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InterviewJean-Marie Le Pen· 13 mai 2014 30 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileTravail & emploiÉducation & recherche

Generation europe - Invité : Jean-Marie Le Pen

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Que fait l'Europe pour sa jeunesse ?

  • 1:05OuverteRéponse partielle

    Quelle est l'attente de la jeunesse par rapport à l'Europe ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'Europe consacre assez de budget à l'éducation ?

  • 4:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a une harmonisation des diplômes en Europe ?

  • 6:47RelanceRéponse directe

    Pourquoi vous présentez-vous aux élections européennes ?

  • 8:48RelanceRéponse directe

    Est-ce que l'Europe fait assez pour la jeunesse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Invité politiqueFait
    « Je suis député européen depuis 30 ans. »
  • 9:10Invité politiqueChiffre
    « L'âge moyen de l'Europe, c'est 40, ça aura bientôt 47 ans. »
  • 10:10Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes 740 millions sur 7 milliards d'individus. »
  • 10:21Invité politiqueChiffre
    « Nous avons un âge moyen qui est 10 ou 15 ans plus élevé que celui de la moyenne mondiale. »
  • 11:20PrésentateurChiffre
    « L'immigration en France, elle reste stable. C'est environ 200 000 entrées sur le territoire français pour 100 000 départs. »
  • 11:25PrésentateurChiffre
    « Dans les 200 000 entrées, il y a 50 000 Européens. »
  • 13:11Invité politiqueFait
    « Nous les faisons entrer pour peser à la baisse sur le salaire des travailleurs manuels. »
  • 16:52PrésentateurChiffre
    « Un jeune européen sur 4 est au chômage. »
  • 17:00Locuteur 7Chiffre
    « Il y a 6 millions de chômeurs en Europe. »
  • 19:17PrésentateurChiffre
    « L'Union européenne a annoncé 8 milliards d'euros dans la garantie jeunesse. »
  • 19:40Locuteur 3Chiffre
    « 8 milliards, c'est 8 milliards sur 2 ans en réalité. »
  • 19:46Locuteur 3Chiffre
    « On a 7,5 millions de jeunes en Europe aujourd'hui qui n'ont pas d'emploi ni de formation. »

Temps de parole

  • Présentateur41 %
  • Jean-Marie Le Pen35 %
  • ?6 %
  • Locuteur 35 %
  • Locuteur 83 %
  • Locuteur 22 %
  • Locuteur 92 %

≈ 34,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:37
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans Génération Europe. Aujourd'hui, avec nos étudiants européens, nous allons parler de la jeunesse. Que fait l'Europe pour sa jeunesse ? Eh bien, nous en parlerons avec notre invité aujourd'hui, qui est Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front National et aussi député européen. Bonjour à tous. Alors, pour commencer, puisqu'on parle de la jeunesse, vous qui avez tous une petite vingtaine d'années, vous représentez la 8 personnes. En réalité, il y a 100 millions de jeunes dans l'Union européenne aujourd'hui. Quelle est l'attente de la jeunesse par rapport à l'Europe ? Par exemple, James, toi, en tant qu'anglais, en tant que James, que tu es, quelle est ton attente ?

1:21
Locuteur 8

Il y a deux choses. Je pense qu'il faut avoir des meilleures conditions de formation. Et deuxièmement, on a besoin pour l'Europe d'organiser l'économie pour inciter les entreprises d'embaucher les jeunes. Pour essayer de créer une nouvelle génération de jeunes qui sont vraiment qualifiés pour participer à l'économie. Parce qu'en ce moment, on est en train de créer une génération perdue. Moi, plutôt que de dire qu

1:48
Locuteur

'on

1:48
Locuteur 8

va mettre les

1:48
Présentateur

formations au service des entreprises, je préférerais qu'on dise qu

1:51
Locuteur

'on

1:51
Présentateur

va mettre les formations au service des besoins des populations.

1:54
Locuteur

En

1:54
Présentateur

fait, à mon avis, ça me semble plus cohérent pour se développer à

1:57
Locuteur

long terme. Mais

1:57
Présentateur

ça veut dire que pour

1:58
Locuteur

toi, Jules,

1:58
Présentateur

les entreprises et les populations, ce n

2:00
Locuteur

'est

2:00
Présentateur

pas quelque chose qui va

2:01
Locuteur

en sorte ? Non, ce n'est vraiment pas la

2:02
Présentateur

même chose.

2:02
Locuteur

En fait, une

2:02
Présentateur

entreprise, ça vit, ça meurt, ça disparaît.

2:04
Locuteur

Oui,

2:04
Présentateur

ça

2:05
Locuteur

fait travailler les gens.

2:06
Présentateur

Ça fait travailler les gens, mais les populations, elles restent. Une entreprise,

2:09
Locuteur

ça

2:09
Présentateur

peut être là. Un moment,

2:10
Locuteur

on

2:10
Présentateur

peut avoir besoin, les populations vont avoir besoin de plus de numérique, de plus de ci, de plus de ça. Mais les populations, elles sont toujours là,

2:17
Locuteur

elles

2:17
Présentateur

ont besoin de services publics. Il y a des besoins alimentaires qui perdurent, en fait. Alors, on va revenir à l'essentiel du sujet. Ce que fait aujourd'hui l'Europe pour sa jeunesse, c'est l'essentiel. C'est fait par Thierry Scharf, mis en image par Hugo Nicolas.

2:31
Locuteur

En

2:31
Présentateur

Europe, le jeûne se fait de plus en plus rare. Comme la plupart des pays développés, les pays européens sont confrontés à un vieillissement de leur population. En Europe, les 10-24 ans représentent 19% de la population. En Amérique du Nord, c'est 21%. En Asie, 28%. Et en Afrique, 33%.

2:49
Locuteur

L

2:49
Présentateur

'Union européenne s'est intéressée tardivement à la jeunesse. Il faut attendre Maastricht en 1992 pour que le mot « jeunesse » figure dans un traité. L'Action de l'Europe ne vient qu'en soutien des politiques nationales. Alors, que retenir de l'Action européenne pour la jeunesse ? Tout d'abord, une politique très volontaire au sujet de la protection des droits des enfants et des adolescents.

