Comment lutter contre le trafic de drogue ? Réponse avec Sabrina Agresti-Roubache
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Une deuxième mort par balle en une semaine dans le quartier Pissevain. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, se rendra sur place tout à l'heure, notamment pour annoncer, je cite, de nouveaux renforts, il vient de le dire, il y a quelques instants. Après l'envoi du RAID, en plus de la CRS8, la compagnie d'intervention spécialisée dans les violences urbaines, c'est encore un effet d'annonce, ça n'empêche pas les trafics, les morts, non ?
Alors déjà, les premiers mots pour la très jeune victime, le jeune Fayed, de 10 ans, dans le dictionnaire, les mots n'existent pas pour expliquer la mort d'un enfant. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que si on part du principe que rien ne marchera, alors ne faisons rien, rentrons tous à la maison.
Moi, je n'y crois pas du tout. Moi, je pense au contraire que de pilonner, vous savez, on l'a vu à Marseille, on l'a vu à Marseille avec la préfète de police qui, quand même, a opéré des opérations, on appelle ça des opérations de pilonnage. 70 points de deal complètement arrêtés, non pas qui se sont déplacés, complètement arrêtés.
Donc la réalité, c'est que comme vous les pilonnez, comme on ne leur laisse plus la vie tranquille, comme nous n'arrêtons pas de mettre des moyens, des forces de police. Je donne l'exemple de Marseille parce que c'est quand même le plus récent en termes de renfort. 300 policiers, 3 compagnies de CRS.
Et on voit bien, non mais on voit bien qu'en les pilonnant, évidemment que ça crée des tensions. Les saisies de drogue, je vous rappelle quand même 128 tonnes, on bat des records de saisies. On a parlé de Marseille, mais là sur Nîmes, ce qui s'est passé, on a vu la mort du jeune faillé, l'envoi de la CRS 8, et dans la foulée, comme une sorte de provocation, les dealers qui continuent, la mort d'un deuxième individu, on a juste le sentiment que l'État est totalement impuissant.
Ça s'est passé à un moment donné où il y a eu, où la police, justement la CRS 8 n'était pas là, ils étaient en relève. Donc ça, vous oubliez quand même de le préciser, ils n'étaient pas sur place quand ça s'est passé. Non mais l'annonce avait été faite, l'envoi de la CRS 8.
Complètement, mais à un moment donné, vous savez, des gens qui ont décidé de s'entretuer, vraiment, bien malin celui qui dira, je serai capable d'être derrière chaque dealer, chaque chouf, comme on dit, chaque guetteur, pour l'empêcher. Alors qu'est-ce que le gouvernement peut faire de plus ? Le gouvernement, alors, les renforts à Nîmes, je vous donne, on est passé de 210 policiers à 289 policiers.
On renforce, on envoie le RAID, on continue à pilonner, on continue, on continue. Vous savez, il faut les empêcher de dormir, on va les empêcher de dormir, parce que vous oubliez aussi quelque chose dans votre démarche. Donc vous leur dites, vous dites au dealer, on va vous rendre la vie impossible.
On est en train, on leur rend la vie impossible. Et je rappelle juste quelque chose. Sous le quinquennat Macron, le premier, 10 000 policiers en plus, ça on l'a noté, à un moment donné, on ne peut pas dire qu'on les laisse faire, et eux le sapient.
Et les règlements de compte continuent à arriver. Un chiffre, un chiffre, un chiffre, un voyage que je trouve assez singulier, à Nîmes, en 5 ans, plus 40% de policiers en plus. Et pourtant, on voit ce type de scène-là.
C'est bien la preuve qu'on ne peut pas réduire la question du trafic de drogue, de la violence dans ces quartiers, simplement aux effectifs que vous envoyez en plus. Merci beaucoup de me donner la transition parfaite sur la prévention et les consommateurs. Pas de consommateurs, pas de trafiquants.
Pas de trafiquants, pas de morts. C'est ça la réalité. Moi, je viens d'un quartier comme ça.
Donc, s'il n'y a pas de consommateurs à la base, vous n'avez pas de trafiquants. La réalité, c'est qu'on n'y parle plus. Vous dites, comme Gérald Darmanin, c'est la responsabilité aussi de ceux qui prennent un rail de coke, qui fument un joint ?
Moi, je ne prends pas de drogue. Je viens d'un quartier. Vous savez, c'est le quartier qui était collé.
Il y a la Belle de Mai et Félix Viat qui était collé. C'est le quartier de la French Connection. Absolument, à Marseille.
