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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 juillet 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiSantéJustice

Sacha Houlié : "Le front républicain des urnes doit demeurer à l'Assemblée nationale"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous maintenez votre décision de ne plus siéger au groupe Renaissance ?

  • 2:48FerméeRéponse directe

    Et vous êtes tout seul ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Vous aviez tenté la constitution d'un groupe autonome ?

  • 3:33OuverteRéponse directe

    Vous espérez toujours en faire une formation ?

  • 4:07RelanceRéponse partielle

    Une coalition avec qui ?

  • 4:18RelanceRéponse directe

    Le Front républicain doit-il demeurer à l'Assemblée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueFait
    « Depuis dix jours, nous ne parlons plus de la classe politique française que des postes. »
  • 6:21Invité politiqueChiffre
    « Une loi sur la programmation du ministère de la Justice avec 7 milliards d'euros en plus. »
  • 9:22Invité politiqueFait
    « Dans la IVème République, lorsque des députés étaient nommés au gouvernement, ils cessaient de siéger. »

Temps de parole

  • Sacha Houlié82 %
  • Présentateur18 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Sacha Houllier, merci d'avoir accepté l'invitation ce matin de France Inter, vous êtes député de la Vienne, député réélu, ancien ministre de la commission des lois, figure de ce que l'on avait coutume d'appeler l'aile gauche de la Macronie. Alors il y a quelques jours vous aviez annoncé que vous ne vouliez plus siéger au sein du groupe Renaissance dans l'Assemblée Nationale qui fait sa rentrée demain. Est-ce que vous maintenez cette décision ? Est-ce que vous allez être l'aile gauche en dehors de la Macronie désormais ?

0:25
Sacha Houlié

D'abord ce que je veux vous dire c'est que tout se passe dans la vie politique française, comme si chacun, c'était abstrait, avait vite oublié la soirée cauchemardesque du 30 juin. Cette soirée où... La dissolution. Non, le 30 juin c'était le soir du premier tour où pendant quelques minutes la France entière a cru et même a craint que le Rassemblement National pouvait avoir ou une majorité absolue ou une majorité relative. Et que face à ce risque inouï, tout le monde a pris sa responsabilité pour, dans une coalition de fait, le Front Républicain, s'entendre pour que ce désastre n'arrive pas.

Et depuis dix jours, alors que nous avons parlé pendant quatre semaines d'idées, alors que nous avons parlé des salaires qui devaient être augmentés, de la santé qui devait être accessible, de l'école qui devait être fondée, de la sécurité qui devait être réelle, Et bien depuis dix jours, nous ne parlons plus de la classe politique française que des postes. Je crois que c'est désastreux et je crois que c'est le carburant absolu du Rassemblement National. Maintenant, lorsque je suis arrivé à l'Assemblée Nationale, il y a eu des réunions de groupes, y compris du mien, le groupe Renaissance, auquel j'appartenais jusqu'alors.

D'abord, cette logique des postes, elle s'est inscrite pour tous les groupes. Ces écuries présidentielles, que sont devenues tous les groupes politiques, se sont mis en marche. Je pense que c'est délétère.

1:37
Présentateur

Mais vous savez que des postes découlent tout le reste. Évidemment, la stratégie et les mesures qui pourront être en place.

1:42
Sacha Houlié

Et bien je pense que les choses ont été prises à l'envers. Et que dans une dissolution où personne n'a eu le temps véritablement d'affiner ses propositions, de dire aux Français ce qu'ils voulaient faire, de dire ce que nous pouvions faire en commun, une conférence sociale pour les salaires, par exemple, plutôt qu'un SMIC qui est illusoire à 1600 euros, où ce sont les syndicats et les patronats qui délibèrent sur le montant des salaires ou les conditions de travail. Un grand débat sur l'école, puisque chacun projette, plaque sur l'école, ses fantasmes ou ses spéculations, sans que chacun ne parvienne à se mettre d'accord.

Une loi, une première loi sur l'accès à la santé pour tous, à un généraliste, à un spécialiste dans notre pays, ça ce sont des actes politiques qui doivent précéder la répartition des postes. Et c'est aussi pour ça, pour ne pas signer le blanc-seing, pour que le mouvement politique, le courant politique que je prétends incarner ou dans lequel je m'inscris, la social-démocratie, le centre-gauche, celui sur lequel je me suis fait élire en 2017, réélire en 2022, réélire à nouveau en 2024, soit véritablement incarné.

C'est aussi pour ça que j'ai choisi, tant que je n'ai pas la garantie qu'il sera incarné dans un groupe politique, de siéger en non-inscrit et en tout cas de ne pas me rattacher au groupe Renaissance.

2:48
Présentateur

Et vous êtes tout seul ?

2:49
Sacha Houlié

Pour l'instant, je suis seul.

2:51
Présentateur

Vous aviez tenté la constitution d'un groupe autonome ?