3:09
Locuteur

Et

3:10
Présentateur

une politique destinée à favoriser l'échange et la mobilité, initiée en 1988 avec le programme « Jeunesse pour l'Europe ». 1996, création du service volontaire européen. Il permet à tout jeune de 18 à 30 ans de s'engager dans une action d'intérêt général, par exemple social, humanitaire ou écologique pendant une période de 2 à 12 mois, dans l'Union européenne ou à l'étranger.

3:32
Locuteur

Mais

3:32
Présentateur

le dispositif le plus emblématique est sans doute Erasmus. En 27 ans, il a permis à 2 millions d'étudiants de goûter à la mobilité européenne. Depuis janvier, il s'est transformé en Erasmus+, et s'ouvre enfin à d'autres populations comme les apprentis et les jeunes en formation, avec à la clé un budget augmenté de 40%.

3:49
Locuteur

L

3:50
Présentateur

'Europe voit dans la mobilité et surtout l'éducation une des principales solutions à la crise qui aujourd'hui prive d'emploi un jeune européen sur 4. Pourtant, elle consacre 10% de son budget à l'éducation, lorsque le budget français y consacre 17%.

4:04
Locuteur

Alors, on

4:05
Présentateur

va revenir sur ce qui a été évoqué, la question de mobilité, d'Erasmus. On va revenir longuement aussi sur la question du chômage des jeunes, particulièrement. Mais Johanna, toi en tant que Roumaine aujourd'hui, passer tes examens en Roumanie, venir en France, aller ici ou là, est-ce qu'il y

4:21
Locuteur

a

4:21
Présentateur

une harmonisation des diplômes ? Est-ce que tu peux passer d'une formation à une autre facilement

4:26
Locuteur

?

4:26
Locuteur 3

Il y a différents systèmes de parallèles entre les universités. Il y a différents types de partenariats entre les universités européennes. Surtout après le nouveau système de Boulogne, avec le système de crédit transmissible, quand on reçoit des crédits pour un cursus et après on peut compenser avec d'autres matières dans un autre pays. On peut facilement en français, on peut étudier un master

4:51
Présentateur

en Espagne facilement avec le système de Boulogne. Il y a vraiment une harmonisation qui vient de se mettre en place. Mais le problème, c'est que c'est nous, la première génération, qui va vivre vraiment tous les avantages de tous ces systèmes.

5:05
Locuteur

Le système

5:05
Présentateur

de Boulogne, il a commencé à la fin des années 90.

5:08
Locuteur

Il a commencé en 99, mais c'est assez contradictoire,

5:09
Présentateur

la politique de l'Union européenne là-dessus. Parce que le processus de Boulogne, à la fois il a mis en place ce système de crédit, mais à la fois il n

5:16
Locuteur

'y a

5:16
Présentateur

plus de cadre national des diplômes. Mon diplôme que j'ai eu à Paris 8, il n'a pas la même valeur que le même diplôme d'histoire à Lyon. Et ça,

5:23
Locuteur

ça

5:23
Présentateur

pose un problème parce qu'ensuite...

5:24
Locuteur

En quoi il est

5:24
Présentateur

différent ? En quoi il est différent ? La formation, l'intitulé, la formation qui est dispensée, le contenu qu'on t'apprend...

5:30
Locuteur

Donc

5:30
Présentateur

on régionalise et on s'éloigne de plus en plus de l'Europe selon toi

5:32
Locuteur

?

5:33
Présentateur

Je ne

5:33
Locuteur

sais

5:33
Présentateur

pas si on s'éloigne de...

5:34
Locuteur

Non,

5:34
Présentateur

on ne s'éloigne pas de l'Europe parce que c

5:35
Locuteur

'est

5:35
Présentateur

cette Europe-là qui a imposé ça en fait. C'est des directives européennes, c'est processus de Boulogne en 99, stratégie Lisbonne en 2000 et Europe 2020 maintenant, qui visent à avoir des diplômes de plus en plus territorialisés en lien avec les entreprises, mais uniquement en lien avec les entreprises. C

5:48
Locuteur

'est vrai qu'il y a un lien avec

5:49
Présentateur

les entreprises, c'est vrai qu'on répond au marché. Là, il a un peu de raison parce que ce n

5:54
Locuteur

'est

5:54
Présentateur

pas une chose qui se passe seulement en France, mais moi, je perçois d'après moi que ça se passe dans tous les pays de l'Europe. En Espagne, ça se passe la même chose, ce n

6:00
Locuteur

'est

6:00
Présentateur

pas la même valeur qu'un diplôme qui est fait à Madrid, qu'un diplôme qui est fait à Séville ou à Malaga.

6:05
Locuteur 1

Si on

6:05
Présentateur

n'a

6:06
Locuteur 1

pas les mêmes formations, on n

6:06
Locuteur

'a

6:06
Locuteur 1

pas les mêmes diplômes,

6:07
Locuteur

on

6:07
Locuteur 1

n

6:07
Locuteur

'a

6:07
Locuteur 1

pas les mêmes droits. Moi, en revanche, je voulais dire que, par exemple, c'est l'envers, quand on a un diplôme européen, par exemple, on peut postuler en France pour le CAPES, par exemple, les certificats d'aptitude de professeur. Si je prends mon diplôme en Italie et je viens postuler pour le CAPES en France, ça pourrait être que, de ce côté-là, il y a une harmonisation des diplômes

6:28
Locuteur

qui a travaillé. On va

6:29
Présentateur

proposer à notre invité de venir nous rejoindre, pas forcément pour parler de cette harmonisation des diplômes, mais pour continuer à discuter de la question de la jeunesse en Europe. Merci, Jean-Marie Le Pen, de nous rejoindre, qui est député européen élu dans le Sud-Est sur la liste FN et qui se présente donc pour ses élections européennes.

6:47
Jean-Marie Le Pen

Bonjour, madame.

6:48
Locuteur

Bonjour. Bonjour,

6:48
Jean-Marie Le Pen

monsieur. Je souhaiterais, si vous permettez, me présenter rapidement.

6:52
Locuteur

Je

6:52
Jean-Marie Le Pen

ne

6:52
Locuteur

peux

6:52
Jean-Marie Le Pen

pas vous raconter ma vie, ça serait trop long. Oui, on a une

6:54
Locuteur

demi-heure. Je ne vais pas se réunir,

6:55
Jean-Marie Le Pen

mais par rapport à l'Europe, je voudrais dire d'abord que je suis député européen depuis 30 ans. J'ai été, au début de ma vie, juste après la guerre, assez partisan de l'Europe.

