Pour Fabien Roussel, avec les "gilets jaunes", "la cocotte explose", il ne peut en être autrement
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Que leur avez-vous dit ?
- 0:57OuverteRéponse directe
Vous êtes sur quelle ligne ? Plutôt jusqu'au boutiste ou ouvert au dialogue ?
- 2:30OuverteRéponse directe
L'augmentation de 100 euros pour les SMICards, vous auriez préféré 200 euros ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Comment ont-ils pris cette augmentation ?
- 4:39RelanceRéponse partielle
3 milliards rabotés sur les 20 milliards d'allègements de charges du CICE, ça devrait vous plaire ?
- 5:43OuverteRéponse directe
Parmi les propositions faites lundi soir par le chef de l'État, lesquelles trouvent grâce à vos yeux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« D'abord, les écoutés, parce que la colère, elle est profonde, elle est sincère, et chacun, chacune, c'est une histoire de vie, c'est une colère qui sort, c'est de l'exaspération. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Et aujourd'hui, les annonces du Président de la République sont loin de les satisfaire. »
- 1:34Invité politiqueFait
« 'est le pouvoir d'achat. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Ils veulent une justice fiscale, rétablir l'ISF, pas parce que c'est symbolique, c'est pour financer l'État, parce que ce qu'ils réclament ensuite, ce sont des vrais services publics, donc il faut de l'argent pour ça. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Il y avait des infirmières parmi ceux que j'ai reçus hier, et donc quand est-ce qu'on va avoir un plan d'urgence pour nos hôpitaux ? »
- 2:14Invité politiqueFait
« Ils réclament un référendum d'initiative citoyenne, ils demandent à être entendus et qu'ils puissent agir dans la vie politique. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Ces questions-là, elles sont sur la table depuis tellement longtemps, elles n'ont jamais été entendues, comment voulez-vous que ce soit autrement qu'aujourd'hui la cocotte, elle explose ? »
- 2:42Invité politiqueFait
« Alors là, on est en phase, c'est une véritable escroquerie. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une hausse du SMIC, c'est une aide sociale que la CAF va verser à ceux qui perçoivent le SMIC et encore, c'est sous condition de ressources, du foyer. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Eux vont être exonérés d'augmenter les salaires de leurs salariés et c'est l'État qui va se substituer à eux. »
- 3:43Invité politiqueChiffre
« Enfin, c'est incroyable, ces multinationales, elles ont versé 51 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires »
- 5:02Invité politiquePromesse
« C'est la raison pour laquelle, moi, je vais déposer un texte de loi dans lequel je propose le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales avant qu'ils échappent à l'impôt et qui partent dans les paradis fiscaux. »
- 5:57Invité politiqueFait
« ceux qui touchent moins de 2 000 euros. »
- 6:34Invité politiqueChiffre
« Rien que pour la santé, les personnes âgées, quand on a 70 ans, la moyenne de la mutuelle, c'est 150 euros par mois à payer. »
- 8:50Invité politiqueChiffre
« Ils gagnent 1300, 1400 euros net par mois après 20 ans d'ancienneté. »
- 11:01Invité politiqueFait
« qui est une résistante de la première heure, qui fait partie des premières députées élues en 1946, quand il y a eu pour la première fois le droit de vote pour les femmes »
- 12:39Invité politiqueFait
« Je note d'ailleurs que les agents de la fonction publique sont les grands oubliés du plan du gouvernement. »
- 13:48Invité politiqueFait
« Ils sont tous unis depuis des mois et des mois contre cette hausse de la CSG. »
- 15:52Invité politiqueFait
« J'ai adhéré au Parti communiste pour lutter contre l'apartheid, pour la libération de Nelson Mandela. »
- 16:11PrésentateurFait
« Fiers que vous n'avez pas été capable de présenter un candidat aux deux dernières élections présidentielles. »
Temps de parole
- Fabien Roussel68 %
- Présentateur20 %
- Invité4 %
- Présentateur 23 %
- ?3 %
- Locuteur non identifié2 %
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France
Inter,
le
6-9 du week-end, Eric Denbeau. Bonjour Fabien Roussel, nouveau secrétaire national du Parti communiste français depuis le 25 novembre,
je
crois, député du Nord. Vous soutenez les Gilets jaunes, vous étiez hier soir à leur côté dans votre circonscription du Nord. Que leur avez-vous dit
?
