anciens socialistes de cette voilà euh est-ce que eux vont aller jusqu'à LFI ?
Il y avait ces mots très étonnants de François Ruffin tout à l'heure. Les LFI sont bienvenus dans le Front populaire. Enfin lui-même si je ne me trompe est quand même député LFI de la SAAM.
Et donc il y aurait quoi ? Un nouvel homme, un un un quitter cet habit ancien le on le revait et encore une fois c'est dans les territoires que ça va se jouer. Et dernier mot sur Carole Delga qui est à la tête de la région Occitanie dans laquelle il y a 16 députés RN.
Et ce que son entourage me disait ce matin, c'est que quand même ces députés du RN ont été élus face à des LFI et donc il va falloir revoir toutes les alliances locales de gauche. Est-ce qu'on a le temps pour cela ? Et et le RN est arrivé en tête partout en Occitanie.
Quand François Ruffin parle des insoumis comme s'il n'en faisait pas partie, est-ce que ça laisse présager d'une division à gauche ? Alors euh il faudrait l'éviter pour euh la gauche parce qu'en fait si vous dans la plupart des circos vous avez un candidat la FI et un candidat de gauche non la FI euh il y a plus de groupe PC, il y a plus de groupe vert, il y aura peut-être un groupe PS résiduel, il y aura peut-être un groupe LAAFI résiduel. Donc ils n'ont pas le choix d'une certaine façon.
C'est-à-dire que il y a un moment où le l'instinct de survie devrait les conduire à s'aller à s'allier avec tout de même une reconfiguration parce que les accords de la NUP en 2022 sont fondés sur l'écrasante domination de Jean-Luc Mélenchon. Donc les circos qui sont les circos actuellement NUP ne devraient pas être rejoués en négociation mais les autres peuvent être éventuellement répartis. C'est là-dessus beaucoup plus que sur le programme que ça va jouer.
Rufin là-dessus fait une manœuvre et je terminerai là assez intéressante et intelligente pour lui parce qu'en fait il est la FI peut-être mais il est populaire très populaire hors la FI justement le LAAFI qui n'est pas sur la ligne Mélenchon et donc dans une perspective d'union il est plutôt bien positionné. On libère juste Arnaud Benedetti. Merci Arnaud merci beaucoup d'avoir été avec nous.
Évidemment, à très vite. Olivier Rouan pour conclure, est-ce que les Français pourraient croire à une reconstitution de la NUP après avoir vu la gauche se fracturer comme elle l'a fait ces derniers mois, ces dernières semaines ? Est-ce que ça peut pas être interprété [rires] comme une pure stratégie électorale ?
H il cela va vraiment dépendre dans le le le la durée courte qui est octroyée. Euh cela va dépendre des prises de parole. Je crois qu'elles vont beaucoup compter euh et de euh la force encore une fois que pourrait trouver dans des discours, dans des incarnations, vous avez parlé de François Ruffin, cette gauche qui travaillerait à euh une nou de nouvelles alliances.
Je crois que il peut y avoir un écho parce que juste pour terminer, le vote européen d'hier est marqué énormément par des électeurs qui ont des émotions négatives dominantes, qui sont inquiets, qui sont dans la colère, qui sont dans le mécontentement et dans la fatigue. Et donc je pense que la campagne des législatives va être dans le sillage de ceci. Donc comment comment la gauche peut faire avec ça ? avoir un discours mobilisateur qui évidemment ne sera pas populiste, mais c'est là, il peut y avoir une régénération de la parole de gauche pour ces législatives.
Et un mot sur Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale qui adresse aux autres forces de la NUP une proposition de réunion très rapidement dans la journée. On va évidemment suivre tout ça. Peut-être un mot Sophie parce que on l'a dit, la campagne va être très très courte 3 semaines.
Est-ce que ça veut dire que ce seront des élections qui se feront sur une personnalité, sur une étiquette plus que sur une campagne de fond ? Oui, évidemment. Mais de toute façon, Réy Le Fèvre qui est politiste à à Lille, l'université de Lille l'a très bien dit dans une interview récente au monde.
De toute façon, les campagnes politiques ont tendance à se rétrécir. Elles ont tendance évidemment à s'apauvrir aussi. Là, on va avoir une forme de régénération politique parce que je pense et vous aviez tout à fait raison de le dire, ce sont deux élections différentes et on va voir qu'en matière de participation, il y a des chances, même si ça n'est pas une évidence, mais qu'il y ait une participation beaucoup plus importante.
Moi ce que je pense, ce sur quoi j'ai un doute, c'est sur l'incarnation de cette de cette campagne et clair. Est-ce qu'il va y avoir un axe anti Macron ? Est-ce qu'il va y avoir un axe de [raclement de gorge] réflexe ou d'engagement politique contre le RN où est-ce qu'il va y avoir cette espèce de d'abandon ?
On ne les a jamais testé. Allons voir parce que ce qui se joue, c'est évidemment cette période 2024-2027 de possible cohabitation avec l'idée chez certains cette stratégie dangereuse pour la vie politique ou démocratique qui est de dire on va tester le RN au pouvoir, on va les laisser voir, on va les laisser entrer au centre du jeu pour éventuellement débrancher le RN en 2027 si jamais il ne se débrouillait pas bien et tout Ça et plein de plein de points d'interrogation. On va suivre cette campagne évidemment de très près sur LCP public Sénat.
Merci beaucoup à tous les trois et quatre avec Arnaud Benedetti d'avoir été avec nous ce matin. On remercie aussi nos nos journalistes sur le terrain Elamond Gavard et Stéphanie Despierre à l'Assemblée nationale et Steve Jourdin au Sénat. Merci à tous de nous avoir suivi.
La journée spéciale se poursuit sur les chaînes parlementaires consacrées évidemment à cette dissolution. À 13h, vous avez rendez-vous sur LCP avec Brigitte Boucher à 18h. Thomas Huc pour une émission spéciale de sens [musique] public.
On vous souhaite une très bonne journée sur nos antennes.
Jean-Pierre Bataille