7:04
Locuteur

J

7:05
Jean-Marie Le Pen

'ai même monté, je crois, la première opération humanitaire

7:08
Locuteur

de

7:08
Jean-Marie Le Pen

notre continent en amenant 40 étudiants en 1953 lors des inondations de Hollande, 40 étudiants pendant 3 semaines sur les digues de Hollande,

7:18
Locuteur

ce

7:18
Jean-Marie Le Pen

qui était original à l'époque, voilà. Et j'ai été cependant voté contre le traité de Rome en 1957. Je n

7:26
Locuteur

'étais

7:26
Jean-Marie Le Pen

pas né, mais j'étais déjà député, moi. Et j'ai voté contre le traité de Rome, non pas que ses dispositions, son dispositif économique pouvait me gêner, mais parce que j'avais lu Koudinov-Kalergi et j'avais lu Monet, qui disait que ceci est la première étape

7:41
Locuteur

d

7:42
Jean-Marie Le Pen

'un processus qui doit nous conduire aux États-Unis d'Europe, à l'instar des États-Unis d'Amérique. Je trouvais que c'était une idée folle et à combattre.

7:50
Locuteur

Et

7:50
Jean-Marie Le Pen

au fur et à mesure de mon déroulement de député européen, je suis devenu de plus en plus eurosceptique,

7:56
Locuteur

au

7:56
Jean-Marie Le Pen

point de croire que l'Europe est en train d'amener le continent à la ruine.

8:00
Présentateur

C'est pour ça que vous vous

8:01
Locuteur

représentez. C'est pour ça que

8:02
Présentateur

vous vous représentez.

8:03
Locuteur

Je me

8:03
Jean-Marie Le Pen

représente à la tête de la liste du Sud-Est, absolument.

8:06
Présentateur

Pourquoi

8:06
Locuteur

? Je ne comprends pas la logique.

8:08
Jean-Marie Le Pen

Puisque les sondages me donnent 5 élus,

8:10
Locuteur

vous

8:10
Jean-Marie Le Pen

voyez, je ne suis pas si mal placé que ça.

8:13
Présentateur

Ah non, ça c'est sûr, mais je

8:14
Locuteur

ne comprends pas la

8:14
Présentateur

logique, en fait,

8:16
Jean-Marie Le Pen

par

8:16
Présentateur

rapport à l'Union européenne, le fait...

8:18
Locuteur

Mais pourquoi ?

8:18
Jean-Marie Le Pen

Parce qu'il faut être partisan d'une société quand on ne peut pas la combattre. On n

8:22
Locuteur

'a

8:22
Jean-Marie Le Pen

pas le droit d'entrer dans un Parlement pour

8:24
Locuteur

défendre... Ah, le verre dans la peau ! Et moi,

8:26
Jean-Marie Le Pen

vous savez, je ne veux pas représenter le Parlement européen, je veux représenter les Français au Parlement européen avec l'opinion qu'ils ont du Parlement européen et de l'Europe en général.

8:35
Présentateur

Alors c'est vrai qu'il y

8:36
Locuteur

a

8:36
Présentateur

beaucoup d'eurosceptiques en France, en l'occurrence. Le fait que la jeunesse ne soit pas forcément très présente dans les préoccupations de l'Europe, en tous les cas pas avant 92, et qu'on dise que finalement ça reste en soutien des politiques nationales, est-ce que vous pensez que c

8:49
Locuteur

'est

8:49
Présentateur

un bon équilibre ?

8:50
Locuteur

Ou

8:50
Présentateur

est

8:50
Locuteur

-ce que ça doit être pensé sur un plan européen ? Il est

8:52
Jean-Marie Le Pen

très rare que la politique soit faite par les jeunes, n'est

8:54
Locuteur

-ce

8:54
Jean-Marie Le Pen

pas ? Moi,

8:56
Locuteur

j

8:56
Jean-Marie Le Pen

'ai été le plus jeune député, ma petite-fille a été la plus jeune députée dans l'histoire de la République, mais nous sommes ultra minoritaires. Par conséquent, ça n'est pas nous qui faisons la politique. Et je dois vous dire que vous devez penser

9:06
Locuteur

que

9:07
Jean-Marie Le Pen

l'âge moyen

9:09
Locuteur

de

9:10
Jean-Marie Le Pen

l'Europe, c'est 40, ça aura bientôt 47 ans,

9:13
Locuteur

et

9:13
Jean-Marie Le Pen

qu'en démocratie, c'est la majorité qui l'emporte.

9:16
Locuteur

Par

9:17
Jean-Marie Le Pen

conséquent, la politique sera faite en Europe par les vieux,

9:20
Locuteur

qui

9:20
Jean-Marie Le Pen

auront, tu penses, intérêt à se défendre, plutôt qu'à promouvoir l'avenir de notre belle jeunesse qui devra bien se défendre toute seule.

9:28
Locuteur

Vous devez vous y attendre,

9:29
Jean-Marie Le Pen

et ça sera dur.

9:30
Présentateur

À se défendre de quoi

9:31
Locuteur

?

9:31
Jean-Marie Le Pen

À se défendre, pour vivre,

9:33
Présentateur

pour

9:34
Jean-Marie Le Pen

survivre, pour ne pas être esclave.

9:36
Locuteur

Ceux qui

9:36
Jean-Marie Le Pen

vont pas au nez comme un sifflet de dessous.

9:38
Locuteur 3

Mais de qui ?

9:38
Locuteur

De

9:39
Jean-Marie Le Pen

tout, de l'invasion du monde.

9:41
Locuteur 3

C'est

9:41
Locuteur

exactement ça, l'idée de l'Europe. On a

9:44
Locuteur 3

des enjeux communs. Le problème de chômage, de la formation, de tout ça, c'est un enjeu commun dans toute l'Europe. Et on doit tous lutter ensemble. Qu'est-ce que

9:53
Locuteur

vous pensez ? Je

9:55
Jean-Marie Le Pen

comprends vos préoccupations, qui sont personnelles, de carrière personnelle. Vous allez devoir faire votre vie. Moi, j'ai une vue un petit peu plus géopoliticienne, si vous voulez. Le maître mot de l'avenir, c'est la démographie. L'Europe est un pays sous-nataliste.