Rien, je les
ai écoutés, c'est à mon début. D'abord, les écoutés, parce que la colère, elle est profonde, elle est sincère, et chacun, chacune, c'est une histoire de vie, c'est une colère qui sort, c'est de l'exaspération. Et donc, j'ai écouté leur cahier de revendications, leurs exigences, et aujourd'hui, les annonces du Président de la République sont loin de les satisfaire.
Le temps du dialogue est venu, estime une partie des Gilets jaunes, les Gilets jaunes libres. Vous êtes sur quelle ligne ? Vous êtes plutôt jusqu'au boutiste avec les Gilets jaunes, ou effectivement ouvert au dialogue, prêt à cesser, enfin c'est pas vous qui appelez évidemment, mais enfin plutôt favorable à une pause pour le dialogue ? Je leur ai dit hier,
moi je respecte les choix qu'ils font pour la poursuite de leur mouvement. En tout cas, ce qu
'ils
m'ont dit hier, c'est qu'ils ne réclament pas l'aumône, ils ne réclament pas la charité, ils demandent à être respectés, et ils veulent vivre dans la dignité. Je leur ai demandé de mettre par priorité ce qu'ils attendaient comme mesure concrète et immédiate pour arrêter leur mouvement. C'était quoi leur priorité ? Pour eux,
c
'est le pouvoir d'achat. Ils veulent des vraies hausses de salaire, des hausses de retraite, et les minima sociaux, notamment pour ceux qui perçoivent la pension d'invalidité. Ils veulent une justice fiscale, rétablir l'ISF, pas parce que c'est symbolique, c'est pour financer l'État, parce que ce qu'ils réclament ensuite, ce sont des vrais services publics, donc il faut de l'argent pour ça. Il y avait des infirmières parmi ceux que j'ai reçus hier, et donc quand est-ce qu'on va avoir un plan d'urgence pour nos hôpitaux ? Quand est-ce qu'on va avoir des vrais services publics à la campagne, dans nos villages, pour répondre aux besoins des gens ?
Ils demandent à ce que le coût de la vie soit moins cher, l'électricité, le gaz, les mutuels, et puis il
y a
une revendication qui est forte pour eux, c'est être respectés dans cette démocratie. Ils réclament un référendum d'initiative citoyenne, ils demandent à être entendus et qu'ils puissent agir dans la vie politique. Ces questions-là, elles sont sur la table depuis tellement longtemps, elles n'ont jamais été entendues, comment voulez-vous que ce soit autrement qu'aujourd'hui la cocotte, elle explose ? Et l
'augmentation de 100 euros pour les personnes qui bénéficient du SMIC au Parti Communiste, vous auriez préféré 200 euros. Comment ont-ils entendu, les gilets jaunes que vous avez rencontrés hier soir, comment ont-ils pris cette augmentation ?
Alors là, on est en phase, c'est une véritable escroquerie. La proposition qui est faite par le Président de la République, c'est une escroquerie, c'est nous-mêmes qui allons nous payer notre propre augmentation. La
prime d
'activité va financer
?
Ce n'est pas une hausse du SMIC, c'est une aide sociale que la CAF va verser à ceux qui perçoivent le SMIC et encore, c'est sous condition de ressources, du foyer. Pour peu que monsieur ou madame gagne plus, celui qui touche le SMIC dans le foyer ne percevra pas cette prime d'activité. Imaginez-vous que vous demandiez une hausse de salaire et que votre patron vous dit, c'est pas moi, tu vas à la CAF et tu vas aller la toucher
là-bas. Il faut se
déclarer. C'est quand même incroyable, se déclarer et renouveler sa déclaration tous les trois mois. Ça veut dire que ceux qui travaillent chez Pinault, chez Bernard Arnault, à Carrefour, à Amazon, ces grandes multinationales qui ne payent pas leurs impôts comme il faut, eux vont être exonérés d'augmenter les salaires de leurs salariés et c'est l'État qui va se substituer à eux. Enfin, c'est incroyable, ces multinationales, elles ont versé 51 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires et elles sont exonérées de partager les richesses produites par les
salariés eux-mêmes. Enfin, on marche sur la tête. Et on lit ce matin que les caisses d'allocations familiales ne seraient probablement pas prêtes au 1er janvier pour accueillir ce dispositif. C'est 100 euros d'augmentation pour ceux qui touchent le SMIC, ça pourrait être reporté au mois de juin. Vous allez lever le menton en entendant
ça ?