Je n'ai jamais touché de la drogue. Vous n'avez jamais fumé ? Je n'ai jamais fumé.
Non, moi, je ne fume pas. Pas d'alcool, pas de cigarette, rien du tout. Non, non, moi, je suis asthmatique.
Donc, moi, je vais vous dire, j'ai toujours pris soin de moi. Et pourtant, vous voyez, je viens de un milieu où on aurait pu penser. Pas du tout.
La réalité, c'est qu'on ne parle plus de prévention. Moi, je suis pour qu'on renforce aussi les moyens de prévention auprès de nos jeunes. Parce qu'en fait, fumer, ce n'est pas rigolo.
Se droguer, ce n'est pas drogue. Vous dites que ceux qui se droguent ont du sang sur les mains, en quelque sorte, compte tenu de ce qui se passe dans les quartiers de règlement. Ils ont une responsabilité.
Du sang sur les mains, c'est trop fort. Ils ont une responsabilité. Quand on fume son joint dans son canapé très cosy d'un arrondissement très chic de Paris, vous pensez qu'ils n'ont rien à voir dans tout ça ?
Quand on va acheter son pochon de drogue, vous pensez d'héroïne ou de cocaïne ? Vous pensez que les gens sont complètement dédouanés juste parce que...
À votre place, hier, Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National disait aussi que c'est une sorte de complaisance des élites vis-à-vis de la drogue, de la consommation de drogue. Moi, je parle comme une enfant des quartiers pauvres de Marseille. Je sais que c'est ceux qui avaient les moyens qui venaient dans les quartiers pauvres acheter de la drogue.
Donc, à un moment donné, oui, le consommateur a une vraie responsabilité. Comme je vous le disais, pas de consommateur, pas de trafiquant, pas de trafiquant, pas de drogue. Il faut plus de sanctions à leur égard ?
Est-ce qu'il faut, par exemple, les envoyer en prison ? Oui, ce qu'a dit le président de la République. Le président de la République était aussi pour qu'il y ait une amante forfaitaire délectuelle payée sur place.
C'est-à-dire, on vous attrape avec de la drogue. Qui est très peu recouvrée, Sabrina Agastiroubache. J'ai travaillé sur le projet de loi douane avec Gabriel Attal.
Nous avons mis plein de dispositifs en place. À chaque fois qu'on essaie de bouger, on dit « Ah, mais c'est pas assez ». Et j'invite les oppositions, toutes celles, vous les avez reçues, justement, ces deux derniers jours et je les ai suivies.
Votez les textes avec nous. Votez les textes avec nous. Et justement, s'ils considèrent que c'est pas assez, qu'ils fassent des propositions meilleures.
Non pas en dessous de ce que nous faisons. Un dernier mot sur ce sujet, la gauche dit qu'il faut ouvrir le débat sur la question de la dépénalisation, voire de la légalisation. C'est un tabou pour le gouvernement, alors même qu'on voit bien que la France a un des arsenals les plus répressifs d'Europe et en même temps un des pays où on consomme le plus.
Pareil, j'avais fait ma première question au gouvernement, je l'avais faite à Gérald Darmanin, où je parlais de désarmement massif des trafiquants de drogue, mais désarmement financier. Parce que si on ne va pas taper là-haut, là où ils sont, au porte-monnaie...
Donc c'est interdit d'aborder le débat de la légalisation, c'est un sujet totalement tabou. Non, parce que trop facile, trop facile pour cette gauche très...
Ils ne vivent pas, la plupart ne vivent pas et ne viennent pas de ces quartiers. Allez demander aux gens dans les quartiers s'ils ont envie de voir la drogue dépénaliser. Si ça permet d'arrêter les trafics ?
Regardez les Pays-Bas, est-ce que vous avez l'impression que c'est devenu...
C'est dépénalisé, pas légalisé. Absolument, dépénalisé et pas légalisé. Et certains à gauche disent qu'il faut légaliser pour organiser les marchés et donc tarir les trafics.
Puisqu'ils ont la solution magique, je les invite à gagner des élections et à le faire. Et vous verrez le résultat. Moi, je suis absolument contre, mais vraiment contre.
Parce que quand vous avez vu des générations entières, sous vos yeux, mourir de la drogue, que ce soit par les règlements de compte ou mes aînés de l'héroïne, vous pensez que moi j'ai envie de parler de...
Je pense que la légalisation et la dépénalisation, ça va régler tous les problèmes. Non, moi je parle de prévention. On vous entend ce matin.