10:10
Locuteur

Nous

10:11
Jean-Marie Le Pen

sommes 740 millions sur 7 milliards d'individus. Nous sommes un dixième du monde. Et nous avons un âge moyen qui est 10 ou 15 ans plus élevé que celui de la moyenne mondiale. Par conséquent, je dois vous dire que je suis de ceux qui pensent que le temps va être très troublé

10:27
Locuteur

et

10:28
Jean-Marie Le Pen

qu'il va déclencher des torrents migratoires qui vont essayer de survivre. On ne peut pas leur reprocher ni leur en vouloir en essayant de gagner ce qui, pour eux, est le radeau de la méduse,

10:39
Locuteur

c

10:39
Jean-Marie Le Pen

'est-à-dire l'Europe. Et cela, ça va provoquer, à mon avis, un changement de population.

10:45
Locuteur

Jean-Marie Lomond, est-ce que... Pardon. Alors, Jules. Je

10:48
Présentateur

ne comprends pas. Ça fait des décennies que vous tenez ce type de discours sur l'immigration. Sur le fait qu'il y a des torrents migratoires, vous tenez ce discours depuis longtemps maintenant. Pourtant, l'immigration en France, elle reste stable. C'est environ 200 000 entrées

11:01
Locuteur

sur

11:02
Présentateur

le territoire français pour 100 000 départs. Et dans les 200 000 entrées, il y a 50 000 Européens. Donc, en fait, la vague migratoire que vous prédisez,

11:10
Locuteur

elle n'est pas là. – Écoutez, vous

11:11
Jean-Marie Le Pen

prenez quelquefois le train en banlieue, non jamais ? – J'habite

11:14
Locuteur

en banlieue, monsieur. – Vous habitez en banlieue, ça veut... – J'habite à Saint-Denis, monsieur. – Vous trouvez que le paysage

11:17
Jean-Marie Le Pen

humain n

11:17
Locuteur

'a

11:17
Jean-Marie Le Pen

pas changé. Vous ne voyez pas la différence qu'il y a. – Non, il y a des

11:20
Locuteur

populations qui ont toujours été là, monsieur.

11:22
Jean-Marie Le Pen

–

11:22
Locuteur

Mais

11:22
Jean-Marie Le Pen

vous oubliez quand même les 250 000 naturalisations par an qui sont retirés de la masse générale des étrangers.

11:30
Locuteur

– C'est les valeurs de la République française, monsieur.

11:33
Jean-Marie Le Pen

– Vous avez parfaitement le droit de penser.

11:35
Présentateur

– Alors, il

11:35
Locuteur

y

11:35
Présentateur

a la question de l'immigration dont vous parlez et

11:38
Locuteur

de la

11:38
Présentateur

démographie. Est-ce que c'est ça le seul sujet sur lequel il faut se concentrer quand on parle jeunesse

11:45
Jean-Marie Le Pen

aujourd'hui ? – Non, on peut parler de tout. –

11:47
Locuteur

Alors, et comment ?

11:48
Jean-Marie Le Pen

– C'est ça qui va dominer la vie de cette génération qui va devoir faire face à une situation dans laquelle l'Europe ne va cesser de s'affaiblir

11:56
Locuteur 8

?

11:57
Locuteur

–

11:57
Locuteur 8

Si l'âge moyen de l'Europe est 47 ans, dans 20 ans, qui va occuper ces personnes quand elles sont à la retraite

12:04
Locuteur

? On

12:05
Locuteur 8

a besoin de… –

12:06
Présentateur

Du flux migratoire. On a besoin de ces gens pour pouvoir payer les retraites. Nous, on ne sera pas assez nombreux pour pouvoir payer vos retraites.

12:14
Locuteur

–

12:14
Jean-Marie Le Pen

C'est bien, vous allez vous décharger de payer vos retraites.

12:16
Présentateur

– On a besoin, comme à la reconstruction de l'Europe, on a bien dit à des travailleurs du Maghreb et du Portugal qu'ils étaient les bienvenus pour pouvoir contribuer à la reconstruction de l'Europe. Aujourd'hui, si ces gens veulent rentrer sur le territoire européen,

12:29
Locuteur

on

12:30
Présentateur

peut leur dire qu'ils sont les bienvenus, parce qu'on a besoin d'eux.

12:33
Jean-Marie Le Pen

– Eh bien écoutez, je ne le crois pas, moi. Je crois que malheureusement, nous devrions retrousser nos manches et faire nous-mêmes le travail qui est à faire. Parce que si nous le faisons faire par d'autres, ce sont les autres qui nous commanderont.

12:42
Locuteur

Imaginez-vous

12:43
Jean-Marie Le Pen

qu

12:43
Locuteur

'ils

12:43
Jean-Marie Le Pen

ne

12:43
Locuteur

vont

12:43
Jean-Marie Le Pen

pas se borner à gagner vos retraites. Ils vont aussi vouloir bénéficier de la situation qu'ils vont provoquer. –

12:50
Présentateur

Alors on revient à la question de la formation. Est-ce que vous avez l'impression qu'aujourd'hui, en France, mais aussi dans d'autres pays d'Europe, finalement, on crée beaucoup trop d'intellectuels, de cerveaux, et pas assez de gens manuels, et que donc du coup, ça pose un problème de formation

13:03
Locuteur

? – Alors

13:04
Jean-Marie Le Pen

oui, je dois vous dire que quand le président Pompidou avait justifié l'entrée des immigrés, il avait dit « Nous les faisons entrer pour peser à la baisse sur le salaire des travailleurs manuels ». C'était exactement l'inverse de notre programme qui pensions qu'il fallait rapprocher les rémunérations du travail manuel, des rémunérations du travail intellectuel, parce que c'est ce, et en particulier ce qu'ont fait les Allemands par l'apprentissage, de façon positive, que nous n'avons pas fait, avec en effet une université qui est largement ouverte à des bacheliers, disons de niveau moyen, qui trouve dans l'université un statut social.

Pendant 1, 2, 3, 4, 10, 15 ans, la dame qui a noyé sa petite-fille, – Je ne la connais pas, moi.

13:47
Locuteur

–

13:47
Jean-Marie Le Pen

Non, non, elle était étudiante en psychologie, je crois, elle a 38 ans, il n

13:53
Locuteur

'y a

13:53
Jean-Marie Le Pen

pas

13:53
Locuteur

de problème.