Dès lundi, on va examiner en deuxième lecture le projet de loi de finances et puis en fin de semaine, on va examiner les mesures que le Premier ministre va inscrire dans la loi présentée en Conseil des ministres de
mercredi. Qui doit être votée avant la fin
de l'année.
Oui, tout à fait. Et donc, dès ce lundi, le projet de loi de finances, nous allons demander de le renvoyer en commission parce qu'on ne peut pas l'accepter en l'état. Comment ces mesures vont être financées ? Il n'y a rien dans le budget de l'État pour financer ces mesures.
Les
entreprises, par exemple, elles pourraient être mises à contribution à hauteur de 3 milliards sur l'enveloppe de 10 milliards des annonces Macron. 3 milliards rabotés sur les 20 milliards d'allègements de charges du CICE. Ça devrait plutôt vous plaire, ça ? Oui,
il peut mieux faire. Parce qu'on va les raboter sur ce crédit d'impôt et ces allègements de cotisation. Mais les multinationales ne seront toujours pas mises à contribution. Celles qui envoient une partie de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux ne seront jamais mises à contribution. C'est la raison pour laquelle, moi, je vais déposer un texte de loi dans lequel je propose le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales avant qu'ils échappent à l'impôt et qui partent dans les paradis fiscaux. Voilà une manière de faire payer les gros qui payent en moyenne 8% d'impôt quand les petits, les PME, les entreprises du bâtiment, les commerçants payent 30% d'impôt.
Il faut prélever à la source les bénéfices de ces multinationales.
C
'est possible pour les citoyens. Ce sera possible pour eux demain si on accepte ce texte de loi. Et c'est une mesure de justice fiscale autant réclamée par les citoyens que par les chefs d'entreprise qui, eux aussi, sont, pour une part d'entre eux, victimes de ce système, de cette économie mondialisée.
Finalement, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, parmi les propositions faites lundi soir par le chef de l'État, lesquelles trouvent grâce à vos yeux
? Il
y a eu une reculade du gouvernement sur la CSG, sur les retraités. Sur
une partie
des retraités
? Une partie des retraités,
ceux qui touchent moins de 2 000 euros. Et sur un foyer, c'est 33 000 euros, je crois. Il va encore y avoir des effets de seuil qui vont faire hurler les gens. Et ils auront raison. Mais pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros, c'est une bonne chose. On va leur rendre
leurs
pensions. Parce que quand même, ils ont cotisé pendant 40 ans, 42 ans. C'était scandaleux de leur retirer. Nous l'avons dit pendant 18 mois que c'était un véritable scandale. Le gouvernement n'a rien entendu. Enfin, ils reculent. Mais ces pensions ne seront toujours pas indexées sur le coût de la vie. Or, le coût de la vie augmente terriblement année après année. Vous savez combien ils payent ? Rien que pour la santé, les personnes âgées, quand on a 70 ans, la moyenne de la mutuelle, c'est 150 euros par mois à payer. Et en plus de ça, ils ont 30 à 50 euros à payer que les mutuelles ne prennent pas en charge.
Des frais orthopédiques, des médicaments pour la tête, pour le sang, qui ne sont pas pris en charge. Donc, les coûts de santé deviennent
incroyables. Oui, Emmanuel Macron a
convoqué à l'Elysée, il y a quelques semaines, les patrons d'assurance. Et hier encore avant-hier, les patrons des banques pour limiter les agios. Tout ça va dans le bon sens, selon vous aussi
? Oui,
ça va dans le
bon sens. Mais c'est peanuts. C'est si peu. Là, je vous parle de gens qui ne sont pas endettés, qui n'ont pas d'agios à payer à la banque. Je vous parle de gens qui... C'est la classe moyenne. Ceux qui travaillent, ceux qui ont travaillé, qui ont cotisé toute leur vie, qui ont le droit à une vraie pension, ils doivent conserver cette pension. Or, aujourd'hui, le coût de la vie augmente terriblement. Donc, il faut maintenir leur pension, voire réévaluer les pensions des retraités, réévaluer les salaires, mais en même temps, réduire les factures de gaz, d'électricité, réduire les factures de santé. Parce que tout ça, ça pèse terriblement sur le coût de la vie.