Sabrina Agresti-Roubach, pendant ce temps-là, le ministre de l'Intérieur poursuit son offensive politique. Vous serez à sa rentrée d'ailleurs dimanche à Tourcoing. Gérald Darmanin qui explique dans les colonnes de La Voix du Nord que la victoire de Marine Le Pen en 2027 est, je cite, « assez probable si la majorité laisse filer les classes populaires et les classes moyennes ».
Bon, c'est clair, il est en campagne là, Gérald Darmanin. Les classes populaires et les classes moyennes, vous savez, à un moment donné, je vous dis, je suis le pur produit de l'ascenseur social. Je suis née dans l'un des quartiers les plus pauvres de Marseille, je ne le rappelle pas.
Gérald Darmanin vient comme moi d'un milieu très populaire. Donc, je pense qu'il faut s'occuper de celle-là. Et j'ai écrit dans mon livre, puisque, vous voyez, vous me...
Je le répète, mais j'ai l'impression de ne jamais être entendue. Les électeurs du RN ne sont pas nos ennemis. C'était le fâché mais pas fâcho de Jean-Luc Mélenchon.
Alors, quand c'est lui qui le dit, ça passe. Quand c'est moi qui le dit, c'est un peu plus compliqué. Il faut parler à tout le monde.
Et les classes populaires, et les classes populaires. Mais donc, vous dites, si vous ne parlez pas suffisamment aux classes populaires et aux classes moyennes, comme Gérald Darmanin, est-ce que vous pensez que Marie Le Pen risque d'être élue, sera probablement élue en 2027 ? Ce que je vois, moi, c'est la poussée du RN.
J'ai battu sur ma circonscription...
Est-ce que vous pensez, comme Gérald Darmanin, que c'est probable ? Je pense, non, je pense que c'est probable. Et en plus, je pense que la progression, tout le monde se la cache.
J'ai battu une candidate du Rassemblement National qui n'a pas fait campagne. J'ai fait campagne du matin au soir, 24h sur 24, pendant 4 semaines d'affilée, je la bats à peine de 500 et quelques voix. Vous imaginez où on en est ?
Dans une circonscription qui était de droite, et non pas d'extrême droite. Et le Président de la République l'avait dit, on va s'occuper des classes populaires. C'est le Président de la République qui a dit, il faut s'occuper des classes populaires et des classes moyennes.
Mais attendez, Sabrina, quand Gérald Darmanin dit ça, on a le sentiment qu'au fond, le gouvernement ne leur parle pas, et qu'il est lui, le seul remparti dit, il n'y en a pas beaucoup qui parlent aux classes populaires. Ah si, j'ai lu attentivement ces interviews, il est parfois venu à ce micro. On a parfois le sentiment qu'il est le seul à leur parler.
Donc c'est au fond une sorte de désaveu pour le gouvernement ? Non, pas du tout. Nous avons, tous les deux, et tous ceux qui viennent des classes populaires, on a un tropisme, on a une certaine appétence sur ces sujets-là.
Pourquoi ? Parce qu'on connaît tellement bien les sujets. Vous savez, il faut vraiment ne jamais avoir mis ses pieds dans un quartier pauvre pour ne pas savoir ce que c'est.
Donc comme nous, on sait ce que c'est. Qu'on en parle un peu plus que les autres, bien sûr. Mais le gouvernement d'Elisabeth Borne, le 2, le 3, on fait le job.
On fait des tas de choses pour les classes populaires. Vous avez lu Gérald Darmanin quand il dit, attention à ne pas parler aux 4-supes, aux gagnants de la mondialisation, aux techno, aux bobos, il vise qui ? Gérald Darmanin quand il dit tout ça.
Il vise les oppositions, vous savez quoi ? Ça c'est de la mauvaise foi, ça va aller agresser au badge. Vous savez très bien qui il vise en disant ça.
Parce que moi je vois les attaques. Moi quand j'ai été nommée, Benjamin, et je vais vous le dire, quand j'ai été nommée, les premiers qui m'ont attaqué, c'est justement cette fameuse gauche qui adore l'égalité des chances et qui adore l'ascenseur social. C'est pas vrai, il la déteste.
Donc il ne vise pas Elisabeth Borne quand il dit ça à Gérald Darmanin ? Pas du tout, il vise nos oppositions, il vise en particulier la nupesse. En particulier la nupesse parce que les attaques les plus violentes que j'ai eues, en incompétence, en toute la mauvaise foi, c'est-à-dire j'ai été nommée, tout le monde pouvait être nommé sauf moi.
C'est la gauche qui l'a fait, c'est la nupesse, c'est du côté de la nupesse que c'est venu.
Sabrina Agresti Roubache