13:53
Jean-Marie Le Pen

–

13:53
Locuteur

Oui, mais il y a beaucoup d'autres étudiants en psychologie, je trouve que ce n'est pas forcément un bret-landet, excusez-moi. – Non, mais

13:59
Jean-Marie Le Pen

il y a des universités, en particulier les universités américaines, dans lesquelles pour rentrer, ce n

14:03
Locuteur

'est

14:03
Jean-Marie Le Pen

pas facile, il

14:04
Locuteur

y a une

14:05
Jean-Marie Le Pen

sélection. Alors qu'en France, par exemple, il

14:07
Locuteur

n

14:07
Jean-Marie Le Pen

'y

14:07
Locuteur

a

14:07
Jean-Marie Le Pen

aucune sélection, quand on a le baccalauréat, on rentre à l'université et on peut y rester indéfiniment, dans un statut d'oisif, somme toute, survivant.

14:16
Présentateur

– Qu'est-ce que vous proposez pour améliorer la situation à l'université, alors ?

14:20
Jean-Marie Le Pen

– C'est une question d'économie générale. Si les entreprises, on ne fait pas l'emploi pour l'emploi, on fait l'emploi au service d'une production vendable, si possible. Et c'est donc un problème d'économie générale. Si vous fabriquez des cadres dont on sait à l'avance qu'ils n'auront pas d'emploi, parce que l'économie en son état, non seulement n'en fabrique pas, mais elle en fabrique de moins en moins. Mais c'est le problème des emplois.

14:48
Locuteur 3

– Les entreprises, maintenant, les entreprises européennes sont en train de parachuter les emplois des jeunes qui pourraient être créés en Europe, dans les pays émergents, par exemple le Vietnam, Chine, Inde, pour la main-d'œuvre qui est beaucoup moins chère, main-d'œuvre peu qualifiée. – Alors tu attends, tu

15:05
Présentateur

es en train de te dire, les Roumains ont peur de la main-d'œuvre chinoise, comme on a l'habitude de dire en France, par exemple, qu'on a peur de la main-d'œuvre roumaine ou polonaise. Toi, tu dis, nous, on a peur de la main-d'œuvre chinoise et vietnamienne. – Oui, aussi.

15:19
Locuteur 9

– Je suis

15:20
Locuteur

pas du

15:20
Locuteur 9

tout d'accord avec ça, parce qu'en Roumanie, certes, il y

15:22
Locuteur

a

15:22
Locuteur 9

une peur pour ça, mais dans l'Europe, dans une grande partie de

15:25
Locuteur

l

15:25
Locuteur 9

'Europe occidentale, les entreprises reviennent, on recrée de l'emploi, et il y a des dizaines, des centaines de métiers manuels qui ne sont pas délocalisables structurellement, parce qu'un Chinois ne se voit pas donner l'opportunité d'apprendre ses métiers. Et c

15:37
Locuteur

'est

15:37
Locuteur 9

des métiers qui vont de l'ouvrier au technien supérieur, les

15:40
Locuteur

artisans, et pour

15:41
Locuteur 9

lesquels il y a de l'emploi. En France, il y a des dizaines de milliers d'emplois dans l'hôtellerie, qui sont des emplois qualifiés à Bac plus 2, parfois davantage, qui ne sont pas pourvus. Donc c'est avant tout une question de mentalité. Le chômage de

15:51
Locuteur

l

15:51
Locuteur 9

'année n

15:51
Locuteur

'est

15:51
Locuteur 9

pas appelé à rester à 25% pour l'éternité. On

15:53
Présentateur

va continuer à parler de la question du chômage,

15:56
Locuteur

on

15:56
Présentateur

va continuer à parler de la question de comment on prépare la jeunesse au monde qui change, en réalité c'est ça. Mais d'abord on va regarder justement ce qui est fait aujourd'hui dans le cadre de l'Union Européenne

16:05
Locuteur

contre

16:06
Présentateur

le chômage. C'est toi Jules qui a été enquêté, qu'est

16:09
Locuteur

-ce

16:09
Présentateur

que tu as fait

16:09
Locuteur

?

16:10
Présentateur

On est allé interroger une économiste, un syndicaliste et un porte-parole de l'Union Européenne sur la dernière annonce de l'Union Européenne sur la question des jeunes, c'est la garantie jeune. Bon, donc on regarde tout de suite et on en reparle juste après. Jules, 23 ans, officiellement étudiante en histoire, est avant tout un mordu de la politique. Depuis ses 17 ans, c'est un membre actif des JC, les jeunesses communistes.

16:34
Locuteur

C'est la lutte finale ! Et

16:39
Présentateur

s'il cessait

16:40
Locuteur 1

pour nous à l'apprenti journaliste, c'est pas un hasard non plus. Jules veut devenir journaliste.

16:46
Locuteur

En

16:46
Présentateur

novembre dernier, s'est tenu à Paris le sommet européen sur l'emploi des jeunes. Et sorti de cette grande messe, une mesure phare, la garantie jeune. En effet, aujourd'hui, un jeune européen sur 4 est au chômage.

16:56
Locuteur

Il

16:56
Présentateur

y

16:56
Locuteur

a

16:56
Présentateur

urgence.

16:59
Locuteur

Il

17:00
Locuteur 7

y a 6 millions de chômeurs en Europe. C'est trop.

17:04
Présentateur

Alors, mesure bidon ou traitement de choc

17:06
Locuteur

? Bien

17:07
Présentateur

envoyé, Jules. Enfin bon, c'est pas sorti du premier coup. Une mesure phare, la garantie jeune. Mais non, c'est pas bon. Une garantie... Une... Une...

17:23
Locuteur

Une

17:24
Présentateur

mesure phare, la garantie jeune.

17:28
Locuteur

Allez,

17:28
Locuteur 1

soyons sérieux, Jules enquête.

17:31
Locuteur

Hé,

17:32
Présentateur

je suis en duplex de Bruxelles avec le porte-parole de la Commission européenne.

17:36
Locuteur

Est

17:37
Présentateur

-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste la garantie jeune

17:39
Locuteur

? En

17:40
Locuteur 5

fait, au niveau européen, on a proposé des réformes structurelles pour que dans chaque état membre, dans les 4 mois après qu'un jeune a quitté l'école ou perdu son emploi, on lui propose soit un travail de qualité, soit un stage, soit un apprentissage

17:56
Locuteur

ou

17:57
Locuteur 5

la formation continue.