La vie est chère pour la majorité de nos concitoyens.
Et c'est
ça qui fait aujourd'hui exploser
la
colère dans notre pays. Eh bien, c'est parce que la vie est chère et que ça pénalise beaucoup de Français, que débute aujourd'hui une concertation nationale, elle devrait durer une dizaine de semaines, jusqu'au 1er mars, à l'écoute des Français, donc et de leur quotidien.
À
quelles conditions, selon vous, cette concertation sera une réussite ou un échec
?
Écoutez, d'abord, qu'il
y ait
une concertation, on ne
va
jamais être contre. Il vaut mieux y participer. Je ne
suis
pas, moi, un partisan de la chaise vide. Mais les Français expriment ce qu'ils attendent, là, aujourd'hui. C'est là, c'est sur la table. C'est clair, c'est net. Il suffit d'ouvrir ses deux oreilles et pas que l'oreille droite, comme le fait le gouvernement, pour entendre ce qu'ils attendent. Vivre dignement, de pouvoir boucler les fins de mois quand on travaille, ce n
'est
quand même pas compliqué. Les infirmières, ça fait des années qu'elles se battent pour pouvoir exercer leur métier correctement, sans maltraitance, en soignant les gens. De même, de la part de ces ouvriers que je rencontre dans ma circonscription, dans le Valenciennois, qui travaillent dans l'automobile, par exemple. Ils sont postés,
ils
travaillent les week-ends et ils gagnent 1300, 1400 euros net par mois après 20 ans d'ancienneté. Comment voulez-vous qu'ils se sentent respectés dans leur vie ? On ne peut pas l'entendre.
Il
y
a
besoin de faire une concertation de trois mois pour entendre que, eux, tout ce qu'ils réclament, c'est que le temps qu'ils donnent, la sueur qu'ils donnent au travail, ils ne demandent pas de rouler sur l'or. Ils demandent de pouvoir s'occuper de leurs enfants, de vivre heureux. Ils demandent une part de bonheur.
C
'est tout.
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, vous restez avec nous. On va poursuivre cet entretien avec Patricia Martin, avec les questions des auditeurs. Le standard est ouvert. C'est au 01-45-24-7000. A tout de suite. Il est 8h30.
Tous
les samedis sur France Inter.
RTS, la première.
À
partir de 15h. RTB, la première.
La librairie
francophone. Radio-Canada, première. Emmanuel Quérade. On vous conseille des livres pour Noël, ce week-end, avec nos invités et nos libraires. Nous irons notamment à l'île Maurice et Marie-Galante avec les chroniques de Natacha Apana, dans le monde du Levin avec deux grands sommeliers. Et nous porterons une réflexion dissipée sur Dieu et la foi avec François-Livier Gisbert. La librairie francophone. Tout à l'heure sur France Inter.
À
15h.
Et
on fait connaissance ce matin avec Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français.
France
Inter.
Le
6-9 du week-end. Une question de côté de Patricia Martin. Oui, Fabien Roussel, les femmes dans le Parti communiste sont égales aux hommes. Alors, ça paraît aller de soi aujourd'hui pour n'importe quel parti politique. Enfin, quoique. Mais il se trouve que c'est la première phrase d'un texte qui date de 1937, qui est signé Cécile Vassard. Quelques années avant, en 1920, il y avait une internationale communiste des femmes. Quel est aujourd'hui, si on fait un état des lieux, la place des femmes au sein de votre parti ? Est-ce que les femmes peuvent être un fer de lance en politique
? C
'est un projet de société. Ce n'est pas un combat pour le féminisme point barre. L'égalité femmes-hommes, c'est un projet de société. Et vous voyez, en me posant cette question, je pense à Martha Derumeau, qui est une résistante de la première heure, qui fait partie des premières députées élues en 1946, quand il y a eu pour la première fois le droit de vote pour les femmes, droit pour lequel nous nous sommes battus, qui faisait partie du programme du Conseil national de la résistance. Eh bien, nous demandons que cette femme, par exemple, symbolique du combat des femmes pour l'émancipation humaine, rentre au Panthéon. Quelle est sa place ?