2:53
Sacha Houlié

Nous étions une quinzaine de députés de l'ex-groupe Renaissance. Nous étions également avec des députés divers-gauches qui siégeaient ou comme non-inscrits ou qui siégeront au groupe Lyot. Je sais aussi que des socialistes sont intéressés. C'est un courant politique qui n'est pas soluble avec la gauche radicale comme la France insomine et qui ne doit pas ou plus être dominée par la droite conservatrice. C'est un courant politique qui existe, puisque à la fois autour de Raphaël Glucksmann, mais aussi avec des voix qui sont allées à Valériaillet, qui a été largement plébiscité par les Français au moment des élections européennes le 9 juin.

C'est un courant politique qui a fait l'élection du président de la République en 2017. Et donc je crois qu'il ne peut pas être absent de l'avis politique française.

3:33
Présentateur

Vous espérez toujours en faire une formation ?

3:36
Sacha Houlié

Et qu'il ne peut pas être absent de l'Assemblée nationale. Et donc si ce groupe ne peut pas avoir le jour aujourd'hui, je continuerai de travailler à ce qu'il voit le jour demain, avec toutes les personnalités politiques que je vous ai décrites. Encore une fois, avec un courant politique dont il a été dit que le leader du Front populaire à l'époque en était l'incarnation ou en était issu, Léon Blum, je pense que ce courant politique a beaucoup de solutions pour, dans le parlementarisme, créer une coalition, faire que les gens s'entendent, faire privilégier les idées, et je l'ai dit sur ces questions.

4:07
Présentateur

Une coalition avec qui ? Parce que vous savez qu'évidemment, même si vous regrettez que l'on ait parlé des positionnements de chacun, et des coalitions et des tractations plus que des idées, c'est quand même la question qui se pose, surtout à la veille de cette journée cruciale à l'Assemblée nationale.

4:18
Sacha Houlié

D'abord, il y a des éléments qui sont un peu rassurants et qu'on peut saluer. Le Front républicain qui s'est constitué dans les urnes, doit en toutes circonstances demeurer à l'Assemblée nationale. Et donc l'idée qui fait que nous ne devrions pas avoir de postes à responsabilité qui reviennent au Rassemblement national, je la soutiens et je souscris pleinement. Ensuite, il est évident, au regard de l'attitude qu'ils adoptent, que la France insoumise, avec laquelle j'ai des désaccords insurmontables, je ne mets pas de signes égales, mais j'ai des désaccords insurmontables avec eux sur ce sujet, pas de signes égales avec le Rassemblement national.

Eh bien, la France insoumise ne souhaite pas exercer le pouvoir. Elle l'a dit.

Ce qui veut dire que, s'il nous faut regarder à droite, et j'ai des collègues qui, pour le coup, ont beaucoup de facilité avec cela, eh bien il nous faut aussi regarder à gauche, tendre la main aux socialistes, aux écologistes et aux communistes, pour que cette coalition, elle vive, pour que, encore une fois, l'esprit du soir du 30 juin, cet esprit de responsabilité, dans lesquels, avec des trémolos dans la voix, beaucoup de dirigeants politiques sont venus expliquer que notre pays méritait mieux, eh bien il est une réalité politique, et que l'Assemblée nationale ne soit pas un champ de ruines, mais finalement quelque chose où on cultive un peu nos différences, et un minimum en commun.

Je vous ai dit, trois idées sur la conférence sociale sur les salaires, la loi sur l'accès à la santé, ou encore le grand débat sur l'école, pour qu'on trouve des solutions. On pourrait très bien reprendre des idées qui étaient extrêmement consensuelles. L'idée du plan anti-corruption d'Éric Dupond-Moretti, qui permettait de faire une grande loi contre la criminalité organisée, elle était plébiscitée par plus de 80% des Français.

5:47
Présentateur

Donc ça, ça pourrait être soutenue des socialistes, des écologistes, jusqu'au République.

5:53
Sacha Houlié

Ce qui est à la droite, ce qui veut dire qu'en quelques minutes, je propose déjà quatre idées qui pourraient faire consensus, et qui pourraient dégager quelque chose comme un pacte. Mais c'est des accords de projet, uniquement sur certains textes.

6:03
Présentateur

Est-ce qu'on pourrait faire une coalition ?

6:04
Sacha Houlié

Les accords de projet, c'est déjà ce que nous avions avec la Chambre précédente. Quand vous aviez... Moi, j'étais président de la Commission des lois. On a fait adopter une loi de programmation du ministère intérieur, qui a revalorisé de 15 milliards d'euros les crédits, qui fait qu'à Poitiers, aujourd'hui, vous avez 15 policiers supplémentaires. Une loi sur la programmation du ministère de la Justice, avec 7 milliards d'euros en plus, qui fait que dans des cours d'appel comme la mienne, vous avez 100 magistrats greffiers en plus, qui fait qu'on construit des prisons supplémentaires, parce qu'elles sont surpeuplées.

Et donc, tout ça, ces majorités de projet que nous avons faits avec la droite et avec la gauche, sous la présente législature, nous y sommes parvenus. Pourquoi ce serait devenu impossible ? Par le seul effet de la dissolution.