18:02
Locuteur

La

18:02
Présentateur

garantie jeune a déjà été mise en place en Finlande et en Autriche, mais c'est la Confédération européenne des syndicats qui a poussé pour que cette mesure soit généralisée partout en Europe. Thiebo Weber était là. Rendez-vous à la CFDT avec un jeune eurosyndicaliste convaincu.

18:15
Locuteur 2

Il y a un enjeu très fort à mettre en oeuvre une garantie jeune au niveau européen parce qu'on sait que l'entrée sur le marché du travail, c'est le moment où on risque pour beaucoup de tomber dans la précarité et de porter les stigmates, je dirais, de la précarité tout au long de sa carrière. La garantie jeune, ça doit être proposé à chaque jeune, quelle que soit sa situation quand il rentre sur le marché du travail, un accompagnement vers l'activité, vers la formation, bref, qu

18:35
Locuteur

'on

18:35
Locuteur 2

lui propose des solutions. Pour nous, ça doit être un droit, c'est-à-dire que ça ne doit pas être juste un dispositif qui profite à un nombre de jeunes définis, comme c

18:43
Locuteur

'est

18:43
Locuteur 2

le cas en France, on dit 100 000 jeunes. Nous, on demande à ce que ce soit un droit universel et que chaque jeune qui rentre sur le marché du travail puisse en bénéficier, quelle que soit sa situation et quel que soit son pays en Europe.

18:55
Présentateur

La garantie jeune est loin de s'appliquer à tous les jeunes. Elle concerne aujourd'hui les 18-25 ans les plus en difficulté issues de régions avec un taux de chômage supérieur à 25%. Malgré ces restrictions, la plupart des experts remettent en question son financement. Quelle est l'efficacité d'un tel dispositif ? Nous allons demander l'avis d'une économiste.

19:15
Locuteur

Bonjour,

19:16
Présentateur

Jules, enchanté. Du coup, l'Union européenne a annoncé 8 milliards d'euros dans la garantie jeunesse. Est-ce que cette mesure va avoir une réelle efficacité ?

19:23
Locuteur

On

19:24
Locuteur 3

peut en douter assez fortement pour deux raisons. D'abord parce qu'on n'a toujours pas de croissance et on a des taux de chômage très élevés en Europe. Ça veut dire que quand on essaie d'encourager l'apprentissage ou les emplois aidés, les entreprises ne suivent pas derrière puisqu'aujourd'hui elles ont plutôt des sureffectifs. La deuxième raison, ce sont les montants qui ont été alloués. 8 milliards, c'est 8 milliards sur 2 ans en réalité. Ça fait 4 milliards par an. Sachant qu'on a 7,5

19:46
Locuteur

millions

19:46
Locuteur 3

de jeunes en Europe aujourd'hui qui n'ont pas d'emploi ni de formation, ça veut dire que ça fait à peu près 500 euros par jeune en difficulté par an. Donc c'est vraiment trois fois rien et c'est beaucoup trop faible en tout cas pour permettre une réelle réinsertion sur le marché du travail.

20:02
Présentateur

Jules,

20:03
Locuteur

tu

20:03
Présentateur

as été convaincu ? Non, pas du tout en fait. Pour plusieurs raisons. Le projet initial, c'est de faire de cette garantie jeune un véritable droit. C'est-à

20:10
Locuteur

-dire

20:10
Présentateur

un droit inscrit dans le marbre. Chaque jeune aurait droit à ça. Un droit à pouvoir trouver du travail après 4 mois d

20:16
Locuteur

'accord.

20:16
Présentateur

À trouver du travail, avoir des offres de travail ou sinon avoir un revenu

20:20
Locuteur

en attendant. L'idée est

20:21
Présentateur

séduisante. L'idée est séduisante en tant que droit. Mais là, actuellement, comment ça va être appliqué ?

20:25
Locuteur

En

20:25
Présentateur

fait, il y a 4 milliards par an qui vont être appliqués.

20:27
Locuteur

C

20:27
Présentateur

'est 0,05% du PIB européen. En fait, ça ne suffit pas. Pour l'appliquer à tous les jeunes, il faudrait 21 milliards par an. Et là, c'est 4 milliards. Donc là, moi, il me semble que cette annonce, elle a été faite pendant un grand sommet. Moi, je pense que c'est vraiment un écran de fumée. C'est un dispositif parmi tant d'autres qui va être perdu dans les limbes des dispositifs européens, je crois. Ça pose la question, parce que si on fait le calcul en gros de ce que ça représente par étudiant, par exemple en France, un tel dispositif, ça représenterait à peu près 2 000 euros par étudiant par an en France.

Quand on voit qu'un contrat d'avenir, c'est 20 000 euros par an, est-ce que du coup, ça montre bien que la souveraineté nationale, que vous prenez tant, et bien finalement, elle est là, par-delà, tout ce qu'on peut penser de l'Europe

21:06
Jean-Marie Le Pen

? Comme beaucoup de mesures européennes, cette mesure phare est une loupiote destinée à amuser le public. pendant quelques semaines, quelques mois, puis ça se perdra, comme dit monsieur, dans les sables, ça sera oublié, on passera à autre chose.

21:22
Présentateur

Mais ça montre que la France reste souveraine dans la gestion de son éducation

21:26
Locuteur

?

21:26
Jean-Marie Le Pen

Non, elle n

21:26
Locuteur

'est

21:26
Jean-Marie Le Pen

pas souveraine du tout. Les pays sont de moins en moins souverains, et c'est précisément ce qui me gêne. C'est la raison pour laquelle, moi, je suis pour l'Europe boréale, celle qui irait de Brest à Vladivostok,

21:37
Locuteur

et

21:37
Jean-Marie Le Pen

qui serait une Europe des nations, de nations souveraines, mais cohérentes, une union des nations, et pas du tout une union à vocation fédéraliste, qui a prouvé son échec, qui va dans le mur, et qui continue d'y aller quand même.

21:50
Présentateur

Donc chacun des efforts de l'Europe, là, c'est en notre faveur, c'est pour les jeunes, chacun de ces efforts, vous trouvez que c'est pas bien. L'Europe essaye de faire des efforts pour nous, mais c'est pas bien.