C'est une femme ouvrière qui s'est battue toute sa vie. Et elle devrait avoir sa place, elle aussi, au Panthéon. Le combat pour les droits des femmes fait partie du combat pour une société où l'être humain est au cœur de tous les choix politiques. Aujourd'hui, on en est loin. On est dans une société où c'est la domination qui conduit les décisions. Et cette domination, elle pèse plus fortement sur les femmes. Je noterai d'ailleurs que dans le combat des Gilets jaunes, j'ai remarqué qu'il est mené beaucoup par des femmes. C'est elles qui sont devant. C'est elles qui exigent très fortement des choses concrètes dans leur vie, pour leur quotidien.
C'est elles qui disent, moi, mon angoisse, je travaille, mais mon angoisse, c'est qu'à la fin du mois, la machine à laver tombe en panne et qu'on ne puisse pas la changer ou le frigo qui tombe en panne. Et voilà, c'est elles qui portent très concrètement les exigences de mieux vivre et leur part de bonheur.
Des femmes et des hommes sur les ronds-points qui, pour la plupart, n'ont jamais été encartés, ni syndiqués, ni politiquement, ni syndicalement.
A
propos de la CGT, alliée historique du PCF, la CGT, la centrale, n'est plus le premier syndicat de France, doublé par la CFDT. Comment l'expliquez-vous
?
Je n
'ai
pas d'explication à donner. Je pense que c'est poser cette question aux responsables syndicaux. J'ai vu que la CGT restait la première organisation syndicale dans la fonction publique. Je note d'ailleurs que les agents de la fonction publique sont les grands oubliés du plan du gouvernement. Et donc, on a aujourd'hui... On vit dans un pays où il y a un climat délétère à l'encontre des partis et des syndicats. Et alors, surtout, à l'encontre des partis de classe et des syndicats de classe, je dirais. Et donc, les syndicats,
ça
ne sert à rien. Les partis, ça ne sert à rien. Et voilà où ça conduit, aujourd'hui. On a trop longtemps bafoué ces syndicats, justement, qui organisaient des manifestations déclarées en préfecture avec un service d'ordre encadré. Ils ont manifesté contre la privatisation de la SNCF. Ils ont déclaré les jours de grève. C'était propre, c'était net. Ils n'ont pas été entendus. Et aujourd'hui, on voit les Gilets jaunes qui manifestent. Et eux, je ne
vais
pas dire qu'ils sont entendus. Ils ont une petite avancée. Mais moi, j'entends les syndicats qui me disent mais la prochaine fois, on va faire pareil.
On
va les manifester sur les Champs-Elysées. Comment se fait-il que quand on manifeste correctement, qu'on respecte les règles, que tous les syndicats sont unis contre la hausse de la CSG, par exemple, ils sont tous unis depuis des mois et des mois contre cette hausse de la CSG. Ils n'ont jamais été entendus. Il a fallu ces manifestations sur les Champs-Elysées, ce blocage du pays, pour qu'ils soient enfin reconnus. Mais ça remet en cause notre système démocratique. Ça remet en cause l'existence des syndicats et des partis. Comment on fait demain s'il n
'y
a plus de syndicats et de partis politiques ? Comment on fait ? Comment s'exerce la vie démocratique ? C
'est une vraie question quand même. Plus d'horizontalité, c'est aussi ce que demandent les gilets jaunes. Moins vertical, moins de corps intermédiaires. Et moi, je les invite à investir
les partis politiques, à les bousculer, à prendre la main. La démocratie doit s'exercer jusqu'au bout.
Allez, on va aller au standard. 0,1, 45, 24, 7 000. Vos questions ce matin. Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, avec Guy qui est en ligne. Bonjour Guy.
Oui,
bonjour. Je suis félicitations pour le nouveau secrétaire. Il y a une marque de plus de transparence dans le PC. Et je pense et je considère que c
'est
le meilleur empat contre la modernisation, avec la clé des élections européennes. Mais je vous demande si le
secrétaire,
ceux qui pensent, oui, ceux qui pensent, s'ils ne devaient pas changer le sigle du Parti communiste. Communiste, il y a des bons souvenirs, mais il y a des mauvais. Et ce qui reste sur la place, c'est les mauvais.