6:39
Présentateur

Qu'est-ce qui vous distingue, Sacha Houlié, finalement, des députés du bloc Renaissance, avec qui vous ne vous souhaitez pas siéger à partir de demain ? Parce que finalement, cette idée d'une coalition, elle existe aussi dans votre famille politique.

6:49
Sacha Houlié

D'abord, j'ai heureusement pour moi plein de points communs avec eux, mais à partir du moment où nous n'avons pas eu le temps de faire le contrat commun, le programme que nous aurions voulu présenter aux Français, parce que la dissolution est survenue immédiatement.

6:59
Présentateur

Vous ne signez pas quelque chose en blanc, c'est ça ?

7:01
Sacha Houlié

Je ne signe pas de chèque en blanc, et c'est logique. Et je pense que c'est aussi la responsabilité des politiques. C'est aussi ce que j'ai dit à mes électeurs. Ce que j'ai dit à mes électeurs, c'est que j'entendais m'inscrire dans le courant social-démocrate. Ce qui avait quelques incidences en termes de respect du dialogue social, ce qui avait quelques incidences en termes aussi de construction d'une réponse de sécurité à gauche, en tout cas au centre-gauche, qui assume qu'on a besoin de policiers, de gendarmes, qu'on a besoin de respecter ces institutions, et qu'on a besoin de protéger les Français.

Donc tout ça veut dire que je ne suis pas en opposition frontale avec les gens avec qui j'ai siégé. Mais par contre, je pense qu'il faut que ces sensibilités-là, elles soient respectées, que le Parlement ou la coalition de demain, elle ne peut pas être hémiplégique. Elle ne peut pas être construite qu'avec la droite républicaine, quand bien même cette droite est républicaine.

7:46
Présentateur

Est-ce que vous allez soutenir la candidature de la présidente sortante de l'Assemblée nationale ? Il y a une brune pivée demain lors de l'élection. Est-ce que, parce que le calendrier est contraint, vous parlez de projet, vous parlez de mesure, mais il y a tout de même des postes et les élections, c'est demain ?

8:00
Sacha Houlié

D'abord, moi j'ai eu l'occasion de voir travailler il y a le brune pivée à la commission des lois, puisque je lui ai succédé ensuite. Ensuite, je travaillais avec elle comme présidente de l'Assemblée. Je trouve que c'est une bonne présidente de l'Assemblée, donc je ne vois pas pourquoi elle se verrait privée de ses fonctions. Et donc, je pense que oui, elle doit être reconduite et c'est la raison pour laquelle je voterai pour elle.

8:16
Présentateur

Je voudrais votre regard aussi sur la situation très inhabituelle qui est la nôtre, la démission du gouvernement qui a été acceptée. Gabriel Attal, ces ministres qui vont rester à leur poste pour gérer les affaires courantes, on en parlait tout à l'heure. 17 ministres qui vont voter demain pour ce nouveau président, cette nouvelle présidente de l'Assemblée nationale. Ce qui paraît tout de même étrange, certes conforme à la Constitution, nous disent les spécialistes, mais tout de même étrange.

8:36
Sacha Houlié

Alors, du point de vue de l'ancien président de la commission des lois, ça reste une bizarrerie constitutionnelle qu'on puisse cumuler à un poste dans l'exécutif et puis des fonctions législatives.

8:44
Présentateur

C'est compliqué à comprendre pour les Français.

8:46
Sacha Houlié

Mais le principe même de la séparation des pouvoirs, l'interdit, ce principe qui a été admis par la Révolution française en 1789 et qui était celui théorisé par les Lumières, selon lequel on ne peut pas mélanger le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Donc, c'est pour ça que plus tôt le travail aurait été fait autour d'une coalition, plus tôt un gouvernement nouveau pourra être nommé, mieux ce sera. Parce qu'on ne peut pas, là encore, être clair vis-à-vis des Français lorsque l'on a des parlementaires qui siègent au gouvernement. Ou alors, ce n'est plus la Vème République.

Et puis, par ailleurs, même dans la IVème République, lorsque des députés étaient nommés au gouvernement, ils cessaient de siéger. Donc, ça aussi, il faudra rapidement qu'on puisse avoir une clarification sur ce sujet, une clarification politique, je l'ai dit, une clarification institutionnelle.

9:30
Présentateur

Qui peut succéder à Gabriel Attal, à Matignon ?

9:33
Sacha Houlié

Eh bien, vous voyez, la raison pour laquelle je ne vais pas répondre à votre question, c'est précisément parce que je vous ai dit que les postes, ça n'était pas la priorité. Qu'est-ce que nous voulons faire ensemble ? Quel espoir nous donnons à tous les gens qui nous ont dit que c'est votre dernière chance ? Parce que cette fois-ci, c'est vraiment la dernière chance.

9:50
Présentateur

Merci Sacha Houllier, député de la Vienne, d'être venu ce matin au micro de France Inter.

Sacha Houlié : "Le front républicain des urnes doit demeurer à l'Assemblée nationale" — Sacha Houlié · Pourquijevote