21:59
Jean-Marie Le Pen

Elle fait des efforts pour nous, avec votre argent, vous vous y trompez pas. C'est avec l'argent des nations que l'Europe fait de la politique

22:06
Locuteur

européenne. Oui, mais parce que l

22:07
Présentateur

'Europe est faite de nations.

22:08
Jean-Marie Le Pen

Mais moi, je pense qu'il

22:10
Locuteur

y a

22:10
Jean-Marie Le Pen

à un moment donné de grands dangers, il faut compter plutôt sur les réactions salvatrices de l'égoïsme national. Chaque pays se défendra le mieux qu'il peut, ce que je constate. Aujourd'hui, c'est que les pays qui ont été ravagés par la politique financière européenne, comme la Grèce, etc., ces pays-là se vident de leur population, et en particulier de leurs étudiants. Les étudiants, il y a 10% des étudiants grecs qui sont partis. Les gens s

22:34
Locuteur

'en

22:34
Jean-Marie Le Pen

vont. Les étudiants français aussi, d'ailleurs, s'en vont. C

22:36
Locuteur

'est

22:36
Présentateur

ce

22:36
Locuteur

qu'il faut bien remarquer. Ils n'ont pas

22:37
Présentateur

les droits de travailler à l'extérieur. Ils sont des gens compétents, formés, qui peuvent bien développer son travail à l'extérieur. Parce que la richesse,

22:44
Locuteur

c

22:44
Présentateur

'est que ces personnes-là, formées, capables de donner sa force de travail à l'extérieur, ça, c'est une richesse pour les pays qui les reçoivent.

22:50
Jean-Marie Le Pen

Je crois que

22:51
Locuteur

les pays ont

22:51
Jean-Marie Le Pen

besoin de leur jeunesse. Ils ont besoin de leur cadre.

22:55
Présentateur

Mais alors, pensez à la jeunesse. Vous pensez vraiment que la France ?

22:57
Locuteur

Vous

22:57
Présentateur

parlez de danger à nombreuses reprises. La France,

23:00
Locuteur

c

23:00
Présentateur

'est quand même un petit pays dans le monde. Il y a des énormes

23:04
Locuteur

puissances à côté. C'est quand même la cinquième

23:04
Jean-Marie Le Pen

puissance mondiale. Oui,

23:06
Présentateur

mais vous savez

23:06
Locuteur

quand

23:06
Présentateur

même que...

23:08
Locuteur

On

23:08
Présentateur

en

23:08
Locuteur

parle de

23:09
Présentateur

l'histoire, peut-être. La

23:10
Locuteur

Suisse aussi

23:11
Jean-Marie Le Pen

est un tout petit pays.

23:12
Locuteur

Oui,

23:12
Présentateur

mais vous

23:12
Locuteur

pensez vraiment que la

23:13
Présentateur

jeunesse peut se défendre toute seule ?

23:15
Locuteur

La

23:16
Présentateur

jeunesse française face au danger que vous venez de nommer ?

23:19
Jean-Marie Le Pen

Mais oui, mais il faudra qu'elle se retrousse les manches et qu'elle ne se laisse pas bercer par des illusions. Il faut qu'elle sache que l'avenir va être terriblement dur, terriblement dur. Et qu'elle s'y prépare à tout point de vue intellectuellement, moralement, psychiquement.

23:34
Locuteur

On se prépare,

23:34
Présentateur

mais avec l'Europe. On va continuer à aller plus avant dans la conversation, mais je vous propose d'écouter la question de notre partenaire, Technicart. C'est Olivier Malnuit qui vous pose une question.

23:46
Locuteur 7

Aujourd'hui, ce sont surtout les jeunes qui payent le prix fort de la crise avec des taux de chômage souvent astronomiques. Pour y remédier, l'Europe propose une solution, la mobilité professionnelle à l'intérieur des pays de la communauté européenne. Est-ce que malgré toutes vos réticences à l'égard de la politique de Bruxelles, vous ne considérez pas que l'Europe est la plus fabuleuse opportunité qui s'offre aux jeunes aujourd'hui pour sortir de la crise

24:12
Locuteur

?

24:13
Jean-Marie Le Pen

Je crois que cette mobilité va conduire à aller, à partir des pays à faible rémunération, pour aller vers les pays à haute rémunération, appauvrissant d'autant plus les pays à petite rémunération. Ce que le mondialisme relayé par l'Europe est en train de faire, c'est l'installation de l'esclavage dans le monde entier. Ce sont les pays qui travailleront le moins cher possible. On arrive à travailler au Bangladesh à 40 euros par mois. Et ils espèrent délocaliser pour essayer de trouver un pays où on pourrait travailler à moins de 40 euros par mois. Je trouve que cette démarche est suicidaire.

24:46
Locuteur

Mais la globalisation

24:47
Présentateur

est un fait, semble-t-il. Est-ce que l'Europe, du

24:50
Locuteur

coup, n'est pas une sorte de paravent ? La globalisation

24:51
Jean-Marie Le Pen

n'est pas un fait. La mondialisation est en partie un fait. Mais le mondialisme est une théorie qui consiste à aggraver ces formes d'uniformisation du monde, contre lesquelles je suis dressé comme un coq sur ses ergots.

25:08
Locuteur

J

25:08
Jean-Marie Le Pen

'entends.

25:09
Présentateur

Alors, simplement, est-ce que la question de la mobilité entre les États européens fait qu'il n'y a pas une disparité, par exemple, de propositions d'offres de travail qui peut faire qu'un Français aura du travail, je ne sais pas,

25:21
Locuteur

aux Pays-Bas ? Il est

25:22
Jean-Marie Le Pen

évident que si le Français va aux Pays-Bas, ils prendront la place d'un

25:25
Locuteur

étudiant des Pays-Bas, bien sûr. Alors, je suis

25:29
Présentateur

actuellement en train de travailler aux Pays-Bas, et donc, vous récusez

25:32
Locuteur

ce système-là ? Vous savez, madame, ça s'est fait.

25:34
Jean-Marie Le Pen

Toute l'histoire de l'Europe est faite comme ça. Les pays européens se sont faits par osmose de citoyens d'autres pays qui préféraient venir dans tel, par exemple, des Italiens, qui préféraient être en France qu'en Italie. Ils sont devenus des Français. C'est nos nations. Ils

25:47
Locuteur

se sont constitués culturellement comme ça.