C'est le mot
communisme qui vous gêne ou le sigle ? Parce qu'il n
'y
a déjà plus
de faux signe et de marteau.
Non,
non, non, c
'est le mot communisme. Non, ça ne me gêne pas, mais c'est dans un élan de dévolutionnisme darwinien que je dis que la politique bouge, tout bouge et qu'il faut, ça serait bon. Je
ne sais pas si Darwin a son
mot à dire chez les communistes en ce qui nous concerne. Fabien Roussel, il n'y a plus de faux signe,
il
n
'y
a plus de marteau. Le mot communisme,
c
'est un poids lourd ?
Pas
du
tout. Dans le communisme, il y a commun, il y a vivre en commun,
il
y a mettre en commun. Mais derrière Parti communiste français, il y a 36, il y a la résistance.
Il
y a redresser la France en 45 avec De Gaulle,
c
'est notre esprit de rassemblement. C'est aussi les guerres d'émancipation contre les guerres, contre les colonies, contre la guerre du Vietnam. J'ai adhéré au Parti communiste pour lutter contre l'apartheid, pour la libération de Nelson Mandela. On a 100 ans d'histoire, 100 ans d'histoire. Les Français peuvent nous juger aussi à travers ça et justement nous comparer avec d'autres forces politiques sur ce que nous avons fait, nous communistes français, dans notre pays. Nous pouvons être fiers des combats que nous avons pu mener.
Fiers que vous n'avez pas été capable de présenter un candidat aux deux dernières élections présidentielles. C'est ce que vous voulez changer ? Comment
? Alors
ça fait partie de reproches qui ont émergé dans nos débats de congrès. En même temps, comme dirait le Premier ministre, je vous dirais que si nous n'avons pas présenté de candidat, c'est dans un esprit de rassemblement. C'est-à-dire d'essayer d'unifier les forces de la gauche de transformation, de les unifier derrière un candidat commun. Ces élections sont faites de telle manière qu'aux présidentielles, tout pousse à ce qu'on se rassemble derrière des grandes têtes. Qu'est-ce que vous voulez ? On a fait ça.
Et aujourd'hui, on se
rend compte que ça n'a pas été le bon choix, parce que ça ne nous a pas permis de gagner.
Et
pourtant, vous êtes toujours favorable à un rassemblement des gauches pour les municipales. Rapprochement plus avec la France insoumise ou plus avec les socialistes ? Moi, je ne
sais
pas pourquoi vous parlez des municipales, parce qu'avant...
C'est 2020. D'abord, il
y
a les européennes, c'est 2019.
2019, en juin prochain. Mai ou mai prochain, oui.
Et puis, il y a les gens qui réclament un référendum, qui demandent à ce que ça revote. Donc, je ne
sais
pas ce qui va se passer dans les
mois qui viennent. En tout cas... Vous voyez venir ma question, c'est quel lien le Parti communiste version Fabien Roussel entretient avec la France insoumise, et Jean-Luc Mélenchon en particulier ?
Eh bien, le Parti communiste versus Fabien Roussel, c'est un parti communiste comme ça. Vous voyez, j
'ai
les bras
grands ouverts. Les
bras grands ouverts. C'est-à-dire qu'on a besoin de se rassembler, de s'unir. Et je pense moins aux forces politiques, je pense aux gens, à ces gilets jaunes que j'ai vus hier, à tous ceux qui ne vont plus voter et qui doivent retourner aux urnes, parce qu'il y a 50% de gens qui ne votent plus, qui boudent les urnes. Mais quand eux ne votent plus, en revanche, les riches, ceux qui payent l'ISF et qui ne voulaient plus le payer, les banquiers, les patrons des multinationales, les actionnaires, eux, ils vont voter. Il ne leur manque jamais une voix.
Donc, mon sujet, notre sujet, c'est comment redonner goût à la politique, comment redonner goût aux valeurs de gauche, la gauche sincère et authentique, pour que les gens retournent aux urnes et que le monde du travail se réveille.
Parole de Fabien Roussel ce matin sur France Inter, secrétaire
nationale
du Parti communiste français. Merci d'être venu vous exprimer ce matin au micro d'Inter. Merci et bonne journée. Il est 8h39.
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Fabien Roussel