25:50
Présentateur

Alors, justement, cette mobilité, c'est quelque chose d'assez logique par rapport à

25:54
Locuteur

l'éducation de l'Europe.

25:54
Jean-Marie Le Pen

Elle a toujours existé. Qu'est-ce qui empêche cette mobilité ? Qu'est

25:58
Locuteur

-ce

25:58
Jean-Marie Le Pen

qui empêche quelqu'un d'aller faire des études en Allemagne

26:01
Locuteur

? Souvent, c'est

26:02
Présentateur

les moyens, et du coup, l'Europe permet, par exemple, Erasmus. Qui a fait Erasmus ici

26:05
Locuteur

?

26:06
Présentateur

Qu'est-ce que ça vous offre, Jürgen ? C

26:08
Locuteur 8

'était une très bonne expérience pour moi, Erasmus. J'ai vécu une bonne période dans ma vie. C'était très enrichissant pour moi. J'ai profité de la vie espagnole. J'ai

26:21
Locuteur

fait mon

26:22
Locuteur 8

Erasmus à la Seville. J'ai aussi agrandi mes connaissances. Et je pense que ça a aidé ma personnalité aussi.

26:29
Jean-Marie Le Pen

Certainement, si vous êtes étudiant en langue, en plus, ça a dû vous aider. Moi, je comprends très bien ça.

26:33
Locuteur

Mais

26:33
Jean-Marie Le Pen

c'est une des petites réalisations de l'Europe. C'est pas

26:37
Locuteur

mal.

26:37
Jean-Marie Le Pen

C'est comme le service européen. 7000 personnes.

26:42
Locuteur

Il ne faut pas non plus leurrer

26:43
Jean-Marie Le Pen

sur le nombre de millions d'étudiants.

26:45
Locuteur

Mais l

26:45
Présentateur

'Europe ne se fait pas en une semaine ou en une journée.

26:48
Locuteur

Ça se fera en combien

26:48
Jean-Marie Le Pen

de temps

26:49
Locuteur

?

26:49
Présentateur

Eh bien, ça prendra peut-être des décennies.

26:51
Locuteur

Un an

26:51
Jean-Marie Le Pen

ou dix mois. Eh bien, moi, je vous dis que ça sera fini avant longtemps. On échange nos pronostics,

26:56
Locuteur

si vous voulez bien. L

26:57
Présentateur

'Erasmus, la bourse Erasmus, c'est un début. Parce que, comme Giorgio, dans la même ligne qu'il a dit, ça met en contact des gens de différentes cultures. Et du coup, tu ne vas pas être seulement en contact avec des Français, c'était en France. Mais avec des Allemands, des Roumans, des Italiens, des gens de toute l'Europe. Alors, c'est un grand, grand début. Et on doit vraiment applaudir l'Europe là-bas. Parce que ça va créer une génération comme la nôtre, des Européens qui se restent ensemble pour lutter contre tout le problème qu'on a là-ménant. N'importe où, si je vais travailler demain en Italie, j'irai. S'il va venir demain travailler en France, il viendra. C'est comme ça,

27:27
Locuteur

c

27:27
Présentateur

'est l'Europe qu'on veut.

27:28
Jean-Marie Le Pen

On découvre brusquement là l'humidité de l'eau. Les voyages forment la jeunesse. C'est vieux comme le monde, ça. Ça ne date pas d'aujourd'hui. Et qu'une des grandes réalisations de l'Europe, au prix où ça nous coûte, soit d'avoir favorisé Erasmus, ça me paraît vraiment le minimum, minimum.

27:45
Présentateur

Une petite conclusion, Jean-Marie Le Pen, par rapport à tous ces échanges avec cette jeunesse européenne qui se sent si européenne.

27:51
Jean-Marie Le Pen

Je pense à elle avec une certaine angoisse parce que

27:54
Locuteur

j

27:55
Jean-Marie Le Pen

'ai des enfants, j'ai des petits-enfants,

27:57
Locuteur

et

27:58
Jean-Marie Le Pen

je pense à leur avenir.

28:00
Locuteur

Je

28:00
Jean-Marie Le Pen

suis inquiet

28:01
Locuteur

parce

28:02
Jean-Marie Le Pen

que je vois que la différence démographique

28:06
Locuteur

de

28:06
Jean-Marie Le Pen

notre continent,

28:08
Locuteur

la

28:08
Jean-Marie Le Pen

Russie perd un million d'hommes par an.

28:11
Locuteur

Et

28:11
Jean-Marie Le Pen

pardonnez-moi, l'Allemagne est un cercueil en or.

28:13
Locuteur

C

28:14
Jean-Marie Le Pen

'est riche, ça marche, mais c'est composé de beaucoup de vieilles personnes qui vont vieillir de plus en plus. La grande révolution du XXe siècle n'a pas été tellement laque. La révolution scientifique et technologique, elle a été démographique. Le monde est passé de 1 à 7 milliards d'habitants en un siècle et demi. Et ils galopent vers 8, vers 9, vers 10 milliards. Et alors que l'Europe, elle, ne cesse de perdre sa population, par conséquent de vieillir et de s'affaiblir. Voilà la vérité à laquelle vous devrez faire face. Et je crois qu'on y fera face mieux dans des réflexes de nation amicales à l'écart les uns des autres.

Je crois que le niveau d'échange entre la France et l'Allemagne est le même qu'en 1914. On n'a pas changé beaucoup de choses dans les échanges.

29:03
Présentateur

En gros, il y a eu deux guerres et puis finalement,

29:05
Locuteur

on s'en est bien sortis. Il y a eu deux guerres,

29:06
Jean-Marie Le Pen

bien sûr. Certes,

29:07
Locuteur

il

29:07
Jean-Marie Le Pen

y

29:07
Locuteur

a

29:07
Jean-Marie Le Pen

eu deux guerres. Et combien meurtriers ? Et rassurez-vous, il y en aura d'autres.

29:11
Présentateur

Eh bien, écoutez, l'Europe, justement, est là contre ça. Merci beaucoup, Jean-Marie Le Pen.

29:15
Locuteur

Merci à chacun d'entre vous. Merci de votre accueil. A

29:17
Présentateur

bientôt pour un nouvel épisode de Génération Europe.